Macron répond aux critiques #cdanslair 09.07.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 46 %Attaque 24 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:33OuverteRéponse directe
Est-ce qu'Emmanuel Macron a réussi à faire retomber la pression, à dessiner un nouveau cap, redonner du souffle à son action ?
- 1:48RelanceRéponse directe
Exercice réussi ou pas, Roland Carolle ?
- 5:09OuverteRéponse partielle
Mais est-ce qu'il a dit « j'ai changé » ?
- 8:08OuverteRéponse directe
À votre avis, Soazic Kemener, est-ce qu'il y a quelque chose de nature à retricoter un lien ?
- 10:31ComplaisanteRéponse directe
Alors, il avait promis de rendre des comptes pour la deuxième fois de son mandat. Emmanuel Macron est donc venu présenter le cap de ces réformes aux parlementaires réunis.
- 14:21OuverteRéponse directe
Versailles, est-il un choix de lieu judicieux pour recoller les morceaux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:44Invité politiqueFait
« Je sais que je ne peux pas tout, mais j'ai le devoir de viser haut. »
- 11:40Invité politiqueFait
« Il sait qu'il ne peut pas tout, il sait qu'il ne réussira pas tout. »
- 12:04Invité politiqueFait
« Renforcer notre économie, définir un modèle social juste et équitable, conforme aux aspirations de notre siècle. »
- 12:22Invité politiqueFait
« Votre action a permis que l'investissement reparte, que le scandale du tirage au sort à l'université prenne fin, que l'école retrouve sa place et la transmission sa dignité. »
- 12:39Invité politiqueFait
« Que le travail paie davantage, que la France se dote d'un budget sincère, efficace et ambitieux, et repasse sous les 3% de déficit. »
- 12:56Invité politiqueFait
« Vous avez levé les blocages du marché du travail, créés par un code devenu obsolète et inadapté. »
- 13:02Invité politiqueFait
« Vous avez sauvé d'une faillite certaine notre service public du transport, la SNCF, par une réforme sans précédent. »
- 13:39Invité politiqueFait
« Je suis parfaitement conscient du décalage entre l'ampleur des réformes engagées et le résultat ressenti. »
- 28:52Invité politiqueFait
« Le modèle français de notre siècle, le réel modèle social de notre pays, doit choisir de s'attaquer aux racines profondes des inégalités de destin. »
- 29:29Invité politiquePromesse
« La priorité de l'année qui vient est simple. Nous devons construire l'État-providence du 21e siècle. »
- 30:32Invité politiquePromesse
« La stratégie de lutte contre la pauvreté sera présentée en septembre et mise en œuvre en 2019. »
- 31:29Invité politiqueFait
« Faire croire à cet égard que nous voudrions supprimer les pensions de réversion est une rumeur malsaine visant à faire peur. »
- 31:43Invité politiqueFait
« La République n'a aucune raison d'être en difficulté avec l'islam, pas davantage qu'avec aucune autre religion. »
- 32:10Invité politiquePromesse
« Dès l'automne, nous clarifierons cette situation en donnant à l'islam un cadre et des règles garantissant qu'il s'exercera partout de manière conforme aux lois de la République. »
- 33:14InvitéChiffre
« la première tier de la taxe d'habitation qui va être supprimée pour 80% des Français. »
- 33:54InvitéFait
« il entend faire de cette lutte contre les inégalités de destin l'alpha et l'oméga de sa politique sociale. »
- 35:40InvitéFait
« le Président de la République a évoqué un bouleversement pour le coup du système des retraites ce ne sera plus seulement une retraite par répartition mais une retraite par capitalisation par points. »
- 37:39InvitéFait
« on n'est plus dans une logique de guichet avec toujours plus de subventions. »
- 37:57InvitéFait
« j'ai toujours détesté la rente l'héritage etc en disant voilà les privilèges les castes donc il faut casser tout ça. »
- 42:25InvitéFait
« il ne parle pas de revenir sur la loi de 1905. »
- 45:31PrésentateurFait
« c'est une rumeur malsaine visant à faire peur les retraites ne changeront pas pour les retraités d'aujourd'hui. »
- 47:30PrésentateurPromesse
« réduire d'un tiers le nombre de parlementaires tout en leur allouant davantage de moyens. »
- 47:40PrésentateurChiffre
« la suppression de plus de 200 circonscriptions. »
- 51:00InvitéPromesse
« la réforme devrait voir le nombre de parlementaires baisser d'un tiers pour les prochaines élections législatives de 2022. »
- 51:20InvitéChiffre
« un député coûte aujourd'hui 1 million d'euros par an aux contribuables. »
- 55:15InvitéChiffre
« il a redit 120 000. »
- 1:00:12InvitéFait
« il avait dit qu'il augmenterait la CSG pour les retraités »
- 1:02:14InvitéChiffre
« la démocratie a un coût, peut-être que ça coûte 3 ou 400 000 euros »
- 1:04:53InvitéFait
« tout l'argent serait fléché pour améliorer 36 000 points prélevés par jour »
Temps de parole
- Invité22 %
- Invité 219 %
- Invité 316 %
- Présentateur15 %
- Invité 411 %
- Emmanuel Macron9 %
- Invité 54 %
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Près d'une heure et demie de discours devant le Parlement, réuni en congrès. Depuis un an, le climat a changé et le président de la République a dû répondre aux critiques. Pas de changement de cap, il a défendu les réformes qui ont été conduites. Mais Emmanuel Macron a veillé à s'expliquer face à des Français de plus en plus sceptiques. Une dose d'humilité, un président de la République sait qu'il ne peut pas tout, a dit Emmanuel Macron.
Une attention particulière pour ceux qu'on l'accuse parfois d'avoir délaissé, les territoires, les syndicats, les élus les plus défavorisés. Avec un accent particulier mis aujourd'hui sur le social, mais sur le fond, le logiciel du président reste le même. Favoriser le travail comme principal moyen de lutter contre les inégalités, comme le dit Emmanuel Macron avec une formule bien à lui. Pour partager le gâteau, il faut qu'il y ait un gâteau. Macron répond aux critiques, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Roland Carolle, vous êtes politologue, directeur du Centre d'études et d'analyses.
Le Cétane, Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef au service politique de Paris Match. Nous retrouvons votre dernier édito jeudi politique, le foot au secours de Macron, sur le site de votre journal. Swazic MNR, vous êtes rédactrice en chef au service politique de Marianne. Enfin, Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département Opinion de l'Institut de sondage IFOP. Je cite votre livre ce soir, Le Nouveau Clivage, paru en avril 2008 aux éditions du Cerf. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Alors, il y avait beaucoup de pression autour de ce discours au Congrès.
On est à la fin de l'année, à la fin d'une année qui a été riche en réformes. Est-ce qu'Emmanuel Macron a réussi à faire au moins retomber la pression, à dessiner un nouveau cap, redonner du souffle à son action ? Exercice réussi ou pas, Roland Carolle ?
Écoutez, exercice réussi, mais réussi parce qu'il a fait un bon discours. On sentait qu'il était conscient de la difficulté du moment. Il a été un peu plus fébrile que des fois. Il a buté sur des mots. En même temps, un bon discours sur le plan de la forme et aussi, répondant aux objectifs qui étaient clairement les siens, redonner une cohérence à l'action du gouvernement sous sa conduite. On voyait bien qu'il avait fait telle, telle, telle réforme et on ne savait plus très bien où tout ça allait. Il a fait le discours de synthèse qu'on attendait de lui. Et sur ce plan, il a été, je pense, vraiment bon. C'était du très bon Macron.
Il a eu l'habileté d'intégrer toutes les critiques qu'on lit sur lui. Et il a voulu prouver qu'elles étaient absolument fausses. C'est un homme humble.
Il le dit.
C'est ce que je viens de dire. C'est ça. C'est quand même une nouveauté. Macron est humble, tout de même déterminé, mais humble. Et puis, il écoute. Il pense que les corps intermédiaires, c'est très important dans une république. Le citoyen a fait sa réapparition dans son vocabulaire. Il avait disparu depuis un an. Il était très présent dans sa campagne présidentielle. Il n'était plus là. Et dans le premier quart d'heure, j'avais le sentiment que beaucoup de critiques que j'avais émises ici ou là, avec d'autres, étaient entendues et qu'ils nous répondaient. Mais si, tout ça, c'est pour le citoyen, justement. C'est pour l'émancipation même du citoyen.
Donc, il a même, par rapport à ceux des députés qui étaient allés au jeu de paume pour faire un nouveau serment, il leur a expliqué que non seulement ils ne seraient pas enlevés par la force des baïonnettes, mais qu'il allait proposer au gouvernement de faire un amendement à la Constitution, qui serait déposé dès la semaine prochaine, pour faire qu'à partir du prochain Congrès, il puisse y avoir en effet non seulement débat, mais qu'il serait présent pendant le débat et même qu'il y répondrait après. Je ne sais pas ce qu'ils vont pouvoir dire. Peut-être qu'ils ont gagné, qui sait ? Peut-être qu'ils vont dire que oui, mais ça lui donne quand même le dernier mot. Je ne sais pas.
