Chômage : merci Macron ? - Les questions SMS #cdanslair 14.08.2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteRéponse directe
Dois-je considérer que j'ai un vrai travail ?
- 1:45OuverteRéponse directe
Pour être embauché, j'ai dû me déclarer auto-entrepreneuse. Est-ce normal ?
- 2:00OuverteRéponse directe
C'est courant ?
- 4:42OuverteRéponse directe
La révolution numérique peut-elle faire repartir le chômage à la hausse ?
- 5:42OuverteRéponse directe
Pourquoi Macron et Philippe ne fanfaronnent-ils pas ?
- 7:14OuverteRéponse directe
Les 3% de l'Allemagne ne sont-ils pas dus aux petits jobs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26InvitéFait
« Ces travaux qui relèvent effectivement des plateformes étaient beaucoup occupés par des étudiants, par le passé. »
- 2:30InvitéChiffre
« Il y a un million d'entrepreneurs en France aujourd'hui. »
- 4:23InvitéFait
« La loi L'homme est un tout petit pas, le projet de loi L'homme. »
- 4:34InvitéFait
« Il faut créer un droit de l'activité professionnelle, qu'il ne soit plus un droit du travail comme le droit actuel, limité à la protection des seuls salariés. »
- 5:50InvitéChiffre
« 8,5, ça reste quand même encore élevé. »
- 5:59InvitéFait
« Le président de la République a dit récemment que les braises couvaient encore. »
- 6:24InvitéFait
« L'Allemagne est en train, effectivement, de marquer le pas. »
- 8:56InvitéChiffre
« Le taux de chômage était à 10,5% en 2015. »
- 9:24InvitéFait
« 2022, les élections présidentielles, c'est dans 10 trimestres. »
- 9:34InvitéChiffre
« Ça ferait 600, 700 000 chômeurs de moins. »
- 10:08PrésentateurFait
« Il y a un syndicat qui a été créé justement, qui s'appelle CLAP, je crois, chez Deliveroo notamment. »
Temps de parole
- Invité30 %
- Invité 225 %
- Invité 316 %
- Auditeur13 %
- Présentateur10 %
- ?5 %
≈ 24,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je
suis coursier à vélo, payé une misère. Dois-je considérer que j'ai un vrai travail
?
Oui, à partir du moment où vous avez un travail. Après, est-ce qu'il est considéré ou pas considéré ? C'est une autre question.
Est-ce
qu'il m'amène à quelque chose ? Est
-ce que je peux grandir dans ce poste ? Justement, je voudrais ajouter
quelque chose.
C
'est que généralement, ces travaux qui relèvent effectivement des plateformes étaient beaucoup occupés par des étudiants, par le passé. Ils ont changé, la population a changé. C'est davantage maintenant des gens qui, justement, essayent de sortir du chômage, beaucoup de personnes issues de l'immigration, y compris de la nouvelle immigration, c'est-à
-dire
l'immigration issue des printemps arabes et des révolutions au-delà de la Méditerranée. Donc, la population a changé. Mais moi, je voudrais ajouter autre chose par rapport à l'emploi, c'est qu'il y a aussi une donnée qui a complètement changé en France. C'est que les jeunes
ont
le goût de l'entrepreneuriat. Ils sont prêts à prendre des risques et tous les sondages montrent
qu
'aujourd'hui, un des ressorts, je dirais, de la jeunesse qui veut entrer sur le marché du travail, c'est justement de créer sa propre entreprise. Et c'est favorisé, tout cela, évidemment par la numérisation de notre économie, par la numérisation des métiers pour lesquels ils s'y entendent un peu mieux que les plus anciens.
Et
ça, c'est très important. Ça veut dire que les mentalités bougent. Et donc, le salariat n'est plus considéré comme, je dirais, à temps indéterminé, comme ce qu'il faut, l'apanage de la
sécurité. Pour
être embauché, je vous soumets le témoignage de cette téléspectatrice parce qu'il est quand même très intéressant. Pour être embauché, j'ai dû me déclarer auto-entrepreneuse. Ainsi, mon employeur ne paye pas de charges. Est-ce normal ? C'est l'illégalité.
Non, c'est l'illégalité totale. C'est courant ? C'était ça. À partir du
moment
où il n
'y a
pas de statut de salarié pour ces plateformes, vous êtes auto-entrepreneur, vous ne pouvez pas travailler pour eux. Ce
n'est pas
uniquement les plateformes.
