Manuel Bompard, coordinateur national de LFI | LCP, Lundi C'est Politique - 29/09/2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 41 %Attaque 43 %Défensif 16 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:17OuverteRéponse directe
La condamnation de Nicolas Sarkozy, il ira en prison, puisque sa condamnation est assortie d'une exécution provisoire. Certains dénoncent une décision politique. Que leur dites-vous ?
- 2:32RelanceRéponse directe
Sur la question de l'exécution provisoire, vous aviez eu une voix un peu singulière à gauche, vous n'êtes pas forcément favorable à ce qu'un justiciable ait un droit de recours.
- 3:16FerméeRéponse partielle
Et donc même chose pour Nicolas Sarkozy, vous vous auriez souhaité ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Jusqu'à quel point, à votre avis, on a le droit, si on n'est pas d'accord, de dénoncer une décision de justice ? Après tout, Nicolas Sarkozy la considère comme injuste.
- 4:45RelanceRéponse directe
Votre parti politique, la France Insoumise, est lui aussi l'objet de plusieurs enquêtes, dont l'une vise les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2017. Est-ce que finalement, il n'y a que quand la France Insoumise est concernée, que vous avez des doutes sur l'impartialité de la justice ?
- 5:19FerméeRéponse directe
Non mais ôtez-moi d'un doute, aucun d'entre nous n'a été condamné.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:31InvitéFait
« notamment les représentants de formation politique, qui d'habitude passent leur temps à dire dans le débat public que la justice est trop laxiste, qu'il faut davantage de fermeté. »
- 2:25InvitéFait
« il y avait en particulier des familles de victimes d'attentats qui ont été commis et commandités par le pouvoir libyen »
- 2:58InvitéFait
« il me semblait nécessaire que les voix de recours, en l'occurrence les voix d'appel et les voix de cassation, puissent avoir lieu avant que Mme Le Pen soit empêchée de se présenter à l'élection présidentielle »
- 4:27InvitéFait
« ce qui est choquant, c'est que vous avez des responsables politiques, des membres du gouvernement, des ministres de la justice, qui quand même sont les garants de l'indépendance de la justice, avoir des propos qui sont des propos extrêmement désobligeants à l'égard de l'institution judiciaire dans sa globalité »
- 5:46InvitéFait
« On parle pour M. Sarkozy d'une potentielle situation de corruption avec un régime étranger, en l'occurrence le régime dictatorial libyen, et on parle en ce qui concerne Mme Le Pen de plusieurs millions d'euros d'argent public qui auraient été détournés »
- 7:39InvitéFait
« M. Lecornu a présenté, dans un interview qui a été publié il y a quelques jours, ces grandes orientations budgétaires, et qu'elles ont le mérite de la clarté »
- 7:52InvitéFait
« Il a enlevé les deux jours fériés, et dont tout le monde savait que c'était l'épouvantail qui allait servir un peu de poire pour la soif dans la négociation »
- 8:07InvitéFait
« Il dit le retour de l'impôt de solidarité sur la fortune, il n'en est pas question »
- 8:10InvitéFait
« Il dit même la suspension de la réforme des retraites, il n'en est pas question »
- 8:17InvitéFait
« Il dit qu'il faut rester dans les mêmes trajectoires de baisse des déficits telles que M. Bayrou l'avait proposé »
- 10:50InvitéFait
« la journée du 10 septembre, qui, pour moi, a été au contraire une journée assez massivement suivie »
- 11:10InvitéFait
« on est à peu près, à l'exception peut-être de la première mobilisation des Gilets jaunes, sinon on est au-dessus de toutes les autres journées de mobilisation des Gilets jaunes »
- 11:40InvitéFait
« plus d'un million de personnes qui se mobilisent alors qu'on ne parle pas d'une mobilisation contre une réforme, par exemple, contre la retraite à 64 ans, comme ça a été le cas il y a deux ans »
- 26:43InvitéFait
« ils ne sont pas exposés à payer la taxe Zuckman parce qu'ils n'ont pas des revenus aussi considérables ni des patrimoines aussi élevés »
- 29:42InvitéChiffre
« vous évaluez ce montant à 60 milliards d'euros »
- 29:52InvitéChiffre
« la Cour des comptes relève que sur ces baisses et suppressions d'impôts à peu près entre 35 et 40% est représenté par la suppression de la taxe d'habitation pour l'ensemble des français et par la suppression de la redevance télé »
- 31:58InvitéFait
« les classes moyennes avaient aussi beaucoup bénéficié de ces baisses d'impôts »
- 32:10InvitéChiffre
« le salaire réel des français a baissé de 3% »
- 33:40InvitéChiffre
« notre chiffrage il est très clair, c'est 28 milliards d'euros sur la retraite à 60 ans »
- 35:20InvitéFait
« l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie sont à 66 ans comme âge légal de départ »
- 44:34InvitéFait
« nous avons eu la majorité au bureau de l'Assemblée Nationale »
- 49:51InvitéFait
« le parti socialiste a refusé de censurer le gouvernement de monsieur Bayrou »
- 50:33InvitéPromesse
« il y aura évidemment une candidature porteuse de la continuité avec le programme qu'on a défendu en 2022 »
- 52:06InvitéFait
« La taxe carbone c'était vraiment très net : les gens qui voyagent en avion ne payent pas de taxe carbone, les gens qui ont besoin d'une voiture pour aller au travail payent une taxe carbone »
- 52:20InvitéFait
« les vrais climato-sceptiques se trouveraient en haut, dans les bureaux des élites économiques et de la haute administration »
- 53:23InvitéFait
« La France insoumise se distingue par rapport au discours écologique classique en n'ayant jamais choisi le registre des petits gestes »
- 54:37InvitéFait
« les ZFE de mon point de vue n'était pas une mesure qui faisait avancer l'écologie »
- 57:19InvitéChiffre
« les sites industriels c'est 17% des émissions de CO2 »
- 57:26InvitéFait
« le haut fourneau de Dunkerque d'ArcelorMittal il devait y avoir une aide de l'État substantielle »
- 57:59InvitéPromesse
« on conditionne toutes les aides publiques aux entreprises au respect des objectifs sociaux et des objectifs environnementaux »
- 58:18InvitéPromesse
« je suis favorable à la nationalisation d'ArcelorMittal »
- 58:34InvitéPromesse
« favorable à la conditionnalité des aides publiques en matière écologique »
Temps de parole
- Invité67 %
- Présentateur11 %
- Invité 25 %
- Invité 35 %
- Invité 45 %
- Invité 53 %
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– Semaine décisive pour Sébastien Lecornu, le Premier ministre consulte une dernière fois peut-être avant de rendre sa copie pour le budget. Eux n'iront pas négocier, ce que veulent les Insoumis c'est la censure de nouvelles élections législatives, voire même le départ du Président de la République. Manuel Bompard, coordinateur national de la France Insoumise, est l'invité ce soir de l'Indicé Politique. Manuel Bompard, bonsoir. – Bonsoir madame.
– Pour vous interviewer dans cette émission, mes camarades Hervé Gattegnaud, directeur de la rédaction de Radio Classique, Stéphanie Despierre, que vous croisez aux quatre colonnes journalistes pour la chaîne parlementaire, Thierry Fabre, rédacteur en chef au magazine Challenge, et Hugo Couturier, Hugo Auperchoir, qui relaiera les questions sur notre chaîne Twitch. Alors Manuel Bompard, on va revenir sur l'actualité politique parlementaire, mais on va commencer par une actualité judiciaire, mais politique. La condamnation de Nicolas Sarkozy, il ira en prison, puisque sa condamnation est assortie d'une exécution provisoire. Certains dénoncent une décision politique. Que leur dites-vous ?
– Je suis stupéfait que, notamment les représentants de formation politique, qui d'habitude passent leur temps à dire dans le débat public que la justice est trop laxiste, qu'il faut davantage de fermeté. Et bizarrement, quand ça concerne l'un des leurs, en l'occurrence M. Sarkozy, alors on a un changement complet de discours, et là on vient dénoncer une justice qui cette fois serait trop sévère. Moi j'ai une habitude, c'est précisément d'éviter de commenter des décisions de justice. Il y a une décision de justice, M. Sarkozy a fait appel, c'est évidemment son droit.
– Certains sont quand même réjouis, quasiment à gauche.
– Moi je ne me réjouis jamais du fait qu'une personne est en prison, mais si M. Sarkozy a été reconnu comme étant coupable de faits qui lui sont reprochés, qui sont des faits extrêmement graves, on parle de le sujet sur lequel il a été condamné, c'est ce qu'on appelle une association de malfaiteurs, et on parle de choses qui ont été faites avec l'ancien pouvoir libyen. Et je rappelle que dans les tribunaux, il y avait en particulier des familles de victimes d'attentats qui ont été commis et commandités par le pouvoir libyen. Donc c'est des faits extrêmement graves, si la justice le reconnaît coupable, c'est normal qu'il y ait des sanctions.
– Sur la question de l'exécution provisoire dont on a beaucoup parlé, dont on avait beaucoup parlé aussi sur la condamnation de Marine Le Pen, vous, vous aviez eu une voix un peu singulière à gauche, vous n'êtes pas forcément favorable, vous aviez dit à ce qu'il soit impossible pour un justiciable d'avoir un droit de recours. Il y a un questionnement sur cette question d'après vous Manuel Lepard ?
– Moi je suis attaché au principe de la justice, et la justice elle nécessite qu'après une condamnation, on puisse avoir le droit de faire appel, voire parfois de se pourvoir en cassation. Ce que j'avais précisément dit au moment du jugement de Mme Le Pen, c'est qu'il me semblait nécessaire que les voix de recours, en l'occurrence les voix d'appel et les voix de cassation, puissent avoir lieu avant que Mme Le Pen soit empêchée de se présenter à l'élection présidentielle. Il se trouve que d'un certain point de vue, la justice a exaucé ce vœu, puisqu'on sait désormais que le procès en appel de Mme Le Pen aura lieu avant la prochaine campagne présidentielle.
– Et donc même chose pour Nicolas Sarkozy, vous vous auriez souhaité ?
– Non mais M. Sarkozy n'a pas l'intention, à ma connaissance, d'être candidat à nouveau pour les élections présidentielles. – Mais philosophiquement, l'exécution provisoire,
c'est avoir une peine avant même d'avoir fait appel et d'avoir le résultat de cet appel.
