Erwan Balanant (MoDem): «Les violences faites aux enfants ont été un angle mort des politiques publiques»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on a attendu trop longtemps avant d'agir ?
- 1:27RelanceRéponse partielle
Pourquoi avoir supprimé le caractère obligatoire de l'entretien annuel en commission puis le réintroduire ?
- 4:17OuverteRéponse directe
Comment on détecte un enfant victime qui ne témoignera pas spontanément ?
- 6:28OuverteRéponse directe
Le Modem va-t-il soutenir le gouvernement à tout prix sur le budget ?
- 7:20FerméeRéponse directe
Avez-vous une ligne rouge sur le budget ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15PrésentateurChiffre
« 160 000 enfants chaque année sont victimes de violences sexuelles. »
- 0:49Invité politiqueChiffre
« 75% des enfants victimes de violences, voire peut-être même 80%, c'est dans le cercle familial. »
- 1:04Invité politiqueFait
« 160 000 enfants, c'est 160 000 enfants qui sont victimes et qui, pendant toute leur vie après, vont souffrir de ces traumatismes. »
- 2:44Invité politiqueFait
« on n'est pas capable de former les 10 000 infirmières supplémentaires qu'il nous fallait dès la rentrée prochaine »
- 7:07Invité politiqueFait
« c'était le groupe Modem qui apportait les taxes sur les plus-values et qui était le premier à mettre l'idée sur la table. »
- 7:27Invité politiqueFait
« faire en sorte que nos déficits ne dérapent pas parce que s'ils dérapent, on est sous la menace d'un choc financier »
Temps de parole
- Erwan Balanant81 %
- Présentateur17 %
- ?2 %
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Bonjour Erwann Balanant, merci de nous rejoindre sur RFI à 15h. La proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles avec ses plus de 1200 amendements arrive dans l'hémicycle. Vous êtes le rapporteur spécifiquement chargé du volet consacré aux enfants. 160 000 enfants chaque année sont victimes de violences sexuelles. Est-ce qu'on a attendu trop longtemps avant d'agir
?
C'est sûr que la question des violences faites aux enfants a longtemps été un angle mort dans notre société et un angle mort des politiques publiques, c'est évident. Depuis trop longtemps, on a caché cette violence, on l'a étouffée, on l'a mise sous la couverture. Et quand je dis sous la couverture, vous voyez ce que je veux dire, c'est que aussi ces violences, elles ont lieu principalement dans la famille, dans le cercle familial. 75% des enfants victimes de violences, voire peut-être même 80%, c'est dans le cercle familial.
Donc
oui, je crois que notre société doit profondément évoluer sur cette question-là. On doit avoir une révolution sociale et sociétale sur les violences faites aux enfants. 160 000 enfants, c'est 160 000 enfants qui sont victimes et qui, pendant toute leur vie après, vont souffrir de ces traumatismes. Donc oui, on doit avoir un changement complet de paradigme sur la question de l'enfance et sur la question de la protection de l'enfance dans notre société.
Et
une des mesures phares porte sur le recueil de la parole des victimes. Alors l'article 30, qui instaure un entretien annuel de chaque élève, de la petite section maternelle à la majorité, vous avez supprimé en commission spéciale son caractère obligatoire et puis vous déposez un nouvel amendement pour le réintroduire. Pourquoi ce changement
?
Tout simplement, alors au départ, vous savez, moi je suis assez pragmatique, et c'est parfois un défaut. Je suis pourtant assez déterminé sur ces questions-là, très déterminé même, mais je ne souhaitais pas initialement que l'on fasse une promesse qu'on ne pourrait pas tenir.
Et
donc je partageais complètement le principe, et d'ailleurs on a même dans l'écriture que nous avons faite en commission...
C'était une question d
'argent quand vous dites promesse
pas tenue ?
Non,
non,
non, non, non, non, non,
non,
c'est pas une question d'argent justement. Ce n'est pas qu'une question d'argent, parce que si c'était qu'une question d'argent, on sait que tous les bénéfices que l'on ferait,
et
que l'on devra faire d'ailleurs, d'avoir une vraie politique de l'enfance, parce que tous les enfants qui ne seront pas victimes sont des enfants qui, excusez-moi de l'expression, elle est horrible, mais ce sont des enfants qui nous coûteront moins cher dans leur vie d'adultes, parce qu'ils iront mieux et parce qu'ils n'auront pas tous ces traumatismes. Donc ce n
'est
pas qu'une question d'argent, c'était une question de principe de réalité, c'est
-à
-dire qu'on n'est pas capable de former les 10 000 infirmières supplémentaires qu'il nous fallait dès la rentrée prochaine, si nous inscrivions ce caractère obligatoire dès la rentrée prochaine. Par contre, sur le principe
d
'une école à l'attention permanente des enfants, d'une école de l'écoute et d'une école qui, pour le coup, doit faire sa révolution sur ces sujets-là, moi je partageais complètement les objectifs. D'ailleurs, ce
n
'est pas pour rien que je portais aussi ce texte. Moi, je suis un des co-auteurs avec de nombreux autres députés de ce texte transpartisan sur la loi intégrale. Donc,
ce
qu'on a fait, on a retravaillé, on a trouvé, non pas un compromis, mais on a trouvé un cap. On s'est donné un cap et on l'a fait avec les associations. On s'est vu beaucoup parce que les associations savaient aussi mon intérêt et mon attachement à ce dispositif. Et nous sommes mis un cap, c'est-à-dire que pour 2032,
nous
essaierons d'atteindre cet objectif d
'un
entretien annuel obligatoire.
