Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewLyon Première — L'invité politique du samedi· 18 mars 2023 39 minContradictoireActualité / polémiqueSantéTravail & emploiInstitutions & électionsEurope & international

Laurence FAUTRA : Maire LR de Décines et 5e Vice-Présidente à la Région AURA en charge de la santé

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 44 %Attaque 32 %Défensif 24 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:59OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous en pensez à la fois comme élue et comme citoyenne ? Qu'est-ce que ça vous inspire ?

  • 1:18RelanceRéponse partielle

    Mais vous comprenez ce sujet-là, la colère des gens ou l'incompréhension ?

  • 1:41ComplaisanteRéponse directe

    C'est-à-dire que les gens ont du mal à comprendre et quand on voit des petits commerçants par exemple qui se retrouvent avec des magasins détruits...

  • 4:16OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça vous inspire ? Parce que vous êtes élu, vous êtes maire. Vous êtes aussi sensible à ce que pensent certainement à la fois vos administrés, vos usagers et vos électeurs.

  • 5:21OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça vous inspire quelque chose ? D'ailleurs, est-ce que vous vous sentez parfois un peu féministe ou dans une revendication ou avec un rôle modèle par rapport à ce que vous faites ou ce n'est pas un sujet pour vous, le fait qu'il y ait plus ou moins de femmes en politique, par exemple ?

  • 7:19OuverteRéponse directe

    Comment est-ce qu'on dessine un jour, comment est-ce que ça arrive, comment est-ce qu'on devient maire de sa commune ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:51InvitéFait
    « L'ami de ma fille sur le cours Gambetta à une agence immobilière et alors pas hier soir, mais lors de la dernière manifestation le samedi, il s'est retrouvé nez à nez avec des jeunes gens, des jeunes filles hyper violentes qui ont détruit sa vitrine. »
  • 2:18InvitéFait
    « Détruit, mais complètement détruit et qui s'engendre des coups, donc tout ce qu'il avait mis en amont et il me dit, j'avais réussi à faire une bonne semaine, voilà, tout cet argent, tout son travail en l'espace d'une demi-heure a été détruit. »
  • 3:03InvitéFait
    « Donc quelque part, il faut assumer le fait de, je ne sais pas s'il encourage ce genre de choses, mais c'est déplorable. »
  • 3:31InvitéFait
    « C'est des propos si décieux. Je pense que par ces propos, il incite à la révolte. Et ce n'est pas le rôle d'un responsable politique. Ce n'est pas le rôle d'un maire. »
  • 4:31InvitéFait
    « Mais effectivement, il n'engendre peut-être pas trop la sympathie. En tout cas, ce que je sais, c'est que j'ai des amis qui ont des commerces à Lyon. »
  • 5:34InvitéChiffre
    « Je crois qu'on ne doit représenter même pas 17%. »
  • 10:36InvitéFait
    « un grand-père communiste italien de la plaine du Pau qui est parti dans les années 20. Pourquoi ? Parce qu'il fallait adhérer au parti fasciste. »
  • 11:12InvitéFait
    « qui lui est parti malheureusement au STO, qui s'est échappé, qui est rentré au niveau du maquis dans le sud-ouest. »
  • 12:37InvitéFait
    « 2007, pour nos auditeurs. »
  • 13:41InvitéFait
    « Techniquement, c'est un très beau stade. Je pense que c'est un des plus beaux d'Europe. »
  • 16:12InvitéFait
    « On a eu un préjudice moral, c'est que cette taxe des spectacles ne nous a pas été compensée. »
  • 16:32InvitéFait
    « On l'a fait voter, on l'a fait voter et l'État, le Parlement a décidé de faire une TVA. »
  • 16:45InvitéFait
    « Jean-Michel Loas paye 5-5 de TVA, mais ça va directement à l'État et nous, on n'a pas été compensés parce qu'on n'existait pas. »
  • 29:50InvitéChiffre
    « A peu près 75% du territoire et je n'aime pas trop le terme mais en tout cas est en désert médical. »
  • 30:16InvitéFait
    « Donc, le numéro sclosus a été fermé. »
  • 31:56InvitéFait
    « On a des médecins qui vont partir à la retraite. »
  • 32:08InvitéFait
    « Il y a les maisons de santé, il y a peut-être aussi un peu de télémédecine. »
  • 32:23InvitéChiffre
    « Je pense que ça va prendre bien une décennie avant qu'on retrouve un niveau correct au niveau de la population. »
  • 33:31InvitéFait
    « Il a une vision haute, il a une vision nationale de notre pays. »
  • 33:45InvitéFait
    « Le fait de protéger la ruralité. »

Temps de parole

  • Invité72 %
  • Présentateur26 %

2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

A Lyon, vous écoutez Lyon 1ère. Lyon 1ère. Lyon 1ère, l'invité politique du samedi, avec Lyon positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à tous, heureux de vous retrouver pour l'émission L'invité politique, le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère. On va partir à Dessines, on est dans l'Est lyonnais, visiblement tout se passe à l'Est, puisqu'on a reçu beaucoup d'élus de l'Est lyonnais. Je suis avec Laurence Fautra, bonjour. Bonjour M. Duval. Vous êtes maire de Dessines et par ailleurs vice-présidente du conseil régional LR. On va parler de plein de choses, on va parler de votre commune, on va parler de vos missions au sein du conseil régional sur la santé.

Je crois que ce sont des sujets qui vous préoccupent et vous intéressent, mais on va parler, comme vous le savez aussi, d'un peu d'actualité, qui n'est pas forcément gaie d'ailleurs en ce moment. Je voulais revenir avec vous sur les incidents qui ont eu lieu assez importants suite aux décisions politiques autour de la retraite du 49.3 et les manifestations qui ont eu lieu à Lyon avec l'hôtel de ville qui a été à la fois menacé, tagué, abîmé. Qu'est-ce que vous en pensez à la fois comme élue et comme citoyenne ? Qu'est-ce que ça vous inspire ?

1:03
Invité

Affigeant, déplorable. Je pense que les adjectifs ne sont pas suffisamment forts. Est-ce qu'on est obligé de casser, de détruire pour faire entendre la voix du peuple sans mécontentement ?

1:18
Présentateur

Mais vous comprenez ce sujet-là, la colère des gens ou l'incompréhension ?

1:21
Invité

Moi je peux comprendre l'incompréhension, je peux comprendre la colère, mais je ne comprends pas le mode d'expression de cette colère. Voilà, on a tous fait des manifestations quand on était étudiant. Et pour autant, on ne saccageait pas notre patrimoine et les vitrines qui bordent...

