La Grande interview - Laurence Ferrari - 17/07/2026
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Europe 1. Grande interview Europe 1 C News, Pierre de Villeneuve.
Et l'invité de la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Thierry Breton. Bonjour. Bonjour. Ancien commissaire européen et ancien ministre des Finances, Elon Musk a ouvertement apporté son soutien à Marine Le Pen, hier en affirmant qu'elle était le dernier espoir pour la France. Vous avez qualifié cela d'ingérence. Pourquoi ?
Non, j'ai dit, attention, la période des ingérences démarre. Mais j'ai rajouté, Elon Musk est parfaitement dans son droit. Au fond, c'est qui Elon Musk ? C'est un chef d'entreprise, bien entendu, mais c'est une personne privée. Et en tant que personne privée, il a parfaitement le droit d'apporter son soutien à qui il veut, même s'il n'est pas français. Maintenant, je fais deux observations. La première, si vous le voulez, c'est sur le fond. Est-ce que finalement Marine Le Pen est très contente ? J'en suis pas sûr. Quand je regarde les sondages, M. de Villeneuve, il y a eu des sondages qui ont été faits au Dexin, l'année dernière, certes. 71% des Français estiment qu'il est dangereux. Qui ?
Elon Musk ? Oui, mais c'est partout en Europe. Le pire, c'est l'Italie. Vous vous souvenez de l'Italie, Mme Mélanie, qui était totalement, j'allais dire, au début, comment dire, de façon très pudique, elle avait l'air d'être tout à fait séduite par M. Musk et par ce qu'il pouvait apporter en tant que chef d'entreprise. Aujourd'hui, 80% des Italiens estiment qu'il est dangereux. Vous avez vu qu'elle a fait un virage sur l'aile. Donc je ne suis pas du tout sûr qu'aujourd'hui...
Vous pensez que c'est contre-productif pour Marine Le Pen ?
En tout cas, si j'écoute ce sondage, il est partout en Europe, unanime. Au fond, voilà, nos concitoyens européens, et en particulier nos compatriotes français, estiment qu'Elon Musk, vous savez, avec sa tronçonneuse, etc., il a fait beaucoup de dégâts. C'est Millet, la tronçonneuse. Oui, mais lui aussi, il avait une tronçonneuse pour démontrer ce qu'il a fait avec Doge. Vous vous souvenez de Doge ? Je parle de l'original, pas de la copie. Eh bien, il l'a copié. Il l'a copié, et visiblement, certains, mais encore une fois, je ne me mets pas à la place de nos compatriotes. Moi, je sais ce que je vais en penser, je le connais bien.
Mais nos compatriotes estiment que, finalement, il est dangereux. Maintenant, sur le fond, parce que c'est important, sur le fond, il utilise, encore une fois, il a le droit de faire ce qu'il veut, et dans n'importe quel support immédiat, il utilise un réseau. Ce réseau, c'est le réseau X. Et ce réseau, il est réglementé en Europe, parce qu'on offre la possibilité, évidemment, à tout le monde de venir vendre ses services à nos compatriotes et à nos concitoyens européens. Mais il y a un certain nombre de règles, parce que, évidemment, c'est un réseau systémique. Et là, il faut faire attention, parce que ce réseau, il est, encore une fois, organisé.
Et dans le DSA, vous savez, le DSA, qui me vaut aujourd'hui d'être interdit de séjour aux Etats-Unis, qui a été, encore une fois, fait... Ce n'est pas le programme de Tiers-Bretond. Parce que vous avez réglementé les... Non, ce n'est pas moi qui ai réglementé. J'ai fait uniquement ce que m'ont demandé nos co-législateurs. C'est un rapport là-dessus. Oui, non, pas un rapport. C'est, encore une fois, on a proposé un texte qui a été voté par le Parlement européen à 90%. Ce que je dis, vous êtes à l'origine des propositions. Oui, c'était mon travail. C'était votre travail en tant que commissaire européen. Ceux qui l'ont voté, ce sont les parlementaires européens.
