La trumpisation de l’enseignement supérieur : un danger pour la pensée critique | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous les camarades. J'espère que vous allez bien cette dernière journée euh de conférence. Au moin on en fit parce que demain un grand rendez-vous nous attend.
Merci d'être présent pour cette conférence sur la trumpisation de l'université. Je suis très contente de vous de de pouvoir faire ce sujet, vivre ce sujet ici que j'essaie aussi d'ailleurs de faire un peu vivre à l'Assemblée nationale. Donc pour commencer, je voulais juste remercier nos équipes techniques Arian qui a organisé cette conférence, le lien avec la Boessie, tout ce qui permettent que ce soit capté, republié derrière et qui nous permettent justement de faire grossir le mouvement insoumis en vulgarisant en en part en partageant en fait nos nos analyses et en mettant enfin du coup évidemment je je vous remercie d'être présente tous les deux aussi pour nous permettre de réfléchir à ce sujet que d'autres personnes pourront voir aussi derrière.
Donc voilà, je pense qu'on peut les applaudir voilà pour toutes les conférences, pour tous ces enfis comme les 400 bénévoles qui nous permettent de nous réunir là. Moi, je vais commencer par vous dire comment à quel titre je parle parce que je veux resituer. C'est pas simplement je suis député, du coup, j'ai une légitimité pour parler de l'université.
Ça enfin non, enfin moi je crois que c'est pas en tout cas ça me caractérise pas. Je juste avant d'être élue, j'étais en doctorat de sociologie et surtout pendant toute ma période universitaire, j'ai été très mobilisée dans les lutte étudiante. Du coup, j'ai créé un syndicat qui est devenu le premier syndicat étudiant de France dont j'ai été secrétaire national pendant 3 ans qui permet du coup d'avoir une certaine analyse sur l'évolution à la fois des politiques publiques dans l'université, la casse du de ce service public là et aussi des étudiants, des enseignants de tous ceux qui le font vivre.
Et donc cette évolution, elle me permet depuis 2019 de me dire qu'aujourd'hui en 2025, l'heure est grave quand même. Et ça n'a pas cessé en fait d'être grave. Quand on travaille à l'Assemblée nationale, on se rend compte aussi à quel point les députés, ils peuvent être totalement déconnectés de ces sujets-là et voir un peu le service public comme un objet idéologique qu'on peut bon tourner un peu dans le sens qu'on a envie selon notre idéologie par ailleurs.
Donc je reviendrai tout à l'heure en conclusion un peu sur notamment les attaques frontales qu'on peut voir à la fois pendant le budget mais aussi à d'autres moments sur l'université particulièrement du Rassemblement national mais pas que des Macronistes aussi qui n'y pichent pas grand-chose en fait hein à l'université à son rôle d'émancipation. euh collective. Je suis aussi du coup pour la France entreprise responsable des questions universitaires dans la commission des affaires culturelles et de l'éducation.
Il y a huit commissions à l'Assemblée, on en parle pas assez. Dans ces huit commissions, il y a des loements durables, économie, finances. Elles, elles sont connues parce qu'on a l'excellent Ericrel et l'excellente pardon Aurélie Trouvé qui sont qui en son président et présidente.
Il y a Social euh voilà relation internationale. Ça y est, on est parti 3 semaines et je les oublie. Mais du coup, on a la commission affaires culturelles et éducation qui peuvent vraiment grande presse, hein.
Les gens ne se bousculent pas pour y aller et pourtant elle est passionnante parce qu'elle traite de l'enfance, de la jeunesse, de l'école, euh des bastions euh d'émancipation justement comme je le disais, du service public mais aussi du sport, de l'associatif, enfin voilà, elle est très riche, on est très et les cassions universitaires ont une grande présence. Donc euh voilà, je j'en suis responsable et vous allez voir qu'on va très vite parler rapidement de de toutes ces questions parce qu'il y a le budget qui arrive et le budget à chaque fois c'est des coupe drastiques notamment pour les services publics particulièrement pour l'université et l'idée de cette conférence c'est de justement d'analyser comment tout ça participe à construire une université qui va être au service du politique en fait partie enfin là en tout cas on y est tout doucement. Je vous rappelle juste que le budget dernier, moi ça m'a scotché hein, je venais d'être élu, c'est 1,5 milliards en moins pour l'enseignement supérieur et la recherche qui sont quand même bah dégagir en commun.
Et c'est un décret en catimini, une coupe de 386 millions supplémentaires qui lui est revenu encore sur des crédits parce qu'il ne pouvait pas assumer tout couper, notamment sur quelques budgets contre la précarité étudiante pendant la période de médiatisation du budget à l'automne et donc ils l'ont fait secrètement pleine nuit. dans une prise de décision qui était absolument antidémocratique mais comme tout he comme ce budget qui est passé par 493 comme ce gouvernement qui après enfin Macron après avoir saisi les élections décide de pas respecter le suffrage et qui n'a du coup aucune légitimité aujourd'hui pour traiter de de ces sujets. Donc la je vous ai dit la le thème de la conférence c'est quand on par Non c'est la la trompisation de l'université.
Du coup ça demande un préalable intellectuel de définir ce que on entend nous par trompisation. Trumpisation, c'est du coup tout l'objet de cette conférence. C'est pas que Trump en fait ça le dépasse, c'est le projet idéologique.
C'est en fait on parle des atteintes totale aux libertés académiques et le l'émission de l'État dans la science pour imposer justement une idéologie qui aujourd'hui est rien d'autre qu'une idéologie réactionnaire. Et donc pour ça, il nous faut aussi définir ce que ce que sont les libertés académiques. On l'entend souvent dans tous les sens. liberté académique.
En fait, la les libertés académiques, c'est la possibilité pour les enseignants chercheurs de produire, de transmettre et de diffuser de savoir sans subir aucune ingérence qu'elle soit à la fois politique, économique. Vous voyez, je venais, j'ai parlé des deux en parlant du budget notamment et religieuse. Et en fait ces racines, du coup, c'est c'est très très vieux ça.
Ça remonte au Moyen-Âge, l'université médiévale où l'université de Paris à l'époque, bon l'université était pas massifiée, démocratisée comme elle est aujourd'hui. C'était quelque chose une politique de d'homme blanc. de classe de bourgeois avec quelques petites universités.
On est on n'est plus du tout là-dedans, c'est quelques quelques sciences uniquement. Mais du coup, cette université médiévale, elle rentre en conflit avec le pouvoir royal en 1229 et elle obtient elle obtient son autonomie partielle. Puis après en Allemagne au début du 19e siècle.
Je lis parce que je vais pas réussir à le prononcer. S'il y a des personnes qui sont locuteur allemand, ne m'en voulez pas. C'est William Von Humbolt qui euh en gros euh travaille euh vulgarise et participe à créer ce qu'on ce qu'on entend aujourd'hui avec le concept moder moderne de la science conçue comme une quête perpétuelle de vérité libérée de toute contrainte idéologique.
Et du coup, il y a trois libertés qui ont été associées à ces libertés qu'on appelle aujourd'hui fondamentales. C'est donc des libertés qui sont généralement reconnues et constitutives. C'est la liberté de recherche, la liberté d'enseignement et la liberté d'expression académique.
Donc vous voyez, Trump a suspendu là ces derniers temps des 100 des plusieurs milliers de de dollars de financement fédéraux à des institutions comme Harvard ou comme Colombia. Il a entravé l'accès au visa des étudiants étrangers. Donc souvent d'ailleurs euh en reconnaissant la mesure raciste de de cet enclave, il a déclenché aussi des enquêtes judiciaires sur beaucoup d'enseignants et sur des étudiants. et il a imposé tout doucement du coup une une attaque à l'autonomie intellectuelle des enseignants et des libertés académiques du coup pour imposer une vision qui était tout à fait conservatrice de la culture, conservatrice même de la science hein et en en même réfutant le enfin la science et et bah sur le fait qu'elle se base de manière qualitative quantitative sur des des études qui sont méthodologiques qui sont appuyées qui sont reconnues.
Voilà. Et donc tout ça, c'est rien d'autre qu'une stratégie politique plus large qu'on peut nous inscrire dans la guerre culturel qui est menée partout à l'échelle internationale. Et les savoirs critiques, c'est vraiment des savoirs qui sont aujourd'hui présentés comme des menaces à un ordre social que Trump lui déteste et à un autre ordre social que lui il cherche à restaurer.
Et donc si on réfléchit aujourd'hui aux questions de la trumpisation de l'université, je sais pas si on pourrait dire la macronisation de l'université, ça aurait pas autant de sens et ça aussi il faut il faut y réfléchir mais c'est des attaques qui sont du coup similaires aujourd'hui aux univers dans les universités françaises. Ce que fait Trump c'est déjà on le sait ce que le fera le le RN si jamais il était au pouvoir. Mais j'ai des amendements en commission des affaires culturelles pour supprimer tout bonnement les sciences humaines et sociales.
Genre voilà et donc ça c'était pas dans le budget. Dernièrement, on avait un texte, une PPRE, donc une résolution européenne pour doter euh de quelques milliards d'euros le Parlement européen sur des recherches particulières. On a appris d'ailleurs que dedans, il y avait euh une de la recherche militaire et de la recherche militaire avec un une partie enfin de l'aide pour Israël.
Donc déjà, vous voyez le niveau est chouette. Et ben pendant juste cette PPRE qui n'avait rien à voir avec le budget français, ils ont aussi fait un amendement pour supprimer les sciences humaines sociales et sauf que là, ils en ont eu honte et donc ils l'ont supprimé en Cati. Moi, j'ai pas voulu que ça se passe comme ça.
Donc, j'en ai parlé en commission et là, ils ont ils ont ils ont dit "Mais non, c'est pas vrai, on n' jamais fait ça. On a jamais fait ça, mais il y a toutes les preuves sur le site de l'Assemblée nationale. Ils sont en plus de de grandes mauvaises foi et on en parle pas assez." Et le pire, c'est qu'il y a certains de leurs amendements qui sont aussi votés par les les macronistes quand même parce qu'ils ont ils sont aussi réactionnaires, ils tentent vers là.
Et il faut pas se dire que le macronisme c'est autre chose que le Rassemblement national. Le macronisme, c'est la classe bourgeoise qui s'appuie sur les réactionnaires, sur le Rassemblement national pour maintenir un ordre établi également comme Trump. Donc ce que fait Trump, ce que fera le RN, ce que ce qu'accompagne les macronistes, c'est des signes que nous on observe à travers la lutte pour la fin du génocide en Palestine par exemple ou encore à travers du coup la lutte contre l'austérité violente imposée à nos universités.
Il y a eu aussi là une loi il y a pas si longtemps qui censé lutter contre l'antisémitisme dans les fac. Donc le titre est est cool, on en a envie hein. Et finalement quand on regarde à l'intérieur, il y a ni budget alors que vous savez l'autonomie d'université c'est quelque chose, on en parlera peut-être tout à l'heure.
Il y a juste en chargé de mission qui est là et surtout il y a un article 3 pour réprimer toute personne qui nuireit à la à la bonne réputation de l'université. Donc ça passe aussi justement par la question austéritaires des services publics. Tout ça c'est ça craint parce qu'en fait ça nous permet pas de de construire un une réelle lutte par exemple face au dérèglement criatique.
On voit aussi que c'est des agences scientifiques reconnues indépendantes qui sont remises en question notamment on a vu dans la loi simplification une suppression comme ça d'agences de conseils qui sont censés informer orienter les politiques publiques et les gouvernements qui sont supprimés parce qu'apparemment ça ne sert à rien. Voilà. Et donc on l'a vu particulièrement avec l'agence de la météo, la suppression de base de données qui nous permettent aussi nous de construire la science et nos études et de pouvoir parler le monde qu'on vit.
Et et donc voilà, tout ça de manière générale, il faut l'entendre comme des attaques frontales contre une seule chose, c'est l'esprit critique et l'émancipation collective. Je veux qu'on peut-être commencer par introduire cette conférence en posant deux questions une fois que j'ai dit que j'ai fait cette introduction. Ah, il y a du vent.
C'est quel parallèle on peut faire avec du coup évidemment les attaques aux libertés académiques en France et aux États-Unis ? Et est-ce que il y a un modus opérandi en fait entre tout ça ? Est-ce qu'on est dans une phase qui a qui s'est déjà passé aux États-Unis qu'on est en train de l'agir maintenant ?
Est-ce que c'est différent ? Est-ce que c'est la même ? Est-ce qu'on on ne la ressent pas juste de la même manière ?