1:39
Présentateur

Oui, parce qu'il y a un côté assez injuste aussi, c'est ça ? C'est-à-dire que les gens ont du mal à comprendre et quand on voit des petits commerçants par exemple qui se retrouvent avec des magasins détruits...

1:46
Invité

Les vitrines cassées, alors moi j'ai le cas dans mon cercle intime, proche. L'ami de ma fille sur le cours Gambetta à une agence immobilière et alors pas hier soir, mais lors de la dernière manifestation le samedi, il s'est retrouvé nez à nez avec des jeunes gens, des jeunes filles hyper violentes qui ont détruit sa vitrine. Lui aussi, il fait partie de la jeune génération, il veut simplement travailler, mais son établissement immobilier où il fait de la location, de la transaction a été détruit.

Détruit, mais complètement détruit et qui s'engendre des coups, donc tout ce qu'il avait mis en amont et il me dit, j'avais réussi à faire une bonne semaine, voilà, tout cet argent, tout son travail en l'espace d'une demi-heure a été détruit.

2:32
Présentateur

Ce qui n'aide pas d'ailleurs à donner une belle image, y compris de la politique, ça rajoute parfois de la frustration, de l'agacement, de la colère à de la colère.

2:38
Invité

D'autant plus qu'à la fin du cortège, il a vu arriver en vélo M. Grégory Doucet, donc il l'a interpellé, il a dit, mais vous cautionnez ça ? Vous cautionnez ces jeunes femmes, ces hommes remplis de violences, il dit non, non, mais le maire de Lyon a dit non, non, mais c'est pas moi, c'est pas moi, c'est pas moi qui fait le cortège. Alors c'est vrai, c'est la préfecture, mais néanmoins, vous fermez symboliquement un cortège. Donc quelque part, il faut assumer le fait de, je ne sais pas s'il encourage ce genre de choses, mais c'est déplorable.

3:09
Présentateur

Je pense qu'il s'était exprimé d'ailleurs plusieurs fois à ce sujet, ça avait été repris par la presse, où à un moment on lui avait demandé justement s'il comprenait les mouvements un peu d'agitation, de révolte, de mini-saccage, d'oeuvres d'art, etc. pour protester contre le changement climatique. Il avait dit, à demi-mot, qu'il comprenait la jeunesse et qu'il comprenait cette colère, mais c'est un peu comme si c'était l'arroseur arrosé pour le coup.

3:31
Invité

C'est des propos si décieux. Je pense que par ces propos, il incite à la révolte. Et ce n'est pas le rôle d'un responsable politique. Ce n'est pas le rôle d'un maire.

3:43
Présentateur

Surtout à Lyon, parce qu'on dit souvent que Lyon est une ville du compromis, du consensus. Il y a un modèle lyonnais. Et vous pensez qu'il ne correspond pas du coup à ce modèle ?

3:52
Invité

Complètement. On a l'impression qu'il encourage cette révolte, cet affrontement qui ne comprend pas les gens qui travaillent, qui se lèvent le matin.

4:06
Présentateur

C'est peut-être ce qui transparaît dans les sondages. On en parlait la semaine dernière avec Pierre Oliver, sur la manière dont presque deux tiers des lyonnais ont une image assez négative du maire de Lyon. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Parce que vous êtes élu, vous êtes maire. Vous êtes aussi sensible à ce que pensent certainement à la fois vos administrés, vos usagers et vos électeurs. Mais vous, qu'est-ce que ça vous inspire ?

4:24
Invité

De ce que je peux... Alors, je n'ai pas porté de jugement sur M. Grégory Doucet. On fait la même mission. Mais effectivement, il n'engendre peut-être pas trop la sympathie. En tout cas, ce que je sais, c'est que j'ai des amis qui ont des commerces à Lyon. C'est que je suis née à Lyon. Je suis lyonnaise. Que ça devient compliqué d'aller faire un tour à Lyon. Voilà. Et qu'effectivement, sa politique, sa politique publique ne correspond pas à ma vision. et sa façon d'aborder les gens. J'ai eu l'occasion d'avoir des échanges, évidemment, en lien avec le conseil régional. Je trouve que quand il parle... En tout cas, quand il est venu échanger avec moi, un ton très préremptoire.

Et ça, c'est vrai que ça ne fait pas partie de mon ADN.

5:06
Présentateur

Alors, votre ADN, justement, c'est quoi ? Vous êtes maire d'une ville qui fait plus de 30 000 habitants aujourd'hui. Oui, on y arrive. Vous êtes une grosse commune depuis deux mandats. Vous êtes une femme. Oui. Et il n'y en a pas tant que ça, des femmes mères de communes de cette année. Est-ce que ça vous inspire quelque chose ? D'ailleurs, est-ce que vous vous sentez parfois un peu féministe ou dans une revendication ou avec un rôle modèle par rapport à ce que vous faites ou ce n'est pas un sujet pour vous, le fait qu'il y ait plus ou moins de femmes en politique, par exemple ?

5:32
Invité

Alors, c'est vrai que ce n'est pas facile. Je vous le concède. Je crois qu'on ne doit représenter même pas 17%. Ce qui est dommage, c'est que quand on arrive dans ce système politique, je ne viens pas de ça, il faut trouver sa place sur l'échiquier. Et moi, la corbeille de mariée, en 2014, elle était énorme. Parce qu'en face de moi, j'avais quand même un grand monsieur qui s'appelle Gérard Collomb. J'avais un grand préfet qui s'appelait M. Caranco, qui est maintenant ministre de l'Outre-mer. J'avais aussi le grand président de football, Jean-Michel Aulas. Et j'avais deux solutions. Soit je faisais preuve d'allégeance, et ils auraient peut-être bien aimé que je fasse preuve d'allégeance.

Soit je leur montrais que j'avais un petit peu de caractère et qu'il fallait que je trouve ma place. Alors, c'est vrai que notre côté un peu féministe, on le met un peu de côté parce qu'on est obligé de prendre des codes masculins pour se faire simplement respecter. On met un peu notre douceur, notre esprit un peu nourricier un peu de côté. Maintenant, il a tendance à un peu plus réapparaître. Voilà, au départ, je prenais un peu des allures de garçons manqués pour dire, attendez, c'est bon.

6:35
Présentateur

Mais c'est vrai que beaucoup de femmes nous expliquent ça, qu'elles ont été obligées parfois de changer un peu leur nature, juste simplement pour être respectées, pas simplement regardées par ce qu'elles sont.

