Colère des agriculteurs: la Confédération paysanne s'exprime après son entretien avec Gabriel Attal
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 9:18OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez le sentiment que c'est sur la simplification, l'allègement des contrôles, que des leviers d'action rapides peuvent être activés ?
- 11:25OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous allez dire aux sympathisants, vos adhérents, de se mobiliser sur les barrages dès demain ? Est-ce que vous envisagez comme d'autres d'aller à Bruxelles pour alerter les parlementaires européens ?
- 12:07OuverteRéponse directe
Des dirigeants, des responsables politiques qui ont ciblé les normes environnementales, est-ce que vous avez fait passer à côté du problème qu'on prend que cet angle-là ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:58InvitéPromesse
« nos demandes principales portaient sur une interdiction d'achat de produits agricoles en dessous du prix de revient. »
- 1:57InvitéFait
« la mise en concurrence directe des agriculteurs entre eux. Et c'est la conséquence directe de politique qui s'applique en France, en Europe, dans le monde depuis des décennies. »
- 2:19InvitéPromesse
« on demande un signal fort au gouvernement, par l'intermédiaire du Premier ministre, d'annoncer l'arrêt des négociations sur les accords de libre-échange à venir, en particulier celui avec le Mercosur »
- 12:56InvitéChiffre
« 85% des agriculteurs interrogés pensent que la transition est nécessaire et peut être favorable. »
Temps de parole
- Invité96 %
- Présentateur3 %
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Du coup, on sort de cet entretien avec le Premier ministre et son conseiller agricole, je pense comme les syndicats précédents. Ça a été l'occasion pour la Confédération paysanne d'échanger au sujet de notre lecture, notre analyse de ce qui se passe en ce moment sur le terrain en France, cette mobilisation des agriculteurs, cette colère que nous, Confédération paysanne, on sent cristalliser finalement. Elle est dite sur les barrages, elle se ressent très fort, cette inquiétude sourde, cette difficulté réelle, cette colère autour du manque de rémunération des agriculteurs.
Voilà, la considération globale, c'est une chose, mais ce qu'on vit au quotidien sur nos fermes, sur les fermes, c'est ce manque de rémunération, ce manque de revenus, des prix qui ne correspondent pas à nos prix de revient. Voilà, c'est un peu la lecture qu'on a pu partager avec le Premier ministre. Et du coup, de façon directe, avec ce constat, nos demandes principales portaient sur une interdiction d'achat de produits agricoles en dessous du prix de revient. C'est pas ce qu'est aujourd'hui exactement la loi Egalim, donc on demande vraiment une évolution.
Voilà la question de la non-négociabilité, on en a vu ses limites, on voit aujourd'hui qu'elle n'est pas suffisamment opérante pour garantir de la rémunération aux paysans. Ça ne permet parfois pas de couvrir ses factures à nos fournisseurs en termes de coûts de production qui ont fortement augmenté. Et ça permet souvent encore moins de nous payer nous-mêmes sur notre travail. C'est pas normal que le travail des agriculteurs reste dans beaucoup de situations impayées ou sous-payées. Voilà, on a porté cette demande-là auprès du Premier ministre. sur les prix.
Et l'autre demande qu'on a porté fortement, qui pour nous est la cause des difficultés des agriculteurs sur le terrain, c'est la mise en concurrence directe des agriculteurs entre eux. Et c'est la conséquence directe de politique qui s'applique en France, en Europe, dans le monde depuis des décennies. Cette mise en concurrence par la libéralisation de l'économie est d'avoir livré l'agriculture, l'alimentation à cette ultra-libéralisation.
Et du coup, on demande un signal fort au gouvernement, par l'intermédiaire du Premier ministre, d'annoncer l'arrêt des négociations sur les accords de libre-échange à venir, en particulier celui avec le Mercosur, même avec des clauses miroirs environnementales qui seront toujours très largement insuffisantes, insatisfaisantes, pour protéger les agriculteurs français, tout comme les agriculteurs sud-américains, dans le cas du Mercosur. On a pu parler également, ou compléter, des besoins urgents, des difficultés pour les paysans français qui ont été touchés par les différentes tempêtes, tant en Bretagne que dans le nord de la France.
