🔴 EN DIRECT - Valérie Pécresse invitée de RMC et BFMTV
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Elle écrase cette campagne. Elle écrase notamment le débat démocratique qui doit avoir lieu sur l'État de la France. Et aujourd'hui, il y a un réflexe légitimiste vis-à-vis du président de la République. Mais ce que je crois, c'est qu'il faut absolument que cette campagne ne soit pas dérobée aux Français. Parce que derrière la crise en Ukraine, derrière la nécessité d'avoir une responsabilité vis-à-vis de Vladimir Poutine, vis-à-vis des sanctions qu'il faut prendre, vis-à-vis de l'attitude internationale de la France, il y a aussi l'État du pays. Un État du pays qui est calamiteux. Un bilan d'Emmanuel Macron qui n'est pas bon en matière d'autorité, qui n'est pas bon en matière économique.
Mais ça, Valérie Pécresse, dans un sens, c'est le contexte. Quand on regarde qu'en effet, les autres vous passent devant, qu'est-ce qui ne va pas dans votre campagne ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans votre campagne ?
Je crois que les thématiques qui sont les miennes, qui sont celles d'une nouvelle gestion de la France, c'est-à-dire redonner de la liberté aux entreprises, redonner de la dignité par le travail, remettre de l'ordre dans la rue, rebâtir les services publics, l'école, la santé, ce sont des sujets qui sont en train de passer au deuxième plan. Et aujourd'hui, les sujets de premier plan, ce ne sont que les sujets de la guerre. Et sur la guerre, je suis évidemment en responsabilité. Parce qu'il y a plusieurs attitudes face à cette guerre. Il y a une attitude gaulliste qui consiste à défendre la liberté des peuples, à défendre la démocratie et à se battre pour.
Et puis il y a une autre attitude qui est celle de Jean-Luc Mélenchon, d'Éric Zemmour ou de Marine Le Pen, qui consiste à être en soutien de Vladimir Poutine et à avoir une autre stratégie que celle d'Emmanuel Macron.
Donc on ne distingue plus ? En quelque sorte, on ne distingue plus ? C'est ça que vous dites ? C'est pour ça que vous passeriez comme ça en arrière-plan. On ne vous distingue plus suffisamment d'Emmanuel Macron ?
Un certain nombre des électeurs de la droite aujourd'hui veulent essentiellement que cette guerre soit stoppée. Et c'est leur déterminant aujourd'hui. Mais on a encore quatre semaines de campagne. Et la guerre, elle n'est pas en France. Elle est en Ukraine. Elle est à nos portes. Le sujet des quatre prochaines semaines, c'est qui pour gouverner la France dans les cinq prochaines années ? Et le destin de la France est en train de se jouer. Est-ce que demain, nous serons vraiment une grande puissance ? Est-ce qu'Emmanuel Macron a pris les bonnes décisions ces cinq dernières années ? En matière énergétique, on le voit. Notre dépendance s'est accrue. On n'est plus une puissance souveraine.
Emmanuel Macron a pris toutes les mauvaises décisions. Il a fait un effet senaim. Il a fait un effet senaim. Il a annoncé la fermeture de 14 réacteurs nucléaires. Et maintenant, il fait volte-face. En matière de sécurité, notre puissance extérieure, elle dépend aussi de notre force intérieure. En matière de sécurité, son bilan est mauvais. 32% de hausse des violences. En matière d'immigration, nous n'avons jamais réussi à réduire les flux migratoires. On va regarder tout ça. Donc ce que je veux que les Français regardent dans les quatre prochaines semaines, c'est l'état de la France, l'état de l'école, l'état de la santé. Et qu'ils changent, changent de président, changent de gouvernement.
Valérie Pécresse, on va justement parler de l'Ukraine pour commencer. Est-ce qu'il faut couper le robinet du gaz et du pétrole russe ?
Aujourd'hui, il faut durcir les sanctions. Parce que l'attitude de Vladimir Poutine est une attitude de guerre de plus en plus violente et de plus en plus humaine. Mais est-ce que durcir les sanctions, ça veut dire carrément qu'on coupe le robinet, on arrête de le racheter ? Il faut qu'on diminue nos achats d'hydrocarbures russes, pétrole et gaz. Le seul problème, vous le savez, c'est qu'un embargo total, il faut pouvoir le tenir dans la durée. Si on le fait pendant quelques jours et qu'on s'aperçoit qu'après on est en pénurie et qu'on doit revenir dessus, rien ne se répire.