6:43
Invité

Voilà. Et puis, le côté toujours physique qui revient, ah mais elle a été élue parce que, voilà. Vous parlez de vos tenues vestimentaires, ce genre de choses. Elle est grande, elle est mince, elle est ronde. Elle a eu fleur de nos repos. Moi, quand je vois mes collègues, je dis, ah mais toi, t'as été élue, pourquoi ? Parce que t'es grand, t'es blond, t'es fort, t'as une moustache. Voilà. Donc, on n'est pas légitime à leurs yeux, au départ.

7:03
Présentateur

Ça change un peu quand même.

7:04
Invité

Alors, sur le deuxième mandat, oui, là, il n'y a plus de discussion. On a fait le job et ils ne peuvent pas dire le contraire. Ça les embête, je pense, parfois.

7:11
Présentateur

Alors, vous disiez que vous étiez née à Lyon, mais vous avez une longue histoire à dessiner. Comment est-ce que tout d'un coup, moi, je m'intéresse souvent à ça, comment est-ce qu'on dessine un jour, comment est-ce que ça arrive, comment est-ce qu'on devient maire de sa commune ? Une ville avec laquelle vous avez plein de souvenirs, je crois que ça a commencé assez jeune.

7:26
Invité

Oui. Alors, j'aime bien cette expression et n'y voyez pas des références religieuses, mais j'aime bien dire que le hasard n'existe pas. Le hasard, c'est quand Dieu veut rester anonyme. Voilà. Chemin de vie, des fois, il y a des trucs un peu extraordinaires. La première fois, j'ai eu un contact avec des signes, j'avais 16 ans, j'étais au lycée Colbert et des gens me disent, tiens, tu n'aimerais pas faire de la radio ? Je dis, ah ouais, pourquoi pas ? Et donc, le mercredi, je prenais à l'époque le 83 de Saint-Priest, je passais par Laurent Bonnevet pour aller rattraper le 16, qui est toujours en activité. Et j'arrivais dans un quartier des signes qui s'appelle le Mollard.

Et dans ce quartier, dans cet immeuble, il y avait une grande antenne. C'était le début, hein messieurs, vous savez, parce que vous venez aussi de là, de la radio libre. Et donc, cette radio s'appelait Radio Plus. Et tous les mercredis, j'animais une petite plage horaire de deux heures et une émission qui s'appelait J'ai une fils. Et après, je repartais dans ma banlieue à Saint-Priest. Ça, c'était le premier contact.

8:20
Présentateur

Qu'est-ce que ça vous a permis ou inspiré ? Parce que 16 ans, c'est très jeune. Est-ce que c'était une espèce de liberté pas possible ? Qu'est-ce que vous avez gardé comme souvenir de cette époque ?

8:28
Invité

De cette époque, de cette époque glorieuse ?

8:30
Présentateur

Dès la grande époque des radios libres. Et de la liberté à 16 ans de pouvoir avoir son espace, en fait.

8:34
Invité

Oui, c'était top. Je crois qu'on a eu une génération extraordinaire, quoi. Vous parliez de manifestations. Moi, je faisais les manifestations à Bellecourt. C'était toujours prétexte d'aller embêter le rectorat, dire, on ne veut pas de cette histoire. On a sauté les cours. Voilà, on a sauté les cours. On a tous fait ça. On a fait, j'ai fait, touche pas à mon pote aussi. Voilà, c'était notre génération. Donc, il n'y avait pas de souci. Puis, on avait encore cette liberté, cette légèreté, que peut-être eux maintenant, actuellement, n'ont plus. Et c'est pour ça que, justement, naît cet esprit de révolte, d'incompréhension. On a connu ça. Et de venir à des signes, oui, c'était waouh.

9:11
Présentateur

Et vous y avez passé le bac aussi ?

9:12
Invité

Et j'ai passé le bac. Alors, la deuxième fois, il faut être honnête quand même. La première fois, je n'avais pas compris les questions. Deuxième fois, c'était bon. Et c'est à des signes, au lycée Charlie Chaplin, qui m'ont dit, bon, c'est bon, maintenant, on lui donne. Donc, voilà.

9:23
Présentateur

Après, vous avez eu votre vie, vous avez pas mal vu. Mais comment est-ce qu'on revient, du coup, à des signes ?

9:26
Invité

Après, c'est quand vous commencez à construire votre vie. Vous quittez papa et maman à Saint-Priest. Sur votre chemin, un jeune homme de Villeurbanne, voilà, on s'installe un peu à Villeurbanne, on s'est installé un peu à Rieux. Et puis, un jour, on se dit, ah bah tiens, on va essayer de trouver une maison. Et on trouve une vieille maison. Vraiment une vieille maison à des signes, juste à côté de la radio. Ça m'a toujours épatée. Je dirais, tiens, si j'avais su un jour que j'allais habiter là.

9:53
Présentateur

Comme un retour au sens. Le hasard, le hasard. Et bien, on va partir dans une deuxième partie de notre émission à la découverte de votre commune. A tout de suite. On se retrouve pour la deuxième partie de notre émission L'Invité politique, le samedi de 11h à midi. On est à Décine avec Laurence Vautra, Madame Le Maire. On parlait de vous, de vos relations anciennes, historiques avec cette commune. Et vous parliez un peu du lycée, du bac, de la manifestation de la jeunesse. Puis tout d'un coup, on se dit, mais qu'est-ce qui se passe ? Puisque vous êtes aujourd'hui clairement engagé à droite. Comment est-ce que tout d'un coup, on bascule dans l'engagement politique ?

Qu'est-ce qui vous a fait basculer, vous ?

10:26
Invité

Alors, une physionomie de famille un peu particulière. C'est pour ça qu'il ne faut jamais oublier ses origines. Donc, un grand-père communiste italien de la plaine du Pau qui est parti dans les années 20. Pourquoi ? Parce qu'il fallait adhérer au parti fasciste. C'est pour ça que je n'irai jamais vers les extrêmes. Ça, c'est clair. Je ne peux pas. Ce n'est pas d'arriver en ADN. Et puis, une maman qui est née en Italie en 27, qui arrive en France dans les années 30, qui grandit pendant la guerre, qui rencontre un Gersois. Je ne vais pas rentrer dans la caricature, mais mon père a gardé très longtemps le béret.

Ma grand-mère avait une concession berlier, qui lui a fait les chantiers de jeunesse, qui lui est parti malheureusement au STO, qui s'est échappé, qui est rentré au niveau du maquis dans le sud-ouest. Et qui avait évidemment une admiration et un culte pour le général de Gaulle. C'était un féru d'histoire. Donc, on avait un petit peu les deux tendances à la maison. Un côté un peu révolutionnaire et un côté très plus conservateur. Et je suis née dans les Trente Glorieuses. Un peu un accident de parcours. Mes parents étaient âgés. L'époque, la pilule n'était pas trop d'actualité. Donc, ils ont eu la bonne idée de me garder. Merci papa, merci maman.

