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interviewMoDem· 1 juillet 2026 34 min

L'extrême droite et l'extrême gauche organisent la guerre civile | François Bayrou

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir François Vaou, comment allez-vous ? Je vous en prie, prenez place. Merci monsieur Premier ministre.

C'est votre livre François Bairou alerte sur la France qui vient. C'est aux éditions de l'observatoire. Merci d'être là.

Vous avez 75 ans François Bayerou ? Non, il paraît non euh 30 quelque chose comme ça. Je me rappelle une collègue qui m'avait dit "Tu verras dans la vie, tu es toujours le plus jeune et un jour tout à coup, tu es le plus vieux." C'est [rires] c'est exactement ça.

J'ai été le plus jeune très longtemps et d'une certaine manière, je le reste. Voilà ce que je crois au fond de moi-même. C'est l'impression que vous donnez d'être en forme ?

Oui, je suis en forme. Vous allez compter dans cette élection présidentielle ? Il faut rappeler à quel point vous avez compté dans les précédentes, notamment dans l'élection d'Emmanuel Macron, c'était en 2017.

Vous nous en direz davantage dans Et un peu avant aussi. Et avant bien sûr, évidemment euh vous nous en direz davantage dans quelques instants. Votre regard d'abord sur ce qu'on vient d'entendre, sur euh cette polémique concernant en général la canicule.

Est-ce qu'elle a été évidemment on n'est jamais prêt absolument, mais ce qui s'est passé ces derniers jours ? Non, on n'est pas prêt parce que le changement climatique, le la la révolution euh dont nous avons sous les yeux euh des manifestations quotidiennes, euh non, on n'était pas prêt mais c'est normal, on va s'adapter. Et notamment alors ce que j'ai trouvé complètement délirant, c'est la polémique contre la climatisation comme comme si l'idée de de procurer du confort comme dans tous les pays du monde euh au Maroc il y a des climatiseurs y compris chez les gens qui ont qui sont pauvres.

Aux États-Unis, il y a des climatiseurs partout. En Espagne, il y a des climatiseurs partout. Quelle quelle idée incroyable de de quoi de il faut souffrir pour pour que qu'on expie le le changement climatique.

Il y a une part de ça quand madame Barbu la ministre a tenu ses propos. On rappelle soyons honnête avec elle, elle disait bien que ça n'exclut pas la clim elle a eu ses propos qui ont beaucoup fait qui ont beaucoup heurté de gens en disant "Arrêtez avec cette histoire de clim." Non, mais si on peut s'arrêter une seconde sur la clim, il y a à mes yeux deux choses nécessaires à faire.

La première, faut qu'on ait euh un programme euh accessible financièrement pour que on puisse rafraîchir au moins une pièce euh pour les personnes fragiles. Et ça, je suis persuadé que c'est possible et il faut qu'on monte un programme qui permette de financer pour pas pour les pour les familles pour de financer des équipements minimaux pour sauvegarder ce qui mérite de l'être. Deuxièmement, euh il faut prendre le problème profondément euh pour tout le monde pour les construction nouvelles.

Et il y a une solution qui est extraordinaire qui permet de faire des économies magiques, qui est gratuite et éternelle et qui permet de ne pas rejeter de chaleur dans l'atmosphère comme les écologistes le disent. C'est la géothermie. Nous sommes debout couchés quelquefois sur le plus extraordinaire la plus extraordinaire production de calories pour l'hiver et de frigorie pour l'été qui est notre sous-sol.

Euh et la géothermie permet d'inverser, d'avoir de la chaleur l'hiver et de la fraîcheur l'été, notamment en injectant la chaleur dans le sous-sol qu'on récupère pendant l'hiver. Alors, ça paraît incroyable, ça paraît bizarre. Le les gens disent "Mais enfin, c'est pas possible ce que vous racontez." Non seulement c'est possible, mais c'est certain.

