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InterviewLe Figaro (sur YouTube)· 15 avril 2023 104 minComplaisantMixteCulture, médias & sportSolidarités & familleOutre-merÉducation & recherche

«Moi aussi je suis une victime!»: Frédéric Beigbeder se confesse dans Le Figaro La Nuit

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 64 %Attaque 14 %Défensif 22 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:21OuverteRéponse directe

    Alors, c'est vous qui avez choisi le programme, parce qu'on va dans votre quartier.

  • 2:17OuverteRéponse directe

    Pourquoi il y a autant de tensions autour de la sortie de ce bouquin ?

  • 5:44OuverteRéponse directe

    Alors, vous me parlez d'un shitstorm sur les réseaux sociaux.

  • 6:26OuverteRéponse directe

    Ce qui a déclenché l'envie, j'ai l'impression, de faire ce bouquin, c'est une agression chez vous sur votre devanture, sur votre mur.

  • 7:50OuverteRéponse directe

    La colère amène ce livre, et ce livre amène à nouveau de la colère chez les autres. À un moment, on n'en sort jamais.

  • 8:32OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous regrettez parfois ce que vous dites ou ce que vous faites ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:35PrésentateurFait
    « Il y avait une bagnole remplie de bonbonnes qui s'est explosée. »
  • 4:52PrésentateurFait
    « Elles ont raté leur attentat. Et c'est tant mieux. »
  • 8:51PrésentateurFait
    « Le titre de la pétition n'était pas terrible, « Touche pas à ma pute », c'était ça qui a provoqué probablement une mauvaise réaction. »
  • 9:13PrésentateurFait
    « Le problème, peut-être que le titre était un peu trop agaçant, une fois de plus, qui n'était pas de moi, mais après tout, cette loi, aujourd'hui, on le sait qu'elle est contre-productive par rapport aux travailleuses du sexe, elles sont obligées de se cacher, les clients profitent du fait que ce soit illégal et qu'ils risquent des amendes pour demander des trucs bizarres. »
  • 9:30PrésentateurFait
    « Le syndicat des travailleuses du sexe est contre cette loi. »
  • 9:39PrésentateurFait
    « En fait, c'est toujours pareil, on légifère sans demander aux principaux intéressés ce qu'ils en pensent. »
  • 10:22PrésentateurFait
    « Ce qu'il y a, c'est que moi, j'ai grandi... Je suis né en 65, j'ai grandi dans une période de libération, vraiment de... Voilà, l'après-gaullisme, l'espèce d'envie de casser toutes les structures. »
  • 11:48PrésentateurFait
    « Je suis pour que les femmes soient nos égales, qu'elles soient traitées avec respect. »
  • 12:01PrésentateurFait
    « Pour qu'elles aient les mêmes salaires que les hommes, ça me paraît normal. »
  • 12:09PrésentateurFait
    « Je trouve que c'est un chef-d'œuvre de Simone de Beauvoir. C'est un livre magnifique sur son enfant, sur la jeunesse d'une femme, qui grandit, qui se libère, en fait, et qui découvre l'amour. »
  • 13:11PrésentateurFait
    « Moi, j'ai été frappé par un prêtre quand j'avais 7 ans. J'ai vu des exhibitionnistes qui me montraient leur « teub », comme on dit. Il y a un monsieur un peu bizarre dans mon immeuble qui voulait que je vienne dans sa chambre de bonne quand j'avais 12 ans. »
  • 13:39PrésentateurFait
    « Je ne me compare pas, je ne minimise pas la souffrance des victimes de viol, évidemment. »
  • 13:53PrésentateurFait
    « La souffrance n'est pas un gage de talent. Il faut transformer ça, cette souffrance ou ces expériences, il faut les transformer par le style. C'est ça, le travail d'un écrivain. »
  • 20:27PrésentateurFait
    « J'ai beaucoup de chance. »
  • 23:27PrésentateurFait
    « C'est un de ses livres qui n'est pas très connu. Qui est posthume, parce que c'était des articles de journaux. Et ensuite, on en a fait The Crack Up. »
  • 36:20PrésentateurChiffre
    « Moi, je suis l'homme le plus horrifié par les statistiques de violences sexuelles, 50 000 viols par an. »
  • 41:53PrésentateurFait
    « Je suis pour sauvegarder certaines valeurs, une civilisation, un art de vivre. »
  • 42:04PrésentateurFait
    « C'est l'art de vivre un peu à la française. »
  • 42:50PrésentateurFait
    « On devient nostalgique en vieillissant. »
  • 43:07PrésentateurFait
    « Le passé embelli avec le temps. »
  • 44:25PrésentateurFait
    « J'aime sa simplicité. »
  • 44:29PrésentateurFait
    « L'idée qu'on ne peut écrire un roman en 7 jours, alors ça, ça m'a toujours beaucoup agacé. »
  • 45:41PrésentateurFait
    « Je pense à La Trappe-Cœur de Saint-Germain, bien sûr. »
  • 45:46PrésentateurFait
    « Moi, quand j'avais 18 ans, j'avais adoré Women de Charles Bukowski. »
  • 45:51PrésentateurFait
    « Puisque, encore une fois, mon seul sujet, ce sont les femmes. »
  • 45:57PrésentateurFait
    « Il y a beaucoup d'alcool. »
  • 45:59PrésentateurFait
    « Il y a beaucoup d'amour aussi. »
  • 46:01PrésentateurFait
    « Et c'est très émouvant. »
  • 46:08PrésentateurFait
    « Je conseille Bukowski. »
  • 48:35PrésentateurFait
    « Et lui, il prend des notes, il prend des notes. »
  • 48:39PrésentateurFait
    « C'est devenu sur la route. »
  • 51:03PrésentateurFait
    « Et je me suis senti très bien, très ému aussi. »
  • 1:26:31PrésentateurFait
    « Moi, je suis critique littéraire depuis 35 ans. »
  • 1:32:27PrésentateurFait
    « Alors moi, je suis écolo. »
  • 1:32:40PrésentateurFait
    « Je trouve que c'est dommage que l'écologie soit récupérée par l'UPSS. »
  • 1:32:50PrésentateurPromesse
    « Je compte créer le parti éco-conservateur. »
  • 1:39:25InvitéFait
    « L'Obs m'a demandé de penser faire un sujet sur la cocaïne. »
  • 1:39:55PrésentateurFait
    « On n'a jamais vraiment arrêté. »
  • 1:41:25PrésentateurFait
    « La génération avait changé et ce truc-là, ça passait pas. »

Temps de parole

  • Présentateur66 %
  • Invité25 %
  • Invité 24 %
  • Invité 32 %

10,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Invité

Et qui êtes-vous ? Mais quelle surprise ! Derrière le nom Frédéric Bec-Bédé, une porte avec Frédéric Bec-Bédé. On recommence. Ah oui !

0:16
Présentateur

Ah, c'est le figaro.fr. Exactement. Mais oui, je suis un employé de l'entreprise. Oui, on est collègue finalement. Oui, collègue de bureau. Bonsoir.

0:26
Invité

Alors, vous avez une loge à votre nom quand même, parce qu'on peut préciser, vous venez de faire une... Oui, on rentre. Parce qu'il y a un fantasme autour de la loge de Frédéric Bec-Bédé.

0:33
Présentateur

Alors, regardez. Eh oui, eh bien, vous allez être déçus. Oui, ce n'est pas la loge de Mick Jagger, quoi. Je ne vous propose que quelques chips, un sac vide. Vous aimez les balistos ? Des sucreries. Des sucreries.

0:46
Invité

Mais tout est bien rangé, il n'y a pas de guitare fracassée, de miroir brisé, non.

0:49
Présentateur

Non, c'est plus ce que c'était. Vous seriez venu dans la loge de Tout le monde en parle, ou du Grand Journal, de Canal+, il y a 20 ans, c'était autre chose. Mais là, c'est du Coca Zéro. C'est vraiment, vous commencez déjà, on a commencé depuis une minute à faire le vieux con. C'était mieux avant. Oui, mais j'ai déclaré récemment dans… c'était dans quel journal ? Je ne sais pas. J'étais un jeune con, je suis devenu un vieux con. Voilà. Mais je suis pacifique. Oui. Je vous accueille avec le sourire, avec gentillesse. Quel est le programme de cette…

1:23
Invité

Alors, c'est vous qui avez choisi le programme, parce qu'on va dans votre quartier. Oui. On va dans une librairie. Ah, très bien. Ah oui, oui, je m'en souviens. Ça, vous adorez. Ça me revient. Après, on va dans un endroit qui vous rejette un peu, on ne dit pas le télé pour l'instant. Oui, un club. Un club privé. Oui, c'est ça. Et ensuite, on va chez vous, ou presque.

1:40
Présentateur

Très bien. Très bien. Vous pouvez partir. Alors voilà, faites attention quand même, vous êtes en train de marcher à l'envers. Il y a une marche derrière vous. Enlève le pied. Oui, alors Frédéric, je vous prie. Je viens de sauver de la vie d'un cadran. Je vous le prends, parce qu'il va passer la soirée avec. Sylvain. Au revoir. Merci beaucoup. Je suis un homme très médiatisé, comme vous pouvez le voir.

1:59
Invité

Au revoir. Au revoir. Merci, collègue. Bonsoir. Merci. Bon, alors, vous êtes encore invité sur le service public. Je croyais que vous étiez cancellé. Je crois qu'après cette émission, je vais l'être. Qu'est-ce qui s'est passé ?

2:10
Présentateur

C'était un petit peu tendu, mais c'est bien, en fait.

2:17
Invité

Pourquoi il y a autant de tensions autour de la sortie de ce bouquin ? Je le montre tout de suite, quand même. Parce que c'est ça qu'on fait normalement. Confession d'un hétérosexuel légèrement dépassé.

2:25
Présentateur

Donc, il est en train de découvrir le titre du livre en direct.

2:28
Invité

Oui, mais vous savez, je suis un peu stressé, un peu ému. Je ne veux pas faire de bêtises.

2:31
Présentateur

Parce que je l'ai lu. Je vous assure que je l'ai lu. Venez, attendez, faites attention. Faites attention. Je ne veux pas qu'il y ait de problème. Non, surtout pas. Laissez. Venez, venez. Alors, la réponse à votre question sur la tension, c'est que j'ai toujours écrit des livres un peu... Enfin, comment dire ? J'utilise ma colère comme un carburant pour l'écriture. Je fais partie d'une catégorie d'écrivains qui aiment beaucoup le pamphlet, qui aiment écrire des manifestes, qui parfois peut-être aiment bien choquer. Oui, et puis vous parlez souvent de vous. Et donc, on m'associe... Donc, vous mettez en scène. Voilà, on m'associe à tout ça. C'est ma faute. Tout ça, je ne me plains pas du tout.

C'est ma faute. Mais quand je publie des livres, il y a toujours des controverses. Maintenant, j'ai l'habitude de ce qu'on appelle les shitstorms, c'est-à-dire des ventilateurs remplis de caca qui vous arrivent dans la figure comme ça. Ça déferle. Ça dure une semaine. Et puis après, tout le monde se calme. Et j'écris un autre livre.

3:36
Invité

Bon, alors nous, on essaye de passer une bonne soirée. Et oui, il y a un petit bouton. Oui, bien sûr.

3:42
Présentateur

J'espère qu'on va avoir à boire surtout. Oui, ça dépend quoi. Et oui, c'est très gentil. Merci beaucoup. Un grand sourire. Voilà. Super.

3:52
Invité

Vous voulez que je vous prenne avec, si vous voulez ? Ciao. Ah non, c'est bon ? Bon, ben, voilà. Alors, c'est... Oui, c'est ce... Votre modeste véhicule. Exactement. Hop. Bonjour, monsieur. Bonjour, monsieur. Gautier.

4:04
Locuteur

Bonjour, monsieur.

4:05
Invité

Allez-y, Frédéric. Merci beaucoup. Je vous laisse entrer. Alors, on va au 37 rue de la Bûcherie, monsieur, s'il vous plaît.

4:13
Présentateur

Bonsoir, monsieur. Ah, donc, nous allons... Je sais où on va. Rue de la Bûcherie, je sais où on va. On va dans ma librairie préférée qui s'appelle Shakespeare & Company. Et une chose intéressante par rapport à l'adresse, la rue de la Bûcherie, c'est là où il y a eu une tentative d'attentat islamiste avec des bonbonnes de gaz. D'accord. Il y avait une bagnole remplie de bonbonnes qui s'est explosée.

4:38
Invité

Ah oui, pas loin de Notre-Dame, je m'en souviens.

4:40
Présentateur

C'est de l'autre côté, c'était là qu'était la voiture en question. D'accord. Et Dieu merci, ça n'a pas marché.

4:45
Invité

Oui, on s'en souvient, c'était des jeunes femmes, je me souviens, qui étaient derrière ces tentatives d'attentat.

4:49
Présentateur

Elles ont raté leur attentat. Et c'est tant mieux. Voilà. Mais c'était devant la librairie. Donc, peut-être qu'elle était visée, cette librairie, pour excès de liberté. Ah, peut-être.

4:58
Invité

Bon, je relis le titre « Confessions d'un hétérosexuel » légèrement dérangé. Non, il est long. Non, il est long. Il est long. C'est compliqué de le lire jusqu'au bout. Oui, c'est vrai. Alors, j'aime beaucoup la couverture. Ça, ça m'a fait mourir de rire tout de suite.

5:08
Présentateur

Il y a eu beaucoup de parodies très bien, très réussies, très justes. Je pense d'ailleurs que ce qu'il faudrait, c'est demander à Albin Michel, l'éditeur, de changer le titre tous les mois. On pourrait mettre « Confessions d'un hétérosexuel » complètement cancelé. Oui. Et puis ensuite « Confessions d'un hétérosexuel » absolument submergé, etc. Ce serait la première fois qu'un livre changerait de titre.

5:33
Invité

Oui, vous avez l'habitude des premières fois. Vous avez fait le premier titre en smiley.

5:37
Présentateur

En smiley, oui. J'ai envie de faire des expériences, en fait, comme tous les artistes. Alors, vous me parlez d'un shitstorm sur les réseaux sociaux.

5:46
Invité

Vous avez tapé votre nom ? Non, vous n'avez pas les réseaux sociaux.

5:48
Présentateur

Non, je ne suis que sur MySpace. Oui. Je suis le dernier habitant de MySpace. Seul sur MySpace. C'est le titre de mon prochain livre. Seul sur MySpace. Il essaie d'appeler des gens, personne ne répond. Oui, mais peut-être qu'un jour, quelqu'un reviendra sur MySpace. Mais non, je ne vais pas là parce que c'est trop… Je suis quand même quelqu'un d'assez fragile finalement. Et c'est trop douloureux parce qu'au fond, les gens qui sont favorables n'écrivent rien. Et c'est que les gens haineux qui écrivent. Donc, en fait, c'est idiot d'aller masochistement voir des injures.

6:26
Invité

Ce qui a déclenché l'envie, j'ai l'impression, de faire ce bouquin, c'est une agression chez vous sur votre devanture, sur votre mur. Avec des tags sur votre mur. Voilà, plus que des tags.

6:37
Présentateur

Une œuvre d'action painting digne de Jackson Pollock. Vous avez des photos ? Oui, j'ai des photos. Je n'ai pas sur moi, mais la police a pris beaucoup de photos parce que j'ai déposé plein. Donc, ils sont venus prendre des photos et des indices, tout ça. Oui, il y avait des insultes, mais il y avait aussi vraiment une œuvre d'art de dripping très à l'américaine, comme Pollock a pu faire.

