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Autrefranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 28 juillet 2020 18 minMixte

PMA, congé paternité, Gérald Darmanin... Le "8h30 franceinfo" d'Adrien Taquet

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Temps de parole

  • Adrien Taquet68 %
  • Présentateur15 %
  • Locuteur 410 %
  • Locuteur 16 %

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0:06
Présentateur

Bienvenue dans l'830 de France Info avec Jean-Jérôme Bertolus et notre invité. Bonjour Adrien Taquet, secrétaire d'état chargé de l'enfance et des familles. On en parlera au cours des prochaines minutes. Revenons d'abord sur le déplacement d'Emmanuel Macron. C'était hier soir dans un commissariat du 18e arrondissement. C'est aussi à la police que Jean Castex avait réservé sa première visite lorsqu'il a été nommé Premier ministre. Gérald Darmanin est omniprésent ces derniers jours.

0:31
Adrien Taquet

Est-ce qu'il y a un tournant sécuritaire du gouvernement ? Pas question de tournant sécuritaire. Je pense que ce qui est en jeu ici, c'est l'ordre républicain et le rétablissement d'un certain ordre républicain. Et pourquoi c'est important ? Parce que l'ordre républicain, c'est le ferment de notre cohésion nationale. Parce qu'il y avait du désordre ?

Et quand on voit ce qui se passe dans certains quartiers, quand on voit ce qui s'est passé à Dijon, quand on voit ce qui s'est passé encore dans certains quartiers de Nice, quand on voit que dans notre pays, il y a certains mouvements séparatistes, extrême droite, extrême gauche parfois, oui, il y a un enjeu de maintien de la cohésion nationale dans notre pays. Et ça passe aussi, notamment, par la restauration de l'ordre républicain.

Je pense que c'est tout ça le sens de l'action et du ministre de l'Intérieur, mais au-delà du gouvernement et du président de la République, au travers de son déplacement hier, qui voulait aussi apporter son soutien à ce qu'on appelle les nuiteux, ces policiers qui travaillent de nuit et dont on sait que les conditions de travail sont probablement encore un peu plus compliquées que leurs collègues.

1:30
Présentateur

Est-ce que le soutien des policiers, ce ne sont pas des postes plutôt qu'une visite dans un commissariat ?

1:33
Adrien Taquet

Vous avez, d'une part, un certain nombre de postes qui ont été créés depuis le début de ce quinquennat. Je ne vais pas empiéter sur les compétences de mon collègue de l'Intérieur. Et puis, vous avez noté qu'hier, le président de la République a annoncé une prime supplémentaire pour ces nuiteux, pour ces policiers qui travaillent de nuit, justement.

1:51
Locuteur 4

Alors, Adrien Taquet, votre collègue du ministère de l'Intérieur, comme vous dites, effectivement, Gérard Lamalin, il est omniprésent depuis sa nomination au ministère de l'Intérieur. Les féministes sont également omniprésentes à chacun de ces déplacements. Est-ce que vous pensez, comme votre collègue Elisabeth Moreno, qui est en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes au sein du gouvernement, que Gérard Lamalin est un boulet pour l'exécutif ?

2:17
Adrien Taquet

Écoutez, moi, j'entends ce que peuvent dire les uns et les autres, et je pense notamment aux mouvements féministes qui s'expriment parfois de façon, d'ailleurs, pas forcément inappropriée. Appropriée, pardon, je veux dire, je pense notamment à cette célébration du Veldiv le week-end dernier. Et pour autant, moi, il y a un principe, j'en suis désolé, auquel je suis très attaché. Ce n'est pas un principe politique, c'est un principe juridique sur lequel repose notre état de droit, c'est la présomption d'innocence.