Il y a des pays autour de nous, vous en connaissez un très bien, euh qui fait qui fait ça. Tous les outils sont absolument au point et c'est gratuit au bout du remboursement des choses. Tout est hystérisé en France.

à tel point, on il y a je sais pas si vous avez regardé ces images de Hamza Lad douane. C'est ce jeune de 14 ans qui terrorise une partie du Canal de Saint-Martin. Le mot est peut-être excessif, mais je vous interroge parce que tout le monde a en tête la fameuse image de 2002.

Un jeune garçon, je crois qu'il a 11 ans à l'époque, plonge la main dans votre poche et vous lui envoyez une claque, petite claque. En lui disant quoi à l'époque ? Euh je sais pas, ça se fait pas en tout cas, je suis je suis sûr.

Ouais, ça se fait pas. C'est ce que vous lui aviez dit en substance. Voilà, c'est cette image là.

Tu ne fais pas des poches. François Baou, l'homme de la gifle à Strasbourg en 2002, ça avait marqué. J'ai souvent dit, c'était une gifle de père de famille.

C'était pas une gifle de violence. C'était un moment jamais l'histoire n'a été racontée. Alors, je vais la raconter brièvement parce que c'est une histoire de vie aussi.

Euh, [raclement de gorge] on était à Strasbourg et avec la maire de Strasbourg de l'époque, on avait une réunion dans un quartier de Strasbourg et vous vous souvenez peut-être que j'avais interdit le voile h euh à l'école, euh ce qui restait qui a changé les mœurs dans les écoles. J'avais interdit le voile et il y avait naturellement des rancœurs, des polémiques et et une contestation très forte dans un certain nombre de milieux. Et donc on on est dans une mairie annexe et on il se trouve que nos opposants commencent à lapider la mairie.

Il y a des pierres qui volent. Et le préfet nous dit il faut évacuer. Ce qui m'aide toujours et on descend.

Et au moment où on descend, des insultes sexistes inimaginables commence à sortir du groupe des personnes qui qui étaient là pour la merce de Strasbourg. Euh alors, je suis descendu de la voiture, j'ai dit "Excusez-moi, on parle pas comme ça à une femme. Parle pas comme ça en général sans doute, mais on parle pas comme ça à une femme et avec cette approche là." Euh et donc j'étais en discussion avec un groupe d'une trentaine euh d'hommes euh et à ce moment-là machinalement et je sens une main dans ma poche qui était en train de me piquer mon portefeuille.

Ça me rend un peu triste parce que je pense que le petit garçon de l'époque après a sans doute eu des difficultés. Je il a mal fini trafic de drogue et cetera. Je ne m'en réjouis en rien.

Mais monsieur le premier ministre, quand vous voyez aujourd'hui ce Hamza la douane, alors il y a pas il y a pas mort de personne mais enfin il empêche les passants de passer, il leur jette de l'eau, il jettent de l'eau au policiers, il provoquent sans arrêt les policiers, ils payent des petites amendes et ce s'en vent en disant voilà [grognement] qu'est-ce que vous lui diriez si vous étiez face à Hamza Aladouan en 2026 ? je lui dirai si j'étais ton papa, je ferai en sorte que tu ne continues pas parce que vous voyez bien de quoi il s'agit le la responsabilité des parents h euh qui devrait dans une société normale s'exercer. Cette responsabilité là, elle échappe euh aux mères de famille et aux pères de famille et la société n'est pas là pour les aider.

Alors, je suis intimement d'accord. Ce sont des députés de mon groupe qui ont fait voter la loi contre les violences éducatives. Mais il y a quelque chose à faire pour venir en aide aux parents parce que les parents de ce petit garçon, je suis sûr qu'ils disent "On n'arrive plus à le tenir." Il a 14 ans, on n'arrive pas à le tenir. et que la société se regroupe autour des parents pour les aider, peut-être un jour pour les former, pour en tout cas pour être avec eux.

