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interviewBFM TV (sur YouTube)· 19 juillet 2026 25 min

Pour Jean-François Copé (LR), Emmanuel Macron "fait payer une addition impardonnable" aux Français

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir Jean-François Copé, l'invité de la chaîne. Merci beaucoup d'être avec nous. Ces questions de justice et de sécurité, on va y venir dans un instant parce qu'elles sont bien sûr présentes à l'actualité et elles seront présentes dans la campagne présidentielle.

Mais ce qui marque l'actualité de cette journée, c'est aussi ce qui se passe à l'international qui a bien sûr des conséquences aussi au niveau français. Les Etats-Unis ont lancé une nouvelle série de bombardements contre l'Iran ce matin pour disent-ils punir la mort de deux de leurs militaires lors de frappes iraniennes en Jordanie. Il y a eu des riposes de Téhéran, notamment en direction du Koweït.

Une nouvelle fois, la région semble au bord d'un embrasement général. Vous qui avez été ministre, vous qui avez eu des responsabilités nationales, Est-ce que vous craignez une bascule géopolitique quand on voit ce qui est en train de se dérouler ces dernières heures ? D'abord, ce qui est vrai, c'est qu'on le craint depuis le début, puisqu'en réalité, ce que nous aimons, nous, les Occidentaux, c'est des démarches rationnelles, compréhensibles.

Or, ce qui est vrai, c'est que l'initiative de Trump, depuis le début, elle est incompréhensible, à la fois par son impréparation, par son absence totale de coordination avec les alliés et donc on est en train jour après jour de découvrir des initiatives intempestives et je trouve que par rapport à ça les européens de manière générale et la france en en particulier, réagissent plutôt sainement avec une approche dans laquelle il y a des initiatives défensives, notamment pour préserver le détroit d'Ormuz autant qu'on peut le faire, pour aussi participer à la sécurité de nos Je pense en particulier aux Émirats. Vous savez que la France agit beaucoup aux côtés des Émirats et puis ensuite du point de vue diplomatique. Mais c'est vrai que nous avons, avec Donald Trump, un interlocuteur qui est totalement imprévisible et c'est toute la tragédie de ce que nous vivons aujourd'hui.

Vous évoquez une réaction française à la hauteur. Le président de la République a mis sur la table une initiative franco-britannique pour sécuriser les voies maritimes du détroit d'Hormuz. Pour parler poliment, Donald Trump a dit non merci, ça ne verra jamais le jour.

Est-ce qu'on pèse encore franchement ? Non, c'est très difficile, mais c'est très difficile parce que nous n'avons, il faut bien le dire, jamais eu de situation comme celle-là avec un président américain totalement irrationnel face à une situation qui est effroyablement complexe, on le sait depuis le début, dans un rapport de force avec l'Iran. Mais je rappelle que les grandes règles de la diplomatie, c'est qu'un rapport de force s'est d'abord fait pour éviter une intervention militaire.

Or là, on a commencé par l'intervention militaire avant le rapport de force. La moyenne en quoi aujourd'hui, nous devenons fragilisés, nous les Occidentaux, les Américains en premier, alors que nous avions tous les outils pour être en position de C'est un immense gâchis que les citoyens européens, tellement tentés par les populistes, devraient méditer. Parce que les partis populistes, et on le voit avec Trump qui en est le pire des modèles, c'est d'abord l'impréparation et l'imprévisibilité.

Et on le voit hélas à travers ce qui se passe. Embrasement au Moyen-Orient, conséquence directe dans le réservoir des Français. On voit que le prix du baril de pétrole a réaugmenté ces derniers jours et que le lit de diesel a repris près de 9 centimes d'ailleurs en moins d'une semaine.