90%, c'est-à-dire, tous partis confondus, il faut dire les choses comme elles sont, et 100% des Etats membres. Et ce DSA dit tout simplement qu'on ne peut pas utiliser une plateforme qui est réglementée, parce qu'encore une fois, elle est systémique, pour, par exemple, intervenir dans des élections en modifiant l'algorithme. Donc, la seule chose que je dis, attention, dans cette période électorale, les algorithmes ne peuvent pas être modifiés pour pouvoir éventuellement juger.
Il apporte juste son soutien. Ce n'est pas parce qu'il apporte son soutien que la communauté de Hicks va tout d'un coup trafiquer les élections présidentielles futures.
Je ne fais que rappeler dans mon tweet que dans cette période dans laquelle nous entrons, il va falloir que tous ceux qui utilisent des réseaux fassent attention, que les algorithmes n'aient pas été modifiés. Et le dernier point, pour en finir, si vous le permettez, Elon Musk, il a 240 millions de followers, comme on dit dans notre jargon, c'est-à-dire de personnes qui sont abonnées. 240 millions. On ne sait pas du reste comment ils sont arrivés. Ils sont au régiment, il n'y a rien de... Ça n'a rien à voir. On ne sait pas comment, parce que moi, je l'ai connu, quand il n'avait pratiquement pas de followers sur Hicks, et d'un seul coup, il a eu 240 millions.
Il y a des questions qui peuvent se poser, de savoir si jamais c'est naturel, si c'est le moment du seul. Les questions méritent d'être posées, mais je ne dis rien d'autre. Maintenant, ce que je veux dire, c'est qu'à partir du moment où on a 240 millions de followers, et qu'on soutient, ou on pousse un message, et bien évidemment, par exemple, ce message dont vous parlez, il a été vu 7 millions de fois.
Il n'en reste pas moins. Barack Obama a apporté son soutien à Emmanuel Macron. Il avait sans doute, comme vous dites, un certain nombre de followers, puisque c'était le président des Etats-Unis. Je ne vous ai pas entendu parler d'ingérence.
Alors, M. Villeneuve, moi, ce que j'aime bien sur votre chaîne, c'est qu'on est toujours précis, et on laisse le temps aux invités d'être précis. Barack Obama, il a effectivement apporté son soutien à Emmanuel Macron le 4 mai 2017. Et le 4 mai 2017, M. Villeneuve, il n'était plus président aux Etats-Unis. Non, mais il est cet ancien président. Ah oui, c'est une personne privée. Donc, il a eu le droit de le faire. Comme M. Meuse, il a le droit de le faire. C'est pour ça que je veux dire, on oppose ça. Maintenant, est-ce que Barack Obama a eu raison ? J'en suis pas sûr. Mais ça, ça lui appartient. Ah, très bien. Mais ça, ça lui appartient.
C'est bien de vous l'entendre dire aujourd'hui.
Ce n'est pas de l'ingérence, c'est une personne privée.
Mieux vaut tard que jamais.
Je te dis enfin qu'aujourd'hui, vous pouvez acheter sur X le fait de pousser un message. Ça coûte aujourd'hui 600 euros pour 100 000 vues. Vous voyez le message qui poussait Mme Le Pen. Encore une fois, je ne suis pas sûr qu'elle soit très heureuse. Il a été vu 7 millions de fois. Ça veut dire que ça fait 45 000 euros. Donc, il va falloir regarder tout ça attentivement.
Thierry Breton, je sais qu'on a le temps de répondre, mais l'interview dure quand même un certain temps. Et malheureusement, j'ai beaucoup de questions à vous poser. Est-ce que, dans la même veine que trois sénateurs qui proposent un rapport sur les zones grises de la désinformation, vous êtes pour la création d'un ministère de la vérité ? Mais non, pas du tout.