7:04
Invité

Mais alors, j'imagine que…

7:06
Présentateur

Et sur la voiture, et sur la terrasse.

7:08
Invité

J'imagine que c'est un choc. En plus, il y avait vos enfants qui dormaient, ça a été fait en pleine nuit.

7:12
Présentateur

On s'est réveillés le matin et on a vu qu'ils avaient enjambé la poussette de mon dernier fils, Léonard, qui avait six mois, pour vraiment salir la maison. Et je me suis dit, moi, si j'avais… Enfin, ça ne me guiderait pas à l'idée, mais si jamais j'étais vraiment très énervé contre quelqu'un et que j'avais cette idée de faire ça, la poussette m'aurait arrêté, je crois. Je crois que j'aurais arrêté à ce moment-là. J'aurais dit, bon, allez, je rentre chez moi. Ben non, non, ça ne les a pas arrêtés. Et c'est ça qui m'inquiète, en fait. Je pense qu'il y a quand même une… Il y a des limites qui sont franchies, donc ça m'a mis en colère.

Et quand je suis en colère, j'écris un livre, comme je vous l'ai dit, et voilà ce qui s'est passé.

7:50
Invité

Oui, mais la colère amène ce livre, et ce livre amène à nouveau de la colère chez les autres. À un moment, on n'en sort jamais.

7:58
Présentateur

Ça n'en finit pas. Ça n'en finit pas. Non, mais si vous voulez… Bon, c'est pénible sur le moment, mais en réalité, c'est une bonne nouvelle. Qu'un livre crée une controverse, c'est toujours mieux, plutôt que ce soit une vidéo TikTok, ou je ne sais pas, un sketch de Cyril Hanouna, j'en sais rien. Ça veut dire qu'un livre peut encore provoquer des discussions. Moi, je trouve qu'il faut le prendre comme une bonne nouvelle, même si à vivre, c'est un petit peu fatigant.

8:32
Invité

Est-ce que vous regrettez parfois ce que vous dites ou ce que vous faites ? Parce qu'à la base, ces tags sur votre mur, cette œuvre d'art sur votre mur, c'est à cause d'une tribune que vous avez signée contre la pénalisation des clients de prostituées

8:46
Présentateur

et oui, le titre de la pétition n'était pas terrible, « Touche pas à ma pute », c'était ça qui a provoqué probablement une mauvaise réaction.

8:55
Invité

Les 343 salauds.

8:56
Présentateur

L'idée de critiquer cette loi, après tout, on critique une loi qui est débattue à l'Assemblée nationale. C'est ce qu'on fait en ce moment, par exemple, sur la réforme des retraites. Oui, sauf qu'il n'y a pas vraiment de débat, mais oui, ce n'est pas ça le problème. Le problème, peut-être que le titre était un peu trop agaçant, une fois de plus, qui n'était pas de moi, mais après tout, cette loi, aujourd'hui, on le sait qu'elle est contre-productive par rapport aux travailleuses du sexe, elles sont obligées de se cacher, les clients profitent du fait que ce soit illégal et qu'ils risquent des amendes pour demander des trucs bizarres. Le syndicat des travailleuses du sexe est contre cette loi.

En fait, c'est toujours pareil, on légifère sans demander aux principaux intéressés ce qu'ils en pensent. Et ça, c'est un peu bizarre. Peu importe, en fait, on s'en fout, mais c'est une violence quand même d'aller chez quelqu'un, dans son jardin, l'insulter. Donc, je suis parti de là pour me dire qu'est-ce qui se passe dans notre société. Alors oui, c'est un livre qui va relancer des discussions, mais bon...

10:00
Invité

On va en parler parce qu'il y a plein de thèmes, mais j'ai prévu d'en parler tout au long de la soirée. Est-ce que vous faites la chose avec un peu de désinvolture ? Quand vous signez cette tribune, par exemple, est-ce que vous êtes très concentré sur ce qui se passe ? Très occupé par cette tribune ou vous faites ça comme ça ?

10:15
Présentateur

C'est-à-dire que vous avez un peu raison, je suis un peu inconséquent ou inconscient. C'est ça, en fait. Ce qu'il y a, c'est que moi, j'ai grandi... Je suis né en 65, j'ai grandi dans une période de libération, vraiment de... Voilà, l'après-gaullisme, l'espèce d'envie de casser toutes les structures. J'ai vécu ça, ça a été parfois difficile, c'est pas une enfance très... Parfois, c'est compliqué d'être dans des fêtes avec des adultes qui font les fous, alors qu'on a 7 ans et qu'on est en pyjama. Mais malgré tout, je me battrai toujours pour la liberté.

Et la liberté, c'est aussi parfois de dire des choses un peu provocatrices ou même de manière inconsciente, un peu folle, sans trop réfléchir tout le temps, sans être prudent. Bon, je trouve que dans la littérature, aujourd'hui, il y a trop d'autocensure, en fait. Et voilà, donc moi, j'ai ce défaut d'écrire tout ce qui me passe par la tête. Je réfléchis un tout petit peu quand même, mais... Mais oui, vous n'avez pas tort, ça déclenche des choses, tant mieux. Kafka dit qu'il faut lire des livres, écrire des livres qui vous... Non, lire des livres qui vous mordent ou vous piquent, sinon ça ne vaut pas la peine de les lire. Je crois ça, en fait.

11:36
Invité

Vous, vous lisez, par exemple, des romans féministes ? Ou des essais féministes qui vous piquent ? Oui, bien sûr, c'est intéressant.

11:41
Présentateur

Avec lesquels vous n'êtes pas d'accord ? Moi, je suis d'accord plutôt avec le féminisme. Je suis père de deux filles. Je suis pour que les femmes soient nos égales, qu'elles soient traitées avec respect. Ça me paraît tellement évident que je trouve ça gnangnang d'avoir à le répéter. Mais oui, je suis tout à fait contre les violences, contre les agressions, évidemment. Pour qu'elles aient les mêmes salaires que les hommes, ça me paraît normal. Mais oui, par exemple, j'adore Les mémoires d'une jeune fille rangée. Je trouve que c'est un chef-d'œuvre de Simone de Beauvoir.

C'est un livre magnifique sur son enfant, sur la jeunesse d'une femme, qui grandit, qui se libère, en fait, et qui découvre l'amour. C'est merveilleux. C'est très, très beau, ce livre.

12:26
Invité

Les gens qui pensent comme vous dans toutes les théories que vous développez dans cet essai sont plutôt des gens qui disent « on en a marre de la victimisation à tout va ». Vous, au contraire, vous dites « mais moi, je suis une victime ». Moi, je trouve que souvent, on dit « non, mais en ce moment, le statut de victime est le statut le plus en vogue ». Vous, vous dites « oui, pourquoi pas, je veux bien être une victime ».

12:49
Présentateur

Oui, c'est ça. Bon, c'est un peu de l'humour, mais oui, « me too », ça veut dire « moi aussi ». Et donc, je commence mon livre par « moi aussi, je suis une victime » et j'essaie de chercher. Alors, qu'est-ce que je pourrais bien trouver ? Effectivement, ma maison a été agressée, mais oui, en fait, on a tous vécu des choses dans notre enfance, dans notre adolescence, parfois compliquées. Moi, j'ai été frappé par un prêtre quand j'avais 7 ans. J'ai vu des exhibitionnistes qui me montraient leur « teub », comme on dit. Il y a un monsieur un peu bizarre dans mon immeuble qui voulait que je vienne dans sa chambre de bonne quand j'avais 12 ans.

Il y a des choses, bien sûr qu'il y a des trucs où, en fait, on grandit avec ces expériences-là. Alors, je ne me compare pas, je ne minimise pas la souffrance des victimes de viol, évidemment. Mais je pense qu'en fait, tout le monde est plus ou moins, à certains degrés, victime et que ce n'est pas un critère de talent. La souffrance n'est pas un gage de talent. Il faut transformer ça, cette souffrance ou ces expériences, il faut les transformer par le style. C'est ça, le travail d'un écrivain.

14:02
Invité

Vous n'avez pas eu peur de faire un roman un peu gna gna gna ?

14:04
Présentateur

En fait, les néo-féministes disent « ouin ouin ». Oui, c'est ça. C'est ça. Les mecs qui se plaignent, c'est des ouin ouin.

14:13
Invité

Mais honnêtement, vous faites un peu le ouin ouin.

14:15
Présentateur

Je fais le ouin ouin dans le premier chapitre. Après, j'arrête. Oui, je fais ouin ouin ouin. Mais moi, les écrivains que j'aime, Musset, c'est que du ouin ouin, la confession d'un enfant du siècle. Proust, c'est ouin ouin. Proust, il dit « ouin ouin, ma maman n'est pas venue m'embrasser dans mon lit, ouin ouin ouin ». 3000 pages de ouin ouin. La Martine, qu'est-ce que… Le chef du ouin ouin, c'est Jean-Jacques Rousseau, qui a écrit « Les confessions ». Il y a d'ailleurs une fessée.

14:44
Invité

D'ailleurs, les confessions, oui.

14:45
Présentateur

Moi, il y a une fessée. Jean-Jacques Rousseau a reçu une fessée de madame, je ne sais plus comment elle s'appelait, Lambercier, je crois. Et ça a été un grand, grand traumatisme. Et après, il a fait ouin ouin ouin ouin ouin ouin. Et il a inventé ce genre littéraire de la confession.

14:58
Invité

Vous, vous êtes devenu, vous êtes autoproclamé, presse-président de la Fédération française des boomers. Des boomers et des ouin ouin. Alors là, vous avez coché toutes les cases. Vous avez dit « qu'est-ce qu'il faut faire pour être le parfait boomer ? »

15:10
Présentateur

Alors qu'en réalité, boomers, si on est sérieux, c'est le baby boom. C'est-à-dire, c'est plutôt mes parents. Ceux qui sont… Il me semble qu'on est arrivés. On est déjà arrivés chez Shakespeare & Company. Oui, apparemment, ceux qui sont nés dans les années 60 sont plutôt les générations X, pas les boomers. Mais oui, ça ne me dérange pas. Ça ne me dérange pas. C'est comme ça. Oui, j'ai l'âge que j'ai. J'ai connu une époque très différente, c'est sûr. J'ai connu une époque très différente. Vous pouvez vous calmer un petit peu sur les petits bruits là, quand même.

15:44
Invité

Oui, vous avez connu une époque où il n'y avait pas de petits bruits pour faire reculer la DS. Absolument pas. Ah non, on entendait juste le crunch quand on rentrait dans quelqu'un ou dans une voiture.

15:53
Présentateur

Bon, alors vous voulez qu'on descende ? Vous savez qu'ici, il y a beaucoup de rats. On va peut-être avoir la chance d'en voir. Oui, ici.

15:59
Invité

Parce qu'en plus, c'est un lieu à touristes parfaits, le touriste. Ici, c'est parfait, monsieur. Merci, monsieur. C'est super.

16:08
Présentateur

Oui, vous allez voir, c'est la caverne d'Ali Baba. C'est une merveille, cet endroit. Peut-être que vous êtes déjà venu.

16:14
Invité

Je suis déjà venu. Mais il y a beaucoup de queues. Là, on a la chance de pouvoir venir. Alors là, il s'est fermé. On vient en privé, mais normalement...

16:20
Présentateur

Vous avez appelé, vous avez organisé. Bien sûr. Alors, faisons semblant d'être naturel. Oui.

16:27
Invité

Merci beaucoup, monsieur. Merci. Merci. Alors, c'est ici, on va voir.

16:32
Présentateur

Donc, vous avez une petite cathédrale, voilà, qui a mille ans. Alors, en plus, vous êtes devenu croyant. C'est plus compliqué que ça. Je reviens tel l'enfant prodigue. Je reviens aux sources. Comme j'ai été éduqué dans la religion catholique, j'étais évidemment à l'âge de 6, 7, 8, 9 ans. Je n'avais aucun doute sur l'existence de Dieu et de Jésus. Et puis après, je me suis éloigné. Alors, on est. C'est l'experiment.

17:01
Invité

Non, non, mais on va toquer. Alors, j'ai le numéro de Sylvia. Ah, Sylvia Whitman. Merveilleuse Sylvia. Alors, je vais toquer ici, non ? Tu ne sais pas ? Ou sinon, je l'appelle, Sylvia. Ah, elle est là. Tout va bien. Vous la connaissez un peu ? Oui. Bonjour.

17:18
Locuteur

Bonjour.

17:19
Invité

Bonjour. Bonsoir.

17:20
Présentateur

How are you ? I'm sorry.

17:22
Invité

Welcome back.

17:22
Présentateur

Je suis désolée. I'm sorry to disturb you.

17:25
Invité

C'est quoi ? Non, non, mais ça va. Merci beaucoup.

17:27
Présentateur

This is the man from the Figaro. Enchanté. Thibaut, merci de nous accueillir.

17:30
Invité

Enchanté.

17:31
Présentateur

And you smile to the camera. Yeah, be very naturel. Yeah, bah, as usual. Of course.

17:37
Invité

C'est le timing parfait avec les fleurs.

17:39
Présentateur

Oui, mais oui. Oui, c'est vrai.

17:41
Invité

Ça dure deux semaines, donc...

17:43
Présentateur

C'est Sylvain, c'est ça ? Sylvain. Regardez-moi ça. Alors, c'est pas beau, la France ?

17:49
Invité

C'est un beau cat.

17:50
Présentateur

Ah oui, idyllique. Ah oui. Fairy tale.

17:53
Invité

Oh, it is.

17:54
Présentateur

Yeah.

17:54
Invité

I was just thinking about this morning. Mais oui, c'est vrai. Living in a fairy tale.

17:58
Présentateur

Well, except when the cathedral was burning.

18:02
Invité

Oh yeah, well, that was a little bit less of a fairy tale.

18:05
Présentateur

Vous parlez bien anglais, parce que vous avez des origines anglaises. C'est quoi ? Euh, irlandaise il y a très très longtemps. Oui. Et américaine par ma grand-mère.

18:13
Invité

Et Sylvia, vous êtes en France depuis longtemps, vous ? Euh, 18 ans. Parce que c'est votre papa qui a... Oui, c'est mon père qui l'a fondé. Il était un Américain, il ouvrait la Libérie en 51.

18:26
Présentateur

Et moi, je l'ai connu.

18:27
Invité

Oui, je suis.

18:28
Présentateur

J'ai connu ton papa. J'ai même tenu la caisse ici quand j'avais... C'est vrai ? Ah oui ? Quand j'avais 9 ans, oui. Oui. J'ai tenu la caisse avec les pièces. Il y a plein de pièces de monnaie. J'ai fait tomber la boîte. Il y avait des pièces partout par terre.

18:39
Invité

Mais c'était une boîte au cigare.

18:40
Présentateur

Oui. Et je me suis fait gronder parce que toutes les pièces étaient par terre. C'était horrible. J'étais tout rouge.

18:46
Invité

J'ai hâte de rentrer. J'ai hâte de rentrer. Alors, on y va.

18:50
Présentateur

Allez, Sylvain vous suit. Merci. Non, mais c'est vrai. J'étais questionné. Tout le monde fait la caisse à tour de rôle ici. C'est le principe. Oui, oui.

18:58
Invité

Mais vous avez eu la chance parce que Sylvain a demandé aux écrans de nettoyer le sol.

19:04
Présentateur

Ah oui.

19:06
Invité

C'était mieux de dire...

19:07
Présentateur

La caisse, c'est une promotion. Oui, oui. Ah bon, d'accord. Mais surtout que j'étais vraiment tout petit.