Alors, il dit « j'y ai entendu ». En tout cas, il a entendu et il donne des réponses. Et voilà. Alors après, on peut se dire qu'évidemment, c'est un discours programme. Ce n'est pas un discours de Premier ministre. Il ne va pas dans les détails. Le problème, c'est à quoi ça sert. Et c'est là où est mon « mais ». Ça, il faut le dire aux Français. Les Français, ils ne suivent pas un discours d'une heure et demie en plein après-midi devant le Congrès de Versailles. Ils auront quelques petits extraits qui seront enrobés par les commentaires des opposants. Et moi, je les écoutais dans la radio en venant en voiture. Ils ont tous dit ce qu'on s'attendait qu'ils disent.
Donc, c'est un coup pour rien. Si c'est un discours pour convaincre sa propre majorité, ça, ça va avoir marché. Mais c'est les Français qu'il s'agit de convaincre. Et je crois qu'il faut qu'ils fassent ce type de discours de cadrage aux Français aussi.
On va y revenir dans le détail parce qu'il n'y a pas eu énormément d'annonces. Mais il y a eu un projet et un programme qui est désormais un petit peu plus clair pour l'année qui vient. J'ai entendu, c'est ce qu'a dit Roland Quairol, j'ai entendu les critiques. Et là aussi, on va y revenir dans le détail. Président des riches, le président qui méprise les corps intermédiaires, etc. Mais est-ce qu'il a dit « j'ai changé » ?
Non, non, non, on n'est pas dans le mea culpa. Ce n'est pas du tout la personnalité d'Emmanuel Macron. Il a admis le principe du doute et de l'infaillibilité. C'est quand même un grand pas pour quelqu'un qui ne l'a pas admis pendant un an et qui a même plutôt balayé d'un revers les critiques. Donc, c'est un point important. Mais attention, on n'est pas dans le mea culpa. Ce n'est pas « j'ai changé », on a pu entendre dans d'autres bouches et dans d'autres temps. Non, pas du tout ça. Mais c'est quand même une avancée, surtout qu'il consacre quasiment le premier quart d'heure à cette correction d'image sur sa personnalité, sur sa gouvernance.
Et il offre à ses opposants, et évidemment, on pense à Jean-Luc Mélenchon, cet amendement constitutionnel qui lui permettra l'année prochaine d'entendre les opposants et de leur répondre fin de cette polémique.
Et de prendre la place du Premier ministre.
Voilà, et pour le coup, mais ça, moi, ça fait déjà un petit moment que je pense qu'avec Emmanuel Macron, on était déjà allé très loin avec Nicolas Sarkozy, mais alors avec Emmanuel Macron, on a la théorisation de la disparition du Premier ministre. Même si, et là, j'ai sur le deuxième point, c'est un discours qui était fait pour rassurer les troupes. Ça, on a bien compris, redonner du sens. Le troisième point, c'est aussi gagner du temps. Et là, on a vu qu'il ne rentre pas dans les détails. Je dirais que le discours est plutôt pas mal sur la forme, même sur certains points très intéressants. Mais globalement, on a un sacré numéro d'acrobate d'Emmanuel Macron.
Sur les retraites, c'est un formidable teasing pour l'automne. On attendra plus de détails à l'automne. Sur le cadrage budgétaire pour la diminution du nombre de postes de fonctionnaires, la réduction des dépenses publiques, on attendra le mois de septembre. Tout ça est quand même renvoyé, même s'il a posé les grands cadres qui sont autant de sujets qui fâchent et qui vont marquer l'année 2019. Je pense qu'il était là surtout pour corriger, essayer de rattraper quelque chose qu'il a perdu depuis le début du mandat. C'est cette étiquette de président des riches. Et tout son discours a consisté à essayer de répondre aux critiques sur cette question.
Je suis là pour corriger les inégalités de destin, de naissance, d'origine sociale, de tout ce que vous voulez. Il n'a pas arrêté de dire ça. Donner rendez-vous au syndicat. Roland a raison, c'est quand même incroyable. Depuis un an, il se moque d'eux. Et là, aujourd'hui, il leur propose un nouveau contrat social. Voilà, on va régler ça le 17 juillet la semaine prochaine.
Et là-dessus, nous allons venir en détail parce qu'effectivement, ce n'est pas rien.
Et le dernier point, je pense que c'est le quatrième volet de ce discours, c'est la fin, c'est les dix dernières minutes. C'est Macron en candidat aux européennes qui lance la campagne entre lui, chef du camp des progressistes. Et il désigne son adversaire, ce sont les nationalistes, Marine Le Pen.
Et encore une fois, nous allons reprendre le fil de ce discours. Mais juste plus généralement, si on fait deux pas en arrière, exercice réussi. Je posais la question à Roland Queirol tout à l'heure. Est-ce qu'il s'est redonné un peu d'oxygène ? On va venir dans un instant au sondage. Mais là, on sentait bien qu'il y avait quelque chose d'un peu grippé, d'un peu enrayé entre les Français et le Président de la République. À votre avis, Soazie Kemener, est-ce qu'il y a quelque chose de nature à retricoter un lien ?
En tout cas, il dit qu'il les a entendus. Et c'est important. Je n'ai pas oublié les conditions de mon élection. Il y a une anaphore en début de discours qui est importante parce qu'elle dit quelque chose aussi de la temporalité d'Emmanuel Macron. Il est en train de dire, mais finalement, on n'est qu'à un an après mon élection. Souvenez-vous, ce n'est pas il y a si longtemps que ça. C'est un peu comme s'il voulait effacer ce qui s'est passé de fâcheux pour lui dans cette année. Alors, il y a des choses qui ont fonctionné, d'autres qui n'ont pas fonctionné.
Mais il est en train de leur dire, n'oubliez pas pourquoi vous m'avez élue et essayez au contraire d'oublier ce qui s'est passé en particulier dans ces six dernières semaines qui ont été des semaines de quoi, qui ont été surtout des semaines de confusion à la fois dans la communication et dans la relation d'Emmanuel Macron avec les Français. Donc, il est en train de dire, on recommence tout à zéro en somme. Mais ce n'est pas risette, ce n'est pas comme ordinateur, on n'efface pas. C'est plutôt un palimpseste.
Donc, ça veut dire qu'il laisse des traces quand même depuis un an importantes, notamment cette étiquette de président des riches qui colle tellement fort qu'avant on entendait, mais non, c'est un problème de journaliste, ce n'est pas un problème de... Aujourd'hui, la perception dans l'opinion est réelle et il en tient compte. Et ça, je pense que c'est important dans ce discours. Il a compris qu'il était maintenant dans cette posture-là pour longtemps et il essaie d'en sortir, mais très tard, je trouve. Oui, je suis assez d'accord. C'est un des éléments qui a expliqué la baisse de sa popularité au cours des dernières semaines.
On se souvient des affaires sur la piscine, sur la vaisselle de l'Elysée ou autre. Et donc, tout ça, il fallait que le gouvernement et Emmanuel Macron reprennent la main. On était sortis de la séquence de la grève à la SNCF. Et donc là, il faut s'acheter du temps. Il avait obtenu un crédit auprès des Français, dans la mesure où, étant un président et de droite et de gauche, les Français étaient un peu déboussolés, avaient perdu leur repère sur quelle était la nature de la politique qui était menée. Quand Hollande a été élue, on savait ce qu'on aurait. Et idem pour Nicolas Sarkozy.
Donc là, il y avait ce délai de latence qui avait été accordé, qui, quelque part, semblait être arrivé un peu à expiration. Et là, il vient redemander une forme de crédit aux Français, en disant, voilà, je remets tout en perspective. Toutes les transformations que mes prédécesseurs n'ont pas faites, moi, j'ai le courage de les faire. Mais il faut me laisser du temps. Et voilà, d'une part, c'est tout à fait exact, je vous ai entendu. Et d'autre part, donnez-moi du temps pour que nous puissions, étape par étape, continuer à œuvrer pour la transformation du pays.
Alors, il avait promis de rendre des comptes pour la deuxième fois de son mandat. Emmanuel Macron est donc venu présenter le cap de ces réformes aux parlementaires réunis. En congrès, à Versailles, une heure et demie de discours dans lequel le président, en berne dans les sondages, a notamment dressé son bilan. « Je sais que je ne peux pas tout, mais j'ai le devoir de viser haut. » C'est du Emmanuel Macron, morceau choisi par Gladys Laffitte.
« Je n'ai rien oublié, et vous non plus, du choix que la France a fait il y a une année. D'un côté, toutes les tentations de la fermeture et du repli, de l'autre, la promesse républicaine. Je suis devant vous, dans ce rendez-vous que j'ai voulu annuel, humble mais résolu, porteur d'une mission dont je n'oublie à aucun moment qu'elle engage le destin de chaque Française, de chaque Français, et donc le destin national. J'ai dit « humble mais résolu », et je veux vous faire une confidence. Il y a une chose que tout président de la République sait. Il sait qu'il ne peut pas tout, il sait qu'il ne réussira pas tout.
Et je vous le confirme, je sais que je ne peux pas tout, je sais que je ne réussis pas tout. Mais mon devoir est de ne jamais m'y résoudre, et de mener inlassablement ce combat. La mission que les Français nous ont assignée il y a un an, vous ne l'avez jamais perdue de vue. Renforcer notre économie, définir un modèle social juste et équitable, conforme aux aspirations de notre siècle. Restaurer l'autorité de l'Etat, et lui donner réactivité et efficacité. Relancer l'Europe.
