Françoise Degois - "Discours de politique générale de Bayrou : C'est le discours de sa vie"
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« Depuis 2017, on ne négocie plus. »
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« Depuis le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, on ne négocie plus. »
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« Il a été obtenu par le Parti Socialiste un certain nombre de points qui demandaient sur le déremboursement. »
- 5:59PrésentateurFait
« Ça s'est joué, a priori, entre Éric Lombard, François Bayrou et Emmanuel Macron. »
- 6:12PrésentateurFait
« Est-ce qu'on passe le budget ou pas ? »
- 6:48InvitéChiffre
« Le candidat à LFI a fait 12 points de moins qu'au printemps dernier. »
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« Jean-Luc Mélenchon pousse à fond, relance tous les maires pour avoir des parrainages. »
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En revanche, nous avons parlé politique. Ça n'a rien à voir. Ça n'a rien à voir, même s'il y a beaucoup de formes de trafic. Il n'y a pas de trafic d'influence, pas de trafic financier. Non, mais du trafic, c'est-à-dire des négociations qui n'en finissent pas entre François Bayreau et le Parti Socialiste et la gauche. Mais il y a encore eu cette réunion hier soir. Françoise Degoy, que savez-vous du résultat de cette réunion, ce matin ?
Écoutez, j'en sais ce que nous sommes quelques-uns. C'est ce qu'on vous a dit. Oui, ce qu'on nous en a dit, ce qu'on nous en a dit discrètement. Écoutez, de toute façon, je pense qu'en gros, si on doit résumer, puisque nous sommes un peu libres de parler, si on doit résumer, je pense qu'à 18h, il n'y avait rien. À 18h30, il n'y avait rien. À 19h, il n'y avait rien. Parce que c'est la négociation. Vous savez très bien, Jean-Jacques, comment ça se passe. C'est le money time. C'est-à-dire qu'il y a longtemps dans ce pays qu'on n'a pas négocié. En fait, depuis 2017, on ne négocie plus. Déjà, avec François Hollande, les partenaires sociaux, ce n'était pas si extraordinaire que ça.
Mais depuis le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, on ne négocie plus. Donc, on n'a plus l'habitude de ce que sont ces négociations, ces rounds de négociations, qu'on a connues, vous et moi, par le passé dans la vie politique. avec des présidents qui aimaient négocier, qui respectaient les partenaires sociaux et les premiers ministres. Ce n'est plus le cas. Sarkozy, ici encore, Hollande aussi. Mais depuis Emmanuel Macron, ça avait complètement disparu. Donc, hier soir, on n'était pas dans un petit théâtre. On était juste dans ce qui devrait être normal dans la vie politique. C'est-à-dire la négociation, la dernière minute, le money time.
Il me semble qu'il a été obtenu par le Parti Socialiste un certain nombre de points qui demandaient sur le déremboursement. Il me semble qu'ils ont obtenu ça, les 4000 suppressions, supprimés d'ailleurs, les suppressions de postes d'enseignants. Dans l'éducation nationale, oui. La question, c'est la suspension ou pas, suspendre hors-nort. Alors, ça, c'est un vrai sujet. Parce que comment est-ce que François Bayrou va arriver, comment dirais-je, dans son discours de politique générale, à expliquer qu'il suspend ou pas, mais qu'il renégocie ou pas, et qu'il remet à plat ?
Alors, suspension, pause, report, enfin bon...
Le problème de la suspension, vous le savez, vous et moi, Jean-Jacques, c'est que quand on suspend, on reprend assez rarement, quand on pause et quand on gèle. Donc, ça veut dire suspension et galerai, quasiment abrogation. En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il y avait des cris d'orfraie de certains négociateurs socialistes hier après-midi qui n'avaient pas, je pense, l'ensemble du spectre. Il me semble que ce matin, que ce soit Olivier Faure, Boris Vallaud ou Patrick Cannaire, qui sont les vrais négociateurs du Parti Socialiste, les trois, je ne suis pas certaine qu'ils soient insatisfaits. Voilà, je n'ai pas du tout l'attelage.
Donc, il y aura une renégociation de la réforme des retraites ?
À mon avis, je pense qu'il y aura une conférence sociale. Une conférence sociale rapidement ? Peut-être une conférence sociale rapidement, je ne veux pas préjuger, je ne sais pas. En fait, je crois que Bayrou, il cherche la pierre philosophale. C'est comment il arrive à faire rentrer des ronds dans des carrés, comment il arrive à arracher la non-censure au Parti Socialiste, en leur donnant, pas l'illusion d'eux, en leur donnant l'idée que, oui, il est prêt à renégocier cette réforme des retraites, sans fâcher la droite, sans perdre la droite et sans effrayer le milieu des affaires.
Voilà, ça, c'est l'autre. Alors, il y aura, que les choses soient claires, il y a ce discours de vérité, enfin, de vérité, le discours de politique générale de François Bayrou, oui, c'est un discours de vérité, parce que c'est un programme présenté, et jeudi, il y aura cette motion de censure déposée par LFI, et les socialistes ne voteront pas cette motion de censure ?
