Législatives : Des élections sous tension - L'Actu de la semaine
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Les amis, c'est parti, je vous propose qu'on enchaîne avec l'actualité de la semaine, c'est parti pour l'actualité de la semaine. Merci les amis, merci beaucoup. L'actualité, cette semaine, évidemment, c'était la suite de la dissolution le 9 juin dernier par Emmanuel Macron de l'Assemblée nationale. Les élections législatives sont convoquées pour le 30 juin dimanche prochain et le 7 juillet pour le second tour. On s'était quitté jeudi 13, on était avec François Ruffin en direct sur Backseat peu avant la finalisation de l'accord de la création du nouveau Front populaire.
Il y a une accélération du temps politique absolument phénoménale depuis la reconfiguration express du champ politique après les élections européennes. Il s'est passé énormément de choses ces dernières 24 heures, ces dernières 48 heures et on a plusieurs invités politiques au cours de cette émission Backseat. On va commencer par un invité un peu curieux que l'on va retrouver tout de suite en visio. Il est avec nous. Il s'agit d'Aurélien Rousseau. Aurélien Rousseau, bonsoir, vous m'entendez ?
Bonsoir, je vous entends très bien.
Merci beaucoup d'accepter notre invitation Aurélien Rousseau dans l'émission Backseat. Vous êtes Aurélien Rousseau une personnalité particulière puisque vous avez été dans votre jeunesse un militant communiste. Vous faisiez campagne à la mairie de Paris pour en 2001 avec le parti communiste. Ensuite vous êtes devenu haut fonctionnaire, directeur de l'agence régionale de santé d'Île-de-France. Et puis on vous a retrouvé plus tard, directeur du cabinet d'Elisabeth Borne lorsqu'elle était première ministre et lorsqu'elle portait notamment la réforme des retraites. Puis vous avez été ministre de la santé, c'était l'année dernière.
Et vous voilà, candidat, dans la septième circonscription des Yvelines, du côté de Verneuil-sur-Seine, candidat du nouveau Front populaire. C'est extrêmement étrange de vous retrouver là Aurélien Rousseau. Qu'est-ce qui se passe ? Comment ça s'est organisé ça ?
En fait, dans le déroulé que vous faites et qui est tout à fait juste, il y a un petit élément qui manque. C'est que le 19 décembre dernier, au moment où la loi immigration a été adoptée avec l'accord du gouvernement et de la majorité, moi j'ai démissionné du gouvernement. J'ai démissionné sur un désaccord politique profond. Je dois dire, comme on est entre nous, que ça n'est pas facile de quitter un gouvernement, ça n'est pas facile de quitter une équipe, une aventure, un sujet comme la santé qui me tient beaucoup à cœur.
Mais je considérais qu'à la fois la loi immigration et puis globalement l'orientation politique du gouvernement, elle était désormais beaucoup plus clairement ancrée à droite. Et pour reprendre un vieux vocabulaire, mais qui fait un peu écho au débat que vous aviez tout à l'heure sur le streaming, c'est que je considérais qu'en votant majorité de l'époque, les Républicains et le RN, une loi sur l'immigration, en fait le vainqueur de tout ça, c'était le Rassemblement National, parce que c'était une victoire idéologique ou culturelle, puisque à ce moment-là, que pouvait-on pointer comme désaccord de fond, si même sur l'immigration, on allait sur leur terrain ?
Donc moi j'ai quitté le gouvernement il y a bientôt 7 mois, et il y a quelques jours, et tout ça vous l'avez décrit, vous aviez dans Baxit il y a 15 jours François Ruffin, tout est allé très vite, et moi Raphaël Glucksmann m'a proposé de m'engager, je dois dire que ce n'est pas la situation la plus confortable, au-delà du fait d'être là, assis sur un mur à Melan-Yvelines pour discuter avec vous, mais je me suis dit qu'il y avait aussi une responsabilité de montrer que des gens comme moi, de gauche, qui ont fait une partie du chemin avec la majorité, avec le Président de la République, qui ont eu à un moment un désaccord politique, rentré dans la mêlée, parce que ce qui se joue là, c'est bien au-delà simplement des postures, le Rassemblement National il mène un combat idéologique, et j'allais dire le premier champ dans lequel ça va se jouer, c'est les libertés publiques, le droit, tous les droits publics, et notamment tout ce qui se passe sur Internet, tout ce qui se passe sur les réseaux.
