Macron « truque » 2027 ? Le problème des dates pour la Présidentielle
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Bonjour tout le monde et bienvenue pour un nouvel épisode des Indiscrets sur le Média, votre rendez-vous hebdomadaire politique avec Nils. Tous les vendredis, il nous offre les indiscrétions du monde politique, les petits secrets des plus grands et avons-le, on aime ça. Alors au sommaire, aujourd'hui, Emmanuel Macron serait-il en train de magouiller avec les dates de la prochaine présidentielle ? Nils a enquêté là-dessus et on va aussi vous parler de la nouvelle erreur de Gérald Darmanin qui pourrait bien avoir des conséquences dramatiques. Allez, c'est parti pour les Indiscrets. Bonjour Nils.
Salut Amira, salut à toutes et à tous.
J'espère que tu vas bien. Alors Emmanuel Macron a annoncé les dates de l'élection présidentielle et ça fait déjà polémique.
Oui, le président a tranché les premiers et second tours de l'élection présidentielle, auront lieu respectivement le 18 avril et le 2 mai 2027. Regardez.
Le 1er mai, il y a aussi le risque de potentiel débordement. De telles images pourraient-elles avoir une influence en dernière minute sur le vote des Français ? L'exécutif en tout cas a tranché après avoir longuement tergiversé, ce qui devrait soulager certains candidats impatients qui vont enfin pouvoir inscrire ces dates sur leur premier tract de campagne.
Voilà, alors sauf que tu le disais en introduction, ce choix du chef de l'État validé en Conseil des ministres ce mercredi est décrié par tout le monde. Les oppositions, que ce soit à la droite, l'extrême droite ORN évidemment, mais aussi à gauche et même chez les syndicats, car ce deuxième tour interviendra au lendemain du 1er mai. C'est le jour de mobilisation syndicale à l'occasion de la fête des travailleurs.
Alors Nils, tu vas peut-être pouvoir nous dire comment sont choisis les dates de l'élection présidentielle ?
Alors pour être honnête, je ne suis pas si calé que ça en constitution, j'ai donc demandé à un spécialiste, le constitutionnaliste Jean-Philippe Derosier, de nous expliquer tout ça. Écoutez-le.
Les dates sont prévues par la constitution, par l'article 7, c'est 20 jours au moins et 35 jours au plus avant l'expiration du mandat. Et en plus, il faut que l'élection soit un dimanche. Le choix des dates s'imposait au président de la République qu'ouvrir nos banques. L'alternative était unique entre 11 et 25 avril ou 18 avril et 2 mai. Et c'est la deuxième option, comme c'est assez traditionnellement le cas, d'avoir un premier tour en avril et un deuxième tour au mois de mai.
Voilà, donc en vérité, si j'ai bien compris, Emmanuel Macron avait deux fenêtres de tir, soit les 11 et 25 avril, soit les autres dates qu'il a choisies. Alors à l'Élysée, on assure que le chef de l'État a voulu tenir compte des vacances de printemps, très gentil pour les Français, selon les zones A, B, C ou encore la Corse. Alors elle s'étale du 3 avril au 3 mai 2027 et le 2 mai, une seule zone sera concernée et encore ce sera la veille de la rentrée. Et donc l'Élysée explique que ça peut annoncer davantage d'électeurs aux urnes. C'est bien la première fois qu'on se préoccupe des Français.
Il y en a un qui n'est pas du tout content de ces dates de l'élection présidentielle. Tu veux nous en parler, Nils ? C'est Bruno Retailleau.
Eh oui, Bruno Retailleau. Pour Bruno, c'est un complot. Écoutez le candidat Les Républicains à la présidentielle, c'était sur Télé Bolloré cette semaine.
Qu'on ne me fasse pas croire que dans les cortèges, dans les prises de position, il n'y aura aucun écho politique. Une fois de plus, ce gouvernement a obtempéré et le choix du gouvernement, ça a été le choix de la gauche, parce que la gauche pense qu'une second tour, après le 1er mai, ça l'avantagera.
