49.3, grève chez TotalÉnergies, meurtre de Lola, réforme des retraites, élection du président de LR... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Gérard Larcher
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Bonjour Gérald Larcher, ça y est c'est fait, oui j'ai un peu de mal au démarrage ce matin, ça y est Elisabeth Borne a déclenché hier le 49-3 pour faire passer le budget, est-ce que c'est si grave que ça ?
Écoutez, le 49-3 c'est un outil constitutionnel au service du gouvernement quand il n'a pas de majorité, c'est aussi le seigne d'un échec du gouvernement dans le dialogue qu'il nous avait dit engagé avec l'ensemble des forces politiques, c'est d'ailleurs un budget, nous l'examinerons quand il viendra au Sénat, recettes et dépenses au mois de novembre, un budget qui aujourd'hui est déjà obsolète, il est basé.
Il est basé sur une croissance de 1%, la croissance sera sans doute très inférieure à 1% et peut-être négative sur l'année 2023, c'est un budget qui ne fait aucune place à une trajectoire de retour progressif à l'équilibre, c'est d'ailleurs ce que nous reprochent nos amis allemands sur ce sujet.
La volonté du gouvernement c'est de revenir à 3% en 2027 ?
Écoutez, le gouvernement a cette volonté, ça ne se traduit pas dans le budget puisque les dépenses de l'État continuent d'augmenter de 0,9% alors qu'ils demandent une réduction de 0,6% aux collectivités territoriales, mais ça on en reparlera au moment de l'examen du Sénat, parce que vous le savez au Sénat, il n'y a pas de 49,3, nous examinerons les recettes et les dépenses, puis j'allais dire le texte voté par le Sénat partira à nouveau vers l'Assemblée nationale et nous verrons ce que le gouvernement retiendra des propositions du Sénat qui seront attentives notamment aux boucliers tarifaires, bien sûr pour les citoyens, pour les petites entreprises et pour les collectivités territoriales.
On va en parler dans quelques instants, pourquoi est-ce que vos amis députés et les républicains ne vont pas voter la motion de censure ?
Parce que je crois qu'il ne faut pas ajouter une crise politique aux crises énergétiques, financières que nous connaissons, et puis nous sommes extrêmement clairs, et c'est le choix politique que nous faisons collectivement, on ne mêlera pas nos voies ni à l'extrême gauche ni à l'extrême droite. Ce sera valable pendant tout le quinquennat ? Écoutez, nous verrons les situations les unes après les autres, mais en matière de budgétaire, il faut aussi que ce pays ait un budget.
L'actualité c'est aussi la grève, plus que deux sites en grève ce matin, une raffinerie et un dépôt. Vous, vous avez vu Philippe Martinez hier matin, c'est votre oeuvre ? C'est grâce à vous que...
Nous nous voyons régulièrement avec les partenaires sociaux, et mon prochain rendez-vous c'est avec la CPME. Et naturellement nous avons évoqué les sujets d'actualité. Nous avons parlé bien sûr du blocage des raffineries, je lui ai dit mon sentiment sur ce sujet. Quand il y a un accord majoritaire, il doit s'appliquer, et même quand on n'est pas dans l'accord majoritaire, on doit le respecter. Il faut aussi prendre en compte ce que vivent les citoyens, les entreprises et les services publics. Nous avons aussi évoqué la situation qui est inquiétante à EDF. Tensions dans de nombreuses centrales, négociations.
Je trouve qu'il faut aussi que les entreprises aient conscience de la nécessité de négocier, et qu'elles engagent les négociations suffisamment tôt pour s'éviter, j'allais dire l'épreuve, l'épreuve de la crise sociale. Est-ce que vous trouvez que le gouvernement, puisqu'il semble qu'on sorte de cette crise, l'a bien gérée ? Écoutez, je pense que le gouvernement n'a pas anticipé, je pense qu'il a tardé à prendre un certain nombre de décisions. Qu'est-ce qu'il aurait dû être anticipé ? Par exemple, de promouvoir, et notamment EDF, parce que je vous rappelle qu'EDF c'est maintenant l'État. Pour en rester chez Total, pardon. Non mais, je vous parle aussi d'EDF, c'est l'État.