La deuxième, c'est du coup comment on résiste à ces attaques ? Qu'est-ce qu'on peut faire nous en tant qu'insoumis pour construire une vraie bataille face à ces attaques ? Donc je vous parlais tout à l'heure de de des universités américaines comme Harvard des Colombia que l'administration de Trump a visé de manière violente.
En fait ces universités, elles sont considérées comme des bastions intellectuels progressistes et c'est bien pour ça que ces universités sont attaquées. Cette attaque, elle s'est traduite par une rhtorique aussi idéologique raciste mais énorme avec une liste de mots qui était interdit comme climat, femme, diversité. Enfin, c'est quand même, ça veut dire qu'on efface totalement la moitié de la population par exemple, qu'on a plus le droit de faire de d'études sur les femmes.
Et c'est même pas le genre, hein. Le genre est aussi dans cette liste là. C'est sans mots en tout.
Donc c'est vraiment considérable. Donc tout ça, ça a un seul but, c'est restreindre l'autonomie académique, délégitimer le savoir critique et renforcer le contrôle politique sur les universités et les institutions. Je vais vous citer une citation qui euh me semble très marquante dans la période qu'on est en train de vivre, c'est de Jason Stanley qui est une professeure à YEL et qui est spécialiste des mécanismes autoritaires et il dit "Les piliers de la démocratie sont les écoles." Donc on voit que le voilà les universités, les médias et le système judiciaire, ils sont tous attaqués.
Et euh enfin, je crois qu'en fait on ce constat, on le partage tous notamment enfin ici en France et je malheureusement peut-être à l'international aussi. Donc euh ce conseil ça situe la menace à un niveau qui est le niveau institutionnel. Aujourd'hui, les réactionnaires, il ils s'attaquent aux institutions, à nos bases démocratiques, aux piliers de la République justement pour aussi attaquer le le vivre collectif que nous on défend.
Donc pour parler de ces attaques de l'extrême droite contre les libertés académiques mais aussi euh des conservateurs, je dirais je à partir de tout ce ce cas États-Unis, j'ai on a le plaisir, j'allais dire que j'ai mais on a le plaisir de recevoir Rokaya Dialo qui est à côté de moi. Rokaya, elle est chercheuse au centre de recherche gendar justice initiative. J'ai pas aussi un bon anglais comme le l'allemand. donc à l'université de Georgeton et c'est pour ça que c'est intéressant de l'entendre.
Elle est donc elle est française mais elle voit euh elle peut comparer des deux modèles en France et à l'étranger et même tout à l'heure on disait même à l'international pas uniquement aux États-Unis et elle est à Paris 1 du coup Sorbonne où elle enseigne les études culturelles et la culture vous voyez a quand même une place particulière dans dans tout le combat qu'on doit mener aujourd'hui pour défendre notre service public. Euh puis on a aussi euh on va pardon, elle va nous aider du coup à voir les attaques contre les libertés en France sous Emmanuel Macron. Mais pour ça, on a aussi la chance de recevoir du coup Sabina Issénane qui est économiste, qui est chercheuse associée au centre d'étude de l'emploi et du travail, qui est membre des supers économistes atérés dont on a la chance d'avoir quelques représentants ici, maîtresse de conférence à l'université de Paris et surtout et on peut l'applaudir pour cet engagement qui nous fait un grand bien en France, qui est membre du conseil scientifique de la BOE et qui participe aujourd'hui à traiter des sujets essentiels.
Voilà, après les avoir écouté, je conclurai évidemment et moi plutôt pour vous permettre d'y sortir d'y associer des analyses et des observations qu'on peut faire concrètement en tant que député et évidemment vous parlant du programme que l'on défend nous en tant qu'insoumise pour résister à cet autoritarisme académique. Voilà, donc je te passe la parole Recaill. Merci.
Je sais pas si OK, d'accord. Bonjour, merci beaucoup pour cette introduction très très complète et merci pour cette présentation. Vous m'entendez ?
Ouais. Euh alors, que dire ? Il y a tellement tellement de de choses à dire.
Je vais parler peut-être davantage des États-Unis et de la violence en fait des attaques et de leur ampleur. Ce qu'il faut ce dont il faut se souvenir qui a été très très clair dès la campagne de Donald Trump, c'est de la volonté de démanteler le département d'éducation qui est l'équivalent en France du ministère de l'éducation nationale. Donc le projet de Donald Trump était assez clair en ce sens où effectivement il souhaitait non seulement ne plus donner la priorité à l'éducation mais en fait départ enfin comment dire démanteler et supprimer en fait les moyens qui permettent l'accès à l'éducation pas seulement universitaire mais l'éducation de manière générale.
Et en fait dernièrement la source Ah vous m'entendez mieux là ? En fait je je qu' faut comme ça. Vous m'entendez pas ?
Mais je sais pas je sais pas je sais pas avec avec celui il est é faut l'allumer. De faire peux prendre secondes comme je faisais comme ça ? Ouais je sais pas c'est mieux.
Vous m'entendez en parlant ? Ouais, j'aimerais bien avoir un micro qui marche. Est-ce que tu peux augmenter le son là peut-être sur la machine directement ?
Là, c'est mieux. Ouais, c'est mieux. Oui, c'était le son.
Merci beaucoup. Merci. Donc, je disais que en fait dès la campagne présidentielle, la dernière aux États-Unis, la volonté de démanteler le système éducatif était très explicite puisque effectivement Donald Trump a annoncé son intention de démanteler le ministère, le département de l'éducation qui est l'équivalent du ministère de l'éducation nationale en France.
Et dernièrement, la Cour suprême a donné en fait, comment dire à la possibilité euh légale de mettre en œuvre cette annonce qui est effectivement très très inquiétante et ces menaces pèsent sur un certain nombre d'institutions. Donc on parle effectivement beaucoup des des universités, mais je pense que il faut voir euh aussi de quelle manière le savoir est menacé dans d'autres espaces, où il est produit et où il permet une forme de vulgarisation. Euh alors moi je je effectivement je suis affiliée à George University depuis 4 ans maintenant.
Euh c'est une des universités qui a été interpellée très très tôt dans l'année. En fait, le procureur général de donc George University, c'est une université privée catholique, c'est important de le préciser pour la suite, qui a été fondée donc la plus ancienne et la plus grande université catholique des États-Unis, qui a été fondée par des des jésuites et qui est aussi une université qui est réputée pour sa formation notamment dans le programme d'affaires internationales. Voilà, c'est vraiment énormément de personnes qui qui sont diplômées de là comme elle est aussi située dans la capitale fédérale travaille après dans les instances politiques de qui sont situées dans la ville.
Alors le donc le procureur général de le procureur général de Washington a adressé un courrier au doyen de la fac de droit en mars dernier ou en février, il me semble. il a il a envoyé un courrier en février en demandant en fait à l'université de supprimer dans la fac de droit toutes les tous les programmes qui mentionnaient ce qu'on appelle le DI, donc les programmes diversité, équité et inclusion euh en menaçant en fait la suspension des fonds fédéraux si cette mention disparaissait pas en fait des programmes de la fac de droit. Et euh le doyen en fait a répondu euh quelques semaines plus tard, enfin, j'ai trouvé ça un peu passif agressif mais vraiment bien vu.
Il a pas répondu tout de suite. Donc il a envoyé un mail en répondant en disant écoutez en gros que c'était déjà une entrave à la liberté académique et au respect du premier amendement. La deuxième chose c'est que l'identité de Geor c'est une c'est c'est une identité qui est une identité religieuse qui est liée au catholicisme et que de ce fait tout ce qui est relatif à la diversité, l'équité et l'inclusion euh fait partie des valeurs fondamentales de l'université. et que donc par conséquent, il était hors de question en fait de se soumettre à cette injonction.
Donc euh c'était pour moi ça a été euh avant même que Harvard ne ne commence à résister, ça a quand même été un signal assez fort envoyé par une université qui euh comment dire de manière volontaire a décidé euh de ne pas se de ne pas répondre en fait à ces à ces menaces quit à perdre des fonds. Malgré tout, le le les libertés académiques sont attaquées donc sur ces sur le fait effectivement de vouloir faire disparaître des sujets de recherche, de vouloir faire disparaître des thématiques et devoir faire disparaître des institutions qui sont en charge non seulement de la promotion d'un certain nombre de valeurs relatives à la diversité de toutes les populations historiquement opprimées mais aussi de leur protection sur le campus. Et ça c'est ça c'est inquiétant.
Mais aussi la menace elle pèse aussi sur la manière dont sont traités les chercheurs, notamment les chercheurs étrangers. Et il y a eu un cas qui a été très commenté sur le sur le campus de Georgetown d'un d'un enseignant qui était en poste doc qui a été en fait kidnappé he parce que je pense qu'on peut parler de ça par les services de l'immigration alors qu'il était il travaillait de manière légale. il a été arrêté, il a été détenu 2 mois de manière complètement arbitraire et il a été accusé en fait de de je crois de propager l'idéologie du Hamas parce que il avait un engagement enfin pro palestinien assez fort et et parce qu'il est aussi marié avec je pense que ça a joué avec une femme qui est palestinienne américaine qui elle pour le coup ne pouvait pas être expulsée.
Donc ces menaces en fait elles s'expriment de cette manière-là. C'est-à-dire qu'on va demander aux universités de ne plus explicitement mener des programmes ou des recherches qui vont soutenir certains thèmes. On va leur interdire également euh comme ça a été le cas pour Harvard, on va leur demander en fait de ne plus euh comment dire soutenir des la recherche qui vient de chercheurs étrangers donc des des personnes qui sont qui viennent de l'étranger enfin de ne plus prendre d'étudiants pardon étrangers ce qui est extrêmement grave.
Et effectivement, on a des étudiants qui partout où je suis allée sont euh en fait capturés parfois de manière illégale chez eux par les services de l'immigration. Il faut quand même rappeler euh que pour des étudiants qui sont étrangers, qui viennent notamment de enfin quel que soit le pays d'où ils viennent, les études aux États-Unis sont extrêmement chères. Donc un étudiant, une étudiante qui vient d'un pays étranger, qui va aux États-Unis, c'est souvent une famille qui s'est sacrifiée en fait pour permettre à l'étudiant et à l'étudiante de poursuivre des études longue et honéreuse.
Donc le fait de les interrompre en plein cursus et de les renvoyer chez eux, c'est vraiment euh une perte absolument considérable pour leur environnement qui finalement s'est investi pour euh le destin d'une d'une personne. Donc les enseignants qui sont sous visa sont inquiets et les enseignants qui n'ont pas de problème de visa sont inquiets de voir disparaître leurs étudiants du jour au lendemain. C'est un climat qui est qui est vraiment qui est vraiment angoissant de ce de ce point de vue-là et qui et et enfin et qui n'est enfin qui est très explicite hein.
Le vice-président Jay V a dit au début de l'année, il faut attaquer les universités de manière agressive. Ce sont ces termes. Euh enfin voilà en citant Nixon et il a également dit que les les les universités propage des des enfin des comment dire des des enfin des des des informations fausses.
Enfin je sais plus comment il l'a formulé mais en disant qu'en fait les la recherche universitaire telle qu'elle été orientée aujourd'hui ne correspondait pas à la vérité que eux voulaient voulaient enfin à laquelle il ils adhéraient. Et donc l'enjeu euh il est vraiment euh dans ce qu'on conçoit comme étant scientifique et dans le fait que cette administration considère que c'est débattable. C'est-à-dire queon peut aujourd'hui considérer que la vérité historique aux États-Unis est sujette euh à peut possiblement être sujette à débat et en fait la revisiter et et ça c'est vraiment inquiétant.
Enfin, je pense que peut-être dans deuxème temps, ce sera intéressant qu'on parle à la fois des musées et des et des médias parce que enfin pour moi, ça fait partie de cette manière d'essayer d' de forger un récit dominant qui contrevient complètement à ce que la recherche a produit en terme de connaissance scientifique de manière large et particulièrement de connaissances historique. Puisque les États-Unis sont un pays qui a été fondé bah sur un sur un génocide sur plusieurs crimes contre l'humanité. Donc un génocide et la déportation massive de personnes du continent africain pour euh être enfin qui ont été exploités dans le dans le cadre de de l'esclavage.
Et ça c'est l'histoire des États-Unis et le fait qu'on essaie de raconter les choses autrement aujourd'hui, c'est très inquiétant mais c'est vraiment en train de prendre ce tour dans plusieurs espaces d'éducation et d'espaces d'éducation populaire. Je pense au musée, je pense au services publics, télévision et radio. Et c'est une menace qui est protéiforme.
