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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 18 février 2024 38 min

Bruno Dumont, réalisateur : "Le cinéma est là pour purger la question du Bien et du Mal"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] jusqu'à 13h30 les midi de culture Nicolas herbaau Géraldine mosn sair place à la rencontre aujourd'hui notre invité est réalisateur l'Empire son 13e long métrage sort sur les écrans mercredi prochain son histoire la guerre des étoiles chez lesti soit le bien face au mal soit l'origine du monde et sa destruction possible soit le mystère de l'amour qui surgit le tout sur la Côte d'Opale et armée de sabre laser vous l'aurez compris bien mal monde amour et j'y mets des majuscules il s'agit ici de revenir au principe premier au myth fondateur mes versions contemporaines et terrestres que se passe-t-il quand cela se mélange aux humains quand il débarquent dans la caverne qu'arrive-t-il quand sur une plage du ptecalis des Jedi se confrontent à la réalité forcément plus confuse forcément plus obscure bonjour Bruno Dumont bonjour bienvenue dans les midi de culture Bruno Dumont pourquoi avoir eu recours à la Guerre des étoiles pour évoquer la question du bien et du mal et pas autre chose pas une autre histoire bah justement je voulais affronter le bien et le mal de visu quoi les voir vraiment donc sur terre c'est un peu compliqué parce que tout ça c'est entremêlé c'est souvent caché on voit bien que ça existe que c'est présent mais je voulais justement rentrer plutôt dans le dans les mythes c'est-à-dire là où on voit les représentations et les incarnations des grandes entités notamment moral donc voir le bien voir le mal et comprendre la raison pour laquelle ces deux entités sont venues sur terre et pourquoi elles se sont emmêlées et pourquoi on est aussi bon que mauvais donc c'est pas juste une blague c'est pas juste pour le plaisir d'un speit de dire voilà Star War et puis moi j'avais fait un premier film qui s'appelait La la vie de Jésus et dont le héros s'appelait Freddy et qui était un gars mauvais ouais et il tue quelqu'un il tue un arabe il racist ou il est très très très méchant quoi donc donc ça m'a toujours entêé de comprendre pourquoi en fait et donc l'idée de de remonter dans une histoire fabuleuse pour expliquer pourquoi Freddy est comme il est et pourquoi pour ça que le film parle aussi de nous hein et pourquoi nous sommes comme ça tous à peu près pareil mais un peu différent quand même donc j'ai voulu raconter un récit fabuleux et en même temps aller donc au cinéma spectaculaire avec des effets spéciaux enfin un truc très très très très divertissant en fait vous avez vous assumez ça voilà vous vouliez faire du divertissement sur une question extrêmement sérieuse moi j'aime bien que le sérieux soit divertissant j'aime bien poser des questions mais je pense pas que les questions sérieuses sont forcément merdantes donc on peut aussi poser des questions sérieuses et s'amuser son proche vous voici enfin parmi nous ne tardons pas nous livrons bataille pour la cause dont vous êtes la souveraine ici sur la terre vousz pas vuov un quoi les humains sont àachants c'est pour cela que nous allons envahir la terre toute entière le prince des ténève doit être enlevé de la surface de la Terre celui qui touche à Mor Freddy il y a de cas à sa gueule l'entreprise est vouée à l'échec la gendarmerie sur le coup mais les humains Johnny sont nuls euh faites attention à ce que vous dites vous vous adressez quand même à gendarmerie nationale les forces adverses sont redoutables même si on ennemi tu es vraiment belle je la dégage on la force a la sagesse tuas pas perdu desm toi j'ai surtout pas peur des hommes c'est quoi ça une B band de la [Musique] gueule alle est où la voiture ou voilà pour la bande annonce de votre 13e film Bruno Dumont il sort en salle mercredi prochain le 21 février il s'appelle l'Empire donc dans votre film j'en dis le synopsis plus que la gare des étoiles chez les j'apofondis un petit peu il y a donc d'un côté la reine interprété par Camille CTIN côté bien il y a de l'autre bellb interprété par Fabrice Lucini chacun a ses disciples sur terre Jane du côté du Bien Johnny de l'autre avec en jeu le Marga fils de Johnny donc le Marga c'est un un bébé qui en fait serait du côté effectivement du du mal et l'enjeu est de tuer ce Marga pour supprimer le mal et faire régner le bien donc si je vous ai bien comprise Bruno Dumon C film étant la présuite de la vie de Jésus le Marga c'est Freddy en fait by c'est Freddy ouais donc c'est la boucle est faête pourquoi vous étiez hanté par votre premier film comme ça vousouz à tout prix donner une situé la fondation de ce premier film non