Et donc je trouve ça comme une démission et il faut aller dans l'autre sens. Je recommande votre livre François Baou parce que vous parlez aussi de vos convictions et l'actualité nous rejoint en cela puisque c'est l'examen de la la loi dite sur la fin de vie. Je sais combien vous êtes opposé.

Il faut rappeler que ça a été adopté à l'Assemblée. Ça va repartir maintenant au Sénam mais enfin on est sur la voie de de l'adoption. Ce que beaucoup voient comme un progrès, vous le voyez vous comme une régression morale.

Pourquoi ? C'est c'est pas ce que je dis, mais je vais essayer de le dire avec euh toute la réserve euh toute la retenue et le respect qu'on doit à ceux qui sont nombreux, qui se sont engagés et qui considèrent que cette loi est une émancipation. Euh moi ce que ce que j'observe dans les pays qui ont adopté cette loi et vous en connaissez là encore, c'est que ça n'est pas limité à un tout petit nombre de cas. c'est que rapidement ça devient dans l'esprit public une issue h maladie solitude et entre peu à peu dans les esprits.

Peut-être on pourra l'éviter mais mais je vois le risque. Entre peu à peu dans les esprits l'idée que au fond c'est une solution et c'est une issue pour qui ? Pour moi, c'est l'inquiétude que j'exprime.

C'est une issue pour qui ? pour les plus fragiles. Me souviens très bien d'une dame qui m'avait dit "Moi, je veux pas être à la charge des enfants." H une dame dans sa vieillesse et dans ses difficultés qui dit "Je les embête, vous voyez, je je vais leur coûter cher." [souffle coupé][grognement] Et elle évoquait cette idée-là.

Et je trouve qu'une société qui conduit à ça, qui conduit à cette démission là, c'est une société qui n'est pas pour moi une émancipation. C'est une société où au fond on clôture en disant ben bon alors je ne veux pas. Qu'est-ce qui peut se passer France ?

Soyons plus concret. Vous savez combien certains de celles et ceux qui nous écoutent partie partage votre opinion mais beaucoup disent "Oui, j'ai connu tel tel père telle mère qui arriver à un certain degré par exemple de cancer avait envie de mourir avait envie de mourir avait de la peine à avait besoin d'être aidé pour cela. Quelles sont les dérives ?

Soyons très concrets que vous vous craignez Alors, vous voyez euh un je parle très souvent avec euh les médecins et les soignants de soins palliatifs [raclement de gorge] depuis des années parce que ce sujet me préoccupe depuis des années. Je parle très souvent avec eux. Qu'est-ce qu'ils disent ?

Ils disent quelque chose d'extrêmement précis et qui est vérifiable. Ils disent quand les patients entrent dans nos services, tous n'y meurent pas. Hm.

Alors, c'est un petit nombre. Mais il reste toujours un petit une petite lumière d'espoir. Quand ils entrent dans nos services, un certain nombre parmi eux, 5 6 % dit "Je veux mourir." Et puis on leur enlève la douleur.

Hm. On leur rend [grognement] cette paix physique qui va souvent avec une paix morale. On leur rend cette paix.

Il y en a plus que, écoutez bien, 0,3 % peut-être 1 % peut-être 2 les chiffres qu'on donne sont peut-être qui disent qui qui maintiennent leur souhait de mourir. À quoi ça correspond chez vous cette pardon ? Pourquoi êtes-vous aussi touché par ce sentiment-l ?

Si j'ai le droit de vous taquiner François Baou, vous les centristes, vous êtes un peu des navigateurs, il y a plein de sujets. Vous savez faire des actions, des contreactions. Pas c'est pas là-dessus.

Moi, j'étais frappé. Je commence à vous connaître. à quel point là-dessus il y a quelque chose vraiment qui vous heurte profondément.

Alors un, n'allez pas descendre. Connaissez peut-être des centristes qui sont des des navigateurs, des slalomurs, mais celui que vous avez en face de vous n'en est pas. Et je vous prie de noter pour vos mémoires pour que ceci est une contre vérité.

