Rencontre entre Donald Trump et Emmanuel Macron : quels enjeux ? Les explications de Michel Fayad
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Chapitres
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« La puissance n'est pas de décider de tout, c'est être celui que que personne ne peut sortir de son calcul. »
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« Emmanuel Macron nous dit que l'Europe doit pouvoir défendre ses intérêts et si nécessaire dire non aux États-Unis. »
- 1:28Invité politiqueFait
« Depuis le 28 février, les États-Unis et Israël livrent une guerre contre la République islamique d'Iran. Ça fait déjà plus de 6 mois, mais le régime iranien est toujours debout. »
- 2:50Invité politiqueFait
« Nous sommes le seul pays de l'Union européenne à avoir à la fois l'arme nucléaire et un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations-Unies. »
- 5:39Invité politiqueFait
« La souveraineté, ce n'est pas seulement pouvoir dire non aux États-Unis. Ces pouvoirs se permettent de leur dire non avec des armes, des usines, de l'argent et du temps. »
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« Donald Trump a interdit CNN à la Maison Blanche. Tous les médias se sont dit solidaires et ont refusé effectivement de retransmettre Donald Trump. »
Temps de parole
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Déjà regarder l'agenda de Donald Trump. À 16h10, il va voir donc le maire de New York, Zoran Mamdani, qui est son adversaire politique et à 17h35, Emmanuel Macron. Tout est très précis. Donc tous les deux reçoivent doivent compter avec le président américain. La puissance n'est pas de décider de tout, c'est être celui que que personne ne peut sortir de son calcul. Si on prend par exemple Emmanuel Macron hier à Saint-Pierre et Miclon avec le premier ministre canadien donc Marc Carnet, il il parlait de souveraineté, ce que l'on appelle et vous l'avez dit au début l'autonomie stratégique, ce qui est très simple, pouvoir décider soi-même de sa défense, de son énergie, de sa technologie.
Et ça fait presque 10 ans qu'Emmanuel Macron nous dit que l'Europe doit pouvoir défendre ses intérêts et si nécessaire dire non aux États-Unis. Mais ce soir, Emmanuel Macron ne va pas seulement rencontrer Donald Trump, il va rencontrer la limite actuelle de sa propre doctrine à lui, à Emmanuel Macron. Donc hier, il à Saint-Pierry Michelon, il parlait de dépendre moins des Américains et aujourd'hui il va dire à à Donald Trump, Donald, il faut qu'on parle. Et ce n'est pas seulement une contradiction française, c'est une contradiction européenne. Nous voulons l'autonomie. Nous n'en avons pas encore tous les moyens.
Il y a deux tests comme vous l'avez dit, l'Iran et l'Ukraine, deux guerres lointaines mais un point commun que les Français finissent toujours par retrouver l'énergie, donc la facture. L'Iran d'abord Donald Trump peut-il voir le président iranien ? Il l'a pas exclu et ça serait quand même spectaculaire parce que rappelons-nous quand même que depuis le 28 février, les États-Unis et Israël livrent une guerre contre la République islamique d'Iran. Ça fait déjà plus de 6 mois, mais le régime iranien est toujours debout. Le guide reste au sommet, mais les gardiens de la révolution qui est l'armée idéologique du de ce régime islamiste, ont encore gagné en influence.
Donc les missiles, les drones, les réseaux armés à l'étranger, les proxis, euh une bonne part de l'économie. Voilà tout ce que les gardiens de la révolution contrôlent encore en Iran. Mais cette et la puissance islamique iranienne dépasse les frontières de l'Iran puisque vous savez qu'au Yémen, les outils soutenus par l'Iran menacent et même ont bloquer le détroit de Babel Mandeb qui est la porte sud de la mer rouge et il y a surtout le détroit d'Ormous qui est la sortie du golfe Persique. Et là les Français doivent tendre leurs oreilles. En temps normal, environ 1/5e du pétrole mondial sort donc par ce D3.
Hormous paraît loin, mais quand le pétrole augmente, la distance disparaît puisque vous pouvez mesurer en euro sur le panneau de la station ce que ça représente. Bien sûr, Trump n'exclut donc pas la discussion avec l'Iran, mais la pression militaire reste une porte entrouverte et un porte-avion derrière. Et la France, vous me direz, elle compte. Nous sommes le seul pays de l'Union européenne à avoir à la fois l'arme nucléaire et un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations-Unies. Au printemps, la France a même envoyé le Charles de Gaulle dans la région. Nous avons envoyé donc le porte-avion, mais nous n'avons pas seul le bouton qui rouvre le D3 d'Ormouse. Voilà toute la différence.