Et voilà, ces Trente Glorieuses, c'est tout ce qu'on s'est énoncé. C'était une belle génération. C'était un peu léger encore. Il y avait un peu d'insouciance. Voilà, après un parcours de vie, arriver à des signes et puis...

11:56
Présentateur

Une rencontre à un moment, parce qu'il y a cet héritage du gaullisme social et puis une rencontre un jour avec une personnalité.

12:02
Invité

Une vie professionnelle. J'ai épousé mon mari et d'origine antillaise, mais avec une maman qui est du doux. Donc, ce mélange, c'est tout ça, a fait que peut-être qu'un jour, le jour, c'est un vendredi, j'ai une amie qui me dit, il y a Sarko qui passe à Eurexpo. Viens.

12:23
Présentateur

Pas pour tenir un stand, il faisait meeting.

12:25
Invité

Il faisait meeting, c'était à la veille de son élection. Et là, je vois un monsieur qui tient des propos qui vous portent.

12:34
Présentateur

2007, pour nos auditeurs.

12:36
Invité

Oui, 2007. Et qu'il y avait un vrai leadership. Ça a changé un peu la génération Mitterrand. Ça a changé de... On a connu Giscard, on a connu Chirac. J'ai dit, voilà, il s'est parlé à l'entreprise. Ça vous a emmené.

12:48
Présentateur

Et vous avez eu envie de vous engager.

12:50
Invité

Et là, j'ai fini en chantant la Marseillais. Je me suis dit, ah ouais. Ça y est. Mais je n'ai jamais été une militante. C'est-à-dire qu'avant d'être élu maire, j'adhérais effectivement au parti... À l'époque, c'était l'UMP. Mais je n'étais pas une militante. Voilà. Pas une militante. Non, jamais, jamais, jamais. Donc, c'est un mélange de tout ça.

13:07
Présentateur

Un mélange de tout ça. Et je suppose que dans votre parcours aussi, dans l'arrivée vers ce mandat et l'envie ou la décision d'être maire, je suppose que le grand stade joue un rôle. Parce que c'est vrai que quand on parle de dessine, on peut difficilement ne pas imaginer le grand stade. Mais est-ce que ce n'est pas aussi peut-être un peu parfois l'arbre qui cache la forêt, ce grand stade ? Et qu'il y a d'autres choses plus intéressantes à découvrir. Est-ce que vous voulez nous parler un petit peu de votre commune qu'on la découvre mieux ?

13:31
Invité

Alors, c'est vrai que le grand stade, comme je l'ai dit hier soir à vos collègues, le grand stade, c'est un bateau amiral. C'est une énorme locomotive. Techniquement, c'est un très beau stade. Je pense que c'est un des plus beaux d'Europe. Néanmoins, pour que ça fonctionne, il faut aussi mettre des wagonnets. Il faut emmener une ville avec ce stade. Il faut être source de proposition au niveau de l'aménagement de son territoire. Donc, le stade ne nous rend pas spécialement plus riches. On peut penser que ce stade va nous rendre. À la limite, pour être plus riche, il faudrait peut-être plus un EPR, plus avoir un aéroport avec des avions.

14:09
Présentateur

Ce n'est pas dans vos projets, de toute façon, a priori.

14:11
Invité

Non, mais parce qu'un stade entraîne aussi des nuisances. Mais un aéroport, si on prend l'exemple d'un aéroport, vous avez des taxes, vous avez des choses...

14:19
Présentateur

Ce n'est pas le cas sur le stade.

14:20
Invité

Ce n'est pas le cas, ce n'est plus le cas. Et c'est un de mes combats.

14:23
Présentateur

C'est quand même un levier d'image, d'attractivité.

14:28
Invité

C'est une vitrine. C'est une vitrine, mais cette vitrine doit bien respecter le fait qu'elle n'est plus à Lyon, qu'elle n'est plus à Gerland, qu'elle est à Dicine. Alors, c'est vrai que pour des concerts, c'est compliqué de dire que Phil Collins vient en concert à Dicine, au niveau de l'international. Donc, on comprend bien que la place de Lyon est quand même importante et que le réunionnement de notre agglomération et de notre ville-mère doit être présent. Néanmoins, le fait simplement de marquer « Oui, c'est à Lyon, le concert est lyonnais, mais il a lieu à Dicine. » Vous savez, moi, j'ai une anecdote pour l'Euro 2016.

J'avais, dans nos rues, on avait des Belges, on avait des Irlandais, mais moi, il pensait. Parce que Gérard Collomb, dans sa toute puissance, à l'époque, me taquinait beaucoup et il avait poussé un peu le... Je ne vais pas dire le vice, mais il avait fait un mapping... Il était taquin ? Oui, oui. Il m'a beaucoup taquiné. Mais c'est un homme que je respecte énormément et je lui souhaite tous mes bons voeux de rétablissement, en tout cas. C'est un homme qui a œuvré pour notre agglomération, pour cette métropole et pour la ville. Il ne faut pas l'oublier. Bon, en attendant, à l'époque, il avait fait donc un mapping et il avait mis le stade et il n'avait pas marqué que c'était à Dissin-Charpieu.

Donc, pour l'Euro 2016, j'avais des Belges, j'avais des Irlandais qui, complètement désemparés, il n'y avait plus de bus, il n'y avait plus de navettes, il n'y avait plus rien. Et il me demandait, on était, nous, aux abords du stade, pour rentrer à Lyon. Je leur ai dit, parce qu'ils pensaient qu'ils étaient à Lyon. Eh bien non, ils n'étaient pas à Lyon. Donc, vous voyez, jusque la caricature, mais jusqu'à... Ça fait une petite trotte quand même. Ça fait une petite trotte et je pense qu'ils se sont bien aérés l'esprit en rentrant et voilà. Donc, depuis, je suis très attachée. Comme je leur dis, les Dissinois ne sont pas là pour avoir la double peine.

On a eu un préjudice moral, c'est que cette taxe des spectacles ne nous a pas été compensée. C'est un gros préjudice moral, mais surtout financier, parce qu'il y a eu un oubli du législateur qui a dit, on ne peut pas vous compenser parce que vous n'étiez pas en exercice en 2016. Pour faire bref, avant, tous les stades de France payaient une taxe aux communes qui pouvait aller de 8 à 12 %. Nous, quand on est arrivé, bizarrement, elle n'avait pas été votée, puisque c'était quand même bizarre par rapport à l'équipe qui était avant moi. On l'a fait voter, on l'a fait voter et l'État, le Parlement a décidé de faire une TVA. Donc, la TVA va...