mais c'est un film qui a toujours été bon c'est mon premier film donc c'est quand même important il a toujours été ou pas bien compris ou critiqué comment on peut héroïser un mec mauvais quoi déjà on me disait mais c'est qui ce gars voilà donc je pense pense que c'est la vocation du cinéma et de l'art en général d'aller titiller le le mal je pense que c'est bien de le faire mais je vois bien que c'est compliqué et que le et qu'un hér un héros cinéma c'est souvent un modèle et donc Freddy pose problème en fait c'est un garçon qui pose problème au cinéma puisque c'est un héros cinéma et qui vous pose problème à vous aussi puisque vouslez presque non non non mais ça me pose problème le mal me pose problème mais il faut bien le résoudre et donc je pense que que que le cinéma est là pour ça mais en même temps dans l'histoire du cinéma il y a beaucoup de héros mauvais et dans le théâtre je vous je vous le dis pas quoi mais le cinéma n'est pas là pour résoudre la question du bien et du mal elle est là pour poser la question il est là pour poser la question du bien non elle est là pour purger ah ouais ah bah comment Aristote non c'est la fonction de l'art la poétique c'est justement de faire un travail de purgatif et de nous et de nous soulager de toute cette inhumanité que nous avons en nous et donc c'est c'est c'est ça l'art donc il faut faut pas il faut surtout pas empêcher l'art le théâtre le cinéma la littérature de faire ce travail là c'est pas du divertissement du tout hein c'est pas on c'est pas c'est pas fait pour rigoler quoi c'est fait ça je pense c'est très c'est très important dans dans la civilisation ça fabrique un ça fabrique de l'humain quoi donc le cinéma est là pour je comprends ce que vous dites c'est la la la la catarcise de montrer de représenter les émotions pour s'en purger c'est mais c'est tout l'art tous les grands tous les grands auteurs le 10 depuis sopocle mais ça ne résout pas pour autant le problème de la question et du mal à savoir la question de pourquoi il y a du mal ah bah ça j'en sais rien ça je vous pose pas la question je vous dis que le cinéma n répond pose cette question là mais rpond non non mais d'abord on peut pas répondre à tout c'est dire qu'il y a la nature est là des forces sont là il y a des forces contraires qui sont là je sais pas pourquoi donc on les voit venir dans le film on voit qu'il y a des forces on voit que ces forces bataillent et on voit qu'il y a une force particulière qui s'appelle l'amour qui contrecart tout c'est dire qu'il pose des problèmes et au bien et au mal mais pourquoi fichre je n'en sais rien pourquoi avoir voulu remonter non pas à cette question du bien et du mal Bruno Dumont ou comprendre votre premier film la vie de Jésus avec celui-ci mais avoir presque être presque revenu à une une dimension très épurée histoire très simple en fait un mythe où là clairement le mal c'est belles et but il y a Johnny et puis de l'autre il y a Camille cootin et il y a Jane pourquoi autant d'épur dans un monde qui est comme vous l'avez dit si imp parce que le monde le monde terrestre est un monde qui n'est pas épuré qui est un monde complexe mais par contre le nombre des le monde des idées est un monde c'est ce qu'on appelle les terres c'est plateau c'est c'est les idées sont purs il y a le bien le mal le beau le juste l'injuste et tous les tous les récits fabuleux racontent des histoires entre les dieux qui se qui se qui s'entremêlent qui seose qui lutte mais en fait tout ça c'est l'intérieur de nous donc c'est une façon fabuleuse de représenter toutes les batailles intestine qui se font dans notre cœur et dont nous sommes les les les sujets en fait est-ce que si je vous pose la question de vous aviez un message à délivrer vous allez me dire non sûrement pas je vais vous dire non loin de moi cette idée là je ne fais pas de des film thès et je n'ai pas de message politique vous avez quand même l'idée de rappeler la présence du bien et du mal et aussi quand même de dire ce bien et ce mal ne sont pas des entités pures nous sommes ici dans la caverne enraciné voà voilà est-ce que c'est un film antilatonicien antimite de la caverne en fait non mais c'est pas il y a rien de pur ici bas je dire y a rien de pur tout est impur tout est mêlé tout est entrreemêlé tout est caché mais on voit quand même qu'il y a des choses belles on voit qu'il y a de l'amour on voit qu'il y a de la grâce ça voit on voit ça partout et en même temps on voit on voit qu'il y a qu'il y a de la disgrâce et qu'il y a du mal on voit le mal partout tous les jours et ça s'arrête jamais en fait c'estd que il y a quand même quelque chose qui qui est là qui progresse absolument pas quoi donc on a beau avoir des téléphones portables il