Et je suis désolé, moi, je refuse que l'on se dirige vers une démocratie d'opinion, parce que la prochaine étape, c'est effectivement de jeter sur la place publique pour l'habitation les personnes. Donc la présomption d'innocence, c'est un principe cardinal de notre état de droit. Il s'avère que dans ce cas précis, Gérald Darmanin a bénéficié de trois décisions de justice, je crois, qui ont, sauf erreur, qui ont statué de son innocence. Alors il y a une procédure qui est en cours, qui va aller à son terme. Laissons-la aller à son terme et nous en tirerons toutes les conséquences.

Mais vraiment, respectons, mais ça vaut pour le ministre de l'Intérieur, ça vaut pour vous, ça vaut pour moi, ça vaut pour chacun des Français. Si on contrevient à ce principe-là, je vous assure...

3:20
Présentateur

Si on n'est pas condamné, on peut faire ce qu'on veut et garder son poste.

3:23
Adrien Taquet

Mais ce n'est pas on peut faire ce qu'on veut et on peut garder son poste. Tant qu'on n'est pas condamné, on est innocent, monsieur. Ça vaut pour vous, ça vaut pour moi. Enfin demain... Ça vaut juridiquement, mais politiquement, est-ce que c'est la même chose ? Mais juridiquement, une fois encore, c'est un des principes de notre état de droit, demain, quelqu'un peut aller sur votre plateau, sur les réseaux sociaux, et m'accuser, moi, je ne sais quoi. Et alors quoi ? Je suis tout d'un coup coupable sur la place publique parce que quelqu'un m'a jeté en opproir de cette façon. Notre démocratie ne peut pas fonctionner sur cette base-là. Je suis désolé, j'entends bien.

Et une fois encore, j'entends les sensibilités, j'entends ce que disent un certain nombre de personnes. Mais véritablement, faisons attention au glissement progressif. Mais ils voulaient que je vous dise, pas faire de l'archéologie politique, mais souvenez-vous de la jurisprudence Balladur dès 1993, qui disait que dès qu'un ministre était mis en examen, il devait démissionner. Déjà, là, moi je suis désolé, peut-être que ce n'est pas politiquement correct ce que je vais vous dire, mais déjà là, moi je trouvais, je peux comprendre politiquement. Déjà, vous trouviez que cette coutume... Mais je trouve qu'à partir du moment où on est mis en examen, vous n'êtes pas encore jugé et coupable.

Donc par exemple, vous regrettez que François Bayrou ait été évincé du gouvernement en 2017 ? Je ne regrette rien et on ne va pas rentrer dans les cas particuliers. Je vous dis juste que notre démocratie est fondée sur un certain nombre de principes de droit, oui de droit, et qu'il faut veiller à les respecter.

4:49
Locuteur 4

Bon, là, la petite ambiguïté, c'est qu'effectivement, Gérald Darmanin est ministre de l'Intérieur et que ça peut susciter des questions pour les policiers chargés de conduire l'enquête. Mais on a bien compris ce que vous avez dit, vous l'avez dit effectivement avec une certaine force. Une dernière question. Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, parle de l'ensauvagement d'une partie de la société. Vous, qui êtes à la fois proche du président de la République, mais qui venez plutôt de la gauche, l'ensauvagement, c'est un terme que vous employez ?

5:18
Adrien Taquet

Écoutez, moi je ne veux pas m'en... Vous m'excuserez, vous avez trouvé que je botte en touche, mais je ne veux pas m'enfermer dans des débats ou des polémiques sémantiques, même si les mots ont un sens, ce n'est pas un terme que j'utilise moi, mais ce qui compte derrière les mots, c'est une réalité que cela traduit. Et c'était le sens de votre première question. Il y a effectivement un certain nombre de comportements d'individus dans notre société qui ne sont plus possibles. Il y a un sentiment d'insécurité croissant d'une partie de la population. Mais vous savez, vous vous référez à mon histoire politique, effectivement, qui vient plutôt de la gauche.

