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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 23 mai 2017 26 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsTravail & emploi

Brice Hortefeux appelle à renforcer la lutte contre la délinquance "liée au terrorisme"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:16OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on prend toutes les mesures pour se protéger autant qu'on puisse le faire évidemment contre le terrorisme ?

  • 6:22RelanceRéponse directe

    Et il vaudrait mieux faire quoi, alors, de ces 10 000 policiers, d'après vous ?

  • 6:40OuverteRéponse directe

    Le gouvernement parle de créer une quatrième force militaire pour les cyberattaques. Est-ce que c'est une bonne idée ?

  • 10:32OuverteRéponse directe

    Pourquoi est-ce qu'un électeur français voterait pour les candidats Les Républicains, plutôt que pour un candidat soutenu par Emmanuel Macron ?

  • 13:15RelanceRéponse partielle

    Ce que je note, c'est que tous ces arguments existaient déjà il y a un mois, et que François Fillon n'est pas arrivé devant Emmanuel Macron. Donc, qu'est-ce qui a changé ?

  • 19:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous partagez cette volonté de réforme du marché du travail ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30Invité politiqueFait
    « Tous les terroristes qui ont été arrêtés, identifiés, interpellés, ont un passé judiciaire. »
  • 4:05Invité politiqueFait
    « Je ne comprends pas pourquoi, par exemple, on a supprimé les peines planchées. »
  • 4:36Invité politiqueChiffre
    « Le programme de la majorité présidentielle, c'est l'aménagement de, je crois, c'est 15 000 places de prison. »
  • 4:44Invité politiqueChiffre
    « Nous, nous proposons 16 000. »
  • 11:36Invité politiqueChiffre
    « En matière fiscale, le gouvernement actuel propose une augmentation de la CSG de 21 milliards. »
  • 12:02Invité politiqueChiffre
    « un couple de retraités qui a 1200 euros de pension, et bien, chacun, ça aboutira à une perte quand même de 500, près de 500 euros sur l'année »
  • 12:26Invité politiqueFait
    « nous, on est pour la libération de la transmission, de l'héritage. Eux, ils veulent l'alourdir »
  • 12:39Invité politiqueFait
    « nous, on est clairement pour l'interdiction du voile dans l'espace public. »
  • 13:49Invité politiqueChiffre
    « Eux, ils proposent des augmentations. Nous, on ne propose pas d'augmentation. On propose même une diminution de 10% de l'imposition sur les ménages. »
  • 20:46Invité politiqueChiffre
    « Le code du travail aujourd'hui fait 3 334 pages. »
  • 21:25Invité politiqueFait
    « Le plafonnement des indemnités prud'hommales. »
  • 22:47Invité politiqueChiffre
    « depuis 1988, il y a eu douze lois et textes sur la moralisation de la vie publique »
  • 23:18Invité politiqueFait
    « nous sommes, sans doute, un des trois pays au monde dans lequel la vie publique est la plus encadrée. »

Temps de parole

  • Locuteur 767 %
  • Locuteur 211 %
  • Brice Hortefeux7 %
  • Présentateur5 %
  • Locuteur 93 %

2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Présentateur

8h30, Apathy, bienvenue à tous. Rendez-vous comme chaque matin pour Parler politique sur France Info, édition un petit peu particulière ce matin, suite aux événements de Manchester à cette attaque survenue hier soir et dont le dernier bilan fait état ce matin de 22 morts. Guy Bironbaum, Gilles Bernstein, autour de vous, Jean-Michel Apathy, bonjour. Bonjour Nicolas. Votre invité ce matin, député européen et ancien ministre de l'Intérieur.

0:34
Brice Hortefeux

Bonjour Brice Ortefeu. Bonjour Jean-Michel Apathy. Nous utiliserons effectivement votre connaissance de ces dossiers en tant qu'ancien ministre de l'Intérieur pour évoquer. Cet attentat à Manchester qui a donc fait 22 morts, un kamikaze s'est fait exploser au milieu de la foule du Manchester Arena. La menace terroriste demeure très importante dans nos sociétés occidentales.