y a quelque chose qui ne bouge pas c'est le bien et le mal c'est ça reste c'est ce qu'on appelle la nature humaine et moi ça me passionne cette nature humaine parce qu'elle a elle a pas grandchose à faire euh justement de la modernité donc le cinéma serait un moyen de de de connaître ou de montrer cette nature humaine je pense c'est c'est le cinéma c'est une optique donc c'est un moyen d'exploration extraordinaire qui n'est pas intellectuel bon ça c'est bien parce que ça ça ça ça empêche de trop réfléchir moi je filme des des gens quoi qui se mettent en branle dans une histoire et puis et puis je regarde j'ai pas d'idée tellement vous savez je les laisse un peu faire d'ailleurs et je les filme pour voir comment ça se passe ah vous aviez quand même une idée un petit peu j'ai un petit non mais j'ai une petite idée mais pas tant que ça moi je euh que vous laissiez faire les acteurs c'est une chose mais ou les acteurs ont une partie prépondérante je veux dire je je vous saviez ce que vous vouliez faire c'estd que non mais non je sais pas ce que non non mais l'acteur il finit quoi c'est-à-dire j'ai tu quand je dis un acteur bon bah tu vas tu vas vers lui tu vas vers elle tu lui dis ça bah c'est elle qui c'est LUI ou ELLE qui interprète bon alors je filme alors après je je vois bien l'intensité qu'il peut avoir alors après on fait des prix en donnant peut-être des couleurs et cetera donc c'est vraiment une c'est c'est assez compliqué en fait c'est c'est ni c'est c'est pas des marionnettes comme ça que je tiens et vas-y je tire sur un fil et cetera un acteur c'est très récalcitrant d'abord puiss on ils sont récalcitrant il y a des choses qu' font c'est pas des exécutants quoi ah non non non il des choses qui veulent pas faire des choses qu' peuvent pas faire parce que moi je suis des acteurs qui peuvent pas courir bah je lui dire bah tu cours je dis bah non je peux pas j'ai un empêchement quoi bah donc on fait autrement mais c'est jamais un problème c'est dire que bon très bien bah tu cours pas on va revenir sur sur ça votre votre rapport à à voilà comment vous créez sur justement le le jeu des acteurs mais j'aimerais en finir avec cette question du bien et du mal avec vous Bruno Dumon et notamment en fait vous l'avez dit on l'a compris il n'y a pas d'entité pure on n'est pas dans le monde de Platon dans le monde des idées on est dans un dans un monde où tout est mélangé et ça revient régulièrement dans ce film l'Empire on l'a entendu dans la bande annonce les humains sont nuls en même temps ils sont attachants en fait vous faites presque un éloge de la médiocrité ah non non non non non ah non non non non mais en même temps ils ont la grâce ils ont la possibilité d'être nuls et ils ont la possibilité d'être génauux quand je dis médiocrité c'est d'être d'abord quand on dit les humains sont nuls ce sont les chevaliers du Marga c'est-à-dire du des chevaliers diaboliques qui disent ça donc qui qui il méprisent les hommes donc ils sont nuls c'est le mal qui dit ça mais le bien pense qu'au contraire que le que l'humanité est absolument resplendissante Camille CTIN dit ils sont attachants voilà non non mais moi j'ai une vision assez assez ouverte de l'humanité je pense qu'il y a le meilleur et le pire vraiment le meilleur et le pire mais je B alors vous vous trouvez pas que justement le risque c'est qu'on soit toujours entre deux et que ah bah c'est pas le RIS c'est la liberté notre liberté fait qu'on est entre deux et ça vous le choisir choisisse c'est n nous savons ce qu'il faut faire et nous ne le faisons pas on sait très bien ce que c'est le bien pourquoi on le fait pas bah parce qu'on est traversé par des passions mais on sait très bien ce qu'il faut faire on sait très bien ça dépend il y a quand même plein de dilemmes oui c'est ça un dilemme voilà un dilemme c'est justement voilà c deux forces qui viennent et qui et qui vous qui vous versent à faire ce que vous ce que vous devriez faire est- que vous savez pas vous avezou liité à 90 vous roulez à 130 bah parce que mais non mais ça c'est trop simple comme exemple Bruno du mond comme ça mais non par vous avez été prof de philo vous connaissez le dilemme du tramooué non alors on est dans un tramooué vous avez le choix en fait soit de continuer à à à rouler sur le même chemin et vous prenez le risque de tuer une mère et son enfant qui passe à ce moment-là oui mais vous avez aussi le choix en fait de détourner le tramois et donc de sauver cette femme et son enfant mais vous êtes détourné et vous tuez C ouvriers quel dilemme bah oui mais c'est un vrai dilemme là il y a pas une question de bien la question du bien et du mal elle même est mélangé oui mais je pense qu'on est jamais dans des conditions pareilles