Est-ce que vous craignez qu'il y ait à nouveau une flambée des prix de l'essence et du diesel pour les Français qui nous regardent et qui, pour ceux qui ont la chance de le faire, s'apprêtent à partir en vacances Bien sûr, en ayant toujours en tête que heureusement que notre pays par rapport à d'autres a une autonomie énergétique avec l'électricité qu'elle produit. Mais bien sûr que c'est une conséquence directe sur le pouvoir d'achat des Français. Après je me dis, il y a un moment où il va falloir que Trump s'arrête parce qu'en réalité les opérations qu'il mène elles sont brutales, elles sont violentes mais leurs résultats du point de vue de l'efficacité sur le terrain et les résultats sont extrêmement faibles.

Il a des mid-term elections en novembre et il y a un moment où il va falloir qu'on se mette autour de la table pour discuter quand même. Alors justement, lorsque vous en parlez, on voit bien que cette question internationale peut être plus que lors d'aucune autre élection présidentielle, elle sera sur la table. Ce ne sera peut-être pas la question décisive et centrale, mais elle sera sur la table.

Quelle attitude devra avoir le futur ou la future présidente face à Donald Trump ? D'abord, pourquoi est-ce que la place de la question internationale est aussi forte C'est parce que les populistes au pouvoir, dans un certain nombre de grands pays du monde, ont bouleversé tous les équilibres de manière unilatérale et, il faut bien le dire, irresponsable. Regardez ce qu'il en est de la situation de l'Ukraine du fait de la décision folle du président russe de l'envahir.

Regardez ce qui se passe effectivement avec Trump maintenant en Iran, mais pas seulement. Donc on voit bien aujourd'hui que c'est pour cela que la question internationale a pris un tour aussi considérable. – Mais pour le prochain chef de l'État, ça sera quoi l'attitude ?

C'est un allié ou c'est un ennemi Donald Trump ? – C'est une excellente question et vous voyez bien que la campagne présidentielle française, elle va beaucoup se passer à l'aune de cela parce que nous avons quelques questions à poser et à Mme Le Pen et à M. Mélenchon qui sont systématiquement les amis des méchants.

Alors qu'est-ce que vous posez comme question à Mme Le Pen, vous dites ? Bah écoutez, je vois comme tout le que les amis de Trump sont de plus en plus nombreux à souhaiter sa victoire. J'ai vu Elon Musk, j'avais lu Steve Bannon il y a quelque temps, je vois que Trump n'a pas d'antipathie pour elle, mais et qu'il envoie quelques clins d'œil.

Et d'ailleurs, aujourd'hui, sur son réseau social, Donald Trump a retweeté, comme on dirait, un article de presse qui pose une question, qui dit finalement, est-ce que la prochaine étape du nationalisme à la Trump dans le monde, ce sera en France. La France sera-t-elle la prochaine avec le retour de Marine Le Pen ? Il a repris cet article comme s'il pouvait l'espérer en tout cas.

En tout cas, c'est suffisamment rare de voir un président d'un pays ami se mêler à ce point des choses que cela en dit long quand même sur les pensées ou arrière-pensée. Mais c'est une question qu'on va poser à Mme Le Pen. Vous dites quoi ?

Marine Le Pen à l'Elysée, c'est Donald Trump à l'Elysée ? En tout cas, la question, on va la lui poser parce que je vois bien que les méthodes sont les même quand même, c'est-à-dire la contestation de l'état de droit, comme aux Etats-Unis avec Trump. L'idée que finalement les solutions sont faciles, il suffit juste de renverser la table, comme le fait Trump en Iran avec le succès qu'on connaît, mais aussi comme il l'a fait sur les tarifs commerciaux, etc.

En réalité, quand vous lisez les ébauches du programme du RN, vous découvrez assez fréquemment qu'il n'y a qu'à faire, on va faire, on va se débrouiller, on va tout casser. La réalité, c c'est que les problèmes sont complexes, nous le savons tous, et que quand des populistes prennent le pouvoir en promettant que tout se réglerait facilement, eh bien on a un anti-modèle très intéressant avec Donald Trump, et je pense, enfin je suis même certain que toutes celles et ceux qui veulent que les partis de gouvernement soient présents dans cette campagne pour sauver notre pays, et je pense en particulier à droite, évidemment pas à gauche. La gauche, elle n'existe plus.