Merci. Merci R. Merci. [Applaudissements] Alors merci beaucoup pour cette intervention.
Alors moi je vais pas vous parler du cas américain, mais je vais quand même essayer de vous montrer comment en France, du fait des réformes récentes, du fait de la fragilisation des université, du fait des coupures budgétaires, du fait de la marchandisation de l'enseignement supérieur et de la recherche, cela impacte cela affecte la liberté d'expression des usagers, des étudiants. Cela affecte la liberté, les libertés académiques des enseignants chercheurs, des chercheurs et des enseignants au sein de nos universités et que cela joue un mouvement d'ensemble. Sachant que on est dans un contexte aujourd'hui brûlant puisque on a eu on a une loi qui a été qui a été annoncée il y a quelques semaines qui a été rejetée par l'ensemble des structures syndicales euh et qui consiste d'une certaine manière à démanteler notre enseignement supérieur public sous couvert de vouloir réguler l'enseignement supérieur privé notamment l'enseignement supérieur privé sauvage dit sauvage.
Cette question du démantellement, elle vise également à faire en sorte de mettre davantage de pouvoir dans une forme de terror de territorialisation en donnant davantage de pouvoir au recteurs. Et lorsque vous donnez davantage de pouvoir au recteur, lorsque vous faites en sorte notamment que les budgets des universités, notamment la subvention pour la mission de charge de services public ne soit plus décidé via un algorithme qui dépend principalement du nombre d'étudiants que vous avez, des filières que vous avez, des études de parce que vous avez des études de santé, vous avez besoin de plus de moyens, parce que vous avez plus d'unités de recherche et cetera et cetera, mais que vous allez le décider à l'eurprès avec des contrats d'objectifs et de moyens de performance directement avec le recteur. En faisant cela et bien on enlève une partie de notre mobilisation puisque qu'est-ce qui va se passer ?
On va créer des budgets au sein des universités qui vont être différents, qui vont être fluctuants, qui vont être inégalitires, discrétionnaires, manquant de transparence. Et lorsque cela va affecter une université avec une baisse budgétaire, et bien il va y avoir des choix qui vont être faits. Ces choix et bien ils vont devoir être assumés par l'équipe de qui dirige cette université.
Et au final et bien notre capacité de mobilisation au niveau national, elle ne va quasiment plus exister puisqueaujourd'hui qui sait que dans l'université d'Amien, on a supprimé certaines filières pour cause de moyens budgétaires, on a supprimé certains masters, on a augmenté la taille de nos TD, on a diminué nos capacités d'accueil de nos étudiants qui fait qu'ils vont partir vers le privé, majoritairement financé par l'apprentissage et c'est 25 milliards aujourd'hui. Qui c'est cela ? Plus on va augmenter la part du privé dans l'enseignement supérieur, moins nos étudiants seront capables de s'exprimer.
Qui a vu un étudiant d'école de commerce dans une manifestation à l'heure actuelle, pas 10 ans après parce qu'il y en a certains qui ont peut-être fait des écoles de commerce ici, autant pour moi. Mais lorsque vous avez lorsque vous êtes dans ce type d'institution, soit vous payez des frais d'inscription extrêmement importants, soit vous êtes apprenti et donc vous devez être présent. Et donc euh cela également limite cette liberté d'expression.
Alors je vais essayer de reprendre mes notes, j'en ai plein et je parle beaucoup. Donc vous hésitez pas à m'interrompre et sinon je pourrais répondre à un certain nombre de questions. Mais ceux qui me connaissent savent que je parle beaucoup beaucoup.
Alors je vais juste vous reprendre. Il y a quelques années avec nombre de de de nos de collègues économistes, sociologues, politistes, on avait écrit un petit livre sur la question des frais d'inscription. à l'époque, c'était vraiment la question des frais d'inscription qui monopolisait.
Et donc c'est vrai que les étudiants, lorsqu'on leur parle de frais d'inscription, il y a une mobilisation tout de suite. Et donc je vais vous rappeler une phrase de Noem Chamski en 2010. Vous êtes peut-être allé à l'université avec l'intention de devenir un avocat qui défend des causes d'intérêt public, mais si vous en sortez avec une dette de 100000 dollars, vous devrez aller travailler dans un bureau d'avocats pratiquant le droit des entreprises.
Et si vous vous dites "Je vais y aller le temps de rembourser ma dette, ensuite je serai un avocat qui défend les causes d'intérêt public, juste un temps." Ils sont assez brillants pour savoir qu'une fois que vous êtes piégé au sein de l'institution, vous en assimilez les valeurs et intériorisez bien d'autres choses et vous devenez un avocat qui pratique le droit des entreprises. Donc en effet, demain notre gouvernement ne va pas augmenter massivement les frais d'inscription.
Il va diminuer le budget, il diminue le budget des universités en valeur réelle parce que ce qu'il faut prendre en compte bien sûr c'est en euro constant. Donc il faut prendre en compte l'inflation. Lorsqu'on vous dit que le budget de l'enseignement supérieur, il augmente de 90 millions d'euros ou de 200 millions d'euros, cela conduit à une baisse énorme de notre budget de l'enseignement supérieur puisqu'on a un effet ciseau.
On a des dépenses qui augmentent parce qu'on a une massification du nombre de nos étudiants. On a une augmentation de nos étudiants encore qui vont vers l'enseignement aussi public mais qui vont malheureusement également vers l'enseignement privé également faute de place. Et à cela, on a des tâches de plus en plus importantes à prendre en compte et on a des dépenses de plus en plus importantes à prendre en compte.
Et je pourrais y revenir. Alors, j'ai quand même un peu de temps. Alors, je vais je vais juste revenir aux États-Unis.
En effet, si on peut faire l'anal si on peut faire un un des liens avec ce qui se passe aux États-Unis, lorsque Trump criminalise des étudiants activistes, les expulse, ferme des filières dites jugé inutiles, on a de plus en plus de retours notamment sur les réseaux sociaux sur des fermetures de département de formation dit jugé inutile du fait des coupures budgétaires. On coupe les budgets fédéraux. Alors bien sûr la part du public aux États-Unis est bien moindre que qu'en France en terme d'enseignement supérieur, mais il faut savoir que notre part de l'enseignement privé a énormément augmenté en France.
Aujourd'hui, on a 1/5 de nos étudiants, 1/5e de nos 3 millions d'étudiants qui sont dans une dans un établissement d'enseignement supérieur privé. Alors, il y a du privé non lucratif, mais il y a également du privé lucratif. Il y a du privé très lucratif du type géré par Galiléo, des Galiléo où on a vu notamment un certain nombre de nos anciens ministres, Irch Penico qui fait partie du conseil de surveillance de Galiléo.
Donc nombre de d'anciens ministres euh sont partis vers ce type d'institution. On a vu euh Frédéric Vidal, notre ancien ministre de l'enseignement supérieur, euh essayer d'arriver à la tête de Skemma, donc qui est une qui est une école privée euh qui au final va juste diriger la fondation. Donc, on voit bien les liens d'intérêt qui existent là-dedans.
Et les liens d'intérêt et bien ils conduisent à augmenter, à massifier, à conduire davantage d'étudiants vers l'enseignement privé, notamment cet enseignement privé lucratif dont l'objectif c'est de générer des bénéfices. L'objectif, c'est de pas vous fournir un enseignement de qualité. On pourrait se dire que et bien notre cher Philippe Baptiste, notre cher ministre qui alors personne ne sait qui c'est.
Alors c'est normal, il est on a changé on a changé x fois. Je vous fais un petit résumé. Philippe Baptiste au départ était docteur de l'université technologique de Compienne.
Jusque-là, tout allait bien. Il était ingénieur. Il commence par euh une petite période dans le privé, moins bien.
Mais bon, passon. Peut-être qu'il avait pas trouvé de post doctorat de poste. Il entre au CNRS, il repart dans le privé, il part à Polytechnique une dizaine d'années et puis ensuite il a un poste dans un cabinet ministériel, un an 2 ans cabinet ministériel et puis il va chez Total, je le fais pas forcément dans la lignée. et puis il revient au cabinet ministériel et puis il va chez Boston Consulting Group et puis il revient au cabinet ministériel et là il dirige le KNÈ notamment.
On a notamment un de nos députés là qui est je crois astrophysicien quelque chose comme ça. Alors donc il dirige le KNÈ là le KNÈ grève de la moitié des agents du KNÈ comment des astrophysiciens dans l'aérospatial font grève. Alors bien sûr, ils font greff parce que il y a il faut augmenter les salaires et cetera.
Nos salaires n'augmentent pas en tant que fonctionnaire et cetera. Je vous la refais pas. Mais ils font grève aussi parce que le KNES alors il faut savoir que l'aérospatial et euh et bien a des lignes budgétaires spécifiques hein en terme puisque c'est un enjeu important en terme de souveraineté, en terme d'innovation pour la France.
Donc il y a quand même quelques milliards d'euros qui sont financés. Et donc ce que déclarent les agents syndicalistes qui ont fait grève, donc la moitié des agents du Kness disent et bien nous ne voulons pas venir une agence de financement qui finance des start-ups privés. Donc l'argent public, encore une fois, on a parlé de l'apprentissage des 25 milliards d'euros d'apprentissage.
Je rappelle qu'en 2017 et en 2018, c'était 7 milliards d'euros pour l'apprentissage. On est passé à 17 milliards en 2020 à 25 milliards aujourd'hui. La dépense pour un étudiant en apprentissage pour la dépense publique hein, c'est 26000 € par an.
La dépense moyenne pour un étudiant c'est 13000 € par an. Or, on pourrait se dire qu'avec cette loi et bien on va avoir une refonte de l'univers de du privé, on va avoir des sanctions. Ce que prévoit la loi, c'est quoi ? c'est que et bien les établissements privés devront notamment et bien présenter la liste de leur professeur, la liste de leur renseignement au recteurs, les recteurs qui auront d'orine avant qui décideront des budgets notamment des universités à l'euro prêt.
Euh et donc bien sûr, il faudra respecter un certain nombre d'indicateurs de performance, des taux d'insertion et cetera et cetera. Et il faut savoir que par cette réforme et bien on va permettre au recteur également de certes sanctionner le privé. S'il le sanctionne, une amende est prévue de 450 €.
C'est vrai que nous avons très très peur. Donc vous imaginez en effet les syndicats qui ont lu ce projet de loi là ces dernières semaines et leur réaction. Donc en mettant en place cette loi qui vise à donner tout pouvoir au recteur, en mettant en place des budgets qui soient complètement discrétionnaire, qui soient définis à l'euro près avec des indicateurs de performance qui ne soient plus liés au nombre d'étudiants que vous avez au sein de l'université notamment en augmentant en permettant que les recteurs décident notamment de la collation des grades universitaires.
C'est un mot très compliqué. C'est juste pour dire qui a le droit de fournir un diplôme de licence ou un diplôme de master aujourd'hui en France. Normalement, c'est le ministère qui décide.
Normalement, ce sont des établissements publics à caractère scientifique, culturel et cetera. Et bien, le recteur pourra décider par cette réforme de permettre à un établissement privé de d'octroyer le diplôme de licence ou le diplôme de master. Ça ouvre un champ énorme pour augmenter la place du privé.
Sachant que les étudiants aujourd'hui, vous connaissez tous des lycéens ici. Peut-être qu'ici il y a des lycéens. Vous connaissez tous la peur de parcours sup, la peur de ne pas avoir de place dans cette filière, dans cette école, de devoir aller à l'autre bout de la France, de devoir payer des frais d'hébergement et cetera et cetera et cetera.
Et bien ces écoles privées, elles se sont fait leur beurre également sur le fait d'être hors parcours sub pour beaucoup d'entre elles. Et donc lorsque le ministre nous dit et bien parcours sub sera le gage de qualité puisqu'on aura des indicateurs de performance du taux d'insertion, taux d'insertion qui sera calculé par le ministère sur l'emploi salarié essentiellement. Donc excite le fait de vouloir former des citoyens, éclairer.
L'objectif, ça sera des formations courtes. Alors, des formations courtes, je vais juste vous donner quelques quelques éléments de ces formations courtes puisque euh Renaissance s'est réuni dernièrement et donc je me suis amusée à lire ce qu'ils avaient pondu la semaine dernière. Ils ont pondu un document où il y a toute une partie sur le choc des savoirs dans l'enseignement supérieur et de la recherche.
Alors, je retrouve plus mon document mais je m'en souviens. Je m'en souviens quand même. L'objectif c'est quoi pour Renaissance ?