Effectivement, Jean-Michel Loas paye 5-5 de TVA, mais ça va directement à l'État et nous, on n'a pas été compensés parce qu'on n'existait pas. Il n'y a pas eu un statut particulier. Donc, c'est un gros préjudice parce que ça a engendré des frais énormes. Et voilà.

16:59
Présentateur

Justement, on va essayer de découvrir ce qu'il y a derrière ce grand stade. Qu'est-ce qu'il y a comme chose intéressante, comme priorité ? Je veux dire, où est-ce que vous vouliez, quand vous êtes arrivé maire, emmener votre commune ? À quoi elle ressemble ? Quelles étaient vos priorités ? C'est quoi une ville à vivre selon Laurence Fautrin ?

17:15
Invité

Alors moi, il y a deux items qui me tiennent à cœur. C'est pour ça, parfois, je le dis souvent, l'écologie n'appartient pas à un parti politique et surtout un parti politique qui est très dogmatique. L'écologie, c'est une responsabilité. Alors nous, les baby boomers, ces derniers temps, les générations Y, X nous disent « Waouh, c'est vous qui avez saccagé notre planète. » Alors peut-être qu'à l'époque, on n'avait peut-être pas toutes les connaissances qu'on a actuellement. Donc, je n'ai pas attendu tout ça pour dire que le cadre de vie était très important.

L'aménagement du territoire, le fait de désimpermabiliser nos cours d'école, le fait de gérer cette ressource qui est rare que l'eau, le fait de changer notre patrimoine et de mettre des choses moins énergivores, tout ça, on l'avait déjà commencé sur l'ancien Manta. Donc, on continue à planter des arbres, à faire des îlots de fraîcheur. On essaye de penser la ville de demain où il fait bon y vivre, où il fait bon se retrouver. Le fait de mettre une halle en plein cœur du centre administratif. Vous savez, je vous ai dit, je suis un régénère du Gers. Et à l'époque, il y a toujours des halles au gras. Et donc, c'est un lieu d'échange, un lieu de marché, un lieu de gastronomie.

Voilà, un lieu où il fait bon vivre. Donc, tout sera cet aménagement. On a connu deux années Covid et les gens qui sortaient se promener me disaient, waouh, les massifs, ils sont toujours là, vos fleurs, elles sont présentes. Ça fait du bien.

18:35
Présentateur

C'est-à-dire, penser la ville à la fois à hauteur d'homme et à taille humaine avec peut-être une apparente contradiction parce que c'est une ville où il y a beaucoup d'espaces naturels et en même temps, vous êtes une des rares communes où il y a encore pas mal d'espaces et de friches à aménager. C'est ça. Alors, comment est-ce qu'on fait la jonction entre les deux ? C'est ça.

18:52
Invité

C'est respecter cet équilibre donc tout ce qui est espaces protégés qui est très important. on voit arriver des couples. La semaine dernière, j'étais avec des chefs d'entreprise pour le 8 mars et il y avait des jeunes femmes qui se sont installées qui venaient de Paris. Je dis pourquoi ? Parce que justement, il y a cette mexité. Il y a la modernité, il y a le cadre de vie, il y a tout ce dynamisme, il y a la proximité avec Lyon, la proximité avec les axes routiers, la proximité avec Saint-Exupéry et l'aéroport. Voilà. Quelque part, c'est un peu the place to be. Et puis surtout, on propose des choses innovantes. Moi, j'ai deux friches industrielles puisqu'il ne faut pas oublier d'où on vient.

On était des villes d'ortoirs, que ce soit à mes yeux, Saint-Priest, vous voyez, ou dessine, vous voyez notre morphologie, c'est des grands avenues qui s'étirent. Voilà, c'était un peu un peu glauque de traverser nos communes. Avec peu de centralité. Avec peu de centralité, des polarités commerciales. Et là, c'est remettre du lien dans toutes ces polarités. C'est faire que des projets innovants et un des projets innovants sur l'entrée ouest. C'est Decide. Donc, on se retrouve avec un ténement, avec une histoire à écrire. Et là, je rencontre Yvan Pathé qui est aménageur du groupe M2C. J'ai dit, moi, je veux garder la même philosophie médico-sociale. Il faut qu'on trouve ces éléments.

Je veux garder ça. Le premier élément qui arrive, le premier équipement, c'est une EHPAD, l'EHPAD Morleau, qui était à Lyon, qui a déménagé avec une unité Parkinson et Alzheimer. Donc, vous savez, les EHPAD, on en a besoin. Et puis surtout, des EHPAD de qualité parce que quand même, nos aînés, on a une population vieillissante. Il va falloir quand même qu'on prenne en considération ça et surtout qu'on trouve des structures où ils se sentent bien. Donc, ils arrivent. Dans la foulée, il y a un appel à projet au niveau de l'ARS. La masse chapuie, c'est un centre pour des jeunes gens qui souffrent de troubles cognitifs, viennent s'installer.

Boules de neige, cercle vertueux qui commence à s'installer sur ce thénement, les paralysés de France sont en train de construire leur centre régional avec un hébergement. Parallèlement à ça, un hébergement pour une résidence autonomie. Parallèlement à ça, Itinova qui arrive avec un équipement en lien avec les enfants porteurs de handicap. En fait,

21:09
Présentateur

ce que vous le racontez, c'est que vous l'aviez pensé un peu comme ça au début. Puis en fait, ça vous a un peu plus dépassé. Ça s'est marché comme ça. Ça s'écrit. Ce qui vous a fait obtenir, je crois, un limbel d'ailleurs. Vous avez été la première commune de la métropole à obtenir un label inclusif.

21:22
Invité

Oui, 100% inclusif et on en est super fiers puisque d'autant plus que mes collègues de tous bords viennent visiter le lieu. Voilà, l'inclusion, c'est pas... Les accidentés de la vie, c'est pas eux de s'intégrer dans une ville, c'est la ville qui doit s'adapter et ils apportent une richesse tellement énorme. Alors, dans ce thénement, il y a aussi un peu de mixité économique. Il faut... Il va y avoir des logements.

Mais vous voyez, même en pensant les logements, on va penser aux familles de ces enfants parce que quand vous avez des enfants qui sont porteurs d'handicap lourd, le matin, pour aller dans les institutions, il faut mettre parfois deux heures le temps de mettre les chariots, de décharger les chariots. Et là, le fait que ces gens qui sont, en général, parfois dans des situations précaires, habitent vraiment dans la deuxième couronne de l'agglomération, là, ils pourront habiter à côté avec des logements PMR+, avec de la domatique, les enfants seront à côté et voilà, et avoir une vie un peu moins stressante et avoir leurs enfants plus tôt le soir.

