Guerre au Moyen-Orient : ces familles qui refusent de quitter leur logement
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Son bureau est impersonnel, temporaire. Le docteur Hussein est gynécologue dans un village au sud du Liban, près de la frontière. Il a fui et suivi ses patientes jusqu'à Beou.
Il est pudique, réservé. Honnêtement, mon cœur n'est pas ici avec vous. J'ai peur.
J'ai ma maison au village. Ma clinique est là-bas. Mes parents sont là-bas.
Je veux rentrer sur ma terre. Croyez-moi, la majorité d'entre nous est sous antidépresseur. On ne dort pas, on est collé à la télévision, on passe d'une info à une autre.
C'est comme ça qu'on vit. Il appelle un confrère dans ce qui était encore son hôpital il y a une semaine. Bonjour, tout va bien in, ça va encore mais dès qu'on sort dangereux.
Peut-être qu'ils auront besoin de de nourriture s'il se passe quelque chose. L'entrée et la sortie des village est difficile ces temps-ci et depuis que la guerre a repris, les routes sont en danger. C'est pour ça que les gens restent enfermés dans leur village.
Le médecin déglutit. Je suis vraiment sur les nerves. Il faut vraiment que cette guerre s'arrête.
Un autre appel vers le sud du pays. Chaque jour, je le contacte. S'ils ont du fiou de de quoi manger.
Toute la famille de Farè habite près de la frontière. Ils sont trop loin d'ici à à 135 km d'ici. Mais le fait qu'on part tous les jours, ça nous rassure.
C'est c'est le pes, hein, si la connexion se coupe avec eux. Allô ! Un cousin répond enfin.
Le réseau est faible, explique-t-il. Pourquoi tu as décidé de rester ? On ne veut pas partir pour que quelqu'un vienne s'installer ou qu'Israël détruise nos maisons.
On reste aussi parce qu'on vit de l'agriculture, on plante, on ne peut pas partir. Mais ça va aller. Puis il faut appeler sa mère 85 ans, entendre sa voix frêle au bout du fil.
Allô ! Comment ça va maman ? Ça va mon chéri ?
Ça va. Euh, vous les entendez beaucoup les bombardements ? Oui, on les entend tout le temps, jour et nuit.
Allô ? Allô ? Tu peux me passer ma sœur s'il te plaît ?
On entend le son de chaque bombardement. On entend les drones, les avions, on entend les tanks tout autour de nous. Alors pourquoi est-ce que vous voulez rester ?
Parce que c'est notre terre. Où veux-tu qu'on aille ? Préférer rester avec ces risques plutôt que se déplacer encore.
Peut-être que c'est la première fois qu'ils sont très inquiets, plus que les autres fois. Tous les villages aux alentours quittent leur maison. Ils vivent comme dans une île seule.
Ils ont peur que les Israéliens les obligent à quitter le village avec Nathanaho. On sait pas vraiment. Ses mains nerveuses sur ses genoux.
On a vécu pas mal de guerres. Ça fait cinq fois sep fois peut-être. Ça devient comme un part de nos quotidiens.
C'est difficile mais il paraît que le destin du Moyen-Orient c'est ça va de mal en pire. Il s'excuse, s'essuit les yeux doucement. Je suis inquiet sur euh le destin du pays.
Moi, je trouve que cette guerre-là, elle est différente de toutes les guerres qu'on a vécu avant. Elle divise les Libanais dit-il inquiet du sort des déplacés la plupart chiit. Le cas de la population a été évacué.
Ces gens-là s'ils n'arrivent pas à revenir dans leur maison, qu'est-ce qu'ils vont faire ? Qu'est-ce que les autres confessions vont faire envers eux ? La guerre civile, elle apparaît de nouveau.
C'est ce que je vois. Il regarde vers l'extérieur, ses yeux air sur la capitale du Liban.