Elle s'est fourvoyée avec avec Mélenchon et bien on soit capable de porter ce discours mais Marine Le Pen dont vous parlez Marine Le Pen n'a jamais elle a toujours reconnu le résultat des élections elle a été battue deux fois au deuxième tour elle a jamais dit l'élection a été truquée comme a pu le faire Donald Trump oui bien sûr puis de toute façon elle n'en avait pas les moyens en revanche la contestation de l'état de droit par le Rassemblement National est quelque chose de très récurrent dans toute l'histoire du Rassemblement National comme d'ailleurs de LFI, de Mélenchon et c'est évidemment un marqueur très important pour nous. Vous pointez du doigt vous dites Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon il y a des questions qui leur seront posées sur le plan international vous avez parlé de Marine Le Pen quelles questions vous posez à Jean-Luc Mélenchon sur ce domaine là ? En réalité Jean-Luc Mélenchon il est dans la même veine on ne l'entend absolument jamais critiquer l'intervention russe en Ukraine.

Il a toujours dit qu'il n'était pas favorable effectivement à cette invasion. Enfin on peut pas dire que ce soit sur ce sujet là qu'il est le plus présent. Comme de la même manière on ne l'entend absolument jamais évoquer ni lui ni ses amis la situation catastrophique des femmes en Iran alors qu'il est absolument inarrêtable sur le sujet palestinien.

C'est pas un procès d'attention de vous Ah non je crois pas non d'ailleurs je vois à travers votre sourire que même vous vous croyez pas à votre question. La réalité on n'est dupe de rien l'extrême droite comme l'extrême gauche et c'est pour ça que je mets un signe égal entre LFI et le RN c'est la même démarche celle de soutenir des approches qui sont ce que l'on appelle des approches populistes c'est à dire en réalité faire croire qu' on peut tout régler avec des boucs émissaires faire croire que les problèmes sont simples à régler alors que nous nous savons bien que c'est moins spectaculaire d'être dans un parti de gouvernement. Mais on sait bien que les problèmes sont complexes, qu'il faut du temps, qu'il faut négocier, qu'il faut se battre, qu'il faut être déterminé, qu'il ne faut pas renoncer.

Et d'ailleurs, bien souvent, ce que l'on reproche aux partis de gouvernement, c'est d'avoir renoncé à faire les baisses de dépenses nécessaires parce qu'on ne voulait pas être impopulaire. C'est ce que nous vivons aujourd'hui. À caler sur les questions de sécurité, parce que c'est toujours plus compliqué à traiter que des questions plus aimables, de faire d'échecs aux uns et aux autres.

Et c'est ça, aujourd'hui, qu'il faudra reprendre en main. Vous parliez de la question du Rassemblement national. L'ERN semble se diviser sur cette question de l'interdiction du voile, par exemple, dans l'espace public.

C'est quelque chose qui était présent dans le programme de Marine Le Pen depuis plusieurs années, selon nos confrères du monde, eh bien il y aura une discussion notamment entre Jordan Bardella et Marine Le Pen là-dessus. Et certains poussent Marine Le Pen finalement à organiser un référendum sur cette question-là si elle accédait au pouvoir en disant notamment que ça permettrait de de contourner une interdiction ou en tout cas une réserve a priori du Conseil constitutionnel. Vous êtes bien placé parce que vous, vous êtes celui qui a interdit la burqa dans l'espace public.

Exactement. Un référendum sur l'interdiction du voile dans l'espace public. Bonne idée ou mauvaise idée ?