22:21
Présentateur

Est-ce que c'est ça aussi un petit peu ce qui pourrait presque, j'allais dire, caractériser le mandat, la fonction, le sacerdoce d'une élue locale et d'un maire en particulier ? C'est gérer à la fois une vision à très long terme de son territoire avec des équipements et on pense à 10, 15, 20 ans et en même temps s'occuper du quotidien de ses habitants en étant en permanence dans le concret sur le terrain. C'est un peu ça votre grand écart permanent ?

22:44
Invité

Alors peut-être la différence, je ne veux pas opposer un homme ou une femme mais on a un côté nourricier, je suis une mère, je suis mère, je suis grand-mère, j'aime bien le dire, j'ai plein de... Ça c'est mes plus beaux galons et on a ce côté protecteur, on a envie de servir l'autre. Voilà, je crois que mes valeurs c'est de servir l'autre, d'être à... Voilà, ma mission c'est d'être à l'écoute, d'avoir le sens de l'autre, c'est ça la politique, je ne viens pas du serraille politique mais en tout cas, moi j'aborde cette mission qui est parfois un peu divine, comme ça.

Voilà, servir l'autre, être garante du cadre de vie, être garante de la tranquillité publique, de pouvoir le mieux vivre ensemble, des signes, c'est une mosaïque. Il y a plein de gens qui viennent de nulle part, de partout, pardon. On a des Arméniens, on a de nulle part, qui ont eu une histoire, il y a des diasporas, il y a des histoires tragiques et pour l'instant, on arrive à garder cet équilibre et j'en suis très très fière.

23:33
Présentateur

Eh bien, on va poursuivre notre discussion et on parlera dans quelques instants de mobilité aussi et puis de la santé puisque c'est un sujet qui vous tient à cœur. Je vous dis à tout de suite pour une troisième partie de notre émission. On se retrouve pour la troisième et dernière partie de notre émission, l'invité politique, le samedi de 11h à midi, toujours sur Lyon 1ère, toujours à des signes, avec vous, Laurence Fautrin, on parlait de votre commune, de tout ce qui se cachait derrière le grand stade. Il y a aussi des questions certainement qui sont un peu plus problématiques et des sujets qui fâchent.

Il y en a un qui, je crois, est assez partagé par un certain nombre de collègues maires qu'on reçoit, c'est des questions et enjeux de mobilité. Oui, la mobilité. La mobilité, comment on fait pour venir à des signes du coup ?

24:11
Invité

Alors, on fait, mais c'est vrai que dans nos politiques publiques, la mobilité, le fait d'avoir un maillage sur notre territoire est essentiel parce que quand on veut instaurer des aides-feux, les voitures, les gens qui viennent du Nord-Isère, les gens qui vont venir au stade, ils vont acheter une vignette spécifique pour aller au stade, on rentre dans ces aides-feux. C'est la loi qui nous l'impose, donc on ne va pas opposer une politique publique à la santé parce que la qualité de l'air, tout le monde peut aspirer à une meilleure qualité de l'air. Ok. Par contre, c'est comment on va dans cette qualité de l'air, comment on l'anticipe, comment on l'organise.

Et c'est là où le bas blesse, c'est là où les politiques n'ont pas la réalité du terrain, c'est-à-dire que quand vous rentrez dans une aides-feux, vous êtes à des signes et qu'à côté de ça, vous avez une rocade qui est saturée où la qualité de l'air, là, par contre, est très, très, très dégradée, je ne pense pas qu'il y ait une barrière invisible qui protège les populations. Donc, pour mettre ces cercles vertueux et ces solutions efficientes, il faut un métro, il faut des mobilités de lourdes, que ce soit dans l'Est lyonnais ou ailleurs, il faut un maillage, il faut des parcs relais, il faut anticiper tout ça.

Et quand je vois que la mise à l'arrêt du plan métro sur l'agglomération, c'est catastrophique parce que pour faire un métro, il faut au minima une décennie, au minima. À l'époque de l'ancienne gouvernance, les études avaient été faites. C'est une question de finance, c'est une vraie volonté politique. On ne peut pas installer... Qu'est-ce qu'ils expliquent,

25:49
Présentateur

selon vous, alors qu'ils nous disent qu'ils n'avaient plus assez d'argent, etc. Ah voilà, c'est l'argent.

25:52
Invité

Oui, mais bon, l'argent, ils l'ont bien mis. Je pense que le budget, la métropole de Lyon, est quand même conséquent. Quand je compare à celui de la région, il est quand même... Il ne faut pas dire que M. Bruno Bernard n'a pas d'argent. C'est le fléchage.

26:05
Présentateur

D'autant qu'il est aussi président du CITRA. En plus,

26:08
Invité

c'est le chiffrage, c'est l'orientation des politiques publiques. Je préférerais qu'ils disent « Ben non, on n'a pas envie d'orienter ça. » Voilà. Et en plus, c'est antisocial parce qu'on va forcer des gens qui sont en situation précaire, des retraités, à changer un véhicule alors qu'ils roulent très peu. On va dire aux jeunes, parce que vous savez qu'autrefois, on achetait un petit diesel parce que c'était moins cher, c'était voilà, il va falloir qu'ils changent. Donc, au vu de ce qui se passe économiquement dans notre pays, les problèmes d'inflation, c'est devenu compliqué. Donc, non. Pensons autrement, ayons une vision haute des choses.

26:43
Présentateur

Ce qui est d'autant plus étrange, peut-être pour les gens qui ne maîtriseraient pas ces considérations à la fois de construction urbaine, etc., c'est qu'on se dit quand on imagine un équipement comme un grand stade, pourquoi est-ce qu'on a peut-être pensé davantage transport public et transport en commun à l'époque ?

26:57
Invité

Bonne question. Très bonne question. Je ne comprends pas. Ces messieurs ont mis un peu la charrue avant les bœufs. Quand vous voyez des grands stades dans les grandes villes européennes et les capitales ou grandes villes européennes, tous les grands stades ont un métro qui débouche. Voilà. En jauge pleine, on est à 73 000 personnes. Là, on va accueillir la Coupe du monde de rugby. On va accueillir les Jeux olympiques au niveau du football. On a l'aréna à 16 000 qui arrivent. On a le beau projet de la All-in Academy avec Geoffrey Sanga et Thierry Asione. On a une friche industrielle qui est en train de s'écrire aussi à côté. Donc, on va prendre du monde de partout.

aussi bien au niveau de ses équipements à portée internationale qu'au niveau de notre ville puisqu'on a encore la possibilité d'accueillir. Donc, comment on accompagne tout ça ? Moi, je ne comprends pas. Voilà. La démographie, elle est là. La croissance, elle est là. L'évolution se fait à l'est puisque pour des raisons de tainement, de plaine, de foncier, on peut s'exprimer plus qu'autre part.