Votre action a permis que l'investissement reparte, que le scandale du tirage au sort à l'université prenne fin, que l'école retrouve sa place et la transmission sa dignité, que la lutte contre le terrorisme soit inscrite dans notre droit, sans avoir plus recours à l'état d'urgence, que le travail paie davantage, que la France se dote d'un budget sincère, efficace et ambitieux, et repasse sous les 3% de déficit, vous avez rendu à la France ces capacités militaires à travers une loi de programmation d'une ambition nouvelle et inédite. Vous avez levé les blocages du marché du travail, créés par un code devenu obsolète et inadapté.
Vous avez sauvé d'une faillite certaine notre service public du transport, la SNCF, par une réforme sans précédent. Ce que nous avons dit, nous l'avons fait, dans le dialogue, en acceptant les désaccords, mais souvent aussi dans l'unité nationale, qui l'aurait parié, là aussi, il y a un an. Cette volonté d'action était au cœur de notre promesse. Les Français envoient les premiers fruits à l'école, sur leurs feuilles de paix, sur le marché du travail, mais ce sont seulement les premiers fruits. Je suis parfaitement conscient du décalage entre l'ampleur des réformes engagées et le résultat ressenti.
Il faut du temps, et parfois un long temps, pour que la transformation initiée s'imprime dans la réalité du pays. Et je suis conscient, pleinement conscient, qu'il me revient, chaque fois que nécessaire, de rappeler le cap, de le rendre plus clair pour tous, afin que se rejoignent et travaillent ensemble, autant que possible, et dans la clarté, toutes les forces disponibles du pays.
Et nous reprenons nos discussions avec cette remarque, cette question. Versailles, est-il un choix de lieu judicieux pour recoller les morceaux ?
Le choix de lieu lui appartient pas. Dès l'instant qu'on réunit le Congrès, c'est à Versailles. Alors, la question que je posais moi, c'était pas plus tôt que le lieu, c'était à qui on parle. Et c'est en effet un endroit où on parle aux parlementaires. Oui, à mon avis, encore une fois, il va falloir aussi parler aux autres.
Et parler aux Français, c'est ça ?
Parler aux Français, et parler un par un aussi à tous ses corps intermédiaires et à ses élus. Là, il a fait le geste de leur dire qu'il avait compris et qu'ils allaient faire avec eux. Il allait faire avec eux. Maintenant, il faut passer aux actes. Moi, je continue à penser que c'est pas la bonne forme pour, pas seulement pour Emmanuel Macron, mais pour le président. Moi, je crois qu'il aurait dû maintenir l'allocution du 14 juillet, en la forme d'interview, qui permet de s'adresser directement aux Français et d'effectuer une forme de bilan. C'était ce que faisaient ses prédécesseurs. Et quand on regarde sur...
On va pas reprendre toute la durée, mais il y a certains présidents qui ont pu rebondir après les 14 juillets réussis, d'autres moins. Donc, pour Emmanuel Macron, qui aujourd'hui, à la fois aujourd'hui, sans doute qu'il a cherché à rassurer sa majorité et à corriger certains éléments, on l'a dit. Mais c'est des Français, là, aujourd'hui, qui ont un doute. On le voit dans les sondages. Ceux qui... Ils penchent trop à droite. Du coup, à gauche, ils sont pas contents. Aujourd'hui, c'est ceux de droite qui sont moins contents, qui s'inquiètent pour leur retraite. Donc, il y a des choses qu'il doit dire aux Français. Or, 15 heures, un lundi après-midi, ça bosse.
On est entre deux matchs de la Coupe du Monde. Franchement, c'est pas forcément le bon moment. Le 14 juillet, c'était un moment quand même solennel où les Français sont un peu plus attentifs à la parole présidentielle. Ça dépend si on est en finale le 15. Mais on n'est pas tous les ans en finale. En plus, c'est dommage. C'est ainsi. Donc, je pense quand même que la suppression de son allocution du 14 juillet, on sait qu'il n'aime pas trop la forme d'interviews télévisées avec des journalistes. Je crois que c'est quand même pas une bonne idée.
À qui il s'adressait en réalité cet après-midi ? Bruno Jeudy disait qu'il a parlé à sa majorité, il a parlé aux corps intermédiaires. Est-ce qu'il a quand même dans l'idée que ce soit retenu par les Français ? Parce que c'est quand même aux Français qu'il s'adresse par leurs intermédiaires.
Oui, c'est quand même le but. C'est que les médias fassent leur travail et que par percolation, au moins une partie de la population entendent des bribes ou des passages de ce message. En même temps, c'est comme l'a rappelé Bruno, pas forcément la formule ou le format le plus adéquat pour cela. Mais il est peut-être aussi prisonnier d'un choix qu'il a fait en arrivant au pouvoir et en voulant marquer la rupture avec son prédécesseur en disant voilà, il n'y aura plus de 14 juillet, de discours du 14 juillet. Nous, on fera ça très solennellement au Congrès une fois par an. Je dis ce que je fais. Donc maintenant, il est engagé là-dedans.
Et sans doute qu'il n'imaginait peut-être pas être dans cette situation un an après où il faut reprendre la main. Mais la fenêtre qui s'offrait à lui était celle qu'il avait lui-même définie à l'époque.
Alors, il disait beaucoup vous, vous avez en gros, vous avez fait, vous parlementaires, les grandes réformes. On a connu un président de la République qui disait quand même beaucoup plus « je ». C'est-à-dire Kevin Herr.
Mais je pense que quand on regarde le discours, il peut vraiment être découpé en tranches. C'est-à-dire que quand on prend le premier quart d'heure, c'est pour les Français, c'est pour leur dire « je n'ai pas oublié, j'ai compris, je vous ai entendu, je vois ce qui se passe dans l'opinion ». Ça, c'est pour la première partie. Ensuite, il parle au parlementaire. Effectivement, vous avez fait, vous avez beaucoup travaillé. On sait qu'il y a eu beaucoup de voix qui se sont élevées au sein de la majorité aussi pour dire qu'il y avait un embouteillage législatif.
D'ailleurs, ce même embouteillage que le président fustigeait dans son précédent discours, c'était l'année dernière au congrès de Versailles. Mais donc, il dit « je vous ai entendu, vous avez beaucoup travaillé, regardez tout ce que nous avons réussi ». Ensuite, il parle effectivement aux corps d'intermédiaires et aux élus. Ça, c'est vraiment nouveau. À trois reprises, si j'ai bien compté, après, on aura le texte du discours, ça prend toujours beaucoup de temps de récupérer les textes, mais pour l'instant, j'ai compté trois fois où il parle des élus ou des élus locaux. Donc, on sait qu'il est sur une année qui a été très mauvaise avec les élus de relations, notamment avec les maires.
On se souvient du congrès des maires de France qui était houlue. On se souvient du camouflet infligé à Jean-Louis Borloo le 22 mai dernier. C'était devant les maires, justement, les maires de banlieue. Et qu'est-ce qu'il disait ? Il disait, je ne vais pas travailler avec les élus en banlieue, je vais travailler avec le comité présidentiel des villes. Ce ne sont pas des élus, ce sont des personnalités qui ont été choisies par le président de la République mais qui n'ont pas été élus. Donc, il est en train de dire peut-être, finalement, que ces corps intermédiaires servent.
Mais ça ressemble, ça ne semble pas très sérieux ou en tout cas très argumenté ou très posé, en tout cas, dans son discours. On a l'impression que c'est pour le discours. Mais en tout cas, on n'a aucun acte qui permet aujourd'hui de dire il va écouter les élus, il va écouter les corps intermédiaires. Ce serait une vraie rupture, là, pour le coup. Ce serait une vraie rupture. Surtout que là, il y a la conférence des territoires dans les prochains jours et les trois grandes associations d'élus, maires, départements et régions vont boycotter cette conférence des territoires initiée par le président de la République l'année dernière.
Et ça, c'est quand même un sacré désaveu et une obligation, au fond, pour Emmanuel Macron. On l'a bien senti aujourd'hui. Peut-être pas de faire un virage à 180 degrés, mais on sent qu'il va changer un petit peu d'attitude vis-à-vis de ces corps intermédiaires, toutes étiquettes confondues sont plutôt en rupture avec le pouvoir parisien.
En fait, il dit « j'ai entendu ». Vous dites tout à l'heure, il ne dit pas « j'ai changé » parce que la vie m'a changé, coup de barre à gauche ou à droite, pas de changement du logiciel, mais par petites touches, comme ça, il y a quand même un recalibrage. Sur la question, vous parlez des élus, sur la question des territoires, il a beaucoup parlé tout au long de son discours des territoires.
Il a vraiment parlé là où ça lui fait mal dans les critiques de la presse et de l'opinion. Et donc, évidemment, les territoires et les élus, mais aussi les syndicats, etc., les professeurs, tous ces gens-là ont eu droit à des coups de chapeau et à des engagements parce que les actes, on verra, « Soisic a raison ». Pour le moment, ça n'est qu'un discours. Mais ils vont pouvoir le lui rappeler, son discours.
Quoi, par exemple ?