On a des questions à vous poser, Usul.
Oui, bon, c'est allé très vite, et en même temps, ça fait 7 ans quand même que Macron est là, il y a quand même eu beaucoup de choses qui se sont passées en 7 ans, il y a des gens pour qui ce qui est en train de se passer aujourd'hui n'est pas une totale surprise, on parlait de liberté publique, il y a eu la loi sécurité globale, etc. Vous avez été dans un gouvernement dans lequel il y a d'art manin depuis longtemps, dans lequel il y a eu des marqueurs forts de droite ou d'extrême droite, même des mots employés assez régulièrement, qui étaient des mots très durs. Comment vous analysez la situation aujourd'hui ? Comment on en est arrivé là ? Et quelles sont les responsabilités de chacun ?
Vous en endossez quelques-unes aussi ? Oui, moi j'en endosse quelques-unes, j'allais dire sans difficulté, avec du remords, avec un sentiment d'échec. Quand on est, mais même au-delà d'être une responsable politique, quand on a voué sa vie professionnelle au service public, être dans une situation où on se bagarre pied à pied pour éviter que le RN prenne le pouvoir dans ce pays, c'est un échec. Et cet échec, il date, il s'est sans doute accéléré, j'évoquais tout à l'heure la situation depuis six mois, mais la gauche doit en endosser une responsabilité. Et tout le monde doit en endosser une responsabilité.
Il y a eu, par exemple, une très belle tribune, moi j'ai trouvé Dariane Mnouchkine, il y a quelques jours, qui expliquait y compris que toutes ces tribunes que vous évoquiez tout à l'heure, des artistes ou des intellos dans les années 90 ou 2000, à la fin, elles avaient contribué d'une certaine manière à donner le sentiment que voilà, c'est comme ça qu'il fallait penser. Et les gens que je croise, moi, ils ont d'abord ce qu'ils disent, c'est on ne nous respecte pas. Alors évidemment, ça parle du président de la République, mais ça parle de tous les politiques, on ne nous écoute pas. On nous dit vous ressentez ça, mais en fait, vous devriez ressentir autre chose.
Et ce truc, le RN surfe dessus, et il surfera dessus, et le drame de tout ça, c'est que c'est les plus fragiles qui vont s'en prendre plein la gueule. Ça, c'est écrit d'avance, et c'est même écrit très clairement dans leur programme.
Aurélien Rousseau, aujourd'hui, vous êtes candidat avec la bannière du Nouveau Front Populaire. Donc, si vous êtes élu député, ce sera avec le soutien des lecteurs, de Jean-Luc Mélenchon, de Fabien Roussel, de Marine Tondelier, enfin voilà, de l'ensemble de la gauche et de la pluralité de la gauche. Dans le programme du Nouveau Front Populaire, il y a la retraite à 60 ans. Vous étiez directeur de cabinet d'Elisabeth Borne au moment de la réforme des retraites qui la passe à 64 ans. Je vais être très clair, si demain, vous êtes dans une majorité Nouveau Front Populaire à l'Assemblée nationale, est-ce que vous votez l'abrogation de la réforme des retraites ?
Vous dites, pardon, deux choses différentes. Je vote l'abrogation de la réforme des retraites. Ça, c'est l'engagement qui est posé. Et il y a une formule un tout petit peu plus subtile, si je puis dire, ou à tout le moins, qui marque que, parce que ce n'est pas du jour au lendemain, la gauche, dans sa diversité, n'a pas trouvé des convergences sur tous les sujets. Ça serait prendre les gens pour des abrutis que de dire ça. On s'est, en partie, la gauche s'est déchirée ou s'est tapée sur la figure pendant des années. Ce n'est pas en trois jours qu'on a trouvé un accord sur tout.
Moi, ce que je dis, et là aussi, je ne vais pas faire semblant, j'étais directeur de cabinet de la Première Ministre. J'avais donc un rôle dans ce dispositif. J'ai essayé, comme d'autres, jusqu'au bout, de trouver un accord avec les partenaires sociaux. Et je pense que, comme on n'a pas trouvé d'accord avec les partenaires sociaux, s'il y a un chemin pour trouver cet accord, il faut se remettre autour de la table, parce que le pays et la démocratie, elle est tellement abîmée, et encore une fois, pas que de la faute d'Emmanuel Macron, elle est tellement abîmée, qu'il faut faire confiance à la démocratie sociale.