C
'est-à-dire qu
'aujourd'hui, vous pouvez avoir des entreprises traditionnelles qui, au lieu d'embaucher, peuvent dire, on va faire externaliser le travail auprès de gens qui sont auto-entrepreneurs, qu'on a pu à un moment côtoyer en freelance.
J'ai besoin
de tes compétences.
Installe-toi comme auto
-entrepreneur
ou entrepreneuse.
Et on a une relation qui est beaucoup
plus simple puisque c'est une relation d'entreprise à entreprise et plus de dirigeant à salarié. Il y
a
un million d'entrepreneurs en France aujourd'hui. Et beaucoup d'entre eux sont dans une forme de
relation
salariale. Ou de salariats déguisés, finalement. Uberisation est-elle égale à précarisation à vie
?
Je voudrais quand même intervenir parce que la tonalité, évidemment, qu'on a tous dans cet échange est une tonalité un peu négative par rapport aux plateformes. Alors,
il
faut bien voir que l'émergence des plateformes, prenons l'exemple du transport urbain et, par exemple, Uber, l'émergence des plateformes
a
quand même apporté beaucoup de choses. Des emplois à des gens qui étaient très éloignés de l'emploi, souvent qui venaient du 9.3 ou du 9.5, comme on dit. Et puis, le contournement du monopole des taxis, c'est-à-dire la fin d'un certain rationnement qui pénalisait beaucoup de gens, dont d'ailleurs le tourisme en France. Parce que comprendre un plan de métro, ce n
'est
pas facile. Pour un Japonais, c'est plus facile de
faire appel à Uber. Alors,
vous voyez, il ne
faut
pas jeter le bébé avec l'eau du bain, comme on dit. Maintenant, il y a des formes de travail et d'emploi qui ne sont pas acceptables parce qu'il y a une inéquité absolument considérable entre ces travailleurs qui vont être soumis à des conditions de subordination extrêmes par rapport aux salariés. Vous voyez, il
n
'y
a
pas les mêmes droits sociaux en termes de protection sociale. Il n
'y
a pas de durée du travail maximale. Il n
'y a
pas de rémunération. Il n
'y a
pas de rémunération minimale.
Il
y
a
parfois un risque financier, parce que le conducteur Uber, il fournit son véhicule. Souvent, il le finance. Donc, vous voyez, il
y
a un déséquilibre énorme. Il n'y
a
pas la possibilité de contester en cas de séparation, de déconnexion, en quelque sorte, alors qu'un salarié peut aller en prud'homme pour dire non, il n
'y a
pas de cause réelle et sérieuse à mon licenciement.
Vous
voyez, donc, il y a un déséquilibre qui fait qu'il faut intervenir. Mais le mode d'intervention ne doit pas amener à casser non plus la mécanique. Et c'est ça qu'il faut essayer de créer.
Donc, ce
n
'est
pas forcément précarisation à vie
pour
répondre à
la question. Il faut
avancer.
Vous
voyez, la loi L'homme est un tout petit pas, le projet de loi L'homme. Mais il faut avancer. Tous les pays essayent d'y réfléchir. C'est pour ça qu'avec Jacques Barthélémy, on propose un cadre de réflexion consistant à dire qu
'il
faut créer un droit de l'activité professionnelle, qu'il ne soit plus un droit du travail comme le droit actuel, limité à la protection des seuls salariés.
–
La révolution
numérique peut-elle faire repartir le chômage à la hausse
? –
Non, mais alors c'est la question…
– Est-ce que ça casse des emplois ou est-ce qu'on s'en serait plus
que ça n'en casse ? – Écoutez,
c
'est la question de l'intelligence artificielle. Là, on va au-delà.
C
'est-à-dire qu'aujourd'hui, on n'est plus dans la société du numérique. Maintenant, on est dans la société de l'intelligence artificielle et de savoir si l'homme et les bras de l'homme et l'intelligence de l'homme peut être remplacée par des robots. Bon, si vous écoutez les experts, il est sûr qu
'il
y aura de la casse. Mais cette casse peut être compensée par de la création aussi. En fait, pour vous dire la vérité, personne n'en sait rien. Simplement, on vit une révolution
industrielle
qui va avoir des conséquences.
– J'allais dire qu'à court terme, c'est quand même les pays les plus robotisés, comme l'Allemagne, comme les États-Unis, qui ont le moins de chômage. Pourquoi ?