C'est une fantastique hypocrisie et je peux vous garantir que ce sujet va coller comme le sparadrap du capitaine Haddock à la campagne de Mme Le Pen. Pourquoi ? Vous avez devant vous quelqu'un, vous l'avez rappelé, qui a été toujours extrêmement ferme contre l'intégrisme islamiste et qu'il est rappelé en toutes circonstances, et notamment en faisant voter la loi d'addiction de la burqa.

Je rappelle que la burqa, c'est le masque intégral. Rien à voir avec un voile. et aujourd'hui dans ce prolongement je dis qu'il faut être extrêmement ferme continuer d'être très dur face aux dérives islamistes partout, salles de sport les prisons, on connait tout ça mais que en même temps l'expérience de mère de mots qui est la mienne, c'est de rappeler qu'on ne fait pas n'importe quoi.

Parce qu'en réalité, il faut qu'on reste crédible. Or, je l'ai dit, l'interdiction du voile dans l'espace public, d'ailleurs dans la rue, c'est en réalité le faux combat par excellence parce que c'est totalement impossible. Je me suis fait, en disant cela, insulter, notamment chez votre chaîne concurrente, M.

Pro sur CNews qui m'a même traité, je crois Je crois que c'est la seule fois de ma vie que ça m'est arrivé d'islamiste. Il fallait quand même relayer en cela par toute la fachosphère, Mme Knafot, etc. On s'est un peu à se dire, bon, on voulait être crédible, là, on risque de l'être un peu moins.

Je vois Mme Le Pen, 13 Je ne suis pas embêté, parce que ce sujet est absurde. Je serais très intéressé de savoir à quel moment toute l'équipe de M. Pro et de tous ses amis vont venir lui demander comment elle va faire.

Quant au référendum, Guillaume Daray, je voudrais être très clair là-dessus. Le référendum sur ce type de sujet, c'est totalement inconstitutionnel, puisque ça n'est pas prévu par le champ de la Constitution. Donc on piétine l'État de droit, comme avec Trump, et on fait ça pour quoi ?

On dit « allez référendum, comme ça on est sûr qu'on ne sera pas embêté. Dire que c'est inapplicable, est-ce que ça veut dire que pour vous, le voile n'est pas un signe d'asservissement de la femme ? Écoutez, moi je demande à m Rassurer que ce soit vraiment le cas.

Je suis maire de Meaux, je vois bien beaucoup de mes administrés EES qui portent le voile et dont j'observe qu'elles réussissent parfaitement bien leur vie de famille, leur vie professionnelles, que quand elles sont fonctionnaires elles enlèvent le voile évidemment pendant l'exercice de leurs fonctions. On les trouve dans les entreprises à tous les niveaux de responsabilité. Donc le voile est compatible avec la République ?

Mais je pense surtout qu'au-delà de ça, c'est trop tard. Il aurait fallu l évoqué il y a 30 ans, on ne l'a pas fait. Ou plus exactement, on l'a fait à juste raison à l'initiative de Jacques Chirac pour l'interdire à l'école, et on a très bien fait et dans un certain nombre de lieux publics.

En revanche, mener ce combat-là, en En réalité, c'est encore donner du grain à moudre à l'autre partie de l'extrémisme, c'est-à-dire à l'extrême gauche, qui va avoir un discours de victimisation. Je préfère, moi, que l'on ait un discours moderne à l'égard de nos compatriotes français par ailleurs de confession musulmane, pour leur dire « Vous n'êtes pas des victimes, mais vous ne serez pas non plus des boucs émissaires. Vous avez des choses à faire en tant que citoyen français pour la France, à travers vos qualités personnelles, que vous soyez homme ou femme.

Vous devez respecter la laïcité. Et que je sache, dans la laïcité, ce n'est pas l'interdiction des religions et le monde entier. Mais comment on fait pour savoir si une femme porte volontairement le voile ou ça lui est imposé Mais au nom de quoi on aurait cet a priori pour des femmes qui en font le choix ?