C'est de promouvoir des filières courtes professionnalisantes. Ils veulent diminuer la durée de formation initiale en France. Est-ce que vous comprenez bien ?
L'objectif c'est pas de former des citoyens éclairés, que les gens fassent davantage d'années d'études, soient plus productif pour notre société, pour nos entreprises. L'objectif, c'est de diminuer la durée d'étude. Diminuer la durée d'étude, ça conduit à quoi ?
Ça conduit à penser que demain, on voudra un enseignement supérieur à deux vitesses. Peut-être comme aux États-Unis, des collèges qui formeront à bas + 3 et puis pour les autres, ceux qui veulent faire de la philo et puis qui au final vont faire l'ENAT. Vous savez peut-être de qui je parle.
Euh et eux pourront eux faire de grandes études, de longues études. Souvent euh toutes ces personnes, toutes ces vous vous disent que l'apprentissage, ces écoles, c'est formidable. Ce n'est jamais formidable pour leurs propres enfants lorsque vous leur demandez lorsque vous leur demandez cela.
Et donc euh le projet de Renaissance, c'est de créer des filières courtes, des filières très professionnalisantes, de faire en sorte que les formations et bien doivent répondre à ses besoins, à des besoins économiques, de diminuer la durée et de faire en sorte de créer des dirigeants d'entreprise avec des talents, de créer des vrais dirigeants, excusez-moi, j'ai dit dirigeants d'entreprise au lieu de dirigeants d'université, des dirigeants d'université, quel lapsus euh qui soit semblable à des dirigeants d'entreprise qui puissent passer d'une université à une autre et cetera et cetera. Donc par ce biais là en fait, on a par cette loi qui va qui est en train de se faire, il faut savoir juste que ces dernières années, on a eu 22 % de diminution de la dépense de la dépense par étudiant, 17 % depuis depuis l'air Macron par étudiant et donc par la marchandisation de l'enseignement supérieur, par l'augmentation du privé, par l'augmentation du privé lucratif, par cette dérégulation sous couvert de vouloir contrôler le privé par cette fragilisation budgétaire énorme des universités. Il faut savoir que 80 % de nos universités sont en déficit.
C'est plusieurs millions d'euros par université. Il faut savoir que l'université Paris Saclet, je crois qu'elle a déclaré 40 millions en déficit. L'université de Lille 9 millions d'euros et cetera et cetera.
Tout cela c'est lié à des dépenses budgétaires. Et ça c'est lié à quoi ? À un mot que vous avez prononcé tout à l'heure, à l'autonomie des universités.
L'autonomie, c'est ce qui a été permis par la loi PCRES en 2013. Donc PCRES a décidé par sa loi relative aux universités de faire en sorte que nos universités soient autonomes d'ici 2013. Cette autonomie et bien c'est une autonomie principalement budgétaire.
Or, elle conduit à quoi ? Elle conduit à faire en sorte que et bien vous êtes vous-même en tant qu'université obligé d'assumer des choix budgétaires qui seront décidés au niveau central sans compensation budgétaire. Je vous donne quelques exemples.
Il y a eu des mesures d'augmentation du point d'indice des fonctionnaires. On pourrait tous se dire tout le monde était content. Voilà, même si elle était faible, on s'est dit on va quand même être un peu augmenté vu le gel du point d'indice.
Sauf que ça ce n'est pas compensé au sein des universités. Donc les universités lorsqu'on décide qu'il y a une augmentation du point d'indice, c'est à d'aller chercher de l'argent. Comment elles font pour aller chercher de l'argent ?
Autre exemple, l'augmentation des fluides, donc le la facture énergétique, on a eu la crise ukrainienne, on a eu l'augmentation, tout cela ça a coûté 120 140 millions d'euros l'année dernière aux universités. Et bien, il faut les payer, pas de rallonge budgétaire. Autre exemple, les cases pensions.
Alors, les cases pensions, si vous êtes pas agent public, je ne suis pas sûr que vous soyez au courant de ce que c'est. C'est ce sont les cotisations employeurs des employeurs publics pour financer les retraites du public. Il faut savoir que l'employeur du public, il cotise à 74 %, bientôt 78 % pour payer les pensions des retraites des fonctionnaires.
Vous allez me dire dans le privé, on côtise qu'à 16 %. Comment ça se fait ? C'est parce que vous, on ne cotise pas une caisse, on va payer directement les pensions des retraites des fonctionnaires.
Or, normalement, c'est juste un jeu d'écriture pour l'État, sauf que lorsque vous augmentez de 4 points ces cotisations, c'est formidable. Moi, je suis pour l'augmentation des cotisations. Lorsque vous les augmentez de 4 points, et ben ces quatre points, par exemple, pour mon université, c'est 11 millions d'euros à aller chercher l'année prochaine.
Comment on fait pour augmenter c pour trouver ces 11 millions d'euros ? et bien on va diminuer les capacités d'accueil, on va fermer des formations, on va geler des postes et puis on va aller surtout chercher des ressources propres et cetera et cetera. Ben lorsqu'on va chercher des ressources propres, on va ouvrir des formations avec des étudiants, des apprentis, on va ouvrir des diplômes universitaires avec des frais d'inscription plus élevés.
Et étant donné que nos universités ont quasiment toutes fusionné en établissement public expérimental, à vocation à devenir des grands établissements, et bien on permet de créer des écoles, des instituts, des diplômes universitaires comme à Dauphine où on a des frais d'inscription de plusieurs milliers d'euros. Et là, on retrouve la phrase de Noë Schomski que je vous ai dit au départ et je vais m'arrêter là parce que je suis beaucoup trop longue. Voilà, je vous remercie.
Merci beaucoup à toutes les deux. Moi je vais conclure du coup, je vais essayer de le faire en 15 minutes, comme ça, on aura une demi-heure pour échanger encore après. Donc on a on est quand même assez assez rapide.
Vous l'avez vu, les deux prises de parole, elles se complètent, elles s'alimentent et on montre qu'il y a un processus qui est en cours. Et dans ma conclusion, c'est ce que ce sur quoi je voudrais revenir. Peut-être que moi du coup, c'est trop fort le sonnom.
C'est bon. Bon, OK. C'est que je posais la question tout à l'heure, est-ce qu'il y a un modus opérandi ?
C'est ça qu'on que je veux interroger parce que il faut qu'on essaie de l'analyser et de le comprendre. Et en y réfléchissant, en en voilà, en regardant un peu l'évolution de la recherche depuis quelques années, je crois qu'on peut se dire qu'il y a quand même des étapes qui sont commune. Alors, je sais pas dans quel sens elles vont, mais il y a déjà l'étape première, c'est de désigner un un ennemi intérieur au sein de la nation qui serait du coup l'université, la création de l'esprit critique.
Et ça c'est un processus qui est dans le temps long. Et donc, enfin, vous voyez aux États-Unis, on a commencé à parler de wisme il y a déjà quelques années. Ça a mis du temps arriver en France mais c'est arrivé.
Nous en France euh à l'époque où j'étais secrétaire national de mon syndicat, donc je crois que c'était dans à peu près vers 2020, c'était Frédéric Vidal qui était ministre et elle elle a commencé à dire euh qu'il y avait de l'islamogauchisme dans les facs. Après le CNRS a dit tout doucement non, en fait ça n'existe pas. Ça n'a aucune valeur scientifique l'islam gauchisme.
Elle elle a quand même dit si si on va devoir faire on va faire des enquêtes sur touses les universités. Et finalement euh euh bon, elle en est revenue. Mais ce concept d'islam gauchisme, il est entré, il n'a jamais euh cessé d'être un peu un poids au-dessus de l'université, une ombre où on regarde du coup les études avec avec méfiance.
Là, j'ai auditionné le président du CNRS qui devait du coup participer à cette conférence, ce qui s'est excusé parce que c'était très intéressant. J'ai pu l'interroger, est-ce qui il existe l'islamogo gauchisme ? Qu'est-ce qu'il peut dire ?
Est-ce que c'est un concept qui existe ? Et enfin, bah il se mouille parce que c'est aussi à eux de se mouiller. Il a dit du coup en commission en audition à l'Assemblée que non, ça n'existait pas et que il ne reconnaissait aucune valeur scientifique.
Mais c'est c'est long quoi. C'est des processus longs. Donc tout ce vocabulaire là qui est qui est mobilisé, c'est du coup une espèce de mobilisation permanente et culturelle pour invisibiliser pour décrédibiliser et la science et pour pointer du doigt une certaine entrisme idéologique dans nos lieux d'étude.
Mais c'est pas toutes les disciplines, vous le savez, c'est des disciplines qui sont considérées comme bon déviant, militantes, subversives, les sciences humaines et sociales. J' reviendrai un peu sur ces étudesl Voilà. Mais donc Frédéric Vidal, elle a fait du mal mais il y a pas qu'elle.
Il y a Jean-Michel Blanquer qui lui était ministre de l'éducation nationale qui a dit que les sciences sociales euh et enfin il les a accusé de relativisme culturel et de dérive idéologique. Moi, je serais bien content de savoir qu'est-ce qu'il en connaît un petit peu Jean-Michel Blancart sur la question de la culture et de ses dérives. Enfin voilà, lui justement en en mettant ces mots-là, il a participé à une dérive et une méfiance sur les sciences humaines et sociales.
Et c'est Gabriel Atal là l'année dernière qui intervient directement à Science Po dans le conseil pour stopper des nominations parce que et du coup parce que bah parce que lui en fait il contestait ses nominations parce que justement elles étaient subversifes pour lui et ça c'est une tentative d'ingérence directe d'un gouvernement politique. Donc voilà, ça c'est le premier le premier que je vous la première étape, c'est l'ennemi de l'intérieur, les sciences, une désignation ciblée, des études sociales, des études post-coloniales évidemment les recherches sur le genre, sur l'islam, sur les violences policières, enfin tout ce qui fait qu'on on peut permettre d'analyser à la société ce qui fait le collectif et son évolution et qu'on puisse aussi nous justement analyser ses biaiss, ses stéréotypes, essayer de lutter contre quoi. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'il s'attaquent en permanence sur les sciences humaines sociales parce que profondément elles ont cette valeur euh de pour enfin collectif.
Après du coup la deuxième étape et je vais essayer d'aller vite pour pouvoir euh laisser la place aux questions ce que je vous disais c'est délégitimer le savoir critique. En fait euh les deux elles vont ensemble j'en ai déjà parlé mais concrètement c'est des discours politiques qui aujourd'hui amalgam deux choses qui sont pour pourtant différentes. Un savoir et une opinion. tu disais le choc des savoirs tout à l'heure, mais moi ça c'est une expression que je trouve insupportable.
Elle a un côté déjà masculiniste assez dingue. Et puis le choc des savoirs, mais ça veut dire quoi ? Qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'on y met derrière comme symbolique ?
Le savoir, c'est quelque chose enfin de beau, de de enfin qui est qui est construit. Il y a une méthodologie, il y a des analyses, il y a des années d'étude. Enfin donc eux ils confondent ou ils le confondent individuellement mais ils travaille aussi à ce que on confonde politiquement savoir et opinion et aussi recherche et militantisme.
Et d'ailleurs dans quasi toutes les défenses d'amendement du Rassemblement national quand il s'agit d'université ça se ressent tout le temps. et aussi des personnes comme je vous disais, c'est pas que le Rassemblement national mais c'est Patrick Zzel qui a été ministre juste avant Philip Baptiste là justement de l'enseignement supérieur de la recherche et T Barreau qui sont pourtant du de ce qu'on appelle aujourd' central qui ont demandé enfin ont proposé une commission d'enquête parlementaire sur l'entrisme idéologique et les dérives islamogauchistes dans l'enseignement supérieur. Voilà, tout ça participe et puis évidemment il y a tous ces petits médias là de la fâchosphère, ces news, le Figaro, vraiment valeur actuelle sur qui qui vont aussi de leur voix pour délégitimer les sciences le et les sciences qui sont du coup critiques et les plus progressistes.
Et donc aujourd'hui, on arrive à des sciences qui sont suspectes par nature avec du coup une conséquence qui est directe, c'est le recul des prises de position d'enseignant. Je vous parlais du CNRS dans l'exemple tout à l'heure sur l'islamogo gauchisme, mais on le voit beaucoup des des reculs d'enseignants qui se censurent clairement ou qui se mobilisent pas ou qui du coup sont pris dans les jeux de carrière aussi des labos qui sont mis en en opposition en concurrence les uns avec les autres et on ça on ou sinon aussi c'est des chercheurs qui sont totalement silenciés. Je pense par exemple aux chercheurs en géopolitique, en géographie, en histoire qui ont été plutôt silenciés là sur la question du conflit israélo enfin du génocide à Gaza et qui pourtant avait ben des choses intéressantes à dire parce que c'est un c'est une lutte qui existe depuis des années et qui ne pas le 7 octobre mais ça vous le savez, je vous apprends rien vous les insoumis.