Parce
qu'en France, au moment où on investit et où on robotise, on devient compétitif. Et quand on devient compétitif, on va au contraire pouvoir embaucher des gens pour faire travailler ces machines, en quelque sorte. Donc, à court terme, les pays robotisés ne sont pas forcément ceux liés à
des
chômages.
– À
suivre.
–
À suivre. – Pourquoi Macron et Philippe ne fanfaronnent-ils pas ? D'où vient cet excès de modestie ?
– Je
pense qu'il y a le… Déjà, comme on disait, 8…
– C'est d'or. –
Il
y a 8
,5, voilà. 8,5, ça reste quand même encore élevé. Et il y a des territoires où c'est bien plus que cela. On a encore la crise des Gilets jaunes qui n'est pas éteinte. Le président de la République a dit récemment que les braises couvaient encore. Et ils savent aussi, ce qu'on a dit tout à l'heure, que si tant est qu'on ait une amélioration durable et supplémentaire sur le front du chômage, on aura d'autres revendications qui vont monter sur ces emplois-là, par exemple, sur le pouvoir d'achat, sur la répartition de la valeur. Donc, tout ça incite quand même à faire de la prudence
et de la modestie. – Il y a
une autre donnée qui est une donnée internationale. Maintenant, on est complètement interdépendant, tous les pays. L'Allemagne est en train, effectivement, de marquer le pas. La Grande-Bretagne, elle marque le pas et avec un Brexit dont on ne sait pas trop ce qu'il va donner. Vous avez une crise commerciale, financière, entre la Chine et les États-Unis qui a des conséquences énormes, notamment en Allemagne. Si l'Allemagne marque le pas, c'est en grande partie à cause de ça, parce que le marché allemand dépend de ses exportations.
Et
l'Allemagne en souffre énormément. Donc, vous avez un contexte international qui est on ne peut plus mouvant et qui fait que, et comme on dépend beaucoup quand même des autres, l'Europe, son avenir n'est pas écrit. – Tout
ça
incite
à la modestie.
–
Tout ça
incite à la modestie.
– À la prudence. – Et à
la prudence.
–
Et à la prudence. Les 3% de l'Allemagne ne sont-ils pas dus aux petits jobs ?
– On
peut dire ça. – Ça a
été la grande
polémique politique en Allemagne.
– Oui,
non, non, mais c'est vrai. En même temps, l'Allemagne a créé un SMIC il y
a
2 ans, je crois, ou il y a 3 ans. L'Allemagne a progressé en ce sens. Mais c'est vrai qu'il y
a
beaucoup de petits jobs qui sont des jobs à temps partiel. C'est pas parce qu'ils sont moins payés, c
'est
simplement qu'ils sont des jobs à temps partiel et ce ne
sont
pas forcément des temps partiels choisis. Ça peut être des
temps partiels subis. – Il y
a
aussi
beaucoup de temps partiel subis, non ? – Absolument.
Une
autre différence qui peut expliquer aussi les écarts, c'est que l'Allemagne a su conserver une base industrielle importante, ce qui n
'est
pas le cas chez nous, et les gains de productivité qui permettent les emplois de demain, c'est l'industrie qui les fournit. Donc c'est peut-être aussi de ce côté-là qu'il faut regarder.
–
Tous les artisans se plaignent de ne pas trouver de jeunes qualifiés, nous dit Henri, qui nous regarde dans l'un. N'est-ce pas là le vrai frein à l'emploi ? –
C
'est un des freins, la correspondance de l'offre et la demande, avec effectivement, notamment dans certains secteurs, qui sont ceux de la restauration, où ils peinent beaucoup, beaucoup. Alors là, c'est aussi dû à des horaires de travail, ils peinent vraiment à embaucher.
–
Il
y a
ces secteurs-là qui sont connus, mais il y
a
aussi par exemple tout ce qui est le codage informatique. Aujourd'hui, il y
a
une pénurie de gens qui sont formés en informatique, alors que toutes les entreprises en ont besoin. Et je pense que c'est ça aussi que le gouvernement a en tête, sur ces fameuses réformes systémiques, en disant, on a levé un certain nombre de freins sur le marché du travail pour faciliter l'embauche et faire baisser la peur pour l'entrepreneur. Mais il faut aussi maintenant que les gens qui sont éloignés de l'emploi puissent être formés plus facilement et plus rapidement sur les secteurs qui sont en tension.