– Je m'entends bien, mais philosophiquement, ce qui me semblait pouvoir poser question dans le cas de Mme Le Pen, c'était qu'elle pouvait être empêchée de se présenter à l'élection présidentielle avant que les voix de recours puissent avoir lieu. En l'occurrence, il me semble que ce problème a été réglé, puisque la justice a dit que le procès en appel de Mme Le Pen aurait lieu au début de l'année 2026, et que donc elle aurait eu le droit de faire appel, et qu'ensuite la justice dirait si elle a le droit de se présenter à l'élection présidentielle ou pas.
– Le président du tribunal judiciaire de Paris dénonce notamment des menaces, dit que c'est inacceptable, demande-t-il un électrochoc ? Jusqu'à quel point, à votre avis, on a le droit, si on n'est pas d'accord, de dénoncer une décision de justice ? Après tout, Nicolas Sarkozy la considère comme injuste.
– Il a tout à fait le droit de le penser, de le dire. Ce n'est pas le sujet, ce qu'il n'a pas le droit de faire, lui, il ne l'a peut-être pas fait directement, mais peut-être un certain nombre de ses soutiens, ou en tout cas, c'est ce qui avait été reproché après la condamnation de Mme Le Pen, c'est de donner le nom des magistrats, des juges, y compris avec des personnes qui sont allées les menacer, ce qui évidemment pose problème.
Et ensuite, ce qui est choquant, c'est que vous avez des responsables politiques, des membres du gouvernement, des ministres de la justice, qui quand même sont les garants de l'indépendance de la justice, avoir des propos qui sont des propos extrêmement désobligeants à l'égard de l'institution judiciaire dans sa globalité. – Hervé Gatényon, une question. – Votre parti politique, la France Insoumise, est lui aussi l'objet de plusieurs enquêtes, dont l'une vise les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2017. Plusieurs cadres et dirigeants de votre parti ont été mis en examen dans cette affaire.
L'une d'entre elles, Sofia Chikirou, avait dénoncé au moment de sa mise en examen un procès politique. Plusieurs cadres et dirigeants du parti ont parlé d'acharnement judiciaire. Est-ce que finalement, il n'y a que quand la France Insoumise est concernée, que vous avez des doutes sur l'impartialité de la justice ? – Non, mais ôtez-moi d'un doute, aucun d'entre nous n'a été condamné. – Non ? – Là, en l'occurrence, vous venez de m'interroger. – Vous avez dénoncé le fonctionnement de la justice au moment de la mise en examen. – Monsieur Gatényon, on vient de m'interroger sur le cas de Mme Le Pen, qui a été condamnée en premier instant, ça le fait appel, M.
Sarkozy, qui a déjà d'ailleurs été condamnée, y compris définitivement dans d'autres affaires, qu'il a été condamnée en première instance, il fait appel, pour des faits qui sont des faits, excusez-moi de vous le dire, mais d'une toute autre gravité que les faits dont vous êtes en train de parler. On parle pour M. Sarkozy d'une potentielle situation de corruption avec un régime étranger, en l'occurrence le régime dictatorial libyen, et on parle en ce qui concerne Mme Le Pen de plusieurs millions d'euros d'argent public qui auraient été détournés. – Pour votre parti, c'est faux et escroquerie, c'est pas génial non plus.
– Non mais d'abord, ces éléments sont faux, puisqu'on parle des éléments de campagne, de la campagne présidentielle de 2017, on est en 2025 aujourd'hui, il y a eu, vous savez, elles avaient défrayé la chronique il y a quelques années, des perquisitions, depuis il n'y a eu aucune avancée dans cette enquête. Donc pardon de vous dire que, moi j'ai pas dit qu'on n'avait pas le droit de critiquer, j'ai dit d'ailleurs que Sarkozy avait le droit de dire qu'ils n'étaient pas d'accord. Par contre, j'interroge le deux poids, deux mesures et le double langage de ceux qui disent en permanence il faut que la justice soit plus sévère, qu'elle soit moins laxiste, etc.
Et bizarrement, quand ça les concerne, ils disent plus la même chose.
– Peut-être le sentiment pour certains des Français c'est qu'on ne doit pas commenter une décision de justice à part quand elle concerne son propre camp politique.
Vous, vous ne commenterez rien ? – Je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas commenter une décision de justice, j'ai dit qu'il fallait avoir un peu de cohérence dans ses propos. Et en ce qui concerne la France insoumise, à propos des comptes de campagne de 2017 de la France insoumise, nous avons largement fait la démonstration, y compris publiquement, que notre campagne est celle qui a coûté le moins cher et que donc nous accuser, comme ça a été fait, de surfacturation n'avait a priori aucun sens. Maintenant, nous ferons cette démonstration dans le cadre judiciaire.
– On va passer à la semaine, celle de Sébastien Lecornu, mais elle vous concerne aussi, Manuel Bompard. Peut-être, semaine de tous les dangers, comme on dit. Hervé Gatégnon, on va vraiment surveiller un rendez-vous, c'est le rendez-vous de vendredi.
– Vendredi, le Premier ministre va recevoir les représentants du Parti Socialiste. L'EPS parle de rendez-vous de la dernière chance. Est-ce que, d'après vous, il y a quelque chose à en attendre ? Est-ce que les socialistes ont raison d'essayer, jusqu'au bout, de tenter cette dernière chance ? – Non, parce que M. Lecornu a présenté, dans un interview qui a été publié il y a quelques jours, ces grandes orientations budgétaires, et qu'elles ont le mérite de la clarté. Elles s'inscrivent totalement dans la continuité du projet de budget qui a été proposé à l'époque par M. Bayrou.
Il a enlevé les deux jours fériés, et dont tout le monde savait que c'était l'épouvantail qui allait servir un peu de poire pour la soif dans la négociation. Tout le monde le sait depuis le début. Pour le reste, M. Lecornu dit la taxe Zuckmann, dont il a beaucoup été état dans le débat public ces dernières semaines, il n'en est pas question. Il dit le retour de l'impôt de solidarité sur la fortune, il n'en est pas question. Il dit même la suspension de la réforme des retraites, il n'en est pas question. Il dit qu'il faut rester dans les mêmes trajectoires de baisse des déficits telles que M. Bayrou l'avait proposé. Donc il n'y a rien, il a promis des ruptures.
Il a pris la parole en disant qu'il n'y aurait des ruptures. Il n'y a rien dans ces annonces qui s'apparente à des ruptures. Et on le savait, il n'y avait pas besoin d'être très intelligent pour savoir que si on nomme M. Lecornu qui a été membre de tous les gouvernements d'Emmanuel Macron depuis 2017, ce n'était pas pour faire une politique différente de celle d'Emmanuel Macron. Les socialistes ont évidemment fait preuve d'une naïveté totale et assez confondante, si vous voulez, mon point de vue sur ce sujet. Bon, manifestement, ils n'en ont pas assez. Donc ils veulent aller participer à cette négociation. Pour notre part, les choses sont claires.
Ce gouvernement ne changera pas de politique par rapport à la politique d'Emmanuel Macron et il faut le censurer le plus rapidement possible.
Vous dites qu'il faut être naïf, manquer d'intelligence. Est-ce que vous reprendrez les termes de Jean-Luc Mélenchon ?
J'ai dit naïf.
Alors, les nigauds sont servis. Lecornu fait du Macron, ni plus ni moins. Au moins, c'est franc. Il est temps pour la gauche de l'hémicycle de rallier la censure insoumise. Les nigauds, c'est bien les socialistes. On a bien compris.
Là, je crois que je suis 100% d'accord avec le tweet de Jean-Luc Mélenchon que vous venez de lire. Et je crois que j'ai dit à peu près la même chose, peut-être dans d'autres termes, mais je crois que l'idée était la même.
Peut-être un peu plus poli, un peu moins dure envers les socialistes ?
Moi, j'ai dit qu'ils étaient d'une naïveté confondante. Ma question, c'est de savoir, parce que je ne sais pas, on essaye tous, à mon avis, au moins, de réfléchir à ce qui est bon pour le pays. Et je crois que reprendre les orientations du budget de M. Bayrou, qui est tombé devant l'Assemblée nationale parce que ce budget ne correspond pas à ce dont le pays a besoin, ne me paraît pas être bon pour le pays, tout simplement. Et je pense que si ce budget devait voir le jour, ce serait une catastrophe sociale, ce serait une catastrophe économique.
Et on va peut-être en parler, mais si vous restez dans une politique de baisse de la dépense publique, de réduction du pouvoir d'achat des Françaises et des Français, ça va se traduire par une récession économique et encore plus de difficultés, y compris pour le budget de l'État, pour revenir à l'équilibre.
Alors, il y aura aussi, avant la journée de vendredi et la journée de jeudi, Thierry Fabre, avec une mobilisation de l'intersyndicale.
Absolument, nouvelle mobilisation ce jeudi. Donc, j'aimerais bien avoir votre décryptage des derniers mouvements sociaux. Vous aviez été très, vraiment derrière le mouvement bloquant tout du 10, qui a été quand même, qui a déçu beaucoup, même de ses partisans. puisque la mobilisation n'a pas été à la hauteur des espérances. Certains ont même parlé d'échec. Alors que la mobilisation suivante, organisée par les syndicats, a été massivement suivie. Quelle leçon tirez-vous, finalement, de ces mobilisations ? Est-ce que ce ne sont pas les mobilisations classiques, qui finalement, encadrées par les syndicats, qui fonctionnent ?
Écoutez, d'abord, je veux vous dire que je ne partage pas votre diagnostic sur la journée du 10 septembre, qui, pour moi, a été au contraire une journée assez massivement suivie. Pour, justement, une mobilisation qui est une mobilisation citoyenne, on s'est retrouvé avec 250, 300, en fonction des annonces, 500 000 pour certains personnes dans la rue. Quand vous comparez ça... Ça n'a pas été bloqué ?
Non, mais attendez, je vais y venir, si vous voulez, sur la question du blocage, mais en termes d'ampleur de la mobilisation, on est à peu près, à l'exception peut-être de la première mobilisation des Gilets jaunes, sinon on est au-dessus de toutes les autres journées de mobilisation des Gilets jaunes. Donc je ne pense pas qu'on puisse dire, comme vous venez de le dire, que ça a été un échec. Pour le reste, pour répondre à votre question, je pense qu'il n'y aurait pas eu la mobilisation intersyndicale du 18 septembre s'il n'y avait pas eu la journée du 10 septembre.