28:03
Présentateur

Vous attendez plus grand-chose de la métropole sur ces questions ou vous sollicitez régulièrement pour que vous soyez entendus ?

28:08
Invité

Qu'est-ce que vous voulez ? Ils nous ont fait faire des enquêtes, des études. On a tous signé nos pétitions parce que je ne suis pas là pour opposer la ligne B, la ligne C, la ligne D, la ligne W. Je suis là pour dire qu'on n'a pas de plan métro. Il n'y a pas de maillage et il n'y a pas de maillage avec les TER, avec la région par position un peu dogmatique. Voilà, c'est la toute puissance. On est dans la toute puissance alors que c'est le bon sens. Moi, j'ai encore gardé ce bon sens paysan.

28:36
Présentateur

Ce qui ne vous empêche pas d'aller régulièrement au stade, d'ailleurs. Même si on me dit que vous êtes un peu plus rugby que foot. Je suis beaucoup plus rugby. On ne doit pas trop le dire, il paraît.

28:43
Invité

Après, je vais au stade. Ma priorité n'est pas d'aller au stade. Ma priorité, c'est de dessiner. Donc, des fois, au niveau prétocole, oui, ma présence est importante. C'est important,

28:55
Présentateur

vous y croisez aussi du monde, des élus, des entreprises, etc. Et j'y croise beaucoup

28:57
Invité

les élus Europe, Écologie, Les Verts qui n'étaient pas pour cet équipement. Ils aiment le foot. D'après ce que j'ai compris, ils aimaient le foot. Enfin, en tout cas, le président de la métrovol aime le foot. Donc, ça... Voilà. Par contre, moi, quand je vais au stade, j'y vais en vélo. Voilà. Parce que le vélo, les vélos, excusez-moi, parce qu'il n'appartient non plus à personne de faire du vélo. On a tous fait du vélo pendant notre jeunesse. Alors maintenant, la seule différence, c'est que je prends une petite assistance électrique. Mais ça, il ne faut pas le dire.

29:23
Présentateur

On parlait de vos projets autour de la santé. Ça va nous faire une passerelle et un lien avec le mandat que vous avez aussi à la région. Même si la région n'a pas ça dans ses compétences. Le président Laurent Wauquiez vous a confié une mission, je crois, sur justement les enjeux de santé de demain. Est-ce que vous pourriez nous en parler ? Et quel est le lien que vous faites, vous, avec votre territoire, avec le quotidien ? Parce qu'on parle souvent de déserts médicaux. Est-ce qu'à l'échelle de la région, c'est la même problématique aujourd'hui ?

29:50
Invité

A peu près 75% du territoire et je n'aime pas trop le terme mais en tout cas est en désert médical. Effectivement, il y a une rupture de parcours de soins. Tout le monde le vit, même nous en périurbain. Il y a une génération qui va partir à la retraite, une génération qui travaillait 70 heures, qui mettait sa plaque et qui était là pour accompagner les habitants. Là, actuellement, on est... Donc, le numéro sclosus a été fermé. Ça a engendré effectivement une pénurie de formation de ces futurs médecins et puis surtout, ces futurs médecins n'ont plus envie de travailler 70 heures et je peux les comprendre. Ils ont envie de partager un exercice regroupé.

Ils ont envie d'avoir une vie tout simplement. Et voilà, il faut qu'on change de verbatim, il faut qu'on trouve, on propose un autre modèle et dans le plan santé qui a voulu Laurent Wauquiez, effectivement, le fait d'aider à l'aménagement du territoire en créant, en accompagnant, en investissement des maisons de santé pluridisciplinaires est le bon choix. Ça marche. Les professionnels de santé se regroupent, ils partagent l'exercice. Vous avez des infirmières, vous avez des kinés, vous avez des médecins généralistes, vous avez des ostéopathes, vous avez des sages-femmes qui se regroupent.

On regroupe, on optimise tout ce qui est administratif parce que quand même, il faut voir que la plupart de ces médecins passent un temps fou à rentrer des documents pour les organismes et ils ne font plus du temps médical et le but, c'est d'optimiser ce temps médical. Donc nous, comme vous l'avez rappelé, on n'a pas de compétences santé publique, c'est vrai, mais on ne reste pas les deux bras croisés. Laurent Wauquiez, pas du style à rester les deux bras croisés. On essaye de combler les trous dans la raquette et on essaye de trouver des outils qui permettent de... Pour aider. Parce que ça ne résout pas les problèmes

31:37
Présentateur

de médecins manquants, etc. Non. Alors ce qui est intéressant, c'est parce que là aussi, il y a quelque chose qui est un peu contre-intuitif. On se dit souvent que les déserts médicaux, c'est en zone rurale, c'est dans les petits villages. Mais vous qui avez cette vision globale à l'échelle de la région, ça concerne aussi les villes. Tous les territoires sont concernés aujourd'hui.

31:54
Invité

Tout à fait. Il y a des signes... Voilà, on a des médecins qui vont partir à la retraite. Il va falloir attirer des équipes sur le... Non, non, ça concerne tout le monde. Tout le monde est dans la même problématique de parcours de soins. Alors après, je vous dis, il y a des outils, il y a les maisons de santé, il y a peut-être aussi un peu de télémédecine. Il y a repenser une organisation globale. Il faut repenser une organisation globale.

32:16
Présentateur

Regarder les choses autrement.

32:17
Invité

Autrement, et ça, c'est au gouvernement de le faire. Et ça va prendre, ça va prendre encore un peu de temps. Je pense que ça va prendre bien une décennie avant qu'on retrouve un niveau correct au niveau de la population. L'hôpital, on a vu, aussi, il est hospitalier et très tendu. Voilà, le système ne fonctionne plus du tout. Il faut le repenser. Il faut se projeter.

32:38
Présentateur

Et pour regarder les choses autrement à l'échelle nationale, c'est peut-être aussi les regarder différemment à l'échelle régionale. Puisqu'on parlait un petit peu de Laurent Wauquiez, il est difficile de ne pas évoquer le président de la région que vous coutoyez régulièrement, qui ne fait plus tellement mystère aujourd'hui de ses envies ou de ses aspirations, même s'il est dans un timing encore un peu tôt, mais il dit se préparer à une échéance. Est-ce que vous regardez ça avec attention, avec intérêt ? Est-ce que vous pensez que Laurent Wauquiez peut être quelqu'un qui va d'abord peut-être donner peut-être une doctrine, un corpus un peu plus important à la droite ?

