La guerre en Iran va durer, sommes-nous prêts à affronter ses conséquences ?
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France Inter France Inter Le 18-20 Fabienne Sintès
On n'a pas fini de subir. Voilà ce que dit le Premier ministre. On a donc largement passé le cap des paroles rassurantes. Si la guerre ne dure pas, ça ira. Tout ça, c'est bien terminé. Sébastien Lecornu, dans le paquet de mesures, annoncé aujourd'hui, a rappelé l'imprévisibilité de cette guerre en Iran, si bien que les aides reconduites le sont pour les trois prochains mois et les sommes à venir. 710 millions d'euros. Selon la même stratégie, on y viendra, mais sur une autre échelle. Nous sommes donc toujours dans du ciblage. Reconduction des aides forfaitées au carburant, reconduction des aides aux pêcheurs, aux agriculteurs.
Dans le BTP, les aides prévues pour les entreprises de moins de 20 salariés sont élargies aux moins de 50 salariés. Bonus écologique pour l'achat de voitures électriques, pour les taxis, un effort pour les aides à domicile, les transports sanitaires, les gros rouleurs, avec une aide qui passe de 50 à 100 euros et la fameuse aide au carburant fournie par les entreprises à leurs salariés qui passent de 300 à 600 euros. Voilà, grossièrement, pour les mesures annoncées par Sébastien Lecornu, entouré de tous ses ministres en conférence de presse, donc un côté volontairement solennel. Cette guerre va durer.
Vous qui nous écoutez, vous l'aviez peut-être déjà anticipé, vous aviez peut-être pris les devants, vous saviez à quoi vous en tenir et vous allez nous expliquer ce que c'est à vous, et j'y mets des guillemets, votre économie de guerre à vous, vos économies sur les sens, vos renoncements, vos inquiétudes peut-être.
Qu'est-ce qu'on doit penser de l'avertissement de la chance internationale de l'énergie qui promet une entrée en zone rouge pour le pétrole cet été, s'agissant des approvisionnements, en 2022, et peut-être qu'on l'a tous encore en tête, nous avions tous une sorte de sentiment d'effort national à fournir devant l'inflation qui avait grimpé extrêmement haut, devant le prix du gaz, surtout. Souvenez-vous qu'on a tous joué le jeu, même contraint, d'un hiver à 19 degrés dans les appartements. Est-ce que nous sommes prêts à la même chose, à faire le doron ? Est-ce que vous aussi, vous êtes passés à votre propre économie de guerre, le carburant, bien sûr, les dépenses, les vacances à venir ?
Est-ce qu'on serre les dents maintenant pour partir comme prévu cet été ? Est-ce que le moral est plutôt en août 2008, j'allais dire, c'est-à-dire en Berne ? On en parle ensemble ce soir, et c'est le téléphone sonne. Soyez les bienvenus.
Etienne, vous êtes le premier
et vous êtes le bienvenu. Bonsoir.
Bonsoir Fabienne.
On vous écoute, Etienne.
Alors, c'est une réflexion que je me suis faite sur l'utilisation du pétrole, et je me suis demandé si le gouvernement pourrait déclarer un état d'urgence énergétique, un peu comme l'état d'urgence sanitaire, en disant, on limite certains déplacements secondaires ou de loisirs, ou on arrête de faire venir certains fruits et légumes qui viennent du Chili, qui viennent d'Afrique du Sud, puisque finalement, on a de très bons fruits et légumes en France, et on n'a pas vraiment besoin de les amener, et ça coûte du pétrole, ou est-ce que ce serait une atteinte aux libertés individuelles de dire, vous limitez vos déplacements, et on arrête de faire venir des fruits et légumes d'aussi loin, par exemple.
Merci beaucoup, Etienne, pour cette entrée en matière pour discuter ensemble. Jusqu'à 20h, autour de la table, il y a Grégory Carré. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes le directeur de l'Observatoire de la consommation. Ensemble, c'est le nouveau nom de l'UFC Que Choisir. Philippe Moëtier, là également. Bonsoir. Bonsoir. Professeur émérite d'économie à l'Université Paris-Cité. Vous êtes confondateur de l'Obsoco, l'Observatoire Société et Consommation, et Alexis Moral nous a rejoint aussi. Bonsoir Alexis.
Bonsoir Fabienne.
Du service économique de France Inter, et vous étiez, il y a encore 5 minutes. C'est ça. Une demi-heure. Une demi-heure devant Matignon. Voilà, je cherchais. Un mot là-dessus. Deux choses, en fait, Philippe Moëtier sur la question de notre amie Étienne. D'abord, est-ce qu'on aurait le droit, vous savez, de répondre à cette question ou pas ? Ou est-ce qu'on dit plutôt qu'on n'en est pas là ? Bon, je pense qu'on n'en est pas là. On n'en est pas là du tout même. Et fort heureusement. On n'est pas aux Philippines, parce que ça a été le cas effectivement dans certains pays d'Asie. Aujourd'hui, on n'y est pas.
Nous sommes moins dépendants de cette source d'approvisionnement que d'autres pays, notamment des pays d'Asie. Donc pour l'instant, c'est un problème de montée des prix. On n'est pas encore dans une logique de pénurie qui imposerait un rationnement. Après, j'ai entendu dans ce que disait le Premier ministre Grégory Carrey, on va revenir sur certaines mesures. Beaucoup d'auditeurs, d'ailleurs, sont vraiment sur des choses très précises. Mais il a aussi dit, bon, on ne va pas leur demander comment faire, en fait. On ne va pas emmerder les Français. La bonne vieille phrase de Pompidou qui ressort un peu à ce genre d'occasion assez régulièrement.