Enfin, tout ça, ça n'a aucun sens. Encore une fois, on a... Donc, ce rapport est inutile ? Pour moi, ça n'a aucun sens. On a mis des règles. Vous savez, il faut revenir à des principes de base. La liberté d'expression, c'est quelque chose qui est extrêmement important. Chez nous, en Europe. Et ici, à CNews, en particulier, c'est notre slogan. Chez nous, en Europe, pour tout le monde, c'est très important. Et en particulier, en France. Alors maintenant, elle est encadrée par un certain nombre d'éléments qui sont liés à notre histoire. Par exemple, on n'a pas le droit de proférer des propos antisémites. On n'a pas le droit de faire l'apologie du terrorisme.
Parce que c'est lié à notre histoire. Aux Etats-Unis, il y a le premier amendement. On a pratiquement le droit de tout dire. Mais ça, c'est leur histoire. Donc, voilà. Nous, encore une fois, c'est très important qu'on soit attaché à la liberté d'expression. Mais enfin, de grâce, on ne va pas revenir au temps du ministère de l'Information.
Deux perspectives s'offrent aux Français, Thierry Breton, dans un avenir proche ou immédiat. La présidentielle avec une inflexion très marquée vers le RN, données gagnées en premier et au second tour. Et dans l'immédiat pour le gouvernement, on s'accordait sur un budget. Le déficit public est estimé à 5% pour 2026. Il pourrait atteindre jusqu'à 6,8% en 2030. David Amiel, le ministre des Comptes publics, appelle à un budget de sauvegarde républicaine. L'an passé, des scénarios comme l'année blanche, comme le scénario des 12e provisoires avait été évoqué. Est-ce qu'on repart là-dessus pour 2027 ?
Je vais vous dire mon sentiment. On est vraiment, on rentre dans une période qui est existentielle, je dirais, par rapport à la position, à la posture de la France, de notre pays. On n'est plus capable de faire un budget en dessous de 5% de déficit. C'est absolument inacceptable, inadmissible. Pour donner les chiffres... On a une configuration du Parlement qui est particulière et inédite. Absolument, vous avez raison. C'est cette fragmentation dont il faut gérer cette fragmentation. Elle n'est pas uniquement liée à une spécificité française. Elle est au... Tiens, on parlait des réseaux tout à l'heure.
C'est aussi sans doute lié au fait que maintenant, par les réseaux, on peut s'exprimer, on peut faire vivre des communautés, et précisément s'exprimer. Donc cette fragmentation est une partie, et maintenant c'est une donnée inhérente à notre classe politique, me semble-t-il. Donc il faut trouver un modus vivendi pour vivre ensemble. C'est quoi ? Eh bien c'est la règle d'or. C'est ce que j'ai proposé. Déjà là maintenant pour le budget carré ? Bien entendu, il ne faut pas la mettre en place. On ne peut pas la mettre en place. Mais encore une fois, moi c'est ce que je fais. Pour attendre la présidentielle.
Moi ce que je fais, c'est que je vais voir tous les chefs de parti, de là où je suis évidemment. Qu'est-ce qu'ils vous disent sur la règle d'or ? Eh bien, ils m'écoutent tous. Il limite à 1% le déficit. Ils m'écoutent tous, c'est une proposition, encore une fois c'est une proposition que j'ai posée sur la table, pour que les partis des principaux partis politiques, les présidents de partis des principaux partis politiques français s'accordent pour mettre de la discipline comme les Allemands l'ont fait, tous partis confondus, comme beaucoup de pays l'ont fait. Quand on est à cette fragmentation, on se dit, bon bah, il faut une trajectoire. Vous êtes allé voir les différents.
Eh bien, ils m'écoutent positivement. Et puis, je ne suis pas leur petit messager, donc vous les interrogerez. Mais je peux vous dire que tous ceux que j'ai vus, j'en ai vu beaucoup. Je les ai pratiquement tous vus, sauf le parti de M. Mélenchon, qui ne m'a pas demandé de venir le voir. Sans ça, je le verrai évidemment. Et l'idée, c'est de se mettre de la discipline, pour qu'effectivement, d'un point de vue constitutionnel, alors, ce n'est pas la rigueur. Vous voyez, par exemple, là, on va avoir, moi j'ai fait le cheminement. Non, donc le cheminement aujourd'hui, c'est d'arriver à 1% de déficit en 2032, dans 5 ans.