S'il y a quelqu'un dans la vie politique française et s'il y a un mouvement autour de moi dans la vie politique française qui a maintenu euh avec audace, fierté, insolence, je sais pas quoi, une ligne absolument indiscutable, c'est celui-là. En tout cas, sur ce sujet, vous êtes vous n'êtes pas soupçon vous n'êtes pas suspect. J'enregistre que vous avez retiré vos propos.

Voilà. Très bien. [rires] Donc ça c'est le premier.

Alors pourquoi sur ce sujet ça vous touche tellement ? Est-ce que c'est le chrétien en vous ? la personne je sais que vous avez perdu votre père très tôt dans les circonstances d'accident votre rapport à la mort qu'est-ce qui fait que ce qui est vu comme un progrès encore une fois vous vous dites non c'est dangereux oui je dis c'est un un changement de société il y a quelque chose là qui se joue ben nos voisins belges par exemple j'ai un fils qui vit en Belgique et qui a des enfants belges il y a des Français qui partent pour mourir en Belgique pour ça pour se faire aider c'est vrai c'est vrai Je dis juste une chose qui est compliquée, il y a des situations limite et j'en connais, j'en connais.

Je j'ai parlé avec des amis à moi qui sont dans l'inquiétude de ne pas pouvoir mourir s'il le décidait. Euh mais je ne crois pas qu'il faille légiférer à partir des solutions limites dans quelque circonstances que ce soit. Et donc qu'est-ce qui qu'est-ce qui motive pour moi cette inquiétude ?

Je suis amoureux de la vie. H J'y suis pour rien. C'est pas c'est pas une vertu et c'est pas une construction.

C'est pas un c'est Je suis né comme ça avec cette idée que la vie était la plus extraordinaire chose qu'on puisse imaginer. L'autre jour, j'ai montré dans une interview, si on avait si j'avais su, je l'aurais apporté, une vidéo. On a filmé qu'un ami m'a envoyé, on a filmé l'intérieur d'une cellule humaine.

H Et vous voyez le l'incroyable entrelat de de de vie, de toutes les formes de vie, de l'ADN, de des différentes parties de la cellule. Et je trouve que c'est un miracle. Et donc je trouve et chaque fois que je rencontre la mort, vraiment chaque fois je considère que c'est une défaite incroyable.

Et donc alors est-ce que c'est de la religion ? C'est c'est la je dis pas que ça soit contraire à la religion ni extérieure, mais c'est le pour moi c'est c'est le le la vague d'admiration que j'ai quand je vois la vie naître, se manifester, croître et les et et les et les enfants et les malades, [rires] tout ça est pour moi de l'ordre de infinie admiration. C'est aussi le père de combien d'enfants qui parle ?

Combien avez-vous d'enfants ? Six voilà, c'est devenu François B. Vous avez vu comme j'ai retiré ma remarque sur les centristes tout à l'heure, je me suis tout à fait aplati devant nous.

C'est pour mieux amener le sujet qui vient, c'est évidemment les sondages et la présidentielle. Vous avez effectivement pesé, on peut dire qu'Emmanuel Macron par exemple vous doit en partie une partie de sa réussite en 2017 quand on voit l'état des sondages aujourd'hui et notamment la forte avance que Jordan Bardella ou Marine Le Pen ont et je précise d'ailleurs que Marine Le Pen sera l'invité du grand entretien sur cette chaîne à la même heure demain. Euh j'aimerais votre réaction à ce que Gabriel Atal a dit sur ce qu'il appelle le danger pact du pact nationalo insoumis.

Il a eu des mots très durs à la fois contre Jean-Luc Mélenchon. et contre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Il dit "Mélenchons un nouveau Trump français" et il dit "Bardella", Marine Le Pen se glisse de plus en plus dans les habits poutiniens.