Ça veut dire qu'on ne leur dit pas comment ils font faire. On ne leur dit pas de ralentir sur la route. On ne leur dit pas tout ça. La question que je me posais, c'est vous qui les observez, ils les ont déjà prises ces mesures-là,
les gens, en fait ? Oui, en fait, ce n'est pas très compliqué. On n'a même pas besoin de refaire les études. On prend celle de 2022 et puis on peut les ressortir. Alors, qu'est-ce que les gens ont fait en 2022 ? Parce qu'en fait, on n'était pas vraiment sortis de la crise de 2022 pour les consommateurs.
L'inflation était redescendue. L'inflation était descendue, mais pas les prix. Mais en fait,
ce qui compte pour les gens, c'est les prix. Effectivement, l'indicateur de l'inflation était dans ces cas-là un peu trompeur. Donc, les comportements qu'on a observés en 2022, c'était effectivement rationaliser ces déplacements. Mais 2022 encore n'est pas comparable parce qu'il y a eu des aides à la pompe. Là, ce n'est pas du tout le cas. Il y a eu surtout des aides globales à la pompe. Ce que j'ai compris de cette crise,
c'est que la première chose qu'on a dit, c'est qu'on ne va pas faire comment on a du nom.
Là, c'est du saupoudrage. On parle beaucoup plus de temps à l'expliquer que l'effet concret qui va se voir dans le portefeuille des Français. Donc, ce qu'ils font, c'est très étonnant. On aurait pu dire qu'ils vont rouler moins vite pour essayer. Ça, ils le font naturellement pour essayer de consommer un peu moins. Mais il y a des gens, par exemple, qui vous disent que je ne fais pas un plein complet parce que le montant est rédhibitoire, il est trop fort. 80 euros, c'est trop, donc je fais des demi-plains. Ça ne résout rien. Mais bon, on va faire un peu de covoiturage. On va rationaliser ces comportements.
On a quand même vu fléchir la consommation du gasoil, quand l'auditeur juste avant disait est-ce qu'on pourrait bloquer, limiter les déplacements ? En fait, économiquement, le gouvernement, l'économie n'a pas tellement envie de ça parce que si les gens limitent un peu les déplacements, ils vont limiter la consommation. Et la consommation, c'est quoi ? Pour les consommateurs, effectivement, c'est avoir les biens durables mais c'est aussi pour les entreprises un carnet de commandes, c'est aussi des emplois. Pour l'État, c'est des recettes à la fin de l'année. Et donc, si vraiment l'économie se contracte trop, on va risquer de le payer y compris le gouvernement dans un deuxième temps.
Et d'ailleurs, le choix du gouvernement de faire du saupoudrage, de ne pas faire grand-chose, excusez-moi, ce n'est pas le choix qu'ont fait nos voisins. Nos voisins ont décidé d'aider massivement et pourtant, ils sont plutôt plus vertus en termes de budget que nous d'habitude. Donc, ils ne sont pas complètement peut-être aussi idiots que ça. Il faudrait peut-être regarder de plus près ce qu'ils font.
On va venir dans un instant sur la philosophie de ces mesures Alexis Morel mais Philippe Moiti, moi j'aimerais savoir si vous aussi vous employez le mot saupoudrage. En fait, quand on dit en gros, est-ce que ciblage ça veut forcément dire saupoudrage au final ? Non, de toute façon, je pense que le gouvernement n'a pas le choix. On est loin des objectifs de réduction du déficit budgétaire. On vient de parler de nos voisins qui sont plus généreux mais n'ont pas les mêmes ratios de dette publique. Donc, non, on n'a plus les moyens du quoi qu'il en coûte. On n'est plus dans la situation de 2022 donc on est contraint à faire des aides ciblées. Alors, est-ce que ça va suffire ?
Sans doute pas, sans doute pas. Donc, on va avoir une partie de la population, ceux qui roulent le plus, ceux qui sont les plus dépendants de la voiture, ceux qui sont en bas de l'échelle des revenus qui ont déjà commencé de souffrir et qui vont souffrir encore. Donc, ça pose un problème, ça pose un problème pour le reste de la population. Honnêtement, bon, c'est jamais agréable de voir le plein qui coûte plus cher mais on est en mesure d'absorber tout ça. Surtout qu'en fait, sur le temps long, le prix de l'essence a eu tendance à baisser. En fait, si on rapproche ça du salaire moyen, etc., ça a eu plutôt tendance à baisser.
On a déjà eu une naissance beaucoup plus chère en termes relatifs qu'aujourd'hui. Donc, voilà, ça pose un problème pour une fraction de la population. Le risque, c'est que ça déclenche un processus inflationniste et là, qui aura une portée beaucoup plus générale et qui aura des conséquences plus manifestes sur les comportements des consommateurs. Et qui peut monter plus haut même, puisqu'on en était là que l'inflation 2022, c'était 6%. Je parle sous votre contrôle
à tous. Pas plus haut, mais ça vient s'ajouter à celle de 2022 finalement. Et en revanche, le risque dont parlait M. Moati, c'est la contagion à d'autres secteurs de l'économie. En fait, ce n'est pas la question, ce n'est même pas si, c'est quand, en fait.
Prenons-le à l'envers, en fait. Quels sont les secteurs épargnés aujourd'hui qui ne voient pas la crise ? Ou qui ne la voient moins ? Qui ne le voient pas encore ? Quasiment tous. Les services à la rigueur, peut-être. Quasiment tous. Et donc, quand vous dites que ça va toucher d'autres secteurs ?
Selon le gouvernement, le dernier chiffre sur l'inflation, si on met de côté les carburants, l'inflation alimentaire, par exemple, le dernier chiffre dévoilé ce soir, c'est 1%, plus 1%. Donc, pour l'instant, il n'y a pas eu contamination à l'alimentaire tout simplement parce qu'il n'y a pas eu réouverture, notamment des négociations commerciales entre les industriels et la grande distribution, ce que réclament d'ailleurs les industriels de l'agroalimentaire. Donc, cette inflation, elle pourrait venir plus tard. Pour l'instant, en inflation globale, la France est plutôt mieux située que ses voisins européens. 2.2, est-ce que je parle de votre contrôle ?