En revanche, nous avons, et là aussi c'est le maire qui vous parle, C'est aussi peu crédible quand Gabriel Attal proposait de l'interdire aux mineurs de moins de 15 ans. Mais à la limite, sur les mineurs, on peut avoir cette discussion. Parce qu'effectivement, les mineurs par définition n'ont pas le même libre arbitre.

Mais vous savez, il y a beaucoup de manières différentes sur le terrain de voir ce qu'il en est des différentes familles et de celles qui sont dans des situations qui mettent les femmes dans une logique de victime et là pour le coup ce travail-là il y a de très nombreux indicateurs sur le terrain qui nous permettent de l'effectuer et je préfère de loin cela plutôt qu'un combat général qui va à nouveau radicaliser sur le terrain est encore une fois je le répète qui ne peut plus être aujourd'hui l'alpha et l'oméga du combat pour la laïcité, alors même que beaucoup d'entre eux respectent pleinement les lois de la République. Jean-François Coupé, vous parliez de la demande de fermeté, d'une fermeté générale, notamment en matière judiciaire. À l'Assemblée, il y a une disposition phare d'un projet de loi sur la protection de l'enfance qui a été rejetée, un projet de loi qui était prévu avant la terrible affaire Liana mais qui a été amendé en partie.

Il y avait notamment la volonté d'inscrire et de proposer l'instauration de la perpétuité pour les violeurs en série sur des mineurs de moins de 15 ans. Ça a été repoussé, notamment repoussé par la gauche pour une raison. Écoutez Eric Cochréal, il était mon invité à la mi-journée.

Je vous propose d'écouter ce que dit le président de la commission des finances de la France Insoumise. Quelqu'un qui viole un bébé, qui viole plusieurs bébés, on va peut-être comprendre qu'à un moment donné, je pense que la problématique est telle que s'il le fait, ce n'est pas le fait qu'il risque qu'aura la perpétuité qui va l'empêcher de le faire. D'accord ?

Voilà, c'est ça la question. Donc oui... – Mais est-ce qu'ils sont incurables ? – Non, je ne pense pas qu'ils soient forcément incurables.

Par contre, il faudrait se donner les garanties quand ils sortent de prison qu'il n'y ait pas de précises. Et ça, c'est un problème de moyens. Vous auriez été député ?

Vous auriez voté l'instauration de la perpétuité pour les violeurs en série sur les minas ? Je pense que la question ne peut pas être binaire. On ne peut pas répondre juste par oui ou par non.

Parce que on a beaucoup de sujets sur lesquels il faut assumer que nous devons mettre en place un dispositif de suivi personnalisé pour chacun des délinquants sexuels. Donc vous n'êtes pas en désaccord avec Éric Cochre Enfin, je ne suis pas en désaccord. C'est plus compliqué que ça parce que la difficulté avec LFI c'est qu'ils sont systématiquement contre toutes mesures sécuritaires.

Je suis favorable à de très nombreuses mesures sécuritaires. Donc en soi, la perpétuité ne me choque pas. Ce que je pense, en revanche, c'est que ce qui est capital, c'est que nous ayons en place tout un dispositif qui permette d'empêcher ces gens de nuire.

Or, si on veut y parvenir, l enfermement en est un. Ça n'est pas le seul, ça en est un. Il faut, en tout état de cause, avoir un suivi ad vitam toute la vie pour ceux qui sont des délinquants sexuels parce que malheureusement ce sont des déviances extraordinairement dangereuses.

Alors on le disait, cette question justice, police, sécurité est déjà dans ce début d'élection présidentielle. La question à droite et au centre c'est de savoir s'il y aura un candidat au deuxième tour parce qu'il y en a un paquet sur la ligne de départ. Ceux qu'on connaît et qui sont aujourd'hui, je veux dire les Les favoris, c'est Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Rotaillot.