Et il faut anticiper les négociations salariales. Il faut aussi, une fois que les accords soient trouvés, procéder aux réquisitions nécessaires. Et il faut le faire, de manière des réquisitions ciblées, c'est un outil entre les mains de l'exécutif. Et c'est un outil que je soutiens.
Vous parlez de Total, les négociations sont en cours, la CGT, les syndicats demandent 5% d'augmentation. Vous vous dites, il faut y aller, il faut la raccorder.
Ça c'est EDF, pardon, ça c'est EDF. Pardon, c'est EDF. Vous parliez d'EDF à l'instant. C'est l'objet de la négociation. Je ne suis pas le patron d'EDF. Je dis simplement, l'État étant engagé dans EDF, il faut sortir. Nous ne pouvons pas entrer dans l'hiver, dans une situation de tension, avec les personnels des centrales, alors qu'on doit remettre en route un certain nombre de centrales. Alors bien sûr, c'est une négociation qui est difficile, tendue, sous pression. Mais je pense que le gouvernement a agi avec beaucoup de retard, et sans doute avec une insuffisance d'autorité.
Gérard Larcher, beaucoup de maires aujourd'hui font part de leurs difficultés face à la hausse des factures d'énergie. Que faut-il faire ?
D'abord, c'est une réalité vraiment vécue sur le terrain, de la plus petite commune à la plus grande commune. Vous savez, les communes françaises ont consommé, au 31 juillet dernier, la totalité de leur budget énergie prévu en 2022. Ils n'ont pas de visibilité pour 2023. J'y ajoute, c'est l'effet d'ailleurs de la crise énergétique, j'y ajoute l'augmentation incroyable des prix et des coûts de la restauration scolaire. Dans la plupart des cas, c'est minimum 12%, plus 25%, et ça touche la commune qui a une seule classe, et la commune de 100 000 habitants qui a énormément d'écoles. Ça veut dire qu'il y a des villes aujourd'hui qui sont au bord de la faillite ?
Il va falloir, et il ne suffira pas d'ajuster la DGF, doter les collectivités territoriales d'un bouclier tarifaire comme les entreprises, comme les citoyens.
Les communes, les plus petites communes, ont déjà accès au bouclier tarifaire. Oui, nous l'avions. C'est 30 000 communes, il y en a 36 000.
Oui, il n'y en a que 8 000 aujourd'hui qui éventuellement pourraient avoir accès. Je crois qu'il faut une mesure générale pour les communes, qui peut ensuite être modulée en fonction de la situation de ces communes. C'est une urgence, parce qu'en même temps, l'État, dans la programmation des finances publiques, ne s'impose pas de réduction de ses dépenses. C'est même plus 0,9, alors qu'il impose aux collectivités territoriales une réduction de 0,6% de leur budget.
Vous nous dites qu'il va falloir aider les villes qui n'arrivent pas à faire face aujourd'hui. Pourtant, il y a 15 jours, une note de Bercy a fuité dans la presse, en l'occurrence dans le journal Le Parisien Aujourd'hui en France, expliquant que les villes, les départements et les régions se portent beaucoup mieux que prévues grâce à la hausse des rentrées fiscales. Est-ce qu'il y a une cagnotte cachée ?
Il n'y a pas de cagnotte cachée. Il y a eu des droits de mutation à titre onéreux qui ont bénéficié à un certain nombre de départements du fait notamment des acquisitions immobilières et foncières liées à la crise du Covid. Mais c'est une recette conjoncturelle. Ce n'est pas une recette pérenne. Je peux vous dire, je peux vous dire, pour avoir été dans le Lot-et-Garonne la semaine dernière, dans le puits de Dôme la semaine d'avant, l'inquiétude des élus, l'inquiétude des élus pour tout simplement bougler leur budget 2023. Je me méfie des notes de Bercy qui sortent au moment de la discussion. Mais alors d'où il vient de ces chiffres ?