On est toujours meilleur que nos voisins européens. Ça, c'est l'INSEE qui a un certain talent. Donc, pour l'instant, il n'y a pas de contagion, par exemple, à l'alimentaire, ce qui est quand même très concernant pour les gens, mais ça peut venir, évidemment, de des mois à venir.
Juste un mot, Alexis, pour les gens qui nous écoutent. On a beaucoup dit depuis 18h, depuis l'annonce de ces mesures, que le gouvernement ne changeait pas de stratégie, mais élargissait l'assiette, en gros. Est-ce qu'on peut le résumer aussi ? Oui,
on élargit un peu l'assiette de nouveaux publics. Il y a un petit effort qui est fait sur notamment la revalorisation des indemnités kilométriques pour les aides à domicile. C'est un public qui est vraiment en souffrance. Ces dernières semaines, les aides à domicile depuis le début. Pour les fonctionnaires aussi, pour le secteur public, on va revaloriser les indemnités kilométriques. On ne sait pas exactement encore de quelle ampleur. Mais surtout, la principale nouveauté, finalement, c'est que cette fois, on prolonge, je vous le disais, non pas d'un mois, mais de trois mois parce qu'on a compris que ça allait durer. On enjambe, si je puis dire, l'été.
On étend un peu et il y a cette nouveauté, si je puis dire, de la prime carburant, de la prime carburant employeur qui est un vieux dispositif, qui n'est pas du tout un nouveau dispositif.
Mais c'est sur la base du volontariat de l'employeur. Voilà,
c'est à la main des employeurs, c'est défiscalisé, on ne paye pas de cotisation dessus. L'avantage, c'est que ça ne coûte pas grand-chose à l'État. Toute la question, c'est est-ce que les employeurs vont s'en saisir alors que ces dernières heures, ces derniers jours, ils nous disent mais là, ça y est, les trésoreries, on est impacté, les trésoreries sont tendues. C'est quatre petits patrons sur dix selon la CPME qui ont leur trésorerie tendue.
Beaucoup de questions sur les taxes et on a entendu la grande croix rouge sur les taxes de Sébastien Lecornu dans un instant. Je voudrais d'abord qu'on entende Joël qui est à Nancy. Bonsoir Joël.
Oui, bonsoir à vous. On vous écoute. Eh bien écoutez, c'est très simple. En France, il y a 400 000 agriculteurs, il y a quelques centaines de marins pêcheurs mais il y a plus d'un million d'aides à domicile en salariés d'associations qui n'ont pas d'air insolides et il y a plus d'un million d'aides à domicile comme moi qui sont majoritairement des retraités.
Donc ce que vous êtes en train de nous dire c'est que c'est mal ciblé en fait. Ce que vous nous dites Joël c'est que c'est mal ciblé en fait. C'est ça le sens de votre question.
Bien sûr. Et il faut savoir que les retraités votent beaucoup plus que les autres. Monsieur Lecornu devrait s'en souvenir.
Merci pour votre question Joël. Ce qui est très compliqué dans ces cas-là Philippe Moiti c'est effectivement sur qui on cible à quel moment Et comment on repère les personnes qui sont dans la cible de sur quoi. Et comment on repère les gens qui sont dans la cible. Mais là effectivement pêcheurs, agriculteurs j'allais dire c'est une constante on va le dire comme ça non c'est une constante dans ce genre de crise. Oui parce que ce sont des secteurs d'abord qui sont directement touchés et fortement touchés.
On commence à le voir dans les chiffres le coût des moyens de production dans l'agriculture c'est un peu technique en gros les intrants des agriculteurs dès le mois de mars le dernier chiffre dont on dispose commence à être inflationniste et en particulier l'énergie c'est-à-dire en gros le gazole qu'on met dans le tracteur et les engrais parce que les engrais c'est produit avec des hydrocarbures donc ça commence à monter ils ne sont pas encore en mesure de répercuter ça sur l'aval des filières donc ils sont un petit peu étranglés et c'est normal qu'on vienne à leur secours.
Mais en même temps ça finira par descendre dans les filières ça va percoler et c'est un des facteurs qui laisse imaginer que dans les mois qui viennent nous allons avoir un retour de l'inflation alimentaire peut-être moins massive que ce qu'on a connu en 2022-2023 mais pour les consommateurs c'est jamais une bonne nouvelle parce qu'en plus c'est des prix très visibles donc ça provoque ce qu'on appelle un effet de halo on a tendance à exagérer finalement l'importance de l'inflation parce que ça porte sur des produits du quotidien et donc ça a vraiment un impact psychologique et sur les comportements des gens.
Est-ce que ça a un sens de vous poser la question de savoir à quel moment alors je ne vais pas vous demander une date mais à quel moment grosso modo en fait tel qu'on est parti là cet impact-là commencera effectivement à se sentir réellement ?