Voilà, alors pour Bruno Retailleau, c'est le choix d'Emmanuel Macron, c'est pour avantager la gauche, selon lui. Alors inutile de vous dire que les accusations de Retailleau font hurler de rire en haut lieu. Voilà ce que me déclare notamment un familier de l'Élysée. Après dix ans au pouvoir, Emmanuel Macron serait donc à l'action pour favoriser la gauche. Ce serait une première. En vérité, c'est que quelle que soit la date choisie, elle allait être critiquée. C'est le jeu de la politique. Mais il faut vraiment arrêter de crier au complot.
Voilà, et puis à la sortie du Conseil des ministres, ce mercredi, la porte-parole du gouvernement, Maude Bréjon, s'est agacée des procès en manipulation qui sont faits au président. Écoutez-la.
Non, alors je veux bien qu'on polémique sur beaucoup de choses. Je vous propose qu'on ne polémique pas sur les dates des élections présidentielles. Là encore, c'est un choix qui a été fait d'abord au regard de ce qu'impose la Constitution. Les règles seront les mêmes qu'à l'habitude. Il y a une période de réserve. Il y a des dates qui ont été fixées, eu égard aux différentes contraintes et aux différentes exigences qui s'imposent à nous. Les premières sont constitutionnelles. Et le seconde ont été partagées, encore une fois, avec l'ensemble des partis politiques. On aurait pu choisir d'autres dates qu'on nous aurait probablement reprochées au regard du calendrier des vacances scolaires.
Donc j'entends que ça ne convienne jamais parfaitement aux uns et aux autres.
Voilà, alors finalement, pour le constitutionnaliste Jean-Philippe de Rosier, que j'ai consulté, le président a peut-être choisi la moins pire des solutions. Écoutez cet éminent spécialiste.
Le mandat s'ermine le 14 mai. Il est assez rare que les deux tours de l'élection présidentielle aient lieu au mois d'avril. C'est arrivé en 2022, parce que si on avait organisé ça au mois de mai, le second tour aurait eu lieu soit le 1er mai, soit le 8 mai. Donc là, ça aurait été le jour même de la fête des travailleurs ou de la victoire de 45. Et ça, effectivement, c'est un petit peu plus. Les deux options pourraient prêter le 1er mai. S'il avait choisi le 11 et le 25 avril, tout en disant qu'il veut rester jusqu'au 14 mai, on lui aurait reproché.
Le constitutionnaliste nous explique très bien qu'Emmanuel Macron a finalement choisi la moins pire des solutions. Alors pourquoi il y a autant de polémiques et autant de défiances par rapport à ce choix ?
Peut-être qu'au fond, c'est moins le choix des dates qui a posé problème que la personne qui a choisi ces dates, c'est-à-dire Emmanuel Macron. Alors une première hypothèse, en 2022, le second tour de la présidentielle qui avait abouti à la réélection d'Emmanuel Macron s'était tenu le 24 avril. Le Conseil constitutionnel, par la voix de son président d'alors, c'était Laurent Fabius, avait proclamé les résultats le 27 avril. Et la cérémonie d'investiture avait été organisée à l'Élysée le 7 mai 2022. Donc on pourrait penser logiquement que son mandat à Emmanuel Macron s'arrête cinq ans plus tard, le 7 mai 2027. Eh bien non, car Emmanuel Macron a pris quelques libertés avec les usages.
Écoutez l'annonce de Laurent Fabius il y a quatre ans.
Le Conseil constitutionnel, en ce 27 avril 2022, proclame M. Emmanuel Macron élu président de la République. Son nouveau mandat débutera à compter du 14 mai 2022 à zéro heure. J'adresse au président Emmanuel Macron toutes nos félicitations pour son élection.
Voilà, donc à l'époque, on en reprenait pour cinq ans. Alors personnellement, ça fait dix ans, on ressent, dix ans de Macron. Mais bon, bref. Donc le nouveau mandat du chef de l'État a débuté le 14 et non pas le 7 mai. Et donc selon l'article 6 de la Constitution, le mandat du président de la République dure cinq ans, jour pour jour. Alors certes, Macron réélu, il avait pu prendre quelques libertés. Ça n'avait pas d'incidence sur la date réelle de sa fin de mandat. Mais effectivement, ça avait fait mauvais genre.
Alors ça, c'était la première hypothèse. Nils, qu'en est-il de la deuxième hypothèse ?