Et c'est ce qu'on a raté, ce qui a été raté dans la réforme des retraites, après, sur l'âge de 60 ans. Moi, je dis aussi très clairement, je pense qu'il y a des gens, et j'en croise beaucoup dans cette septième circonscription des Yvelines, qui ont eu des carrières qui sont pénibles, sans comparaison, par exemple, avec moi, ce que je vis, ou que peut-être une partie d'entre vous vivez. Moi, je n'ai pas de problème à penser que je devrais travailler plus longtemps pour permettre que le système par répartition tienne le coup, parce qu'à la fin, ce système par répartition, s'il s'effondre, c'est les fonds de pension qui prendront le relais. Ce seront des discussions qui animeront...
Mais je finis, et je finis juste, pardon, et aussi, il faudra aussi trouver des recettes complémentaires, parce que c'est là, moi aussi, où j'ai un désaccord que j'avais exprimé, c'est que je pense qu'aujourd'hui, la fiscalité doit être revue. Il y a des super-riches qui échappent aujourd'hui à la contribution à cette solidarité nationale.
On a entendu, en tout cas, votre réponse. Vous, voterez l'abrogation de la réforme des retraites. On retombera donc sur l'ancienne réforme qui avait un âge de départ à 62 ans, et il reviendra éventuellement au nouveau populaire, de proposer une nouvelle réforme pour revenir à 60 ans. Qui fera l'objet de discussions à gauche ? Je n'en doute pas. Saphia ?
Oui, je voulais vous poser une question, M. Rousseau, parce qu'on sent que ce n'est pas très facile, toujours, de répondre à nos questions, et qu'il y a toujours le mot de l'accord, du compromis qui revient. Moi, vous savez, j'ai une hypothèse, c'est qu'Emmanuel Macron va essayer de reconstruire un bloc centre, parce qu'en vrai, c'est un peu la fin du macronisme. Si Emmanuel Macron, la majorité, vous propose de faire alliance, vous acceptez au Parlement ?
Alors moi, là-dessus, je suis... La question, vous avez raison de la poser, elle est parfaite pour légitime. C'est compliqué, hein ? Mais non, je vais répondre tranquillement, je vais répondre tranquillement. Moi, il y a le 30 juin et le 7 juillet. Moi, par exemple, le 30 juin, j'ai dit que si la candidate macroniste était devant moi, face au RN, je me retirerais à son profit. Et je trouve que c'est une manœuvre un peu grosse qu'aujourd'hui, le camp présidentiel essaie d'utiliser, en sautant par-dessus ça.
Moi, j'attends d'abord qu'ils nous disent clairement qu'ils ne mettent pas un signe égal entre le nouveau Front populaire et le Rassemblement national, qu'ils ne mettent pas un signe égal entre la France insoumise et le Rassemblement national, et que ce qu'on va faire ensemble, c'est barrer la route au Rassemblement national. Et ensuite, du coup, moi, aujourd'hui, mon obsession, c'est de ne pas avoir la gueule de bois collective le 8 juillet au matin avec une majorité absolue pour le Rassemblement national. Après, aujourd'hui, je me présente sur des engagements extrêmement clairs, notamment, vous l'avez évoqué, par exemple, sur la réforme de retraite ou sur la loi immigration.
Là, personne ne me dira que je manque de cohérence. Et je ne crois pas aujourd'hui, après ce qu'on s'est pris dans la figure sur « vous êtes », moi, on me dit quand même ici que la grande majorité, que je suis un islamo-gauchiste. Ce qui, au-delà du fait qu'il faudrait un peu définir ce terme, est un peu étrange. Bon, voilà. Donc, moi, je pense que ce que fait aujourd'hui le camp présidentiel, c'est de rendre encore plus difficile déjà un rassemblement des Républicains, les Républicains, pas le parti, mais les Républicains au sens le plus noble du terme, au second tour.
Donc, l'idée d'une majorité d'un bloc central, même aujourd'hui dans les chiffres, dans les projections, elle ne se dessine pas. Et puis, par ailleurs, j'ai été ministre de la République. C'est un honneur immense. Si je suis candidat aujourd'hui pour être député, ce n'était pas un coup de billard à trois bandes quand j'ai démissionné il y a sept mois. Je n'avais pas prévu aussi précisément la dissolution.