On n'est pas en mesure aujourd'hui de le faire.
Aujourd'hui, nous avons un problème, c'est que l'Allemagne est très dépendante. L'Allemagne qui dépend à 55%, nous à 17%. C'est ça. Donc ce que je crois, c'est qu'il faut que l'Europe s'engage à diminuer ses importations drastiquement et qu'on voit comment est-ce qu'on peut sortir de cette dépendance le plus rapidement possible.
On ne pourrait pas se désolidariser de l'Allemagne et dire « voilà, nous, on peut au moins montrer l'exemple, nous, Français, en disant « on a les moyens de s'en passer, c'est 17%, on ferme le robinet et puis les autres suivants ».
Le sujet, c'est quelles sont les conséquences de ces décisions sur la population française. Et là, je crois qu'il y a un vrai effort du gouvernement à faire dans deux domaines. L'essence. Quand les prix de l'essence augmentent, comme c'est le cas aujourd'hui, l'État touche davantage de taxes. Il faut qu'une partie de ces taxes qui sont récupérées par l'État, l'État ne peut pas s'enrichir maintenant, pendant cette guerre. Il faut qu'une partie des taxes supplémentaires qui sont collectées par la hausse des prix de l'essence puissent être rendues aux Français. Et puis il y a un deuxième sujet. Donc ça, ça passe par un chèque ? Il y a un deuxième sujet. Il y a l'électricité.
Il y a la possibilité, dans des circonstances exceptionnelles, de déconnecter par décret le prix de l'électricité en France, du prix du marché européen qui, lui, est indexé sur le gaz. Le gouvernement devrait prendre ce décret, devrait déconnecter le prix de l'électricité du prix du gaz. Pour qu'on puisse vendre l'électricité au prix où on la produit. Où on la produit, c'est-à-dire grâce à l'électricité nucléaire, moins chère.
Mais là encore, c'est une question de solidarité. C'est-à-dire qu'on a accepté d'indexer nos prix de l'énergie sur le prix de tous les autres pays européens.
Là, vous dites, on se déconnecte. Il y a une possibilité, dans des circonstances exceptionnelles, pour protéger le peuple français, de se déconnecter. Et le gouvernement peut le faire. Sur les taxes de l'essence, pardonnez-moi, je n'ai pas bien compris, vous voulez un nouveau chèque carburant ? Non, je veux une transparence des nouvelles recettes que l'État va récupérer du fait de la hausse des carburants. Et qu'ensuite, on regarde ce qu'on fait de cet argent. Et comment est-ce qu'on peut l'utiliser pour faire un plan de résilience pour les Français ?
C'est ce que dit Bruno Le Maire. Il dit, on va utiliser ces taxes pour engager la transformation et faire en sorte qu'on ait moins besoin d'essence à moyen terme.
C'est trop long pour vous ? Eh bien, écoutez, à moyen terme, c'est évident qu'il faut aussi qu'on se désengage de notre dépendance aux hydrocarbures. C'est ce que j'avais proposé avec une relance gaullienne du nucléaire. J'ai vu qu'Emmanuel Macron avait fait un virage à 180 degrés sur cette question. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que j'ai les bonnes propositions pour le pays.
Bruno Le Maire qui le dit à l'instant, le ministre de l'Économie, il compare la crise énergétique d'aujourd'hui au choc pétrolier de 1973. Pour lui, c'est comparable. Vous faites le même constat ?
Ça aura à peu près les mêmes impacts. Ça veut donc dire qu'il va falloir agir tous azimuts, à la fois sur la sobriété de la consommation. On peut aussi imaginer d'avoir des factures d'électricité moindres pour les Français qui accepteraient de consommer moins d'électricité lors des pics de consommation.
Alors, ça, c'est automatique. C'est-à-dire que quand même, quand on baisse, c'est ce que nous dit la patronne d'Engie. Elle dit qu'elle invite tous les Français à baisser d'un degré son chauffage pour baisser d'environ 7% sa facture d'électricité.