Un sondage a montré que les électeurs macronistes, ils en préféraient un autre qui s'appelle Sébastien Lecornu, le Premier ministre. C'est lui le meilleur candidat pour la droite Non, mais il y a les sondages, les points de vue, on sort des noms, tout ça est sympathique. Une campagne présidentielle, ça nécessite quand même quelques conditions de prérequis.

Mais Sébastien Le Cordus serait -il un bon candidat Non, mais je ne vais pas répondre à ça parce qu'il y a des prérequis dans une campagne présentielle. Le premier d'entre eux, c'est qu'il faut être chef de parti, parce que vous avez des moyens. Si vous n'avez pas de moyens, vous ne pouvez pas faire campagne.

Tous les trois le sont, là, ceux qu'on voit. Attaël, Philippe, Rodaille. La bonne nouvelle, c'est qu'il y a encore un an, on avait 10 ou 12 candidats, maintenant on n'en pas plus que trois, dans le bloc de droite et de centre-droite.

Donc vous êtes optimiste ? En tout cas, c'est mieux que ça n'était. Maintenant, il faut que ces trois-là acceptent d'avoir le sens des responsabilités et que cette fois-ci, le moment venu, à l'automne, ils sortent de l l'ambiguïté.

Parce qu'on ne peut pas dire d'un côté qu'on ne veut pas voir la finale RN LFI pour le deuxième tour et dans le même temps ne pas voir que si on se maintient alors qu'on n'est pas en tête, on fait perdre son camp. Pour l'instant aucun ne souhaite se retirer. Bien sûr, mais il faudra qu'à l automne, ceux qui sont le moins bien placés des trois se retirent.

Selon les sondages ? Il n'y a pas d'autre solution, ils n'ont pas voulu de primaire. Donc à partir de là on est obligé d'aller sur les sondages et à partir de là on verra bien ce qu'il en est à l'automne.

Vous Vous pensez que le mieux placé, c'est plutôt Édouard Philippe ? Non. Aujourd'hui, je l'ai dit.

D'ailleurs, ça fait des drames. Nourre Taillot était dans tous ses états. Donc, je lui ai expliqué que j'étais de manière factuelle à constater comme tout le monde qu'aujourd'hui, Édouard Philippe et puis là, entre 10 et 11 points de plus en intention de vote que Bruno Retailleau.

Ce n'est quand même pas négligeable. Mais si, encore une fois, ça n'est pas le tiercé sortant au mois de novembre, on en tirera les conséquences. Mais je veux simplement dire une chose, il faut que sur les trois, les deux qui sont le moins bien placés acceptent, aussi difficile que cela puisse être pour eux et accessoirement pour moi, puisque cela concerne ma famille politique et que j'aimerais mieux que ce soit ma famille politique qui l'emporte.

Si jamais ça n'est pas le cas, il faut que chacun prenne ses responsabilités. Vous pourriez voter pour l'un de ces trois-là ? Moi je voterais pour celui des trois qui est le mieux placé.

Gabriel Attal, il vient plutôt de la gauche, pour vous ce n'est pas un problème on va voir ce qu'il raconte pour l'instant il fait des efforts sur humain pour passer à droite mais c'est pas mon point mon point encore une fois et je ne suis pas le seul nous sommes très nombreux à penser la même chose écoutez ce que disent des gens aussi expérimentés que Valérie Pécresse, que Michel Barnier, que Gérard Larcher, pour ne prendre que ma famille politique, ou François Baroin. Nous sommes tous dans cette logique. Il ne faut pas prendre ce risque fatal pour la France de laisser une finale.

Mélenchon, Le Pen et donc notre combat à nous il est de tout faire pour amener tous ces gens à la raison à la responsabilité et éviter la catastrophe. Est-ce que le candidat est nécessairement parmi ceux-là ou est-ce qu'il peut y avoir un candidat qui surgit à l'automne Vous évioquez, par exemple, François Baroin. Est-ce que ça peut être lui, finalement, le candidat qui rassemble la droite et le centre ?