Les États-Unis disposent de davantage de leviers, la puissance militaire, les sanctions, le poids de leur économie et même un accord sur le des trit d'Ormous ne va pas désarmer les groupes que j'ai cité comme les outils et les autres. On peut rouvrir un D3 sans désarmer une milice. Voilà pourquoi euh Emmanuel Macron parle avec Donald Trump ce soir. Pas parce que Trump a forcément raison, mais parce qu'il a davantage de leviers. Euh et l'Ukraine dans tout ça ? Et puis dans un instant, peut-être une petite question subsidiaire. Est-ce que CNN il y a une petite polémique, on en parlera peut-être. Pour l'Ukraine, c'est la même question. Et la question, c'est donc encore qui possède les leviers ?
Et là, c'est Donald Trump encore une fois, c'est lui qui a demandé à Zelinski d'arrêter de frapper les raffineries russes. Une raffinerie, vous savez, c'est l'usine qui transforme le pétrole brut en essence, en kérosène, en diesel. Et l'Ukraine les frappe pour affaiblir la Russie. Mais Donald Trump demande de lever le pied parce qu'il regarde aussi le prix du diesel, le Gallon Price qui qui joue sur les élections demi-mandat aux États-Unis. Zelinski voit une cible, Donald Trump voit aussi une station service. Deux intérêts pour une seule cheminée. Et si le marché se tend, le français le retrouve à la pompe comme on l'a dit.
Voilà ce qui est une alliance entre État, des intérêts communs, pas forcément des intérêts identiques. Et c'est exactement le problème qu'Emmanuel Macron essaie de résoudre depuis 2017. Comment rester allié des États-Unis sans être dépendant des États-Unis ? En Iran, la route du pétrole, en Ukraine, la fabrication du carburant. Dans les deux cas, la la guerre finit dans la voiture. L'Europe ne fait pas rien. Elle finance, elle arme, elle sanctionne. Mais mais pour voir loin, intercepter certains missiles et tenir une guerre de cette intensité, certaines capacités américaines restent difficiles à remplacer rapidement pour les Européens. Et voilà le paradoxe d'Amoniel Macron.
Plus il veut rendre l'Europe moins dépendant des États-Unis demain, plus il a encore besoin des États-Unis aujourd'hui pour traverser les crises. Pourquoi ? parce que la puissance se fabrique avant la crise. Un missile, il faut le produire, un stock le remplir, une usine la construire. Il faut de l'argent, il faut des années. Une guerre n'attend pas. Et regardez ce que ce qui s'est passé hier en une seule journée. Le parti de Vladimir Poutine remporte largement les élections législatives et garde sa majorité des 2 tiers à la Douma. Un scrutin très contrôlé bien sûr. Le même jour, des drones ukrainiens frappent la raffinerie de Moscou.
Le soir, Zelinski a Donald Trump au téléphone, il conviennent de se voir à New York. 24h, trois faits, une seule cheminée. L'Amérique ne décide pas de tout, mais elle reste la puissance que presque personne ne peut sortir de son calcul. Et c'est finalement ce que raconte le rendez-vous d'Emmanuel Macron. Hier, il parle de souveraineté. Ce soir, il parle au président du pays dont il voudrait que l'Europe dépende moins. C'est son problème en 24 heures. Marcron a identifié le problème. L'Europe n'a pas encore construit euh toute la réponse parce que la souveraineté, ce n'est pas seulement pouvoir dire non aux États-Unis.
Ces pouvoirs se permettent de leur dire non avec des armes, des usines, de l'argent et du temps. On construit une doctrine beaucoup plus vite qu'on ne construit une usine. Et tant que ce travail n'est pas terminé, lorsqu'une crise éclate et qu'il faut une puissance capable de peser immédiatement, l'indicatif du téléphone reste américain + 1. Merci beaucoup pour votre remarque. Peut-être une petite question subsidiaire parce qu'il s'est passé quand même quelque chose avec les médias. Nous, on aime bien analyser ça. Donald Trump a interdit CNN à la Maison Blanche. Tous les médias se sont dit solidaires et ont refusé effectivement de retransmettre Donald Trump. C'est intéressant.
Il paraît aussi qu'il y a la Maison Blanche et enfin il y a aussi plusieurs des Américains qui applaudissent le fait que CNN été empêché de la maison Blanche. Quel est votre regard là-dessus ? En réalité, quand euh Donald Trump a remporté les élections, il enfin il avait euh déjà CNN au bout de comme cible, si vous voulez, déjà auprès de ses militants, il disait que CNN, c'est vraiment le symbole des fake news. Il faut voir même les audiences de CNN qui euh si vous vous souvenez, au moment de la Première Guerre du golf était les la chaîne de télévision peut-être la plus d'information la plus regardée au monde.
Et aujourd'hui, ils n'ont plus qu'un million de téléspectateurs dans un pays qui a 350 millions d'habitants. Enfin 1 million de de téléspectateurs, ce n'est ce n'est vraiment plus rien.
Emmanuel Macron