Alors, ça, c'est une question de responsabilité pour les Français. Mais vous savez, Apolline de Malherbe, il y a déjà des Français qui n'arrivent plus à se chauffer aujourd'hui. C'est indépendant de leur demander des efforts. Tellement, tellement, tellement leur pouvoir d'achat aujourd'hui est bas. Donc, nous allons tous, évidemment, collectivement faire des efforts. Mais il faut quand même vraiment penser à tous ces Français qui n'ont plus les moyens de payer leur facture, ni d'essence, ni d'énergie. Et pour eux, il faut faire un geste supplémentaire. Pardon d'insister, mais est-ce que vous dites aujourd'hui, les Français devront faire un effort ?
Face à ce choc, je dis que, collectivement, nous allons tous devoir nous adapter. Nous adapter à ce choc pour pouvoir être plus résilients. Mais s'adapter, ça veut dire aussi être protégé, protégé par la puissance publique.
Sur la question du pouvoir d'achat, on a l'impression que, désormais, tout le monde parle de supprimer la redevance. C'est ce que propose Éric Zemmour, qui, pour le coup, carrément, veut supprimer et privatiser l'audiovisuel public. Mais c'est aussi ce qu'annonce une des premières annonces d'Emmanuel Macron. Est-ce que vous aussi, vous voulez supprimer la redevance ?
Alors, il y a plusieurs mois, j'avais déjà mis sur la table le sujet de la suppression de la redevance. C'était lors d'un débat sur France 2. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'aujourd'hui, il n'y a plus de taxe d'habitation. Et la redevance était perçue avec la taxe d'habitation. Donc, c'est très compliqué d'aller collecter la redevance. Par ailleurs, il y a énormément de nouveaux moyens de regarder la télévision, qui ne sont pas des écrans télévisés. Donc, cette redevance, c'est une taxe qui a fait son temps, qui est obsolète dans son mode de perception et dans son assise. Mais, le problème, c'est est-ce que nous voulons garder un service public ?
Est-ce que nous voulons garder une création audiovisuelle française ? Est-ce que nous voulons continuer à être souverain ? Et donc, il va falloir la financer. Il va falloir sécuriser le budget de la création audiovisuelle en France avec, je crois, une loi pluriannuelle. Le vrai problème avec Emmanuel Macron, c'est qu'il annonce toujours des nouvelles dépenses, toujours des nouveaux chèques, toujours de la nouvelle dette, toujours des nouveaux déficits.
Je suis la seule candidate aujourd'hui dans cette campagne à oser dire qu'il va falloir faire des réformes, qu'il va falloir dépenser moins, qu'il va falloir réformer l'État, qu'il va falloir supprimer des postes de fonctionnaires dans l'administration administrante pour remettre des postes dans les priorités.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'audiovisuel, il coûte 3,7 milliards par an. La redevance, qui était donc de 138 euros en moyenne par foyer, ça rapportait 3,2 milliards. Si on supprime la redevance, pour autant, vous ne supprimerez pas les 3,7 milliards d'euros que coûte, non, l'audiovisuel.
Donc il faudra bien y trouver ailleurs. Oui, mais dans mon projet, il y a 75 milliards d'euros d'économie. Il y a toutes les réformes que la droite avait proposées de faire et qu'Emmanuel Macron n'a pas eu le courage de faire. Il y a la réforme des retraites, bien évidemment. Vous ne réduirez pas le budget de l'audiovisuel ? Il y a la réforme de l'assurance chômage, il y a la réforme de l'État, il y a la décentralisation, il y a la réforme du RSA. Toutes ces réformes dont personne ne parle parce qu'elles sont difficiles et elles sont courageuses. Moi, j'ai un programme de courage et je suis la seule aujourd'hui à proposer des choses courageuses dans cette campagne.
Je vous repose la question, est-ce que vous réduirez le budget de l'audiovisuel ? Je sanctuariserai un budget pour l'audiovisuel public à hauteur de 3,7 milliards ? Garantie pluriannuellement, mais l'audiovisuel public ne sera pas exempt de toute cette revue générale des politiques publiques que je veux faire. C'est-à-dire que je veux mieux dépenser. Il y a des économies à faire dans l'audiovisuel public, sur l'administration administrante, comme il y en a à faire dans toute la sphère publique. Je le revendique, la performance publique aujourd'hui n'est pas suffisante. Et c'est pour ça que nous sommes champions du monde des impôts, Madame de Malherbe.