Ça veut dire, les efforts qui sont des efforts tout à fait acceptables, ce n'est pas la rigueur, mais c'est de la discipline.
Et en attendant, pour ce budget qui arrive, qui est avant la présidentielle,
qu'est-ce qu'on fait ? Une année blanche ? Non, certainement pas. Ma recommandation, c'est de commencer tout de suite. Donc là, moi j'estime qu'on sera plus de 5% de déficit. Vous voyez, je suis parti. Donc, la proposition que j'ai faite, j'ai travaillé, c'est 4,8%. Il faut travailler sur un budget à 4,8% en 2027. Ça veut dire en gros une trentaine de milliards. Ça veut dire qu'on engrange, pardon, on engrange quand même 1 500, on va engranger cette année, 1 530 milliards. Ça veut dire faire 30 milliards d'économies sur 1 530 milliards. Voilà, c'est beaucoup, mais c'est quand même faisable. 30 milliards sur 1 500 milliards. Voilà ce que je propose. 30 milliards,
on donne déjà 17 milliards à l'Ukraine. Alors, est-ce que c'est une bonne dépense ? Est-ce que c'est un bon signal pour les Français, qui n'ont jamais été autant ponctionnés par les impôts, de s'entendre dire qu'on va donner 17 milliards à l'Ukraine ?
Alors, M. Levinelot, on ne donne pas 17 milliards à l'Ukraine, et je le redis, et c'est bien encore une fois, là, c'est bien parce qu'on peut être précis.
90 milliards d'aide européenne, 17 milliards, c'est la part française.
C'est 90 milliards de prêts. Oui. Attention, c'est l'Union européenne, non mais c'est très important, c'est un prêt, l'Union européenne, soit fait 45 milliards par an. On va demander aux Ukrainiens de rembourser immédiatement. Non, non, ce n'est pas les Ukrainiens ni qui vont rembourser, c'est gagé sur l'argent que les Russes ont aujourd'hui en Europe, il y en a pour 213 milliards, donc c'est gagé sur cet argent, il va y avoir des dommages de guerre, parce qu'évidemment, c'est dans cette guerre d'agression, c'est évidemment la Russie. Vous voulez dire que ce n'est pas la même caisse ?
Non, ce n'est pas que ce n'est pas la même caisse, c'est qu'encore une fois, c'est un prêt gagé sur ces avoirs russes qui sont en Europe et qui seront remboursés. Donc les 17 milliards, c'est qu'il y a uniquement un engagement de dire si in fine, dans 10 ans, dans 15 ans, il n'y avait pas de remboursement, il y a un appel au recours, donc ce n'est ni dans une ligne budgétaire, ni dans de la dette, c'est 17 milliards, c'est uniquement la partie que chaque pays, et donc on prend un tas de la France, donc a garanti, au cas où les avoirs russes ne suffiraient pas. Il y en a pour 213 milliards, ils suffiront.
En attendant une fin de la guerre, effectivement, cette probabilité ou cette possibilité de se voir retourner cet argent, vous dites ponctionner sur les russes, en attendant la guerre n'est pas finie ?
Elle n'est pas finie, et je suis le premier à regretter du reste. Je me souviens que Donald Trump avait dit qu'il la finirait en 24 heures. Vous comptiez sur lui ? Mais bien sûr qu'on l'espérait tous. Vous comptiez sur lui ? Je n'ai pas à compter, il n'y a pas à compter, je l'espérais, je l'espérais et je constate qu'il n'en est rien et qu'au contraire, alors en revanche, vous vous souvenez de ce qu'il disait de Volodymyr Zelensky il y a un an ? You don't have the cards, c'est à la Maison Blanche, vous n'avez pas les cartes, taisez-vous. Et là maintenant, il dit, finalement, Zelensky c'est un type formidable, c'est l'un des meilleurs chefs d'État que nous ayons. Comme quoi il peut changer ?