Ce n'est Gérald Darmanin de l'avoir fait fuiter volontairement ? Je ne le sous-sonne. Pas Gérald Darmanin, mais je me rappelle de Balance ton maire. Pas Gérald Darmanin, Bruno Le Maire. Non, je n'ai pas envie de balancer les maires. Les maires sont en difficulté. Les maires jouent un rôle de proximité extrêmement important. On ne parle jamais de la tension sur les budgets des centres communaux d'action sociale face à la montée de la pauvreté, de la montée de la précarité. Dans la plupart des cas, il faut doubler, voire tripler les budgets des centres communaux d'action sociale.
Gérard Larcher, président des Républicains du Sénat et l'invité de France Info, 8h41. Le fil Info, Maureen Suignard.
Un mouvement qui s'essouffle, celui chez Total Energy. Levé de la grève dans trois sites quand les salariés de Gonfreville et Faisin votent pour la poursuite du mouvement ce matin. A Bruxelles, on parlera aussi d'énergie, de gaz. Les 27 chefs d'État et le gouvernement discutent aujourd'hui de solutions pour limiter la flambée des prix. Il est question d'acheter en commun du gaz pour l'Union Européenne. Des mères et leurs enfants, la France annonce le rapatriement de 15 femmes adultes et 40 mineurs de Syrie. Il se trouvait dans des camps de prisonniers djihadistes. Les adultes sont remises à la justice, les enfants à l'aide sociale.
Après l'acquittement de Michel Platini et Seb Blatter, cet été, le parquet suisse fait appel. L'ancien président de la FIFA, instance du foot mondial, avait été soupçonné d'avoir versé illégalement près de 2 millions d'euros à Michel Platini. Et puis le Sénat, majorité de droite, s'oppose à l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution. La Chambre haute rejette en première lecture une proposition de loi transpartisane soutenue par le gouvernement. Le débat sera de nouveau à l'ordre du jour le mois prochain à l'Assemblée nationale. France Info
Le 8.30 France Info
Toujours avec le président du Sénat, Gérard Larcher, une vague d'émotions a traversé le pays après les révélations sur l'horrible assassinat à Paris de la petite Lola. Dans la foulée, votre camp, les Républicains, tout comme le Rassemblement National, ont tout de suite pointé la responsabilité du gouvernement en dénonçant, je cite, son laxisme migratoire. Est-ce que c'est franchement le moment de parler de ça ?
D'abord, c'est un drame absolu. Et en pensant à ce que vivent les parents de Lola, je pensais à ces vers, je ne vais pas citer exactement, de Victor Hugo, lui qui avait perdu sa fille Léopardine. La douleur des parents ne vieillit jamais. Et je crois que c'est vraiment à ça que j'ai pensé à l'annonce de ce drame. Ce drame doit nous conduire non pas à polémiquer, non pas à manifester, je le dis extrêmement clairement. Mais la polémique qui est née, je ne l'ai pas très bien compris. Parce que c'est aussi le rôle des politiques de poser des questions.
Est-ce que c'est le bon moment de poser ces questions-là ?
Nous le posons depuis longtemps. Nous l'avions posé, notamment, souvenez-vous de l'assassinat du prêtre en Vendée. Les obligations de quitter le territoire français, c'est d'ailleurs très clairement dans un rapport du Sénat du mois de mai, du président de la Commission des lois, François-Noël Buffet, sont exécutés à moins de 10%. Nous aurons un texte... 10%. 20% aujourd'hui, dit Gérald Darmanin, en incluant les retours volontaires. Écoutez, vous écoutez mon chiffre, qui est un chiffre réalisé, qui fait l'obtenir un rapport. Le ministère de l'Intérieur aussi a un chiffre. C'est 9,3% pour l'année dernière.
Et Gérald Darmanin dit que ça s'est amélioré cette année depuis le début de l'année.