Champions du monde des impôts et pas champions du monde des services publics. C'est pour ça que notre école va mal, notre santé va mal, notre justice va mal, parce que l'argent n'est pas mis au bon endroit.
Santé et dépendance grèvent dans les EHPAD hier. Là encore, c'est une question aussi de services publics. Et au fond, ce que nous disent les gens qui travaillent dans les EHPAD et notamment chez Orpère, c'est qu'en fait, rien n'a changé. Rien n'a changé depuis le scandale, que les personnes âgées sont toujours aussi rationnées, qu'il n'y a pas eu plus d'embauche. Est-ce qu'il faut aller au-delà juste du fait de dénoncer le scandale ? Est-ce qu'il faudrait aller jusqu'à privatiser ces entreprises ou alors au minimum les sortir de la bourse ?
Nationaliser et les sortir de la bourse. Aujourd'hui, le sujet, c'est faire un vrai cahier des charges pour le fonctionnement des EHPAD. Un vrai cahier des charges avec des indicateurs de qualité d'accueil des résidents. Et avec Philippe Juvin, nous avons travaillé à ce cahier des charges. Et ce cahier des charges, il devra être rendu public. Il a été rendu public, il a commencé à être rendu public hier par le ministre de la Santé. Il a commencé, mais aujourd'hui, ce n'est qu'un début. Il faut qu'il soit rendu public, non pas par le ministre de la Santé, mais par les EHPAD eux-mêmes. C'est-à-dire que les EHPAD publient... Et vous leur ferez confiance ? Et qu'il y ait des contrôles...
Vous leur ferez confiance ? Est-ce qu'on peut leur faire confiance ? Il faut qu'il y ait des contrôles. Il faut qu'il y ait des contrôles de ces indicateurs. Et quel est le meilleur contrôle ? Vous savez qu'il y a une loi Kouchner qui met les malades dans la gestion des hôpitaux. Il faut une autre loi pour mettre les résidents et leurs familles dans la gestion de ces EHPAD, de façon à ce qu'ils aient accès à toutes ces informations et qu'on contrôle et qu'on sanctionne, bien évidemment. Parce que ceux qui ont fait passer leur profit avant la dignité humaine des résidents, eh bien, ils doivent être sanctionnés de manière exemplaire.
J'aimerais vous poser une question sur ce qui se passe en Corse. Des affrontements depuis ce week-end, on en parle à peine, évidemment, avec le reste de l'actualité. Mais enfin, ces affrontements sont vifs entre la population et les forces de l'ordre, depuis la tentative d'assassinat d'Ivan Colonna en prison. Et puis hier, annonce de Jean Castex, qui dit que finalement, il ne sera plus considéré comme un prisonnier qui demande une particulière signalisation. Il pourra donc revenir sur l'île, à un moment où de toute façon, il est entre la vie et la mort et où il est dans un état de coma profond. Est-ce que ce n'est pas presque une provocation, vous avez des corses ?
Moi, j'étais en Corse il y a quelques semaines, et j'ai dit qu'il fallait réunir la commission qui devait se prononcer sur le caractère spécialement protégé des auteurs de l'assassinat du préfet Rignac.
Mais maintenant qu'il est en état de quasiment cérébral, on lui dit,
bah oui, vous pouvez revenir en Corse. Écoutez, c'est trop tard. Voilà.
Qu'est-ce qu'on peut répondre aux Corses pour les apaiser aujourd'hui ?
Aujourd'hui, il faut que l'ordre revienne en Corse. Les émeutes ne feront pas revenir. Ils vont au colonat. Voilà.
Emmanuel Macron, candidat. Vous n'avez pas eu l'occasion de réagir à ce qu'il a dit, qu'il ne débattrait pas, ni avec vous, ni avec les autres. Il ne débattra pas avec les autres candidats. Il dit que c'est en raison, évidemment, à la fois du contexte, qu'il ne peut pas faire la campagne telle qu'il l'aurait imaginée, mais aussi parce que ses prédécesseurs ne l'avaient pas fait, donc pas de raison qu'il le fasse non plus. Comment vous réagissez à ça ?