Alors hier Michel-Edouard Leclerc a parlé de 3 à 4% dès juillet alors même moi qui ai la réputation d'avoir plutôt des chiffres plus élevés que tout le monde j'avais mis 4 à 5 sur 12 mois donc c'est très contesté ce chiffrage ça me paraît très tôt les premiers vous allez enfin on va commencer à voir c'est les fruits pardon les produits frais les produits laitiers etc.
qui vont être normalement les premiers concernés parce que les éleveurs subissent les coûts très très vite et puis ça tourne très très vite ces produits donc les produits que vous avez en rayon sont des produits qui ont été produits depuis le début du conflit en Iran donc avec déjà des facteurs de coûts qui ont explosé juste un point par rapport quand même à l'effort ce qu'on disait l'effort exigé là rien que les carburants pour les automobilistes en moyenne un gros rouleur il met 1000 litres il met 1000 litres dans sa voiture dans une année et là l'augmentation depuis le début du conflit c'est 60 centimes donc vous imaginez ça fait 600 euros à trouver et là il y a beaucoup de gens qui ne les ont pas ces 600 euros et donc ils vont aller les prendre ailleurs ils vont essayer de diminuer la consommation de carburant mais ils vont aller les prendre ailleurs ça veut dire que c'est tous les autres pans de l'économie qui vont être mis à contribution donc des carnets de commandes qui risquent d'être vides pour beaucoup d'entreprises il y a un petit sujet peut-être qui va monter de décalage entre la communication et la réalité c'est que là on a annoncé des aides en avril on annonce leur prolongation sauf que les premiers concernés n'ont pas touché les premières aides de début avril on est seulement là en train d'inscrire son dossier sur les plateformes en ligne donc il y a vraiment du temps qui passe il y a un délai très important entre les annonces et l'argent sonnant et trébuchant si je puis dire dans la poche des secteurs qui vont être aidés quels qu'ils soient
Laurent est avec nous bonsoir Laurent oui bonsoir vous êtes en Martinique Laurent ? oui il est midi du coup chez vous écoutez bon appétit merci beaucoup on vous écoute avec grand plaisir
oui je mange souvent avec vous formidable
on vous écoute
merci pour vos émissions oui ma réflexion c'était un peu un peu connexe c'est pas directement sur le carburant mais je vois autour de moi les gens sont intelligents globalement ils veulent acheter plus malin en toute conscience mais il y a un vrai problème de lisibilité d'où ça vient qu'est-ce qu'il y a dedans on a vraiment un gros gros problème de savoir ce qu'on achète et donc ça devient très difficile même si on est on veut être affûté à acheter intelligent et bien on a un gros problème de faire nos choix parce que je pense que les industriels sont aussi malins pour pouvoir avoir ce qu'on appelle à un moment les entreprises tournevices et donc voilà on a du mal à acheter intelligent
merci beaucoup Laurent il y a un mot on y reviendra d'ailleurs après Grégory Canet qui a prononcé Sébastien Lecornu tout à l'heure il a parlé de transparence et je me demandais pour prolonger la question de Laurent si les périodes de crise poussent effectivement à plus de transparence et qu'on en bénéfice tous ou voilà je vous vois tous au milieu du chef
je suis moins optimiste alors il y a un débat aujourd'hui sur la transparence c'est suite au rapport sénatorial sur les marges de la grande distribution on aura Antonette Gull dans un instant malheureusement quand il y a une crise comme celle qu'on est en train de rencontrer il y a un portefeuille qui est très contraint pour les consommateurs et les consommateurs vont être obligés de privilégier le signal prix et souvent le signal prix ça ne va pas de paire justement avec un approvisionnement parfaitement par exemple le bio est un petit peu plus cher que le conventionnel même s'il y a des marges qui méritent d'être plus transparentes et donc il y a un risque il y a un risque pour le textile que les gens aillent encore plus vers de l'ultra fast fashion que vers des vêtements durables
contrairement à ce que nous dit Laurent en fait dans ces moments là puisqu'on va au moins cher on fait deux pas en arrière par rapport aux efforts qu'on a pu faire précédemment oui 2022 c'est ce qui s'est passé
c'est à dire que les gens ont dit les gens ont par exemple alors je ne dis pas qu'elles sont moins bien mais ils ont privilégié les marques de distributeurs qui ont été les grands gagnants de l'arbitrage 2022 par rapport aux marques nationales les marques de distributeurs souvent sont moins chères même si elles ont aussi augmenté elles sont plutôt moins chères que des marques nationales donc c'est le choix que les consommateurs a fait après en plus ces comportements peuvent s'inscrire dans la durée et malheureusement les fruits et légumes qui avaient la réputation peut-être à tort d'être plus chers les gens les ont sortis du panier les gens ont sorti de la viande pour mettre des oeufs et on en a déjà parlé pour le textile malheureusement on parle plus de Chine que des marques françaises qui ont beaucoup souffert ces deux dernières années
Madeleine sur France Inter.fr nous dit je ne comprends pas pourquoi le gouvernement sélectionne les ayants droit aux aides moi j'ai une toute petite retraite j'habite en milieu rural je suis donc obligé d'avoir une voiture pour la moindre course visite chez le médecin maintenir aussi le lien social avec mes activités de bénévole à nous dit-elle et je n'ai aucune aide dans les déplacements pourquoi ne pas baisser les taxes tout simplement pour réduire le prix des carburants pourquoi monsieur l'économiste ça coûterait trop cher pourquoi non aux taxes parce qu'on a entendu un non franc et massif sur les taxes tout à l'heure de la part du Premier ministre on revient à la question de départ c'est qu'on n'a plus les moyens d'être généreux donc le gouvernement essaye de faire ce qu'il peut avec la petite marge manœuvre qu'il se donne et je rappelle que le Premier ministre a annoncé qu'il faudra faire des économies par ailleurs compenser ce qu'on va dépenser