Et il dit "Un second tour, Eren et les filles, notre pays ne s'en relèverait pas." Partagez-vous cela ? Oui, je partage cette approche et c'est même encore un peu plus accentué dans ce que je vais vous dire. [raclement de gorge] D'abord pour dire l'élection présidentielle a changé de nature.

Personne s'en aperçoit. On croit que c'est une élection ordinaire mais moi qui en ai vécu de l'intérieur plusieurs, au moins quatre ou cinq, je j'affirme que l'élection n'est plus la même. Pourquoi ?

Autrefois, dans une élection présidentielle, on pouvait se présenter pour se faire connaître, pour représenter ses idées, pour que votre parti est une figure pour se raller plus tard et cetera. Maintenant, c'est fini. Nous sommes sous le coup d'une double menace mortelle pour le pays parce que les deux extrêmes, il y a pas un pays dans le monde qui se soit relevé. de l'extrême droite ou de l'extrême gauche.

Pourquoi ? parce que l'extrême droite et l'extrême gauche organise la guerre civile dans le pays en ciblant les uns en disant c'est les immigrés qui vont payer ou l'Europe c'est une version de de la même chose et les autres en disant mais c'est les riches qui vont payer on va leur faire rendre gorge. Et tout ça c'est l'organisation d'une d'un affrontement interne.

Or dans le monde comme il est un pays comme la France ne peut pas se relever d'un affrontement interne. qu'on est sous le coût d'une double menace létale. Donc l'élection n'est plus une élection où on peut se présenter pour témoigner, pour porter, pour se faire connaître, pour se faire voir comme on dirait chez moi.

L'élection désormais, elle a changé de nature. On ne peut pas se présenter pour témoigner. On ne peut se présenter que pour gagner.

Quand on appartient, qui peut faire aussi pessu central ? un pessimiste alarmiste disons. Si si on est aussi alarmiste que vous, qui peut faire obstacle ?

Le canard enchaîné apparaître demain rapporte que vous imagineriez Jean Castex mais en disant il va sans doute pas quitter son vote et aussi et surtout Thierry Breton. Pourquoi Thierry Breton ? Ben Jean Castex parce qu'il a l'expérience et qu'il a un style particulier.

Thierry Breton, il a quelque chose que personne d'autre n'a euh et qui pour moi est incroyablement significatif. Euh [raclement de gorge] euh il a quoi ? Il est le seul responsable politique en Europe qui est résisté à Trump et résisté à Poutine.

Résister à Trump au point que peut-être on l'a oublié mais c'était il y a pas longtemps. Ce ce cet homme-là est interdit de séjour sur le territoire américain parce qu'il a résisté à Trump euh et il a résisté à Poutine sur les vaccins. Alors, je suis pas payé pour faire sa pub, hein, mais mais [raclement de gorge] je dis le plus profond de ce que je pense.

Il a eu la responsabilité de de du renforcement des armées en Europe. Donc, il connaît très bien ce sujet. Il a été comme vice-président de la Commission européenne à la tête de de d'une machine diplomatique et d'une machine commerciale de de de résistance à la Chine euh et il est un responsable politique français.

Il a commencé avec Monori. C'est lui qui a inventé le futuroscope. Et vous croyez-vous qu'un candidat hyper européen a ses chances cette fois-ci ? il est euh c'est pas qu'il est hyper européen, il est euh euh euh insatisfait de la manière dont l'Europe fonctionne.

C'est pour ça que madame VERleyen a exigé qu'il s'en aille euh alors qu'il avait été nommé, renommé par la France. Euh et moi, je considère que c'est quelqu'un euh qui apporte quelque chose parce que c'est aussi important pour moi, capable de rassembler l'arge. Il a été très jeune ministre de l'économie de Jacques Chirac euh dans les gouvernements villepin et il a je crois la reconnaissance d'une partie de la gauche.