Et donc on ne peut pas me soupçonner d'être particulièrement sarkoziste, par exemple. Mais il avait mis, je pense, le doigt, il avait mis les mots sur une réalité que la gauche, d'ailleurs, n'avait pas été en mesure de faire. C'est que l'insécurité, ça touche avant tout les plus précaires d'entre nous. Ce n'est pas vous ni moi qui vivons dans les beaux quartiers que l'insécurité touche. Ce sont les personnes les plus pauvres de notre pays. Les personnes qui sont dans les situations les plus précaires. Les personnes qui vivent dans les quartiers et qui sont emmerdées par les dealers de drogue qui sont dans les cages d'escalier. Et c'est ça qu'il faut combattre. Et ça, j'y adhère.

J'y adhère parce que ça touche les populations plus vulnérables de notre population.

6:26
Présentateur

Vous avez parlé séparatisme en parlant extrême droite, parfois extrême gauche. À votre place, dimanche dernier, Marlène Schiappa a parlé clairement d'islam politique. Vous la suivez là-dessus ?

6:37
Adrien Taquet

Écoutez, je vais laisser la ministre déléguée à la citoyenneté, le ministre de l'Intérieur, travailler sur ces sujets qui sont des sujets complexes, sensibles évidemment, complexes. Vous le savez, il y a un projet de loi qui sera présenté à la rentrée. Ce que je vois, c'est que d'un point de vue politique, il y a effectivement...

6:53
Présentateur

Est-ce qu'on a des chiffres là-dessus du concret plutôt que des mots ? Parce qu'en l'occurrence, on a beaucoup parlé de liste communautariste il y a quelques mois. Il n'y a absolument eu aucun effet aux élections municipales.

7:03
Adrien Taquet

Vous avez raison de le dire. Et sans nier le fait d'un islam politique et qui a des vocations séparatistes, je pensais plus à un séparatisme politique qui a plutôt été d'extrême droite ces dernières années et dont je constate que plus récemment, il est plutôt d'extrême gauche. Alors je n'ai pas de chiffres, mais je vois, j'écoute les manifestations, je vois ce qu'il s'y dit, ce qu'il s'y passe. Vous l'avez vu, ces mouvements de Black Bloc pendant les Gilets jaunes notamment, qui venaient avec véritablement une ambition de faire tomber la République. Moi, je le dis sans embâche.

Souvenez-vous, début décembre, au plus fort de la crise des Gilets jaunes, où on sentait que ça pouvait vaciller, que ça pouvait tomber du mauvais...

7:43
Présentateur

En l'occurrence, les Black Bloc n'ont jamais été cités comme une cible du séparatisme jusqu'à présent. Moi, je vous dis simplement qu'il y a un certain nombre de forces,

7:53
Adrien Taquet

individuelles ou bien plus organisées, qui ont comme ambition de faire tomber la République.

7:59
Présentateur

On va parler d'un texte que vous défendez, Adrien Taquet, dans un instant. Avec d'autres ministres. La loi de bioéthique, avec d'autres ministres, évidemment. Vous restez avec nous, le Filinfo, à 8h40. C'est avec Lauriane Delannoué.

8:12
Locuteur 1

Ils jetaient de la nourriture par terre, refusaient de donner de l'eau, proféraient des insultes racistes et transphobes. Un policier raconte ce matin sur France Info les comportements de certains de ses collègues envers les personnes déférées au tribunal de Paris. Ma carrière est foutue, estime Amar Ben Mohamed, pour avoir osé parler des sanctions administratives prises contre 5 des agents mis en cause. Une sixième passera en conseil de discipline. Les pompiers face au feu toute la nuit en Gironde et dans le Loiret. Plus de 250 hectares de l'Ande, de pain des Landes, pardon, brûlés au Touzan, Autan, en Friche et en Forêt au sud d'Orléans.

Ces deux incendies les plus importants pour l'instant cet été sont maintenant fixés. Chaque jour, de nouveaux foyers de coronavirus détectés en France. Sept hier, la propagation du coronavirus continue de manière soutenue, souligne la Direction Générale de la Santé. En Belgique, l'épidémie reprend aussi douces et nouvelles mesures. Le télétravail fortement recommandé, voire obligatoire quand il est possible. Dans la province d'Anvers, c'est la plus touchée.