Tant mieux. Mais nous aurons un texte sur l'immigration, je crois qu'il n'est pas illégitime de poser la question. J'allais dire, sereinement, on ne peut pas le faire sereinement face à un tel drame, mais en respectant la douleur...
Un peu de décence, dit le gouvernement, en vous entendant.
En respectant. Et d'ailleurs, le gouvernement vient de reconnaître qu'il fallait faire mieux en matière de reconduite, notamment, et d'exécution des obligations de quitter le territoire français.
J'apprécie, puisque c'est le cas qui a été mis en avant à l'Assemblée par un député de votre camp, qui a accusé le gouvernement d'avoir une responsabilité dans la mort de cette fillette.
Je n'utiliserai pas ce mot-là. Je crois qu'il y a une responsabilité collective depuis longtemps à ce que les obligations de quitter le territoire français ne sont pas exécutées. Il va nous falloir nous doter des outils. Des outils, et ça n'est pas simple, ces outils. C'est par exemple le délai qui est donné de 30 jours pour, j'allais dire, quitter le territoire, sans doute le réduire. Ce sont les propositions du rapport de la Commission des lois au mois de mai. Nous aurons l'occasion d'en parler au début de l'année au Sénat, car on nous annonce que le texte sur la politique migratoire viendra en première lecture au Sénat.
Par l'archer, le cas précis de ce qui s'est passé autour de Lola, la suspecte de cet assassinat a été arrêtée à l'aéroport d'Orly. Il y a deux mois, elle faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Elle n'était pas recherchée, elle n'était pas connue des services de police, sauf pour des faits de violence conjugale dont elle était victime. Dans ces cas-là, qu'est-ce que vous changez dans la loi ?
Vous voyez qu'il y a un dysfonctionnement. Vous avez une obligation de quitter le territoire français, et quelque part, il n'y a pas de suite de la décision qui a été prise par la justice. Nous avons donc un problème qui a été très clairement pointé dans le rapport du Sénat entre les services de l'État, leur fonctionnement et la politique migratoire.
Non mais concrètement, qu'est-ce qu'il aurait fallu faire ? Il aurait fallu aller la chercher le 21 septembre, date de la fin de...
Bien sûr, c'est comme ça que...
Mais on va chercher tous les gens, on a assez de policiers pour aller les chercher ?
C'est comme ça qu'on exécute les décisions de justice. Et si on était tout simplement à appliquer la loi, je crois que nous ne connaîtrions pas, parmi les pays de l'Union Européenne, les plus mauvais taux des obligations de quitter le territoire.
Gérard Larcher, diriez-vous qu'il y a, je cite, un lien entre l'hyperviolence et l'immigration de masse ?
Écoutez, la question migratoire, elle crée un certain nombre de désordres. Vous avez entendu, puisque vous me citiez Gérald Darmanin et ses statistiques, quelle était la réalité, notamment dans les transports collectifs. en région parisienne, à Lyon ou à Marseille. Il y a un lien qu'il faut faire, mais ça ne veut pas dire que tous les gens qui sont en situation de migration régulière ou irrégulière seraient des délinquants en puissance.
Cette phrase, c'est ce que dit le candidat que vous soutenez, à la présidence des Républicains, Bruno Retailleau, un lien entre l'hyperviolence et l'immigration de masse. Ça veut dire que vous considérez comme lui que les immigrés sont plus violents que le reste de la population ?
Ils sont dans une situation personnelle, collective, où parfois ils ne sont pas dans le même partage des valeurs. Et la réalité, elle est là. Il y a des violences, il y a de la délinquance. On ne va pas se cacher la vérité. Parce qu'à force de ne pas traiter ces sujets-là, on termine avec le vote italien et on termine avec le vote suédois. Nous devons donc résoudre, avec la dimension des valeurs qui sont les nôtres, avec l'humanité qui doit être la nôtre, avec l'humanisme, mais il faut résoudre ces sujets-là.