Et que c'est précisément parce que le 10 septembre a contribué, en quelque sorte, à enclencher, initier une dynamique de mobilisation sociale qu'ensuite, l'intersyndicale a appelé à la mobilisation le 18 septembre. Et cette fois, il y a eu encore davantage de monde, ça c'est vrai. Je voudrais quand même souligner que plus d'un million de personnes qui se mobilisent alors qu'on ne parle pas d'une mobilisation contre une réforme, par exemple, contre la retraite à 64 ans, comme ça a été le cas il y a deux ans, ou contre le contrat première embauche, comme j'ai pu le connaître il y a quelques années. Je trouve que c'est une mobilisation qui est une mobilisation très importante.
C'est à mon avis assez inédit ces 30 ou 40 dernières années, une mobilisation sans motif concret au sens motif proposition de loi à poser sur la table. C'est une mobilisation avec des messages qui sont des messages profondément politiques. On sait que vos relations avec des syndicats ne sont pas au beau fixe, notamment parfois avec la CGT. Donc le fait que les syndicats réussissent à plus mobiliser que vous finalement, est-ce que ce n'est pas un problème ? Non mais je ne sais pas pourquoi vous dites que nos relations avec les organisations syndicales ne seraient pas au beau fixe.
J'aurais aimé vous accompagner ou que vous m'accompagnez par exemple dans la mobilisation du 18 septembre que pour ma part j'ai pu faire à Marseille et vous auriez vu que je crois au contraire qu'avec les personnes qui étaient dans la rue y compris qui portaient des chasubles syndicaux, je crois qu'ils étaient plutôt en accord avec les positions politiques qu'on défend à l'Assemblée nationale. Après peut-être que les directions syndicales ont peut-être parfois un autre point de vue mais je crois qu'avec les bases syndicales dans leur grande largeur je crois qu'elles partagent assez profondément les orientations politiques que défend la France insoumise aujourd'hui.
Donc moi je souhaite que ce mouvement se poursuive. Après je vous le dis avec franchise on verra ce que donnera la journée de mobilisation de jeudi. C'est la stratégie qu'a choisie les organisations syndicales c'est-à-dire de laisser un ultimatum et puis ensuite à l'issue de cet ultimatum de poser une autre date de mobilisation. On verra je dis ce que ça donne.
Et de faire montrer l'impression que pour l'instant il n'y a pas de gouvernement pas de budget.
En fait ça c'est un peu ce qu'essaye de dire M. Lecornu mais pardonnez-moi à partir du moment où on considère qu'à part les deux jours fériés M. Lecornu n'a fait aucune annonce d'éléments qui étaient dans le budget de M. Bayrou qui n'y seraient plus. L'année blanche elle est toujours sur la table aujourd'hui. Or elle se traduira très concrètement pour les Françaises et les Français par des pensions de retraite qui ne seront pas...
Pas sur les retraites apparemment. Attendez on verra si vous voulez bien mais pour l'instant
tout ce qui n'a pas été retiré permettez-moi de considérer qu'il est encore sur la table. Il a dit qu'il sortait d'une feuille blanche. Oui il a dit ça mais il a dit qu'il retirait les deux jours férés il n'a pas dit qu'il retirait les années blanches il n'a pas dit qu'il retirait le doublement des franchises médicales pour prendre ces exemples-là il n'a pas dit qu'il allait retirer le remboursement des soins pour les personnes qui sont atteintes de maladies de longue durée donc tant qu'il n'a pas dit que c'est retiré c'est que c'est encore sur la table. Voilà.
Sur les réseaux sociaux et chez les streamers notamment à gauche il y en a qui se plaignent de ces grèves perlées qui arrivent une fois par-ci une fois par-là. Est-ce que vous appelez comme Nathalie Arthaud à une grève générale de la part des travailleurs ? Mais c'est évidemment que je comprends ce point de vue parce qu'on a bien vu pendant la mobilisation contre la réforme des retraites qu'il ne suffit pas d'être des millions de personnes dans la rue face à un gouvernement qui est un gouvernement de plus en plus autoritaire qui veut passer en force pour faire plier le gouvernement. Donc moi je souhaite qu'on puisse en arriver à une situation de grève générale.
Après moi je ne suis pas travailleur je ne suis pas organisation syndicale
plutôt qu'à faire aussi.
C'est pas à moi de décréter à la place des gens mais s'ils en arrivent là je les soutiendrai je les appuierai tous les mouvements de grève parce que je pense que si on veut agir aujourd'hui dans la situation du pays face à un gouvernement qui veut passer en force il faut peser sur la situation du pays pas seulement faire des manifestations même quand on est des millions de personnes dans la rue.
Stéphanie Despierre un mot sur le calendrier
chaque jour compte. Vous n'en faites pas mystère vous voulez censurer Sébastien Lecornu quand allez-vous déposer la motion de censure ? Il semble qu'il ne soit pas possible selon l'interprétation de la présidente de l'Assemblée nationale de déposer une motion de censure tant que le gouvernement n'a pas été constitué. Ça rappelle que les ministres sont encore démissionnaires vous allez attendre la déclaration de politique générale. Mais en fait à partir du moment où M.
Lecornu aura constitué son gouvernement on aura une date de discours de politique générale probablement j'imagine en début de semaine prochaine puisque tout le monde dit qu'il devrait annoncer son gouvernement cette semaine et je pense qu'à l'issue de son discours de politique générale les députés doivent être amenés à voter pour savoir s'ils font confiance ou pas à ce gouvernement. Pour ça nous nous avons demandé un vote de confiance. Si M. Lecornu ne demande pas un vote de confiance les députés pourront quand même voter sur la confiance à travers la motion de censure que nous déposerons.
j'imagine que le vote pourrait avoir lieu par exemple à l'issue de la déclaration de politique générale du nouveau Premier ministre. Le Parti Socialiste a l'air d'être encore dans une démarche de négociation le Rassemblement National a dit qu'il ne voterait pas une motion par principe de prime abord contre Sébastien Lecornu donc celle-ci elle n'a aucune chance de passer. Est-ce que ce n'est pas un nouveau coup d'épée dans l'eau ? Est-ce que vous n'auriez pas intérêt à attendre d'avoir une copie budgétaire pour censurer ?
C'est un peu un jour sans fin pardonnez-moi vos questions parce que je me rappelle au moment de la rentrée que nous avons fait nous, nos universités d'été qui étaient au mois d'août à l'époque nous avions annoncé que nous lui avons déposé une motion de censure contre M. Bayrou pas vous personnellement mais j'avais certains de vos collègues qui me disaient bon elle n'a aucune chance de passer Mais la motion de censure
c'est pour François Bayrou c'est lui qui a proposé un vote de confiance
Si M. Bayrou a demandé un vote de confiance c'est qu'il se rendait bien compte qu'il avait le risque d'être censuré
Peut-être pas forcément immédiatement à la rentrée
Vous voyez qu'un mois plus tard alors qu'un mois avant manifestement selon vous elle n'avait aucune chance de passer finalement il y a deux tiers des députés qui ont voté contre la confiance à M. Bayrou Donc madame moi je vous réponds franchement Moi avec mes collègues de mon groupe parlementaire on déposera une motion de censure je pense qu'elle sera signée assez largement à gauche d'ailleurs et ensuite chacun prendra ses responsabilités Et si le parti socialiste veut laisser M. Lecornu en place ou si Mme Le Pen veut laisser M. Lecornu en place elles seront comptables de la politique qui sera mise en place par M.
Lecornu et son gouvernement Mme Le Pen dit on ne va pas faire de censure parce qu'on ne sait pas Mais pardon on sait très bien M. Lecornu a fait une interview il a dit quelles étaient ses orientations programmatiques on ne sait peut-être pas tout mais on sait les grands équilibres politiques ses grandes intentions politiques on les connaît Il y a suffisamment d'informations aujourd'hui pour décider de censurer le gouvernement
Certains vont payer plus d'impôts d'autres moins on n'a quand même pas encore tout le détail de son budget
Oui d'accord mais il a aussi écarté la taxe Zuckman qui est soutenue si j'en crois vos sondages par 90% des Français et des Français il a écarté le retour de l'impôt de solidarité sur la fortune il y a une majorité de députés aujourd'hui à l'Assemblée nationale pour abroger la réforme des retraites mais il s'y oppose pardon mais donc à un moment la moindre des choses en démocratie peut-être que les députés puissent voter je ne sais pas c'est une proposition à l'Assemblée nationale et si ça sert à quelque chose
On a bien compris Manuel Bompard que vous vouliez faire tomber Sébastien Lecornu avant même les discussions budgétaires mais dans le cas où vous n'y arriviez pas on va essayer de se projeter justement sur ce que pourraient donner ces discussions à l'Assemblée on va reprendre on en a parlé taxe Zuckman retraite mais avant je vous propose d'écouter le prédécesseur de Sébastien Lecornu un certain François Bayrouf
La question de la dette principale c'est qui va payer la dette se payer devant une question qui lui est posée en tant que génération et pour moi c'est le principal souci que nous avons devant nous
Alors la dette c'est 3416 milliards d'euros 115% du PIB est-ce qu'elle est importante pour les insoumis cette question de la dette ou est-ce que vous dites pas de panique c'est pas si grave parce que la dette c'est pas les français c'est aussi des investisseurs étrangers etc
Moi je dis surtout qu'il y a une dramatisation aujourd'hui autour de la question de la dette dont monsieur Bayrouf a joué et qui est tout à fait excessive vous avez aujourd'hui la charge de la dette en France par exemple qui est plus faible que ce qu'elle était à la fin des années 90 et au début des années 2000 si on la rapporte à la richesse produite chaque année par notre pays quand la France met un titre de dette sur les marchés il y a trois personnes pour un titre de dette qui sont prêts à prêter Est-ce que vous savez qu'on emprunte plus cher que les Espagnols et que les Italiens aujourd'hui ? Est-ce que vous savez qu'on emprunte moins cher que les Etats-Unis d'Amérique ?
Bon vous voyez moi aussi je peux vous prendre des comparaisons donc il y a toujours des pays peut-être qui empruntent moins cher et puis il y a des pays qui empruntent plus cher la question c'est pas la dette, la dette, la dette la question c'est pourquoi faire ?