ça ne se pose pas et puis on n' pas la connaissance de l'avenir donc on sait pas qu'il va y avoir un accident si on le savait on prend on prendrait jamais sa voiture évidemment quand on prend sa voiture on sait pas qu'on va qu'il va se passer quelque chose donc il y a quand même une ignorance qui qui nous sauve heureusement qu'on sait pas mais au jour le jour on négocie tellement de mini choses oui mais on négocie des chos on peut on peut faire des choix sur ce que ce que l'on connaît mais on choisit pas ce qu'on connaît pas h si vous avez une maladie et cetera vous le savez pas donc vous PvE pas vous pouvez pas le savoir si vous prenez votre voiture et que vous allez faire un AVC vous le savez bah non vous le savez pas donc il faut pas non plus il faut être il faut aussi être bienveillant avec la nature humaine on n pas en hyper contrôle tout le temps et on sait tout le temps ce qu'on fait on est toujours maître de ce qu'on fait non il y a quand même des pondérable il y a des choses adverses il y a il y a une autre voiture qui arrive en face bah voilà donc donc on connait le bien mais les passions l'ignorance fait que on ne peut pas accomplir le bien sur terre nous sommes brouillés c'està dire c'est pas clair l'humanité n'est pas claire alors il y a des chercheurs il y a des savants il y a des écrivains il y a des illuminés ah si il y a des gens qui sont illuminés et qui savent le bien voilà qui disent le bien c'est ça le mal c'est ça faut pas faire ceci faut pas faire faire cela bah Cuxa bon je sais pas où ils ont vu la vérité mais cette vérité là moi je ne la connais pas dans votre film il y a une dimension complètement irréel parce que justement il y a du Star Wars dans dans ce film donc il y a une cathédrale qui est transformée en vaisseau spatial il y a des sabres lasers des têtes sont découpées avec avec ces sabre laser on on on tout à coup les gens sont pris presque de de de de postur que et et prête àégance au mal ou ou au bien on voit bien qu'il y a une intrusion de de l'irréel en quoi cet irréel là vous permettez de soutenir cette vérité permettez de dégager cette vérité là de le bien et et trop embrouillé pour l'atteintre Tel Quel d'essayer de façon amusante de rendre visible ce bien et ce mal dont nous parlons qui n'est pas visible voilà donc vous avez des chevaliers qui arrivent sur Terre et qui ent tente de prendre possession des dshumains et donc c'est pour ça que la plupart des personnages du film sont à moitié humains ils sont même plus humains en fait ils sont en train de se de devenir inferernaux ou de devenir des anges ou devenir des des des gens bien mais c'est pas très loin de la vérité en fait c'est un peu ce qui se passe quoi il y a des gens très mauvais il y a des gens voilà il y a des gens qui font qui décident de de rentrer en guerre de de de de de tuer des populations voyez le le le réel répond à la question mais c'est toujours des chevaliers il y a toujours des des gens qui pensent que il faut détruire l'autre mais c'est comme c'est comme c'est depuis la nuit des temps c'est comme ça quoi il y a des gens qui pensent ça qu'il faut tuer ne me demandez pas pourquoi c'est pareil je pas vous poser la question non mais j'en sais rien je le vois je je vois qu' voilà il y a il y a un désir suprême et pourquoi l'avoir fait passer à travers des des des moyens irréels si justement en fait au quotidien c'est ce qu'on voit oui mais je pense qu'il y a des moyen il y a ce il y a ce qu'on appelle la civilisation c'est qu'on peut on peut s'humaniser par la civilisation par la culture par l'art mais il faut regénérer ça tout le temps toutes les générations il faut leur redonner une dose en fait c'estàdire qu'on on a pour ça que le progrès n'existe pas faut leur redonner quoi une dose de myth avec un rappel ils ce sont des sauvages c'est qu'il faut les réhumaniser par la culture par là vous faites un travail de réhumanisation oui c'est le travail de la cure c'estàd que les petits enfants qui arrivent sur Terre bah c'est c'est comme l'enfant sauvage alors ils sont très gentils ils sont très beaux mais en même temps on sait qu'ils ont une puissance aussi à faire le contraire donc il faut les éduquer pour autant est-ce que vous diriez que vous proposez un cinéma Breno Dumon qui soit pédagogique bah il y a quelque chose de pédagogique mais faut pas que ce soit embêtant quoi pas didactique ou scolaire comme quandque c'est embêtant voilà moi je suis pas didactique c'està dire que je je pourtant j'étais prof hein donc je je sais un bon prof d'ailleurs ah j'étais prof oui mais un bon ah bah ça c'est pas à moi de le dire madame je sais pas moi j'essaie toujours voyez-vous c'est peut-être là mon problème j'essaie de ne pas fabriquer un film