0:54
Locuteur 7

Oui, bon d'abord j'ai, comme chacun autour de cette table, j'ai naturellement une pensée pour les familles et en ayant bien observé bien sûr cette volonté de frapper les plus jeunes. Et la symbolique de cette volonté, c'est naturellement d'impressionner et d'impressionner en s'attaquant à ce qui est l'avenir d'un pays, d'une communauté nationale. La vérité c'est que l'Angleterre, la France, l'Europe font partie des cibles des actes terroristes. L'Angleterre, il y a eu un attentat extrêmement violent qui remonte à 2005, à juillet 2005.

Mais ce qu'il ne faut pas oublier c'est qu'en réalité quasiment tous les deux ans, il y avait un attentat, il y a eu un attentat sur ce territoire et le dernier d'ailleurs remonte à deux mois à peine. Et en même temps, il faut souligner que la France est elle-même extrêmement menacée. Il y a une réalité, c'est que nous sommes aujourd'hui le troisième pays victime d'actes terroristes si l'on fait exception naturellement des pays qui sont en guerre. Donc il y a une situation bien particulière pour l'Europe, pour le Royaume-Uni et pour la France.

2:16
Brice Hortefeux

Est-ce qu'on prend toutes les mesures pour se protéger autant qu'on puisse le faire évidemment contre le terrorisme ?

2:23
Locuteur 7

Oui, il y a une réalité, attendons le résultat de l'enquête naturellement pour nos amis britanniques, mais en France, il faut bien savoir que tous les terroristes qui ont été arrêtés, identifiés, interpellés, ont un passé judiciaire. Tous. Ça ne signifie pas qu'il y a la petite délinquance d'un côté ou la moyenne délinquance d'un côté et puis les terroristes de l'autre. C'est en réalité une chaîne continue. Donc le terrorisme s'appuie sur les trafics d'armes, sur les trafics de drogue. Et ça veut donc dire qu'une faiblesse dans la chaîne de lutte contre la délinquance, ça a naturellement des conséquences sur le terrorisme. Donc terrorisme et délinquance sont étroitement liés.

Tous les terroristes sont des délinquants, mais tous les délinquants ne sont pas des terroristes. Aujourd'hui, bien sûr, mais encore une fois, aujourd'hui, tous les terroristes identifiés, interpellés, ont un passé judiciaire dans notre pays. Et donc il faut en tirer un certain nombre de conséquences. Et les conséquences, ça veut dire... Vous voulez dire quoi ? Mais ça veut dire d'abord sur la lutte contre le terrorisme, il y a bien sûr des initiatives à prendre. Naturellement, l'amélioration des moyens techniques des services de renseignement, écoute, balise et ainsi de suite. Il y a le renforcement d'ailleurs quantitatif des services de renseignement.

Il y a la coordination des services de renseignement à l'échelon européen. Vous vous souvenez sans doute qu'il y avait eu un attentat à Madrid qui avait été déclenché par un feu vert qui venait de Londres, des terroristes qui étaient installés à Londres. Donc il faut naturellement une coordination. Mais en même temps, il faut être très clair, sur la chaîne de la délinquance, il faut avoir des mesures qui soient des mesures solides. Je ne comprends pas pourquoi, par exemple, on a supprimé les peines planchées. Et je ne comprends pas d'ailleurs pourquoi le gouvernement actuel ne s'engage pas à les rétablir.

Je ne comprends pas pourquoi on parle encore de contraintes pénales qui étaient une stupidité. Je ne comprends pas un certain nombre de mesures qui ne sont pas prises, même si... Ça serait pas du genre de lutte contre le terrorisme. Même si on sait aussi que le milieu carcéral est un endroit où le terrorisme se développe, même si toute initiative allant dans le renforcement du nombre de places de prison va dans le bon sens. J'observe, par exemple, que le programme de la majorité présidentielle, c'est l'aménagement de, je crois, c'est 15 000 places de prison. Nous, nous proposons 16 000. Donc il y a... C'est assez marginal comme... Bien sûr, c'est exactement ce que je veux dire.

C'est exactement ce que je veux dire. C'est qu'il y a une harmonisation, une unité de vue sur ce sujet.

4:57
Locuteur 9

Alors, je propose qu'on écoute la première réaction du porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, c'était ce matin sur cette même antenne.