19:12
Invité

Ça a un peu changé depuis la dernière fois. Ils sont gentils.

19:14
Présentateur

Ils ont mis un livre de moi exprès. Ah, thank you so much. Very polite.

19:20
Invité

Very polite. Non, non, mais depuis Covid, on a un livre en français. Ah oui, alors c'est ça, parce qu'ici, il n'y a que des livres en anglais. Mais là, depuis Covid, on a... Mais alors, est-ce qu'il y a des livres en français ? Et est-ce qu'il y a des livres de Frédéric Black BD en anglais ? En anglais, oui. Peut-être. Ah oui, oui. Non, mais on a un en français et un en anglais maintenant.

19:40
Présentateur

Et il y a toujours le lit pour dormir ?

19:43
Invité

Bah oui, là-haut. On va y aller. Là-haut, il y a deux... Ah oui, tu as changé.

19:49
Présentateur

Windows on the world.

19:51
Locuteur

Windows on the world.

19:51
Présentateur

Voilà. Vous avez... Tiens.

19:54
Invité

Alors là, le titre était déjà en anglais.

19:56
Présentateur

Oui.

19:56
Invité

Love last three years.

19:59
Locuteur

Oui, quand on a un français.

20:00
Présentateur

De Yannick Sand. Oui, l'amour dure trois ans. Ah, c'est très bien. C'est très, très bien. Il parle très bien le français. Pas très bien, mais bon, c'est très beau.

20:11
Invité

Il y a quasiment tout au lit.

20:12
Présentateur

Oh, mais Sylvia, arrêtez. Oui, presque tous.

20:17
Invité

Vous vendez à l'étranger aussi, à la Évec BD ?

20:20
Présentateur

Vous vendez beaucoup ? Beaucoup, je ne sais pas. Mais c'est déjà... Tu sais, pour un écrivain français, d'être traduit en anglais, c'est déjà très rare. J'ai beaucoup de chance. Et dans d'autres langues ? Et comment ? Dans d'autres langues que l'anglais ou pas ? Ah, oui, oui, oui. Enfin, oui. Je ne vais pas avoir l'air de me vanter.

20:36
Invité

Non, mais c'est intéressant. Non, mais par exemple, Michel Houellebecq marche très bien en Allemagne, par exemple.

20:40
Présentateur

Oui, oui, je suis traduit en Allemagne. En Allemagne, c'est qu'une quarantaine de langues différentes. Oui, rien que ça.

20:47
Invité

Et puis, vous supervisez en plus chaque traduction. Chaque traduction. Vous ne laissez rien passer. Je parle de toutes les langues. Quel livre vous choisiriez ici, pour lire en anglais, tiens ? Bah, je ferais...

21:01
Présentateur

L'Oscalation, non ? Oui, on avait fait ici un événement très beau, où on a lu du Salinger, des nouvelles inédites, interdites à la publication de J.D. Salinger ici, avec notamment la famille Chaplin, parce que je publiais un livre sur l'histoire d'amour entre Salinger et Ouna O'Neill, avant qu'elle épouse Charlie Chaplin. Et donc, on avait fait ici une très belle lecture. Mais attends, il y a des choses qui ont changé, non ?

21:27
Invité

Voilà, la verrière. Ah oui !

21:31
Présentateur

Avant, c'était fermé !

21:32
Invité

Oui ! Tu as tout cassé ! Non, mais tout ça a changé. Puis là, on est en train de mettre des étagères qui vont aller jusqu'à la verrière. Ah oui, ça va être beau ! Et là, on a trouvé ça au pouce, dans les étagères. Et donc là, je suis contente que vous êtes tout ça à ce moment. Parce qu'il y a quelques semaines, c'était vraiment de bazar. Ah, ça n'aurait pas été possible, c'était en travaux ! Oui, oui, oui. Ah oui, oui. C'était plein de travaux.

21:52
Présentateur

Et pourquoi ? Parce que tu en avais marre du côté trop empilé ?

21:56
Invité

Non, parce qu'il y avait des fuites en permanence Oui, d'accord, d'accord. Qui utilisait la littérature française, d'ailleurs. Ah oui, non, oui, oui, c'est pour ça. Vraiment, les mauvaises sections à la soucière. Mais c'est pour ça, bien sûr, bien sûr. Donc, c'était un ancien, toi, que mon père avait installé, c'était en plastique, toutes les choses qu'il avait installées, tout est mis avec du scotch. Bricolé, oui. Bricolé, il y avait du tapis, où il y avait de l'ancien crêpe. Ah oui, oui. Le truc pour faire des crêpes, il a mis ça pour moi. La farine ? Non, non. Quand on fait les crêpes, avant qu'on a cuit, il a mis cette partie liquide, il est utilisé comme scotch. La pâte à crêpe.

La pâte à crêpe, elle a durci. C'est une méthode. De la colle de crêpe. C'est pas mal.

22:45
Présentateur

Il a peut-être inventé quelque chose. Je peux peut-être manger après le théâtre. Vous me dégoûtez. Vous me dégoûtez, je vous déteste. Je veux partir d'ici. J'ai trouvé un... Ah ben oui, bien sûr. Vous parlez de lui constamment. Oui, c'est parce que là, ce livre-là, Confessions d'un hétérosexuel, c'est un peu inspiré de la fêlure, de Crack Up. Et en fait, c'était trois articles qu'il a publiés en 1936 dans... C'est déjà ailleurs. Voilà, Scott Fitzgerald. Sur la décision. Oui, et son alcoolisme et sa difficulté à écrire. C'est vraiment un livre très beau, très court. Mais donc, ben oui, peut-être...

23:23
Invité

C'est un de ses livres qui n'est pas très connu.

23:27
Présentateur

Qui est posthume, parce que c'était des articles de journaux. Et ensuite, on en a fait The Crack Up. Mais oui, alors le côté autobiographie impudique, un peu. Et puis l'idée de parler de son addiction. Moi, ce n'est pas l'alcool, c'est plus grave. Et d'essayer d'être honnête, de parler ouvertement, avec gravité et émotion. Vous êtes en train de me saisir. Ah oui, l'ambiance tout de suite... C'est agréable, parce qu'ici... Ça n'arrive jamais d'avoir un tel silence ici.

24:00
Invité

C'est agréable.

24:01
Présentateur

Il y a toujours une foule, il y a toujours...

24:03
Invité

J'ai encore ce qu'il y a, ce moment.

24:05
Présentateur

J'ai jamais entendu ça.

24:06
Invité

Non.

24:06
Présentateur

Alors, en avant... Non, il y a un brouhaha de gens... En plus, les Américains parlent fort. Oui, vrai. Ils parlent fort.

24:12
Invité

Oh yeah, I'm going to turn around, I'm going to turn around and turn around.

24:18
Présentateur

Il y a un autre écrivain américain dont vous parlez souvent, c'est Brett Estonalis. Oui, et que j'ai eu la chance de recevoir dans mon émission sur Radio Classique, il y a deux semaines. Il est venu à Paris.

24:28
Invité

Il aurait pu écrire « Confessions d'un homosexuel légèrement dépassé. » Oui, oui. Mais c'est ce qu'il a fait d'ailleurs.

24:34
Présentateur

Ça s'appelle « The Shards », « Les éclats ». Vous l'avez ici ? Oui, je pense. Oui, sûrement. Oui, je pense. Bien sûr.

24:40
Invité

On a un... Je vais regarder.

24:41
Présentateur

Oui, vous l'avez sûrement en anglais, mais en français, peut-être pas.

24:46
Invité

Ah non, en français, je pense pas.

24:48
Présentateur

« Elis ».

24:48
Invité

C'est déjà sorti en français.

24:50
Présentateur

Oui, c'est sorti. « The Shards ». Oui, mais je suis sûr que vous l'avez, mais peut-être ça, c'est pas les nouveautés, si ?

24:56
Invité

Non, non, c'est pas les nouveautés.

24:57
Présentateur

Ça, c'est « Rules of Attraction ».

24:59
Invité

Non, c'est plutôt difficile.

25:01
Présentateur

Oui, voilà. Ah, mais il est là. Voilà. Et en fait, ça, c'est très juste, mon cher ami, ce que vous venez de dire, parce que c'est la première fois qu'Elis parle de son homosexualité. Il n'en a jamais parlé auparavant dans un livre. Et là, il dit la... En fait, c'était un homo... Comment on dit ? Closet. In the closet. Qui n'a pas fait son comedy-out. Oui, alors il avait des histoires avec des garçons et avec des filles. Il se forçait à coucher avec des filles vis-à-vis de notre entourage. Voilà. Et il raconte tout ça. C'est très, très drôle. C'est très mélancolique, mais c'est très drôle. Quand il fait l'amour avec des filles en étant obligé de penser à des mecs. C'est affreux.

25:45
Invité

Vous l'avez interviewé récemment.

25:47
Présentateur

Oui, oui, oui. J'adorais l'interview. Oui, c'était très, très sympa de le revoir et on est toujours assez contents de se retrouver.

25:55
Invité

Ce qui est toujours étonnant, c'est que j'ai l'impression qu'il appartient à un pays qui invente tout ce qu'il exacre. Il pourrait presque être français dans cette manière un peu romantique en Occident de résister encore un peu.

26:08
Présentateur

En fait, ce qui est assez bizarre, c'est que la réception des livres de Brett en Amérique n'est pas du tout la même qu'en France. Il est très critiqué dans son pays. Un peu comme moi en France, si vous voulez. On agace. Nul n'est prophète en son pays. Et puis, il y a un point commun, c'est qu'on est un peu scotché dans les années 80. Alors, lui, c'est quand même 500 pages qui se passent l'été 81 à Los Angeles, avec les soirées, la cocaïne, la décadence, tout ça. Et on est un peu tous les deux bloqués. On est très nostalgiques, en réalité. On est un peu nostalgiques de cette période d'excès, de liberté où, finalement, on était peut-être plus libre qu'aujourd'hui.

26:55
Invité

C'est bien, on peut monter ? Oui. Est-ce que je peux emmener Frédéric Becbébé à l'étage ? Et j'ai plein de questions à lui poser là-haut. Vous avez choisi le point préféré. Alors, ça, c'était déjà comme ça. Oui, on a un peu ouvert. Après, les rayons en France, c'était toujours là. Oui, ça, je me rappelle. C'est la science fiction et plurésie. Mais je pense que tout ça, c'était déjà là.

27:15
Présentateur

Oui, oui, oui, c'était déjà là. Et là, le canapé m'a l'air un peu plus neuf qu'avant.

27:24
Invité

On l'a désoigné.

27:25
Présentateur

Oui, c'est pour ce soir. Non, non, c'est... Oui, j'adore. Ce que j'aime, c'est le côté labyrinthique. Oui.

27:33
Invité

Borgésien. L'idée, c'est qu'on se perd comme on se perd dans un lit. Ah, oui, c'est joli. Oui.

27:42
Présentateur

Et là, c'est la poésie.

27:43
Invité

Là, c'est la poésie, Shakespeare.

27:47
Présentateur

Non, mais vraiment, c'est un endroit magique ici. C'est magique.

27:51
Invité

Et puis là-haut, c'est là où on invite les auteurs à dormir. La nuit.

27:56
Présentateur

Donc, il y en a qui dorment là ou pas ?

27:57
Invité

Alors, ce soir, il y a un écrivain. Donc, elle attend que vous avez fini pour... Ah, pour faire se coucher avant, il y a l'occasion, on va jouer.

28:05
Présentateur

Donc, on se dépêche.

28:06
Invité

Non, mais c'est tout.

28:08
Présentateur

Elle aurait pu rester.

28:10
Invité

Je l'avais dit, elle est bien venue, elle est là dans les barrages.

28:15
Présentateur

Ah bon, d'accord. Et alors, est-ce qu'il y a toujours des rats qui attaquent ? Parce que j'avais vu beaucoup de...

28:21
Invité

Non, mais heureusement, il y a... Devant ? Devant ? Pas dans la librairie.

28:24
Présentateur

Ah non, pas dans la librairie.

28:25
Invité

Oui, oui, je me souviens. Il y avait un monstre aujourd'hui. Incroyable ! Oui, mais là, c'est géré.

28:30
Présentateur

Ah, d'accord, ok.

28:33
Invité

Donc là, ça a changé pas mal. Oui, oui, oui.

28:37
Présentateur

Ça, ça n'existait pas.

28:38
Invité

Ici, c'est la salle avec le piano, et puis il y a un lit.

28:41
Présentateur

Tu vois, si jamais tu veux dormir... Oui, mais il faut que j'écrive, c'est ça le problème. Il faut que je devienne écrivain.

28:50
Invité

Si l'entretien est très ennuyeux...

28:52
Présentateur

Est-ce que vous acceptez les non-écrivains pour dormir, ou il faut vraiment être que les écrivains ?

28:57
Invité

Non, c'est que les écrivains.

28:58
Présentateur

Ah oui. Il faut prouver son travail.

29:01
Invité

La place, c'est limité.

29:03
Présentateur

Mais comment tu prouves que tu es écrivain ? Il faut avoir un vrai livre, ou...

29:06
Invité

Non, c'est la science.

29:08
Présentateur

Ah oui. C'est juste... N'importe qui arrive et dit « I'm a great poet ». Et hop ! C'est le prochain... Voilà.

29:17
Invité

Oui, c'est ça. On pourrait presque jouer au psy, regardez là. Hop, vous vous allongez ? Oui.

29:22
Présentateur

Ben oui, mais Sylvia, asseyez-vous.

29:24
Invité

Non, non, mais je vais vous laisser... Ah, j'ai plein de questions. Et après, Sylvia, je... Ah, ok, ah, bon. Et est-ce que je peux vous offrir un verre de vin, ou de l'eau, ou... Ah, de... Et de l'eau, parce que... Parce qu'on est à la télévision, vous le savez, Frédéric ? Ah, on n'est pas droit. Ah, oui. Oui, ok. Et oui. D'accord. De l'eau. De l'eau. De l'eau. D'accord, j'ai compris. Merci beaucoup, Sylvia. Je vais chercher ça, je reviens. C'est parfait comme endroit pour une interview.

29:51
Présentateur

C'est exceptionnel.

29:51
Invité

Tous les plateaux de France devrait ressembler à ça.

29:53
Présentateur

C'est la plus belle librairie de tout l'univers. C'est magique. C'est un endroit qui a une âme. Il y en a très peu, en réalité. Alors, il y a des très belles librairies. Il y en a beaucoup que j'aime. Galignani, c'est très beau. De la main. Il y a beaucoup de librairies anciennes. On est une des villes du monde où il y a le plus de livres partout. Mais ici, il y a quelque chose de... Parce qu'il y a le côté beatnik aussi. Il y a le côté beat generation.

30:23
Invité

On vient et on est accueilli pour dormir ici.

30:25
Présentateur

Voilà, et c'est ça qui est très différent quand même. Et le fait que ce soit que des... Il y avait quand même une longue histoire des écrivains américains à Paris. Et cet endroit participe de cette histoire-là. Voilà, on est...

30:45
Invité

On va s'endormir maintenant. Non, parce que j'ai plein de questions. On s'amuse, on s'amuse, mais je rentre dans le dur. Premier grand sujet de votre livre, les femmes. Qu'est-ce que vous ne comprenez pas chez les femmes ?