Une usine de missiles patriotes
en Ukraine ? En plus, comme quoi il peut changer,
voyez-vous,
mais on a toujours la guerre. En tout cas, vous n'êtes pas le seul à alerter sur les finances, Bruno Le Maire, l'ancien ministre des Finances, estime que nous venons tourner la page de l'État-providence, Bruno Le Maire qui par ailleurs insiste très fortement sur la nécessité de retrouver un couple franco-allemand. Aujourd'hui, se tient un conseil des ministres franco-allemands à Augustusbourg, c'est près de Cologne. Nos confrères des Echos vont même jusqu'à dire que Macron et Mertz sont sur les pas de De Gaulle et d'Adenauer. Le couple franco-allemand, ce n'est pas une idée du passé ?
C'est une idée où c'était, encore une fois, c'était le moteur de la réconciliation. C'était, vous parliez, voilà, parfait. Oui, c'était, parce que je suis, et je l'ai vraiment vu moi-même et j'en suis le premier à le déplorer, mais il faut en prendre acte. Aujourd'hui, ce couple, il ne marche pas. Ça a été le moteur de la reconstruction européenne. Au fond, on a bâti aussi notre projet européen sur le thème « Plus jamais ça ». Il ne marche pas parce que les Allemands
n'ont pas besoin des Français, même si les Français pourraient avoir besoin des Allemands.
On en revient à ce qu'on disait tout à l'heure. La France ne tient plus ses engagements budgétaires depuis maintenant 15 ans. Elle dit qu'elle va faire quelque chose, elle ne le fait pas. La France a perdu et je suis le premier à le regretter et à me battre pour qu'on retrouve cette capacité. Parce que notre pays est un pays qui est important, dont la voie est importante et aujourd'hui, sa voie n'est plus à la hauteur de ce qu'elle devrait être. Pourquoi ? Parce que la France ne tient plus ses engagements et c'est effectivement ce que l'Allemagne nous reproche mais ils ne sont pas les seuls.
Donc oui, je suis de ceux qui disent qu'il faut absolument qu'on retrouve la maîtrise de nos finances publiques. D'abord parce qu'on ne peut plus faire payer nos enfants comme ça et puis ensuite parce que d'un point de vue diplomatique, d'un point de vue de la posture de la France, c'est absolument nécessaire. Maintenant, sur le couple franco-allemand, bien oui, je suis le premier à le dire. il fonctionne parce que dans tous les domaines aujourd'hui, on est quasiment orthogonal, il faut le dire. Et je suis le premier à le regretter. Regardez ce qui s'est passé sur la défense, regardez ce qui s'est passé sur le SCAF, regardez ce qui s'est passé sur le Mercosur, regardez.
Et donc, ça veut dire qu'on manque de leadership.
Il faut du leadership. Pourquoi limiter l'Europe à juste l'Allemagne ? Il y a d'autres partenaires européens.
Mais vous avez parfaitement raison, on est 27.
La Pologne par exemple va bientôt dépasser la richesse de la France. L'Italie a déjà dépassé la France en richesse ?
Alors non, la richesse c'est le PIB. La Pologne ne veut pas dépasser le PIB de la France et l'Italie non plus. En revanche, la Pologne est effectivement un grand pays. L'Italie souffre beaucoup plus qu'on le dit d'un point de vue économique. Mais voilà, on est quand même toujours la deuxième économie de la zone euro et on le restera. En revanche, je le redis puisque vous m'interrogez là-dessus, il est urgent aujourd'hui de reprendre son bâton pèlerin pour bâtir une relation équilibrée. Encore une fois, on ne peut pas réduire l'Europe à la relation franco-allemande.