5:03
Locuteur 4

Les enfants de Manchester sont nos enfants. Donc nous devons agir. Agir pour faire en sorte qu'on puisse frapper à l'origine, au Sahel, au Levant, mais aussi renforcer encore plus notre renseignement intérieur pour neutraliser tous les coûts qui risquent d'être portés à nos pays, à nos démocraties.

5:21
Locuteur 9

Et il a ajouté un petit peu plus loin dans l'interview, c'est pour ça aussi que nous voulons créer 10 000 emplois supplémentaires dans les forces de l'ordre. Est-ce que ça va dans le bon sens ?

5:30
Locuteur 7

Bien sûr, mais tout dépend pour quoi faire. Vous savez, le problème de la lutte contre la délinquance, bien sûr, les effectifs jouent un rôle, mais ce n'est pas le seul moyen. Alors, 10 000, oui. Je pense que les besoins aujourd'hui correspondent à peu près à cela. Simplement, pour quoi faire ? J'ai vu que dans le programme de la majorité présidentielle, c'était pour établir la police de proximité. Je pense que c'est une très mauvaise idée. La police de proximité, on l'a déjà utilisée. Ça s'est fait sous le gouvernement Lionel Jospin. Pardon de dire ça, mais avec cette police de proximité, ça n'a rien empêché.

Au contraire, ça a aggravé, puisque sous cette période-là, il y a eu une augmentation de la délinquance qui était de 17%. Je rappelle que ces chiffres ne viennent pas du ministre de l'Intérieur, du ministère de l'Intérieur, ça vient d'un observatoire indépendant. Pas de terrorisme, on parle de délinquance. Non, mais là, je parle.

6:22
Brice Hortefeux

Et il vaudrait mieux faire quoi, alors, de ces 10 000 policiers, d'après vous ?

6:24
Locuteur 7

Eh bien, c'est ce que je viens d'expliquer. Il faudrait aller un peu plus loin sur l'amélioration des services de renseignement, y consacrer des moyens budgétaires pour les éléments techniques qui sont essentiels dans la lutte contre le terrorisme. Justement, le gouvernement parle de créer une quatrième force militaire pour les cyberattaques. Est-ce que c'est une bonne idée ? Ça, ce n'est pas une mauvaise idée. En soi, ce n'est absolument pas écarté d'un revers de main. Mais je vous le dis, il y a des points communs, je vous le dis, l'augmentation du nombre de places, l'augmentation des effectifs. Mais il y a des différences.

En termes d'utilisation des effectifs, la police de proximité ne résout rien. L'objectif, ce n'est pas, encore une fois, de jouer au football avec... Mais on connaît la phrase fameuse. Mais parce que c'est ça, la réalité. Mais la réalité, ce ne sont pas des animateurs. Ce sont des forces de sécurité, des forces d'intervention.

7:16
Locuteur 8

Bien sûr, sans volonté de polémiquer, la suppression des renseignements généraux, c'est un ministre de l'Intérieur qui s'appelle Nicolas Sarkozy. Oui, mais c'est très amusant que vous me parliez de ça.

7:25
Locuteur 7

Parce qu'on aurait toujours les renseignements généraux, ou je les aurais comme ministre de l'Intérieur, renforcés. Vous auriez dénoncé vous-même la police politique. Non, mais si, parce que vous auriez dénoncé... Mais non, vous insistez sur le renseignement, je vous fais remarquer que voilà, c'est tout. Mais parce qu'il y avait ce que l'on appelait une police politique. Ce qui a été arrêté, c'est le policier qui allait à la réunion du parti politique, à la réunion des syndicats. C'est ça qui a été essentiellement, qui a été arrêté. Mais il n'en reste pas moins.

Je vous l'ai dit, oui, il faut renforcer nos services de renseignement, il faut renforcer la coordination, et il faut renforcer les moyens techniques. Je termine juste sur cet aspect-là. Est-ce que pour le terrorisme, il y a un risque zéro ? Naturellement pas. Donc il ne faut pas raconter ce qui serait inexact. Le risque zéro, ça n'existe pas. Mais, mais en revanche, je suis convaincu, et sur cet aspect-là, il y a un certain nombre d'experts qui sont exprimés, que bien sûr, on éradiquera le fléau du terrorisme, on l'éradiquera, mais que ça prendra du temps, 10 à 15 ans, disent la plupart des experts.