Et vous voyez ce que j'essaie de décrire par lui [raclement de gorge] ou par quelqu'un d'autre. Si nous étions sérieux en dehors des deux extrêmes, il y a un fleuve h central qui rassemble les républicains. Et il y a il y aurait deux choses à faire.

La première, c'est qu'on apprenne à parler ensemble en dépit des nuances, des différences, des divergences. OK, il y a il y a tout ça mais c'est plus le temps des différences. Mais François Baou, on entend vos vœux mais pardon, regardez la réalité des sondages.

Jordan Bardella il est pour l'instant Ah, il se passe quelque chose là ce soir qui est un rebondissement. Est-ce que ça le sera ? C'est ce qu'il a lui-même annoncé sur Twitter tout à l'heure.

Il dit depuis tôt ce matin, des perquisitions sont en cours au siège et au domicile personnel de prestataires de communication ayant travaillé avec nous. et là encore c'est le cas à enchaîner euh qui apprend également, dit-il, l'ouverture prochaine d'une information judiciaire me concernant, c'est Bardella qui parle, à la suite d'une plainte d'une association militante à propos d'un emploi occupé au Parlement européen. Comme à chaque fois dit-il, les procédures judiciaires annoncent le calendrier électoral, nous n'avons rien à nous reprocher et nous le montrerons vous-même dans une affaire qui ressemble un peu à celle de Marine Le Pen.

Vous aviez été inquiété dans l'affaire des assistants parlementaires et j'ai été complètement [raclement de gorge] lavé de toute quel œil regarder ce type d'affaire ? Bon, je pense que ce type d'affaire ça compte, c'est des c'est des rebondissements mais c'est pas l'essentiel. L'essentiel, c'est que un pays comme le nôtre, je le crois, résistera h à cette pente qui paraît euh infinie.

Je ne crois pas moi que l'élection soit jouée. Alors je beaucoup de vos auditeurs vont dire mais enfin ça n'est pas joué. Mais pardon là-dessus, pardon François Baou, est-ce que la politique doit se décider là-dessus ?

Le 7 juillet, il y a cette échéance très importante pour Marine Le Pen. Est-ce que vous avez un vœu ? Alors, c'est la justice, liberté de la justice, mais est-ce que vous espérez qu'elle soit empêché ou au contraire qu'elle puisse aller à la candidature ?

Je je suis absolument neutre devant la justice. Vous souvenez peut-être que étant à Matignon, je m'étais ému euh de l'exécution provisoire, c'est-à-dire du fait que avant d'aller en appel, on était obligé d'appliquer le l'inéligibilité. Et je trouvais que dans un pays avec des principes de justice, il faut que toute décision est un recours.

C'est ce que j'avais dit. Là, je suis complètement objectif. La justice va prendre sa décision.

Je sais pas si elle est facile à prendre ou pas. Je ne crois rien de ces informations que nous entendons courir. Mais en clair parlant François, le fait qu'une candidate qui fait 32 % les sondage soit empêché par ce type d'affaire, cela vous paraîtrait quoi ?

Ah je si un responsable politique dit "La justice n'a pas le droit de se prononcer dans une affaire, celui-là ne respecte pas les principes qui sont les nôtres." Je l'avais dit [raclement de gorge] étant à Matignon sur l'exécution provisoire. C'était un peu comment dire risqué.

C'était chaud. Je l'avais dit parce que parce que je je trouvais qu'il y avait là quelque chose de de qui qui méritait qu'on y réfléchisse. Pour le reste, c'est la justice.

On va parler notamment de la dette parce que c'est une partie très importante de ce que vous dites dans votre livre. Un mot encore de réaction sur les sujets d'actualité immédiate, c'est l'affaire Betaram qui a beaucoup compté évidemment pour vous ces derniers mois. réaction à cette information, l'établissement qui était devenu évidemment le symbole de violence physique, sexuelle, morale dans l'enseignement catholique va fermer ses portes définitivement et c'est dès la fin de la semaine.