Mais en revanche, une relation franco-allemande qui est orthogonale sur tant de sujets, c'est un véritable problème pour nous en Europe. C'est un sujet qu'il faudra évidemment régler
lors de la prochaine présidence. parlant d'Allemagne que dire de l'ONG Sea-Watch qui sciemment transbord des migrants en pleine mer depuis un bateau de passeurs. C'est une façon de régler le problème migratoire en Europe. Jordan Bardella s'insurge et il reprend cet article du Figaro et appelle les autorités à confisquer les navires. dénoncent une mafia des passeurs. Qu'est-ce qui se passe sur ce problème-là ?
Mais non, mais encore une fois, on sait que certaines ONG, je ne veux pas porter de jugement sur les uns sur les autres. Je ne connais pas assez le sujet, celui-ci en particulier. Donc, il faut le regarder en détail. En revanche, ce qui est clair, c'est qu'il faut veiller effectivement à ce que certains qui veulent faire de la communication là-dessus, ne le fassent pas. Je ne pense pas que ce soit le cas. On ne peut pas, encore une fois, instrumentaliser cette misère pour pouvoir faire passer des messages ici ou là. je crois qu'il faut, là encore, on a mis en place maintenant un pacte migratoire. On va essayer de voir, c'est d'un progrès.
Ce n'est pas encore parfait et c'est au niveau européen. C'est d'un progrès. Il faut le voir et du reste, beaucoup s'en sont félicités parce que c'est un sujet qu'on ne peut pas négliger. Maintenant, les opérations de communication, quelles qu'elles soient, je m'en méfie.
Toujours sur les relations entre les pays, la France et l'Algérie, l'ambassadeur français est de retour à Alger. 250 000 visas annoncés aux Américains. Algériens qui veut rentrer dans une relation apaisée sans visa consulaire en échange pour les rapatrier des ressortissants algériens. Christophe Gleiss qui est toujours incarcéré. Est-ce que c'est une relation
équilibrée ? Non, mais c'est une relation qui est historique, encore une fois, par rapport à notre passé. On connaît les accords déviants, on sait ce qu'il disait aussi. Bien sûr qu'il faut en venir de tout ça, sur tout ça. Mais comment ? Eh bien, c'est encore une fois, vous voyez, on est dans une période où il va falloir remettre ces sujets de façon... Mais est-ce qu'on a raison
d'y aller de façon apaisée ? J'ai entendu l'ambassadeur Romathé qui critiquait à demi-mot l'action notamment de Bruno Retailleau quand il était ministre de l'Intérieur. Est-ce qu'il faut une relation avec des muscles ou est-ce qu'il faut une relation en effet apaisée en attendant que ça se passe ?
Il faut une relation apaisée pour rééquilibrer les relations qui datent, encore une fois, je le dis, de notre passé et y compris des accords déviants parce que c'est ça évidemment dont on parle. Il faut se poser la question si après tant d'années il faut les revoir de façon un peu plus équilibrée. Mais pour ça, il faut quoi ? Il faut du temps. Il faut donc, je crois, cinq ans. On ne va pas pouvoir faire ça en dix mois. Mais c'est un sujet qu'il faut poser sur la table. Il ne faut pas laisser
Christophe Glez dans les jaunes
aériennes pendant cinq ans ? Certainement pas. Je n'ai pas dit ce pendant cinq ans. J'ai dit encore une fois qu'il faut effectivement poser ces problèmes de façon sérieuse et pas, je dirais, à l'emporte-pièce juste avant des élections présidentielles. Ça fait partie des sujets effectivement qu'il faudra traiter au cours du prochain mandat de façon apaisée parce que la relation avec l'Algérie mérite d'être apaisée et elle ne l'est pas aujourd'hui. Je le constate comme vous.
On parlait de Donald Trump tout à l'heure. Donald Trump qui a tenu un discours sur justement l'état des Etats-Unis. Il a lancé cette nuit le Save American Act qui propose de changer les règles électorales. Par ailleurs, il tact la Chine comme étant le principal faux soyeur de données personnelles dans le monde.