–
Est-il glorieux d'envisager 7% de chômeurs en fin de quinquennat, alors que le taux de chômage dans l'UE est à peine à plus de 6%, demande Jacques de Loire-Atlantique
? – Déjà,
le taux de chômage était à 10,5%. en 2015. Donc, se rapprocher de 7%, c'est déjà bien. Mais évidemment, 7%, il faut souhaiter que ce soit une étape et qu'on aille encore plus loin. Mais on est encore loin de cette
étape. – On n'est pas au 7%. –
Voilà, on n'est pas au 7%. Il faut espérer qu'on continue à bénéficier de
baisses. – Ça vous semble
crédible, 7%
en
2022
? –
Écoutez, 2022, les élections présidentielles, c'est dans 10 trimestres. Même si on faisait 0,2 points de moins par trimestre, ça nous ferait 2 points de moins, on pourrait y être, vous voyez. –
De
combien de personnes,
2 points de moins ? –
Mais vous voyez, ça ferait 600, 700 000 chômeurs de moins, vous voyez, c'est énorme. Mais néanmoins,
on
n'en est pas là, c'est un trimestre exceptionnel. Le trimestre précédent avait vu baisser le taux de chômage de 0,1 points seulement. Donc il faut savourer le succès de la chose.
–
Vous avez le droit d'être moins prudent qu'Emmanuel Macron et
le
Premier ministre. Quid des syndicats au sein de ces entreprises ubérisées ? Demande Clément Duval-d'Oise. Peut-on se syndiquer avec des emplois aussi précaires
?
–
Alors il y a un syndicat qui a été créé justement, qui s'appelle CLAP, je crois, chez Deliveroo notamment.
– Ils ne sont
pas salariés ? –
Eh oui,
ils
ne sont
pas salariés,
donc vous avez raison, ils ne peuvent pas aller dans les syndicats classiques. Mais ça y est,
ils
commencent à se regrouper et ça c'est valable dans tous les pays.
– Tu vois, c'est comme les syndicats agricoles qui sont dans le bras de fer avec l'électricité par exemple. Ce sont des indépendants qui ont un donneur d'ordre ou quelqu'un qui veut leur acheter, mais ce ne
sont
pas des salariés. Donc ça crée beaucoup de différences et beaucoup de difficultés dans le rapport de
force.
–
Au fait, où en sont les plans de Général Electric, de Ford, Blanquefort, de Whirlpool, etc.
? –
Je vais vous dire une chose,
c
'est que de
manière…
–
C
'est une façon de dire évidemment que
les plans
sociaux, eux, continuent.
–
Les plans sociaux continuent évidemment, mais ce qu'il faut dire aussi, c'est que c'est beaucoup le tissu des PME, des artisans qui font l'emploi en France. Il faut le dire ça. Et donc ces plans, malheureusement, quand on parle de plans qui commencent à devenir à la une de l'actualité et où l'État s'en mêle, ça veut dire que la cause, malheureusement, malheureusement pour les salariés, est perdue. –
Dernière question en forme de boutade sans doute de Jean-Pierre dans le Loir-et-Cher, quand ils auront radié tout le monde, il n'y aura plus de chômeurs. – C'est
ce
qu'on disait tout à l'heure, c'est qu'il
y
a un scepticisme qui est toujours très fort sur les causes réelles de cette baisse en disant qu'il n
'y a
pas d'effet statistique.
– Et pourtant, elle n'est pas artificielle, c'est-à-dire les emplois aidés ont été supprimés par exemple. Les 200 000 emplois aidés en un an, Macron a supprimé les emplois aidés, qui était un traitement social du chômage, qui était un peu un artifice. Aujourd'hui, ce n
'est
pas vrai, ce sont des vrais chiffres.
– Des créations d'emploi, c'est des vraies baisses. – Ce n'est pas une baisse de chômeurs
sans création d'emploi, c'est une augmentation de l'emploi qui permet la baisse du chômage. Il faut quand même le répéter, c'est des créations d'emploi qui permettent la baisse du chômage, dont on bénéficie.
– Merci beaucoup à tous les quatre de cet éclairage. Ce C'est dans l'air sera rediffusé à 22h35 ce soir.
Vous
pouvez évidemment, comme toujours, le regarder en podcast. On se retrouve demain pour une nouvelle émission.
Belle
soirée sur France 5.