en me disant voilà je vais vous faire rire je me dis avez-vous le temps de venir derrière moi avec cette caméra et moi voyez-vous ce qui me fait rire c'est ça peut-être que ça va vous faire rire aussi alors ceux qui participent à cette invitation n'attendent pas autre chose ceux qui ont l'habitude de dire voilà moi je suis dans les film où on vient en disant moi je suis le petit rigolo de la soirée rassurez-vous je vais être très drôle ce que l'on fait aujourd'hui et qui fait partie un peu d'un plan publicitaire si vous l'aviez pas reconnu Bruno d Bruno Dumon cette musique vous y êtes c'était le réalisateur Jacques Tati bien sûr dans radioscopie sur France interre en 1974 est-ce que Jacques TTI est-ce que c'est vrai que JAC Tati fait partie des réalisateurs que vous avez le plus regardé donc vous avez le plus regardé les films tout à fait quand j'étais étudiant il y avait un ciné club et c'est là où j'ai découvert Tati et j'ai dû voir mon oncle à peu près 20 fois 30 fois j'adorais quoi c'était vraiment un univers c'est vraiment du cinéma tel qu'on vient d'en parler c'est-à-dire c'est réel mais en même temps c'est irréel donc cette espèce de mélange des deux c'est un enchantement quoi c'est toute la poésie et et c'est vraiment dire les humains sont sont pas nuls regardez on a JAC Tati JAC Tati il est pas nul hein donc voilà bon exemple de de de de génie si vous voulez qu'on donne le mot à un cinéaste et puis ja Tati est drôle il vraiment très drôle et vous aussi Bruno Dumont vous êtes drôleès drôle j'espère mais oui puis le Tati est drôle parce qu'il est fin quoi c'est c'est très fin ce qu'il fait puis il y a une bande son là qui qui marche dans un sensimage qui va de l'autre côté donc c'est très c'est très brillant quoi même sur le c'est c'est un comicque très très intelligent je trouve Tati est-ce que c'est vraiment mon oncle que vous préférez comme film de lui parce qu'il en a fait très peu il en a fait six ou SEP de films JAC Tati il y a des films qui sont plus critiques euh ouais non je j'aime peut-être moins les derniers qui sont pas forcément les récis ouais voilà mais bon j'aime bien monsieur ilo tout ça vraiment je su je je suis partant quoi est-ce que vous êtes d'accord pour dire Bruno Dumont que vous avez choisi le rire en cours de de de filmographie en cours de de parcours c'était pas prévu c'estàd c'était c'est c'était quand j'ai fait Camille Claudel avec julette Binoche on était qui pas un film drôle voilà justement pour ça que et on arrive à un moment donné et c'est Juliette qui a eu un fux rire dans un moment qui ne s prêtait pas et je me suis dit mais il y a forcément une voix quoi dire le tragique il est il est pas il est pas fermé à à la au canal comique et je me suis aperçu qu'en fait c'est un curseur c'est pour ça que je compare souvent la trombon alcoolique c'est c'est la coulisse bouge donc si vous saturez le tragique vous tombez dans le comicque en fait il est juste à côté en fait ça monte et ça descend et pour moi cette découverte était une révélation c'est-à-dire ça ouvre un champ à la fois d'une possibilité d'aller dans le pur tragique parce que j'adore le tragique mais le comique est juste à côté et ça crée un trouble c'est très troublant de de de surtout dans bon dans Camille Claudel on avait on avait on avait fait avec les avec les avec les patientes une petite représentation très thé oui bah c'était drôle c'est pas et c'est pas drôle non plus c'estàd on avait pas envie de rire parce que j on on on la voit etisse un sourire et puis se referme tout de suiteou fa donc ça c'est un bon exemple c'est-à-dire le le fou fait rire et ne fait pas rire et c'est très troublant donc si je vous suis bien Bruno Dumont il y a pas d'un côté le comique de l'autre côté le tragique il faut aller jusqu'au bout du tragique pour trouver chose voilà sont des degrés en fait donc en fait on pourrait pas dire que tout à coup il y a une bascule chez vous où tout à coup vous êtes dit à partir du petit Quinquin après Camille avec le petit Quinquin et après Camille clodel donc on était il y a 10 ans en 2014 que vous alliez devenir drôle vous êtes dit je vais être encore plus tragique oui voilà c'est c'est j'ai je m'aperçois quand même que que que mon cinéma c'est un peu désinhibé qu'il est prêt à la fantaisie et je pense que cette fantaisie qui a qui a ouvert la la vanne du du comic qui était juste là et aujourd'hui j'y vais j'y vais franchement mais mon prochain film sera pas ça sera pas drôle par ça sera pas drôle du tout du tout et pour mais est-ce que vous avez eu l'impression aussi de vous ouvrir au moment où où vous parlez de Juliette Binoche c'était votre premier film avec une actrice professionnelle vous parler de l'ouverture au rire