8:23
Présentateur

On continue de faire un point sur ces moyens de protection, de renseignements aussi. On va d'abord regarder avec vous, Victor Maté, à 8h41, les toutes dernières informations en provenance de Manchester.

8:36
Locuteur 2

Désormais 22 morts et au moins 59 blessés. Le bilan qui s'est alourdi après cette explosion à la sortie du Manchester Arena hier soir, la plus grande salle de concert de Manchester à l'ouest de l'Angleterre. La chanteuse américaine Ariana Grande s'y produisait hier soir devant des milliers d'adolescents. La police britannique précise qu'un assaillant a déclenché la charge explosive qu'il portait sur lui. Il est décédé. La première ministre anglaise, Theresa May, condamne une attaque terroriste épouvantable. Un conseil de sécurité nationale est programmé. Ce matin, la campagne des législatives dans le pays, elle, est suspendue.

De très nombreuses réactions depuis hier soir à l'étranger et en France. Le premier ministre français, Edouard Philippe, condamne le terrorisme le plus lâche. Il appelle les français à la vigilance la plus totale de son côté. Le président de la République, Emmanuel Macron, fait part de son effroi et de sa consternation. Il va s'entretenir d'ailleurs ce matin avec Theresa May. Dans le reste de l'actualité, une heure à tour de rôle à l'Elysée. Les syndicats et représentants patronaux ont rendez-vous avec Emmanuel Macron pour parler de la réforme du droit du travail. Laurent Berger de la CFDT, Philippe Martinez de la CGT ou encore Pierre Gattas pour le MEDEF sont attendus.

Et puis quel avenir pour les prêts de 280 salariés de GM et S dans la Creuse ? Le tribunal de commerce de Poitiers doit se prononcer cet après-midi sur la liquidation judiciaire ou non de l'entreprise. France Info

10:00
Présentateur

Programme social chargé pour le chef de l'État et actualité sécuritaire avec cette nouvelle attaque menée hier soir à Manchester. Des préoccupations au menu d'Emmanuel Macron, Jean-Michel. Et dont on peut parler évidemment avec notre invité Brice Hortefeux, député européen et ancien ministre de l'Intérieur.

10:17
Brice Hortefeux

Voilà, nous avons consacré la première partie de cet entretien à l'attentat de Manchester, bien sûr. Nous vous donnerons sur l'antenne de France Info des informations durant toute la journée sur ce qui s'est produit en Grande-Bretagne. L'actualité Brice Hortefeux sont aussi les élections législatives 11 et 18 juin. Pourquoi est-ce qu'un électeur français voterait pour les candidats, les républicains, plutôt que pour un candidat Emmanuel Macron, soutenu par Emmanuel Macron ?

10:38
Locuteur 7

Bon d'abord, première réflexion, il y a naturellement une tendance, l'air du temps qui voudrait que ça y est, ça soit fait, ça soit réglé, que nous ayons perdu les élections. C'est vrai qu'il y a, depuis que les scrutins législatifs suivent directement les élections présidentielles, il y a une référence.

10:57
Brice Hortefeux

Vous nous l'avez enlevé de la bouche, monsieur Hortefeux.

11:00
Locuteur 7

Non, mais parce que je voulais enlever de la bouche, mais pour la préciser, c'est que ça a été le cas, c'est vrai à chaque fois, mais enfin parfois de manière très très serrée. En 2018, on se voit simplement d'avance.

11:11
Présentateur

Jusqu'à présent, personne n'a dit que vous alliez perdre.

11:12
Locuteur 7

Ça veut dire, exactement, et je pense même, mais précisément, je pense qu'il n'est pas obligé qu'une élection législative soit la redite d'une élection présidentielle inédite. Pourquoi est-ce qu'on votait pour vous ? Qu'est-ce qu'il y a de fort, de motivant pour un vote des républicains ? Oui, et bien, quelle est la différence ? Je vous les donne très rapidement. En matière fiscale, le gouvernement actuel propose une augmentation de la CSG de 21 milliards.

11:44
Locuteur 9

En échange d'une baisse de charge pour les salariés.