Eh bien, la lecture très subjective de la Constitution par Emmanuel Macron, on l'a déjà dit ici et répété dans cette émission à moult reprises, qu'Emmanuel Macron a une vision très extensive de la loi constitutionnelle. On l'a vu à plusieurs reprises, par exemple sur le pouvoir de nomination. Macron est fréquemment sorti des clous, parfois souvent en procrastinant. Par exemple, pour le château de Versailles, Catherine Pégard, l'ancienne maîtresse des clés du palais, est restée en poste bien au-delà de la limite d'âge autorisée par le fait du prince, enfin plutôt du couple Macron.
Et puis Nils, on l'a aussi vu en 2024, qu'Emmanuel Macron n'en faisait qu'à sa tête. On l'a vu après la dissolution.
Eh oui, quand le chef de l'État a refusé de nommer la candidate du NFP, Lucie Casté à Matignon, au nom, je cite, de la stabilité constitutionnelle, alors que c'est bien le cartel des gauches qui était arrivé premier à l'Assemblée. Alors là encore, la tradition républicaine non écrite voulait que le président de la République nomme première ministre la personne désignée par la coalition, le parti arrivé en tête, ce qu'il n'a pas fait. Alors certes, ça pouvait faire sourire de nommer Lucie Casté à Matignon, qui était quand même une personnalité de moindre importance politique, mais en réalité, elle était bien la candidate désignée. Écoutez Emmanuel Macron.
La question n'est pas un nom, la question c'est quelle majorité peut se dégager à l'Assemblée pour qu'un gouvernement de la France puisse passer des réformes, passer un budget et faire avancer le pays. Et donc j'ai choisi la stabilité. Le gouvernement en charge des affaires courantes, avec des ministres qui ont eu un engagement remarquable sur ce sujet, sous l'autorité du Premier ministre, eh bien ils seront aux affaires courantes durant les Jeux. C'est normal.
Et jusqu'à la fin des Jeux, jusqu'au 8 septembre ?
Et donc dès que je le pourrai, en tout cas, il est clair que jusqu'à la mi-août, nous ne sommes pas en situation de pouvoir changer les choses parce qu'on créerait un désordre.
Voilà, alors à l'époque, Macron a invoqué la période des Jeux olympiques pour faire comme si la dissolution n'avait pas eu lieu. Et de fait, les ministres démissionnaires ont fait plus qu'expédier les affaires courantes puisque Macron a même signé des décrets d'application juste avant la démission du gouvernement d'Atal. D'ailleurs, on se souvient que le journal officiel était plein comme un neuf tellement le président et son jeune Premier ministre avaient effectivement signé des décrets jusqu'au dernier moment. Alors il y avait eu notamment un texte sur l'immigration, forcément terrifiant, et puis un autre forcément injuste sur les industries, soi-disant vertes.
Alors on voit bien nos confrères de reporters expliquaient que c'était surtout des décrets anti-écologiques. Alors certes, c'était légal, mais quand même c'était très limite. Bah oui, Atal n'avait plus aucune légitimité. Et Emmanuel Macron a toujours fait ça, c'est-à-dire qu'il a sans cesse joué avec les limites de la Constitution, avec celles de la légalité juridique.
Oui, tu le disais, Nils, il aime bien jouer avec la Constitution le président Emmanuel Macron. D'ailleurs, il l'a fait également quand il a interdit des manifestations ou encore plus récemment le concert de LFI.
Oui, voilà, c'était lors de la fête de la musique. La justice administrative a d'ailleurs fait du petit bois avec l'arrêté délirant pris par le préfet de police Patrick Faure, qui est d'ailleurs l'ancien dirkab d'Emmanuel Macron.
Quelqu'un aussi dense.
Oui, le monde est petit. Donc effectivement, le préfet s'était trompé dans la liste d'invités. Donc effectivement, le juge administratif avait considéré que cet arrêté était totalement illégal. Et donc effectivement, le concert a bien pu avoir lieu. Voilà, donc petit à petit, finalement, Emmanuel Macron a dicté au pays et aux forces politiques son agenda et sa politique. Regardez d'ailleurs son agenda qui est prévu pour les prochains mois. Alors là, il y a eu l'entrée de Marc Bloch au Panthéon. Il y a eu aussi le G7 à Evian. On a vu qu'Emmanuel Macron était très content.