Voilà, alors on a été rassurés sur un sujet, sur l'aide aux investissements, où il y a eu une espèce de difficulté pour des paysans qui avaient commencé à investir pour remettre un peu leur ferme en état, en particulier en Bretagne, et qui n'auraient pas pu toucher cette aide s'ils avaient commencé des travaux avant le 12 janvier. Ça, visiblement, ça va être rectifié. C'est une satisfaction, voilà, sur ce sujet-là. On a pu aborder également la prochaine... La crise du bio, pardon. La crise du bio, je te laisse faire. J'y vais ?
Voilà, la crise du bio, avec le constat qu'il y a eu des aides d'urgence qui ont été rallongées, qui étaient indispensables, mais on a réinsisté sur le besoin d'activer les leviers qui sont entre les mains du gouvernement. Le premier, c'est le respect, de nouveau, de la loi EGalim, décidément, sur les 20% de bio en restauration collective, avec l'engagement qui avait déjà été pris, qui nous a été reconfirmé par le Premier ministre, de respecter ces 20% minimum de bio en restauration collective, déjà de façon très rapide, dans ce qui correspond directement au service de l'État. Après, il y a du travail avec les collectivités territoriales également.
On a évoqué le besoin d'avoir une aide structurelle, type aide au maintien, qu'on avait précédemment, pour l'agriculture biologique. Voilà, ça a été évoqué, on n'a pas eu de réponse complètement là-dessus. On a parlé de la loi d'orientation agricole, alors après, on viendra sur les réponses qu'il apporte. Voilà, du coup, on prend acte qu'elle sera repoussée d'ici 6 semaines, 2 mois à peu près. Si c'était pour lui donner l'ambition nécessaire, indispensable à nos yeux, de donner vraiment un souffle, un élan, de la visibilité, de l'ambition pour l'agriculture française, c'est une bonne nouvelle de se donner ce temps-là.
Pour nous, l'ambition dans la loi d'orientation agricole, elle passe par plusieurs choses. C'est introduire des mesures qui permettent l'accès aux fonciers pour le plus grand nombre. C'est quand même la clé, le point clé de l'installation du renouvellement des générations. On a parlé de ce point-là. On a parlé de la question du guichet unique d'accompagnement aux porteurs de projets. On sait qu'on va devoir accompagner des gens issus du milieu agricole, mais accueillir de façon massive des porteurs de projets, des gens qui ont envie de s'installer.
Nous, on a envie de les accueillir sur nos territoires, des gens qui sont non issus du milieu agricole et qui ont besoin d'être fortement et correctement accompagnés. Cette question du guichet unique gérée par les chambres, pourquoi pas ? Les chambres, c'est un espace qui pourrait être l'espace approprié avec de la gouvernance, une gouvernance appropriée avec l'ensemble des structures, l'ensemble des syndicats représentatifs et l'ensemble des structures d'accompagnement. Du coup, on demande que la gouvernance des chambres soit révisée.
Ça passe aussi, mais sur la question des prochaines élections professionnelles qui se tiendront dans un an et de la répartie du travail sur la proportionnelle, est-ce qu'enfin chaque voie de chaque agriculteur sera prise en compte ou est-ce qu'on gardera cette prime au premier arrivé de 50% des sièges ? Est-ce que la règle, le financement alloué aux syndicats agricoles pour exercer leur travail, notre travail comme corps intermédiaire, comme syndicats représentatifs, est-ce que ce financement sera réparti en fonction des voies ?
Enfin, de façon tout à fait démocratique comme ça existe pour les syndicats des salariés ou est-ce qu'il y aura encore une évolution encore plus néfaste pour la démocratie et les syndicats minoritaires d'allouer une grande partie de ce financement au nombre d'élus aux chambres d'agriculture et pas sur les voies posées dans l'urne par les électeurs ? Ça, c'est une question qu'on a posée, sur laquelle on n'a pas eu de réponse. Voilà. Donc nos deux mesures phares. Je reviens à la raison pour laquelle le Premier ministre reçoit les syndicats aujourd'hui en toute urgence. Il y a urgence dans le monde agricole.