11:46
Locuteur 7

21 milliards, attendez, vous m'interrompez, mais je vous précise que ces 27 CSG, ça va toucher des dizaines de millions de nos compatriotes, puisque vous êtes bien d'accord. Ça va toucher les travailleurs indépendants, ça va toucher les retraités. Et je vous rappelle qu'un retraité, attendez, un couple de retraités qui a 1200 euros de pension, et bien, chacun, ça aboutira à une perte quand même de 500, près de 500 euros sur l'année, près de 500 euros. Ça touchera les chômeurs, ça touchera ceux qui sont en arrêt maladie, ça touche des dizaines et des dizaines de millions de Français.

Le premier élément, fiscalement, toujours sur l'aspect fiscal, je vous donne un autre exemple, nous, on est pour la libération de la transmission, de l'héritage. Eux, ils veulent l'alourdir, ça fait une deuxième différence. Si je poursuis, pour passer dans un autre domaine, sur la laïcité, nous, on est clairement pour l'interdiction du voile dans l'espace public. Eux, il y a une espèce de... Du voile dans l'espace public ? Oui, dans l'espace public. Eux, ils ont une analyse raisonnable. Vous êtes pour l'interdiction du voile dans l'eau ? La burqa, je dis déjà. Ah, c'est pas le voile, donc. Du voile intégral, pour être tout à fait précis. D'accord, d'accord. Vous faites attention.

Voyez, vous avez raison de mon courage à préciser. Justement, vous devriez aussi, quand vous avez un représentant de la majorité, leur demander de préciser. Je ne sais pas.

13:15
Présentateur

Quelle était leur position ? Ce que je note, c'est que tous ces arguments existaient déjà il y a un mois, et que François Fillon n'est pas arrivé devant Emmanuel Macron. Donc, qu'est-ce qui a changé ?

13:22
Locuteur 7

Ce qui a changé dans notre projet... Il n'y a plus François Fillon. Attendez, vous pouvez continuer la liste. Mais ce qui a changé, c'est que nous avons bâti un programme qui est aujourd'hui la synthèse de ce qu'ont avancé Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, François Fillon et le Conseil National de notre famille politique. Donc, on a bâti un programme qui est un programme à la fois de protection et d'engagement clair. Encore une fois, sur l'aspect fiscal, c'est très simple. Eux, ils proposent des augmentations. Nous, on ne propose pas d'augmentation. On propose même une diminution de 10% de l'imposition sur les ménages. Donc, ça fait un changement qui est un changement fondamental.

J'ai posé une question, on a eu la réponse. On écoute une autre question de Gilles Manger. Oui, sauf que vous ne m'avez pas permis d'aller plus loin. Vous me dites quelles sont les raisons. J'ai déjà donné les trois raisons. Oui, c'est pas mal. Dites-vous bien que je pourrais vous en donner beaucoup plus d'accord sur la politique énergétique, sur le respect de l'autorité et de l'État. Vous avez raison de me croire, c'est gentil. D'habitude, ce n'est pas sur parole, c'est plutôt sur preuve qu'on me croit.

14:22
Locuteur 9

Je voudrais vous soumettre le témoignage de quelqu'un qui vous est proche. Il s'appelle Gérald Darmanin. Sarkoziste et il n'est pas du tout convaincu par ce que vous venez de dire. Il est ministre d'Emmanuel Macron. On l'écoute.

14:37
Locuteur 1

Ceci explique en cela. J'espère que dans ce gouvernement, je vais pouvoir incarner ce que j'ai eu du mal pour l'instant à faire entendre à ma famille politique, le gaullisme social. Aujourd'hui, le président de la République, Emmanuel Macron, a décidé une chose magnifique. Il a dit, j'ai été élu au premier tour à 24% et au second tour à 65%. Je ne referai pas l'erreur de 2002 et j'ai décidé de gouverner la France avec les 65%. Pourquoi renvoyer la main tendue par le président de la République ?