Vont suivre une visite au Moyen-Orient, le sommet de l'OTAN en Turquie, les célébrations du 14 juillet, avec nos militaires, autour de la coalition des volontaires pour l'Ukraine. Et puis évidemment, le suivi de l'étape du Tour de France par tradition. Voilà, donc jusqu'au dernier moment, je vous préviens, on va bouffer du Macron. Voilà notamment ce que m'explique un conseiller de l'exécutif. Emmanuel Macron veut présider jusqu'au bout. Ce n'est plus un gouvernement, c'est un comité des fêtes. On passe notre temps à caler des événements dans l'agenda. C'est dément.
Nils, je pense qu'on va essayer de rassurer nos auditeurs. Emmanuel Macron va revenir en 2032 ? Ou qu'est-ce qui se passe ?
En tout cas, je ne sais pas si on peut rassurer nos abonnés parce qu'en réalité, la rumeur, elle plane et elle est quand même tenace. Je crois d'ailleurs que l'un de nos invités, on a parlé, c'est Marc Annelveld, dans une autre émission. Mais en gros, Emmanuel Macron se verrait bien effectivement revenir en 2032 après avoir laissé le pays très affaibli. C'est un peu moi ou le chaos, ce président. Alors c'est un rêve pour lui, c'est un cauchemar pour une majorité de Français, à en lire les sondages, pas seulement d'ailleurs les abonnés aux médias.
Et voilà peut-être pourquoi l'annonce de ces dates pour la présidentielle est aussi mal perçue par les forces politiques, de gauche comme de droite d'ailleurs. Cela en dit long sur le climat de défiance politique et sociale installée par ce président.
Merci Nils d'avoir enquêté sur ce sujet. Et on va passer à notre deuxième sujet justement. On va continuer à parler de défiance avec un ministre justement d'Emmanuel Macron, Gérald Darmanin, qui n'en est pas à sa première affaire. Alors explique-nous, qu'est-ce qui s'est passé récemment ?
Alors de mémoire de magistrats, Darmanin a commis un impair assez incroyable. En fait, le ministère de la Justice n'a pas mis à jour le code de justice pénal des mineurs, ce qui pourrait entraîner la libération de jeunes considérés comme très dangereux. C'est le canard enchaîné qui a révélé l'affaire cette semaine. Et tout est parti d'un mail interne de l'USM, l'Union syndicale des magistrats, le syndicat majoritaire de la profession. Alors entre nous, ce n'est pas vraiment une bande de gauchistes, ce n'est pas le syndicat de la magistrature. Ils sont plutôt centristes bontins. Eh bien, cette fois, ils ont pris leur plume par mail pour tirer la sonnette d'alarme.
À compter de ce mercredi 1er juillet, les mineurs qui étaient jusque-là en détention provisoire pendant le temps de l'enquête, qui sont suspectés d'avoir commis des faits criminels entre 16 et 18 ans, devront être remis en liberté dès lors que les juges auront ordonné leur renvoi devant les assises.
Alors, la raison, Nils, à tout cela ?
Eh bien, il y a un an, le Conseil constitutionnel a censuré le texte qui permettait de garder en prison avant leur procès ces mineurs accusés de crime. Eh bien, ce délai, Darmanin l'a laissé filer. Aucun texte n'a été voté avant l'échéance. Résultat, depuis mercredi, il n'existe plus aucune base légale pour maintenir ces mineurs en détention.
Alors, de quels mineurs on parle exactement ? Parce qu'on a vu récemment la polémique avec Hamza à la douane. Est-ce qu'il s'agit de mineurs avec des pistolets hauts ?
Alors non, clairement, on ne fait pas l'apologie de la prison. Ici, sur le Média, on parle vraiment des mineurs les plus dangereux. J'ai posé la question à des magistrats pour préparer cette émission. Il s'agit par exemple d'un jeune accusé d'en avoir tué un autre à coup de couteau. Ça peut être aussi un autre qui aurait commis des tournantes à l'acte de barbarie ou encore un tueur potentiel de la DZ-mafia. Bref, le haut du spectre criminel selon les magistrats, effectivement, que j'ai interrogés.