Par contre, je crois qu'on a aussi intérêt à à se soucier de ça, de cette parole médiatique parce que on peut lire dans la presse et on apprend dans la presse, hein, pas par les chercheurs eux-mêmes qu'il y a beaucoup de thésards à qui on a conseillé de changer de sujet de thèse et que la Palestine c'était quand même trop touchy s'il voulait faire carrière à l'université. Et donc on apprend par voie de presse, on apprend qu'il y a une une chercheuse du CNRS qui pourtant a été médaillée que qui a été euh sommé mais euh mais sommé mais de manière insupportable par des éditorialistes de dire de vive voix que le Hamas c'était Daesh et ça avec quelle valeur scientifique par ailleurs et donc elles sont obligées de s'y plier. Il il et elles sont obligés de s'y plier parce que sinon c'est la communauté académique qui bah qui les renvoie et les le nombre de procédures disciplinaires.
Là, on en a en fait, ils ont même pas osé le dire les chercheurs qui étaient sous desc sur des procédures disciplinaires. On commence à en apprendre nous en off parce que individuellement, ils veulent pas d'ailleurs que médiatiquement ben ce soit le symbole d'eux et que c'est très dur. Le monde universaire, c'est un petit monde d'entre soi quand même aussi, on se connaît et une carrière, une famille, une image des études, des du travail peuvent être anéantis du jour au lendemain.
Je je vous passe mais j'ai des enfin vous imaginez les centaines d'exemples que je peux avoir sur cette délégitimisation de la parole scientifique et je sais que vous vous le ressentez vous aussi. La troisème étape du coup, c'est rétablir le contrôle politique sur l'université. Donc l'administration Trump, elle elle l'a fait directement en utilisant le levier budgétaire. on a vu avec euh avec les universités, je vous en ai parlé en introduction, mais aussi sur les visas, sur la fiscalité, sur même la justice.
Et donc je rev je je fais référence encore une fois à la citation de Jason Stanley dont j'ai fait tout à l'heure euh la citation et euh et en ciblant des disciplines dissidentes. Bon, ça vous le savez aussi. Bah en France, c'est la même chose et je vous l'ai dit sans le dire en introduction, c'est 1,5 milliards d'euros de coût budgétaire.
C'est le licenciement de plus de 11000 m de conférence pour des universités. Enfin, à cause de ce budget, hein, 1,5 milliards, c'est l'équivalent de la suppression de deux universités de taille comme euh euh Nant et Ren. C'est euh la suppression de poste de 11000 m de conférence.
Enfin voilà, c'est donc c'est aussi empêcher le savoir de se diffuser. C'est les lois dans l'antisémitisme dont je vous ai parlé tout à l'heure. Et c'est aussi des présidents de région, pseudo présidents de région parce qu'ils en ont pas le titre mais qui soufflent à l'oreille de ceux qui font le boulot à leur place comme voquier qui suppriment les financements à l'université parce que ils pensent que ça bloque trop et quand même les étudiants, ils sont trop en résistance.
Du coup, bah on supprime les financements. C'est un président de région. C'est une enfin c'est c'est la même chose en fait.
C'est des processus qu'on qu'on reconnaît qu'on qu'on reconnaît à la fois aux États-Unis et en France. Euh voilà, c'est euh pardon, excusez-moi, je vais essayer d'aller hyper vite. Donc en gros, ce que je vous disais sur ces modus impérandi, c'est en gros le désarmement intellectuel des contrepouvoirs parce que les contrepouvoirs, ils sont importants quand on mène une bataille idéologique.
L'université est un contrepouvoir immense. C'est du coup des c'est une manière de en délégitimant les les lieux de savoir autonome. C'est une manière de gagner ce pouvoir idéologique là. c'est réaffirmer une une hégémonie conservatrice parce que leur vision à tous ceux-là qui suppriment ses financements, qui suppriment ses disciplines, c'est une vision nationale qui est unifié, qui est évidemment patriote, blanche.
Enfin, aux États-Unis, c'est quand même chrétienne et autoritaire. Aux États-Unis, c'est flagrant. C'est dans dans toute la communication du gouvernement, c'est aussi un moyen d'instrumentaliser le choix électoral parce qu'on on construit en permanence une méfiance vis-à-vis du savoir, des études et des experts qui peuvent venir analyser euh le débat démocratique, le débat politique.
Donc le schéma que j'essaie de vous partager comme analyse de pensée de ce qui se passe sur les universités, c'est trois temps, c'est stigmatisé, délégitimé, contrôler et donc c'est un modus en diri et il faut enfin vraiment l'affirmer comme telle. Et du coup, c'est ce qu'on essaie de faire nous en tout cas à l'assemblée dire au macronis qu'ils ont leur part dans tout ça. C'est du coup un modus opérandi qui se voit de manière très flagrante aux États-Unis, qui se ressent largement en France mais pas uniquement et c'est un sujet qui est aujourd'hui international.
Mais évidemment ces attaques elles se font pas sans rencontrer des résistances. Et là, c'est la partie de la conclusion qui est moins pessimiste que toute cette conférence, c'est qu'il y a des résistances et que nous insoumis euh on sait que commencer à comprendre. Donc ce qu'on a fait en début de partie, c'est commencer à résister et donc là on passe sur la partie où on va parler un peu de ces résistances.
Euh je pensais qu'on avait un échopé sur les musées. Tu veux vas-y. Ah oui vas-y vas-y.
Ouais. Du coup, je pensais qu'on est en fait, il y avait plus d'échanges et moins de présent enfin que c'était plus dans enfin voilà que il y aurait plus d'aller-retour en fait dans les dans les échanges. Mais c'est vrai que j'ai évoqué rapidement, on a parlé beaucoup des universités mais je pense que c'est important de rappeler la manière dont les dont les pouvoirs en fait peuvent essayer de faire terre l'expression du savoir.
Ce qui s'est passé aux États-Unis, ça s'est passé aussi à plusieurs endroits. Alors, je parle des médias parce que je suis aussi journaliste. La la et c'est c'est un débat qu'on a en France sur le service public en fait de l'information notamment mais le service public, les chaînes de télévision et la radio publique et la volonté en fait de définancer en fait le service public.
Ça a été évoqué aux États-Unis pour NPR qui est la radio publique et PBS qui sont les chaînes publiques. Donc il est question en fait et ça ça a des incidences très très lourdes pour NPR parce que c'est effectivement une radio publique qui est considérée comme progressiste mais qui localement dans plusieurs états et en fait le seul moyen pour les personnes qui vivent dans des états relativement reculés d'accéder à des informations qui sont locales parce qu'en fait euh les radios locales sont syndiquées et en fait récupèrent les contenus de ce que fait la radio nationale mais les financements sont partagés pour permettre localement de documenter ce qui se passe dans leur environnement. Donc le fait de s'en prendre à ce qui est considéré comme la la tête de prou de la radio publique à qui qui effectivement est considéré comme une voix qui est très ouverte aux questions d'oppression multiple.
En fait, ça nuit aussi localement aux personnes qui n'ont plus qui n'auront plus accès à leur information directement dans leur environnement immédiat. Et pour PBS qui est la chaîne publique, donc qui est une chaîne qui euh qui est un peu comme France Télévision, qui diffuse énormément de documentaires, énormément de de de création qui sont liées à l'histoire. Et bien, il est question en fait de leur supprimer non seulement les fonds, mais le canal euh le canal télévisuel qui leur permet la diffusion.
Et en fait euh ce qui a ce dont il a été question cet été, c'était de remplacer PBS par euh un programme éducatif qui s'appelle Preger YouTube. Alors c'est c'est intéressant parce qu'en fait Preger You c'est bon Preger c'est le nom du fondateur qui est un homme qui a tenu des propos racistes. Enfin on sait d'où il vient et dont qui a clairement dit que son objectif c'était de de lutter contre le wisme.
Et cet homme-là en fait a appelé sa chaîne preger You. Et le c'est généralement après un nom ça veut dire université. Sauf queen fait si vous allez sur le sur le sur le site de Preger Youu, il y a un disclaimer qui dit en fait on n'est pas une université et au contraire enfin limite on est presque contre le savoir tel qu'il est diffusé dans l'université. et Preger You en fait diffuse des savoirs qui sont des contrevérités historiques.
C'est-à-dire que ce sont des programmes euh qui sont destinés aux enfants mais qui revisitent l'histoire américaine. Donc on va voir des petits dessins animés où en fait qui mettent en scène Christophe Colomb qui explique euh que bah l'esclavage ouais c'était en fait c'est ça existe partout. C'était pas si grave.
No big deal, c'est comme ça qu'il le dit. et euh et qui explique aussi que en fait contrairement à ce qu'on peut penser, le continent américain c'était pas un paradis euh c'était pas un un un lieu paradisiaque, c'était peuplé par des cannibales qui euh qui mais vraiment il le dit comme ça, voilà, des cannibales qui avaient des valeurs morales contraires à celles des Européens. Donc d'une certaine manière, le génocide qui leur qui s'est abattu dessus, bon c'était pas bon c'était pas une mauvaise chose quoi.
Et on a en fait on on a donc des petits dessins animés, c'est c'est terrifiant en fait. Si vous avez l'occasion de regarder ces dessins animés, on a des personnages historiques comme Frédéric Douglas qui est un grand activiste du 19 du 19e siècle contre l'esclavage qui prend la parole et qui dit "Oui, bon, c'est vrai que l'esclavage était pas cool mais bon, c'était quand même un mal nécessaire pour la grandeur de notre pays." Et ça, ce sont des programmes qui sont destinés aux enfants, des programmes qui sont parfois utilisés dans le cadre de l'éducation des enfants, dans le cadre dans le cadre scolaire.
Et c'est très grave en fait de voir que potentiellement ces contenus éducatifs vont remplacer ce que fait le service public alors qu'il ne se fondait sur aucun travail historique scientifique. Il y a aussi d'autres espaces où en fait le pouvoir peut aussi administrer des contrevérités. Ce sont les espaces des musées.
Euh Washington est connu pour avoir un système en fait de musée très très riche qui est le système des des Smissonial euh qui qui a énormément de musées enfin vraiment de très grande qualité enfin qui sont en plus gratuits et qui qui qui vraiment qui couvrent des pans très importants de de l'histoire américaine, de l'histoire des différentes communautés, enfin de de plein de sujets. Le dernier en date, c'est le musée de l'histoire afro-américaine. Et bien ces musées en fait sont menacés parce que ils sont considérés comme ne racon pas ne racontant pas la vérité historique.
Et en fait le gouvernement a demandé une investigation de la procureur pour vérifier en fait que que les musées proposent un récit qui correspond à ce que eux veulent savoir, à savoir la non entre guillemets stigmatisation des populations blanches. Alors même que on peut pas raconter les histoires des États-Unis sans raconter bah l'invasion européenne qui est en fait la sève de la construction du du pays. Donc on est on est vraiment dans l'idée que en fait on revisite l'histoire parce que elle ne correspond pas à ce qu'on veut dire et que la vérité historique qui est proposée par l'administration Trump, elle a autant de valeur qu'une qu'un travail historique qui a été fait par des scientifiques qui ont travaillé dessus pendant des années.
Et on voit aussi bah il y a toute la question aussi des des interdictions de livres, des bannissements de de livres. En fait depuis 2021, 16000 livres ont été bannis. Donc c'est plus de livres qu'à l'époque du macartisme dans les années 50 quand on faisait la chasse aux sorcières contre les communistes ou les pseudoommunistes.
Donc c'est extrêmement grave et 45 % des livres qui ont été bannis ont été bannis en Floride. Et ça a commencé avant la la réaction à la réaction de Trump dès les années 2020. Et ça c'est vraiment un signal extrêmement important parce que les livres qui sont bannis, ce sont des livres évidemment qui concernent les questions raciales, des livres de Tony Morrison, le livre par exemple de George Takei euh qui est euh qui raconte comment les Japonais-Américains ont été internés dans des camps pendant la 2e guerre mondiale et lui raconte l'histoire de sa famille et de son propre vécu quand il était tout petit.