15:02
Locuteur 7

Gérald Darmanin, c'est bien celui qui disait, Emmanuel Macron ne détaille rien, ne précise rien. C'est le même, oui. C'est Noël avant l'heure. Je vous le confirme. Eh bien, je vous le dis, je ne comprends pas leur position. Je ne partage pas leur démarche. Ils disent répondre à la main tendue. Mais la main, vous l'avez vu. Qui avait-il dans cette main ? Qu'ont-ils obtenu ? Est-ce qu'ils ont obtenu une évolution sur la CSG ? Rien du tout. Et il vient encore de le confirmer ce matin. Est-ce qu'ils ont obtenu une clarification sur la politique énergétique ? Rien du tout. Est-ce qu'ils ont obtenu la garantie du respect de l'autorité de l'État ? Rien du tout.

Je pense notamment à Notre-Dame-des-Landes. Est-ce qu'ils ont obtenu des avancées sur la politique familiale, qui est aussi une différence ? Rien du tout. Nous nous proposons le rétablissement de l'universalité des allocations familiales. Là, j'entends un silence assourdissant. Pourquoi ils sont-ils allés ? Qu'est-ce qu'ils aient ? Oui, pourquoi ? Il y a une bonne phrase de Winston Churchill qui ne vous a certainement pas échappé. C'est certains hommes changent de parti en fonction de leur opinion, et d'autres changent d'opinion en fonction de leur parti. Eh bien, leur nouveau parti, c'est En Marche.

En rejoignant En Marche, ils se sont mis En Marche des Républicains, et ils ont donc changé d'opinion.

16:33
Brice Hortefeux

Donc, le pluriel, vis-Edouard Philippe, Premier ministre, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, et Gérald Darmanin, ministre des Comptes Publics, on appelle ça l'ouverture. Il y a dix ans, quelqu'un m'a fait l'ouverture. Nicolas Sarkozy. Et il justifiait l'ouverture. On écoute Nicolas Sarkozy, il y a dix ans.

16:49
Locuteur 6

Je veux dire que ceux qui ont eu le courage de répondre à la proposition, à l'invitation, ça sert qu'ils ont fait. Ce sont des gens qui servent bien leur pays, et qu'il est scandaleux de parler de traîtrise.

17:04
Brice Hortefeux

Il est scandaleux de parler de traîtrise. Alors, c'est pas Winston Churchill, c'est Nicolas Sarkozy.

17:08
Locuteur 7

Oui, mais tout à fait. Et d'ailleurs, la démonstration est faite. Quand Nicolas Sarkozy a accueilli des personnalités issues d'autres familles, bien sûr, ces personnalités-là, elles ont rejoint Nicolas Sarkozy. J'étais dans le même gouvernement, je peux avoir sans doute un témoignage, sur ce point, au moins avisé. Et quand ils ont rejoint le gouvernement, ils ont rejoint le gouvernement sur le programme de Nicolas Sarkozy, et sur le programme de la majorité de l'époque. Donc, c'est exactement ce que je vous dis. Voilà donc trois personnalités, dont certaines que j'apprécie, et que j'estime, mais trois personnalités qui ont rejoint, c'était des voyageurs sans bagage.

Sur le programme d'Emmanuel Macron. C'est-à-dire sur le programme d'Emmanuel Macron.

17:55
Brice Hortefeux

Comme le programme de Nicolas Sarkozy. Il n'y a pas grand-chose dans la main de Nicolas Sarkozy, et il n'y a pas grand-chose dans la main d'Emmanuel Macron.

18:02
Locuteur 7

C'est exactement ce que je vous dis. Mais vous savez, quand, par exemple, Bruno Le Maire déclarait qu'Emmanuel Macron est un homme sans projet, parce que c'est un homme sans conviction, justement, en termes de conviction, il y aurait peut-être à dire.

18:16
Présentateur

Brice Hortefeux est l'invité de Transinfo. Jusqu'à 9h, encore quelques minutes. Un point sur les toutes dernières informations venant de Manchester à 8h50. Victor Mathé.

18:26
Locuteur 2

Avec ces précisions de la police britannique, 22 morts et 59 blessés. Le bilan qui s'est alourdi après cette explosion au Manchester Arena, hier soir, la plus grande salle de la ville du Nord-Ouest de l'Angleterre. Une explosion qui a eu lieu un peu avant minuit, à la fin du concert de la chanteuse américaine Ariana Grande. L'assaillant a fait exploser la charge explosive qu'il portait sur lui. Détail les forces de l'ordre. La première ministre britannique condamne une attaque terroriste épouvantable. Theresa May, qui convoque ce matin un conseil de sécurité nationale. La campagne des législatives dans le pays est suspendue à l'instant.