Mais attendez, comment voulez-vous qu'on puisse d'un coup émerger avec les moyens de faire campagne ? Encore une fois, si l'on n'est pas président d'un parti, qu'on n'a pas de moyens financiers, on ne peut pas faire une campagne présidentielle. Il faut arrêter de raconter des choses fausses.

Donc si l'on n'est pas la tête d'un parti, on ne peut pas y arriver. Ou avoir en tout cas le soutien du parti. Donc ensuite que dans le parti, il y a des gens qui contestent, ça existe, c'est tout à fait humain, ça s'appelle la démocratie.

Mais en revanche, parce qu'une personne par ailleurs pleine de qualité dit « tiens finalement je vais y aller que ça va se faire ». C'est plus complexe que ça. Et heureusement d'ailleurs. – Vous évoquiez, on voit très clairement des propositions qui commencent à être mises sur la table.

Le président de votre parti, Bruno Rotailleau par exemple, il a dit sur ce plateau il y a quelques jours que s'il accédait au pouvoir sur la loi de la fin de qui a été votée la semaine dernière. Il fera un point d'étape au bout d'un an et il pourrait la soumettre à un référendum. La droite, elle doit remettre en cause cette loi si elle arrive au pouvoir ? – Alors d'abord, il y a toujours ce même sujet, l'état de droit.

Aujourd'hui, ce texte ne rentre pas dans le champ prévu par la Constitution pour faire un référendum. Je rappelle que c'est les textes économiques, sociaux et environnementaux, donc nous n'y sommes pas vraiment. En revanche, moi je n'aurais pas voté ce texte, clairement, je sais comme tout le monde, combien il est difficile d'accompagner les familles, d'accompagner les membres de sa famille qui sont dans des situations extrêmes et que tout ça est terriblement douloureux.

Mais comme l'a d'ailleurs rappelé très justement Philippe Juvin, attention parce que la mesure telle qu'elle est aujourd'hui d'assistance à mourir, c'est une mesure qui est immédiate et qui oublie qu'il faut des années pour continuer de renforcer les moyens en soins Est-ce que la droite devra remettre en cause cette loi si elle accède au pouvoir demain ? En tout cas, l'idée qui est un point d'étape me paraît être une bonne idée. Et la remettre en cause ?

Non, il y a un point d'étape, c'est pour regarder comment ça se passe. Ce qui va se jouer bien avant cette élection présidentielle, c'est le budget, c'est déjà en discussion. Le budget 2027, ça va être un vrai casse-tête, on est en pleine campagne présidentielle.

Quelles sont les lignes rouges pour les Républicains sur ce budget ? Tout le monde se dit en réalité, personne ne va le regarder parce qu'on pensera la présidentielle et pourtant ils en faudra bien. D'abord, je voudrais rappeler que c'est ce que nous payons avec la folle dissolution de Macron.

Je voudrais toujours revenir à ça parce que c'est ce que nous payons dans une espèce de cauchemar depuis deux ans et demi et qui est la conséquence de cette folie que Macron n'a jamais assumée et qui fait que son bilan, de ce point de vue, est impardonnable. Bon, deuxième remarque, nous payons aussi d'avoir après la crise fort bien gérée du Covid, laissé filer les dépenses publiques dans des proportions irresponsables quand on voit ce qui a été fait par les autres pays. Donc le problème aujourd'hui c'est de voir est-ce que les parlementaires et notamment les députés peuvent limiter la casse.

Moi je considère qu'augmenter les impôts est une folie, que seules les baisses de dépenses qui sont complètement y maîtrisées sont prioritaires et que quand on commence par parler, de dire qu'il faut augmenter les impôts et je l'entends de partout, je me dis que c'est encore une manière de ne pas prendre les décisions courageuses pour l'autre pays. Mais il y a beaucoup de Français qui croient à personne, y compris les candidats de droite, qui disent « je n'augmenterai pas les impôts si je suis président de la République ». – Écoutez, chacun pense ce qu'il veut.