Et
entre-temps, l'idée est aussi de se mettre au travail tout de suite et de, dès les prochaines rentrées, de pouvoir avoir au moins un entretien primaire, maternel, collège, lycée. Donc, ce qui fait qu'on met en place le dispositif parce qu'il est nécessaire. Et cet entretien, c'est effectivement un entretien qui permet aux enfants, on va pouvoir repérer, on va pouvoir faire
de la prévention. Les
associations, justement, vous reprochent de faire davantage reposer la détection sur la parole de l'enfant. Alors, comment on détecte un enfant victime qui ne témoignera pas spontanément ? Oui,
mais les associations, aujourd'hui, je ne crois pas qu
'elles
me fassent de reproche puisque nous avons atterri ensemble, collectivement, avec toutes les associations
et
les syndicats, et les syndicats d'infirmiers et d'infirmières, pour trouver une écriture qui soit une écriture saluée par toutes ces associations. Donc, le sujet, il était juste qu'il fallait qu'on travaille, tout simplement, parce qu'on travaille à trouver une solution. Et moi, la solution, elle est simple, c'est qu'on aura dans chaque école un référent, ce qui n'était pas prévu initialement et qui a été salué comme idée, parce que ça permet d'avoir, quand un enfant veut parler et qu'il ne veut pas attendre son entretien, il pourra le faire à ce moment-là, parce qu'il aura un référent avec qui il pourra prendre un rendez-vous et il pourra être écouté.
Ensuite, moi, le caractère obligatoire, je vous le redis, je n
'étais
pas favorable parce que je ne voulais pas qu
'on
fasse de fausses promesses, mais je
sais
que l'idée est la bonne, et donc on va le mettre avec un cap, un horizon, 2032, dans cinq ans. C'est court et c'est en même temps long, mais on va quelque part aussi dire que la volonté de la représentation nationale, c'est d'aller vers cet objectif. Et pour les associations, pour les syndicats, ça sera aussi un outil pour rappeler aux prochains ministres de l'Éducation nationale, les prochains ministres de la Santé et de l'Éducation nationale, que l'objectif, il est là.
Et quand on sait, et c'est aussi pour ça que j'ai voulu mettre une obligation au final, c'est quand on sait que peut-être les ministres qui pourraient arriver ne seraient pas complètement en phase avec ces idées de détection, de prévention et de changement de paradigme auprès de l'enfance, eh bien, voilà, on a avancé collectivement et on a trouvé une solution. Et d'ailleurs, c'est aussi ce qui fait quelque part l'intérêt de ce texte, c'est que c'est un travail qui n'est pas que un travail de ministère ou d'hommes et de femmes politiques, c'est aussi un travail des associations et de toute la société.
Mais on rappelle aussi que seuls 10% des enfants aujourd'hui bénéficient effectivement de la visite médicale, alors qu'elle est théoriquement obligatoire. Donc on peut aussi se poser des questions sur ces manques de moyens parfois. Mais donc, ce qui nous amène aussi sur une transition de l'autre gros morceau qui occupera les députés, le budget. Sébastien Lecornu l'a présenté au Conseil des ministres ce matin. Au Modem, vu ce qui commence à être révélé, vous allez soutenir le gouvernement à tout prix ?
On va faire ce qu'on a toujours fait depuis presque 10 ans, c'est-à-dire être critique, apporter parfois des propositions différentes. Vous savez, nous,
on
n'a pas été les derniers à parfois apporter la contradiction. On l'avait fait sur la CSG, par exemple. On l'a fait sur tout un tas de dispositifs fiscaux.
Je
vous rappelle que c'était le groupe Modem qui apportait les taxes sur les plus-values et qui était le premier à mettre l'idée sur la table. Et ça a avancé. Donc on va continuer à faire ce travail.
Nous, on
a une... Vous
avez une ligne
rouge, par exemple
?
Alors, justement, j'allais justement vous dire que l'idée, ce n'était pas d'avoir des lignes rouges, c'était plutôt d'avoir un cap. Et le cap, c'est de faire en sorte que nos déficits ne dérapent pas parce que s'ils dérapent, on est sous la menace d'un choc financier qui, pour le coup, serait dommageable pour tout le monde et surtout pour ceux qui sont les plus fragiles. Donc l'idée,
c
'est effectivement d'avoir un budget qui n'est pas le budget le plus marrant qu'il y ait eu dans l'histoire des budgets en France. Oui, c'est un budget sur lequel on demande des efforts. Mais nous, on verra à
ce
que les efforts, ils soient consentis, qu'on emporte l'adhésion de tout le monde. Et ça, ça ne va pas être évident parce que quand on a des efforts à faire, c'est toujours difficile. Mais au-delà de ces... L'idée, c'est que chacun puisse, à hauteur de ce qu'il peut, faire des efforts, c'est-à-dire qu'on demandera plus d'efforts à ceux qui peuvent plus et moins à ceux qui peuvent, évidemment, moins et dans un esprit de justice fiscale et sociale.
Et on l'entend bien. Merci, Erwan Balanant, d'avoir répondu aux questions de RFI. Bonne journée. Retrouvez l'intégralité des podcasts RFI sur
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Erwan Balanant