Votre collègue Eric Ciotti fait une proposition pour lui. Il faut que toutes les personnes en situation irrégulière soient placées en centre de rétention administratif. Est-ce que c'est votre ligne aussi ?
Les centres de rétention administratif, j'en ai visité un à la frontière espagnole, c'était il y a deux ans, sont nécessaires. D'ailleurs, le ministre de l'Intérieur, toujours lui, vient d'annoncer la création de 300 nouvelles places. Ça ne résoudra pas tous les centres de rétention administratif. Je pense, par exemple, qu'il faut prolonger les délais d'assignation à résidence ou à contrôle après décision d'OQTF, d'annonce supplémentaire, qu'il faut organiser pour que, tout simplement, la décision de justice, elle soit exécutée. Ça paraît évident dans un état de droit. On est en train de s'étonner de devoir rappeler qu'une décision de justice, ça s'exécute.
D'un mot, est-ce que la droite soutiendra et soutient la réforme des retraites du gouvernement ? Oui ou non ?
Écoutez, la réforme des retraites, nous allons en parler dans le PNFSS au Sénat, puisque, pour la quatrième année, le Sénat fera la proposition de réformer les retraites, je rappelle le principe, passage progressif de 62 à 64 ans, accélération du nombre d'années de cotisations nécessaires, convergence progressive des régimes spéciaux, tout en gérant le problème des carrières longues, ceux qui ont commencé notamment à travailler à moins de 20 ans.
64 ans, mais quand ?
Progressif, c'est-à-dire à 3 mois chaque année, ce qui permet d'avancer.
64 ans, c'est ce que propose Emmanuel Macron en 2027 ?
C'est la même chose. C'est la même chose. Et pardonnez-moi, ce n'est pas Emmanuel Macron qui l'a proposé, c'est le Sénat. Et depuis 3 ans, depuis 3 ans, de même, nous serons très attentifs à la question de la pénibilité. Il se trouve que le président de la République a même eu la tentation, dans le PLFSS, de reprendre la proposition que le Sénat fait depuis 3 ans. Il a finalement renoncé à faire. Et finalement, ce sera sans doute au mois de janvier, donc, que nous puissions avoir une convergence, nous verrons le texte qui est proposé. En tous les cas, le Sénat en débattra dès le mois de novembre.
Il y a un débat aujourd'hui dans votre propre camp sur cette réforme des retraites qui est portée notamment par l'un des candidats à la présidence du parti, Aurélien Pradié, qui dit, pas touche à l'âge légal. On ne touche pas aux 62 ans. En revanche, il faut effectivement augmenter la durée de cotisation, accélérer ce qu'on appelle la réforme touraine, c'est-à-dire passer plus rapidement à 43 ans, parce que, si on touche à l'âge légal, on pénalise ceux qui ont commencé à travailler très jeunes. Ça veut dire que, même sur cette réforme-là, votre camp est divisé ?
Écoutez, je ne suis pas en accord avec Aurélien Pradié, avec lequel j'ai aussi des liens d'amitié, pour deux raisons. D'abord, une raison financière, le rendement. C'est horrible à dire, mais le Conseil d'orientation des retraites nous dit qu'il va avoir besoin entre 10 et 20 milliards chaque année. le rendement de la mesure du passage progressif de 62 à 64 ans, puis ultérieurement à 65 ans, c'est 12 milliards. Alors que l'accélération des années de cotisation, c'est 4 milliards. Mais il y a un second sujet, et pardonnez-moi à l'ancien ministre du Travail de m'y arrêter un instant.
Si vous ne changez pas l'âge de référence du départ à la retraite, on continuera à avoir la même procédure vis-à-vis des seniors. On ne formera plus après 55 ans. On utilisera la procédure de pré-retraite la plupart du temps forcée. On n'investira plus dans une politique d'emploi des seniors. Et je crois qu'il y a là une vertu dont on parle trop peu. On continue à conforter qu'au fond, après 55 ans, on n'investit plus dans ceux qui continuent à travailler.
Vous restez avec nous, Gérard Larcher, Le Fil Info, 8h51 avec Maureen Thuignard.