30:58
Présentateur

Vous allez me dire tout ? Oui. C'est le sujet principal de tous mes livres. Et voilà, je suis hétérosexuel, je désire les femmes. J'en ai épousé. Une, deux, trois. C'est la troisième aujourd'hui. J'ai des expériences foireuses, merveilleuses. Et je suis incapable d'écrire sur autre chose. Ça ne m'intéresse pas. Le problème aujourd'hui, c'est qu'écrire, quand on est un homme, sur les femmes, sur le désir, sur la sexualité, ou même être romantique, c'est devenu compliqué. On doit un peu se contrôler. Alors, ça rejoint ce qu'on s'est disé avant, mais je ne peux pas écrire sur autre chose. Je n'ai pas le choix, en fait. Donc, j'essaie de m'attaquer à cette question.

C'est vrai que c'est une drôle d'idée d'aimer quelqu'un d'un autre sexe. Mais quand on a ce handicap, il faut essayer d'en parler.

32:01
Invité

C'est pour ça que vous avez choisi confession d'un hétérosexuel. Vous auriez pu lui dire confession d'un homme, d'un cinquantenaire, d'un blanc, que sais-je. Pourquoi hétérosexuel ? Plus que les autres.

32:11
Présentateur

Ce mot m'amusait, en fait. Je trouve que c'est un mot amusant. C'est un peu inattendu. On se demande qu'est-ce que ça va raconter. Et ça intrigue. Et visiblement même, ça a provoqué des réactions avant même la sortie du livre. Simplement le titre. Le titre et cette gueule d'un barbu dans l'eau. Ça a provoqué un déluge de réactions. Vous ne comprenez pas ce qu'elle vous reproche ? Je ne sais pas. Non, je n'en sais rien. Je ne comprends pas. Mais je pense qu'encore une fois, je ne crois pas qu'on choisisse tellement un sujet. Quand on écrit, on écrit ce qu'on peut écrire. Je ne calcule pas en me disant qu'est-ce que je pourrais dire.

33:06
Invité

Est-ce que votre regard sur les femmes a changé depuis 20 ans ?

33:12
Présentateur

J'étais peut-être un peu plus con. Quoique, j'ai dit que j'étais un vieux con. Mais j'étais peut-être un peu plus primaire, maladroit.

33:23
Invité

À cause de votre âge ou à cause de l'évolution de la société ? Donc, d'une certaine manière, vous avez évolué, vous avez compris certaines choses.

33:30
Présentateur

Oui, je pense. Oui, on est tous plus ou moins déconstruits. En tout cas, on est en phase de reconstruction. Mais qu'est-ce qui a changé ? Non, je pense que je suis plus apaisé aujourd'hui. Je suis plus apaisé. Le désir effrayant que je décris dans le livre, c'était celui peut-être que j'avais quand j'étais plus jeune. J'ai une nostalgie peut-être de ça.

33:59
Invité

On vous a reproché des choses, notamment de vous trouver dans l'affaire PPDA, d'une certaine manière. Vous comprenez ? Alors, on peut expliquer ce qui s'est passé. Vous étiez éditeur à l'époque. Une écrivaine vient vous voir, vous explique ce qu'il s'est passé avec le PPDA. Et vous auriez éclaté de rire.

34:14
Présentateur

Oui, mais je n'en ai aucun souvenir. Alors, le problème maintenant, c'est que quelqu'un peut raconter une histoire et tout le monde reprend immédiatement une version d'une histoire. Moi, je n'ai pas de souvenir de cette anecdote. Cela dit, si jamais c'est arrivé, je le regrette, évidemment. Mais vous voyez bien qu'on a... C'est compliqué d'être toujours ramené à des bêtises d'il y a 20 ans. Je parle de moi. L'affaire, je ne peux pas m'exprimer dessus. Je trouve que c'est idiot de s'exprimer sur des affaires dont on n'a aucune idée. C'est un peu étrange, cette époque où tout le monde juge tout le monde sans que ce soit leur boulot, en fait.

On n'est pas des magistrats, on n'est pas des policiers. Donc, je trouve que c'est mieux de ne pas trop se mêler d'affaires judiciaires quand on n'est pas un professionnel de la justice.

35:13
Invité

Vous dites, là, je vous lis, que la seule chose qui empêche les hommes de violer les femmes, c'est la peur de la prison. Oui, mais c'est une sortie de son contexte. Oui, c'est vrai, mais alors, d'une certaine manière, vous savez comment ça marche. Aujourd'hui, on sort une phrase, on la voit, et c'est vrai que quand on prend cette phrase, il faut lire, parce qu'il faut être une forme de déclaration d'amour aux femmes, à la fin. Mais là, ce n'est pas une déclaration d'amour quand vous dites ça.

35:37
Présentateur

Mais si vous sortez la phrase, non, il ne faut pas. Mais après, oui, je dis heureusement qu'il y a des lois, parce que le désir masculin, il comporte une part de bestialité, de danger. C'est pour ça qu'on a imaginé des manières de le canaliser. La religion, la famille, le mariage, la loi, la justice, heureusement, permet de canaliser ces pulsions de dingue qu'il y a en tout homme, je crois, à plus ou moins de degrés. Vous avez deux filles, ça ne vous terrifie pas ce que vous dites vous-même ? Bien sûr, bien sûr, c'est précisément pour ça qu'il faut en parler. Oui, c'est vrai, c'est très, très...

Mais moi, je suis l'homme le plus horrifié par les statistiques de violences sexuelles, 50 000 viols par an. Non, c'est évidemment, c'est très, très effrayant. C'est pour ça que je trouve que c'est un sujet important, et d'arriver à en parler peut-être de manière sérieuse, et en même temps, en rappelant qu'il y a une beauté là-dedans, dans ce désir aussi. Tous les hommes ne sont pas des prédateurs, et il y a quelque chose de sacré dans le désir. Le désir se transforme aussi en poème, en littérature, pas seulement en harcèlement dégueulasse.

37:02
Invité

Vous citez Virginie Despentes et vous dites qu'elle essaye de rapprocher elle, contrairement à d'autres, en tout cas dans son dernier bouquin, « Adieu connard », c'est ça ? « Cher connard ». « Cher connard ». « Justement, c'est mieux cher ». « Cher connard », oui. Elle essaye de rapprocher les sexes, mais moi, je n'ai pas l'impression, surtout dans la première partie, que vous voulez rapprocher les sexes. Vous avez plutôt compris qu'il y a une guerre, et vous voulez la mener, cette guerre, et vous voulez vous défendre.

37:26
Présentateur

Non, parce que là encore, le livre a une progression, alors peut-être que je suis énervé au début parce que j'ai été agressé à mon domicile, mais je suis tout à fait opposé à la guerre des sexes, évidemment. Je suis pour qu'on puisse discuter, qu'on respecte les femmes, et qu'on respecte aussi la justice. Il y a quand même un progrès qu'il y ait une justice, et que les gens puissent exposer leur version de faits épouvantables. Sinon, c'est le lynchage. Si on supprime l'idée d'une justice contradictoire, on revient au lynchage, on revient au pylori. C'est le Moyen-Âge, quoi. Et moi, je suis absolument opposé à la guerre des sexes.

38:14
Invité

À la fois, vous avez tendance à vous justifier, un peu presque, et parfois assurmer des choses très fortes. C'est comme ça, non ? Est-ce que vous n'êtes pas un peu perdu ? Vous ne savez pas trop sur quel pied danser, quoi.

38:25
Présentateur

Oui, mais oui, c'est vrai. Je pense que d'ailleurs, s'il y a un malentendu sur ce livre, c'est parce qu'on pense que c'est un livre de philosophie, ou de sociologie, ou un essai. Oui, c'est un essai. Ah, ce n'est pas un essai, vous ? Non, c'est une confession. C'est une confession, c'est-à-dire que c'est le destin particulier, individuel, d'un homme qui, encore une fois, a connu une période de libération sexuelle dans les années 70-80, puis qui voit que les choses changent et qui s'interrogent sur comment s'adapter, comment imaginer un nouveau code pour les relations entre les hommes et les femmes.

Tout ça est passionnant, mais ça n'est pas, je ne prétends pas avoir raison, je prétends dire une sorte de subjectivité, quoi. Voilà, qui n'engage que moi, avec les fragilités, les erreurs, les maladresses, tout ça.

39:21
Invité

Ce n'est pas l'endroit idéal pour parler de ça. Ah, c'est bien ? Non, on s'est parlé de manière détendue. Ce n'est pas le cas partout, j'ai l'impression, depuis une semaine. Non, c'est bien. Ça vous embête de faire de la promo ? Vous aimez encore parler de vous ? C'est...

39:38
Présentateur

J'aime pas ce mot. À promo ? Oui, j'aime pas ce mot, on n'est pas des savonnettes ou des barils.

39:46
Invité

Oui, ça, c'est surtout l'un de vos premiers combats, la pub.

39:49
Présentateur

Donc, j'aime pas ce mot, je pense qu'il y a des émissions où il est agréable de discuter. Moi, celle que j'anime sur Radio Classique, on est comme là, on est en tête à tête, on parle pendant une heure, c'est très agréable. Il y a d'autres endroits où c'est la Foire d'Empoigne. Bon, mais...

40:06
Invité

Mais est-ce que vous n'aimez pas un peu ça, franchement ? Parce que vous, d'une certaine manière, votre livre va se vendre, peut-être, grâce à ça, non ? Je ne sais pas.

40:15
Présentateur

Ce que je trouve peut-être un peu désagréable, mais c'est parce que j'ai vieilli, sans doute, c'est de ne pas être accueilli. J'ai l'impression que tous les autres écrivains, enfin la plupart, sont accueillis gentiment. Moi, je suis le seul où il y a à chaque fois, il y a un tir de barrage.

40:31
Invité

Vous êtes une victime.

40:33
Présentateur

Vous voyez ? Non, mais vous êtes tombés là-dedans.

40:35
Invité

Vous voyez ? Ne soyez pas un hospitalier avec les étrangers, ils sont peut-être des anges déguisés. C'est beau, hein ? Oui, c'est très beau.

40:46
Présentateur

Mais... Oui, donc j'ai un traitement spécial, un peu... Voilà, mais peut-être que c'est ce que j'écris qui fait ça. Vous voyez comme c'est... Franchement, c'est extraordinaire. Et si vous venez là, vous voyez Notre-Dame dehors.

41:02
Invité

Oui, alors avec le reflet des livres et des arbres.

41:07
Présentateur

Voilà, je vous laisse admirer ce qui reste de la cathédrale. Plutôt sur la droite, monsieur, je crois. Derrière l'arbre, vous voyez ? Vous montez... Est-ce que vous avez... Oui, voilà, oui.

41:23
Invité

Il faut peut-être sortir encore un peu plus. Elle n'est pas très éclairée. On va repasser devant pour sortir. Vous êtes devenu... On le disait, vous êtes devenu... Vous êtes devenu réac, en fait. Vous avez toujours été réac ? Non, pas au début. Il y a 20 ans, vous avez soutenu le Parti communiste. Ils ont aidé, en tout cas, le Parti communiste. Oui, c'est vrai.

41:40
Présentateur

Non, mais je ne crois pas être réactionnaire, parce que réactionnaire, c'est vouloir revenir au monde d'avant. Et moi, il y a plein de trucs que je n'aimais pas. J'ai des traumatismes. Je suis plutôt pour sauvegarder ce qui est beau. Je suis pour sauvegarder certaines valeurs, une civilisation, un art de vivre. C'est quand même... Oui, c'est ce que je crois de plus important, en fait. C'est l'art de vivre un peu à la française. Il ne faudrait pas que ça disparaisse. Mais il y a des tas de sujets où je suis très libertaire aussi et pas du tout conservateur, vous voyez. Ça dépend des sujets.

Bon, par exemple, c'est vrai que je trouve que les livres comme ça, en papier, il y a quelque chose de supérieur aux écrans. Mais est-ce que c'est réac ? Non, c'est juste des questions de goût, en fait. Est-ce que c'est une question d'âge, aussi ? Bien sûr, c'est une question d'âge.

42:35
Invité

Non, mais alors, parce qu'on dit toujours, à 20 ans, on est de gauche, et puis sinon...

42:38
Présentateur

Oui, j'en suis la preuve. Oui, je pense qu'à un moment... Mais c'était une posture ou c'était des... Non, mais je pense que c'est naturel. Vous verrez quand vous serez... Mais c'est quoi ? On est confronté au réel, d'un coup ? On devient de droite ? Non, on ne devient pas de droite, mais on devient nostalgique en vieillissant. On devient nostalgique. Et on a tellement le cerveau encombré de souvenirs, cette espèce de mémoire fait que spontanément, on va aller un peu vers le passé. Le passé embelli avec le temps. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Proust. Je ferme la porte avant de partir. Ah oui, oui, oui. Par la fenêtre.

43:16
Invité

La fenêtre, oui.

43:17
Présentateur

C'était une Windows Underworld. Alors, vous voyez, ici, il y a une cage. Et on enferme les auteurs, ici. Ils sont enfermés et obligés d'écrire leur page chaque jour sur la vieille Underwood. Là, c'est... Et vous manquez les lunettes. Vous mettez les lunettes. Ah, les lunettes, les lunettes. Voilà, c'est ça. C'est ça. Et là, je pense qu'il faudrait enfermer certains auteurs amis à moi qui ne pensent qu'à boire et les obliger à travailler un peu plus. Des amis. C'est ça. Plus, des amis d'amis, des relations éloignées. Éloignées.

43:56
Invité

Au fil. Inconnues. Oui. Merci de nous avoir emmenés à Shakespeare. C'est beau, hein ? C'est magnifique. Vous avez beaucoup de photos, là. On a qui ? C'est ça.

44:07
Présentateur

Léonard Cohen. Oui. Les Français. Il y a beaucoup de gens qui sont passés par ici. Et oui, bien sûr,

44:17
Invité

Argerine Dura, Simone de Beauvoir, Virginia Woolf. Oui, les grands... Georges Simenon, aussi. Vous avez beaucoup, Simenon, non ?

44:25
Présentateur

Oui, j'aime sa simplicité. Et puis, l'idée qu'on ne peut écrire un roman en 7 jours, alors ça, ça m'a toujours beaucoup agacé. Ça, ça vous a pris combien de temps pour écrire votre livre ? Je ne sais pas, 57 ans. Attention, dans l'escalier, hein ? Alors, il y a beaucoup de littérature, mais il y a aussi Émilie Ratajkowski, My Body. Oui.

44:58
Invité

Oui, il y a de tout. Il faut parler à tout le monde. Il y a de tout. Peut-être que certains ne lisent que ça, c'est bien. Mais oui, bien sûr.

45:03
Présentateur

Si c'est une porte d'entrée, après. Moi, j'ai commencé par lire des romans de SF, des Polars. Et puis ensuite, je suis allé vers des auteurs plus littéraires. Ce qu'il faut, c'est avoir ce réflexe, cette curiosité d'aller sur une page. Et là, il y a un monde qui s'ouvre à fond, mon cher.

45:25
Invité

Et si, tiens, la question bête. Quelqu'un n'a jamais vu. Qu'est-ce qu'il doit lire en premier ? Pour ne pas le dégoûter et qu'en même temps, ce soit de qualité. Non, mais chaque personne est différente.

45:35
Présentateur

Oui, mais ici, il y a beaucoup de livres qui sont des portes d'entrée. Je pense à La Trappe-Cœur de Saint-Germain, bien sûr. Moi, quand j'avais 18 ans, j'avais adoré Women de Charles Bukowski. Puisque, encore une fois, mon seul sujet, ce sont les femmes. Et c'est un livre très drôle. Il y a beaucoup d'alcool. Il y a beaucoup d'amour aussi. Et c'est très émouvant. Et voilà, pour un jeune garçon un peu boutonneux et frustré, je conseille Bukowski. On risque de s'identifier. Mais alors, Sylvia est partie ? Alors, je ne sais pas. Sylvia ! J'ai l'impression, on lui téléphonera ? Oui, c'est dommage de ne pas lui dire au revoir. C'est vrai.