il a parlé de changement d'échelle sur les aides le changement d'échelle il est peut-être aussi et surtout sur les économies à faire parallèlement à ce qu'on comprend et il prépare le terrain alors on a parlé de 6 milliards on saîtra bien que ça sera plus le coût de la crise le coût de la guerre pour les finances publiques c'est pas le coût des aides les aides c'est pas grand chose sur 6 milliards on est à 1 milliard à peu près c'est surtout on va pas rentrer dans les détails la charge de la dette la charge d'intérêt de la dette qui monte parce que c'est plus tendu sur les marchés financiers et la France paye plus cher pour se rembourser ça sera peut-être 8 milliards ça sera peut-être 10 milliards in fine et donc ça le gouvernement le répète il n'y a pas d'argent pas d'argent magique et donc c'est un refus net sur les carburants c'est vrai qu'en revanche les taxes sur les carburants c'est quand même un montant assez important c'est 69 centimes d'assises fixes par litre d'essence par exemple dessus vous avez aussi maintenant 15 centimes de ces deux oeufs une taxe carbone qui ne dit plus son nom parce que depuis les gilets jaunes il n'y a plus le droit de dire ce mot et puis vous avez une TVA qui vient s'ajouter surtout y compris sur vos taxes donc c'est vrai qu'il y a un montant de taxes mais c'est effectivement pour l'Etat c'est plus la moitié du public mais pour l'Etat c'est une ressource dont il ne peut effectivement pas se passer d'ailleurs il en aura moins parce que les gens mettent moins de carburant dans les réservoirs donc il en aura moins
et globalement ce qui est en train de se passer et ce qui va sans doute se passer dans les mois qui viennent c'est que la consommation des ménages va ralentir elle est déjà très faiblarde on voit que le moral des entrepreneurs enfin des entreprises est au plus bas le climat des affaires comme on dit est très bas donc on risque d'avoir une croissance ralentie et qui dit croissance ralentie voire très ralentie ça signifie des rentrées fiscales qui diminuent et donc un déficit qui se creuse encore une dette qu'il va falloir financer enfin on rentre un peu dans un cercle vicieux et c'est bien dommage parce qu'on commençait à sortir du tunnel et on replonge et dans quelque chose dont on ne voit pas la sortie parce que ça pour le coup à la décharge du Premier ministre c'est pour ça d'ailleurs qu'il signe pour trois mois si j'ose dire mais rien ne nous dit qu'on ne signe pas pour six mois pour un an on ne maîtrise absolument rien on a des questions très spécifiques et alors pardon si je vous piège vous avez le droit de dire vous ne savez pas parce que vous n'êtes pas obligé de tout savoir en même temps mais on a Yannick par exemple qui dit quid des auto-entrepreneurs et des entrepreneurs individuels qui ne sont jamais aidés lorsqu'ils utilisent leur voiture je suis brocanteur nous dit Yannick et notre profession est très fortement impactée on sait répondre à ça ou pas ?
Peut-être rentrer dans le dispositif grand rouleur pour travailleurs modestes mais ça dépend du revenu fiscal le gouvernement estime que ça peut concerner 3 millions de français en tout c'est un peu un chèque carburant qui ne dit pas son nom c'était 50 euros là il vient de doubler à 100 euros d'un seul coup mais tout ça dépend évidemment du revenu
Est-ce que c'est pareil pour Anne qui est à ESH qui habite à 10 km de son domicile qui n'est pas indemnisée pour ses trajets qui touche 1300 euros par mois avec prime d'activité 1030 euros pardon excusez-moi Anne Qu'est-ce qu'on va faire pour une personne comme moi dit-elle ?
Alors ça fait partie des quelques nouveautés de la soirée annoncée par le gouvernement je vous disais tout à l'heure revalorisation de l'indemnité kilométrique pour le secteur public les AESH sont cités dans les publics visés tout comme les professeurs remplaçants donc des fonctionnaires ou contractuels de la fonction publique qui doivent se déplacer utiliser leur voiture personnelle
Allez-y Philippe Mointi Oui je trouve ce qui est étonnant dans cette affaire et inquiétant c'est qu'effectivement j'ai envie de dire une petite hausse d'imposte budgétaire le carburant met en difficulté énormément de français pourquoi ?
Parce que finalement au cours des dernières années on a une partie de la population qui a décroché la pauvreté le taux de pauvreté a gagné un point il y a 10% de la population pauvre aujourd'hui les classes moyennes inférieures ont été tirées vers le bas et donc on aborde cette nouvelle épisode dans un état de fragilité pour une partie de la population qui est quand même très révélateur du fonctionnement global de notre économie et de notre société je rappelle que le pouvoir d'achat des français est pris globalement et c'est une moyenne a déjà baissé sur les deux derniers trimestres de 2025 avant le déclenchement de cette crise donc on a quand même un problème de fond les inégalités se creusent on a une partie de la population qui décroche et au moindre choc elle est en vraie difficulté Et d'ailleurs qu'est-ce qu'on dit de cette alerte on peut le dire comme ça même de l'agence internationale de l'énergie qui dit attention et qui prononce des mots qu'on ne veut pas prononcer nous parce que dès qu'on prononce ces mots-là on a l'impression que les gousses d'ailes sortent qui parlent de pénurie réellement à l'été mais qu'est-ce que ça provoque ça en fait ?
Oui alors ça peut provoquer de la spéculation parce que pour l'instant De la spéculation de la rue à la pompe ça peut provoquer beaucoup de choses ? Avec un pétrole à plus de 100 dollars les gaz de schiste américains sont extrêmement rentables voilà la fracturation hydraulique ils ne vont pas renoncer dessus donc là Au contraire
ils viennent d'appeler dessus c'était à l'instant
Voilà donc effectivement je pense qu'il n'y a pas vraiment de risque de pénurie en revanche il y a du jeu de spéculation on n'a pas parlé encore mais Total Énergie s'est fait beaucoup d'argent ne serait-ce qu'en achetant ses propres stocks pour les revendre un petit peu plus tard bon ben ça est-ce que ça n'a pas lieu d'être à ce moment-là ?