Le Quai d'Orsay annonce le rapatriement de 40 mineurs et 15 femmes adultes de Syrie. Des mères et leurs enfants détenus dans des camps de prisonniers djihadistes. Le mois dernier, la Cour européenne des droits de l'homme avait condamné la France pour ne pas avoir étudié de manière appropriée les demandes de rapatriement de ces familles. A quoi ressemblera les prochains jours ? 20% des stations-service manquent d'au moins un carburant au niveau national. Les salariés de deux sites Total Energy encore en grève, ceux des trois autres suspendent le mouvement. La motion de censure du Rassemblement National contre le gouvernement doit être déposée aujourd'hui après celle de la NUP hier.
Cela fait suite à l'activation du 49-3 par la Première Ministre, article de la Constitution qui lui permet le passage du budget sans vote. C'est le signe d'un échec du gouvernement réagi sur France Info Gérard Larcher, le président Les Républicains du Sénat. Un ultra-trail de 165 km, 10 000 mètres de dénivelé positif et plus de 2 800 coureurs. La célèbre Diagonale des Fous s'élance ce soir de l'île de la Réunion. Le vainqueur l'an passé, le Français Ludovic Pommeret de nouveau sur la ligne de départ. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel
Toujours avec Gérard Larcher, le président du Sénat. Le Sénat, justement, à majorité de droite, s'est opposé hier à l'inscription de l'IVG dans la Constitution. Quand vous voyez ce qui se passe juste à côté de chez nous, chez les Italiens, par exemple, où Giorgia Méloni veut limiter au maximum l'IVG, quand vous voyez ce qui se passe en Hongrie où Victor Orban demande à ce que les femmes entendent les battements de cœur du fœtus, quand vous voyez ce qui s'est passé aux Etats-Unis avec la Cour suprême qui est revenue sur ce droit fondamental, vous ne vous dites pas qu'il faut l'assurer en France ?
Bon, ma boussole, moi, c'est de la loi Veil. Et cette boussole qui est la loi Veil, nous savons, et ça a été déféré cinq fois au Conseil constitutionnel, que l'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui a valeur constitutionnelle puisqu'il est dans le préambule de la Constitution, protège au nom de la liberté des femmes. Et donc, la loi Veil est protégée au titre de cet article 2. Moi, ce qui me préoccupe, mais ce qui me préoccupe pour les femmes, je suis un ancien président de la Fédération hospitalière, c'est les conditions d'accueil, d'accompagnement.
Un certain nombre de femmes n'ont pas encore accès dans des conditions satisfaisantes et humaines à l'interruption volontaire de grossesse et au suivi qui est prévu d'ailleurs par la loi Veil. Ça, c'est une vraie préoccupation.
d'inscrire l'IVG dans la Constitution. Vous savez,
la Constitution, on n'y touche pas, j'allais dire, par pulsion. On y touche quand c'est absolument nécessaire et fondamental. Ça n'est pas une addition d'objectifs, la Constitution. Et donc, la Constitution protège. Protège les femmes. C'est l'article 2, je le répète. Voilà pourquoi je m'applique le principe de Montesquieu. On ne touche à la Constitution que d'une main tremblante.
Gérard Larcher, l'ancien Premier ministre, Jean Castex, a été choisi par Emmanuel Macron pour diriger la RATP. La Haute Autorité pour la Transparence a donné son accord, mais elle a posé plusieurs conditions strictes, strictes, pas strictes, strictes à Jean Castex, notamment n'avoir pendant trois ans aucun contact avec les ministres et administrations qu'il a dirigés, c'est-à-dire par exemple aucun contact avec Bercy, aucun contact avec le ministère des Transports. Est-ce qu'il peut tout de même diriger la RATP dans ces conditions ? Mais d'abord,
je pense que c'est un bon choix, Jean Castex. Il a été choisi pour présider la FIT, donc l'agence notamment qui fait les investissements dans le domaine de transport. Je rappelle qu'il avait eu l'unanimité de la commission au Sénat, c'est-à-dire que quelles que soient les différences d'engagement politique, clairement, il a l'estime. Naturellement, la décision de la Haute Autorité ressemble à une procédure, on dirait en vieux français, d'empêchement. Et que ça n'est pas sans poser naturellement pour le fonctionnement de la RATP demain un certain nombre de sujets. Si le président de la République confirme la nomination de Jean Castex, ce débat viendra au moment de la désignation.