46:30
Invité

Elle est peut-être dehors, non ? Elle est voir. C'est chez nous, on a pris possession des lieux. Oui. Je vais l'appeler quand même, non ? Oui. Je ne sais pas où est Sylvia. Oui, Sylvia, c'est Thibaut. Vous êtes où ? On vous a perdu. Frédéric est très inquiet. Oui ! Il faut mettre le haut-parleur. Ah, elle descend tout de suite. On vous attend alors, pour vous dire au revoir quand même. A tout de suite. Sylvin est dedans. Ah, il peut nous filmer d'ici. Alors là, c'est en direct ? Oui, on est en direct sur le figaro.fr. Donc, si on arrive sur le figaro.fr, on tombe sur nous. Et ensuite, on sera sur la nouvelle chaîne télé du Figaro. Vous serez le premier. Elle s'ouvre lundi. Ah oui, d'accord.

Je ne savais pas. Elle a l'intérêt à faire attention à ce qu'on dit. Oui, et puis à être intéressant. Et drôle si possible. C'est raté. Et beau, ce sera encore mieux. C'est trop tard. C'est dommage. On a quoi ici ? Qu'est-ce que vous liriez là, dans tout ça ? Alors, Sylvain ne peut pas savoir. Adieu, Simone de Beauvoir avec un dessin de Sartre. Oui, il est très beau, en tout cas. Oui, il est beau.

48:01
Présentateur

Harper Lee, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur. C'est un peu un classique du XXe siècle américain. Ça, c'est bien. Gertrude Stein. Non, il n'y a que des trucs bien, là. Edgar Allan Poe. Et Kerouac, bon, alors. Ah, sur la route. Sur la route, ça montre bien ce que c'est qu'un écrivain. Et toujours Gatsby. Gatsby. Mais Kerouac, c'est le greffier. Il observe son pote, Neil Cassady, faire des conneries, draguer, boire, se droguer et tout. Et lui, il prend des notes, il prend des notes. C'est devenu sur la route.

48:39
Invité

Camus, The Outsider. C'est quoi, The Outsider ? C'est l'étranger ? Ça doit être l'étranger, bien sûr, je pense. Oui, Sylvia, on va l'attendre. Il y a Madame Bovary aussi. On va aider Sylvain, peut-être, à ressortir. Oui. Allez. Alors, racontez-moi. On est devant Notre-Dame. Et ça, c'est l'une des parties les plus drôles de votre livre, de vos confessions. Vous êtes allé faire un stage chez les religieux. Oui, un stage, non, une retraite. Vous avez fait une retraite chez les militaires, un stage chez les religieux. Exactement, voilà.

49:18
Présentateur

Et c'est dans un endroit extraordinaire qui remonte au 8e siècle, l'abbaye de La Grasse. Et, vous voyez, c'était...

49:29
Invité

Mais j'étais sérieusement en train de chercher la bouteille pour vous. Ah oui, ah merde. Et vous avez perdu ça. Ah oui, bon, c'est pas très grave, c'est le micro très long, mais il n'y a pas de vent, donc il n'y a pas de problème. D'accord. Bon, ça va. Merci beaucoup de nous avoir accueillis. Nous, on continue notre route. On revient vite. Merci beaucoup. A très bientôt. J'espère.

49:46
Présentateur

Oui, merci. A bientôt.

49:48
Invité

Je vais vous envoyer un email sur un événement avec Debby Lovie.

49:51
Présentateur

Oh, great.

49:51
Invité

Il va faire une rédition ici. Un génial, j'adore. Et puis je vais faire une rédition après.

49:55
Présentateur

Great. Oui, c'est magnifique.

49:57
Invité

Oui, si vous voulez venir. Bien sûr. C'est mai 11.

50:00
Présentateur

Ok, great.

50:01
Invité

Je vais vous envoyer un email. Au revoir. Merci beaucoup. Au revoir. Bye. Vous pourriez écrire en anglais ?

50:08
Présentateur

Non, difficile. C'est quelque chose qui me tente, parce que beaucoup d'auteurs ont changé de langue et se sont mis à écrire des choses différentes. Par exemple, Kundera. Oui, je suis sûr. C'est ça que tu as même parlé. Oui, ou Nabokov. Nabokov écrivait en russe, puis s'est mis à écrire en anglais. Et les livres sont différents. Donc peut-être que c'est pas mal pour se renouveler, de changer de langue. Il faudrait que j'essaie. Mais je n'ai pas un vocabulaire très riche en anglais. Du coup, ça simplifiera. Je finirai par écrire des livres très minimaux. Peut-être que ce sera moins chiant. Plus efficace. Oui.

50:41
Invité

Bon, racontez-moi, comment vous vous êtes retrouvé dans une abbaye ?

50:46
Présentateur

Oui, alors c'était une idée d'un éditeur qui a envoyé quelques écrivains à l'abbaye de la Grâce. Et puis, pour moi, ça a été vraiment une sorte de révélation, des retrouvailles avec mon catholicisme. Et je me suis senti très bien, très ému aussi. Et dans ce livre, je me suis dit que c'est un matériau qui est intéressant d'avoir un type qui arrête de se droguer, qui va dans un monastère et ensuite qui va dans un régiment militaire. et qui se cherche un peu, voilà. Qui se cherche.

51:26
Invité

Comment ça se passe ? Vous n'aviez pas le droit de parler ? Si, un peu ?

51:30
Présentateur

Non. C'est « Vœux de silence ». Oui. Donc, l'inverse de cette émission.

51:37
Invité

Oui, tout l'inverse. Tout l'inverse. Pardon, madame, merci. « Vœux de silence ». « Vœux de silence ». Il n'y a pas des moments… J'ai stouté aussi. Oui. Et alors, ce qui est intéressant aussi, c'est que… Et vous le dites aussi quand vous êtes avec les militaires, vous avez faim. Et quand on a faim, on ressent d'autres choses.

51:58
Présentateur

Oui, c'est vrai que… Oh, ben… J'ai tendance à grignoter. Et quand on est dans un monastère, on ne mange pas toute la journée. Donc, c'était… Oui, c'est vrai que c'est assez étrange. Toute la discipline, les rituels, les chants, l'uniforme des moines et des militaires, ça crée une structure, en fait. Moi, j'avais l'impression d'être un peu paumé. Et du coup, d'avoir cette structure, c'est comme une… C'est assez rassurant, en fait. Il y a quelque chose de rassurant. J'aime bien l'idée aussi que c'est une tradition qui a 1500 ans, quoi. Je me dis, bon, ça fonctionne depuis un certain temps, quand même. Donc, c'est au point, quoi. Leur truc est à peu près au point. C'est rodé.

C'est rodé, voilà, c'est rodé. Mais… Et puis, la bonne surprise, c'est que les chanoines étaient… Enfin, on a eu des discussions très belles, très sincères. Moi, ça m'a fait beaucoup de bien.

53:08
Invité

Vous sentez qu'ils vous connaissent, j'imagine. Ils vous connaissent.

53:11
Présentateur

Est-ce qu'ils vous jugent ? Vous le sentez ou pas ? Absolument pas. Ben non, bien sûr que non. Le principe, c'est qu'on accueille l'étranger, on accueille le mécréant, on accueille tout le monde. Et on n'essaye pas de vous convaincre. Non, c'est simple, en fait. C'est des endroits. Mais les militaires aussi, il y a une solidarité, il y a du panache. Je ne sais pas, c'est pas que j'ai besoin de ça, mais j'ai grandi dans un monde très chaotique et la structure me plaît. Vous croyez en Dieu ? Je pense que c'est trop prétentieux de dire non, en tout cas. J'ai mis longtemps à réaliser que c'est un peu pour qui te prends-tu si tu dis que tu es athée ?

Tu considères que tous les gens qui croient en Dieu sont des crétins ? C'est plus compliqué que ça.

54:21
Invité

Alors, vous dites que vous en êtes éloigné. À cette époque-là, vous n'étiez pas athée ou quelle était votre position ?

54:28
Présentateur

En fait, je pense que l'univers est tellement compliqué à comprendre que c'est une explication, l'idée que c'est organisé. J'aime bien cette idée que l'univers est organisé. Alors, Dieu n'est qu'un mot.

54:47
Invité

On traverse comment ? Alors là, c'est votre quartier, on traverse n'importe où.

54:51
Présentateur

Vous vouliez aller par là, je crois.

54:52
Invité

Oui, on va par là, mais on n'est pas du tout sur un patrie de piéton. Je ne sais pas du tout ce que vous voulez faire, moi. Mais si, je vous emmène. Je vous emmène là-bas, mais c'est loin. Non, ce n'est pas si loin. Je vous assure, ce n'est pas si loin. Ah bon, d'accord. Pardon, monsieur. Parce que là, on est dans votre quartier.

55:12
Présentateur

Dans mon ancien quartier, oui. Mais c'est vrai que j'aime beaucoup le vieux Paris. car je suis un... J'ai grandi là pendant 50 ans, j'ai vécu dans ce coin. Vous avez... Alors, j'ai quitté la ville, mais quand je reviens, je vais dans les endroits touristiques comme ça, voilà. Je suis un néo-rural qui aime bien les vieux endroits.

55:43
Invité

Et pourquoi vous n'aimiez plus Paris ? Parce que d'ailleurs, vous l'aime peut-être encore, mais au point de le quitter, alors que vous êtes l'archétype du Parisien.

55:51
Présentateur

Oui. J'ai eu des enfants. J'ai pensé que peut-être c'était le moment d'essayer une autre vie. Et ça a plutôt bien marché. Mais je suis émerveillé, là. Je suis émerveillé d'être ici. Je crois qu'on découvre Paris quand on quitte cette ville.

56:17
Invité

On redécouvre Paris. On était avec Yann Moix la semaine dernière. Oui. Et on est allé faire les bateaux parisiens, vous savez. Et il dit, il répète sans arrêt qu'il déteste Paris. Et oui, en fait, quand on est un touriste et qu'on se met dans la peau d'un touriste, on peut émerger Paris.

56:33
Présentateur

Oui. Mais c'est ce qui m'est arrivé parce que moi, je ne voyais même plus Paris. Je ne voyais plus. J'habitais là depuis 50 ans. Et maintenant, je redécouvre.

56:45
Invité

Est-ce que quand on a toujours vécu à Paris, on peut devenir un provincial ? On s'ennuie. Non, mais d'abord provincial, ça ne veut rien dire.

56:53
Présentateur

Moi, je suis allé dans un pays où j'avais de la famille, des racines. Vous êtes dans le Pays Basque.

57:02
Locuteur

Oui.

57:04
Présentateur

Pays Basque et Béarnes du côté de mon père. Et du coup, ce n'est pas un provincial. C'est un expatrié dans un monde féerique où j'ai eu une enfance. Non, c'est... bonjour.

57:23
Invité

Bonsoir.

57:23
Présentateur

Bonsoir. Bonsoir. J'adore. Merci. Mais oui, oui.

57:30
Invité

Est-ce qu'on ne s'ennuie pas du tout ? La réponse, pas du tout. Vous faites quoi ? Et vous faisiez quoi et vous faites quoi ? Alors, vous écrivez, toujours. Oui. Mais vous, quelle est la différence ? Vous vous levez le matin, vous faisiez quoi et vous faites quoi maintenant ?

57:45
Présentateur

En fait, c'est une question de parisiens, ça. Oui. De croire qu'on s'ennuie parce qu'on est ailleurs qu'à Paris. Ben non, il se passe plein de choses. Il se passe plein de choses. C'est des gens chaleureux. C'est des gros fêtards. Alors, on passe son temps à bouffer une cuisine très généreuse. Non, non, on s'amuse probablement plus qu'ici. Est-ce que Paris est devenu dangereux pour vous ? Ah. Disons que oui, il y avait beaucoup de tentations peut-être. Et que ce n'était pas idiot de s'éloigner un peu à un moment. Ça, c'est possible. Oui. Ça participait, disons. Ce n'est pas la seule raison.

58:34
Invité

C'est votre volonté ou c'est votre femme ?

58:36
Présentateur

Bonsoir.

58:38
Invité

Merci beaucoup. Vous voulez rentrer ici ? Vous voulez prendre un verre, non ? Ah, ben pourquoi pas, si vous voulez. On fait une petite étape. Ah, on est chez l'apéro. Une étape rapide. Bonsoir. Merci. Très bien. Merci. Alors, on est avec une caméra. Ça ne me tourne pas si il filme un peu ? Merci beaucoup.

58:54
Présentateur

Allez, on va se mettre là. Bonjour.

58:56
Invité

Bonsoir.

58:57
Présentateur

Bonsoir. Ah.

59:00
Locuteur

Ah.

59:01
Invité

Justement, je veux dire, moi, ça se fait que vous n'êtes pas venu aujourd'hui. Bonjour. Bonjour. Mais voilà. Mais ne vous inquiétez pas, vous avez vu des remplaçons. Je suis arrivé, il y avait des caméras. Ah bon ? Ah.

59:11
Présentateur

Bon, alors, c'est surprenant. Qu'est-ce que vous voulez boire ? Eh ben, je suis espionné même. Vous voyez. Faites gaffe. Attention à ce que vous dites.

59:19
Invité

Moi, personne ne savait que je travaille ici jusqu'à aujourd'hui. On prend comme vous prenez d'habitude, mais on ne sait pas ce que vous prenez d'habitude et on ne peut pas le dire.

59:26
Présentateur

Alors, on va prendre des cafés. Expresso martini, s'il vous plaît.

59:33
Invité

Non, trois. Trois. Alors, là, on ne devait pas venir ici. Sur le parcours, la Pérouse, c'est un des plus vieux qui a fait ça ? 1766.

59:43
Présentateur

Ça date d'avant la Révolution. C'est exceptionnel. Alors, ça a été refait, mais oui, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui sont du 18e. Et j'étais un peu loin, Shakespeare & Company.

1:00:01
Invité

On va y aller. Je vous assure qu'on va y aller. On va y aller à pied ? On est à côté. On est à côté de ce lieu dont on n'a toujours pas prononcé le nom.

1:00:09
Présentateur

Oui, c'est ça. Vous êtes un piéton de Paris. Oui, c'est ça. C'est Léon Paul Fargue, je crois, qui parle des piétons de Paris. Qui était surnommé le piéton de Paris. Alors, c'est là que vous faites une émission de radio. Oui, ici, j'enregistre une conversation d'un enfant du siècle. Toutes les semaines. Et c'est diffusé le vendredi à 19h. Là, quel jour on est là ? On est jeudi. Demain, 19h, Dominique Bonnat. Oui. Le vendredi d'après à 19h, Philippe Gian. Voilà.

1:00:40
Invité

Je vous ai lu dans le filial. En fait, je fais la même chose que vous. Oui.

1:00:43
Présentateur

Sauf qu'on est assis et on ne marche pas.

1:00:45
Invité

Vous n'êtes pas un piéton. C'est ça.

1:00:47
Présentateur

C'est plutôt un assis sur un canapé.

1:00:51
Invité

Ça vous...

1:00:52
Présentateur

Et si vous voulez, on peut inverser les mots. C'est moi qui vous pose des questions.

1:00:56
Invité

Allez-y.

1:00:56
Présentateur

Bon, alors, bonsoir.