Mais est-ce que c'est pas
un pardon pour nos enfants ?
C'est ce que François Bayrou a essayé de dire aussi c'est que si nous on ne la rembourse pas cette dette on transmet aux générations
On la remboursera Madame, cette dette elle ne sera jamais remboursée il ne faut pas faire semblant qu'on va rembourser plus de 3000 milliards d'euros de dette ce n'est pas vrai la dette elle roule chaque année on emprunte pour pouvoir continuer à faire rouler cette dette donc la question c'est de la dette pour quoi faire ? Déjà un comment elle a été constituée et deux pour quels investissements ?
S'il s'agit parfois de s'endetter je pense que toutes les personnes qui nous écoutent peuvent le comprendre si c'est pour investir dans des infrastructures dans des écoles dans des hôpitaux ça ce n'est pas un problème s'il s'agit comme l'a fait Emmanuel Macron depuis qu'il est arrivé au pouvoir en 2017 de vider les caisses de l'État en distribuant des cadeaux aux plus riches et aux multinationales parce que pardon c'est ce qui a été fait depuis 2017 parce que si le déficit aujourd'hui est au-dessus de 5% entre 5 et 6% c'est exclusivement parce que depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir en 2017 il a diminué les recettes de l'État est-ce que vous savez que si les recettes de l'État en proportion du PIB étaient aujourd'hui restés au même niveau qu'en 2017 le déficit en France c'est inférieur à 3% du PIB non mais ça c'est des chiffres concrets, sérieux, réalistes donc la dette elle a été constituée par M.
Macron M.
Bayrou et sa politique et maintenant il vient voir les Françaises et les Français et il leur dit c'est à vous de payer le prix des cadeaux que j'ai fait aux plus riches et aux grandes multinationales ça c'est pas possible alors je veux dire sur la dette les intérêts de la dette qui seront bientôt supérieurs au budget de l'éducation nationale ça ne vous préoccupe pas ça de voir à quel point la charge est quand même importante et nous empêche de faire des choses mais comme je vous l'ai dit tout à l'heure cette charge-là elle est aujourd'hui inférieure à ce qu'elle a été dans d'autres moments de notre pays dans d'autres moments de l'histoire de notre pays donc moi évidemment que je préfère par exemple ne pas avoir un déficit de 5 à 6% mais je ne suis pas d'accord avec le discours catastrophiste qui consiste à dire ah maintenant la dette, la dette il n'y a que la dette donc il faut réduire les dépenses de l'État et puis je dis surtout que si à la fin ce discours catastrophiste il se traduit par dire il faut des politiques d'austérité il faut des politiques qui pèsent sur le pouvoir d'achat des Françaises et des Français ou des politiques qui se traduisent par l'interruption de tous les investissements publics à la fin ça va aggraver la situation je termine juste cette démonstration après je vous donne la parole parce qu'il y a un cercle vicieux de l'austérité budgétaire c'est-à-dire que si vous réduisez les investissements et le pouvoir d'achat ça se traduit par la récession de l'activité économique par moindre recette fiscale et par encore plus de dettes après donc il faut changer complètement de logique il n'y a pas que la France Assoumise qui le dit même le FMI dit que les politiques d'austérité ne fonctionnent pas de manière égale
Thierry Fabron on va continuer justement parce que dans le magazine Challenge j'imagine que vous avez écrit Taxe Zuckman des milliards de fois ces derniers jours qu'en est-il aujourd'hui ?
Absolument parce que dans les pistes pour réduire notre endettement il y a la piste fiscale la taxation des plus riches alors la taxe Zuckman occupe les débats elle est poussée par la gauche j'imagine qu'elle a votre soutien j'aimerais bien avoir votre réaction face aux critiques de cette taxe et notamment de certains chefs d'entreprise et notamment de la tech qui ont bien expliqué qu'eux ils avaient des entreprises valorisées parfois des centaines de millions ou des milliards mais qui ne généraient pas de revenus et pas de profits est-ce que ce n'est pas absurde de taxer des entreprises au fort potentiel en leur appliquant cette taxe de 2% sur le patrimoine ?
Alors je vais répondre à votre question d'abord je vais vous dire oui évidemment nous soutenons la taxe Zuckman d'ailleurs la première fois qu'elle a été adoptée à l'Assemblée nationale c'était l'année dernière sur la proposition des insoumis à l'intérieur de la discussion budgétaire c'est la première chose que je vais vous dire deuxièmement pourquoi cette proposition ressort aujourd'hui dans le débat public parce qu'on a un problème de justice fiscale c'est-à-dire qu'on a des personnes qui ont un patrimoine immense supérieur à 100 millions d'euros ou supérieur à 1 milliard d'euros et qui en vérité payent moins d'impôts proportionnellement y compris que les plus riches en France c'est-à-dire que quand vous êtes dans les 0,1% les plus riches en France vous payez 45% de taux d'imposition moyen quand vous êtes dans les 0,0002% c'est-à-dire les personnes dont on est en train de parler vous payez à peu près 25% d'impôts pourquoi ?
parce qu'il y a des gens qui ont trouvé une manière de contourner l'impôt sur le revenu que ce soit les revenus du travail ou du capital à travers des holdings c'est-à-dire des entreprises qu'on constitue qui détiennent des parts dans d'autres entreprises et au lieu de toucher l'argent on les place dans ces holdings et ces holdings permettent d'échapper à l'impôt alors la question c'est comment lutter ? est-ce que la taxe est la mise adaptée pour lutter ? oui bien sûr alors ensuite vous dites il y a des gens de la tech qui ont dit qu'ils n'étaient pas d'accord c'est vrai il y a aussi des gens de la tech qui ont dit qu'ils étaient d'accord premièrement et d'autres qu'on dit d'accord
pour plus de justice fiscale mais pas pour la taxe d'Hutman qui ferait qu'on est obligé de vendre pour payer ses impôts les réponses
elles ont déjà été proposées franchement les exemples qu'on prend des licornes il y en a peut-être 20-30 qui peuvent être concernés par cette taxe sur les 1800 personnes dont on est en train de parler il a déjà été amplement répondu qu'on pouvait échelonner le paiement de l'impôt par exemple s'il n'y a pas les liquidités immédiates qu'on pouvait avoir un dispositif dans lequel la banque publique d'investissement ou l'état prennent des actions quitte à ensuite les rétrocéder une fois que les personnes qui les détiennent touchent ces liquidités enfin je veux dire toute l'année le Bercy travaille avec des personnes qui ont beaucoup d'argent sur l'échelonnement des paiements de l'impôt je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas le faire sur la tech aujourd'hui c'est l'arbre qui cache la forêt qui vise à protéger ceux qui utilisent vraiment les holdings pour contourner l'impôt donc franchement je trouve que c'est un argument de mauvaise foi qui est employé de la part de gens qui en vérité veulent protéger le patrimoine qu'ils placent dans ces holdings et qui échappent de manière honteuse à l'impôt vous ne pouvez pas accepter l'idée que ceux qui gagnent plus contribuent moins que les autres alors qu'on est manifestement c'est vous qui le disiez dans des difficultés budgétaires c'est normal qu'ils contribuent davantage à challenge ce que paieraient les grandes entreprises chaque année et comparé aux dividendes que les actionnaires perçoivent pour la moitié des plus grandes fortunes la taxe Zuckman c'est l'intégralité des dividendes donc ces gens-là est-ce que vous pouvez imaginer que si vous leur dites l'année prochaine tous les dividendes seront pour l'État il y ait des réactions de délocalisation est-ce que vous imaginez n'imaginez pas qu'il y aura des réactions négatives sur l'investissement en France tout simplement écoutez plusieurs choses par rapport à ce que vous êtes en train de dire il y a un organisme rattaché à Matignon il n'est pas insoumis un conseil d'analyse économique qui a déjà produit un rapport sur cette pseudo-menace d'exil fiscal qui démontre que c'est extrêmement marginal inférieur à 1% que honnêtement ce n'est pas une critique et une critique que je prends en compte personnellement dans ma réflexion deuxièmement le patrimoine des gens dont on est en train de parler augmente chaque année de 6 à 7% en moyenne donc si vous demandez à ces gens-là de contribuer à hauteur de 2% de leur patrimoine ils vont continuer à s'enrichir donc pardon mais c'est quand même normal que ces gens-là ils contribuent davantage à ce qu'ils contribuent aujourd'hui depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir le patrimoine des 500 fortunes plus grandes fortunes de ce pays a été multiplié par 2 et dans le même temps les salaires réels c'est-à-dire les salaires ramenés à l'inflation ont baissé de 3% comment vous pouvez accepter une situation ?