Enfin si c'est vraiment parce qu'on parle de carburant mais on se rend compte à quel point le pétrole et le gaz sont les carburants même de notre économie parce que tout le monde en pâtit les particuliers le vivent parce que le prix à la pompe décolle mais les entreprises très probablement aussi ont des conditions extrêmement compliquées et donc là pour l'instant il n'y a pas véritablement de risque de pénurie même si c'est vrai que je crois que les infrastructures gazières du Qatar auraient été un peu touchées
mais pas de risque On est en train de parler des conséquences de la crise en Iran sur notre économie à nous après les annonces de Sébastien Lecornu dans le téléphone avec Grégory Carré qui est le directeur de l'Observatoire de la consommation Que choisir ensemble avec Philippe Moati qui est professeur d'économie à l'université Paris-Cité cofondateur de l'Obsoco avec aussi Alexis Morel du service éco de France Inter
Le 18-20 01-45-24-7000
Et avec vous aussi Antoinette Gull bonsoir Bonsoir Fabienne Sainte-Test Vous êtes sénatrice écologiste de Paris vous êtes rapporteuse de la commission d'enquête du Sénat sur les marges des industriels et de la grande distribution dont les conclusions ont été présentées ce matin et ça fait beaucoup de bruit vos conclusions Antoinette Gull qu'on a commentées qu'on commentera encore sur France Inter elle porte sur un travail il faut que les gens soient bien conscients de ça en vous écoutant sur un travail qui a été fait avant la crise qui nous occupe évidemment mais qui parle de confiance à retrouver de confiance à bâtir de confiance en temps de crise entre le consommateur que nous sommes les distributeurs les industriels et en vous lisant on comprend bien qu'il y a du chemin à faire
tout à fait vous avez raison il y a effectivement du chemin à faire la première chose qu'on a mise à jour puisque ça fait six mois que nous travaillons sur cette enquête puisque c'est une commission d'enquête que nous interrogeons à la fois les industriels les agriculteurs les distributeurs et puis les consommateurs pour pouvoir comprendre comment les prix sont fabriqués et comment les marges sont construites d'un bout à l'autre de la chaîne effectivement ce qui apparaît c'est une grande opacité et donc il nous faut beaucoup plus de transparence beaucoup plus d'affichage pour rétablir une confiance entre le consommateur final et effectivement l'ensemble des acteurs de la chaîne je ne vous donnerai qu'un chiffre sur les produits alimentaires et dans l'alimentation en général il n'y a que sur 100 euros dépensés il n'y a que 6 euros qui vont chez le producteur et chez l'agriculteur le reste est réparti ailleurs sur la chaîne et donc vous voyez bien que quand on dit qu'il faut rétablir la confiance c'est aussi pouvoir permettre aux agriculteurs de vivre plus décemment de leur production de rétablir en fait un équilibre et un partage de la valeur plus équitable
le gouvernement aussi a parlé de transparence vous nous parlez vous aussi effectivement de transparence sur les transactions transparence sur les marges est-ce que et typiquement en ce temps de crise le fameux site qui a été mis à disposition des gens qui peuvent voir les marges notamment sur l'essence est-ce que ça vous paraît être quelque chose de louable et surtout qu'il faut conserver et peut-être même si c'était possible étendre à toutes sortes de produits de première consommation
alors tout à fait c'est d'ailleurs une des propositions et des recommandations du rapport c'est qu'il puisse par exemple sur le rayon fruits et légumes alors vous parliez de l'essence mais nous nous sommes beaucoup intéressés à l'alimentation pour être tout à fait honnête sur le rayon fruits et légumes de pouvoir dire quelle est la marge quelle est la partie du prix payé qui va aller au producteur et quelle est la partie payée qui va rester chez le distributeur etc.
et donc de faire cet affichage des marges de manière j'allais dire à la fois pédagogique transparente et intéressante pour le consommateur parce que ça va lui permettre d'arbitrer des vrais choix de consommation et de savoir s'il prend quelques centimes de plus par exemple sur un produit qui va mieux rémunérer le producteur Antoine Elgul j'ai une dernière question pour vous est-ce que vous diriez
qu'il faut profiter de ce temps de crise justement pour remettre à plat tout ça et y compris les relations industrielles grandes distributions et consommateurs que nous sommes est-ce que c'est la bonne période quand justement les gens ont les yeux sur les étiquettes
écoutez les gens ont les yeux sur les étiquettes et ça a été dit tout à l'heure dans l'émission parce qu'aujourd'hui il y a beaucoup il y a beaucoup de contraintes financières pour les familles que ce soit la nourriture le logement le transport le chauffage les frais médicaux etc et donc il y a des dépenses qui sont importantes et qui font et qui génèrent cette précarité donc oui bien entendu il y a un regard très précis qui est mis aujourd'hui sur les prix et peut-être que c'est cette période où en fait il faut être à la hauteur de l'attente des citoyens et de montrer que dans cette période-là industriels distributeurs agriculteurs aussi vont aller main dans la main répondre à cette exigence de transparence des citoyens je pense que c'est le moment
vous avez raison Antoine Edgul vous êtes sénatrice écologiste de Paris et rapporteuse de la commission d'enquête du Sénat donc sur les marges des industriels et de la grande distribution merci beaucoup je vais vous poser la question comme ça à tous les deux à quel moment pour rebondir sur ce que disait Antoine Edgul à quel moment il faut se dire vive la crise et j'espère qu'on a bien entendu les guillemets que je mets derrière cette phrase-là mais on se dit ça en se disant c'est dans ces moments-là effectivement qu'on peut travailler sur des choses et on travaille sur quoi justement Philippe Moitier ?