Le livre a été interdit, mais c'est aussi le livre de de Julian Mour, l'actrice qui raconte son histoire de petite fille avec des taches de rousseur. C'est aussi le journal d' Franck, donc des des récits de la choix. C'est vraiment euh en fait une une offensive protéiforme qui va en fait viser euh tous les Américains quel que soit leurs âges.
Donc ceux qui sont à l'université mais aussi dès l'école ou par exemple en Oklahoma euh je crois que c'est le gouverneur en tout cas il a été décidé lorsque des profs venaient de de d'état progressistes comme New York, comme la Californie de leur faire passer un test pour vérifier en fait la manière dont ils conçoivent le savoir. C'est comme une espèce de test de wisme. Et il y a 50 questions il y a 50 questions qui qui enfin c'est c'est terrifiant.
Alors c'est c'est un jugement et pour l'instant ça a été mise en œuvre. Pour l'instant c'est deux États mais ça va être étendu à tous les États qui sont considérés comme étant des États démocrates. Et donc là on va essayer de formater des enseignants et s'ils ne parviennent pas en fait à passer ce test selon des critères qui sont des critères en fait conservateurs, racistes, homophobes, sexistes, et bien ils n'auront pas le droit d'exercer leur métier s'il déménagent en Oklahoma.
Et donc ça c'est des modèles qui vont être reproduits et et je trouve que c'est vraiment important de de le rappeler. Et encore une fois, je trouve que enfin aujourd'hui en France, on s'est beaucoup insurgé euh oui en disant "Oui, les chercheurs américains, les pauvres, on va les accueillir et enfin quand on entend ce que tu viens de dire, on a envie de dire mais on a même pas les moyens de traiter correctement les chercheurs en France. Donc qu'est-ce qu'on va accueillir des chercheurs américains ?" Et c'est vrai que dans le contexte, alors on fait un pas de côté mais je rappelle quand même que toutes les universités ont été détruites à Gaza et que en fait il y a pas eu de mouvement solidarité internationale pour accueillir les universitaires Gazaoui.
Donc c'est un peu indécent en fait. Oui. On a divisé le programme cause qui accueille les exilés notamment les chercheurs exilés.
On l'a divisé par deux là en 2025. Ouais. Donc million d'euros il passe à 3,5 million d'euros.
Donc c'est c'est un mouvement inverse. C'est-à-dire qu'il y a aucune considération pour des personnes qui sont victimes d'un génocide. Et là en fait comme c'est les États-Unis qui a un prestige qui est associé à cette à cette nation, et bien tout à coup on veut essayer de profiter du fait que le pays est moins attractif et de se donner euh euh de faire bonne figure.
Alors que effectivement bah c'était bien de de citer Frédéric Vidal et euh comment il s'appelle euh Blanquer Jean-Michel Blanquer et de rappeler aussi qu'il avait lancé un colloque contre le wokisme à la Serbonne. Ça c'est quand même très grave que dans une université on l on lance un colloque contre une notion qui n'a absolument aucun fondement idéologique et qui n'a pas vraiment de résonance dans le contexte français. Donc, il y a aussi une forme d'hypocrisie ici où on diabolise ce qui se passe aux États-Unis tout en utilisant des leviers similaires euh pour euh pour finalement bah euh empêcher les personnes de se mobiliser dans les espaces universitaires, pour euh stigmatiser la recherche.
C'est très très compliqué de faire des recherches en France sur le genre, sur les questions des coloniales. Les chercheurs qui travaillent sur ces domaines là sont considérés comme étant des des militants qui qui ne travaillent pas mais qui qui proment une idéologie qui n'aurait pas de de comment dire d'appui sur l'histoire de France parce que elle serait universaliste et cetera, ce qui n'est pas vrai. Et c'est et finalement enfin malgré tout aux États-Unis, il y a quand même dans les espaces universitaires plus d'espacces pour questionner ces ces ces réalités historiques que c'est le cas en France.
Donc il y a vraiment une énorme hypocrisie et un paradoxe. Enfin moi je je par exemple enfin c'est une anecdote mais en fait quand j'ai été nommée chercheuse à Georgetown donc moi je suis pas universitaire de formation mais j'ai été nommé parce qu'en fait les personnes qui m'ont recruté considèrent que le travail que j'ai fait en tant que journaliste en fait que ce que j'ai produit sur le plan documentaire sur le plan des écrits ça correspond à enfin en fait il considère le savoir qui est produit en dehors de l'académie et il considérait que ça me donnait les compétences pour travailler sur ces différentes thématiques. Et en fait quand ça a été annoncé sur sur à l'époque c'était Twitter en France, le mot chercheuse était en top tweet de Twitter français tellement les gens étaient choqué et et en fait révolté du fait qu'une personne qui ne vient pas du monde universitaire puisse considérer comme une être considérée comme une chercheuse dans une université étrangère alors que j'avais été nommée par le président de l'université et que c'est pas des Français qui allaient lui dicter les critères selon lesquels il allait il allait accueillir mon travail.
Mais c'est intéressant en fait de voir de poste en France, on a des professeurs associés, ça s'appelle des postes de paste ou de masse qui sont les postes de paste sont décidé par arrêter par le décret de de du président de la République et donc on embauche des gens dans nos masters notamment pro, on embauche des gens pendant 3 ans et donc ça existe aussi en France. Donc c'est mais c'est intéressant comme tout à coup en fait j'étais considéré comme pas légitime et que finalement bah ce que je produis parce que je travaille essentiellement quand même sur la France mais en fait je l'enseigne à des gens qui ne sont pas français et qui parfois ne parlent même pas français en fait. Donc c'est il y a ce voilà, il y a quand même beaucoup d'hypocrisie ici et si il y a des choses très graves qui se passent aux États-Unis et c'est vraiment effrayant de voir la vitesse à laquelle ça va, on a quand même beaucoup à dire sur ici.
Je crois qu'on n'est pas du tout en mesure de donner des leçons et de dire qu'on va être une terre de liberté pour la recherche académique des enfin qui qui s'exile des États-Unis alors que ici même il y a énormément de chercheurs qui partent de France parce que et parfois juste à côté en Belgique parce que ils travaillent par exemple sur les questions liées à l'islamophobie quoi. Et tout à fait. Et je veux même donner un chiffre, c'est que Macron, il a essayé de jouer à à celui qui allait être le grand accueillant de des chercheurs américains qui qui devaient partir.
Et en fait, il il a décidé de donner 10 millions d'euros pour accueillir ses chercheurs. 10 millions d'euros tout en supprimant 1,5 milliards pas million à l'université et en supprimant encore de 386 millions d'euros en décret. Je vous ai dit en fait tout ça c'est que de l'hypocrisie.
Donc je vais aller très très très vite parce que il nous faut quand même parler de de des résistances qui existent et regarder ce qui se passe notamment aux États-Unis parce qu'elle nous donne un peu de l'inspiration aussi culturellement. En plus, c'est pas euh des modes de résistance qui sont tout toutes existantes en France et après j'en ferai une conclusion pour laisser un temps aux échanges. Donc je vais extrêmement vite.
Je donne pas l'exemple, je donne je dis pas d'où c'est comme université mais je vous invite puisque une des grandes forces de des insoumis, c'est d'être très curieux intellectuellement, d'aller faire aussi vos recherches et puis après il y a des questions pour ça où on pourra aller plus loin. Mais aux États-Unis du coup, il y a beaucoup de gens qui sont mobilisés qui sont à la fois les institutions elles-mêmes, mais aussi beaucoup de juristes, de syndicats, d'intellectuels, de collectifs. Et donc il y a différents modes de résistance qui sont à la fois des des initiatives qui sont intellectuelles notamment comme la création de comité permanent des libertés académiques dans des universités comme Colombia ou New York Université comme des alliances interuniversitaires pour mieux se protéger collectivement ce qui est aussi très intéressant.
C'est aussi des politiques internes donc il sont choisies par les les administrations des universités pour protéger et décider de protéger les étudiants étrangers et leur faire un accueil qu'on est incapable de faire aujourd'hui en France. D'ailleurs, je vous invite aussi à vous renseigner auour là, on parlait des des enseignants tout à l'heure, mais merci. Mais les étudiants palestiniens qui devaient venir étudier en France aujourd'hui ont leur visa bloqué à cause de ce qui s'est passé avec vous savez euh l'étudiante palestinienne que le les fâchons ont été creusés là dans son Twitter et donc aujourd'hui c'est euh plusieurs dizaines d'étudiants qui sont bloqués et qui euh vont payer leur leur inscription qui peuvent pas arriver en France quoi.
Donc on est heureusement pareil, il y a de l'immobilisation pour ça. Bon, je vais rapidement, il y a aussi des points d'appui qui sont plutôt que institutionnels mais juridiques où il y a des universités voire des universitaires individuellement qui décident de saisir les cours fédérales contre les décrets de Trump notamment concernant les visas, notamment concernant les coupes financières ou le chantage parce que Trump se cache même pas de faire un chantage, c'est on vous coupe vos financements si vous gardez des domaines ou des disciplines de recherche comme les études culturelles ou de genre. Et c'est aussi des ONG qui s'y mettent parce qu'elles ont compris la valeur du savoir et la force comme l'American Civil Liberties Union a qui elle a apporte du coup à tous ses collectifs individuellement enfin des des ceux qui vont en cours du coup soit de manière individuelle soit de manière collective qui apportent toutes leurs connaissances juridiques et qui font le montage de de ces dossiersl.
Il y a aussi euh des choses qui sont plus ordinaires et banales qu'on connaît nous dans le militantisme, c'est la multiplication des Je suis désolé pardon la multiplication des des pétitions notamment à Georgeton d'ailleurs qui a qui a fait des pétitions même si c'est une école privée comme tu disais tout à l'heure des lettres ouvertes et des chercheurs qui se mobilisent et il y a ce mouvement Standup for Science qui a une vocation internationale qui a donc qui est née face aux prises de décision directives de Trump mais qui aujourd'hui euh se se s'organise partout dans tous les pays notamment en France et qui a pour ambition du coup de de visibiliser toutes les attaques contre les libertés académiques, toutes les universités sur le savoir et de les recenser aussi tout en demandant aux personnes d'investir l'espace public parce que souvent les mobilisations notamment enseignantes elles sont très isolées parce qu'ils sont eux-mêmes très isolés dans leur labur dans leur processus de recherche et cetera et donc il participe quand même aussi à un effort de de faire groupe et corps sur la défense des universités et tout ça en plus à l'échelle internationale. Donc c'est quand même assez fort de enfin voilà, on peut saluer quand on s'intéresse à l'université, on sait que c'est ces mouvements-là, ils prennent pas aussi fort, aussi rapidement, ils mettent pas autant de chercheurs en lien. Donc euh voilà, on salue et euh et on accompagne.
Euh en France, c'est en plus du mouvement Sundan for Science, une une tribune de 800 chercheurs qui a été signé euh pour justement dénoncer le climat de suspicion permanente sur la recherche. Et ça aussi, il faut partager, il faut visibiliser. C'est la création aussi d'un observatoire par euh l'Association française des politiques des des politique et l'association française de sociologie qui ont créé du coup l'OALA.
Donc c'est l'observatoire des atteintes à la liberté académique, on en parle en introduction. Donc et eux pareil, ils vulgarisent et surtout ils recensent toutes les les atteintes libertés académiques et grâce à eux, on se rend compte en fait de la dimension à quel point euh c'est c'est absolument pas euh pas isolé et pas que sur une discipline par ailleurs. Euh mais bon en vrai, je les ai cité tout à l'heure, les disciplines qui sont très touchées, c'est la culture, les études en genre sur les violences policières, les post-coloniales. pour ça.
Enfin voilà et donc eux ils permettent de du coup de faire ce suivi là qui est important parce que ce qu'on disait tout à l'heure analyser comprendre c'est permettre de résister. Donc voilà, le moyen le meilleur moyen de se battre, c'est de pouvoir analyser ces attaques réactionnaires là, les recenser, euh montrer à quel point elles mettent elles mettent en danger notre avenir parce que l'enseignement supérieur et la recherche, c'est notre avenir. Et donc c'est aussi d'ailleurs eux, ils mènent une bataille culturelle contre nous hein.
Et d'ailleurs je peux faire juste une petite aparté mais et rapidement vous vous connaissez tous évidemment Gramchi, je pense. Et Gramchi, il a travaillé dans ses cas de prison un moment sur la fonction d'intellectuel dans une société. Il dit tous les tous les hommes et moi je les femmes sont des intellectuels mais il dit il y en a qui ont comme valeur sociale valeur politique de construire et d'être des intellectuels.