Quand il dit « je vais travailler avec les territoires, avec les élus pour une nouvelle forme de fonctionnement de la République », ils pourront lui dire « hé, tu l'as promis, Macron ». Et ça va quand même un petit peu changer. On peut continuer à boycotter parce qu'on a dit à l'avance qu'on n'irait pas à telle ou telle réunion, mais on peut maintenant aussi faire pression sur lui en disant « le tournant de Versailles, il faut qu'il s'applique à la discussion ou à la réforme que vous êtes en train de mettre en place ». Et je pense qu'il ne peut pas se contenter d'un discours. Il est forcé maintenant d'aller, ne serait-ce qu'un peu, dans cette direction-là.
Ce n'est pas un changement de cap, alors c'est quoi ? Ce que vous commentez là les uns les autres, c'est…
C'est un changement de méthode.
Changement de méthode.
C'est un changement de méthode de gouvernance. D'accord. C'est l'idée, bon, j'ai compris. Entendre Macron nous dire non seulement « je ne peux pas tout », mais je sais que je ne réussis pas tout. C'est extraordinaire. Ça veut dire que c'est là, pour le coup, un mot d'humilité rare. Et donc, puisqu'il ne réussit pas tout… Pas d'impuissance. Puisqu'il dit « je reste résolu » et je ne peux pas m'habituer à l'idée que je ne vais pas réussir. Donc je vais continuer à bosser. Mais il ajoute quand même « à bosser avec vous ». Et c'est ça la nouveauté de méthode. C'est « je ne fais plus tout seul », c'est plus Jupiter seulement. C'est « j'ai pris conscience ». Il ne le dit pas comme ça.
Mais ça veut dire, à mon avis, j'ai pris conscience que on ne transforme pas la société sans vous. C'est-à-dire qu'il entend la critique sur pouvoir technocratique, parisien, décision qui tombe d'en haut. À un moment, il a une formule, on l'a cherché tout à l'heure avec Soisic Kemener, il a une formule où il dit « ça doit partir du bas et plus du sommet ». Donc on voit bien que même s'il le formule… Il dit d'ailleurs que ça doit aller de la base au soi-disant sommet. On sent qu'il entend toutes ces critiques qui sont venues d'ailleurs de différents horizons, y compris de gens qui étaient plutôt bienveillants avec lui.
Je pense à Xavier Bertrand dans une interview à Aliexpress où il est très très dur avec Emmanuel Macron, alors que franchement, Xavier Bertrand, c'était quand même un des plus modérés. Donc je crois qu'on va voir si ça se concrétise en changement de méthode. Mais il a bien compris que l'administration de la France avec ses amis inspecteurs généraux des finances, ça ne pouvait pas continuer comme ça sans que ça se finisse très mal. Et donc il prend acte de ça. C'est un petit peu ce qui sous-tend ce discours aujourd'hui. Maintenant, à lui de le prouver. Et il y a un élément, par exemple, pour être précis, il dit que dans la…
Puisqu'il rappelle qu'il doit tenir ses engagements sur la baisse de la dépense publique et les suppressions de postes de fonctionnaires, donc, dans le prochain budget. Et il dit qu'en tous les cas, il fera attention à ce que sur les territoires, il n'y ait pas justement de… qu'ils soient moins impactés et qu'on trouve… – Il va même au-delà. – C'est plutôt à Paris et qu'il va y avoir… – Et même qu'au contraire… – Voilà. – Et même qu'au contraire, on restaure une nouvelle proximité des services publics avec les citoyens.
– Ça, c'était une critique qui était formulée par la droite, notamment. L'abandon des territoires.
– Tout en disant qu'on va réduire quand même la voilure en termes de dépense, excusez-moi. Donc, il faut voir comment le… en même temps, fonctionne. Mais comme disait Roland, là, c'est… je vous ai compris, je vous ai entendu et message reçu, on va changer. Maintenant, il va falloir passer aux travaux pratiques. Ça va être l'objet sans doute de l'été puisqu'il n'y aura pas forcément de pause dans l'action du gouvernement.
– Dans sa façon de défendre son action, son bilan, qu'est-ce que vous avez retenu les uns les autres ? On va passer dans un instant aux annonces. Il n'y en a pas eu énormément, mais en tout cas, le cadrage de calendrier et des réformes à venir. Qu'est-ce que vous avez retenu dans la façon de défendre son bilan ? Sur quoi il a insisté ?
– Sur l'ampleur de la tâche qui était la sienne, en disant si j'ai été élu, ce n'est pas par hasard, c'est parce que la société française était très affaiblie, très malade et donc, mes prédécesseurs n'avaient pas fait le travail, n'avaient pas fait le job et donc, c'est aussi grâce à vous et avec tous les efforts que vous avez fait que nous en sommes là où nous sommes aujourd'hui et ce n'est qu'une étape, mais il parle des premiers fruits qui sont arrivés. Donc, ce que je disais tout à l'heure, j'achète du temps pour laisser-moi vous convaincre que les fruits suivants vont arriver.
Et puis, il y a aussi, je pense, on n'en a pas parlé encore, tout l'aspect sur le combat européen d'Emmanuel Macron. Alors, bien évidemment, il y a les échéances électorales de l'année prochaine qu'il a en ligne de mire, mais c'est aussi une façon, sans doute, d'envoyer des signaux à la gauche en parlant, je ne laisserai pas organiser de déportations à l'échelle de l'Europe avec des réaffectations de migrants d'un pays à un autre. C'est-à-dire que, comme un certain nombre de ses opposants ont dit on n'a pas vu la jambe gauche, il y a confirmation du cap, mais symboliquement, en termes de phraseologie employée, là, il s'adresse sans doute à son aile gauche.
Il n'y a pas de virage social, mais il y a l'impression qu'il a choisi, lors de ce discours, de mettre l'accent, de mettre la lumière sur la partie de son bilan qui a été concernée par les mesures sociales et à l'avenir, ce qu'il faudrait faire pour la lutte contre la pauvreté, etc. Il a la volonté de rassurer son aile gauche, comme l'a dit Jérôme Fourquet, et de dire aussi aux Français on en a fait du social, vous ne l'avez peut-être pas vu.
Oui, et d'ailleurs, on entend depuis quelque temps des députés de la majorité reconnaître que, par exemple, le lien n'a pas été suffisamment fait entre la hausse de la CSG et la baisse des cotisations salarielles. Ils le disent maintenant. Avant, c'était vous n'avez pas compris, maintenant, c'est effectivement, on ne l'a pas assez bien raconté. Il y a une mesure très importante, le dédoublement des classes de CP dans les REP et dans les REP+. Ça, c'est une mesure dont on voit les conséquences tout de suite. C'est une très bonne mesure. Les enseignants sont ravis.
On voit que sur le nombre de mots, par exemple, que connaissent les élèves en CP, il y a vraiment un accroissement très intéressant. Donc, il s'est passé quelque chose d'intéressant avec cette mesure. Ça aurait dû être remis, remis tout le temps dans le débat pendant toute l'année, mais ça a été complètement occulté. Pourquoi ? Parce que c'était à la rentrée. On était en plein débat fiscal. Il y avait eu la question des APL pendant tout l'été. Et puis, on parlait de suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, enfin, en tout cas, de remodelage de cet impôt.
Donc, il a fait le service après-vente à sa sauce.
Oui, et il l'a fait aussi parce que le gouvernement ne le fait pas bien. Il a fait le travail qu'auraient dû faire chacun des ministres et peut-être le Premier ministre. Vous disiez, quoi retenir ? Il y a beaucoup de choses, quand même. On apprend à Sciences Po ou à l'ENAC qu'avant de faire son plan, on a une annonce de plan. Alors, il nous a fait une annonce de plan à un moment en nous disant pourquoi l'économique et le social ne devaient pas être séparés. C'est absolument ensemble. Après quoi, il n'a pas respecté son annonce de plan, il a parlé de l'économique et puis après du social.
Et ce qui m'a frappé, sur l'économique, rien de nouveau sous le soleil, c'est l'illustration de la politique d'innovation, de libéral en économie, etc., qui donne de premiers résultats et puis on verra le reste après. Mais sur le social, là, il y a un discours extrêmement construit avec un concept, l'idée d'avoir un État-providence du XXIe siècle. État-providence, c'était un terme qui était banni des politiciens de la génération de Macron parce que précisément, on ne peut plus financer l'État-providence. On utilisait le mot que pour dire que ce n'était plus possible. Lui, si, c'est un État-providence du XXIe siècle. On va l'écouter
et on va en parler de l'État-providence. Si vous le voulez bien, on le déroule. Eh bien, je veux bien. Vous voulez bien ? Vous passez après le président de la République. Allez. Il a entretenu le mystère jusqu'au bout sur le message qu'il souhaitait livrer aux parlementaires. Pauvreté, retraite, réforme territoriale, Islam. Dans son discours, le président a fixé le calendrier des réformes à venir. Cette fois-ci, il a dessiné les contours de son État-providence du XXIe siècle. Julien Ney.
La révision de 2008 a permis ce congrès sous la forme aujourd'hui décidée. Et j'entends qu'on fait les pires reproches, souvent par facilité, à cette procédure. C'est pourquoi j'ai demandé au gouvernement de déposer dès cette semaine un amendement au projet de loi constitutionnelle qui permettra que lors du prochain congrès, je puisse rester non seulement pour vous écouter, mais pour pouvoir vous répondre.