et et donc est-ce que vous pensez qu'en fait vous avez clairement embrassé à ce momentlà ce que vous disiez au début à savoir le divertissement de vous dire maintenant je ne veux plus faire forcément un un un mais j'aV j'ava j'avais une mauvaise expérience des acteurs professionnel quand j'ai commencé c'est-à-dire que euh il me prenaient de haut j'aimais pas j'aimais pas leur contact c'était des gens que je trouvais méprisants arrogants hatin donc je suis très vite parti sur le les non professionnel et tout d'un coup j'ai j'ai avec Juliette d'ailleurs j'ai j'ai j'ai fait une rencontre et j'ai changé d'avis mais je m'aperçois quand je travaille avec Fabrice Lucini avec lesassou et cetera en fait je travaille avec leur nature en fait donc je travaille comme avec des nonom professionnels donc ce sont des gens comme les autres et maintenant j'ai grand plaisir à travailler avec eux mais quand je mets en scène les assz doux en fait c'est les assz doux comme c'est Brandon la Vig dans dans vous partez de ce que vous connaissez deux en faitd je ne veux pas de le bon voulez pas du jeu voilà mais Juliette n'aimait pas ça elle aimait pas que je dise ça parce qu'elle me dit non non c'est mon métier et donc qu'ell sonit attaqué sur son jeu sur non oui on s'attaque non mais on se disputait et moi je je je je je dis mais Camille Claudel elle est elle est en toi moi je vais faire Camille cludel à partir de toi et en discutant avec elle elle me dit j'apprends qu'elle a le poster de de Camille cludel depuis son son adolesc le film avec adjan non non le vrai poster de de de de ah d'accord ok ok j'ai d tu vois Camille Claudel est en toi et donc et après on donc je l'ai dirige à partir d'elle mais elle est elle était elle était réticcente elle voulait toujours mais bon voilà mais elle a raison je dis de toute façon elle a raison de de se défendre et qu'est-ce que vous n'aimez pas dans le jeu l'artifice mais là dans l'Empire il y a que de l'artifice oui non mais il y a de l'artifice dans les moyens que j'utilise mais les acteurs sont très naturels moi j'aime bien le naturel je j'aime pas que ça sente le théâtre mais par exemple vous avez parlé à un moment donné de des chevaliers autour du du du margin voilà du Marga qui sont réunis à cheval autour de de Johnny et là ils disent un texte et vous avez gardé euh les moments où ils se reprennent les moments où ils hésitentà euh donc ça ça pourrait presque montrer qu'il y a du jeu puisqu'ils ont récité quelque chose parce que j'aime bien parce que dans la réalité il y a toujours des accidents il y a toujours du bruit il y a toujours des haut desbas il y a que dans le il y a que dans les purs que c'est c'est bien HM on fait des voilà et moi ça ça me dérange pas qu'un qu'un qu'un acteur coince je je trouve ça beau même qui coince voilà qui qui grippe un peu moi ça me touche donc je je laisse tourner la caméra et je peux monter ça c'estd que je ça n'empêche pas que ce soit voilà je trouve que c'est c'est c'est c'est beau et puis dans cette même scène là alors il faudra que les auditeurs et auditrice a voir absolument votre film pour voir de quelle scène je parle mais donc à cette scène effectivement ils sont réunis où il on entend qu'il récite un texte avec tous les accidents que ça comprend de de reprise mais on voit aussi en fait que là vous êtes quand même peut-être attaché au jeu c'est qu'en fait on voit qu'il rejoue une scène qu'on ne cesse de jouer nous-même c'estd un jeu une place à occuper un rôle à jouer quand on est avec d'autres face à d'autres ça aussi ça vous intéresse par contre de révéler tout ce qui simulacoue on joue tous moi là je joue au réalisateur là vous jouez à la journal on est tous en train de jouer on a tous un rôle social et c'est du jeu en fait c'est du jeu on est tous dans un petit théâtre et vous voulez est-ce que c'est une manière de le critiquer ça ou de le ou de dire de dire regardez en fait on est tous des pantins il y a l'éc non mais pourquoi dire non pourquoi vous soz des pantins quand je dis théâtre faut pas être c'est pas péjoratif même si on joue on joue c'est pas parce qu'on joue qu'on est des pentin je je je pense qu'on a parce que pour vous dans le jeu il y a quelque chose de faux alors qu'on pourrait très bien dire que dans les rôles sociaux qu'on a on pourrait être la liberté tout la liberté il y a des fils on est tenu par des fils parce qu'on a une nature on a un corps on dépend de notre corps on vieillit et cetera bien sûr qu'on peut pas voler je voudrais bien voler mais je peux pas voler donc on on a des ficelles mais on a aussi une autonomie incroyable donc moi j'ai pas une vraiment pas une vue des des gens comme si tous les gens étaient des espèces de marionnettes et cetera