Sur les accords de libre-échange, visiblement, ce gouvernement poursuivra sur ce qu'on connaît un peu depuis toujours, à savoir poursuivre ces accords de libre-échange en y incluant des clauses miroirs liées à l'environnement. Pour nous, c'est tout à fait insuffisant. Ça va vraiment dans le mauvais sens. Et on continuera de cette façon-là à perdre des agriculteurs en France et avoir des gens qui seront en très grande difficulté en termes de revenus. Et sur la question du prix, voilà, il y a des choses qui nous ont été présentées sur la trésorerie, sur du très court terme, sur des mesures qui pourraient être vues à Bruxelles, sur les jachères et tout.
Mais c'est vraiment pas, à notre avis, pour la Confédération paysanne, le cœur du sujet et des réponses qu'attendent les agriculteurs. Et du coup, sur la LOA, il pourrait y avoir des mesures pour essayer de... et les négociations commerciales d'améliorer la question du niveau de la négociabilité ou non-négociabilité des prix de base. Mais tout ceci reste très incertain à l'heure où on se parle, très inquiétant. Nous, à la Confédération paysanne, on se réunit demain pour savoir de quelle façon on donne corps, on participe, sous quelle façon aux mobilisations en cours. On continuera à exprimer les demandes que je viens de vous formuler.
Et du coup, on reste extrêmement attentifs aux signaux que pourrait envoyer le gouvernement. On en a vraiment besoin sur le terrain. Je pense qu'on doit... Voilà, le respect, la reconnaissance des agriculteurs, ça passe pas que par le symbole, ça passe pas que par des discours, ça va devoir passer par des actes très concrets et pour obtenir de la rémunération pour tous les agriculteurs, toutes les filières et tous les territoires français. Oui, plutôt. Alors après, on ne pouvait pas attendre des réponses extrêmement concrètes. Alors on se parle, ça on peut l'entendre. Les chantiers qui nous ont été proposés ici sont ce qu'ils sont.
Ils sont intéressants, mais probablement très insuffisants par rapport aux difficultés qu'on connaît aujourd'hui.
Est-ce que vous avez le sentiment que c'est sur la simplification, l'allègement des contrôles, que des leviers d'action rapides peuvent être activés ? On entend un peu ça parfois chez certains du côté du gouvernement.
Oui, c'est vrai que c'est un point invoqué, donc on a parlé de beaucoup de choses. Oui, ça a été évoqué. Alors la simplification est nécessaire. On vit quand même des empilements de tracas administratifs. Simplification pour la Confédération paysanne, c'est indispensable. Des normes, des réglementations doivent être absolument adaptées. Certaines sont ubuesques. Mais par contre, la simplification des normes plus adaptées, ça ne veut pas dire, pour la Confédération paysanne, pas de normes. Des normes, elles peuvent être là aussi pour protéger la santé, protéger le sol et l'eau. C'est nos facteurs de production, en fait, pour continuer à produire demain.
Des normes, elles peuvent être faites aussi pour protéger les conditions de travail et la rémunération. Donc voilà, de la simplification, oui. L'absence de normes, ce n'est pas possible pour la Confédération paysanne. Par contre, de la norme, il faut de la réciprocité. L'Europe doit pouvoir garantir cette réciprocité, de se dire qu'on joue dans la même cour avec les mêmes outils et ne pas se mettre en difficulté. La Confédération paysanne, on y croit, à cette construction européenne, à cette possibilité de pouvoir avancer ensemble et de se doter d'ambitions et de normes communes. Le Green Deal, c'est un peu ça. Il y a sûrement des choses à améliorer.
Mais c'est aussi de se dire ensemble, on se donne des objectifs ensemble. Et de ne pas se mettre justement en distorsion les uns contre les autres. C'est ça l'idée. — On attend de la fin du public et de l'Orient. Est-ce que ce n'est pas un nom définitif ? C'est se dire aujourd'hui, on est dans cette phase jusqu'à la semaine prochaine, d'essayer d'être performant sur les négociations commerciales. On est quand même très dubitatif sur des évolutions positives. Obtenir vraiment l'interdiction... Enfin qu'il n'y aura pas... Aujourd'hui, il n'y a pas d'interdiction dans la loi.
Mais en tout cas, que les négociations commerciales en cours permettent d'obtenir ça, de garantir ces prix aux producteurs, on en doute beaucoup. Après, je pense qu'il y a un chantier qui peut s'ouvrir sur ce sujet.