Et donc eux ils analysent la société pour répondre à un ordre établi qui à l'époque lui il le dit déjà c'est l'ordre moral établi est un ordre bourgeois. et il dit que en fait on nécessite tous d'avoir des intellectuels organiques, c'est-à-dire issus de la classe parce que en plus de traiter et de théoriser, de connaître le savoir, eux ils viennent aussi avec une expérience invécue, ils sont capables de mettre en mot des ressentis que souvent justement les classes qui sont dominées les plus défavorisées peinent à mettre en mot ou alors qu'ils ne sont absolument pas légitimés dans leur savoir. Et donc il explique que les intellectuels organiques, ils comprennent par la théorie.
Ils ont la légitimité de la théorie, ils parlent le même registre que ceux qui théorisent, mais en plus eux ils sentent aussi avec l'expérience de vie du peuple. Et donc toute cette bataille sur l'université, c'est justement ce que Gramchi à son époque déjà théorisait là. Donc nous, on a besoin, si c'est peut-être le bilan que je peux faire rapidement et comme ça, on aura 20 minutes de questions, d'investir les universités, d'investir euh tout ce qui est euh aujourd'hui est considéré comme idéologique pour eux. ben mais qui nous permettent de comprendre les biaiss, les stéréotypes, les rapports de domination, donc les sciences humaines et sociales, d'investir l'histoire parce qu'on voit à quel point l'histoire aujourd'hui nous permet de de vivre dans le conflit géopolitique qu' qu'on vit aujourd'hui, d'investir les philosophies, les toutes les études dont j'ai parlé tout à l'heure, de construire sur les violences policières et donc tout pour ça, on le sait nous en tant qu'insoumis, c'est la question démocratique, elle est très forte, la question des luttes, elle est très forte.
Il faut évidemment euh nous c'est ce qu'on fait aussi à l'Assemblée nationale, mais accompagner, soutenir tous les luttes qui existent, prendre exemple, comprendre ce qui se passe aux États-Unis pour l'appliquer aussi ici sans enfin voilà sans s'en inspirer et euh voilà parce que je crois qu'en tant qu'insoumis, on sait ce que la mesure des biens communs, je crois que l'université c'est un bastion de l'air du peuple et qu'il faut le voir comme tel à partir de maintenant et et lutter enfin à partir de maintenant déjà avant et lutter pour on le fait à l'Assemblée nationale et sauf que à l'Assemblée nationale on a aucune légitimité si ce est celle du peuple qui nous a élu. Donc pour ça, il faut mettre le peuple en mouvement. Donc il faut aller chercher les étudiants, les enseignants surtout qui ont beaucoup de de choses à faire sur ce sujet-là et euh et massifier les lutte.
Voilà et les gér Alors, on a un petit problème avec le micro portatif, donc on va essayer d'aller arriver jusque vous. Tiens, je pense qu'il y a plus de batterie. Oui, c'est bon.
Oui, bonjour. Attends, c'est bon. Ah, je change.
OK, merci. Oui, bonjour. Merci beaucoup pour vos interventions.
Moi de mon côté je suis doctorante donc et c'est vraiment à partir de mon doctorat que enfin de du début de mon doctorat et en voyant la violence et les conditions de travail à l'université que je suis rentrée dans le militantisme et que j'ai voulu au niveau de mon université prendre des mandats et essayer de faire évoluer les choses. Donc moi, les islamogauchistes, je les ai toujours pas vu, mais j'ai bien vu l'extrême droite par contre, notamment à l'intérieur de mon labo où petite anecdote, le directeur adjoint où on avait mis un texte en écriture inclusive nous a repris en disant "L'écriture est inclusive est à panir, il n'y a pas de place pour la le laideur dans l'univers du savoir." Bon, ça vous fait un peu le le panorama d'où est-ce que j'évolue, même si je suis en science sociale, hein.
Je je le précise en plus. Euh donc ça c'était pour un peu Alors ma question c'est sur l'autonomisation des universités. Est-ce que euh c'est Oh là, je pose très mal ma question, je suis désolée.
Je recommence. Euh dans mon université, il y a eu euh un moment qui a beaucoup choqué mais où il y a eu pas vraiment de luttes qui se sont mis en place sur euh les droits euh les droits d'inscription euh différenciés entre les Français et les non-français où il y avait un facteur 10 entre les deux qui a beaucoup choqué. On s'est il y a une petite mobilisation mais finalement qui n'a pas abouti.
Est-ce que si on pouvait légiférer et que le l'État repren on va dire le contrôle des universités, est-ce qu'on pourrait faire quelque chose là-dessus ? Et euh aussi un autre une autre facette de la question, moi j'observe et ça m'inquiète une entrepreneurialisation, on va dire de l'université. On nous pousse de plus en plus à être étudiant entrepreneur, doctorat entrepreneur, faire des start-ups d'IPTech.
Euh moi, il y a eu un un dîner débat où il y a eu le MEDEF euh euh local qui a fait un débat avec la vice-présidente entrepreneuriat étudiant dans l'université où la place était à plus de 60 € pour y participer. Ça m'a beaucoup choqué et cetera et je vois que c'est de plus en plus la norme. Est-ce que euh qu'est-ce qu'on en fait ?
Et est-ce que la la France insoumise, c'est quoi le quel regard on pose dessus ? Et est-ce que ce serait pas un problème aussi de enfin de capitalisme dans l'université ? Et qu'est-ce qu'on fait pour pour ça ?
Et je trouve ça très inquiétant. Voilà. [Applaudissements] Oui, bonjour tout le monde.
Tout d'abord, j'imis vous remercier pour votre formation. Vous m'avez donné des frissons. C'était vraiment excellent.
Et là, moi, j'ai plutôt une question philosophique. J'aimerais savoir avec tout ce que vous nous avez dit, est-ce que vous êtes plutôt optimiste ou pessimiste par rapport à l'avenir du savoir dans les universités ? Je m'arrête là. [Applaudissements] Alors, bonjour, je suis étudiante à l'université Lyon 2.
Peut-être que vous avez entendu parler récemment de la coupe budgétaire mise en place par Laurent Veoquier. Euh alors c'est vrai que moi voilà je suis je suis étudiante donc je sais pas quelles vont être les répercussions directes mais je voulais avoir votre regard parce que je pense qu'on est dans dans la trumpisation voilà totale et je voulais avoir votre regard dessus. Merci. [Applaudissements] Bonjour merci beaucoup.
Euh moi je suis je m'appelle Robardo. Je suis euh euh étudiant et syndicaliste élu euh à l'UN de Grenoble et de Valence à juste une dizaine de minutes d'ici. Donc j'ai je représente les étudiants d'à côté.
Et euh pour le coup euh moi j'ai un exemple aussi de trumpisation qu'on évoque moins dans les médias et qu'on a évoqué un petit peu en soxte ici aussi. C'est euh euh mon président Yassine Laknes, il a fait euh avec son bureau 3,5 millions de baisses préventives préventives. Euh et que le service de santé, c'est un des premiers trucs qui risque de sauter.
Euh c'est c'est on parle beaucoup de de baisse sur la recherche euh et malheureusement sur les budgets de l'université et du CRU, on parle moins de ça. Et aussi cette année, on a eu des graphes qui ont été commandés par l'université en partenariat avec les étudiants qui voulaient aller les faire. L'UNI syndicat extrême droite a parlé de jours, ils ont rallé de jours seulement pour du racisme antiblanc, patati et patata. et ça a été supprimé direct par Yassine Lacneche.
Par contre, ma présidente de syndicat risque de se faire virer pour avoir contester toujours cet homme et son bureau euh pour un partenariat qu'il a refusé de d'annuler avec Israël. Voilà. [Applaudissements] Ouais.
Oui. Euh bah merci beaucoup déjà pour cette conférence. Euh du coup moi je suis euh vas-y vas-y vas-y.
Ah ok. Euh moi je suis Alice, du coup je suis de l'Union étudiante de Science Po et je fais partie des étudiants qui sont fait exclure pendant un mois de Sciencep. Et du coup bah moi je voulais Ouais, j'ai été exclu parce que bah voilà, on a milité pour la Palestine et je voulais revenir sur un autre type du coup de répression qu'on voit souvent la la répression policière, la répression de la fac étudiant, les excluants, mais il y a aussi vraiment la question de la répression par le budget et je vous remercie d'en avoir parlé parce que c'est vraiment très grave.
Nous à Sciencep, il y a Gabriel Atal qui a imposé que nos financements publics euh en fait, ils soient conditionnés à un principe de respect euh des principes républicain. Et ça veut dire que techniquement, en gros, ils veulent nous couper nos financements s'il y a des mobilisations étudiantes et s'il y a pas de répression. Et ça c'est très grave et je vous remercie vraiment d'en avoir parlé parce que là ils veulent le généraliser à l'ensemble de de l'enseignement supérieur français en conditionnant bah les financements publics au à des à des objectifs fixés par le gouvernement qu'aller sur les besoins des entreprises.
Et c'est pour ça qu'il y a vraiment un enjeu à ce qu' on se mobilise entre personnel de l'enseignement supérieur, entre étudiantes, entre recherche heureuse et de toute façon on l'a fait avec Sané la mobilisation contre l'austérité budgétaire de Bairou. Mais voilà, je voulais juste vous remercier d'en avoir parlé et puis bah dire qu'il faut absolument qu'on se mobilise tous ensemble dès le 10 septembre et ensuite contre la guerre sociale et raciste que Macron nous mène. C'est dernière question he ça vous va monsieur dernière.
Non dernière. Bon ben je je sais pas si je vais il y a plein de choses qui ont été dites donc je vais je vais essayer de de ramasser. Euh moi je suis je travaille à l'université.
Alors je suis du côté du personnel administratif donc c'est encore la 3è franc. Voilà, je suis et je suis syndicaliste. Euh dans tout ce que j'entends euh enfin moi je voudrais un peu répondre à la question qui était posée au départ et c'est super de le présenter comme ça.
C'est comment résister quoi face à toutes ces attaques et qui vont toutes dans le même sens. On a on a bien on a bien compris quoi que c'était une politique générale et que c'était une politique de d'émentellement de l'université et de la liberté académique. Moi, je voudrais juste dire que c'est par la jonction à mon avis des personnels, des enseignants et des étudiants qu'on qu'on y arrivera et qu'on y arrive déjà d'ailleurs parce que les rassemblements euh les rassemblements qui a eu qui qui ont eu lieu partout euh par les étudiants et que ce soit aux États-Unis ou en France he d'ailleurs euh voilà, il y avait les étudiants qui étaient qui étaient présents qui étaient soutenus par le personnel de l'université et je voudrais juste insister mais c'est super en avez parlé déjà euh sur la la loi dite de lutte contre l'antisémétisme qui est quand même une attaque majeure euh et qui est destinée à la répression à une répression sans précédent et notamment qui s'attaque aux enseignants chercheurs mais et particulièrement aux étudiants et qui est destiné à à faire terire la mobilisation pour la Palestine. et on laissera pas faire comme on a pas on n pas laissé faire jusque là.
Voilà [Applaudissements] très très très vite pour leur laisser plus de temps et du coup je suis vraiment désolée de pas aller plus loin sur certaines questions qui sont mais en fait déjà merci pour le tous les qualités de vos questions qui vont qui montrent que justement vous êtes déjà dans la réflexion et dans l'analyse sur l'abrogation bienvenue en France. Bienvenue en France. C'est un une loi raciste.
C'est pas une loi de que de frais différenciés. Évidemment, nous on arrive au pouvoir tout de suite. Je pose une PJL donc enfin en tant que gouvernement on l'abroge comme on a envie d'abroger parcours sub, quand on a envie d'abroger mon amasteur et ça c'est un pilier clair de la démocratisation de l'enseignement supérieur et la recherche.
Il y a aussi une autre chose, c'est les les frais différenciés. C'est dans les écoles d'ingé, c'est dans les écoles enfin voilà, il y a de plus en plus de mesures de frais différencier soit-disant pour faire venir plus de classes populaires. Sauf qu'en fait sous couvert de ça, ils augmentent des frais d'inscription de tout le monde notamment dans les écoles d'âgé, ils sont passés de 250 € à 600 € pour tout le monde.