Le modèle français de notre siècle, le réel modèle social de notre pays, doit choisir de s'attaquer aux racines profondes des inégalités de destin, celles qui sont décidées avant même notre naissance, qui favorisent insidieusement les uns et défavorisent inexorablement les autres, sans que cela se voie, sans que cela s'avoue. Le modèle français que je veux défendre exige que ce ne soit plus la naissance, la chance ou les réseaux qui commandent la situation sociale, mais les talents, l'effort, le mérite. La priorité de l'année qui vient est simple. Nous devons construire l'État-providence du 21e siècle.
Un État-providence émancipateur, universel, efficace, responsabilisant, c'est-à-dire couvrant davantage, protégeant mieux, s'appuyant aussi sur les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous. Je veux, dans cette deuxième année qui s'ouvre, redonner corps à une République contractuelle à laquelle je crois, celle qui permettra de jeter les bases d'un nouveau contrat social, celui du siècle qui s'ouvre, par une discussion avec l'ensemble des partenaires sociaux, mais aussi des élus. C'est à son élaboration comme aux détails de sa mise en œuvre que je veux les inviter dès le 17 juillet 1er. La stratégie de lutte contre la pauvreté sera présentée en septembre et mise en œuvre en 2019.
Construite avec l'ensemble des acteurs, elle ne se contentera pas de proposer une politique de redistribution classique, mais une politique d'investissement et d'accompagnement social. Non pas de nouvelles aides en solde de tout compte, mais un accompagnement réel vers l'activité, le travail, l'effectivité des droits fondamentaux, la santé, le logement, l'éducation. Dès 2019, nous refondrons notre régime de retraite pour protéger mieux ceux dont les carrières, précisément, sont hachées, instables, atypiques, bien souvent les carrières des femmes, d'ailleurs. Faire croire à cet égard que nous voudrions supprimer les pensions de réversion est une rumeur malsaine visant à faire peur.
La République n'a aucune raison d'être en difficulté avec l'islam, pas davantage qu'avec aucune autre religion. Mais il y a une lecture radicale, agressive de l'islam qui se fixe pour but de mettre en cause nos règles et nos lois de pays libres, de sociétés libres, dont les principes n'obéissent pas à des mots d'ordre religieux. C'est pourquoi, dès l'automne, nous clarifierons cette situation en donnant à l'islam un cadre et des règles garantissant qu'il s'exercera partout de manière conforme aux lois de la République.
Alors nous allons revenir sur le sujet de l'islam et de la laïcité. Ça faisait très longtemps qu'on attendait un mot du président sur ce sujet-là. Mais d'abord, cette question qui concerne les Français également. Et le pouvoir d'achat dans tout ça, est-il mis aux oubliettes ? Est-ce qu'il en a parlé du pouvoir d'achat ?
Oui, il nous a d'ailleurs expliqué que dès cette année, il s'était passé des choses que les gens avaient dû le constater sur leur feuille de paye. Il a expliqué qu'en effet, il y avait eu une baisse des cotisations salariales. Il a plusieurs fois mis l'accent sur le fait que c'était encore pas tout à fait sensible, mais que ça avait commencé. C'est-à-dire qu'il est entre deux fruits à récolter. Il y a eu ceux du début de l'année que les Français n'ont pas tellement vu finalement. quelques euros. Certains ont dit que c'était moins qu'un paquet de cigarettes. Mais il est surtout avant ceux de l'automne avec la première tier de la taxe d'habitation qui va être supprimée pour 80% des Français.
C'est là-dessus que compte le gouvernement pour essayer justement de parler d'une revalorisation réelle du pouvoir d'achat. Mais là où il essaye de faire un discours plus à gauche que ça, dans le discours sur le social, c'est lorsqu'il explique qu'il s'agit désormais de lutter, pas seulement, parce qu'il parle des inégalités, ce qui n'est pas habituel. Ah bon ? Non. Il parle en général de choses équitables, mais la lutte contre les inégalités, ce n'est pas son vocabulaire, c'est celui des socialistes.
Et là, il parle de lutter contre les inégalités et il précise que les plus importantes ne sont pas les inégalités de revenus, mais les inégalités de destin qu'on subit dès sa naissance à cause de son origine familiale ou sociale. Et il entend faire de cette lutte contre les inégalités de destin l'alpha et l'oméga de sa politique sociale. Ce qui fait du coup du ministre de l'Éducation, du ministre du Logement, du ministre de la Santé des acteurs essentiels de la lutte contre les inégalités. Ça me paraît à la fois assez astucieux et correspondant assez réellement à l'état du pays aujourd'hui.
Il y a réellement des inégalités qui se sont creusées de façon absolument incroyable depuis ces 30 dernières années sur cette thématique-là et de s'attaquer qu'aux inégalités de revenus, ça serait s'attaquer à une conséquence, pas aux causes mêmes des inégalités.
Et il donne une méthode là ?
Ah ben pas vraiment.
Voilà. Est-ce que c'est pas ce qui manquait dans ce discours ? Il y a des grandes lignes, alors on peut y revenir peut-être un peu dans le détail, sur les réformes qui attendent les Français pour l'année 2019 puisqu'il a précisé le calendrier. Vous avez parlé des économies tout à l'heure. Il y a la réforme des retraites. Mais c'est vrai que ça reste, alors c'est peut-être son rôle, vous allez me dire, c'est le président de la République.
C'est là où la cinquième a quelques avantages, c'est-à-dire qu'il est presque Premier ministre mais il ne l'est pas tout à fait donc il renvoie au Premier ministre qui d'ailleurs par moment je trouvais tirer un peu une tête des mauvais jours en se disant c'est moi qui au mois de septembre vais m'y coller sur la baisse des dépenses publiques dont on aura forcément les éléments fin ou début septembre avec le projet de loi de finances 2019. Évidemment la réforme des retraites qui va arriver. Alors là c'est plutôt M.
Delvoye qui a une mission et qui va la présenter on imagine avec Edouard Philippe et là il va bien falloir sortir d'il en même temps parce que bon voilà il y a quand même on sait qu'il y a des questions de financement importantes et puis il va falloir voir où on place les curseurs sur ce système par points puisque le Premier ministre le Président de la République a évoqué un bouleversement pour le coup du système des retraites ce ne sera plus seulement une retraite par répartition mais une retraite par capitalisation par points il l'appelait ça donc on verra donc évidemment tout ça est un peu reporté il a cherché à gagner du temps aujourd'hui il a posé les grands chapitres de sa réforme de 2019 on verra après ce qui sortira de ses différents de ses différents chapeaux on reparlera sans doute tout à l'heure mais sur l'islam il est un peu plus précis
Sur l'état-providence vous avez promis Roland Quairol l'état-providence du 21ème siècle alors ça c'est vrai que c'est pas rien de l'entendre parler d'état-providence là on n'a pas le détail précis de ce qu'il entend par là mais est-ce que sur la philosophie générale il y a du grain à moudre comme on dit
Je crois que c'est ce que c'est ce que j'essayais d'amorcer avec l'idée que sur l'éducation sur la santé sur le logement on essayait de prendre des mesures il y a eu un début de politique vous faisiez allusion au dédoublement des classes de 6ème dans les REP il en a parlé d'ailleurs comme étant l'une des mesures phares de l'année mais il y a aussi la réforme du bac mais il y a aussi Parcoursup même chose pour la santé on a commencé à avoir avoir des remboursements sur les prothèses auditives les lunettes etc une politique sociale qui ne soit pas une politique simplement de lutte contre les inégalités de revenus mais qui permette à chaque citoyen de réussir a-t-il dit selon son effort son mérite et son talent et plus en fonction de ses origines sociales là si réellement ça devient la politique sociale du gouvernement là pour le coup il y aura du grain à moudre
parce que dans cette logique là il n'y a pas de moyens supplémentaires
c'est ce que nous ne savons pas c'est ce que nous verrons dans les budgets précédents mais pour le moment il ne s'est pas attaché à ce problème des moyens financiers grosso modo il a fait comme si c'était possible
voilà c'est ça