1:00:59
Invité

Comment je m'appelle ? Thibaut Gauthier. Enchanté.

1:01:02
Présentateur

Thibaut, que publiez-vous ces jours-ci ?

1:01:06
Invité

Alors, on publie des émissions de télévision. Oui. Puisqu'une chaîne se lance au Figaro. On est ravis de faire ça. Il s'appelle le Figaro TV. Le Figaro TV. Il y a plein d'émissions. Alors, c'est une chaîne une de France. Et pourquoi avez-vous eu envie de vous lancer dans l'audiovisuel ? Ah, pour montrer ma tête à la télé. Ah bon ? Vous êtes narcissique. À ce point. Oui, de doute. Vous savez, on entend souvent les gens qui disent « Non, mais moi, je ne voulais pas faire ça. » Le présentateur du 20h. Oui. « Moi, je ne voulais pas faire ça. » Ça m'est tombé dessus. C'est entièrement faux. Vous êtes d'accord ? Oui, c'est vrai.

1:01:37
Présentateur

On ne devient pas célèbre sans le vouloir. Vous le vouliez. On le veut un peu. C'est une forme de folie. Mais après, on regrette. Vous verrez. Ah oui ? Si vous...

1:01:46
Invité

Voilà, je vous ai vu. On vous a serré la main gentiment.

1:01:48
Présentateur

Non, ça va. Les gens sont gentils. Mais si jamais, quand vous serez extrêmement célèbre...

1:01:55
Invité

Grâce à cette émission de ce soir qui est de très grande qualité.

1:01:57
Présentateur

Oui, bien sûr. Mais je ne vous le souhaite pas. Parce qu'à un moment, vous verrez, ça a beaucoup d'inconvénients aussi. Notamment si on aime déconner. On est quand même espionné tout le temps. Et surveillé tout le temps. Ah, c'est-à-dire que dans Sergent Marindéprès,

1:02:10
Invité

si vous vouliez boire un peu trop... Oui, ce n'est pas ça.

1:02:14
Présentateur

Mais enfin...

1:02:15
Invité

Encore, vous avez échappé à la période réseaux sociaux où on filmait et puis tout était tout de suite sur les réseaux sociaux.

1:02:22
Présentateur

Pourquoi ça n'existe plus, ça ?

1:02:23
Invité

Non, mais vous avez échappé à ça dans vos grandes années.

1:02:26
Présentateur

Ah oui, vous voulez dire dans les années 80-90 ? Oui, ça a été inventé quand ? En 2004 ? Je ne sais pas où. Facebook, je crois que Facebook, c'est 2004.

1:02:32
Invité

À partir de 2010, les smartphones. Oui, oui. Tout le monde a un smartphone.

1:02:35
Présentateur

Et à partir de là, tout le monde espionne tout le monde. Bon. D'un autre côté, on est assis chez la Pérouse avec une caméra et des lumières qui nous enregistrent.

1:02:43
Invité

Mais vous tenez là ?

1:02:45
Présentateur

On l'a un petit peu cherché aussi. Alors, quoi d'autre ? Donc, vous avez... Comment est-ce que vous avez rencontré les gens du Figaro et pourquoi ils vous ont choisi, vous ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Vous les avez séduits, comment ? Dans un entretien d'embauche sinistre, comme souvent. Vous n'êtes pas journaliste au Figaro, par exemple ? Non, non, non, pas du tout. Vous n'écrivez rien ?

1:03:06
Invité

Non, je suis du monde de la télé. En plus, c'est ça le problème. Ils vous ont trouvé ? Ils se sont dit, tiens, ce petit jeune ? Oui, il est sympa. C'est bien, ça ? Et vous avez fait des études de journalisme ?

1:03:15
Présentateur

De journalisme, absolument, à Nice, dans une école à Nice. D'accord, très bien. Il s'appelle comment ? Il s'appelle l'école du journalisme de Nice. De Nice.

1:03:22
Invité

Et alors, vous m'avez presque insulté de parisien, je ne suis pas parisien.

1:03:26
Présentateur

D'accord, vous êtes niçois ?

1:03:27
Invité

Non, je suis montagnard. Je suis né à Briançon, dans les Hauts-de-Alpes. D'accord. J'ai grandi en Haute-Savoie.

1:03:33
Présentateur

Et donc, vous êtes descendu de votre montagne jusqu'à Nice ? Exactement. Pour voir une ville, pour la première fois ? Non, mais je trouve que vous n'êtes pas mauvais. C'est vrai. Parce que vous posez plein de questions. Il y a eu une phase un peu dynamique à C'est à vous. Oui. France 5. Après, dans le taxi, on parle du livre. Après, chez Shakespeare & Company, un peu plus punchy sur les hommes et les femmes. Attention, Me Too et tout ça. Oui, on ne laisse pas passer avec BD. Non, voilà. Parce qu'il faut se le faire. On ne va pas le flagorner non plus toute la nuit. Non, non, pas trop. Et là, maintenant, vous êtes en train de vous faire voler votre travail d'animateur. Faites attention.

1:04:07
Invité

Donc, je reprends la main. Oui, je vous laisse. Je reprends la main. Bon, je reviens à ce livre. On a parlé de la religion. On n'a pas trop parlé. Si la religion, j'ai une question à la religion. Votre séjour dans un abbaye. Merci beaucoup, monsieur. Merci beaucoup.

1:04:22
Présentateur

Alors, donc, c'est du café.

1:04:24
Invité

Exactement.

1:04:26
Présentateur

Merci pour ces trois cafés. Avec grand plaisir.

1:04:28
Invité

Vous avez fait, parce que, est-ce que vous êtes vraiment parti au lendemain de vos soirées au Bataclan dans cet abbaye ? Parce que j'étais là. Je suis venu vous voir au Bataclan.

1:04:40
Présentateur

Ah, oui, j'ai c'est littéraire au Bataclan. C'était émouvant, non ? C'était bizarre.

1:04:43
Invité

C'était, alors, parce que, je me suis dit, vous avez beaucoup parlé. Beaucoup parlé de vous. Vous avez beaucoup lu. Et puis, après, pendant plusieurs jours, vous, il ne peut rien.

1:04:51
Présentateur

C'est pas mal. J'aime bien les contrastes. Oui. De parler sur scène à une salle et ensuite de s'enfermer pour se taire. Ça fait du bien. Vous verrez plus tard. Très bon café. Comment faire Sylvain pour boire ce verre ? Ça va être très compliqué.

1:05:09
Invité

On va lui tenir. Un effet. Non, mais sinon, Sylvain se filme dans la glace et on montre qu'on peut lui faire boire. Oui. On essaye. Frédéric Becbedé, est-ce que vous voulez faire boire Sylvain ?

1:05:21
Présentateur

Ça, c'est typiquement un concept qu'on apprend à l'école de journalisme de Nice. Ça, c'est vraiment, c'est le truc de l'école de journalisme de Nice. Modernité. Modernité. Oui, il vaut mieux arrêter. Oui, d'accord. Merci. Il est bon ce qu'elle fait. Il est délicieux. Oui, alors, c'est... Qu'est-ce qu'on disait ?

1:05:41
Invité

Le DJ set littéraire. Déjà, cette idée.

1:05:44
Présentateur

Contraste. Alors, dans le livre, il y a un autre contraste, c'est que je suis au Festival de Cannes. Oui, c'est ça. Je n'ai pas dormi et je vais... Oui, oui. C'est vrai aussi. Oui, bien sûr. Cannes et Fréjus sont à une demi-heure de route et donc ils sont venus me chercher à la sortie du Silencio. Vous étiez vraiment dans un sale état. Je n'avais pas dormi, donc j'étais très fatigué. Et je suis allé directement à une présentation du régiment au général. Donc, le général était là, tous les militaires en tenue, marchant au pas. Et moi, essayant de tenir debout. Et en même temps, j'ai adoré l'ambiance. Oui, c'est une suite de contraste. Je trouve que j'aime ça dans les films, par exemple.

Vous voyez, quand il y a une scène d'émotion, il faut après qu'il y ait une scène un peu légère, un peu drôle. C'est important. Je constate quand même, je voudrais vous faire un compliment. C'est que vous travaillez sans notes. Oui. Et moi, quand j'interviews les auteurs ici, j'ai un paquet de notes partout. J'ai des papiers avec des citations, des trucs. Vous arrivez à bosser sans notes depuis… Je travaille, je vis avec vous depuis trois jours. Vous avez bien préparé parce que là, ça fait une heure et demie. Oui.

1:06:54
Invité

Sans notes… Vous ne vous ennuyez pas pour l'instant. Non, ça va. Non. Le ça va m'a mis une petite pression quand même. Ça va, mais faites attention.

1:07:03
Présentateur

Non, mais c'est compliqué parce que nous, on ne s'ennuie pas, mais le spectateur, peut-être, oui. Oui, ça va. Non, ce n'est pas le pauvre. C'est ça. Disons que c'est le problème du direct. Si vous montiez les meilleurs moments… Vous savez qu'à la télé, ce sera monté. Ah oui.

1:07:21
Invité

Et là, justement, on prend le temps. Oui. Vous êtes le premier à dire qu'on ne prend pas le temps. Non, mais je veux dire que… On se voit trop vite. Oui, c'est vrai.

1:07:28
Présentateur

C'est vrai. Non, mais je veux dire qu'à regarder, bon, là, on va se dire, bon, ben, eux, ils ont l'air de s'amuser, eux, mais nous, je ne sais pas.

1:07:36
Invité

Bon, racontez-moi comment ça s'est passé à l'armée. Parce que vous dites que votre service militaire, vous n'avez pas du tout aimé ça à l'époque.

1:07:42
Présentateur

Non, je n'ai pas du tout aimé. J'étais dans le train à Fontainebleau l'hiver, bivouac dans la forêt, marche de 18 kilomètres, avec des adjudants-chefs un peu autoritaires, très autoritaires. C'était leur rôle. Oui, c'est leur rôle. Mais je veux dire, si le lit n'était pas bien fait, ils le foutaient par terre, ce genre de choses. Alors là, ça, c'est quelque chose à laquelle vous avez échappé. Oui.

1:08:08
Invité

Parce que si vous vous dites, vous êtes la première génération à ne pas avoir fait la guerre, et la dernière à avoir fait le service militaire.

1:08:15
Présentateur

Mais quand la guerre arrivera en France l'année prochaine, on sera tous les deux enrôlés. Oui, parce que vous, vous avez de l'expérience, et moi j'ai l'âge. En Ukraine, ça a été de 18 à 60 ans, donc voilà, on est dans la cible. Et si en plus, vous avez fait récemment un stage. Et donc, je serai sans doute meilleur que vous, pour manier une arme.

1:08:36
Invité

Alors, vous faisiez quoi dans ce stage ?

1:08:38
Présentateur

Par exemple, j'ai sauté dans un parcours aquatique, c'est-à-dire qu'on saute de 5 mètres, on nage sous l'eau, on rentre dans un tunnel, en fait, il faut monter une échelle de corde, ressauter de l'autre côté.

1:08:48
Invité

Vous vous sentez sportif, patriote ?

1:08:50
Présentateur

Oui, oui, je ne trouve pas ça ridicule. Je ne sais pas si vous avez vu les trois mousquetaires. Oui, je suis allé le voir avec Vincent Cassel, puis la maille. Quand Vincent Cassel dit, on lui dit, mais vous croyez que vous avez tué cette femme ? Il dit, moi je crois en Dieu, au roi et à la France. Et bien, curieusement, ça m'a fait hérisser les poils d'entendre cette phrase.

1:09:17
Invité

De Vincent Cassel en plus.

1:09:18
Présentateur

Dit par le héros de la haine, je trouve que c'était, il y a une grandeur. Et il y a beaucoup de choses très belles dans le film. La France. Vous êtes attaché à la France ? Je dis dans le livre que, j'ai presque honte, mais quand je suis à l'étranger, je défends toujours la France. Et quand je suis en France, je critique mon pays tout le temps. Donc, je ne me comporte pas très bien avec mon pays. Je suis un peu salaud avec mon pays. Mais oui, je crois que c'est ça, être français. C'est critiquer son pays quand on y est et le défendre à l'étranger.

1:09:55
Invité

Est-ce qu'on va dans un lieu symbolique de la France ? Je veux qu'on y aille. Ah, on y va, on y va. Allez, on y va. Sylvain, on voit encore un coup parce que ce café est délicieux. Bonsoir. Vous nous invitez ? Bonjour, monsieur. C'est calme, le jeudi soir, la Pérouze.

1:10:27
Présentateur

Ça va commencer, il est tôt, là. Oui.

1:10:32
Invité

Nouvelle sous-extasie. Ah. C'est le seul que je relis. Merci. Ah, vraiment.

1:10:37
Présentateur

Encore un toxicomane. Exact.

1:10:39
Invité

Ancien. Ah, bien, oui. C'est bien. C'est bien. Que de souvenir. Ça fait de l'expérience de lit. Oui, c'est vrai.

1:10:48
Présentateur

Eh oui. Il y a peu de nostalgie. Exactement.

1:10:52
Invité

Exactement. Ce n'est pas moi qui vais dire. Non. Merci beaucoup. Merci, monsieur. Merci. Au revoir. Au revoir. Merci beaucoup, Frédéric. Je vous en prie. Merci beaucoup. Président. C'était court, mais... Merci, président. A bientôt. Merci. A bientôt. Bonne soirée. Au revoir. Merci. Merci. Alors, est-ce que le micro fonctionne toujours ? Oui, il fonctionne. Sinon, on nous le dirait, bien sûr. J'ai quand même une question, parce qu'on est passé vite, quand vous étiez de gauche à l'époque. Racontez-moi cette histoire avec Robert Rue. Ça m'a toujours fasciné. Je l'ai lu ça souvent. Qu'est-ce qui s'est passé pour que vous soyez amis avec Robert Rue et que vous travaillez avec lui ?

1:11:27
Présentateur

Alors, en l'an 2000, j'ai publié un livre très satirique sur les agences de publicité et le fonctionnement de ce métier. Tout le monde connaît. Il s'agit de 99 francs. Et ce livre, il y a des développements sur le marketing, sur la surconsommation, déjà à l'époque, sur le fait qu'on détruit l'environnement avec les désirs artificiels créés par la pub. Bref, je ne vais pas vous réciter tout le bouquin, mais ça avait plu à un certain nombre d'intellectuels alter-mondialistes. Et du coup, un jour, j'ai eu un appel du bureau, je ne sais pas comment on peut dire, le comité central du Parti communiste français. Français. Oui.

Et j'étais tellement flatté que je suis allé à des rendez-vous, place du colonel Fabien. Oui, c'est très impressionnant. Très beau et voilà, ils m'ont demandé si je ne pouvais pas les conseiller en communication pour la campagne du candidat du PCF. Oui. J'ai accepté tout de suite parce que je suis, comme tous les écrivains, avide d'expérience. Alors, ça s'est passé comment ? Vous avez fait la campagne donc de 2002 ? Oui. Oui. Et le candidat communiste n'a pas fait un excellent score.

1:12:54
Invité

À cause de vous ?

1:12:55
Présentateur

Je ne sais pas. Vous avez inventé des slogans ? Oui, c'était… Mince, j'ai oublié.

1:13:06
Invité

Ah, ça ne devait pas être terrible, je ne m'en souviens plus. De toute façon, c'est un slogan. Je vais chercher sur Internet. Slogan, mec, BD, PCF.