Alors, pour se rassurer et peut-être pour essayer de rassurer le public et d'éteindre la polémique, la chancellerie affirme au contraire que le nombre de mineurs concernés est marginal, mais sans pouvoir donner de nombre, ce qui n'est pas vraiment rassurant à la fois pour les magistrats et puis pour le public, les Français, évidemment. Alors, en catastrophe, il y a une dépêche, ce qu'on appelle une dépêche, donc un petit texte signé des directrices des affaires criminelles et des grâces. Et de la protection judiciaire de la jeunesse qui a été envoyée au parquet le 29 jours en soir, donc vraiment à l'extrême limite du délai.
Et puis, il est demandé au procureur de tenir la chancellerie informée strictement de toute remise en liberté des mineurs concernés et de préciser les mesures de sûreté qui auront pu être décidées. Voilà, je cite effectivement cette dépêche qui a été envoyée. Alors, selon l'Union Sénégale des magistrats, c'est encore une manière de se défausser. Voilà ce que m'explique d'ailleurs le secrétaire national de l'USM. C'est si facile de taper sur les magistrats. Le ministre met la pression sur nos collègues, mais c'est bien sa responsabilité qui est engagée. Le ministère nous inonde de priorités.
On a reçu une soixantaine de circulaires l'an passé et une cinquantaine depuis le début de cette année. C'est énorme. Comme tout est urgent, rien n'est urgent. On ne peut pas suivre.
Alors, est-ce que Gérald Darmanin, je connais déjà la réponse, mais est-ce qu'il a au moins présenté ses excuses ?
Ah ben non, au contraire, il a fait comme si de rien n'était. Regardez, c'était à l'Assemblée nationale. C'était mercredi.
Aujourd'hui, pour avoir un échange avec la chancellerie et bien sûr les dispositions qu'on a pu prendre, avec le secrétaire général du gouvernement, notre interprétation, c'est que la loi étant promulguée à la fin du mois de juillet, puisque nous avons un vote définitif de ce texte autour du 20 juillet, si j'ai bien compris, nous n'aurons pas de difficultés particulières pour l'application et la modification de la loi en ce qui concerne le Code général des mineurs. Donc, il s'agit bien du flux. Il y a bien une dépêche d'explication qui a été portée. Aucun détenu provisoire mineur n'a été libéré. Cet amendement a été voté par votre Assemblée. Je m'en félicite.
Il est donc recevable et je suis très heureux que bientôt ce soit la loi de la République.
Voilà, donc à l'écouter, une simple erreur technique. Le ministre explique qu'un amendement au projet de loi sur la justice criminelle est en cours d'examen à l'Assemblée et qu'il a été déposé ce mercredi pour rectifier le tir. Mais il ne s'appliquera évidemment qu'une fois la loi promulguée, soit au plus tôt mi-juillet. Alors, pourquoi n'avoir pas anticipé en introduisant la disposition dans le texte initial ou par un amendement en amont ? Eh bien, on ne sait pas vraiment. En tout cas, nos éditocrates se sont empressés de défendre Gérald Darmanin sur les plateaux télé, regardé par exemple sur RMC.
Je trouve quand même là un peu dur avec Gérald Darmanin parce que si on t'écoute bien, à l'origine, le problème, c'est le Conseil constitutionnel, c'est les décisions aberrantes du Conseil constitutionnel, de gens que personne n'a élus. Je rappelle qu'il n'y a plus que seulement 36% des Français d'après un sondage qui ont confiance dans le Conseil constitutionnel. Donc moi, je suis pour la suppression immédiate et totale du Conseil constitutionnel et le Conseil constitutionnel, pour la énième fois, nuit aux intérêts de la France et met les Français en danger.
Voilà, donc c'est le Conseil constitutionnel, c'est de sa faute. Il ne fait qu'appliquer le droit et il fait respecter la loi. Mais effectivement, il faudrait peut-être le supprimer. Alors, c'est un peu délirant de tenir ce genre de discours avant 2027. C'est assez irresponsable et c'est dans la droite ligne, finalement, de ce que propose un certain Bruno Retailleau.
Et puis, en plus, Nils, on va parler de toutes les défaillances de la justice. Le Cornu, il a encore annulé son rendez-vous avec la maman de Rosa. On l'a appris ce matin.
Oui, c'est cette maman qui accuse Jérôme Barrella, le suspect principal de l'affaire Liana, d'avoir violé à des dizaines de reprises sa fille âgée de 10 ans à l'époque. Donc, Le Cornu devait la recevoir et ça ne s'est pas fait au dernier moment. Écoutez son avocat, il est intervenu ce matin sur RTL.