Je ne vois pas, je ne sais pas, on va attendre le discours de politique générale, c'est l'ordre de vérité. Le RN ne le votera pas, c'est ce qu'a dit Yohann Gillet tout à l'heure. Est-ce que les socialistes, on verra. Vous savez, François Bayrou, c'est quelqu'un qui fonctionne, comme beaucoup de politiques à l'ancienne, dans le bon côté, c'est-à-dire qu'il écrit lui-même ses discours, exactement comme François Hollande. Il laisse reposer. Ce discours de politique générale, c'est toujours, vous avez raison de le dire, c'est un moment de vérité pour tous les premiers ministres. Mais bien sûr. C'est un discours où on parle de sa feuille de route, mais où on parle de soi-même.
Souvenez-vous, Gabriel Attal, il parle de son homosexualité. Elisabeth Borne, qui dit, il faut que je sois quand même assez, montre mon humanité, elle parle de son père. C'est un moment quand même assez fort, le discours de politique générale. Qu'est-ce qu'il va faire François Bayrou ? François Bayrou, il a des tas de choses à raconter. Mais pour lui, c'est encore plus que pour tous les autres premiers ministres. Pourquoi, Jean-Jacques, vous suivez la politique depuis tellement de temps ? C'est l'avènement de la carrière de François Bayrou. Bien sûr. Trois présidentielles. Combien il a fait de milliers de discours, François Bayrou ? Des milliers. Mais celui-là, c'est le discours de sa vie.
Il arrive au poste de premier ministre, il a des choses à raconter, François Bayrou, de sa vie personnelle. Fils de paysan, son père qui meurt quand il a 18 ans, tué par une charrette de foin. Bayrou qui s'élève socialement, agrégé de lettres classiques. Il surmonte son bégaiement. Ce qui faisait l'admiration...
C'est vrai qu'il bégayait, il bégayait.
L'admiration de François Bitterrand, qui disait, un homme qui est capable de surmonter son bégaiement, c'est un homme qui ira très loin. Et on voit l'entêtement de François Bayrou. En tout cas, la détermination. Donc, il a des choses à nous dire, François Bayrou.
Moi, je me souviens du premier débat, de ce débat que j'avais animé entre François Bayrou et Ségolène Royale.
C'était fantastique.
Je me souviens de ça. Je me souviens de ce moment. C'était le grand début, en quelque sorte, le grand lancement de sa carrière politique. Et de BFM. Et de BFM, oui. Qui est devenu, vraiment, ça nous a classé très haut, ce débat. Bien sûr, et de BFM. C'était... Il dit toujours le même, je trouve. Oui, alors... Il dit toujours le même. Alors, il a vieilli, il a...
Alors, en tout cas, il ne faut pas le prendre pour un idiot.
Attendez, je ne suis pas là pour faire... Non, mais moi non plus, ce n'est pas le panégérique. Le panégérique de François Bayrou, loin de là. Mais c'est un homme qui connaît parfaitement la politique. Les arcanes de la politique.
Alors, ce qui est intéressant, ce qui s'est passé hier, c'est qu'ils ont forcément lâché, tout le monde a lâché, y compris d'ailleurs Emmanuel Macron, parce que ça s'est joué, a priori, entre Éric Lombard, François Bayrou et Emmanuel Macron. Comme toujours, dans les négociations, le Money Time, il n'y a rien à 18h, on atterrit à minuit, on va encore atterrir jusqu'à 14h. Jean-Jacques.
Il y a la retraite, et puis il y a le budget. C'est ça, c'est là où vous avez raison. C'est ça le fond du problème.
Est-ce qu'on passe le budget ou pas ?
La France a besoin d'un budget. Enfin, je... On verra, mais on verra. Je dis ce que je pense. Aujourd'hui, compte tenu de la situation, de la situation financière française, on a besoin d'un budget.
Ceci dit, les socialistes ont négocié jusqu'au bout. Je pense que leur posture est excellente, parce que je pense que les Verts négocient jusqu'au bout, le Parti communiste négocient jusqu'au bout, il se passe quand même une forme de tremblement de terre à gauche. Ça veut dire que LFI, qui s'est enfermée dans une posture du tout ou rien, est en train de se décrocher.
Vous, qui connaissez bien la politique, ce qui s'est passé dans l'ISER, dans la première circonscription, c'est un signe, dimanche dernier. Le candidat à LFI a fait 12 points de moins
qu'au printemps dernier. Vous savez que Jean-Luc Mélenchon sait lire. S'il y a bien quelqu'un qui sait lire la vie politique, c'est lui. Il a compris, Jean-Luc Mélenchon. Il a vu le score de l'ISLoufoque, parce qu'il a mis carrément... LFI a mis ses pattes sur l'ISLoufoque. Je le regrette, parce que c'est un candidat qui ne peut pas être réduit à LFI. Mais en tout cas, c'est ce qui s'est passé. L'ISLoufoque, je ne sais pas comment il fait pour gagner dimanche prochain. Il risque de perdre.
Il a de grands risques de perdre.
Jean-Luc Mélenchon pousse à fond, relance tous les maires pour avoir des parrainages, parce qu'il a mis tout son pari dans une présidentielle anticipée qui risque de ne jamais arriver. Et donc la réalité, ce qui est en train de se passer avec ce budget, c'est le budget de la France, mais c'est aussi l'histoire de la gauche qui est en train de se modifier, c'est-à-dire, est-ce que la gauche de gouvernement va remporter son pari face à la gauche protestataire ? C'est ça le sujet.
Merci Françoise, merci pour ces explications. Il est 7h49, ça vous fait réagir ? J'en suis certain, 0826 300 300.