Mais je rappelle que les principes de la Haute Autorité,
le Parlement les a votés. Mais imaginons par exemple demain une grève à la RATP, il ne pourra pas en discuter avec Bercy. C'est ce que je viens
d'évoquer en parlant d'empêchement.
Donc dans l'effet,
il ne peut pas diriger la RATP. Écoutez, laissons les choses, mais c'est vrai que ça devient extrêmement complexe.
Non, ce qu'on veut dire, c'est est-ce que les parlementaires vont voter pour ou pas ? Est-ce qu'ils ont leur mot à dire ?
Écoutez, je crois qu'il y a une grande estime, je l'ai dit, pour Jean Castex. Oui, mais au-delà de la personne, il y a quand même la faisabilité de la chose. Sans doute, le débat viendra en commission, mais je ne vais pas anticiper sur une commission dont je ne suis pas membre. Et j'ai un principe, la liberté absolue chez les sénateurs. C'est, paraît-il, peut-être mon secret.
Justement, Gérard Larcher, les Républicains vont devoir choisir dans quelques semaines le prochain patron du parti. Trois candidats principaux, Aurélien Pradié, Éric Ciotti et Bruno Retailleau. Et donc, pour vous, c'est Bruno Retailleau. Si c'est Éric Ciotti qui est élu dans quelques semaines, vous restez à bord ou pas ?
Écoutez, d'abord, c'est un débat qui se déroule et on ne peut pas, j'allais dire, se plaindre qu'il y ait un débat démocratique à l'intérieur d'une formation politique qui a besoin de se reconstruire. Je constate qu'entre les candidats, et notamment les trois, mais je ne veux pas non plus éliminer les autres candidats, il y a un point commun. Il croit à l'avenir d'une droite qui ne soit pas, j'allais dire, coalisée dans la majorité d'Emmanuel Macron relative et une droite qui soit étanche à l'extrême droite. Je le dis clairement parce que il ne faut pas confondre. Vous entendez ce matin, Marc Fauvet, la droite et l'extrême droite, ce n'est pas la même chose. Dans le cas d'Éric Ciotti,
Gérard Larcher, vous dites une droite
qui serait étanche à l'extrême droite.
Éric Ciotti avait dit entre Macron et Zemmour, je voterai Zemmour. C'est de l'étanchéité ou pas ça ? Depuis,
il a retiré cette position-là de manière très claire. Et je soutiens Bruno Retailleau parce que je pense qu'il est à l'équilibre, qu'il a des convictions, qu'il veut refonder profondément la droite. Aurélien Pradié, lui, il parie sur le social, qu'il n'est pas quelque chose qui me déplait, sur la jeunesse. Il parie aussi...
Mais si c'est Éric Ciotti, Gérard Larcher, est-ce que vous allez lui demander des garanties sur la ligne du parti ?
Écoutez, nous en avons discuté il y a quelques jours tous les deux. Je pense que c'est à nous tous et pas simplement Éric Ciotti, pas simplement à Bruno Retailleau, pas simplement à Aurélien Pradié ou Serge Groir de décider de ce que sera la ligne du parti. à Parti Républicain. Lui, il a déjà décidé d'une chose. C'est un parti qui redéfinira sa ligne et sa ligne, pour moi, elle est très claire. Elle s'inscrit, j'allais dire, dans les valeurs qui nous rassomment, mais elle s'inscrit aussi dans une nouvelle perspective pour retrouver la confiance des Français. Merci Gérard Larcher, bonne journée à vous.
Gérard Larcher