Aucun impact mais ce n'est pas aucun impact c'est indispensable de faire en sorte que les plus riches aujourd'hui contribuent davantage et d'ailleurs la taxe Zuckman n'est qu'un des outils qui doit permettre de rétablir davantage
de justice fiscale dans notre pays beaucoup de critiques contre la taxe Zuckman pas forcément que des grands patrons aussi parfois chez les artisans les commerçants
Oui, pas seulement les multinationales le président de l'Union des commerçants et artisans et professions libérales disait la semaine dernière taxer l'outil de travail c'est tuer la poule aux œufs d'or il avait cette formule le sujet aujourd'hui en France c'est de partager les œufs pas de tuer la poule quand ce sont les commerçants et les artisans qui le disent eux-mêmes bien entendu ne sont pas concernés ils ne sont pas exposés à payer la taxe Zuckman parce qu'ils n'ont pas des revenus aussi considérables ni des patrimoines aussi élevés ça ne vous fait pas réagir d'entendre cet argument taxer l'outil de travail c'est empêcher la production en France ça me fait réagir je pense que ces personnes se trompent et je pense qu'elles sont manipulées aujourd'hui par des représentants d'un secteur extrêmement étroit du patronat en l'occurrence les représentants du MEDEF je pense que quand ils reprennent pas tous évidemment mais quand ils reprennent ces arguments ils s'alignent sur les intérêts d'un secteur extrêmement faible petit du patronat qui en vérité ne défend pas les entreprises défend les ultra-riches pardon je ne vois pas pourquoi le MEDEF a un rapport avec la question de la fiscalité sur les plus riches en fait c'est plus le MEDEF c'est le MURDEF le mouvement des ultra-riches de France et pardon ils défendent les intérêts qui ne sont pas les intérêts des entrepreneurs des artisans ou des commerçants précisément parce que les artisans dont vous êtes en train de parler ou les commerçants si on ne met pas à contribution les ultra-riches comme il faut le faire aujourd'hui alors on va mettre à contribution l'ensemble du pays l'ensemble des salariés l'ensemble des personnes qui consomment et donc les commerçants ils vont le traduire dans leur chiffre d'affaires les artisans évidemment ils n'ont pas intérêt à une politique d'austérité budgétaire une politique qui comprime la dépense publique ou l'investissement public c'est une politique qui se traduit pour les artisans par exemple par moins de commandes publiques donc par moins d'activités une politique qui baisse le pouvoir d'achat des françaises et des français pour les restaurateurs par exemple ça se traduit par moins d'activités donc je pense qu'ils se trompent s'ils croient les sornettes que leur raconte le MEDEF à longueur d'antenne et à longueur de journée et d'ailleurs j'ai noté que d'autres organisations professionnelles ne sont pas alignées sur les positions du MEDEF quand le MEDEF dit je vais faire un meeting contre la taxe Zuckman d'autres organisations professionnelles disent non non nous on n'est pas là-dedans on n'est pas d'accord il faut plus de justice l'organisation des artisans dont ils parlent donc c'est l'UDP oui précisément c'est pour ça que je vous dis vous voyez je pense que le MEDEF ne représente pas l'intérêt de l'ensemble des entreprises mais l'UDP pour autant critique quand même la taxe Zuckman vous prenez ce qui vous arrange évidemment vous aussi d'ailleurs vous avez remarqué et la question des biens mais moi je suis prêt en débattre évidemment avec l'UDP et avec qui que ce soit mais l'UDP n'a rien à craindre d'une taxe Zuckman et la taxe Zuckman pardon n'inclut pas l'outil de travail ce n'est pas vrai mais bien sûr que si attendez attendez inclut ce qu'on appelle les biens professionnels c'est autre chose les usines ne sont pas taxées les biens professionnels c'est l'outil de travail ce sont les entreprises ça ça s'appelle vous utilisez des mots pour faire croire qu'on va taxer l'entreprise on ne taxe pas l'entreprise on taxe le patrimoine des individus et notamment dans le patrimoine des individus les parts qu'ils peuvent détenir dans des ans
et c'est un vieux débat parce que sur l'ISF il y avait un débat aussi sur les biens professionnels ou non un autre mot puisque vous avez cité justement ce chiffre sur la politique d'Emmanuel Macron c'est cadeau fiscaux Hervé Gattegnaud vous n'avez pas la même analyse ça ne vous surprendra pas Emmanuel Bompard
alors en général lorsque vous évoquez les cadeaux fiscaux c'est votre expression faite par Emmanuel Macron depuis 2017 à ceux que vous appelez les plus riches vous évaluez ce montant à 60 milliards d'euros la Cour des comptes relève que sur ces baisses et suppressions d'impôts à peu près entre 35 et 40% est représenté par la suppression de la taxe d'habitation pour l'ensemble des français et par la suppression de la redevance télé est-ce que ça veut dire que vous critiquez également cette mesure et est-ce que ça veut dire que la France Insoumise envisagerait éventuellement de rétablir la taxe d'habitation et la redevance télé bon d'abord la suppression de la taxe d'habitation toutes les personnes qui habitent qui ont un logement qui sont propriétaires d'un logement aujourd'hui dans une ville savent qu'elle a été largement compensée par l'augmentation de la fiscalité locale parce que oui la taxe foncière mais c'est pas les mêmes ça ne vient pas pour les mêmes personnes c'est pas la même chose c'est des cadeaux les gens ne la payent plus je vais répondre à votre question mais donc je ne vais pas maintenant vous proposer de la réintroduire alors qu'il la paye déjà d'un certain point de vue par l'augmentation de la taxe foncière maintenant je vais vous dire les choses très simples la politique d'Emmanuel Macron depuis 2017 son impact dans la population il a été évalué notamment par l'Institut des politiques publiques cette politique elle a profité 80 fois plus 80 fois plus aux 5% les plus riches qu'aux 5% les plus pauvres tout est dit donc vous pouvez me prendre un exemple de la taxe d'habitation cette politique là a profité l'étude de l'Institut des politiques publiques 80 fois plus aux 5% les plus riches qu'aux 5% les plus pauvres donc je ne suis pas d'accord avec cette politique je pense qu'elle n'est pas juste et je pense qu'il faut complètement tourner la page de cette politique vous êtes d'accord que supprimer la taxe d'habitation c'est pas un cadeau fait aux plus riches ça dépend tout le monde ne paye pas la taxe d'habitation et à l'intérieur des gens qui ont bénéficié de la suppression de la taxe d'habitation il y a des personnes très riches qui en ont profité il y a aussi des personnes moins riches qui en ont profité et proportionnellement c'est le chiffre que je vous ai donné cette politique celle-là plus les autres annonces parce que vous m'avez pris la taxe d'habitation mais je pourrais vous parler de la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune de le rétablissement de la flat tax ça c'est des politiques qui ont profité quasiment exclusivement
aux plus riches certains aussi de ces baisses de recettes ça a bénéficié je vous ai dit
80 fois plus et si vous voulez contester mon chiffre donnez-moi des éléments mais moi je m'appuie sur une étude de l'Institut des politiques publiques
sur la question des retraites
que vous résumez puisqu'effectivement il parlait d'un segment mais cette étude disait aussi que les classes moyennes avaient aussi beaucoup bénéficié de ces baisses d'impôts c'était le sens de la question de mon collègue c'est-à-dire que ces baisses de taxes d'habitation c'est 20 milliards donc évidemment l'ensemble de la population en a quand même profité écoutez je vous ai donné un chiffre tout à l'heure celui-là aussi vous pouvez le vérifier le salaire réel des français a baissé de 3% voilà et par contre si vous voulez on peut parler des dividendes qui ont augmenté de 80% parce que ça ça a profité très concrètement à des gens on peut parler du patrimoine des plus riches qui a été multiplié par 2 si vous me présentez un français qui ne fait pas partie des plus riches et dont le patrimoine a été multiplié par 2 je veux bien le rencontrer mais je pense qu'il n'existe vous voulez parler des retraites surtout aux pistes budgétaires on a vu le diagnostic on connaît le diagnostic de nos finances publiques qui préoccupe beaucoup d'observateurs la réforme des retraites dans tout cela ma question est est-ce que vous la maintenez toujours vu le coût potentiellement faramineux qu'elle comporte j'ai en tête c'est-à-dire est-ce qu'on revient à 60 ans avec 60 annuités j'ai souvenir d'une évaluation de l'Institut Montaigne qui parlait de 80 milliards d'euros donc ce qui veut dire comment imaginer financer une telle réforme sachant que la taxe du 20 dont on parle au maximum c'est 20 milliards même si beaucoup ne sont pas d'accord avec le chiffre mais on ne parle pas des mêmes choses vous êtes d'accord je vais y venir on essaye d'être précis la taxe ça concerne des recettes de l'état là quand on parle de la retraite on parle des recettes de la sécurité sociale
mais les socialistes disent par exemple que la taxe humaine peut financer une suspension de la réforme
je ne sais pas pourquoi les socialistes disent ça parce que ce n'est pas les mêmes budgets mais si vous voulez on peut faire des transferts mais justement je pense qu'il faut éviter de faire des transferts et d'ailleurs ça va être la réponse que je vais vous faire sur ce sujet moi je ne sais pas d'où sort le chiffre de 80 milliards d'euros notre chiffrage il est très clair c'est 28 milliards d'euros sur la retraite à 60 ans et 28 milliards d'euros c'est précisément exactement le montant des exonérations de cotisations sociales qui ont été accordées par l'état aux entreprises ces dernières années qui n'ont pas été compensées que vous voudriez supprimer non je veux rétablir le financement non mais les exonérations donc supprimer les exonérations ces exonérations là oui il faut les supprimer ou alors il faut les compenser parce que si vous faites des exonérations de cotisations et que vous ne les compensez pas vous creusez artificiellement le trou de la sécurité sociale et puis ensuite vous venez sur les plateaux de télévision pas vous je vous prends là comme pour débattre vous venez ensuite sur les plateaux et vous dites la sécurité sociale il y a un déficit il faut qu'on parte plus tard à la retraite ou qu'on soit moins soigné il faut augmenter le doublement des franchises médicales vous êtes d'accord ce coût des exonérations non non le coût il a été créé par le déficit de la sécurité sociale a été créé artificiellement en France par le fait qu'on a fait des exonérations de cotisations sociales et qu'on ne les a pas compensées c'est précisément exactement les mêmes chiffres c'est mathématique d'accord mais est-ce que vous pouvez financer la retraite à 60 ans ?
vous voulez les supprimer ces exonérations c'est intéressant parce qu'elles concernent essentiellement les bas salaires mais ça dépend lesquelles je ne vais pas du jour au lendemain avoir une décision qui va se traduire par le fait que le coût pour une personne en bas salaire va tout de suite augmenter de manière significative je pense qu'il faut faire les choses de manière raisonnable et de manière sérieuse mais cette logique là je ne suis pas d'accord avec cette logique là et donc il y a un certain nombre de ces exonérations qu'effectivement il faut supprimer et d'autres au moins dans un premier temps qu'il faut compenser
d'un mot Hervé Gattegno pour vous c'est un peu une exception française ce débat sur les retraites
en tout cas du point de vue de la France insoumise de toute évidence quand vous regardez le reste de l'Europe ça ne vous frappe pas de voir que l'Espagne l'Allemagne l'Italie sont à 66 ans comme âge légal de départ non pardon l'Italie c'est 67 ans la Grèce c'est presque 68 ans et nous en France on pourrait faire 60 ans qu'est-ce qui se passe en France il y a un microclimat qui fait que nous on pourrait travailler moins longtemps que les autres tout en finançant nos systèmes sociaux Monsieur Gattegno puisque vous connaissez bien votre dossier vous connaissez la durée de cotisation en Espagne dites-nous elle est inférieure à 40 annuités et donc
nous on part plus tôt mais on travaille plus longtemps et donc
quelle conclusion vous en tirez ?