Quelle est sa stratégie ? Alors évidemment, il parle d'ingérence. Il parle d'ingérence et il parle d'ingérence électorale. Tiens, nous y revoilà. Alors on constate notamment que les Etats-Unis font de l'ingérence en particulier. Je vous ai apporté le document de sécurité nationale de novembre 2025 dans lequel c'est la politique américaine dans laquelle on dit qu'on va s'appuyer sur les partis patriotiques c'est-à-dire d'extrême droite en Europe pour pouvoir faire passer la politique américaine. Ça c'est écrit dedans. Bon, si c'est pas de l'ingérence je sais pas ce que c'est.
Mais maintenant il critique l'ingérence en ce qui le concerne en tout cas il met en garde soit disant parce que les Chinois j'en sais pas si c'est vrai ou pas auraient pu éventuellement avoir accès ou peut-être même voler il cite un chiffre gigantesque de plusieurs millions donc d'électeurs de cartes d'électeurs enfin que sais-je. Qu'est-ce qu'il nous dit effectivement ? On est à quelques mois des élections donc de mi-mandat dont on sait qu'elles risquent d'être difficiles. Il commence à alerter sur les risques d'ingérence. On va voir ce que ça veut dire. Donc c'est tout frais c'est tout chaud c'est arrivé il y a quelques heures.
Une guerre de données entre les Etats-Unis et la Chine ? Il faut être très vigilant
Une guerre de communication ? Il faut être extrêmement vigilant je nous invite tous à l'extrême vigilance là-dessus j'espère que ce n'est pas un signe précurseur du fait qu'il voudrait je ne sais pas lancer je ne sais quel état d'urgence à quelques semaines des élections mais là je fais une uchronie donc vous voyez je suis très prudent mais je suis comme vous je dois dire que ce discours m'a interpellé et quand ça m'interpelle généralement je creuse et je suis prêt à revenir en parler lorsqu'on va creuser c'est sorti il y a quelques heures seulement
et sur le détroit d'Hormuz qui est bloqué à la fois par les Iraniens et les Américains avec une conséquence bien sûr pour nous autres Européens et le prix de l'essence qui commence doucement à augmenter quel est votre avis ?
A mon avis c'est que les Etats-Unis avaient une vraie connaissance de l'Iran et notamment au sein de l'administration américaine mais on en revient à ce qu'on a dit Doge Doge c'est le fameux Doge d'Elon Musk ils ont renvoyé tous les spécialistes et on se retrouve aujourd'hui devant des Iraniens qui eux sont hélas et je suis le premier à le regretter parce que depuis 47 ans on voit ce qu'ils font vivre à leur pays et aussi par parenthèse à leur voisin C'est-à-dire que pendant 47 ans
ils ont préparé Ah je peux vous dire
qu'ils ont préparé ils sont professionnels en face il n'y a plus de professionnels aux Etats-Unis alors c'est peut-être des personnes très méritantes Il n'y a plus de professionnels au niveau diplomatique sur ces questions non ils ont tous été renvoyés donc effectivement on a M. Wittkopf Vous diriez quoi ? C'est une politique d'amateur ? Mais en tout cas C'est très grave ce que vous dites Non c'est pas grave je regarde ce document c'est pas moi qui le dit c'est le Wall Street Journal ou le New York Times Donc ce document Vous prenez les dires de nos conflits ?
Oui bien sûr et donc je l'ai redit à votre antenne ce matin ce qu'ils disent en tout cas c'est que cet accord ce fameux accord qui a été signé à Versailles et bien il était peut-être comme disent certains il n'était peut-être pas aussi stabilisé qu'on veut le dire en tout cas la preuve en est que effectivement la conflictualité dans l'Étronome est toujours là je ne suis pas de ceux qui disent que ça veut dire que la guerre va redémarrer mais je pense qu'on est rentré dans cette période d'instabilité encore pour un certain temps et là encore patatras et bien les paix signées par M.
Trump en 24 heures ça n'a pas l'air de marcher On aura l'occasion d'en reparler Merci beaucoup Thierry Breton Bonne journée Merci
Merci Pierre De Villeneau Merci Thierry Breton