La ministre britannique de l'Intérieur, elle, dénonce une attaque barbare. D'autres réactions, celles du maire de Londres, mais aussi de Paris et Nice. Anne Hidalgo et Christian Estrosi, des villes frappées par le terrorisme. À l'instant, le président français Emmanuel Macron fait part de son effroi. Et sa consternation, il va s'entretenir dans la journée avec Theresa May. Dans l'actualité également, les premières consultations autour de la future loi de travail qu'Emmanuel Macron entend faire passer par ordonnance, le chef de l'État reçoit toute la journée les représentants des salariés et du patronat.

Et puis cet incendie de grande ampleur, cette nuit à l'internat de l'école Supélec de Rennes, sur la commune toute proche de Sesson-Sévigné. 53 étudiants ont dû être évacués. Il y a 27 blessés, dont l'un dans un état grave.

19:42
Présentateur

Brice Hortefeux, député européen, les Républicains, ancien ministre de l'Intérieur et l'invité du 8h30 à Pâthie. Une question de Gilles Bornstein.

19:53
Locuteur 9

Le chef de l'État reçoit aujourd'hui les partenaires sociaux pour la réforme du marché du travail, dont vient de parler Victor. Est-ce que vous partagez cette volonté de réforme ?

20:02
Locuteur 7

Bien sûr. Et nous, nous n'entendons pas être dans l'obstruction. Je me place dans le cas de figure où nous n'obtiendrions pas la majorité. Si on obtient la majorité, c'est nous qui gouvernerons, c'est nous qui appliquerons notre projet. Et on le fera d'ailleurs en parfaite entente avec le président légitimement élu. Mais là, vous me posez la question, au cas où nous n'aurions pas la majorité. Donc je vous dis, nous on n'est pas dans l'obstruction. On est dans la construction. Et d'être dans la construction, qu'est-ce que ça signifie ? Ça veut dire que si le gouvernement, la majorité, le président de la République prennent une initiative dans le bon sens, on le dira.

Et si ce n'est pas le cas, on le dénoncera. Et ça, ça va dans le bon sens. Concernant le code du travail, on est d'accord sur le constat. Le code du travail aujourd'hui fait 3 334 pages.

20:49
Locuteur 9

Vous voterez la loi d'habilitation sur les ordonnances.

20:54
Locuteur 7

Gilles Carrez, le rapporteur général, le président de la Commission des finances, a rappelé à juste titre qu'un texte bon peut avoir une majorité claire et que ça peut être plus rapide encore que par les ordonnances. Mais je vous le dis, s'il y a des mesures qui vont comme, par exemple, les accords d'entreprise par référendum à l'initiative de l'employeur. Nous le proposons, on ne va pas dire non. Le plafonnement des indemnités prud'hommales. Le gouvernement actuel lui propose plafond et plancher, en vérité, si j'ai bien compris, et sous réserve. Mais en tout cas, on est pour le plafonnement des indemnités prud'hommales. Donc on peut être pour. Enfin, on serait pour.

Donc je vous le dis, si c'est bien, on le soutient. Si c'est pas bien, on le dénonce.

21:45
Brice Hortefeux

Autre projet de loi du gouvernement, projet de loi de moralisation de la vie publique. Le nouveau garde des Sceaux, François Bayrou, en a dit deux mots hier. Écoutez-le. On va peut-être bousculer un certain nombre d'habitudes. Mais en tout cas, on va faire le travail. Vous le soutenez là aussi ? C'est une bonne idée, le projet de loi de moralisation de la vie publique ?

22:06
Locuteur 7

Écoutez, ça fait naturellement toujours plaisir de voir François Bayrou. La victoire d'Emmanuel Macron, c'est incontestablement le succès posthume de François Bayrou, de son vivant. De son vivant, ce qui est une originalité. Mais sa loi sur la moralisation...

22:22
Brice Hortefeux

Pourquoi on dit ça ? Je ne comprends pas bien.