Je croyais qu'il défendait un nouveau monde, une autre façon de faire de la politique. Et s'il défendait vraiment une autre façon de faire de la politique, il ne la ferait pas comme ses prédécesseurs. Il accepterait, compte tenu justement de ce contexte, qui fait qu'on n'a pas débattu. On n'a pas débattu de son bilan pour l'école. On n'a pas débattu de son bilan en matière de santé. On n'a pas débattu de cette dette abyssale qu'il va nous laisser. On n'a pas débattu de qui va payer l'addition du quinquennat Macron quand il sera terminé. On n'a pas débattu de l'avis.
Vous auriez aimé pouvoir débattre avec lui ?
Mais bien évidemment, on souhaitait tous débattre et avoir la possibilité d'argumenter argument contre argument. Parce que vous voyez aujourd'hui, il y a une forme effectivement d'esquive, d'esquive systématique, avec un président qui n'annonce que des bonnes nouvelles et qui ne nous dit pas comment tout ça va être financé. Vous savez, il y a 10 ans, François Fillon avait dit que l'État était en faillite. Aujourd'hui, 10 ans plus tard, nous avons 1000 milliards de dettes supplémentaires. Et tous les jours, on a un président de la République qui nous annonce une dépense de plus.
Moi, je suis la seule à avoir le courage de dire qu'il va falloir qu'on dépense moins, qu'on travaille plus, qu'on fasse un certain nombre de réformes courageuses pour remettre le pays sur pied. Et pourquoi je dis ça ? Parce que je pense que notre puissance extérieure dépend de notre... force intérieure. Et je pense que si la France allait mieux à l'intérieur, si on était exportateur, si on était un grand pays industriel, on serait plus respecté dans le monde. Vous voyez, moi, je suis malheureuse quand je vois que finalement, c'est le chancelier allemand qu'on respecte plus que le président français dans les relations internationales.
Vous voudriez encore le convaincre peut-être Emmanuel Macron de débattre avec vous ? Je crois qu'il a pris sa décision. Mais je crois aussi que les Français doivent savoir qu'un autre projet est possible. et qu'ils ne doivent pas avoir peur, parce qu'il y a la guerre en Ukraine, de changer de capitaine. Parce que c'est les cinq prochaines années qui se décident aujourd'hui. Et que ces cinq prochaines années ne peuvent pas ressembler à l'immobilisme des cinq années précédentes. Le pays est fracturé comme jamais. Il faut le protéger, il faut le libérer, il faut le rassembler.
Vous dites qu'il faut que les Français aient le courage de changer de capitaine. Au fond, ce qu'on entend, c'est effectivement l'adage qui dit qu'au milieu de la tempête, on ne change pas de capitaine. Mais la guerre, elle n'est pas en France. La guerre, elle n'est pas en France, elle est en Ukraine. On voit bien qu'il y a des conséquences. Bien sûr. Vous ne vous redoutez pas quand même qu'il puisse y avoir un engrenage
et qu'on se retrouve nous-mêmes pris dans cet engrenage ? Il ne faut pas une élection présidentielle par reconduction tacite. Il faut une élection présidentielle avec un débat démocratique qui permette de montrer toutes les défaillances du précédent mandat. Parce qu'il n'y a aucune raison que dans le prochain mandat, Emmanuel Macron fasse le contraire de ce qu'il a fait pendant cinq ans. L'autre question qu'on entend dans ce que vous dites,
c'est aussi la question de la distinction entre vous et lui. Quand on voit qu'Éric Wörth est parti, quand on voit que Jean-Pierre Raffarin est parti, quand on voit que Renaud Muselier, le patron de la région sud, qui étaient tous de votre bord, sont partis, vous ont quitté, ils sont partis chez Emmanuel Macron. Est-ce qu'il y a des moments où vous vous dites « Peut-être que j'aurais dû y aller aussi ».
Mais moi, ce que je veux, c'est remettre le pays en ordre. Moi, je ne me satisfais pas d'un pays où il y a de la montée de la violence. J'imagine que Jean-Pierre Raffarin, il dirait la même chose. J'imagine que Jean-Pierre Raffarin, il ne s'adressait pas.