il a indiqué également que face à ces enjeux nouveaux il n'était plus question de reprendre les recettes du passé il l'a dit par exemple sur le plan pauvreté en disant on n'est plus dans une logique de guichet avec toujours plus de subventions il n'a pas renvoyé les termes qui avaient fait polémique sur ce sujet là il y a quelques semaines mais en disant voilà on aura un accompagnement réel et donc c'est aussi comme ça qu'on doit interpréter par exemple le travail qui est fait sur la formation professionnelle quand il dit à un moment il a une formule en disant j'ai toujours détesté la rente l'héritage etc en disant voilà les privilèges les castes donc il faut casser tout ça on est une société qui vit trop derrière des statuts derrière des organisants silos il faut donner de l'air donc il n'a pas forcément indiqué dans le détail ce qu'il laisse au premier ministre la feuille de route en revanche il a indiqué la philosophie générale c'est à dire on va changer de logiciel on va changer de logiciel parce que les défis qui se posent à notre société en termes d'intégration en termes d'inégalité sont tellement importants aujourd'hui qu'il faut faire autrement ce que Roland disait par exemple sur les prothèses auditives ou les soins dentaires ça a été obtenu via un accord avec les professionnels en espèce de donnant en disant voilà on va garantir un panier minimum nous pouvoir public on s'engage sur tel et tel aspect et à vous de faire une partie du chemin sans pour autant forcément dire on va mettre davantage de moyens on va les organiser ou les dépenser différemment
il n'y a pas d'annonce dans ce discours on met de côté la réforme constitutionnelle qui lui permettra l'année prochaine de débattre avec Jean-Luc Mélenchon il n'y a pas d'annonce c'est un discours qui exprime sa philosophie générale sur la fois l'action qu'il a menée et celle qui lui reste à mener mais il ne cherchait pas à donner du sonnant et trébuchant à cette partie des français qui trouvent que le compte n'y est pas
oui et c'est là où ça manque parce que quand il parle du plan pauvreté on a tous entendu tous les français savent qu'il y a eu un problème c'est à dire que le plan pauvreté il devait être annoncé cette semaine et que finalement il sera annoncé en septembre pas parce que c'est la coupe du monde mais parce que les arbitrages budgétaires sont très très durs à prendre donc il a un souci avec le plan pauvreté c'est aussi pour ça qu'il ne peut pas de toute façon en dire plus parce que ça va être très compliqué ensuite il y a la question de la réforme de l'état on sait qu'il y a une commission qui a travaillé dessus commission Cap 2022 on n'a toujours pas eu le rapport le rapport a été donné au premier ministre et puis ensuite on en a pu entendre parler et puis maintenant on pense que de toute façon ce qui a pu filtrer en tout cas de ce qu'il y a dans ce rapport est tellement explosif que de toute façon ça a été laissé pour l'instant par l'exécutif de côté donc il dit cette difficulté là cette haie là on la décale ce sera à la rentrée et donc il y a beaucoup de sujets comme ça qui le déplacent comme la question de l'islam aussi ça fait très longtemps ça fait plusieurs mois qu'on nous annonce un grand discours sur l'islam et l'organisation de l'islam c'est pas seulement un discours mais une organisation et c'est pareil il dit bon ça va arriver mais c'est pas tout de suite non plus donc on a l'impression qu'il est en train de déplacer quand même ces dossiers alors il revient aussi sur ce qui a été fait cette année mais il décale ces dossiers là qui sont des dossiers vraiment très compliqués alors la réforme des retraites on savait que ça allait être à ce moment là mais rien que ces trois dossiers là
il se redonne un peu d'oxygène pour passer les vacances
voilà vous avez bien résumé oui oui bien sûr c'est ça mais il assume de demander du temps il a dit d'ailleurs l'année dernière dans son discours il avait donné rendez-vous en juillet pour dire nous aurons parachevé la réforme constitutionnelle et là il a assumé que ça ait pris du temps d'ailleurs au passage on a vu il a fait une fleur ou deux à Gérard Larcher en vantant les vertus du bicamérisme donc on sent que cette réforme on a quand même besoin il a besoin du Sénat pour la faire passer donc il s'est donné du temps c'est assez nouveau il est bon voilà les premiers mois la cavalcade il fallait aller vite il a fait beaucoup de choses pendant une année c'est incontestable et là bon la machine ralentit il faut prendre un peu de temps il y a un petit changement de méthode on l'a dit cela étant il plante quand même des nouveaux chantiers la laïcité c'est quand même et l'islam c'est quand même quelque chose où il a beaucoup différé beaucoup qu'est-ce qu'il dit là-dessus ?
et là d'abord c'est intéressant parce que c'est la première fois qu'il l'évoque vraiment même si c'est en quelques mots et moi j'ai trouvé qu'il a développé peut-être il a peut-être trouvé son concept il parle de respect réciproque de l'État pour les religions et des religions pour l'État ce qui permet lui d'ouvrir une voie entre une laïcité j'allais dire dite radicale par ceux qui trouvent genre Manuel Valls qui pensent qu'il ne faut rien céder du tout et puis une laïcité ouverte manifestement c'était l'idée d'Emmanuel Macron peut-être avant qu'il soit président et il sent que compte tenu de l'évolution du pays de la pression sur tout ce qui s'est passé terrorisme et tout il ne peut plus vraiment aller vers cette formule-là et donc il essaie peut-être de revenir sur une nouvelle lecture et donc il faudra voir alors là effectivement il faudra voir à l'automne
un objectif
fixer un cadre mais il dit fixer un cadre et des mesures il ne parle pas de revenir sur la loi de 1905 donc on a quand même des choses qui avancent alors que dans sa majorité on sait qu'il y a certaines des personnes qu'il a consultées et même certains de ses ministres étaient pour rouvrir cette loi la grande question c'est l'organisation de l'islam et au fond il y a eu deux temps jusqu'à maintenant de fabrication d'une organisation islam par chevènement et par Sarkozy il s'agit de passer à un temps 3 en constatant que ça n'a pas bien marché jusqu'à maintenant pourquoi ça n'a pas bien marché parce que les grandes organisations islamiques musulmanes de France sont liées à des états grosso modo c'est l'Algérie c'est le Maroc et c'est la Turquie et tant qu'on fonctionne comme ça il ne peut pas y avoir de véritable idéologie commune des relations de cette religion avec l'état or c'est ça qu'il faut travailler la seule façon d'y arriver peut-être c'est de donner des moyens de financement à l'organisation musulmane qui sera mise en place qui ne dépendent pas des états alors je crois qu'on s'oriente peut-être vers l'idée de faire une taxe sur les produits halal qui pourrait rapporter énormément d'argent mais je crois que c'est ça qui est en jeu c'est trouver un moyen de financer une institution islamique qui permette de ne pas dépendre simplement des pays qui contrôlent jusqu'à maintenant les grandes associations
il y avait une attente sur ces sujets-là Jérôme Fourquet laïcité islam
c'est très fort on le voit c'est latent on le voit dans tous les éléments du débat du public ça revient sans cesse j'ajouterais pour compléter ce qu'a dit Roland l'autre enjeu c'est de faire émerger une élite musulmane soit religieuse soit plus laïque qui ne soit pas justement inféodée ou aux ordres des états mais qui soit aussi représentative des musulmans de France parce que quand on analyse tout ça on s'aperçoit qu'on a une population musulmane qui est assez jeune et qui ne se reconnaît pas dans un islam officiel qui était celui des pères ou des grands-pères et donc c'est ce hiatus entre l'islam du quotidien de la rue et l'islam officiel qui pose problème parce que pour dialoguer on le voit avec la religion catholique il y a la conférence des évêques pour la communauté juive le dîner du CRIF et autres il y a des instances comme ça qui sont dites représentatives même s'il y aurait à dire là sur l'islam il y avait ce problème donc il y a ce sujet là qui était pendant qui était béant comme l'a dit Bruno c'était à la fois un sujet pour la société française mais aussi pour les macronistes parce qu'il y a des lignes idéologiques tout le monde n'est pas d'accord sur ce sujet là et je pense que sans faire de mauvais jeu de mots Emmanuel Macron ne s'était pas fait sa religion sur ce sujet il a pas mal hésité on voit qu'il y a sur des sujets connexes une grande influence de Gérard Collomb par exemple et il y a toute une partie de l'aile plus à gauche des macroniens qui était pour qu'on soit sur une vision un peu différente
juste pour revenir sur des moments un tout petit peu agités de ce discours là c'est lorsqu'il a parlé des retraites et il répondait à cette rumeur qui a eu autour des pensions de réversion disant c'est une rumeur malsaine visant à faire peur les retraites ne changeront pas pour les retraités d'aujourd'hui alors là il y a eu une petite agitation dans l'hémicycle comment est-ce que vous l'expliquez ?