22:23
Locuteur 7

Parce qu'il a gagné par procuration. Donc c'est un succès toujours le pire. C'est François Bayrou qui a réussi. Je vous laisse la responsabilité de cela, mais il n'en reste pas moins qu'eux. Donc François Bayrou est en charge de cette loi. Et sur la moralisation, je vais vous dire, toujours... Améliorer. ...rajouter. On peut très bien. Je vous rappelle quand même que depuis 1988, il y a eu douze lois et textes sur la moralisation de la vie publique sous ces différences... Visiblement, ce n'était pas suffisant qu'aujourd'hui, pardon, qu'aujourd'hui, on est sans doute un des deux ou trois pays au monde, au monde, dans lesquels l'action publique est la plus encadrée.

Est-ce que ça veut dire que tout est parfait ? Ça vient de cette statistique. Bien sûr que non. Vous ne voterez pas ce texte. Écoutez, attendons de voir, encore une fois. Les statistiques de transparence internationale ne disent pas exactement... Si, si, je vous dis, en termes de texte et d'encadrement, nous sommes, sans doute, un des trois pays au monde dans lequel la vie publique est la plus encadrée.

23:31
Locuteur 9

L'interdiction des enfants familiales, ça n'aurait pas fait de mal à la droite. Ce n'est pas du tout ça, le sujet.

23:35
Locuteur 7

Non, je pense que ça serait dans la loi. Pas du tout, ce n'est absolument pas le sujet. Mais si ça serait dans la loi, dites pas ça, ça serait dans la loi. Peut-être, mais la question, c'est de savoir si la personne travaille ou ne travaille pas. On ne va pas interdire aux artisans d'en travailler avec leurs conjoints. Ce n'est pas le sujet. La question qui se pose, c'est est-ce qu'ils travaillent ou ils ne travaillent pas ? Reconnaissez que c'est ça le sujet. Mais vous savez, on peut toujours, naturellement, aller avec l'air du temps, humer l'air du temps et aller dans ce sens-là.

24:01
Brice Hortefeux

On va attendre le contenu du projet de loi que va présenter François Bayrou, dont vous avez dit tout le bien que vous pensiez. Je voudrais juste vous faire entendre un dernier son, parce qu'après les élections législatives, chaque parti sera un peu devant son histoire. Comment se reconstruire ? Jean-François Copé a quelques idées sur la question.

24:17
Locuteur 5

Je pense que le parti est l'air. Il a besoin d'être vu de fond en comble, du sol au plafond. Il faut tout recommencer. Pour faire quoi ? Et de toute façon, au lendemain du 18 juin, quoi qu'il arrive, il faudra tout réorganiser. Pour faire quoi ? Pour faire que les voix différentes soient mieux entendues. Pour faire qu'il n'y ait pas une seule ligne avec le doigt sur la couture du pantalon, pour ne pas que celui qui est chef, s'il doit y en avoir un, vire tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui.

24:39
Locuteur 7

Il a des bonnes idées, Jean-François Copé. Oui, ça va de soi. D'ailleurs, il explique qu'il faut tourner la page. Il a raison, mais il est sur la page. C'était un acteur naturellement important de la vie de notre famille politique. Et c'est vrai que nous avons été nombreux à être traumatisés, déçus, peinés par le conflit qui a opposé Jean-François Copé et François Fillon pour la présidence de notre parti. En revanche, je le dis, Jean-François Copé a raison. Il faut naturellement refonder, reconstruire notre famille politique que Nicolas Sarkozy avait su, ce que Nicolas Sarkozy avait su faire en mettant tout le monde autour de la table alors qu'il voulait la renverser.

Nous devons fonder, après ces élections législatives, la grande formation de droite forte, populaire et sociale dont notre pays a besoin.

25:28
Locuteur 9

En un mois avec quel chef ?

25:30
Locuteur 7

Il y aura des élections. Le président de notre parti sera désigné par les militants, par la démocratie. Et je souhaite que Laurent Wauquiez soit candidat. Merci Briceur Teufel d'avoir accepté l'invitation de François Fou.

Brice Hortefeux appelle à renforcer la lutte contre la délinquance "liée au terrorisme" — Brice Hortefeux · Pourquijevote