1:13:18
Présentateur

Oui, ah, si, ça y est, voilà. Pour que la gauche reste de gauche. Parce que le problème à l'époque, c'est qu'il y avait… Le Parti Socialiste était devenu quand même très libéral. Oui. Et donc, Robert U incarnait la gauche de la gauche, quoi. Donc, c'était voter U pour que la gauche reste de gauche.

1:13:47
Invité

C'est marrant, je tape, je vois, avec Bec BD à ses côtés, « U se rêve à 99 %, libération 7 février 2002. » Oui. Je cite les concurrents.

1:13:57
Présentateur

99 %, non, on n'a pas tout à fait ce score d'une de l'Union soviétique. U coco. Oui, ça, c'était une blague que pas mal de gens ont fait. Oui. U coco. Mais non, le vrai slogan, c'est celui que j'ai fini par m'en souvenir.

1:14:15
Invité

Et alors, vous vouliez aussi changer le nom du Parti Communiste, le Parti Humaniste Français, vous l'avez appelé.

1:14:21
Présentateur

C'est vrai, ça ? Oui, en tout cas, j'ai proposé un changement de nom parce que le mot communiste était le vrai problème, en réalité. Le Parti Communiste Français était démocratique, était de gauche, une gauche très sociale, mais ils ne prenaient pas le communisme en France, ils ne prenaient pas la dictature du prolétariat et tout ça. Et ils avaient renoncé à tout ça depuis bien longtemps. Donc, c'était un parti de gauche dur, si vous voulez. Mais le mot communiste a nuit à ce parti, évidemment. S'ils avaient changé de nom, parce que le journal s'appelle l'Humanité, le Parti Humaniste, il y avait quelque chose de cohérent.

Peut-être que ça aurait servi, mais le Politburo n'était pas d'accord avec cette idée.

1:15:15
Invité

Est-ce que vous avez écrit ce livre pour rentrer à l'Académie Française ? Parce que c'est là qu'on va, Frédéric Becbédé. Oui, on approche.

1:15:23
Présentateur

Écoutez, je ne suis pas sûr que ça va fonctionner. Non. Il y a eu une tentative qui s'est soldée par un lamentable échec. Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Rien, on se présente, et puis après ils votent, et puis ils disent oui ou non. Ce n'est pas grave. Mais je ne suis pas sûr que les controverses et les polémiques soient de nature à favoriser une candidature. L'Académie n'aime pas trop, je ne crois pas, je ne crois qu'elle n'aime pas trop le scandale. Ah oui ? Non. Donc, je crois que ce n'est pas le bon moment pour se représenter. Il faudrait, il va falloir attendre quelque temps.

1:16:05
Invité

Mais c'est quand même très beau. Maintenant, je sais que vous venez vous recueillir tous les soirs ici. C'est vrai. Je viens, je m'agenouille et je chiale. Je chiale sur mon échelle. Et on a juste à tourner la caméra pour voir.

1:16:18
Présentateur

Regardez où nous sommes. Cet endroit extraordinaire. C'est merveilleux. 1635. C'est sublime, sublime. Regardez-moi ce décor de cinéma. Alors, donc, ici, c'est ma future maison. Là, mon appart. Là, c'est le... Je comptais mettre le bar, là-bas. Oui. La bibliothèque. La bibliothèque, elle est là. C'est la bibliothèque Mazarin qui est là. Avouez que c'est quand même... Ça vaut le coup de rêver d'un tel lieu, non ? Surtout quand on est écrivain. Ben, je... Si on parle sérieusement, deux secondes de l'Académie française, c'est la seule institution qui est restée après la Révolution. C'est-à-dire, la Révolution française a tout supprimé. Le seul truc qui date de 1635, c'est ce machin.

C'est-à-dire des gens qui se mettent en costume avec une épée et qui défendent la langue française, la tradition de la littérature française. Ça n'a rien de ridicule pour moi. Ce n'est pas ridicule. Quand il y a eu l'enterrement de la reine Elisabeth II, on a tous regardé ces gens avec des casques à poils, des chapeaux poilus qui défilent comme ça. Les gardes républicains. Oui, c'est ça. Les gardes... Oui, oui. Les Rose-Gaards. Les Rose-Gaards. Et l'enterrement a duré trois jours de cérémonie avec des costumes un peu grotesques. Mais au fond, ça assure une sorte de permanence et de sacralisation d'une nation. Et en France, on n'a plus que ça. C'est le dernier repère un peu de... Voilà, de...

Quelque chose d'un peu supérieur. Bon. Bref. C'est...

1:18:14
Invité

C'est respectable. Voilà. C'est respectable. Alors, tous les jours, vous venez ici. C'est ça, hein. Devant cette porte et puis vous réclamez. Je gratte.

1:18:27
Présentateur

Oui. Tous les jours, je gratte. Ouvrez-moi. Laissez-moi rentrer. S'il vous plaît.

1:18:36
Invité

S'il vous plaît. Venez. Ça vous fait trop de mal. Venez. Venez. C'est trop dur. C'est trop dur, les gars. Non, vraiment, c'est moche ce que vous me faites. Mais sérieusement, pourquoi ? Non, mais parce que... Non, mais en ce moment, il y a cinq sièges disponibles. Oui, je crois.

1:18:54
Présentateur

Il y a eu trois élections blanches dessus. Il y a eu trois élections pour le fauteuil de Jean-Loup d'Abadi. Donc, la mienne où je me suis voté. Et ensuite, il y a eu... Éric Nehoff. Éric Nehoff, oui. Bon, ben, c'est comme ça. C'est pas grave. Est-ce que c'est de la politique, l'Académie française ? Mais non, pas du tout. Non, mais parce que c'est... C'est comme un club. C'est comme un club de gens...

1:19:15
Invité

Oui, mais justement, vous venez de me dire que c'était une institution extraordinaire et vous me parlez de ça comme un petit club où on...

1:19:21
Présentateur

Non, mais non, mais pas du tout. Mais c'est... Voilà, ils font un vote pour décider avec qui ils ont envie d'écrire le dictionnaire, d'avoir des débats... Vous auriez aimé ? Des débats littéraires de haut niveau. Et pourquoi pas ? Vous avez l'air de penser que c'est absurde, mais moi, je...

1:19:44
Invité

Non, non, je ne pense pas que c'est absurde. C'est juste que ça m'a surpris, vous, à ce moment-là, comme ça, ça tombe du ciel. Non, c'était prévu de long terme.

1:19:54
Présentateur

Vous voyez bien que dans mon livre, je suis en quête de chaleur humaine dans les monastères, dans les régiments, et ici aussi. Je cherche une solidarité, je cherche quelque chose qui est du panache, quelque chose qui nous hisse vers le haut, qui nous grandisse. Regardez-moi ça ! C'est évident, au contraire, c'est parfaitement cohérent. Et puis, si c'est absurde, c'est très bien l'absurde. J'adore l'absurde !

1:20:18
Invité

Vous mettriez quoi sur le pommeau ? C'est ça, on choisit son pommeau ?

1:20:22
Présentateur

Ah bon, non, je ne suis pas fou au point d'avoir réfléchi à ça. Ah, vous n'avez pas réfléchi encore à ça ? Non, quand même. Mais alors, vous voulez aller ? Ah oui, je suis. Oui, on va chez vous, finalement. Alors, comment on fait ? Par la rue Bonaparte ? Oui. Le café de soir. Écoutez, franchement, quel décor ! Non, mais regardez les pavés. Voilà, le monde entier nous envie ce lieu, quoi. Ce quartier. Oui, bien sûr. Mais je reviens aux Trois Mousquetaires, parce que je viens de le voir, mais la beauté des décors, la beauté de la France. Ils ont tourné au château de Fontainebleau, au château de Saint-Germain-en-Laye, à la cathédrale de Meaux, dans le centre-ville de Troyes.

Qu'est-ce que vous avez ? Vous connaissez tout du... Tout sur les Trois Mousquetaires. Parce que j'ai regardé, je me suis documenté, je me suis dit, mais ces endroits, j'ai envie d'y aller.

1:21:19
Invité

Ouais. On passe par où ? Alors là, c'est vous le connaisseur.

1:21:23
Présentateur

Non, mais ça va être plus joli peut-être par la rue... Attendez. Sylvain, ça va être plus joli par la rue de Seine, là. Sylvain, pardon. Ce café m'a fait tourner la tête.

1:21:39
Invité

Alors, ce quartier, l'emblème de la littérature française. C'est un Germain-des-Prés, c'est ça que vous voulez dire. Oui.

1:21:46
Présentateur

Oui, oui, un peu, un peu. Comment vas-tu ? Salaud.

1:21:56
Invité

Mon prince, vous faites combien d'années ? Oh, ben 10 ans. Bonsoir. Bonjour, monsieur. Louis-Albert de Broglie. Bonjour. Prince de Broglie.

1:22:04
Présentateur

J'étais en train de parler des traditions.

1:22:08
Invité

Alors là, on est servi. Ah ben là, on est servi. Qui sait que c'est à l'heure ? Gilles Van Der Potten a fondé Reporters d'Espoir. Ça, c'est un humaniste. Ah ben oui. On en voudrait rencontrer le soir à la veillée. On les aime sur le masque de la plume également.

1:22:22
Présentateur

Oh, mais vous comprenez. On était en train de dire. Là, on va arriver à Saint-Germain-des-Prés. C'est le lieu de l'intelligence. Voilà l'Institut de France et tout. Il était en train de dire ça. On va arriver. Il s'houtait un peu de ma gueule. Et sur qui on tombe ? Des honnêtes gens. Des honnêtes hommes. Des honnêtes hommes. Des gentilhommes. J'ai l'impression d'être à Disney.

1:22:42
Invité

Vous savez, vous voulez tomber sur Mickey, vous tombez sur... Il est là. Non, mais c'est pas Picsou en tout cas. Bon, allez, on vous fout. Bon, allez, continuez. On vous fout la paix. Salut, ciao. Non, mais excusez-moi. C'est quand même marrant. Oui, mais c'est exactement.

1:22:57
Présentateur

C'est le guichet. Ils sont là, ils font le guichet à l'entrée de Saint-Germain. C'est vrai qu'il y a quelque chose de rigolo. Quand on vieillit, c'est qu'on d'abord... On aime certains... Je sais pas comment exprimer ça. Cette rue, par exemple, elle est dans tous les romans de Dumas, de Balzac. C'est des endroits qui ont quelque chose de... Oui, c'est le quartier historique de Paris aussi. C'est pas seulement un lieu où il y a des intellos qui boivent des bières. C'est romadesque. Regarde, vas-y, vas-y. Regarde, retourne l'objectif là, parce que tu vas... Il faut que tu vois l'éclairage, comme c'est beau. Même à la limite, tu sais, tu te réétonnes la lampe.

Ah non, tu le fais beau, c'est beau. Non, non, non, j'ai rien dit. C'est le côté réalisateur qui revient à faire le chef-for. Bah oui, parce que moi, j'adore... J'ai tourné d'ailleurs des scènes dans ce quartier, dans L'amour du Troisant. Bonsoir.

1:23:59
Invité

Ce milieu littéraire. Parce que, alors, quand on n'en est pas, je pense qu'il a fait rêver pendant longtemps et maintenant, peut-être qu'il dégoûte un peu. Ah bon ? Oui, on se dit, c'est... Pareil, je vous disais, l'Académie, est-ce que c'est pas un peu de la politique ? Je vais vous provoquer, j'ai entendu, par exemple. Moi, je connais pas ce milieu, j'ai entendu. J'ai suivi à qui étaient décernés les prix littéraires cette année. Je pense au Renaudot, par exemple. Vous êtes jury du Renaudot. C'est l'un de vos... Je sais pas, le meilleur ami, mais l'un de vos amis qui l'a reçu. Et j'entends, bah tiens, Bec Bédé a voulu faire plaisir à son pote. C'est un gros pourri et tout ça, ouais.

Oui, mais est-ce que vous avez lu le livre ? Alors lui, je l'ai pas lu. Ah bah voilà. Non, je l'ai pas lu. Ah oui, mais...

1:24:42
Présentateur

C'est pas ma faute si j'ai des amis qui ont du génie. Je préfère avoir des amis qui écrivent bien, plutôt que des amis nuls. Et Simon Liberati, c'est un de nos meilleurs romanciers. J'y peux rien. Donc, d'ailleurs, il y a personne, enfin, il n'y a pas grand monde qui ait contesté la qualité de l'œuvre de Simon. Et à l'Académie, ils ont décerné à Giuliano d'Ampoli pour le match du Kremlin. Et je dois dire que c'était aussi un très bon choix. Il a fait Lionel Goncourt. Oui, donc en fait, du moment qu'on donne des prix à des bons livres, ça va. Ça va. Ce serait mieux qu'on donne des prix à des bons livres de gens qu'on ne connaît pas, mais c'est plus difficile.

Parce qu'il y a moins d'écrivains, tout simplement. Comme il y a moins de livres, enfin... Et donc, les choses se resserrent un peu, mais... Là, c'est la rue Visconti, c'est magnifique. Vous voulez qu'on passe par la rue Visconti ? C'est très, très beau. On ne peut pas passer par là. Pour aller plus rapidement au Flore. Non, non, là, c'est plus... Allez, on ne va pas. Mais quelle est votre... Visconti, la rue Visconti, là, qu'on vient de passer. Balzac avait son imprimerie, là. Et oui, mais... C'est un quartier historique. Pour moi, en fait, je suis plus fasciné par l'histoire de ce quartier que par presque l'idée de...

Voilà, que c'est un ramassis d'écrivains pourris et corrompus qui picole.

1:26:16
Invité

Quelle est votre influence en le milieu littéraire ? Est-ce que vous êtes l'écrivain le plus influent ? Est-ce que vous pouvez faire, défaire des carrières ? Il y a une sorte de mythe autour de ça et autour de votre personnage, de toute manière. Oui. Non, je crois... Non.

1:26:31
Présentateur

Moi, je suis critique littéraire depuis 35 ans. J'écris des chroniques, je donne mon avis. Si je peux révéler un talent, c'est mon boulot. Je suis payé pour ça. Après, je participe à des jurys. Pour moi, c'est naturel. J'aime lire et donc j'aime défendre des auteurs et essayer d'être contagieux. C'est tout. Mais il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de journalistes littéraires qui participent aussi à des jurys. On n'a pas énormément de pouvoir. Le nombre de fois où j'ai fait des articles très élogieux sur des livres qui, après, ne se sont pas vendus. La liste est très longue.

1:27:19
Invité

On va aux flors. Vous avez créé le prix de flors. Comment ça s'est fait, d'ailleurs, cette histoire ? C'est entre copains autour d'un verre ?

1:27:26
Présentateur

Exactement. Oui, oui, exactement. J'ai essayé de réunir des gens, justement, qui soient de bords différents. Donc, des journalistes qui étaient plutôt dans des journaux de gauche, d'autres de droite. Et finalement, ça se passe très bien. Il y a des disputes, parfois. Parce que chacun défend ses goûts. Mais je crois que c'est très sain. Alors là, on va rejoindre un artiste allemand, Grégoire Hildebrandt, qui faisait ce soir le vernissage de son exposition. Et j'ai écrit le texte qui illustre l'exposition. Je crois qu'il nous attend au Café de Flore. On est absolument dans la caricature. Oui, de Frédéric Begbedé.

Oui, Frédéric Angoguette à Paris, le paysan basque qui va retrouver les mondanités. Attention à vous, on va aller par là. Pas si si. Vous m'avez fait marcher, hein ? Oui, mais... Vous savez que je suis une personne âgée ou pas ?