Le rendez-vous avait déjà été décalé une première fois de façon assez surprenante. Et là, il vient d'être annulé sans fondement. Donc, c'est assez navrant pour ne pas dire honteux, pas pour moi, mais pour la maman de Rosa que j'assiste, puisqu'elle avait besoin de comprendre, elle avait besoin d'être assistée, elle avait besoin d'avoir des éclaircissements par rapport à toute cette procédure. Et on ne peut que constater qu'il y a un fossé énorme entre ces belles paroles des hommes politiques et en particulier du gouvernement et du Premier ministre et en même temps, la réalité qui fait que les victimes sont abandonnées sur le terrain. C'est vraiment navrant. Voilà, il n'y a pas d'autre mot.
Voilà, effectivement, une première rencontre avec le Premier ministre était prévue la semaine dernière. Elle a été reportée. Elle devait avoir lu aujourd'hui, mais donc, elle a également été annulée. Alors, ça commence à faire tâche. Matignon n'a pas dénié, donné d'explication, mais on a un indice parce que la maire de Rosa a porté plainte cette semaine contre, devinez, eh bien, Darmanin lui-même. Regardez, voilà, c'était le Figaro qui a révélé cette plainte. Elle a déposé plainte auprès de la Cour de justice de la République, qui est la seule habilité à juger les ministres dans l'exercice de la fonction pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui et non assistance à personne en danger.
Et donc, le document vise explicitement le garde des Sceaux. Voilà notamment l'extrait de la plainte de la maire de Rosa auprès de la Cour de justice de la République. En s'abstenant de fournir à l'autorité régalienne qui le mérite les moyens nécessaires pour son bon fonctionnement, M. Darmanin se rend personnellement responsable d'une partie du dysfonctionnement de l'institution judiciaire.
Soyons honnêtes, Nils, on sait déjà, malheureusement, que cette plainte n'a aucune chance d'aboutir.
Oui, parce que le garde des Sceaux n'est pas policier, il n'est pas enquêteur ou il n'est pas gendarme, il n'est pas procureur, il n'est pas juge, il n'a même plus le droit mais cette plainte elle a d'abord valeur de symbole, elle vise à faire reconnaître la défaillance de l'État dans les affaires de violences sexistes et sexuelles et notamment sur les affaires qui effectivement concernent des mineurs. On a appris finalement vendredi, donc le jour que nous enregistrons cette émission, que Sébastien Lecornu recevra finalement prochainement à Matignon, la mère de la Petite Rosa.
Donc voilà, c'est effectivement Matignon qui a communiqué sur ce sujet à France Info, l'avocat de la mère de Rosa qui a annoncé lundi le dépôt de la plainte devant la CJR d'une plainte contre le ministre de la Justice Gérald Darmanin pour une assistance à personne en danger, une mise en danger de la vie d'autrui, va pouvoir directement évoquer avec le Premier ministre la série de défaillances lourdes de la part du ministère de la Justice que la maman de la Petite Rosa reproche à Gérald Darmanin et plus largement au gouvernement affaire à suivre.
Alors on comprend mieux pourquoi le corps nu a autant de mal à honorer ce fameux rendez-vous, son meilleur ami en politique et au gouvernement, c'est un certain Darmanin. Les deux hommes se connaissent depuis longtemps, font les 400 coups aux politiques, on se souvient qu'ils avaient notamment loué ensemble une villa qui appartenait à un mafioso notoire en Corse, voilà, et ils gouvernent aujourd'hui finalement le pays.
Pour Darmanin, le parallèle avec l'affaire Liana est flagrant, le ministre s'est défaussé sur la procureure d'Auche dans cette histoire alors qu'elle est débordée, il a insisté sur les responsabilités individuelles des magistrats et quelle est la responsabilité individuelle politique du ministre de la Justice ?
Nils, je crois avoir la réponse, jamais.
Voilà, exactement.
Merci Nils, en tout cas, pour toutes ces petites indiscrétions.
Merci à toi et puis on se revoit évidemment la semaine prochaine.
J'ai hâte, à vendredi prochain Nils.
À vendredi, salut.
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Emmanuel Macron