pas du tout au contraire je pense qu'on on est on est libre et on a une responsabilité immense devant cette liberté qu'on a justement on est responsable pour beaucoup parce queon on a cette liberté d'entreprendre de dire de faire moi j'aime bien moi j'aime bien l'action on se défini dans l'action voilà on est ce qu'on fait on est ce qu'on joue voilà alors on peut raconter tout ce qu'on veut moi j'écoute souvent des gens qui disent ceci cela et cetera les cinéastes qui disent à moais moi j'adore Dreyer j'adore Bergman et cetera quand on voit leurs films on se demande pourquoi ils disent ça parce que c'est absolument pas là quoi voyez ce que je veux dire donc c'est on est ce qu'on fait on peut avoir des modèles et échouer vous êtes dur je suis exigeant oui peut-être et vous avez raison sur l'action parce qu'il y a une grande partie aussi des scènes qui ne sont pas parlées en fait dans vos films une grande partie de scènes qui ne sont pas parlé et qui sont dans l'action où en fait on voit juste des gens qui ou et puis je pense qu' le cinéma il a une possibilité justement de ne pas dire et de et de [Musique] montrer mes acteurs sont souvent tesux parce que justement le paysage est là pour finir quoi la camé elle peut se retourner elle peut montrer le paysage dans lequel le personnage est enchassé et ça en dit très long par exemple sur ce qu'il est en train de vivre donc c'est quand même un art de l'image donc c'est c'est pas un art de la vie la vie la vie du discours en tout cas ça c'est clair que c'estours moi le cinéma réel sociologique tout ça ça ça m'intéresse pas du tout quoi la vie on la voit très bien la vie mon cinéma c'est pas la vie du tout sal l'aire alors c'est un peu attendez vous me dites que c'est pas la vie vous me dites que ça parle du bien et du mal c'est ça la vie mais c'est comme Tati c'estd on recourt par par une représentation pour représenter de toute façon on parle de la vie moi je parle du présent mais par des chemins de traverse et si vous regardez bien bah il manque des choses en fait il voilà tout n'est pas fini et cetera donc il y a uneimession de réalité qui est forte parce que c'est des vrais paysages c'est des vrais gens et cetera mais n'oubliez pas que que le cinéma c'est faire du vrai etc du faux quoi tout est faux en fait dans un monde désacralisé comme le nôtre le sacré est surtout présent et actif dans les universimaginair mais on commence à se rendre compte que les expériences imaginaires sont constitutives de l'être humain au même titre que ces expériences d'ourn dans ce cas la nostalgie pour les épreuves et les scénarios égisiatiques nostalgie déchiffrée dans tant œuvre littéraire et plastique révèle le désir de l'homme moderne d'un renouvellement définitif et total d'une rovation qui puisse Transer l'exist l'historien des religions et des Myth Mira iiad c'était en 1979 pr duont est-ce que vous êtes d'accord avec ce que dit mir il dit deux choses dans cette archive dit d'abord que le sacré n'a pas disparu d'un monde pour tant désacralisé tout à fait moi j'ai beaucoup merci à Ian et c'est lui qui m'a appris ce que c'était que le sacré et notamment ce que c'était que le profane et comment le profane c'est le sacré alors dites-nous nous qui n'avons pas lu c'est moi qui fais du cinéma je peux vous dire que quand je filme un champ de pomme de terre une fois qu'il est filmé c'est plus un champ de pomme de terre voilà c'est comme les souliers de Van GOOG quand vous regardez les souliers de Van GOOG c'est plus des souliers ce sont des souliers qui sont transfigurés par la peinture de Van Gog le cinéma il transfigure ce qui ce qu'il tourne donc moi je suis toujours en train de transfigurer c'est pour ça que je peux filmer petit parce que ça va être grand dire que la la la caméra va va transcender ce qu'elle filme parce que je crois à ça hein c'est une croyance en fait donc je on parle de sacré donc oui oui non mais ça veut dire qu'il y a la dimension ça sa crée elle est contenue dans la réalité modeste et profane du commun pour ça quand quand j'ai fait la vie de Jésus j'ai appelais ce film la vie de Jésus bah j'ai pas j'ai pas filmé Jésus j'ai filmé un gars d'e comme ça j'ai voilà qui qui qui était là qui é un homme ordinaire mais qui a été sacralisé par la caméra d'autant plus qu'il était mauvais et en plus j'ai sacralisé le mal vous voyez vous voyez où ça va donc ça va très loin est-ce qu'il suffit de prendre une caméra pour transfigurer un champ de pomme de terre si moi je le fais ah bah pourquoi pas mais en même temps le est-ce que il suffit de la caméra pour cette transformation là ilutut chose c'est un art de l'arrangement le cinéma c'est l'art des plans c'est c'est l'art d'associer un plan puis un autre en fait