j'en tire que pourquoi les Espagnols considèrent qu'on peut faire moins de 40 annuités et nous en France on devrait faire 42 ou 43 ans c'est vous qui avez pris une comparaison internationale c'est pas moi donc vous pouvez pas comparer peut-être que c'est eu égard à la situation financière de notre régime de retraite écoutez vous comparez mais c'est vous qui avez pris un exemple international vous comparez des modèles sur la base d'un seul paramètre l'âge de départ or dans les modèles de retraite aujourd'hui en Europe il y a l'âge de départ et il y a la durée de cotisation qui compte donc votre comparaison pardon c'est vous qui avez voulu prendre donc vous pensez que dans tous les autres pays on cotise beaucoup plus qu'en France non je dis qu'il y a des pays où l'âge de départ est effectivement plus important qu'en France et puis il y a des pays où la durée de cotisation est plus importante qu'en France et puis il y a des pays où la durée de cotisation est plus faible qu'en France et puis il y a des pays où par exemple il y a des fois la retraite est à 60 ans pour les femmes dans certains pays en Europe et vous le prenez jamais comme exemple donc je dis qu'on peut quand même faire notre propre modèle sur la base des modalités de financement qu'on a envie de générer et qu'après c'est des choix politiques et bien moi je considère que quand on a travaillé toute sa vie quand on a travaillé toute sa vie quand on arrive à 60 ans qu'on a le dos cassé qu'on est fatigué qu'on est malade qu'on a contribué et bien oui je pense qu'on doit pouvoir profiter de ces quelques années à la retraite attendez je termine vous savez que l'espérance de vie en bonne santé aujourd'hui en France elle est à 62-63 ans est-ce que vous considérez normal qu'on puisse pas partir à la retraite avant d'avoir atteint son espérance de vie en bonne santé est-ce que vous pensez que la retraite c'est réservé à quand on n'est plus en bonne santé bah moi c'est pas ma vision de la société
Stéphanie Despierre
est-ce que on pourra y revenir si vous voulez il y a un débat qui existe alors sur la taxe Zuckman vous avez dit le pays est favorable vous avez l'air d'estimer qu'il y a une majorité à l'Assemblée pour la voter pourquoi justement ne pas laisser le débat budgétaire se faire pour le démontrer et tout de suite poser une motion de censure parce qu'on l'a déjà fait l'année dernière madame la taxe Zuckman oui mais c'était une proposition de loi là si vous le faites voter durant le budget c'est un peu plus fort pardon excusez-moi vos informations sont pas bonnes l'année dernière à l'Assemblée nationale dans le débat budgétaire en commission puisque en hémicycle on n'a pas pu sauf non mais même en hémicycle je crois sur la sécurité sociale à voir mais en tout cas sur la taxe Zuckman ça devait être en commission ça a été adopté par l'Assemblée nationale ensuite il y a eu une proposition de loi dans une niche parlementaire
a dit qu'il était contre le bloc central est-ce qu'il y a une majorité aujourd'hui
il s'est abstenu la dernière fois il faut peut-être qu'il accorde un petit peu ses violons et ses positions mais madame je pourrais suivre votre raisonnement si monsieur Lecornu avait dit qu'à la fin il n'y aurait pas de 49-3 mais sinon pour quoi faire pour faire une démonstration ils disent bon on va faire 49-3 et quand monsieur Lecornu va faire 49-3 il va choisir les amendements qu'il va laisser dans le budget final et donc je serais très content d'avoir réussi à faire voter la taxe Zuckman par une majorité de députés à l'Assemblée nationale mais elle ne sera pas dans le budget final
il dit qu'il va essayer d'éviter d'utiliser le 49-3 on peut peut-être le croire jusqu'au bout
madame franchement monsieur Barnier disait la même chose si vous me présentez un premier ministre depuis l'histoire de la 5ème république qui vous dit je serais super content d'utiliser le 49-3 le même que vous me le présentiez mais lui non plus il n'existe pas franchement quelqu'un qui dit je vais essayer de ne pas le faire c'est qu'il a l'intention de le faire à la fin ou alors il dirait dès le début je prends l'engagement ferme et solennel de ne pas l'utiliser ce qu'il ne fait pas Hugo, une question ?
on reste sur le sujet de l'Assemblée nationale demain la commission d'enquête sur les liens existants entre les représentants des mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenants l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste va élire son président elle est souvent étiquetée comme était une commission d'enquête anti-LFI de la part de la droite est-ce qu'elle vous inquiète cette commission d'enquête ?
je la trouve ridicule je la trouve ridicule elle a été retoquée une première fois à l'Assemblée nationale parce que précisément elle ciblait la France Assoumise finalement comme elle a été retoquée ils l'ont réécrit pour dire qu'elle ciblait tout le monde ils ont déjà perdu trois mois de commission d'enquête parce qu'ils ne sont pas capables de décrire quelque chose bien et je trouve ça pitoyable et ridicule maintenant s'ils veulent jouer à ce jeu-là d'une commission d'enquête qui normalement est censée faire des choses sérieuses pas servir d'outil pour tenter de dénigrer une formation politique et bien on s'en saisira et puis on parlait de monsieur Sarkozy qui a des liens avec la libide monsieur Kadhafi peut-être qu'on pourra l'inviter s'il n'est pas en prison à ce moment-là devant la commission d'enquête pour nous en parler et vous attendez à des convocations des membres de la France Insoumise ou pas ?
mais pourquoi il y aurait des convocations des membres de la France Insoumise ? si c'est une commission d'enquête anti-insoumise on peut se... mais elle n'est plus anti-insoumise et le titre a été changé
mais si ça concerne tout le monde vous serez peut-être auditionné au même titre que vous ?
mais si tout le monde est auditionné moi j'ai pas de problème à être auditionné j'ai rien à cacher sur ce sujet parce que moi en l'occurrence je n'ai ni fait des affaires avec la libide monsieur Kadhafi ni comme le Rassemblement National par exemple a eu des anciens candidats qui ont financé l'entreprise Lafarge en Syrie au moment de Daesh ou des choses comme ça donc moi je leur ai déjà dit je leur conseille de ne pas ouvrir ce dossier parce que c'est pas à la France Insoumise que ça va faire du mal parce que la France Insoumise sur ce sujet elle n'a rien à se reprocher par contre je pense qu'il y a un certain nombre de partis politiques en place qui depuis des années ont des liens assez troubles avec des réseaux et s'ils veulent qu'on en donne la lumière vous pouvez compter sur nous pour le faire
vous avez voulu faire interdire aussi un livre sur ces questions
non non madame je n'ai rien voulu faire interdire du tout vous avez demandé à le lire au préalable avant publication donc c'est pas même ça c'est de vouloir le faire interdire vous êtes d'accord la justice oui enfin ça veut quand même dire que vous voulez avoir une visée sur un livre écrit par des journalistes avant qu'il soit publié et la justice vous a débouté mais madame si demain j'écris un livre dans lequel je raconte des horreurs sur vous et vous êtes au courant que dans 10 jours il va sortir peut-être parce que c'est votre droit vous allez faire une démarche pour avoir connaissance de ce livre la liberté d'expression attendez madame non la liberté d'expression non non madame la liberté d'expression elle a des limites la liberté d'expression il y a des règles déontologiques quand on fait un travail de journaliste si demain je raconte des choses complètement fausses sur vous vous allez pouvoir porter plainte contre moi j'ai besoin d'avoir connaissance de ce livre c'est une démarche assez courante avant la publication d'un ouvrage de savoir ce qu'il y a à l'intérieur pour savoir si ça doit engager des procédures judiciaires ou pas
allez on va continuer
vous le feriez vous aussi madame si vous saviez que dans 10 jours il y allait un livre qui allait sortir pour raconter des horreurs sur vous qui ne correspondent pas à la réalité et qui ne s'appuient sur aucune base sérieuse et réelle
on reste avec vous Stéphanie justement parce qu'on va parler d'élections à venir législatives présidentielles peut-être mais il y a des élections internes à l'Assemblée à surveiller mercredi
vous opposez toujours à la présence du Rassemblement National alors qu'une partie du pays votait pour des députés du Rassemblement National est-ce qu'ils n'auraient pas le droit de participer à la vie de l'institution qui est l'Assemblée Nationale ?
Mais les députés du Rassemblement National ont été élus ils siègent à l'Assemblée Nationale cette question-là n'est pas en cause ensuite c'est un deuxième sujet de décider quel est l'exécutif de l'Assemblée Nationale et moi il me semble que l'année dernière au moment des élections législatives il y a eu un mouvement populaire assez profond pour empêcher l'extrême droite de s'emparer du pouvoir et il me semble assez légitime que ce mouvement il se traduise aussi par des décisions parlementaires donc l'année dernière nous nous sommes opposés au fait que le Rassemblement National rentre au bureau de l'Assemblée Nationale et on continue à s'y opposer de ce point de vue-là on n'a pas changé d'avis maintenant je vois bien comment il y a des discussions entre les macronistes et le Rassemblement National où en quelque sorte le Rassemblement National est en train de faire acheter sans doute sa non-censure du gouvernement de M.
Lecornu contre quelques postes à l'Assemblée Nationale bon et bien je dis aux électrices et aux électeurs du Rassemblement National voyez comment vous êtes considérés c'est-à-dire que plutôt que de savoir le contenu de la politique qui va s'appliquer pour vous le Rassemblement National essaye d'échanger une non-censure contre le fait qu'ils ont quelques postes cinglants à la vice-présidence de la Rassemblement National Vous pensez vraiment
que Marine Le Pen ne va pas censurer le gouvernement juste parce qu'elle obtient deux vice-présidences à l'Assemblée ?