9:14
Présentateur

Le 8.30 France Info, Nicolas Teilhard, Jean-Jérôme Bertolus. Et notre invité, Adrien Taquet, secrétaire d'État chargé de l'enfance et des familles, des familles qui évoluent.

9:30
Adrien Taquet

Des familles, vous avez bien noté le pluriel dans mon titre auquel je tenais particulièrement.

9:34
Locuteur 4

Oui, mais dites-nous pourquoi ce pluriel, ce n'est pas un peu...

9:37
Adrien Taquet

Pourquoi ce pluriel, parce que justement, il traduit de façon un peu symbolique. Il n'y a plus une famille maintenant. Non, il y a des familles, la réalité, et on n'a pas attendu la loi de bioéthique. C'est une réalité des familles françaises. Il y a des familles diverses, variées. Il y avait des familles monoparentales, on le sait, c'est près de 20% de nos enfants qui vivent dans une famille monoparentale. Des familles homoparentales, des familles recomposées. Bref, toute cette diversité qui fait la richesse des familles de France, absolument.

10:02
Présentateur

Et qui sont notamment au cœur du texte de révision sur la loi de bioéthique qui prévoit notamment l'ouverture de la PMA à toutes les femmes. Un texte de retour en deuxième lecture à l'Assemblée depuis hier. Ce sera en débat tout au long de la semaine. Et ce n'est pas le moment pour le député LR de l'Ain, Xavier Breton.

10:21
Locuteur 2

La question, c'est pourquoi le passé au cœur de l'été, alors qu'on risque d'avoir effectivement beaucoup de collègues qui sont absents, alors que la liberté de manifestation est encore encadrée en ce moment puisqu'on est toujours sur un régime particulier. Donc on voit bien qu'il y a une volonté de passage en catimini. Et c'est dommage pour un sujet qui est important.

10:38
Présentateur

Deux choses, Adrien Taquet. Est-ce que c'est un texte passé en catimini ? Et est-ce que vous regrettez cet hémicycle aux trois quarts vides hier lors des débats ?

10:47
Adrien Taquet

Écoutez, je l'ai dit d'ailleurs aux députés bretons hier soir. Enfin, nous sommes au mois de juillet. Au mois de juillet, il y a plein de Français qui travaillent. Et puis le gouvernement et les députés sont aussi au travail.

10:55
Locuteur 4

Mais ils n'avaient pas l'air, excusez-moi, mais hier, vu les images, ils n'avaient pas l'air d'être au boulot.

11:00
Adrien Taquet

Vous savez très bien, vous avez suffisamment d'expérience pour savoir que les députés qui sont en première ligne mobilisés sont les députés qui ont travaillé sur le texte en commission. C'était le cas hier. Hier, nous étions en plus sur la discussion générale, c'est-à-dire pas encore dans les débats. Nous avons uniquement discuté quatre amendements sur les 2300 amendements qui nous attendent cette semaine. Donc, je n'ai aucun doute que l'hémicycle sur les sujets importants, comme la PMA notamment, sera bien plus garni. Pour autant, on ne peut pas parler de Catimini. Écoutez, ça fait neuf mois que ce texte est en discussion.

Il y a déjà eu, nous en sommes à la deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Il y a eu quatre rapports, quatre semaines d'examen en première lecture à l'Assemblée, deux semaines au Sénat, des auditions. Bref, ce débat est mené en toute transparence, en tout respect aussi de part et d'autre. Grande qualité des débats jusqu'à présent et j'espère, je pense, j'en suis convaincu, il en sera de même cette semaine.

11:50
Présentateur

La conférence des évêques de France évoque, à propos de la PMA, un eugénisme libéral, un acte anti-républicain. Qu'est-ce que vous leur répondez ?