Moi j'ai été ministre des Finances, comme vous le savez, et je sais comment on fait pour baisser les dépenses publiques sans augmenter les impôts. On peut même baisser les impôts une fois qu'on a fait ce travail. Vous notez d'ailleurs au passage que les propositions du RN comme de LFI dans ce domaine sont d'une pauvreté extrême, puisque ça consiste exclusivement à augmenter les impôts.

Et pour le RN il y a une petite prime, c'est de faire croire qu'on va baisser les dépenses en réduisant la contribution de la France au budget européen ou en supprimant les aides aux immigrés. Bon, les choses sont beaucoup plus compliquées que ça et le débat pendant la présidentielle permettra là encore de montrer que le RN se moque des Français. On amorce la dernière année du double quinquennat d'Emmanuel Macron.

Beaucoup pas droite, au début on dit finalement il fait ce que la droite n'a jamais fait. Au bout de 10 ans d'Emmanuel Macron, en quelques mots, même si c'est pas évident. Quelle sera pour vous ?

Qu'est-ce qui restera d'Emmanuel Macron ? D'abord, le point positif pour moi c'est ce qu'il a fait au tout début, c'est quand il a gouverné par ordonnance et qu'il a modernisé le droit du travail. C'était indispensable pour obtenir la reste.

Je suis désolé de vous dire que sur le plan régalien c'est un effondrement, sur le plan budgétaire c'est un effondrement et que sur ces deux sujets il fait payer à la France et aux Français une addition qui je le répète est impardonnable. Mais une chose est d'être extrêmement critique à l'égard de son bilan, une autre est de ne pas voir que si on met en place une vraie politique de droite responsable ça nous permet d'échapper à la la catastrophe absolue que serait le RN ou LFI au pouvoir. La catastrophe absolue, c'est ce qu'il y a beaucoup de Français qui disent aujourd'hui, finalement, on nous décrit une situation qui serait catastrophique, mais beaucoup de gens qui nous regardent, qui ont des difficultés, disent la catastrophe économique-sociale, on la vit déjà ?

Non, alors encore une fois, la situation est très grave. Elle est, je le répète, impardonnable du fait des errements de ces trois dernières années. Mais la vraie catastrophe, c'est la politique économique de Mme Le Le Pen, par exemple, qui est aujourd'hui favorite et très favorite dans les sondages.

Il va nous falloir alerter les Français dont la politique est complètement dingue. Elle consiste à être dans une approche très anti-européenne, d'être dans une approche qui qui va viser à fermer nos frontières à un moment où il faut, au contraire, trouver des réformes courageuses à faire qu'elle ne veut pas faire sur les retraites, sur la fonction publique, sur les dépenses publiques en général. C'est ça le courage politique.

Et ce n'est pas juste de promettre un référendum qui ne peut pas avoir lieu, elle ment aux Français sur tel ou tel sujet, notamment on l'a dit tout à l'heure sur l'interdiction du voile. Donc je vois bien aujourd'hui que nous avons des partis extrémistes, c'est d'ailleurs tout l'objet du livre que que j'ai écrit, les populistes trahissent le peuple et où je pense que nous devons alerter les Français sur le danger absolu, avec quelques exemples. Heureusement, regardez Orban en Hongrie.

Orban a coulé son pays en refusant de coopérer avec l en refusant, en ayant des atteintes majeures aux droits de l'opposition à l'information et puis surtout à la corruption. Parce que quand il n'y a pas d'opposition, il n'y a pas de contrepoids. Merci beaucoup Jean-François Copé d'avoir été notre invité C'est ce soir, maire de Meaux, membre des Républicains qui appelle donc la droite, les différents candidats du centre et de la droite à s'entendre au mieux à l'automne pour qu'il y en ait un.

Peut-être qu'il y ait une chance d'accéder au second tour de l'élection présidentielle. Michel, merci d'avoir été mon invité ce soir.