L'avenir nous le dira on se retrouve dans quelques jours et on verra si le Rassemblement National aura censuré ou pas le gouvernement Vous avez à l'heure actuelle la majorité la gauche à la majorité au bureau de l'Assemblée Nationale s'il y a des votes poste par poste mercredi après-midi vous risquez de perdre gros C'est la vie c'est les élections si vous êtes démocrate moi je suis démocrate si on perd les élections internes puisque c'est des élections internes j'entends parfois dire oui mais il faudrait que chaque groupe soit représenté à la proportionnelle mais dans ce cas il ne faut pas faire d'élections il faut faire une représentation automatique des équilibres de l'Assemblée Nationale au bureau de l'Assemblée Nationale ce n'est pas ce que dit notre règlement ce que dit notre règlement c'est qu'il y a des votes
il faut s'efforcer à rechercher cette représentativité il y a des votes
à la majorité donc dans les votes à la majorité pardon mais moi je ne vais pas voter pour un candidat du Rassemblement National je l'assume si vous perdez des postes au bureau si vous n'êtes plus majoritaire est-ce que ça veut dire que vous n'êtes plus majoritaire à l'Assemblée parce que souvent vous vous targuez d'être majoritaire dans le bureau de l'Assemblée Nationale pour dire qu'il y a une majorité de gauche dans le pays la plus grande formation politique à l'Assemblée non pardon excusez-moi vous ne trouverez jamais un seul propos de ma part qui dit que nous aurions la majorité absolue à l'Assemblée Nationale pour une raison
ah non la majorité absolue non
pour une raison ben oui mais ça c'est une évidence parce que je pense que je suis compté à peu près
vous êtes plus nombreux que le socle commun c'était la bataille aussi
non mais attendez attendez s'il vous plaît ne mélangeons pas deux choses nous avons eu la majorité au bureau de l'Assemblée Nationale et effectivement nous avons dit à plusieurs reprises que nous avions la majorité au bureau de l'Assemblée Nationale ensuite il y a un deuxième sujet qui est l'interprétation du résultat des dernières élections législatives je dis que aux dernières élections législatives parmi les coalitions qui se sont présentées unies devant les électrices et les électeurs c'est le nouveau Front Populaire qui dispose du plus grand nombre de députés à l'Assemblée Nationale c'est mathématique c'est clair et que dans toute démocratie puisque M.
Gatteigno prenait tout à l'heure des comparaisons avec d'autres pays en Espagne en Italie en Allemagne quand une formation politique a la plus grande coalition parlementaire c'est d'abord à elle qu'on propose de confier à un gouvernement et que M. Macron en refusant de le faire a fait un coup de force et un déni de démocratie et que c'est une très très mauvaise chose d'avoir fait ça parce que je pense que ça risque en plus de dégoûter les Françaises et les Français des élections
Vous parlez des anciennes élections législatives je vais vous parler des prochaines puisqu'il y en aura peut-être bientôt on ne sait pas encore regardez je vous fais réagir d'abord à cette image regardez cette image de la gauche la gauche sans la France insoumise c'était la réunion de plusieurs dirigeants de gauche avec Carole Delga les rencontres de la gauche vous n'avez pas été invité vous les insoumis qu'est-ce que ça vous inspire de ne pas être sur cette photo de famille ?
Du soulagement parce que je n'ai pas l'intention de participer à des événements avec Mme Delga qui est une opposante par exemple au projet du nouveau Front populaire qui défend le projet d'autoroute à 69 qui est aujourd'hui largement critiqué pour son impact climatique et son impact environnemental et pour le reste si Mme Delga en a le droit veut se présenter aux élections présidentielles et si certains veulent la soutenir ils en ont tout à fait le droit et c'est les électrices et les électeurs qui trancheront et qui décideront dans quelle direction ils ont envie d'aller il y avait une élection législative partielle hier dans une circonscription la cinquième circonscription des Français de l'étranger il y avait une candidature soutenue par la France insoumise et par les écologistes il y avait une candidature du parti socialiste il y avait une candidature de place publique c'est la candidate de la France insoumise qui est arrivée en tête à gauche et qui sera qualifiée pour le second tour
sur une participation on le sait tout le temps en cas de partiel très difficile
vous avez tout à fait raison
à extrapoler
mais il y a eu cet élément là et qui mesure après le total PPPS c'est devant LFI PPPS donc place publique PPPS je peux vous prendre le total d'une autre candidature citoyenne ça n'a pas de sens Hervé Gaténie on se pose justement
de cette question s'il y a une dissolution des élections législatives jusqu'où l'union de la gauche Hervé ?
aux prochaines élections législatives d'ailleurs en cas de dissolution ou même s'il n'y a pas de dissolution est-ce que l'objectif de la France Insoumise c'est de présenter des candidatures partout ou est-ce que vous souhaitez ardemment la reconduction du nouveau Front Populaire avec vos amis socialistes et écologistes et communistes ?
nous on a dit les choses de manière très claire déjà depuis plusieurs semaines s'il doit y avoir une dissolution de l'Assemblée Nationale nous nous proposerons une alliance autour d'un programme le programme du nouveau Front Populaire point à la ligne j'ai entendu que le parti socialiste disait désormais que le programme du nouveau Front Populaire n'était plus son programme j'ai entendu monsieur Vallaud monsieur Ford dire il n'y a plus d'accord programmatique possible avec la France Insoumise c'est-à-dire le programme du nouveau Front Populaire qu'on a signé l'année dernière en quelque sorte on l'a déchiré et on l'a mis à la poubelle c'est leur choix mais en ce qui me concerne je reste fidèle aux engagements que j'ai pris devant les électrices et les électeurs et je proposerai à toutes celles et à tous ceux qui veulent défendre avec nous le programme que nous avons défendu ensemble l'année dernière entre vous idéologiquement est-ce qu'on peut dire venez avec nous faire le nouveau Front Populaire est-ce que c'est pas un vœu pieux ?
Ben c'est pas théorique c'est très concret il y a un programme des engagements programmatiques moi je crois au programme dans les élections peut-être que c'est un peu désuet mais moi je crois au programme dans les élections je crois qu'il faut prendre les électrices et les électeurs au sérieux que c'est des gens intelligents qui peuvent consulter et après ils donnent leur point de vue moi je reste fidèle au même programme parce qu'il n'y a pas de raison d'avoir changé d'avis depuis un an si le parti socialiste veut défendre un autre programme il déposera ses propres candidatures c'est la vie donc c'est à prendre ou à laisser ?
Ben le programme du nouveau Front Populaire il n'y a pas de raison d'en retirer quoi que ce soit et d'ailleurs je pense que les écologistes les communistes les insoumis ont tous dit à quel point ils considéraient que ce programme du nouveau Front Populaire restait toujours valable aujourd'hui et le Front Républicain le Front Républicain au second tour s'il y a la possibilité le risque d'une élection au deuxième tour d'un candidat de l'ARN sans exception mais j'ai toujours appelé à battre le Rassemblement National sans exception et j'entends parfois le Rassemblement National dire oui il y a eu des combines de second tour etc mais attendez pardon mais si le Rassemblement National a été battu dans des circonscriptions c'est parce que les électrices et les électeurs ont décidé de les battre c'est pas les partis politiques qui votent à la place des électrices et des électeurs Hugo très rapidement justement sur ces électeurs il y en a dans le chat qui le signalent qui sont inquiets justement de vos divisions de vos querelles des clashs que vous faites par tweet interposés et de façon bipartis etc qu'est-ce que vous répondez à ceux qu'ont peur justement de vos engueulades perpétuelles sur les réseaux sociaux de ceux qui disent oui le PS c'est pas la vraie gauche oui mais LFI c'est des antisémites qu'est-ce que vous répondez à ceux qui sont inquiets d'une arrivée au pouvoir de l'extrême droite potentiellement mais je leur dis que le sujet c'est pas des engueulades moi je suis fâché avec personne je cherche pas à régler des comptes personnels le sujet c'est des stratégies politiques et des engagements programmatiques les propos sont violents sur les réseaux sociaux écoutez le parti socialiste a refusé de censurer le gouvernement de monsieur Bayrou donc le parti socialiste a laissé passer le budget de monsieur Bayrou à l'époque il nous a présenté qu'il avait obtenu en échange des grandes victoires qui allaient changer la vie des françaises et des français aujourd'hui quand vous interrogez les socialistes ils reconnaissent qu'ils se sont fait rouler dans la farine
est-ce qu'il y aura deux candidats mon sujet c'est pas les tweets
les choses mon sujet c'est la réalité des politiques je leur dis aux gens regardez la réalité des politiques mises en place regardez ceux qui sont fidèles aux engagements qu'ils ont pris devant les électrices et les électeurs regardez ceux qui ne transigent pas regardez ceux qui n'abandonnent pas leurs principes et c'est à eux qu'il faut faire confiance
il y aura deux candidatures de gauche en 2027 ça paraît inévitable
deux au moins je sais pas on verra en tout cas je pense qu'il y aura évidemment une candidature porteuse de la continuité avec le programme qu'on a défendu en 2022 avec l'ANUPS en 2024 avec le nouveau front
Jean-Luc Mélenchon
et nous nous porterons cette continuité après si au parti socialiste certains veulent proposer en quelque sorte une candidature plutôt de la gauche hollandiste du retour de François Hollande moi je ne suis pas d'accord avec eux mais évidemment dans une élection ils ont le droit de se présenter et puis après c'est les électrices et les électeurs qui trancheront
c'est loin en 2027 a priori c'est encore planifié à 2027
je suis plus préoccupé par ce qui va se passer dans les prochains jours
on va continuer à parler on voulait vous entendre Manuel Bompard sur la question de l'écologie comment embarquer les classes populaires concilier ce qu'on appelle un peu fin du monde fin du mois regardez d'abord ce sujet de Marco Pommier
face à vous face à vous face à vous Manuel Bompard un essayiste de l'écologie un sujet politique et social c'est la conviction de notre invité journaliste Nouvelle Ops passé par l'AGFI puis Libération son actu c'est ce livre Les vipères ne tombent pas du ciel une réflexion sur le rejet de l'écologie par les classes populaires ce qu'il appelle l'écolophobie Par ailleurs c'est souvent des gens qui ont des pratiques d'écologie dans leur quotidien un peu contraintes mais dont ils tirent un plaisir et une fierté donc c'est pas du tout des gens pour qui ça ne compte pas en revanche ce qu'ils disent c'est que psychiquement leur espace psychique est d'abord occupé à boucler le fin de mois c'est ce qu'on peut comprendre Première source de tension pour ces milieux populaires le sentiment d'injustice face à des mesures qu'elles jugent discriminatoires La taxe carbone c'était vraiment très net les gens qui voyagent en avion ne payent pas de taxe carbone les gens qui ont besoin d'une voiture pour aller au travail payent une taxe carbone Et pourtant selon notre invité ce ne sont pas les foyers modestes qui doutent du climat les vrais climato-sceptiques se trouveraient en haut dans les bureaux des élites économiques et de la haute administration Un constat que vous partagez Manuel Bompard Pourtant notre invité souhaite vous interpeller Quelles sont les propositions concrètes de la France insoumise pour décarboner l'industrie sans tomber dans l'écologie punitive Comment rendre l'écologie juste pour tous Face à vous Eric Eschiman
Eric Eschiman Bonsoir Bonsoir Votre livre Les vipères ne tombent pas du ciel vous êtes journaliste au Nouvel Obs et donc justement vous vous interrogez on l'a vu dans le sujet de Marco Pommier comment embarquer un peu tout le monde Quelle est votre question votre interpellation pour Manuel Bompard ?