— Est-ce que vous allez dire aux sympathisants, vos adhérents, de se mobiliser sur les barrages dès demain ? Est-ce que vous envisagez comme d'autres d'aller à Bruxelles pour alerter les parlementaires européens ? Qu'est-ce que vous envisagez maintenant ?
— Alors à la Confédération paysanne, c'est des décisions qu'on prend collectivement. On est demain, je vous le disais, réunis en comité national. Et c'est ensemble qu'on analysera la situation et qu'on prendra ces décisions. Quel mot d'ordre ? Se mobiliser, ça peut vouloir dire rejoindre les mobilisations déjà en place. Ça peut vouloir dire faire des mobilisations sur un autre ton, à d'autres endroits, en département ou ailleurs. On répondra demain. Voilà. Ce travail de construction collective, il est essentiel pour nous, à la Confédération paysanne.
— Et des dirigeants, des responsables politiques qui ont ciblé les normes environnementales, est-ce que vous avez fait passer à côté du problème qu'on prend que cet angle-là ? — Prendre que cet angle-là, c'est passer à côté du problème. Effectivement, pour la Confédération paysanne, des normes adaptées et protectrices, elles sont indispensables. Et on ne peut pas attendre. On ne peut pas attendre d'avoir du revenu. Il faut vraiment en même temps — c'est vraiment le mot par ici — en même temps avoir des normes de protection, de régulation et en même temps du revenu.
— Si toutes les fermes étaient plus confortables au niveau du revenu, étaient correctement rémunérées, la question des normes serait beaucoup moins compliquée. Cette question de la transition écologique, environnementale, climatique, la majorité des agriculteurs y sont favorables. J'ai reçu aujourd'hui le résultat d'une enquête qui a été menée avant cette crise, enfin en novembre-décembre, qui dit que 85% des agriculteurs interrogés pensent que la transition est nécessaire et peut être favorable. Ça veut dire en étant rémunérés forcément.
Et l'autre exemple, c'est un exemple sur lequel on a énormément travaillé ces dernières semaines, c'est l'engagement massif d'agriculteurs dans les mesures agroenvironnementales et climatiques. Alors s'il y a des journalistes de la presse générale, ça va être un peu compliqué. Mais c'est des mesures volontaires que souscrivent les agriculteurs au moment de leur déclaration PAC en disant « Moi, je m'engage dans une mesure agroenvironnementale et climatique. Je vais faire évoluer mon système, faire évoluer mes pratiques ou les maintenir pour m'adapter le plus possible ».
Il y a un engouement qui a été majeur à tel point que la France, dans ses arbitrages, dans ses différentes lignes budgétaires de la PAC, n'avait pas les moyens de répondre à des gens qui avaient coché la case et qui ont commencé dès le printemps à mettre en place des pratiques de transition. Donc la majorité des agriculteurs en France sont prêts à s'éloigner les mesures parce qu'on sait, on le sait tous sur nos fermes qu'on en a besoin. On voit bien ce qui nous arrive en termes d'évolution climatique. On en a besoin, on est prêts à le faire et s'il y a du revenu, ce sera vraiment faisable. Mais on ne peut pas attendre d'avoir du revenu pour avancer, sinon on n'y arrivera jamais.
Il faut que les deux choses avancent en même temps. Alors ça fait partie des chantiers qui ont été évoqués par le Premier ministre, d'essayer de voir ce qu'il peut faire. Pour la Confédération Paysanne, cette mesure fiscale pour alléger la fiscalité sur le GNR, je ne comporte que le GNR, pas le gaz naturel, est parfois inopérante, déjà, pour certaines fermes qui ne le demandent même pas. Et en fait, elle est surtout bénéficiaire aux très, très, très gros consommateurs de GNR.
Nous, on a porté, certains d'entre vous le savent, au moment des amendements du projet de loi de finances, on a porté une mesure de continuer à protéger les premiers volumes, 5 000 litres par actif, par exemple, qui puissent être continués à bénéficier d'une détaxation et qu'ensuite, elle soit progressive, que l'abaissement de la détaxation, en fait, soit sur les plus gros volumes. C'est aussi une incitation, quelque part, à un peu de sobriété. Sous-titrage ST' 501