1:28:36
Invité

Oui, vous le répétez assez dans votre roman. Vous le répétez assez. Ah, mais ce n'est pas un roman. Attention, faute grave. Oui, ce n'est pas un roman. Vous avez raison. Pardon, je retire. Vos confessions. Vous avez fait vos études aussi, ici ? Sciences Po ?

1:28:53
Présentateur

Et avant Sciences Po, j'étais au lycée de Montaigne, de l'autre côté du Jardin de Luxembourg, puis à Louis-le-Grand. Oui, c'est vrai, je suis vraiment un enfant de ce quartier, c'est sûr. Je le connais à peu près chaque centimètre carré. Mais est-ce un crime ?

1:29:13
Invité

Non. Le flore. J'ai lu que le flore, à ses débuts, était un repère de réactionnaires. Moraes, Mainville, Venet. Ah bon ? Et puis ensuite, il a eu la longue période sartrienne. Voilà, l'existentielisme. Alors finalement, vous faites revenir la réaction au flore.

1:29:36
Présentateur

Oh non, non. Non, puisque je vous dis, justement, dans le jury du flore, il y a des tas de sensibilités différentes. Moi, j'aime bien la dispute, le dialogue, le débat. Donc, j'aime bien que les gens soient de bord différents parce que c'est plus... ça crée des conversations, en fait. C'est ça que j'aime, les conversations. Comme ce qu'on est en train de faire.

1:29:59
Invité

Comment ça ?

1:30:00
Présentateur

Déambuler en parlant, je crois que c'est un art très français.

1:30:03
Invité

Entraîne un peu.

1:30:04
Présentateur

Dans les films de Woody Allen, il appelle ça le Walk and Talk. Vous savez ça ? Walk and Talk. Dans les films de Woody Allen, il y a souvent une caméra qui fait ça. Mais elle est plutôt là, les personnages parlent. Et le cadreur...

1:30:21
Invité

Il y a ça dans A bout de souffle aussi. Ils descendent les Champs-Elysées.

1:30:26
Présentateur

Champs-Elysées, oui. Comment... En fait, on est en train de faire un petit film de la nouvelle vague. Peut-être. Et regardez comme c'est beau. Il y a des choses assez méconnues. Par exemple, saviez-vous qu'il y a un Picasso derrière vous ? C'est-à-dire ?

1:30:45
Invité

Là, je vois l'église. Ça m'étonnerait qu'il y ait un Picasso sur l'église. Un homme en train de chercher un Picasso à Saint-Germain-d'Elysée.

1:31:00
Présentateur

Enfin, Thibaut, venez voir, venez voir. Ça, là. Ça, c'est Apollinaire. Apollinaire sculpté par Pablo Picasso. Ici, vous voyez, c'est même assez ressemblant. Voilà, vieux Apollinaire. Il y a le buste d'Apollinaire. C'est ça, Saint-Germain. C'est pas que Castel et le Montana.

1:31:30
Invité

Qui n'existent plus. Si, Castel n'existent plus. Oui, mais plus le Montana. Non, je vois que vous avez bien travaillé à l'an. Et alors, comment est-ce qu'on parle de ce qu'il y a dans vos confessions ? Oui, évidemment.

1:31:56
Présentateur

En fait, cette émission, c'est un peu une guide touristique. C'est exactement de visite touristique.

1:32:00
Invité

C'est parfait.

1:32:01
Présentateur

C'est pour les Américains.

1:32:03
Invité

Exactement. C'est pour ça qu'on n'est pas en étalé à Shakespeare & Co. Pour les touristes chinois ? Non, les chinois, non. En ce moment, avec le Covid, il ne vient pas trop en France. Non, laissez-moi vous poser cette question. Oui, j'ai une question intéressante et je sais que vous allez l'esquiver, mais je vais quand même la poser. Toutes ces idées que vous développez dans vos confessions, comment elles se matérialisent politiquement ? Pour qui vous votez ?

1:32:27
Présentateur

Alors moi, je suis écolo. Parce que je pense que le vrai souci aujourd'hui, c'est ça. Donc, ce n'est pas politique, ce n'est pas ni gauche ni droite. Je trouve que c'est dommage que l'écologie soit récupérée par l'UPSS. En réalité, l'écologie, c'est plutôt une idée conservatrice. Et donc, je compte créer le parti éco-conservateur. Et je l'annonce ce soir, j'en serai le président. Voilà. Que vous me présenteriez ? Vous pourriez ? Je ne vois pas pourquoi l'écologie est captée par la gauche extrême. Ça n'a pas de sens, ça n'a pas de raison. C'est une idée qui est supérieure à ce clivage.

L'idée étant, sauvons la planète, sauvons la beauté des paysages, sauvons ce qui peut l'être, avant qu'il soit trop tard. C'est une belle idée qui n'a rien à voir avec ni gauche ni droite.

1:33:21
Invité

Oui, mais alors, je repose ma question.

1:33:23
Présentateur

Ou qui est même plutôt de droite, à mon avis, plutôt conservatrice.

1:33:27
Invité

Je repose ma question. Étant donné que cette écologie-là n'existe pas sur les chiquiers politiques, comment vous faites ? Moi, j'ai voté Yannick Jadot aux dernières élections.

1:33:36
Présentateur

Oui, mais ça me... Je trouve ça dommage. Voilà, mais je suis...

1:33:42
Invité

Je suis l'héber, quoi. Attendez, je me recueille. Je vais rentrer au... Je vais rentrer au Café de Flore avec Frédéric Bec Bédé. I see you every day. I see you every day. Bonjour. So, how are you ? Thibaut, enchanté. This is the camera of Le Figaro. Bonjour. C'est vous l'artiste ?

1:34:09
Présentateur

Thibaut, Gregor Hildebrandt.

1:34:11
Invité

Enchanté. Enchanté. Alors, on peut voir vos œuvres à l'intérieur. Enchanté, Alan. Enchanté. Enchanté. Alan. Thibaut.

1:34:21
Présentateur

Alors, Gregor... Yes. Mais il parle pas français. C'est un grand... Grand artiste allemand. Saint Languement, et ça marche. Ça marche. Donc, après, I have to put this for the camera. Yes, this is your camera. And you explain your show. Il a ouvert ce soir, le vernissage d'un... De vos œuvres ? Ah, d'un galerie d'art. Al Min Resch, c'est ça ? Oui.

1:34:45
Invité

C'est la galerie Al Min Resch. Rue Matignon. D'accord. Avenue. Avenue Matignon. Avenue.

1:34:52
Locuteur

Avenue.

1:34:53
Invité

Donc, si on veut y aller, on peut y aller quand ? On peut aller... On peut aller... Il déteste les caméras, il déteste les caméras. Oui, mais alors là, c'est le moment de faire de la promo. C'est le moment de vendre vos œuvres. Non, mais il n'a pas besoin. Ah oui. Ça marche très bien. Ah oui, très bien.

1:35:06
Présentateur

Grégor, good to see you. Do you have a bottle of wine ? Yes. Ah oui, mais... Oui, alors on va...

1:35:13
Invité

Oui, et vous avez une table, Matondi. Ah bon, on a une table ? Ok, ok. I have a table in the floor. On se retrouve après ? J'ai encore quelques questions pour Frédéric Baguedé. Oui, parfait. Parfait. Merci beaucoup. Merci beaucoup. On rentre par là ? Avec plaisir. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Thibaut vient de l'école de journalisme de Nice.

1:36:23
Présentateur

Et M. Claude, si vous voulez un petit peu faire partie d'un panneau, mais d'être vraiment accepté à Paris, il faut connaître M. Claude.

1:36:39
Invité

On se connaît maintenant. On se connaît. Alors, où est la table de Frédéric Baguedé ? Ah, c'est celle-ci ? Oui. Parfait. On y va. J'ai encore quelques questions, parce qu'il y a un sujet qu'on n'a pas abordé, vraiment. Salut, tu vois bien ?

1:36:58
Locuteur

Bonjour.

1:37:00
Invité

Bonjour. Bonjour. Tu rentras le dossier ? Moi, je n'arrête pas, là. Oui, je sais.

1:37:06
Présentateur

Bonjour. Enchanté. Merci.

1:37:07
Invité

Non, mais vous n'allez pas trop longtemps déranger les clients. Non, certainement pas. Mais il y a un sujet important qu'on n'a pas abordé et que vous abordez longuement dans le livre. Le Verdeau, s'il vous plaît ? Laissez le coup. Le Verdeau, le Verdeau ? Deux, s'il vous plaît. Le Verdeau ? Oui. Oh, peut-être.

1:37:24
Locuteur

Sylvain s'en fout. Oui, Sylvain, oui. Trois Verdeau, s'il vous plaît.

1:37:31
Invité

Il était très discret, là. Oui, il était bien, ce...

1:37:33
Présentateur

Ah, c'est un acteur. La drogue. Alors, si jamais il y a encore des gens qui regardent, ce sont des gens vraiment très, très masochistes.

1:37:41
Invité

Ou très fans de vous. Désolé. C'est un peu... C'est un peu... Oui, mais j'ai un dernier sujet. C'est un sujet beau. Non, c'est beau. C'est pas mal comme promenade. On a fait un joli tour. On a fait pas mal de choses, finalement. Entre Shakespeare & Co. Voilà. Et puis, Albert de Breuil. Un monument à visiter. La drogue, Frédéric. La drogue. Ah, la drogue, la drogue. Tu veux savoir si j'en ai ? Non. Non, mais vous ne pouvez pas me dire ça, après ce que vous avez écrit. Non, non, mais il y a plein de sujets qui se débattent dans vos confessions. Celui-là, vous n'avez pas envie de l'enlever. Qui se débat, c'est moi. Moi, je me débats. Oui, dans vos ébats. Oui. La drogue.

C'est un sujet très important dans vos confessions.

1:38:25
Présentateur

Ça, on sent l'influence de Jacques Chancel dans cet entretien.

1:38:27
Invité

Oui, je l'adore. La dernière question, c'est qu'il y ait Dieu dans tout ça ? Mais alors, vous savez que c'est mon idole. Jacques Chancel. Très grand journaliste, Jacques Chancel. Extraordinaire. Vous savez, il a toujours des moyens. On se demande comment il va arriver à la question intéressante. Parce qu'au début, on se dit, de première question, oui, bon, voilà. Et puis, d'un seul coup, la grande question arrive. Vous confiez sur la drogue. Ça, ce n'est pas rigolo dans votre bouquin. Si, je crois que c'est assez marrant.

1:38:53
Présentateur

Je raconte comment on goûte le produit la première fois. Et puis ensuite, comment on devient addict. Comment on se détruit. Je ne mens pas sur les aspects festifs de la chose. Et ensuite, je ne mens pas non plus sur les dégradations.

1:39:17
Invité

Oui, la mélancolie que ça provoque. Non, je pense qu'il fallait. Enfin, il fallait. C'est une idée de l'Obs. Alors, vous voyez, ce n'est pas vous droit. L'Obs m'a demandé de penser faire un sujet sur la cocaïne. J'ai accepté. Et ça m'a inspiré ce texte. Et ensuite, j'ai rassemblé tous ces textes.

1:39:39
Présentateur

Le type qui arrête de se droguer, qui va dans un monastère, qui va dans un régiment,

1:39:45
Invité

et qui finalement essaie de faire un point sur ce que c'est qu'être un homme aujourd'hui. Pardon pour cette question. Elle est sans jugement complètement. Vous avez complètement arrêté la drogue ? On n'a jamais vraiment arrêté. C'est impossible.

1:39:58
Présentateur

Je veux dire, chaque jour est un combat. Chaque jour, on doit se dire, je vais essayer d'être clean. C'est une lutte permanente. Mais heureusement, là, on a des verbaux qui nous permettent de... Santé. On ne craint pas avec de l'eau, normalement. Non.

1:40:20
Invité

Ce n'est pas grave, on fait une exception. Merci.

1:40:22
Locuteur

Merci beaucoup.

1:40:23
Invité

Vous racontez une scène dans vos conférences. Il faut frimer la tête hypocrite de M. Claude. Ce type est vraiment un faux d'air. Vous n'ayez jamais confiance en lui. Jamais, jamais, jamais. Jamais, jamais. Vous racontez dans vos confessions une scène à Cannes avec Cane Barthès et Laurent Vaud. Racontez-moi ça. C'est là où je me suis aperçu que la cocaïne était ringarde. Parce que j'étais à Cannes, on me disait, ah, c'est le glamour et tout ça. Et j'ai dit à Yann Marthès, allez, qu'est-ce qu'on fait, on y va. Un grand coup de coude comme ça. Et il me dit, c'est pas un autre truc, ce truc-là. Là, je me suis rendu compte qu'en fait, j'étais pathétique.

Alors que pendant longtemps, l'addiction était quelque chose qui était glamourisé, qui était quelque chose qui avait quelque chose d'un peu chic.

1:41:20
Présentateur

Plus du tout. Voilà. La génération avait changé et ce truc-là, ça passait pas. Et moi, j'étais simplement un peu petit, prédicule.

1:41:28
Invité

Et donc, c'était bien. C'était bien. Est-ce que vous avez le regret d'avoir, d'une certaine manière, aidé à rendre cette drogue, la cocaïne, cool ? Évidemment, vous n'en êtes pas responsable. Nous sommes nombreux. Oui. Nous sommes nombreux à avoir... Oui, peut-être. C'est pas... Disons que j'admirais

1:41:50
Présentateur

une littérature transgressive, subversive, un peu underground, où il y avait beaucoup de... de comportements illégaux

1:42:02
Invité

de toutes sortes. Donc voilà. Et oui, mais la littérature, ça doit flirter avec les limites, toujours essayer d'explorer un peu ce qui est la mauvaise vie, quoi. Je vous écoute souvent dans Le Masque et la Plume et dès qu'il y a un roman, justement, il y a beaucoup de romans qui parlent de ça, de la drogue. Tous vos chers amis du Masque et la Plume reviennent vers vous en disant, Frédéric, tu connais. Est-ce que ça vous agace au bout d'un moment ? Vous assumez ou au bout d'un moment, ça vous émerge ? Je vais assumer tout.

1:42:31
Présentateur

C'est pas grave. Enfin, je veux dire, la drogue, c'est très grave, mais d'avoir une mauvaise réputation, c'est pas grave.

1:42:44
Invité

J'ai une dernière question. Est-ce que je vous fais un compliment si je dis que vous êtes devenu et que vous êtes un peu feignant ? Oui, c'est un compliment. J'ai l'impression que ces confessions, je le remontre, les confessions d'un hétérosexuel légèrement dépassé. Vous êtes un peu feignant. Vous avez envie de vous amuser, mais vous faites pas des grandes recherches. C'est pas un compliment. J'ai fait le maximum pour que ce livre soit très sincère et drôle et j'espère qu'il est bien écrit. Si vous pensez ça, c'est votre droit, le plus strict. Je me suis éclaté avec un feignant comme vous. Voilà, merci. Santé. Merci beaucoup, Frédéric Lebedé. Délicieuse cette eau. C'est la vôtre en plus.

1:43:31
Locuteur

Oui, c'est la vôtre. C'est la vôtre. Je ne sais pas encore le dire.

1:43:35
Invité

Ça va ? Ça allait ? Oui, c'est super. C'est en mode, c'est la même, bravo. J'ai travaillé. J'ai eu sur les heures de direct, là. Oui, mais on a eu plein de choses à se dire, non ? Oui, ça va. Je pense qu'il y a eu un petit emmarche sur la perrume, deux, trois temps mort,

1:43:49
Locuteur

sur la rue.