Votre réaction à ce sujet ? Bah, c'était annoncé déjà depuis longtemps. Il y avait il y avait quelque chose de devenu inéluctable dans une affaire qui qui est drame et criminel sur un certain nombre de sujets et avec des victimes dont personne [raclement de gorge] ne parle, vous aurez observé. euh mais c'était devenu inéluctable.

Euh euh et donc et il y a et il y a beaucoup de gens qui ont fait leurs études là et qui sont probablement très euh aussi très [souffle coupé] euh perplexe devant euh des choses qu'ils ignoraient car le le plus grand nombre des élèves ignoraient tout à fait ce et alors ignorait n'ignorait pas tout à fait que à l'internet c'était c'était des punitions physiques devenues ou qui sont inacceptables, mais la seule chose, ce qui est criminel, c'est les atteintes sexuelles. Et donc ça c'est ça c'est et personne ne le connaissait. Donc pour vous, c'est une bonne chose cette fermeture.

Euh je sais pas si c'est une bonne chose. C'est c'est euh c'est la conséquence directe euh de ces années dans lesquelles euh se passaient des choses euh insupportables, euh d'autres ignobles euh et et qui ne pouvaient conduire qu'à ça. François Baou, j'aimerais vous entendre sur les derniers chiffres qui ont été donnés concernant l'endettement de la France et on était déjà dans un degré de vertige extrême et vous en parlez très bien.

La dette publique de la France continue son envolé tout à fait inexorable. Elle atteint au premier trimestre le montant record de 3536 milliards d'euros. C'est une hausse de 75 même plus 75 milliards par rapport à la fin du 4e trimestre de 2025.

Il y a là une dégringolade et il y a toujours un certain nombre de politiques qui hors caméra quand ils viennent chez nous disent "Au fond, c'est pas si grave. Regardez les la notation de la France. C'est vrai que les grandes agences de notation, elles ont pas tellement dégradé la France que ça.

Elles l'ont [raclement de gorge] fait. Mais euh le le l'espèce de de laxisme dans lequel toute la classe politique sans exception, je dis sans exception parce que h pardonnez-moi de dire devant vous euh ça fait 20 ans que je me bas sur ce sujet parce que je vois le piège en train de venir, la marée en train de monter, le le l'espèce de désinvolture avec laquelle tout le monde traite ça, le fait que il n'y a pas un sujet sur lesquels les politiques ne demandent pas des moyens supplémentaires. Pas vous pourrez pas m'en citer un.

Et donc c'est cette chose est terrible. Pourquoi ? Parce que c'est ce que dit la Cour des comptes dans les extraits que vous évoquez.

Qu'est-ce que dit la Cour des comptes ? J'aurais aimé qu'elle le dise très fort avant, notamment quand je suis monté à la tribune pour dire aux députés de l'Assemblée nationale, il faut qu'on fasse le constat ensemble parce que si on fait le constat, on va bâtir des politiques et ils ont très largement toutes les oppositions ensemble, ils ont dit non, on refuse et donc votre gouvernement, il faut qu'il tombe. Très bien.

C'était l'épreuve de vérité. que j'avais moi-même souhaité. Euh, il faut qu'il tombe.

Or, quelle est la situation aujourd'hui ? C'est exactement ce que vous avez dit, mais le mais le chiffre est passé très vite. Écoutez-moi bien.

On n'a jamais depuis 50 ans remboursé 1 € de la dette. Plus exactement, chaque fois qu'on a remboursé 1 € du capital, on l'a emprunté pour et un peu plus. Et ça a sédimenté au fond de la mer.

Comme c'est un jeu de l'avion, hein. C'est un jeu de l'avion. Oui.

Euh je sais pas ce que c'est un jeu de l'avion. Ah oui. Une espèce de pyramide de ponzi après une cavalerie.

Voilà. Une cavalerie. Euh et la plupart de ceux qui nous écoutent et qui vous écoutent euh il dit il jusqu'à maintenant euh depuis un an, ils se rendent que j'ai lancé cette affaire, ils se rendent un peu plus compte des difficultés mais ils pensent ils ont raison mais c'est pour plus tard.