c'est un sujet tellement important que les pensions de réversion pour les veuves qu'Emmanuel Macron avait été obligé de se fendre d'un tweet pendant son déplacement au Vatican c'est à dire qu'au Vatican il discutait avec le pape de la question des migrants il devenait chanoine de Latron il y avait une cérémonie et pendant ce temps-là il y avait un tweet sur les pensions de reversion donc il avait senti que ça montait dans le pays qu'il y avait une exaspération très forte mais alors effectivement il y a cette bronca aujourd'hui au Congrès parce que le Président explique que ça ne concerne pas les personnes qui sont à la retraite aujourd'hui mais en revanche on comprend bien dans son discours que demain ce sera une toute autre chose et on voit bien on a un aperçu à travers cet exemple très précis de ce que va donner la réforme des retraites je pense qu'on n'a encore rien vu en matière sociale avec ce qui a pu se passer cette année que ce soit lors de la réforme du code du travail ou lors de la réforme de la SNCF le grand moment le grand moment social le grand moment de discussion sera cette réforme des retraites alors il y aura aussi la réforme de la fonction publique mais ce sera important je ne suis pas sûr d'avoir compris complètement ce que voulait dire Macron parce qu'il a enchaîné des phrases qui ont déclenché ce véritable brouhaha au sein du Congrès moi j'ai compris que ça voulait dire mais il faut relire le discours écrit qu'il disait que sur les pensions de reversion il n'y aurait pas de changement point final et que par ailleurs sur le système de répartition il n'y aurait pas de changement non plus pour les retraités d'aujourd'hui donc ce ne seraient pas les reversions qui seraient en cause pour après ce serait éventuellement des amodiations au système global de retraite que nous connaissons aujourd'hui
on va attendre le discours de l'arbitrage vidéo
c'était l'un des engagements
d'Emmanuel Macron lors de son premier discours devant le Congrès c'était il y a un an réduire d'un tiers le nombre de parlementaires tout en leur allouant davantage de moyens la mesure sera débattue demain par les députés à la clé un redécoupage de la carte électorale qui conduira à la suppression de plus de 200 circonscriptions nos journalistes se sont rendus dans les Alpes de Haute-Provence un département rural où les communes sont souvent très éloignées les unes des autres reportages Jérémy Normand et Maëva Defroyen
L'Ambruisse dans les Alpes de Haute-Provence ce samedi c'est jour de commémoration en hommage aux soldats tombés pendant la première guerre pour l'occasion la députée de la circonscription Delphine Bagary a fait le déplacement dans ce village de 98 habitants si je suis là aussi dans les villages c'est pour pouvoir parler discuter avec vous mais ce jour là la députée qui siège sur les bancs de la République en marche vient aussi annoncer une mauvaise nouvelle la perte probable d'une des deux circonscriptions que compte le département d'ici 2022 ça veut dire qu'il n'y aura plus qu'un seul député pour toutes les Alpes de notre Provence au lieu de deux maintenant actuellement voilà dans quatre ans deux actuellement notre département est petit si ça fait faire des économies tant mieux avec la réforme prévue par Emmanuel Macron la nouvelle circonscription du département regroupe près 160 000 habitants contre 80 000 aujourd'hui deux fois plus d'habitants à représenter inacceptables pour la députée de la majorité si vous représentez 80 000 personnes 160 ou 200 000 c'est forcément plus difficile d'avoir plus d'écho voilà mais après c'est ce que veulent les français aussi d'autant qu'elle se sait attendue par les élus locaux qui dans cette commune isolée des grandes villes se sentent parfois bien loin des débats nationaux la députée la députée a été élue et il est normal à mon avis qu'elle vienne en fonction de son emploi du temps voir les gens qui les ont élus pour s'intéresser aux problèmes qu'on leur rencontre parce que moi actuellement je vous ai parlé du problème de l'église mais il y a aussi les loups qui se déplacent il y a une meute de 10 loups qui attaquent les bergers à 48 ans Delphine Bagary médecin de formation ne compte pas les kilomètres pour aller à la rencontre des habitants de sa circonscription élue après la victoire d'Emmanuel Macron la nouvelle députée joue la carte de la proximité jusque dans les allées du marché mais elle redoute que la réforme voulue par l'exécutif ne la transforme en élu hors sol et n'alourdisse encore sa charge de travail moi je pense que le boulot il y en a déjà beaucoup puisqu'on est tous très fatigués très actifs fatigués mais dans l'aucun sens parce qu'on est actifs c'est pas parce qu'on se plaint et forcément je pense qu'il y a du boulot pour 577 là le boulot il va être forcément plus dilué et sur moins de têtes du côté des habitants les avis sont partagés les territoires ruraux ils n'ont pas beaucoup la chance de les voir même s'ils ont des permanences mais si la permanence est à 50-60 km les gens ne déplacent pas de toute façon la moitié des députés ou le nombre ça ne changera pas grand chose de toute façon pour nous on ne compte pas beaucoup je veux dire on ne nous écoute pas beaucoup de toute façon que ce soit d'un côté ou d'autre on ne nous écoute pas beaucoup promise durant la campagne d'Emmanuel Macron la réforme devrait voir le nombre de parlementaires baisser d'un tiers pour les prochaines élections législatives de 2022 de 577 députés et 348 sénateurs aujourd'hui on comptera alors 404 députés et 244 sénateurs une réforme qui vise notamment à faire des économies car un député coûte aujourd'hui 1 million d'euros par an aux contribuables c'est 6 fois plus qu'en Espagne plus qu'au Royaume-Uni et en Belgique mais moins qu'en Allemagne ou en Italie champion d'Europe de la dépense avec 1 million 500 000 euros par député chaque année mais pour ce spécialiste du découpage électoral affaiblir d'une certaine manière les parlementaires par rapport au gouvernement par rapport au pouvoir exécutif moins nombreux les parlementaires représenteront moins diversement les caractéristiques politiques et également les diversités partisanes au sein de l'opposition Moins de diversité partisane mais pour compenser le gouvernement prévoit également d'instaurer une part de proportionnelle aux prochaines élections législatives 61 députés qui seront élus sur des listes nationales sans aucun ancrage territorial
Juste pour boucler la boucle sur ce sujet là l'an dernier c'était vraiment l'essentiel du discours d'Emmanuel Macron lorsqu'il était venu au Congrès là il l'a évacué en une phrase disant Edouard Philippe vous expliquera demain
Absolument l'année dernière il avait détaillé sa réforme constitutionnelle et pour le coup il était vraiment il avait été très précis c'était aussi une confirmation de ce qu'il avait dit pendant la campagne mais c'était évidemment et la logique de ce discours c'était de l'annoncer aux parlementaires qui sont globalement enfin en tous les cas pour les oppositions plutôt opposées pas seulement à la diminution de nos parlementaires mais surtout à la proportionnelle je pense à la droite notamment donc là aujourd'hui oui il l'a évacué puisque le débat le débat s'ouvre demain à l'Assemblée Nationale en séance publique et Edouard Philippe fera le discours d'ouverture de ce débat parlementaire à l'Assemblée Nationale
alors on entendait dans le reportage des gens sur le marché qui disaient de toute façon qu'ils soient là ou pas on ne nous entend pas cette question des services sont fermés ou vont fermer dans les territoires sans doute services publics le président prend-il les ruraux pour des idiots ?
écoutez alors justement il a essayé de répondre à ça que non que contrairement à toute l'évolution qu'on avait connue depuis 30 ou 40 ans je ne sais pas combien il a dit il a même dit sous toutes les majorités on ne verrait pas de nouvelles fermetures de services publics qu'au contraire il y aurait ce serait que comme on disait jadis c'est pas qu'on veut faire moins d'Etat c'est qu'on veut faire mieux d'Etat et donc il y aurait visiblement si j'ai bien compris une réimplantation de services publics notamment dans les zones rurales alors là encore vous allez me demander est-ce qu'il a dit avec quel moyen non mais voilà c'était quand même quelque chose à un propos assez ferme qui se voulait rassurant pour les territoires et notamment pour les ruraux
et il répond à une critique qui avait été aussi président des riches et président des villes
voilà qui a été très fortement alimenté par l'annonce qui a été faite par son premier ministre de la diminution de la vitesse maximale à 80 km heure qui a été perçue comme la mesure technocratique par excellence et qui méconnaissait complètement le vécu des habitants des zones rurales qui connaissent leur route et qui peuvent très bien selon eux rouler à 90 km et donc ça ça fait ça fait beaucoup de mal aussi donc ça aussi comme l'a dit Roland tout à l'heure je pense que c'était je vous ai compris donc on va réimplanter des services publics un petit peu partout sur le territoire alors même qu'on nous explique qu'il va falloir pour faire des rentrées sur les promesses budgétaires faites à nos partenaires européens des réductions sur le nombre de fonctionnaires il y a des débats il y a des maquettes qui sont sorties sur ce qui pouvait se passer à la direction générale des impôts où il y aurait des suppressions et ça c'était très clairement par exemple sous les quinquennats précédents des fermetures de perceptions dans les chefs lieux de canton etc donc peut-être qu'on peut encore dégraisser entre guillemets dans les dans les bureaux centraux à Paris mais vous n'arrivez pas à faire le volume nécessaire donc on verra comment Emmanuel Macron il a redit 120 000
il n'a pas redit 120 000
il n'a donné ni des chiffres sur la réduction du nombre de fonctionnaires ni sur le montant de la baisse de la dépense publique puisque ça il n'a pas redonné le chiffre non plus de 60 milliards
depuis le début de l'émission vous nous avez tous expliqué les uns les autres avec talent qu'il avait effectivement répondu aux critiques qui s'étaient exprimées que certains avaient dû appuyer là où ça fait mal on parlait de président des riches de président des villes est-ce que vous y voyez une souplesse d'un président de la république qui serait agile qui entend les critiques et qui s'adapte ou une forme de fébrilité
fébrilité je ne crois pas il est visiblement un peu fébril parce que la période est un peu dure notamment dans les sondages il fait plutôt une politique de droite on disait même il fait ce que la droite avant n'a pas osé faire etc et puis là dans les toutes dernières semaines on a vu plusieurs indicateurs de sondage qui montraient qu'il y avait une baisse nette notamment chez les sympathisants républicains alors je ne sais pas à quoi c'est dû Bruno a inventé une hypothèse tout à l'heure moi je pense que c'est dû plutôt à ces cafouillages sur l'immigration qui est quelque chose de très sensible dans cet électorat qu'ils l'ont trouvé pas assez ferme hésitant moi c'est plutôt ça mon explication
vous êtes d'accord avec ça Jérôme Fourquet ?