En l'occurrence comme on va avoir une petite poussée inflationniste dans les mois qui viennent il faut effectivement vérifier parce que ça s'est un peu produit en 2022 que certains n'en profitent pas pour augmenter leur prix au-delà de l'augmentation des coûts et notamment on a vu globalement il faudrait décompacter ce globalement que l'industrie agroalimentaire avait eu tendance à augmenter sa rentabilité pendant cette période inflationniste donc mettre un peu de transparence pour éviter que certains profitent de l'écran de fumée d'une véritable inflation pour augmenter sa rentabilité maintenant le risque de la transparence notamment effectivement si les distributeurs affichent leur marge sur les fruits et légumes ça serait qu'on active quelque chose qui est viscéral chez eux c'est la concurrence par les prix et on sait que plus se battent sur le terrain des prix plus ils font remonter la pression en amont des filières et c'est la patate chaude et au final c'est le petit producteur qui le subit donc on pourrait avoir des effets presque inverses à ceux qui sont recherchés Grégory Carrel
alors l'idée n'est pas mauvaise maintenant il va falloir de grandes étiquettes parce qu'il va falloir qu'on mette le Nutri-Score il va falloir qu'on mette le Planet-Score le prix au kilo il ne faut pas l'oublier parce qu'avec la shrinkflation vous savez il joue un peu sur le grammage et puis là maintenant effectivement les histoires de marge alors je ne sais pas si on va pouvoir suivre
la shrinkflation
il y en a un qui a été condamné en Allemagne il n'y a pas longtemps shrink comme rétrécir oui c'est 1000K je crois en fait ce qu'ils font c'est qu'ils diminuent un peu ils mettent moins de produits puis ils ne bougent pas le prix alors nous on n'est pas attentifs on se dit tiens ça n'a pas bougé mais en fait il y a moins de produits alors si c'est du 1000K on va travailler notre corps pour l'été c'est pas mal mais on n'est pas très content de ça non maintenant sérieusement c'est vrai que ça pose une vraie question notre dépendance aux énergies carbonées est un vrai souci et on se dit effectivement 2022 on a mis beaucoup d'argent dans les aides à la pompe mais on n'a pas amélioré finalement notre résistance à cette énergie carbonée ça veut dire voilà on s'en rend compte qu'on a besoin des agriculteurs on en a besoin les engrais ils ont besoin d'engrais parce que le bio c'est bien mais pour nourrir par exemple l'Inde c'est dramatique mais l'Inde n'a pas utilisé d'engrais donc il y aura peut-être des deux mains très difficiles là-bas
l'Inde, la Thaïlande les deux plus grands producteurs de riz par exemple qui ont besoin des engrais
c'est vrai qu'effectivement on n'a pas amélioré beaucoup notre électrification de nos mobilités de nos maisons par exemple juste une anecdote que choisir on fait plein de tests le test qui a été le plus consulté le mois dernier c'est celui des voitures électriques
sauf que la voiture électrique c'est pas pour tout le monde c'est pour très très peu mais augmentation de 48% quand même je vois que vous allez intervenir Alexis Morel je vous retiens parce que figurez-vous que nous avons une note vocale de Gilles et qui va nous aider à avancer sur ce thème là
depuis 50 ans on a connu des crises et j'ai l'impression c'est quasiment sûr que ça va évidemment s'accélérer ce pétrole on en est dépendant et qu'est-ce qu'on a fait depuis 50 ans je parle pas forcément des gouvernements mais aussi du comportement des français pour changer et pour électrifier évidemment au maximum les usages
à chaque crise son monde d'après et à chaque fois patatras le monde d'après est-ce que c'est la crise le monde d'après est-ce qu'on s'accroche un peu à ce chiffre de 48% d'augmentation de vente des voitures électriques pas depuis la crise ça date d'un peu plus avant mais enfin
alors il y a quand même eu des conséquences premier choc pétrolier on a eu les grands plans de construction nucléaire les grandes planifications nucléaires là c'est tout l'enjeu du plan électrification sur lequel communique beaucoup le gouvernement Emmanuel Macron il reviendra mardi avec l'équipe de France de l'électricité ce sont les termes de l'Elysée et l'enjeu juste avant le mondial c'est de saison l'enjeu c'est vraiment de sortir de cette dépendance aux fossiles aujourd'hui dans la consommation énergétique finale des français on est à 60% fossiles 40% non fossiles l'idée c'est d'inverser de faire basculer cette proportion d'ici 2030-2035 donc une très très forte ambition c'est demain alors c'est via les EPR ces nouveaux réacteurs nucléaires c'est via aussi le développement mais moins poussé des renouvelables qu'il a pu l'être ces dernières années mais c'est tout l'enjeu pour sortir de cette dépendance alors c'est très concret pour les gens c'est installer des pompes à chaleur dans les logements renoncer aux chaudières à gaz ce sera interdit dans les nouvelles constructions d'ici la fin de l'année
et l'annonce des taxis par exemple aujourd'hui et un bonus écologique pour pouvoir acheter acheter à électrique est-ce que c'est la crise de cette prise de conscience là Philippe Moiti ou vous n'y croyez pas ?
c'est un accélérateur de toute façon si on veut tenir les objectifs de l'accord de Paris on est déjà un petit peu en retard donc c'est très bien ça c'est le côté positif vous avez dit vive la crise de ce point de vue là oui j'ai mis des guillemets pardon vous avez mis des guillemets c'est quand même l'aspect positif on prend conscience qu'il faut accélérer que cette dépendance c'est pas seulement une dépendance à une matière dont l'approvisionnement peut être ératique et avec des prix qui peuvent monter sur un plan géopolitique on est quand même dépendant de ressources qu'on ne maîtrise pas très bien et je ne parle même pas d'autres ressources d'ailleurs les terres rares etc alors qu'on produit beaucoup d'électricité made in France oui on est plutôt bien lotique décarboné absolument prix stable donc simplement il faut accompagner les gens parce qu'une pompe à chaleur c'est cher c'est cher ma prime rénov' on a eu des hauts c'est relativement illisible la voiture électrique coûte plus cher certes le leasing social etc mais c'est très bien d'accélérer il faut tenir compte des réalités socio-économiques de notre pays et on ne peut pas aller non plus à marche forcée on a pris du retard et qu'on accélère aujourd'hui très bien mais on ne pourra pas non plus faire un sprint on est sur un marathon après c'est peut-être aussi l'une des leçons de cette crise quand même Grégory Carré effectivement c'est un peu comme si pardon de caricaturer un peu mais on avait découvert où était le détroit d'Hormuz et ce qui passait par ce détroit d'Hormuz enfin subitement ça nous saute à la figure j'ai entendu dans les propos de Sébastien Lecornou tout à l'heure dire dans son scénario noir c'est le détroit d'Hormuz allez savoir ce qui peut se passer dans l'océan Indien enfin c'est des choses qu'on a entendues donc est-ce qu'il y a aussi un paramètre géopolitique désormais qui se joue sur cette question-là qui était un angle mort jusqu'à présent ?