Il dirait « Je veux que le pays soit en ordre, je veux que le pays soit en ordre ». Il dirait les mêmes arguments que vous.
Non, je ne crois pas. Je crois qu'aujourd'hui, il y a un certain nombre de dirigeants qui sont aujourd'hui avec Emmanuel Macron parce qu'ils n'ont pas pris conscience que de la gravité du problème de l'immigration, de la gravité des problèmes de sécurité, de l'état de notre justice, de l'état de notre école qui est devenue la plus inégalitaire de France, de l'état de notre santé et surtout qu'ils n'ont pas pris conscience que la dette ne pouvait pas monter jusqu'au ciel et qu'à un moment donné, il allait falloir y avoir en France quelqu'un qui remette de l'ordre dans ce pays. Et Nicolas Sarkozy ? Nicolas Sarkozy, il est libre de ses choix.
Moi, aujourd'hui, je crois que je défends la politique, les convictions qui sont les siennes. Il ne vous soutiendra plus ? En tout cas, là, vous n'en attendez plus ? C'est à lui de dire « mais moi, je trace ma route ». Je trace ma route parce que je sais qu'il faut un projet clairement de droite aujourd'hui pour ce pays et je sais aussi qu'Emmanuel Macron ne fera pas, ne mettra pas en œuvre cette politique.
Vous êtes la plus riche des 12 candidats puisque les déclarations de patrimoine sont tombées avec votre mari, votre foyer à environ 10 millions d'euros. Est-ce que c'est une fierté pour vous
ou est-ce que c'est un boulet d'avoir ces 10 millions d'euros ? Écoutez, vous savez, je suis mariée sous la communauté de biens depuis 27 ans avec mon mari qui est un industriel et c'est son patrimoine. Et moi, je l'aime, c'est mon mari, mais c'est moi la candidate. Et moi, je suis la candidate aujourd'hui de la France qui travaille. Le cœur de mon projet, c'est d'augmenter de 10% les salaires nets. Le cœur de mon projet, c'est de permettre à tous les Français qui ont des RTT de pouvoir les transformer en salaires. C'est de défiscaliser les heures supplémentaires. Je suis la candidate de la feuille de paye.
Je suis la candidate du pouvoir d'achat parce que je veux rendre leur dignité aux Français. Je suis aussi celle qui fera la réforme des retraites parce que je ne veux plus que les retraités n'aient plus leur retraite indexée sur l'inflation. Et je veux qu'il n'y ait plus un retraité qui parte sans une retraite au moins égale au SMIC. J'ai ma vie, mais je veux être la candidate de cette France qui travaille et de cette France qui cherche sa dignité. Vous tenez le coup ? Absolument. Il n'y a pas de moment où vous dites que c'est dur ? Ou c'est plus dur que ce que j'imaginais ?
Ce qui est effectivement dur, c'est de voir la trahison de certains que j'ai soutenus, comme Éric Wörth, que j'avais soutenu entre les deux tours de l'élection en 2017, alors qu'il était tout seul et qui risquait de perdre sa circonscription. Ça, c'est dur, humainement dur. Mais ce que je crois, c'est que mes convictions me portent. J'ai la conviction qu'il faut relever la France et qu'il ne s'inquende Emmanuel Macron. C'est trop. Et dix ans, ce sera trop tard.
Valérie Pécresse, candidate LR à l'élection présidentielle. Merci d'avoir répondu à mes questions. J-32 avant le premier tour. Merci à Pauline de Malherbe. Dans quelques instants, les conséquences de la guerre en Ukraine sur votre vie quotidienne, sur les prix, le pouvoir d'achat. Le ministre Bruno Le Maire estime que la situation est comparable à celle du choc pétrolier de 73. On fera un point aussi sur la situation militaire. Et à 10h30, nous suivrons les obsèques de Jean-Pierre Pernault. A tout de suite. J'ai vraiment senti que je devenais fumeur vers les 18 ans. Je me suis arrêté 4 fois, une demi-journée, 4 fois 15 jours, un mois, 3 mois, 18 mois.
Tu as un malheur dans ta famille, tu reprends le signe.
Valérie Pécresse