oui plus je pense aussi peut-être les mesures sur les retraites les pensions de reversion etc parce que ça fait des dégâts bon et en tout cas c'est pas seulement la fébrilité qu'il fait penser c'est que réellement il a intégré cette variable et il veut montrer que bon il a ayant saisi le message il va avoir un mode de gouvernance qui va être changé Jupiter c'est fini voilà d'une certaine façon ça voudrait dire ça alors moi je peux pas dire ici aujourd'hui que je suis forcé de croire complètement un discours mais une chambre une intention il me semble que le contenu du discours a cette intention et on verra comment ça s'organise
et nous passons maintenant à vos questions le chef de l'état est-il à la recherche d'un second souffle a-t-il perdu la main ? qu'est-ce que vous voyez dans les sondages est-ce qu'il a perdu la main ?
perdu la main non mais il était dans une situation assez hors normes entre guillemets par rapport à ses prédécesseurs au bout d'un an on l'avait dit on l'avait écrit il était à des niveaux de popularité qui étaient assez nettement supérieurs et là depuis un mois parce que c'était il y a assez peu de temps il est rentré quelque part dans une fourchette assez classique avec y compris un premier effritement dans son propre électorat donc on a un phénomène d'érosion et d'usure du pouvoir qui a déjà frappé ses prédécesseurs et donc Emmanuel Macron doit aussi intégrer cette variable là en disant le temps où on marchait un petit peu sur l'eau où les français nous laissaient le bénéfice du doute parce qu'on ne savait pas trop si on était de gauche ou si on était de droite parce qu'on était en train de casser les codes et bien tout ça c'est un petit peu fini vous avez vu ces dernières semaines quelques couacs des annonces qui ont eu du mal à passer les reproches qui ont été faites sur le train de vie de l'Elysée ce qu'on n'avait pas vraiment entendu depuis le début du quinquennat alors que ça avait frappé durement ses prédécesseurs donc quelque part ils rentrent dans la normalité avec toutes les difficultés donc ce n'est pas catastrophique mais ça impose un changement de braquet
Justement Quels enseignements tirer si l'on compare les courbes de popularité des présidents précédents après une année d'exercice c'est ce que vous disiez
à l'instant ? Donc il y a un an il y a un mois c'était au bout d'un an il était plus populaire et assez nettement et là aujourd'hui si on compare notamment à Nicolas Sarkozy il est à peu près dans le baromètre il faut obligé d'aider au même niveau qu'était Nicolas Sarkozy 13 mois ou 14 mois après son élection ce qui n'est pas un niveau totalement déshonorant mais la spécificité a disparu
Un peu plus haut que François Hollande quand même ?
Oui un petit peu plus haut
Emmanuel Macron peut-il renouer le lien qu'il a lui-même détricoté non seulement avec les parlementaires mais surtout avec les Français ?
Oui absolument d'abord Sarkozy le disait tout à l'heure il y a seulement une année qui se fait une grosse année qui s'est écoulée et donc il s'est passé beaucoup de choses les résultats qu'il attend forcément ça va prendre un peu de temps d'ailleurs il a réclamé il a réclamé le temps et ce sera un travail de longue haleine donc il a largement le temps de renouer ce lien il faut quand même que maintenant il applique les correctifs qu'il a dessinés dans son discours c'est-à-dire aussi vis-à-vis des Français il faut que les Français ressentent ça ressentent peut-être un président plus proche d'eux c'est quand même dans toutes les études de l'IFOP que nous publions à Paris Match c'est quand même vraiment systématiquement le manque d'empathie pas suffisamment proche des gens c'est vraiment le critère le trait de caractère qui apparaît le plus en tout cas où il est le plus bas
mais il ne leur promet pas des lendemains qu'il chante non il ne promet pas
des lendemains qu'il chante
il devrait le faire
je ne crois pas il ne va pas changer il a été élu il a été élu quand même sur la base d'un discours de vérité il avait dit qu'il augmenterait la CSG pour les retraités il n'a pas changé il n'a pas calé là-dessus donc non il ne va pas changer mais il est quand même obligé à un moment de montrer un peu plus d'empathie avec les français puis ça fait partie de la cinquième mais aussi peut-être d'une adaptation à la fonction présidentielle il a joué l'incarnation pendant un an Jupiter en rupture avec François Hollande bon ça y est maintenant François Hollande on l'a un peu oublié comme président il faut qu'Emmanuel Macron il soit un peu plus lui-même peut-être un peu collectif oui et puis un peu moins loin des français c'est quand même un président qui a 40 ans on a l'impression parfois qu'il est il trône comme ça loin des français je pense qu'il faut qu'il revienne à essayer une forme peut-être d'empathie de simplicité de sobriété mais ce que je trouve intéressant c'est qu'il réagit vous le disiez tout à l'heure sous la pression de la droite c'est-à-dire qu'il y a l'électorat de droite qui le suit moins que c'était le cas jusqu'à présent et puis il y a quand même des grandes figures de droite qui se sont exprimées depuis quelques semaines vous en parliez tout à l'heure vous nous jeudi Xavier Bertrand on a entendu Dominique de Villepin on a entendu évidemment Jean-Louis Borloo qui est encore traumatisé parce qu'il lui est arrivé après son plan banlieue et puis on a entendu aussi quelqu'un et ça on sait qu'à l'Elysée ça a tangué ce jour-là on a entendu quelqu'un comme François Pinault le milliardaire
il y a une droite qui le reproche
de ne pas faire assiette sociale oui parce que finalement il est peut-être allé trop vite dans un sens il a laissé des gens qui le soutenaient ou qui en tout cas pouvaient être intéressés par ce qu'il était en train de faire sur le bord du chemin et à l'un main sur les inégalités ce matin vous avez raison de l'ajouter et je pense que ça c'est des critiques qui marquent beaucoup plus que celles qui viennent de la gauche parce que c'est pas son objet pour l'instant il a le nez sur les européennes et puis sur les municipales et c'est pas à gauche que ça va se passer
Pourquoi dépenser un pognon de dingue pour imiter les américains l'allocution du 14 juillet c'était pas assez bien alors là référence au coût de ce discours de l'état de l'union version Emmanuel Macron Moi je trouve que c'est une critique
qui est toujours un peu excessive voilà la démocratie a un coût peut-être que ça coûte 3 ou 400 000 euros de toute façon c'est une modification constitutionnelle dont il a hérité alors voilà il l'applique oui ça coûtera chaque année Ça coûtait combien ? J'ai lu entre 300 et 400 000 entre 300 et 400 000 euros l'organisation d'un congrès sur une grosse demi-journée
Qui décrétera la fin de la para ridicule des gardiens républicains en grande tenue où est la simplicité allemande ?
Ah ben nous n'y sommes pas nous n'y sommes pas les Allemands ont un parlement qui est d'une incroyable simplicité je vous signale quand même qu'à la simple chambre basse Bundestag ils sont 900 donc eux ils n'ont pas fait d'économie là-dessus ils sont même 902 en ce moment et d'ailleurs ça marche plutôt bien donc moi cette histoire de faire des gains importants budgétaires sur des sommes aussi ridicules je crois que c'est une espèce de façon de flatter le poujadisme français par rapport au budget de l'ensemble de l'État ce sont des gouttes d'eau donc les gardes républicains de toute façon vous n'allez pas les virer de l'armée ils ne vont pas disparaître s'ils ne font pas le salut moi je m'en passerai pour tout vous dire mais chaque fois qu'il y a eu des présidents de l'Assemblée par exemple qui ont été tentés par l'idée de simplifier le cérémonial interne à l'Assemblée je parle sur des gens qui fréquentent plus l'Assemblée que moi mais il y a eu chaque fois des levées de boucliers dans leur propre bureau de l'Assemblée ou du Sénat leur disant non non non non c'est très important que le Parlement aussi ait sa noblesse visible institutionnelle qui ait cette espèce d'apparat républicain donc je pense que ce n'est pas pour demain
Un an après avoir voté Macron ma retraite baisse gazole et gaz sont en hausse et je dois rouler à 80 km heure on m'aurait menti
Peut-être un peu d'économie sur le carburant s'il roule un peu moins vite mais là où on voit bien pour revenir sur une question que vous avez posée tout à l'heure sur le pouvoir d'achat le gouvernement peut il a certains leviers on le voit sur la taxe d'habitation sur les cotisations salariales mais il y a toute une partie des hausses notamment en matière énergétique qui ne sont pas directement imputables à l'action du gouvernement et qui se ressentent qui sont très fortement ressentis par les Français La hausse des carburants Voilà et le propos de votre téléspectateur on est en plein dedans J'ajoute que le 80 km heure pour beaucoup de Français la question de la sécurité routière c'est juste un alibi pour faire en fait rentrer davantage d'argent dans les caisses en multipliant l'activité des radars c'est comme ça aussi que beaucoup le déconne c'est ressenti
même si le gouvernement a dit que tout
comme les autres gouvernements tout l'argent serait fléché pour améliorer 36 000 points prélevés par jour
L'état providence du 21ème siècle de Macron consiste-t-il à faire les poches des classes moyennes pour donner aux plus modestes
ça c'est la vraie question qu'on peut se poser en entendant ce discours pour l'instant c'est très compliqué parce que c'est un concept vous le disiez tout à l'heure très bien qui a été mis sur la table mais on n'a pas le contenu et on va attendre on va attendre septembre pour voir ce que le président met dans cet état providence du 21ème siècle
Merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h30 on se retrouve demain à 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air tout de suite silence ta pousse belle soirée sur France
Emmanuel Macron