12:00
Adrien Taquet

Écoutez, les lois de révision de la bioéthique sont des textes importants, fondamentaux. Ils passent le progrès technologique au prisme de nos principes éthiques, qui sont, au premier rang desquels, la dignité humaine, la non-marchandisation du corps. C'est donc des textes qui interrogent l'évolution de notre société. C'est aussi des textes qui nous interrogent chacun de nous individuellement, avec nos convictions, avec notre part d'intime aussi, notre histoire personnelle. Et d'ailleurs, on l'a beaucoup vu dans les débats en hémicycle. Il faut respecter évidemment chacune de ces histoires, chacune de ces convictions. On connaît celles de l'Église, des évêques.

Il faut d'ailleurs les remercier pour l'apport qu'ils ont contribué dans ces débats, comme toutes les autres obédiences religieuses, d'ailleurs. Au final, notre République, ce sont les parlementaires qui, sur la base de ces contributions, débattent et décideront. Et rappelez que les lois de bioéthique, c'est quelque chose d'unique dans le monde. Ce sont des lois d'interdiction. Ce sont des lois qui posent justement des bornes, des limites, pour éviter toute dérive libérale. Et nous devons être fiers de ce modèle bioéthique français.

13:14
Locuteur 4

Justement, à propos de ces limites, très vite, deux questions, vous nous répondez par oui ou par non. Faut-il reconnaître la filiation des enfants nés à l'étranger de GPA ? Vous savez que c'est un parcours du combattant, que c'est même une humiliation pour certains parents de devoir adopter leurs propres enfants. Première question. Et deuxièmement, vous avez défendu ce texte au Sénat. Est-ce que vous réaffirmez aujourd'hui que la PMA doit être remboursée pour toutes les femmes ?

13:41
Adrien Taquet

Alors, je vais commencer par la deuxième question, qui, elle, peut-être simplement répondre... En laquelle on peut apporter une réponse simple par oui ou par non. La réponse est oui. Nous allons rétablir, effectivement, le remboursement par la Sécurité sociale de la PMA pour toutes les femmes. La première question est un peu plus complexe pour une réponse uniquement par oui ou par non. Ce qui est important, c'est de sécuriser, et je vous le dis de là où je suis, c'est de sécuriser la filiation pour les enfants.

La Cour européenne des droits de l'homme, vous le savez, a estimé que le système français qui passait par l'adoption, si tant est que cela soit fait dans de bonnes conditions, dans des conditions rapides, et c'est probablement là où nous devons, dans les faits, dans la pratique, nous améliorer, répondez aux exigences de la Convention européenne des droits de l'homme. La Cour de cassation, par la suite, a été un peu plus loin. Le garde des Sceaux, hier, a réaffirmé qu'il voulait que l'on se tienne à la décision, à l'arrêt, pardon, de la Cour européenne des droits de l'homme. Ça fera l'objet de débats. Ce qui est important, c'est de pouvoir sécuriser l'affiliation des enfants.

Et que les choses soient claires, le garde des Sceaux l'a dit,

14:45
Présentateur

la GPA est et reste une ligne rouge, sans ambiguïté. En l'occurrence, quelles que soient les familles, aujourd'hui, ce sont les femmes qui sont principalement au chevet de leur enfant lors des premières semaines, des premiers mois qui suivent la naissance. Est-ce que vous êtes favorable à l'extension d'un congé parental pour les hommes ? Alors, du congé paternité, absolument.

15:10
Locuteur 4

Et de le rendre obligatoire. Alors, favorable, non seulement favorable...

15:15
Adrien Taquet

11 jours aujourd'hui. 11 jours, vous avez raison, 11 jours de congé paternité et 3 jours de ce qu'on appelle de congé de naissance. Ils sont donc financés par l'employeur. Par l'entreprise. Voilà, exactement. J'y suis non seulement favorable, mais nous y travaillons. Nous y travaillons pour objectif de pouvoir présenter Première proposition, probablement à la rentrée. À la rentrée, sera remis au Président de la République le rapport de la commission dite cyrulnique autour des 1000 premiers jours de la vie de l'enfant.

