SpaceX : l'engouement retombe un mois après son IPO - 17/07
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour François, François Monnier, ravi de vous retrouver, directeur de la rédaction d'Investir. On va regarder ce qui se passe outre-Atlantique avec vous. On parlait d'une IPO à l'instant, on parle d'une autre IPO qui a eu lieu il y a un mois, SpaceX, l'IPO du siècle. Alors ça avait bien démarré en trombe, mais ça n'a pas tenu, puisqu'on est repassé sous le prix d'introduction des 135 dollars, 132 dollars hier en clôture contre 200 le jour de l'IPO. Alors j'ai vu des titres de presse qui parlaient d'effondrement du géant de l'industrie spatiale. On en est peut-être par là, mais quand même, qu'est-ce qui se passe ?
D'abord, on a eu un démarre en trombe, vous l'avez dit. On est passé de 135 à 225 dollars le cours de l'action. Puis là, on est revenu quasiment sur le pas de tir, aux alentours du prix d'introduction légèrement en dessous. Cette défiance, cette peine de défiance spécifiquement à SpaceX, c'est dans un contexte où, depuis le début du mois, il y a des doutes sur la rentabilité de tous ces investissements déversés dans le domaine de l'intelligence artificielle. Et ces doutes sur les investissements, on le voit surtout vis-à-vis des acteurs, des semi-conducteurs.
Alors que ces acteurs des semi-conducteurs annoncent jour après jour des bénéfices records, à chaque fois, ils relèvent même leurs prévisions. On l'a vu avec Samsung qui a motivé par 19 son bénéfice début juillet. On a vu TSMC cette semaine, ASML cette semaine, qui ont revu à la hausse leurs objectifs, leurs ambitions pour l'ensemble de l'année. On a Skynyx, un autre sud-coréen, qui affirme que la demande de deux puces sera plus importante que la production jusqu'en 2030. Bref, on a un discours extrêmement positif des acteurs, mais la bourse devient un peu plus exigeante, semi-fie.
Et pour vous, en fait, SpaceX ne se prend pas finalement quelque chose qui est spécifique au secteur du spatial et à ses propres bénéfices qui ne sont pas encore là, mais quelque chose de plus général ?
Absolument. La baisse n'est pas du tout liée au spatial, elle est liée à l'intelligence artificielle, parce que SpaceX, ils ont levé plus de 80 milliards de dollars, et on sait que cet argent, plus de la moitié, plus de 60%, va servir à développer de l'intelligence artificielle. Donc c'est vraiment une IPO pour financer une conquête, certes spatiale, mais avant tout liée à l'intelligence artificielle. Et vous avez des gérants qui, en portefeuille, ont une poche IA, mais dans cette poche IA, vous ne pouvez pas non plus avoir que de l'IA dans votre portefeuille. Il faut toujours diversifier, donc ils sont extrêmement exigeants.
Et quand vous avez des doutes sur tout l'écosystème IA qui est symbolisé par l'industrie des semi-conducteurs, parce que c'est une industrie qui est extrêmement en amont, quand vous projetez un data center, il faut d'abord pré-réserver des puces de puissance Nvidia, des puces de mémoire Micron Technology ou encore Samsung ou Sky Nix. Donc dès que ça tremble du côté des semi-conducteurs, c'est toute la chaîne, tout l'écosystème de l'intelligence artificielle qui tremble. Et en ce moment, il y a des doutes. Alors après, il n'y a pas de raison de paniquer, il n'y a pas de raison de se dire la fête de l'IA, elle est terminée.
Au contraire, on est plutôt dans une phase de respiration, parce qu'encore une fois, ce qui est extrêmement sain, c'est que tous les acteurs revoient à la hausse leurs prévisions de croissance bénéficiaire. Donc on reste sur une tendance extrêmement favorable. On avait eu probablement un peu d'euphorie jusqu'à la mise en bourse de SpaceX. Maintenant, il va falloir digérer la hausse des cours pour pouvoir après redémarrer une tendance haussière plus sereine.
Donc pour vous, c'est plutôt sain. Alors je voulais poser une dernière question sur l'environnement M&A aux Etats-Unis. Fusion acquisition, c'est assez bouillant en ce moment. Il y a des rumeurs sur Paypal. Il y a Elie Lili qui a annoncé hier racheter un producteur de médicaments. Il y a moins de deals, mais c'est des gros deals. Est-ce que c'est bien et qu'est-ce que ça change en bourse ?
D'abord, ce qui est plutôt sain, c'est que celles des opérations de fusion acquisition repartent. On a eu quand même des gros trous d'air les trimestres précédents. Ça veut dire plusieurs choses. Ça veut dire d'abord que les managers, les dirigeants de ces sociétés, ont confiance dans l'avenir. Parce que lorsque vous faites une acquisition, il faut sortir plusieurs milliards, voire plusieurs dizaines de milliards. Il faut imaginer bien sûr un retour sur investissement. Donc, les opérations de fusion acquisition ont toujours eu lieu dans des environnements où la direction, les managers ont plutôt confiance. Donc ça, c'est un signal de confiance.
C'est un signal aussi de se dire deux stratégies. Un, on rachète pour faire une course à la taille, pour faire des synergies. On le voit notamment dans le domaine de l'énergie. Ou on achète des modules parce qu'on a besoin de nouvelles acquisitions technologiques. On l'a vu avec Schneider Electric, on l'a vu avec Publicis, des opérations de 2, 3 milliards. On cherche à acquérir de la technologie pour toujours faire de la croissance. Donc, c'est vraiment une conquête croissance où on essaie d'avoir une course à la taille, où on essaie d'acquérir des modules technologiques qui nous manquent.
Toujours une histoire de bénéfices. Merci beaucoup, François Ammonier. Merci.