c'est des combinaisons donc il faut associer c'est-à-dire il faut à la fois faire un plan de moi moi j'ai vu il faut faire un plan après il faut peut-être mettre un homme qui marche dans le dans le champ alors après c'est ce que j'avais fait quand j'avais fait l'humanité donc après peut-être qu'il faut filmer ses pieds peut-être qu'il faut filmer la terre qui s'accroche à ses piedsme temps peut-être qu'il faut remonter au plus haut pour voir son visage quand il marche sur la terre et que ces chaussures sont sont terireuses donc c'est plutôt une c'est un art de la oui de de la combinaison des plans entre eux il faut que les plans soient heureux entre eux en fait c'est comme c'est comme des notes vous associez des notes voilà il faut que ça sonne juste en fait les c'est comme un piano c'estd vous pouvez faire des bons accords et il y a des plans qui s'accordent bien pourquoi je sais pas et comment on on arrive à à réaliser ça quand on est spectateur ou réalisateur que cet arrangement est le bon parce qu'il y en a plein qui prennent la caméra enfin il y en a plein il y en a mais d'abord le cinéma c'est la liberté donc moi je vous parle de mon travail on peut faire tout autrement il y a tous les styles possibles inimaginable et dès lors on a du sacré donc l'art par il y a des gens qui se foutent totalement du sacré non non c'est pas ça c'est vous qui tenez c'est ça ou moi ça m'intéresse mais t tous les cinéastes sont pas intéressés par par ça que on est libre après je pense que tout art c'est l'art du spectateur quand c'est ce que disait chapeline je un bon Cineas comme un bon boulanger c'est quoi un bon boulanger c'est pas tellement quelqu'un qui qui sait faire du pain c'est surtout quelqu'un qui connaît le goût des gens qui connaît la nature humaine on revient là voil qui sait comment accorder laamille et la croûte avec le avec le palais de avec le palais de de la personne qui va l'acheter et moi mon travail mon c'est c'est plus dans la connaissance du du spectateur mais donc c'est la nature humaine donc je parie sur le spectateur ou et je et je prends tous les riz c'estàd je je cherche pas à lui comment dire à lui faire coucou et cetera c'estd j'ai une moi j'ai toujours toujours frappé par ce que disait prou qui disait moi j'écris pour moi j'écris pour moi ça veut dire qu'il pense que que que que que l'exigence qu'il a lui-même de l'écriture c'est un Paris sur la nature humaine donc je n'écris pas pour vous j'écris pour moi et en écrivant pour moi et ben j'écris pour vous mais sûrement mieux que ceux qui écrivent pour vous uniquement pour vous plaire c'est pour ça qu'on qu'on peut penser qu'on peut écrire pour soi et qu'on peut filmer pour soi et qu'en filmant pour soi finalement il y a pas meilleure façon de filmer pour les autres on parlera dans une autre émission Bruno Dumont de la deuxième chose que disait que disait mIRC Elia dans cette archive à savoir que ce sacraliser apparaissait à travers des initiatique mais il me semble que c'est quand même le sujet de l'Empire merci beaucoup Bruno Dumond votre film l'Empire est à découvrir mercredi prochain dans les sallesmi merci beaucoup nous parlions tout à l'heure de Dilemme je sais pas si ça en sera un pour vous du mais vous devez faire un choix entre deux chansons pour terminer cette émission une chanson sur l'Empire ou une chanson sur le Nord laquelle voulez-vous écouter l'ire le [Musique] Nord depuis que Mitel est allé à Neville tous les rockurs Français ont carrément flippé ils ont pris leur guitare et ont qué bville pour aller faire Duck aux US ils font du rock roll à memp ten avec des mus qui assent comme des bêtes ils vont à New orle ou à New York City pour trouver le meilleuring de la planète mais moi pour m'éclater pas besoin d'aller si loin je joue rock rou tourcoin avec de trois copains aussi mauvais que moi on a Moz et chberry avec le gros Lulu et sa guitare en bois on fait du rock roll qui est carrément pourri dans les bouge de lî lesist de sourin où la bièreou la FL sur des tonnes de frit on fait danser le twist et le RO en jouant les viux tubes de Johny etvis on a desousons de Cu assin on fait du rock roll auour Renault chimirok on se quitte avec cette chanson encore Merci à VOUS Bruno Dumont et un grand merci à l'équipe des midi de culture qui sont préparés par candisberg jouron Anaï isberg Cyril marchand zur viignier Laura duutche Perrez et Manon de la selle réalisation félic foger prise de son Ludovique Oger pour écouter cette émission rendez-vous sur le site de France Culture et sur l'application Radio France merci Nicolas à demain à demain Géraldine

Bruno Dumont, réalisateur : "Le cinéma est là pour purger la question du Bien et du Mal" — Françoise Dumont · Pourquijevote