Parce qu'on s'interroge aujourd'hui qu'est-ce que c'est qu'aujourd'hui la droite ? Est-ce que vous pensez que ça peut être un bon candidat à la présidence de la République ?

33:20
Invité

Alors moi, sur ce sujet, je suis complètement décomplexée puisque, bon, voilà, j'ai un regard évidemment bienveillant, j'ai la chance de travailler à ses côtés, je vois son intelligence, je crois que ça c'est indéniable, il a une vision haute, il a une vision nationale de notre pays, il a des valeurs que je partage, le sens, le fait de remettre un peu de sens dans le travail, le fait de protéger les plus faibles, le fait de protéger la ruralité, le fait d'aspirer à la tranquillité publique, le fait de reprendre notre identité, de reprendre un peu les liens avec notre histoire, ne pas les oublier, le fait de dire que les formations sont importantes, qu'effectivement on peut faire des hautes études mais aussi on peut faire des formations professionnelles qualifiantes, des CAP, des BEP, répondre aux enjeux de demain, l'écologie, l'écologie, je vous dis, n'appartient pas à l'Europe Écologie des Verts, elle appartient à nous tous et il est à l'écoute de tout ça et c'est un homme qui aime les gens, qui a le sens des autres et je ne lui souhaite qu'un avenir national, évidemment, et je serai à ses côtés pour l'accompagner si nécessaire et s'il me demande.

34:34
Présentateur

Écoutez, on suivra ça avec intérêt, on l'invitera d'ailleurs, on l'a invité, mais je suis sûr qu'il viendra nous voir un de ses jours de nouveau à Lyon 1er. Alors, la politique, c'est quelque chose qui vous prend du temps, etc., mais on sait qu'il y a peut-être d'autres choses, vous évoquiez votre vie personnelle de mère, de grand-mère, etc., on est samedi, demain c'est dimanche, c'est vrai que je suis toujours curieux de savoir est-ce qu'il y a un dimanche quand on est en politique parce que le point commun avec tous les élus qu'on reçoit, c'est l'engagement, l'implication, etc., est-ce qu'on arrive à décrocher un petit peu et à faire autre chose de son dimanche, par exemple ?

35:09
Invité

Ah, le dimanche c'est sacré, mais bon, on a des devoirs, on a des devoirs, et effectivement quand il y a des manifestations il faut qu'on soit présent, c'est là où on rencontre notre population, c'est là où on échange les marchés, les manifestations, les rencontres sportives, mais quand on arrive à se dégager un petit peu de temps, c'est vrai que ça fait du bien aussi de se ressourcer puisque on met beaucoup d'énergie, on met beaucoup de disponibilité à cette mission, alors bon, moi j'aime bien lire, effectivement, j'aime bien me reposer aussi, j'aime bien rester au coin du feu, bon, je suis gersoise d'origine, mais je suis née à Lyon, donc je suis lyonnaise, donc vous imaginez, j'aime bien préparer à manger, j'aime bien le jardin, j'aime bien jardiner, j'aime bien la nature, j'aime bien pouvoir me ressourcer et quand je cuisine ou quand je vais me promener avec mon mari ou mon petit-fils, voilà, j'aime bien regarder ce qui se passe autour et essayer de se déconnecter et dire que la vie est une aventure magnifique et qu'il y a des choses extraordinaires et qu'il faut en profiter.

Sans que tout le monde vienne vous parler,

36:03
Présentateur

parce que ce n'est pas forcément évident souvent sur le marché, peut-être que vous mettez plus de temps qu'un citoyen en bas à faire votre marché,

36:08
Invité

acheter un kilo de carottes des fois est compliqué, mais bon, ça fait partie du job et avoir le sens des autres, je pense que j'ai une accessibilité qui est reconnue et j'aime discuter avec les gens, même si des fois c'est un peu complexe,

36:22
Présentateur

effectivement. Et quand vous avez un peu de temps, est-ce que vous avez un livre de cheveux en ce moment ? J'aime bien découvrir un peu les livres de nos invités.

36:27
Invité

Ah, c'est un livre que j'ai lu récemment et qui m'a passionnée, c'est mon côté un peu romanesque, c'est mon côté un peu fifi, c'est La nuit du sérail de Michel de Grèce qui raconte en fin de compte la vie d'une cousine de Joséphine qui était dans les colonies et qui doit se rendre dans la métropole, à l'époque du grand empire de Napoléon et qui malheureusement son bateau se fait accoster par des pirates. Elle arrive dans le nord Afrique et là, un périple un peu comme Angélique Marquise des Anges, un peu plus documentée quand même, il faut le reconnaître, et elle arrive dans le harem du Pacha et là, il y a l'explication de l'organisation de ce harem et de tout ce qui en découle en Turquie.

Alors, je ne sais pas

37:12
Présentateur

si vous lisez en musique mais on se quitte souvent avec un morceau, je vous demande si à chaque invité de choisir un morceau de musique, alors je crois que c'est une chanson de Nina Simone mais par Michael Buckley, je crois.

37:23
Invité

Qui a été reprise un peu dans sa version moderne mais qui est un bon...

37:26
Présentateur

Feeling good. Pourquoi ce choix ?

37:28
Invité

Parce que c'est un autre jour, c'est une autre donne et que je me sens bien et que c'est un message un peu optimiste

37:37
Présentateur

et qu'on en a peut-être besoin dans les temps aujourd'hui.

37:39
Invité

Et qu'on en a un peu besoin dans ce temps anxiogène de dire qu'il y a plein de choses dans la vie.

37:44
Présentateur

Eh bien, on va se quitter en musique. Je vous remercie beaucoup d'avoir pris le temps de retrouver le chemin des studios. Merci. On reçoit la semaine prochaine à envoyer. On parlera un petit peu de la région sans doute et d'une autre manière puisque je reçois Fabienne Grébert la semaine prochaine, élue écologiste du conseil régional. Donc on verra peut-être qu'elle a une vision différente. Je pense. C'est un certain nombre de choses. Merci en tout cas beaucoup. Merci à vous. Et je vous souhaite une bonne journée à toutes et à tous. Au revoir. Au revoir. C'était l'invité politique du samedi sur Lyon 1ère en partenariat avec Immédiat Positif, le web média qui rend visible l'essentiel.

Retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et sur immédiatositif.fr. Écoutez votre radio Lyon 1ère en direct sur l'application Lyon 1ère, lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+.

38:33
Locuteur

Lyon.