D'où vient qu'Emmanuel Macron lui-même soit différent de vous ? parce que Dieu sait si vous l'avez aimé, vous l'aimez toujours. Mais là-dessus, là-dessus, il est différent de vous.

Je vous réponds après, mais suspendons une seconde votre question euh pour que tout le monde ait ça en tête. [raclement de gorge] Désormais, ce qui nous étrangle, c'est qu'il faut payer tous les ans les intérêts de la dette. Le capital, on le rembourse pas mais les intérêts, h il nous écrasent la totalité de l'impôt sur le revenu de tous les Français qui nous écoutent, de tous leurs voisins, de tous leurs cousins, de toutes les villes et de tous les villages de France.

L'impôt sur le revenu l'année prochaine ne suffira pas à payer les intérêts de la dette. Vous entendez ? Suffira pas.

Et l'année d'après, on sera à 20 % de moins. On on n'atteindra pas plus de il faudra 20 % de plus pour payer les intérêts de la Mais France B, je reviens à ma question. Il y a une partie des gens et je pense qu' c'est tout ce qui est rapporté d'Emmanuel Cron, mais vous êtes mieux passé que moi pour pour me dire si c'est vrai pour me dire si c'est vrai.

C'est gens qui croient qu'au contraire il y a une forme de paris sur l'avenir et que ça ira. Pourquoi Emmanuel Macron a toujours été plutôt de cette école-là ? Ben, chacun a son tempérament.

Peut-être, je dis dans le livre à un moment, moi j'ai tendance à voir le le caractère historique et parfois tragique des choses. Je les vois venir comme si c'était une une locomotive qui fonçait vers nous depuis que depuis longtemps. Peut-être le président de la République est plus optimiste que moi.

Je crois qu'il euh au il y a en lui quelque chose qui qui fait que qu'il imagine que les que les événements tourneront dans le dans le bon sens. Moi je suis plus inquiet et sur est-ce que ça en dit beaucoup par exemple de son caractère ? Il est là au pouvoir depuis bientôt 10 ans et on rappelait hier la performance élu réélu euh sauf accident.

Il aura évité deux deux mandats sans une seule cohabitation. C'est alors si on l'aime pas, on dit que c'est du c'est manœuvrier. Si on l'aime bien, on dit que c'est génial.

En tout cas, c'est réussi, hein. Mais là-dessus, il y a quelque chose qui correspond visiblement à lui. Oui, je pense que que je pense que cet optimisme là a toujours porté ses décisions et pas seulement ça, mais l'immense demande des Français, des Français et de tous leurs représentants politiques.

Parce que comme je le dis souvent, c'est pas les gouvernants qui gouvernent, c'est l'opinion. Les gouvernants, ils regardent les sondages. Tous les matins, leurs collaborateurs arrivent.

Je suis leur chef donc je les suis. Et dit "Monsieur le ministre, mais je suis désolé de vous dire, on a perdu trois points cette semaine. Faudrait trouver une déclaration qui permette comme l'iOP va avoir un terrain, vous savez, c'est ça qui disent vendredi.

Si on pouvait faire une déclaration jeudi, autrement dit, le grand avantage de la démocratie, c'est que les citoyens comptent. Le grand désavantage de la démocratie, c'est que les gouvernants parfois les suivent et les suivent sans avoir le courage de leur dire la vérité. Et ce livre, le le but de ce livre, c'est de dire la vérité à un point que jamais ma connaissance, un livre grand public n'a été écrit à destination des Français pour leur expliquer ce que c'était.

Et je le recommande parce que vous avez aussi François Bairou, l'art du compteur et Dieu sait si ça compte dans un exercice comme celui-là. Alerte sur la France qui vient, c'est aux édition de l'observatoire. Merci beaucoup à vous.