Ça aussi c'est une aberration et ça permet pas du tout la démocratisation de l'enseignement supérieur. C'est une mesure détournée pour faire payer les étudiants parce qu'on les voit dans la logique libérale comme du coup dans je lis ta question avec le doct doctorat et l'entrepreneuriat c'est la logique libérale libérale c'est qu'en fait l'étudiant il doit investir pour avoir un retour sur investissement qui sera un travail plus ou moins rémunérateur et donc évidemment nous on lutte contre toutes ces formesl dans l'entrepreneuriat et donc il faut vraiment voir ça comme une une logique de destruction mais tu en as beaucoup parlé tout à l'heure et je te laisserai peut-être en en parler sur vosquier j'en ai parlé dans ma conférence alors je vais pas en faire longtemps mais oui, c'est de l'instrumentalisation politique, de la recherche et oui, c'est dangereux pour tout le monde et c'est un exemple très actuel et très signifiant. Euh sur la question du pessimisme, je vais juste répondre répondre que moi j'ai l'optimisme de la volonté et que c'est assez présent dans le mouvement insoumis et que c'est pour ça qu'on doit être en lutte sur les questions des crousses.
Je ne sais plus qui a posé la question des crousses et du service service de santé étudiant et cetera. En effet, ça aussi et là je fais juste une petite phrase et une question de ça ça touche à l'investissement par étudiant, ça touche directement au moyens qu'on met en œuvre pour notamment les questions de santé mentale, mais aussi la lutte contre le précaria, la lutte sur les questions du logement, étudiante. Tout ça c'est des bases qui permettent aux étudiants d'arriver à l'université mais aussi d'y réussir.
Et donc ce qui se passe parce qu'on est en train de tout casser et qu'on est en train de casser ces pilon casse les étudiants sur les questions euh donc financières et aussi de de santé mentale. On voit, c'est une vraie question actuellement. Et donc on en arrive à des étudiants notamment issus des milieux de défavorisés qui sont 7/ 10 à dire qu'il ne pensent pas valider une licence et qu'il nestime et qui n'envisage même pas une seule seconde de faire des études longues.
Donc on a une autocensure et on permet de créer l'université des élites. Donc en faisant ça, on permet aussi avoir des gens qui sont pas diplômés et donc qui sont ensuite une main d'œuvre qui est malléable à à merci pour les patrons d'entreprise. Et en effet, on crée notamment dans la réforme des BUT des formations qui sont territorialisées qui répondent directement au patron d'entreprise qui rentrent dans les comités pédagogiques et c'est eux qui dictent qu'est-ce qu'il y a ou pas dans les dans les écoles.
Donc par exemple, on a des BUT qui sont en Bretagne qui sont spécialisés sur l'agroalimentaire alors qu'on en a en métallurgie à Marseille. Tout ça ça a une conséquence claire, c'est qu'il y a plus de diplôme unique, plus de de connaissances qui sont reconnues et du coup on détruit les conventions collectives à la terme. Et donc je remercie Alice qui s'appelle Alice et qui est une très grande militante du du syndicalisme étudiant pour sa lutte, la lutte de tous les camarades, mais d'avoir parlé en effet des logiques des logiques d'entreprise qui a infus dans l'université et de la loi antisémitisme comme vous venez de faire.
Je suis aussi contente de voir que vous avez cette lecture là parce que je finis là-dessus, j'aurais dû en parler en conclusion mais on a été trop long. J'étais en commission mixe paritaire à H clos. Je Heureusement qu'il y a des insoumis qui sont capables de lire à travers les lignes.
Encore là, les lignes, elles étaient très grossières hein sur sur la loi antisémitisme. C'est l'article 3. Le PS, ils étaient bah non, il y a pas le mot antisémitisme dedans, donc on peut pas voter.
Je leur ai même dit mais dans le code pénal, il y a pas le mot antisémitisme pour les incitations. Il y a même même pas je crois raciste pour les incitations à la haine et cetera. Et pourtant c'est pas antisémite le code pénal.
Et et donc enfin eux ils se sont résolu résolus à ne pas voter parce qu'il y avait pas le mot antisémitisme. Et puis en commission mix paritaire, il me regardait mes collègues d'uté en me disant "Marie, on sait que tu as raison mais là on peut pas. C'est pour le groupe.
C'est pas en tant que moi que je vote là c'est pour le groupe Marie tu as raison mais on peut pas. Mes collègues colo qui je m'entends très bien par ailleurs. Bah en fait moi j'ai fait du j'ai analysé la loi.
Je leur ai fait vraiment de la pédagogie. Je les prenais je leur disais avec eux. Je leur expliqué bon ça ça veut dire que ça que le président d'université peut fouiller dans les téléphones.
Et ben mes collègues écolo ils me disent ben tu as tout tu as fait raison. Moi moi je suis sensible à ce que tu dis. Tu as raison, je suis d'accord avec toi.
Mais vu que ben je peux pas dire décider pour tout le monde, ben je vais faire une abstention de combat. Voilà. Et je suis la seule des élus qui étaient en commission par terre à avoir voté contre et en avoir essayé d'en faire une une démonstration politique.
Donc merci d'être insoumis et d'avoir une une vision. Voilà. Moi je moi je je vais être rapide hein.
Je enfin non, il y a pas de souci. Je vais répondre. Non non, je vais répondre rapidement parce qu'il y a plein de déclarations qui étaient qui étaient enfin plus des voilà des descriptions de différents contextes que vraiment des des questions.
Donc moi, je voulais juste ajouter une chose parce queon parle beaucoup de la trumpisation du savoir mais mais la répression contre les mouvements étudiants en faveur de laine, elle s'est faite sous Biden. Il y a eu 3000 arrestations. Enfin, c'est bien avant.
Donc c'est c'est quand même important de rappeler que bah dès l'époque enfin il y a il y a des étudiants qui ont été arrêtés, il y a des a des étudiantes qui n'ont pas eu de diplôme parce qu' ont les accusé enfin parce qu'ils ont pris part à ce mouvement en faveur de de la Palestine et que ça s'est fait vraiment de manière extrêmement violente sous le sous enfin l'administration démocrate et que même pendant les les conventions démocrates, il y a des manifestants qui sont venus dénoncer justement le silence des des démocrates par rapport à ce qui se passait. en Palestine et qui ont été violentés par la police. Il y avait, je me souviens d'une manifestation, il y avait 90 blessés.
Donc c'est enfin parler de trompisation, ça donne le sentiment que en fait cette violence institutionnelle et cette manière en fait de d'une de plumer un peu la recherche et cetera, elle est uniquement incarnée par ce courant idéologique. Alors que les démocrates, enfin aux États-Unis, mais des des et des mouvements qui sont enfin, on l'a beaucoup, on en a parlé à l'instant des qui qui sont considérés en France comme appartenant au blanc central ont des politiques répressives extrêmement violentes et des discours qui sont complètement analogues. Donc c'est en ça que je pense qu'il faut pas attendre d'avoir quelqu'un qui ressemble à Trump pour s'inquiéter de ce qui du sort qui va advenir de enfin voilà de de ce qui va advenir de de la recherche.
Et pour répondre à votre question si si enfin si on est optimiste, je pense que si on n'y croyait pas, on serait pas là. Enfin, c'est dur, ça va être difficile, mais je pense que à partir du moment où on est mobilisé et on est en mouvement et on on se réunit pour réfléchir ensemble, c'est parce que on a l'espoir que les choses puissent améliorer et ça c'est une forme d'optimisme. Ça n'empêche pas euh la lucidité et la conscience du fait que voilà, c'est compliqué aujourd'hui et que ça n'ira pas forcément mieux demain, mais on vise aussi après-demain.
Et et là effectivement voilà, c'est pas c'est oui mais en tout cas ça c'est voilà c'est cet optimisme là il se traduit pas forcément par un enthousiasme fou tout de suite mais je pense que le fait d'agir c'est quand même la preuve du fait qu'on qu'on croit quand même à un futur meilleur. [Applaudissements] Je vais être très très brève euh pour rebondir ce que vient de dire Roca. Euh il y a une de mes collègues universitaire qui est derrière qui a parlé de collectif.
Le collectif est essentiel, en effet, dans les formes de résistance. Euh cette loi qui s'annonce euh la loi baptiste euh il faut faire très attention à cette loi. C'est une loi un peu perverse.
C'est une loi qui a été annoncée dès le rapport éducation et croissance de Philippe Agillon et d'Ély Cohen déjà dès les années 2000. C'est une loi qui vise à donner les pleins pouvoirs au recteur et lorsqu'on donne les pleins pouvoirs au recteur et lorsqu'on euh et bien on décide du budget de manière discrétionnaire, de manière inégalitaire au centimes prêt, à l'euro prêt directement, alors qu'aujourd'hui la grande la grande subvention pour recherche d'émission de services public en fait, elle est liée au nombre d'étudiants, elle est liée au nombre de lab laboratoire de recherche. Donc dans les 14 milliards qui sont donnés au au aux universités, généralement la grande majorité c'est liée au fait que l'université elle est grosse, elle a des filières, elle a des huiles de santé, elle a 70000 étudiants et cetera et cetera.
Les contrats d'objectif et de moyens de performance aujourd'hui, ça représente très très peu quelques centaines de millions d'euros. Si on fait en sorte que tout soit décidé à l'eur près par les recteurs, on risque d'avoir ce qui s'est passé avec Lon 2, avec la suppression des subventions et lorsque c'est des millions d'euros, des centaines de millions d'euros, on voit on voit les conséquences. Euh et juste pour finir sur les frais d'inscription extracommunautaire, vous savez que les universités ont le droit de voter leur exonération.
Donc il faut se mobiliser dans les universités pour essayer de faire voter les exonérations. Il faut également se mobiliser. Il faut se faire élire en tant que syndiqué étudiant.
Il faut se syndicaliser chez les étudiants, chez les enseignants également. Voilà, c'est également important. Ça permet aussi de faire ça dans mon université.
C'est la seule chose qu'on a réussi à voter de manière positive. Euh voilà, donc ces coupures budgétaires, elles peuvent avoir des effets et surtout cette question de répression. Donc pour aller dans un cadre plus large que mon cadre d'économiste, mon cadre en tant que personnel d'université et enseignante chercheuse au début du au au début de de l'invasion et au début du génocide, il y a eu une forme d'autocensure énorme de la part des étudiants, de la part des enseignants chercheurs.
On a eu une pression énorme qui a été faite sur nous. On nous envoyait des photos d'étudiants de liste Discord d'étudiants où les étudiants discutaient. Euh on menaçait, on nous menaçait, on menaçait les étudiants de porter plainte, donc certains parents notamment.
Euh on avait des pressions de directeur du FR notamment en droit. On avait des photos de euh écrit free Palestine sur des tableaux en disant que nos étudiants étaient proalestiniens et donc antisémites et cetera et cetera. Tout ce climat de pression a créé une forme d'autocensure.
Et c'est pour ça que le collectif est important. C'est pour ça que notre mobilisation, elle est importante euh et qu'il faut se mobiliser, faut se réunir, faut se mobiliser, faut résister comme Alice là qui est à l'université de Grenoble, comme beaucoup d'entre vous ici. Euh ça chance, désolé, excusez-moi, je vous ai je vous ai mélangé.
Et euh et donc en tout cas voilà, tout cela a des conséquences, ça a des conséquences sur la santé, ça a des conséquences partout et faut faire attention à cette loi. Cette loi, elle est fourbe. Voilà.
Voilà. C'était juste J'ai oublié de vous dire quelque chose d'essentiel avant vous remercier encore. Je sais pas si Karine Fisher est là, mais Karine Fisher, elle est responsable du livret de la France insoumise sur les questions d'enseignement supérieur et recherche et Tien là aussi.
Il faut que vous si vous ça vous intéresse, si vous voulez rentrer dans les collectifs, on a beaucoup d'étudiants, d'enseignants, euh de doctorants, euh de personnel de l'université qui discutent entre eux et qui comparent ce qui se passe d'université à l'autre et qui permettent aussi de sortir des analyses, des communiqués de presse et évidemment, on a besoin de ça. Nous, dans la commission des affaires culturelles, on a besoin de que les premiers concernés s'impliquent et partagent ce qui se passe d'université à l'autre et fassent du lien. Et donc, bon, vous savez, on l'a tous dit, l'essentiel, c'est d'être en collectif, en lien ensemble.
Donc sur action populaire, vous tapez livrer enseignement supérieur. C'est ça Étienne ? Euh sur Oui, enseignement supérieur.
Et sinon, vous allez voir Étienne et vous lui donnez votre contact hein, qui va faire super travail. Mais voilà, allez-y, j'y a été pendant des années avant d'être avant d'être député. C'est très enrichissant et on en a besoin.
Donc voilà, j'espère qu'après cette conférence, ça va vous donner envie d'y aller et qu'on vous a pas démoralisé. Bon, merci à tous et puis bonne fin d'enfi. Merci.
No.
Marie Mesmeur