15:41
Présentateur

L'idée, ce serait de passer de semaine à un mois, un peu plus ?

15:45
Adrien Taquet

Voilà. Une des hypothèses sur lesquelles nous travaillons, c'est effectivement de doubler le congé actuel et de passer à un mois de congé parental global, c'est-à-dire intégrant à la fois le congé paternité stricto sensu et les congés de naissance. Sans le rendre obligatoire ? Alors, sur la question de... Moi, je suis assez convaincu et pour en avoir beaucoup discuté avec mes homologues suédois, finlandais, que le caractère obligatoire a un effet décisif. Moi, j'ai rencontré ces six derniers mois énormément de familles françaises, énormément de parents. J'ai été très marqué par le témoignage d'un père qui me disait... C'était à Beclerc.

Il venait d'avoir un enfant prématuré qui se portait très bien et qui m'a dit... Vous savez, moi, je suis magasinier. Moi, j'ai un CDD. Et moi, quand j'ai dit que ma femme était enceinte, mon patron m'a dit « C'est pas toi qui es enceinte. »

16:34
Locuteur

Voilà.

16:35
Adrien Taquet

Donc, cette pression sociale qui fait que les plus précaires ne vont pas oser prendre le congé paternité de père de bord de leur boulot, c'est un vrai sujet sur lequel il faut que nous travaillions. Après, sur le côté obligatoire, à l'inverse, il faut faire attention que ça ne conduise pas à de la perte de pouvoir d'achat pour les personnes et notamment pour les plus précaires. Donc, c'est sur tout ça que nous travaillons en ce moment.

16:56
Locuteur 4

Un petit mot, parce qu'on ne peut pas ne pas vous poser la question. Il y a des assises concernant les violences sur... Les états généraux. Les états généraux, sur les enfants. Plusieurs dizaines de milliers sont victimes de violences chaque année. Est-ce que vous souhaitez que ces états généraux débouchent sur des décisions concrètes ?

17:12
Adrien Taquet

Alors, si je peux me permettre, il y a déjà beaucoup de décisions concrètes qui ont été prises. Pour être très clair, le 20 novembre dernier, à l'occasion du 30e anniversaire de la Convention internationale des droits de l'enfant, nous avons présenté un plan de lutte contre les violences faites aux enfants. Avec 22 mesures très concrètes sur la lutte contre la pédocriminalité, la prostitution infantile, meilleure prévention à l'école. Est-ce que vous souhaitez aller plus loin avec ce plan ? Et alors, l'idée, justement... Mais ce plan qui a été salué par tous les acteurs, qui a été bâti avec eux, d'ailleurs.

Et l'idée, justement, c'est, en mi-octobre prochain, d'aller plus loin, plus vite, de pousser un cran plus loin, de renforcer nos effectifs pour lutter contre la pédocriminalité sur Internet, qui est une vraie menace, de s'attaquer enfin à la prostitution infantile qui est en train d'exploser dans notre pays, de renforcer encore les moyens du 119, le numéro de l'enfance sans danger, dont je rappelle qu'il est anonyme et gratuit, et qui a explosé, qui nous a été très utile pendant le confinement, et dont il faut renforcer encore les moyens. Voilà.

Oui, aller plus loin encore, et mettre ce sujet de la violence faite aux enfants à la une de l'actualité, de vos journaux, de l'esprit des gens, parce qu'on aura déjà fait un grand pas, quand ça deviendra un enjeu de société, c'est même fondamental, en fait l'enjeu il est là.

18:20
Présentateur

Rendez-vous à l'automne. Adrien Taquet, secrétaire d'Etat chargé de l'enfance et des familles, merci d'avoir été l'invité

18:24
Adrien Taquet

du MIT32 France Info.