Alors l'interpellation c'est que l'écologie a été une grande cause de la gauche jusqu'à il y a 2-3 ans c'est devenu plus compliqué on l'a vu avec le vote sur les ADFE ces derniers temps c'est moins les divisions que je veux mettre sur lesquelles je veux vous interpeller plutôt sur l'avenir et le programme La France insoumise se distingue par rapport au discours écologique classique en n'ayant jamais choisi le registre des petits gestes donc c'est pas ça mon sujet en revanche vous plaidez pour une planification écologique vous avez introduit le terme dans la discussion publique il a d'ailleurs été repris par Emmanuel Macron avec un début de mise en oeuvre via le secrétariat général à la planification écologique mais voilà si du coup je suis allé reprendre le programme il y a des entrées des tas de chapitres intéressantes mais on se demande par exemple 700 000 rénovations thermiques comment on fait quand on sait que c'est très compliqué pas que financièrement techniquement chaque maison est différente il faut des solutions des gens imaginent par exemple la création d'un grand service public de la rénovation pareil quand vous dites que vous voulez rapprocher le domicile et les bureaux tout le monde pense que c'est bien parce que ça vit un des trajets mais comment fait-on est-ce que vous avez scénarisé votre planification écologique est-ce que vous pouvez dire le jour où on est au pouvoir voilà en année 1 on fait ça l'année 2 on fait ça etc.
Alors d'abord merci de la question et évidemment sur le constat globalement je n'ai pas lu votre livre en entier mais de ce que j'en ai entendu je partage c'est-à-dire l'idée que si l'écologie elle se fait contre les catégories populaires à la fin on recule là je précise après je répondrai à votre question le vote sur les ZFE par exemple moi j'assume de dire que les ZFE de mon point de vue n'était pas une mesure qui faisait avancer l'écologie
les zones à faible émission vous avez voté contre ah oui
moi je suis issu d'une circonscription dans lequel j'ai un arrondissement dans lequel 50% des gens vivent sous le seuil de pauvreté à Marseille et dans lequel on vient dire à des gens on va vous empêcher d'utiliser votre véhicule individuel alors que vous n'avez pas de transport en commun de qualité c'est juste impossible bref ça c'était pour répondre sur ce sujet je ne considérais pas si vous voulez que c'était un vote anti-écologique de nous opposer on est d'accord il y a eu une discussion dans le camp écologique il y a eu une discussion dans le camp écologique pour le reste l'idée de la planification écologique c'est précisément d'associer l'ensemble de la société à se fixer des objectifs qui sont des objectifs contraignants avec un calendrier et de faire en sorte
très ambitieux aussi bien sûr
mais parce qu'on a besoin de cette ambition aujourd'hui parce que là aujourd'hui on est à la traîne on est à la ramasse et ensuite d'avoir des mesures qui ne sont pas des mesures individuelles mais qui sont des mesures qui s'appuient à la fois sur des politiques pour répondre à votre question d'efficacité écologique d'efficacité énergétique par exemple pour prendre cet exemple et des politiques de sobriété sobriété écologique sobriété énergétique c'est-à-dire à la fois des politiques où on essaye que ça fonctionne mieux qu'on soit plus efficace qu'on gaspille moins qu'on pollue moins par exemple les logements alors comment on fait 700 000 rénovations par an vous faites comment ?
on a beaucoup de mal je sais que l'argument financier ne peut pas répondre toute la question mais quand même depuis des mois et des mois en France une des principales difficultés aujourd'hui des politiques de rénovation thermique c'est que les aides publiques qui ont été mises en place elles ont été suspendues le budget a été réduit d'abord il faut mettre plus d'argent premièrement deuxièmement je pense que là vous avez raison c'est que la question écologique elle ne peut pas être un à côté elle doit être centrale par exemple elle doit être connectée pour répondre à cette question à la question de la formation professionnelle si on veut faire en sorte d'avoir suffisamment d'artisans par exemple disponibles pour pouvoir mettre en place ces politiques de rénovation énergétique et de rénovation thermique des logements il faut former plus de professionnels sur ce sujet donc par exemple la planification écologique j'essaye de sortir de l'abstrait pour rentrer dans le concret je pense qu'elle doit orienter par exemple les politiques de formation professionnelle pour qu'on puisse avoir des professionnels en capacité de pouvoir répondre ensuite à ces objectifs qu'on se fixe et puis tout ça doit être cadré à mon avis par une règle nationale c'est ce que nous on appelle la règle verte dans notre programme c'est-à-dire mettre dans la constitution l'idée qu'on ne prend pas davantage à la planète en termes de ressources naturelles que ce qu'elle est capable de régénérer chaque année et ensuite de faire en sorte que tous les projets publics tous les projets d'investissement soient conditionnés au respect de cette règle voilà c'est-à-dire qu'il y ait une boussole un guide on ne consomme pas davantage par rapport à la planète que ce qu'elle est capable de régénérer chaque année
alors autre
je ne peux pas rentrer dans tous les détails j'en prends quelques-uns autre dossier les sites industriels c'est 17% des émissions de CO2 on a du mal le haut fourneau de Dunkerque d'ArcelorMittal il devait y avoir une aide de l'État substantielle donc là l'argent était là pour une fois mais ArcelorMittal dit finalement on n'en veut pas on se demande s'ils ne veulent pas fermer qu'est-ce qu'on fait il y a l'hypothèse de la nationalisation des Anglais vous iriez vers ça ?
j'y suis favorable je pense comme vous l'avez dit qu'il y a eu des objectifs de décarbonation qui ont été fixés il y a eu des engagements qui ont été pris par l'industriel ArcelorMittal en disant aidez-moi donnez-moi de l'argent public et je fais remplir ces objectifs de décarbonation et aujourd'hui l'industrie elle a touché de l'argent public mais ne remplit pas les objectifs de décarbonation donc deux choses à dire sur ce sujet un on conditionne toutes les aides publiques aux entreprises au respect des objectifs sociaux et des objectifs environnementaux on arrive de donner de l'argent à des entreprises qui après ne respectent pas les engagements qu'ils ont pris deuxièmement dans le cas de ArcelorMittal évidemment qu'on a besoin de production d'acier en France et on a besoin de production d'acier en France de manière décarbonée donc oui moi je suis favorable à la nationalisation d'ArcelorMittal si on veut faire la transition écologique on a besoin d'acier l'acier on en a besoin partout et on a plutôt intérêt à ce que l'acier soit produit en France de manière décarbonée que qu'on la fasse venir de l'autre bout du monde sans aucun objectif de décarbonation donc oui favorable à la conditionnalité des aides publiques en matière écologique favorable à la nationalisation d'une entreprise comme ArcelorMittal favorable à un pôle public de l'énergie par exemple pour être capable d'orienter notre capacité de production d'énergie au regard des objectifs d'intérêt général et pas aux objectifs de rentabilité des industries
Dernière question assez concrète vous vouliez parler du leasing social justement
et là est-ce que vous pouvez donner un bon point au gouvernement qui a eu cette idée de créer le leasing social donc je rappelle pour les téléspectateurs c'est des voitures électriques qui sont rendues accessibles au ménage modeste avec des loyers mensuels au maximum de 200 euros avec une aide de l'État qui est conséquente mais qui peut diminuer il y a des scénarios pour l'élargir quelle est votre position sur le leasing social qui commence demain je crois et qui visiblement rencontre un grand succès est-ce que ça au moins c'est un bon point ?
moi je ne suis pas hostile à ces mesures-là pour être clair mais je pense puisque là à travers votre question on ouvre la question de l'automobile de manière générale qui aujourd'hui en Europe et en France en particulier est dans une très grande difficulté vous savez moi depuis des mois et des mois je fais le tour de sites sociaux liés soit à des fabricants automobiles soit à des sous-traitants qui perdent des emplois et qui suppriment des emplois donc pourquoi pas des mesures de leasing mais par contre il y en a une absence totale de politique publique de planification des mutations nécessaires dans le secteur de l'automobile en France aujourd'hui les industriels ont fait des choix par exemple sur la voiture électrique d'aller sur le haut de gamme nous on a présenté un contre-projet en matière de mutation du secteur automobile les industriels ont fait le choix d'aller sur du haut de gamme justement c'est un outil si l'État passe des commandes significatives de voitures petites voitures électriques ça oriente ok je vous donne le point sur ce sujet je suis d'accord il y a des ONG qui travaillent là-dessus mais ce que je veux vous dire par là c'est que je pense que l'État il ne peut pas être spectateur des choix des industriels dans un domaine comme celui-ci oui il faut orienter vers le fait que les industriels français par exemple fabriquent de la voiture électrique qui soit de la voiture électrique accessible accessible à tous ça a été l'inverse des choix qui ont été industriels qui ont été faits par les industriels français ces dernières années et aujourd'hui il se retrouve à une difficulté et donc c'est les voitures chinoises par exemple qui viennent sur le marché qui est le marché bas de gamme donc il faut des mesures de protection aussi pour l'empêcher mais alors il faut que les industriels se repositionnent sur ce secteur et l'État doit pousser pour ça voilà pour vous donner un exemple et si on veut aller un peu plus en détail parce que là forcément ça va un peu vite on a présenté un plan de mutation du secteur automobile que j'invite tout le monde à consulter
Eric Eschiman votre livre Les vipers ne tombent pas du ciel merci beaucoup merci à mes camarades de jeu Thierry Fab Stéphanie Despierre Hervé Gatégnaud merci à vous Manuel Moumpard d'avoir été notre invité sur lundi c'est politique cette émission à voir à revoir sur notre chaîne YouTube la chaîne YouTube de la chaîne parlementaire évidemment très belle soirée à tous sur LCP C'est parti
C'est parti