Oui oui oui j'ai entendu beaucoup de gens qui ont progressé parce que les gens pensaient qu'il y avait un lien entre le détroit d'Hormuz et le canal de Suez donc il y a un progrès à ce niveau-là Toujours déplier les cartes Non non mais effectivement là à la fois en 2022 on aurait déjà dû être un peu un petit peu préparé mais effectivement ça nous alerte là-dessus il y a un pays qui n'est pas en retard sur les accords de Paris c'est la Chine
Mais je dis ça parce que toutes les crises aujourd'hui sont des crises géopolitiques regardez 2022 était une crise géopolitique aussi
Effectivement donc effectivement la dépendance aux énergies carbonées elle n'est pas bonne elle n'est pas bonne pour les planètes elle n'est pas bonne pour la souveraineté elle n'est pas bonne pour le portefeuille donc plus vite on ira mieux ce sera c'est vrai que c'est dommage vous l'avez dit les ménages n'arrivent pas ça c'est un vrai problème c'est-à-dire qu'on ne peut pas s'équiper sans avoir des subventions derrière alors en plus ma prime rénov' c'est complètement illisible ça change tous les 6 mois donc comment vous voulez bâtir quelque chose sur du solide pareil l'horizon de nos politiques il est assez court ils ont un horizon assez restreint en termes de vision ils sont à 6 mois même pas déjà dans 4 mois tout va s'arrêter c'est un vrai souci effectivement mais il y a quand même des vertus assez électrifiées parce qu'il y a une complémentarité entre la voiture et même du solaire parce que dans la journée vous pouvez recharger la voiture et la nuit la voiture peut alimenter en électricité la maison il y a des choses comme ça qui peuvent être travaillées mais bien sûr on est là seulement sur le court terme et c'est un peu
j'ajouterais que l'électrification c'est un peu l'arbre qui cache la forêt en fait on a besoin de réduire le contenu en matière et en énergie de notre consommation et ça c'est un chantier encore plus vaste parce que là on parle du pétrole mais demain on pourra avoir des problèmes sur le cuivre sur les terres rares qu'on met dans nos appareils électroniques etc.
on a vraiment besoin de réduire l'intensité en matière et en énergie de notre consommation et là ça passe par la promotion de modèles d'affaires pour les entreprises radicalement différents ça se fait pas du jour au lendemain et ça c'est quand même un absent des politiques publiques et notamment des politiques industrielles en France et en Europe et il y a urgence à enclencher cette dynamique On a encore le temps pour la note vocale de Jérôme qu'on découvre ensemble
Bonjour Jérôme Dardèche du fin fond de la France voilà j'écoute votre émission assidûment et j'ai l'impression que toutes ces questions sont réfléchies par des citadins pour des citadins je pense que le problème de l'essence il n'est pas suffisamment pris au sérieux on ne se rend pas compte des prix pratiqués en race campagne où c'était déjà plus excessif qu'à la ville sans compter les histoires de logements etc etc donc qu'est-ce qui est proposé par nos politiques
Grégory Carré cette histoire entre la ville et la campagne
nous on a un réseau d'associations partout en France et je pense qu'on mesure pas à quel point le cri de douleur mais en tout cas la question des carburants est extrêmement sensible on le voit moins bien sûr pas qu'à Paris quand on est dans un centre parce qu'on a des alternatives on a des transports en commun on peut même prendre le vélo là pour le coup il y a des gens pour lesquels il n'y a pas d'alternative dans les même les petites villes des gens qui sont mal rémunérés des aides à la personne ils habitent souvent très très loin et ils prennent des voitures des voitures anciennes des voitures polluantes et en plus des voitures qui mettent beaucoup de carburant et donc c'est vrai que je pense qu'on n'a pas pris la mesure de tout ça c'est probablement ces gens-là en priorité qui devraient s'équiper et avec les 7 milliards d'aides qu'on avait en 2022 qu'est-ce qu'on aurait pu fournir en véhicule autonome pour ces gens-là
et j'allais dire c'est pas ces gens qui vont s'équiper en voiture électrique enfin soyons pas soyons pas
il y a quelques semaines il y avait des réseaux d'aide à domicile dans des territoires ruraux qui nous disaient on va peut-être être amené à raccourcir des tournées à annuler des tournées donc là ce sont des gens dépendants chez qui on ne passe plus potentiellement
voilà et on sait aussi on a bien compris qu'il se peut qu'on ait à nouveau cette conversation alors la semaine prochaine probablement mais aussi dans un mois mais aussi après l'été effectivement à la rentrée avec cette énorme incertitude effectivement liée au détroit d'Hormuz liée à la guerre en Iran je vous remercie tous les droits chaleureusement pour votre participation au Téléphone Sun merci à tous pour vos nombreux appels la question du Téléphone Sun c'est celle de Willow des petits bateaux pardon c'est celle de Willow qui a 8 ans
marche dans l'espace
marche dans l'espace
merci à tous les deux
pour faire tout le monde
c'est celle de Willow qui a 6 ans pour faire un petit bateau c'est celle de Willow qui a 6 ans qui a 7 ans c'est celle de Willow qui a 7 ans qui a 7 ans c'est celle de Willow qui a 7 ans