Non, personne n'avait vraiment prévu, à part quelques conseillers autour du président de la République. Parlons-en, et ce sera ma dernière question, parce que vous devez partir, vous avez une réunion publique pour convaincre vos électeurs juste après. Dernière question, qu'est-ce que vous pensez d'Emmanuel Macron qui renvoie dos à dos la France insoumise et le Rassemblement national ?
Écoutez, on ne serait pas dans une période aussi grave. J'aurais un petit sourire. Mais là, j'ai basculé du sourire à la stupéfaction, et maintenant de la stupéfaction à la colère. Non, ce n'est pas pareil. Le Rassemblement national, il a pu maquiller la cadillac volée sur tous ses éléments de programme économique. Sur ces éléments de programme, on le disait tout à l'heure, liberté publique ou les déclarations complètement folles sur le fait qu'on traiterait différemment des Français binationaux, de Français qui auraient uniquement la nationalité française. Il n'y a pas de doute. Le Rassemblement national, il est chimiquement pur.
Son ossature idéologique, c'est un parti xénophobe, c'est un parti du rejet, c'est un parti de la peur, c'est un parti des coupables. Et à côté de ça, on a une alliance de gauche. Encore une fois, je ne dis pas qu'on est d'accord sur tout. Je ne dis pas qu'il n'y en a pas avec lesquels, il y a six ou huit mois ou un an, je ne m'engueulais pas, avec qui je peux encore m'engueuler aujourd'hui, mais ceux qui me rapprochent d'eux est infiniment supérieur à ce qui me sépare d'eux. Et renvoyer ces pseudos, il y a un extrême d'un côté, le Rassemblement national, et de l'autre, il y a une alliance avec des dingos gauchistes aussi délirants que François Hollande ou que moi.
Donc, il faut là-dessus se remettre un peu les pieds sur terre. Et je pense qu'en fait, faire se renvoie dos à dos. À la vérité, c'est ni le Rassemblement national, ni le Front populaire, mais surtout ni le Front populaire. C'est le choix du Rassemblement national.
Merci beaucoup, Aurélien Rousseau, d'avoir accepté notre invitation ce soir dans Backseat. Merci pour vos réponses extrêmement intéressantes. On vous laisse. Effectivement, vous avez une réunion publique qui ne va pas tarder à commencer. On va continuer à discuter sur cette campagne. On peut réagir si tu le souhaites. C'est une candidature particulière, ça, Aurélien Rousseau. Je suis très content qu'on l'ait eue ce soir dans Backseat parce qu'on avait des questions à lui poser.
Elle était très bonne, la question de Safia. En effet, comment il va se comporter ? Parce qu'il a dit, quand on dit la question des responsabilités et qu'il réponde à la gauche aussi, elle a des responsabilités. J'imagine qu'il ne pense pas à la gauche qui a rejoint Macron, comme lui, et qu'il pense à celle qui, au contraire, essaie de tenir tête à Macron. Alors, peut-être qu'elle a mal fait, qu'elle n'a pas bien fait, je ne sais pas. Du coup, qu'est-ce qu'il va faire, lui, une fois dans cette gauche ? Qu'est-ce qu'il aurait dû faire, cette gauche ? Et quelle force il incarnera dans cette gauche face à, j'imagine, des gens avec lesquels il n'est pas d'accord dedans ?
On voit bien que ça va être, en effet, une force d'opposition de droite à l'intérieur même de la gauche. Mais le Front Populaire, c'est une recréation du PS. C'est marrant, je ne savais pas
que Glucksmann était venu le chercher. Si, si, si. Oui, en tout cas, c'est une réhabilitation du PS. Je veux dire, Aurélien Rousseau, François Hollande et de l'autre côté, Jean-Luc Mélenchon, ça s'appelle le Parti Socialiste des années 2000. Tout à fait. On va pas refaire le PS, là. Si, si, si, c'est grave.
C'est une réhabilitation du Parti Socialiste. Et en tout cas, moi, ce qui m'a surpris, alors c'était effectivement particulier d'avoir Aurélien Rousseau et j'ai été très attentive à ses réponses. On sent qu'il marche sur des jeux. Ça se sent quand même énormément. C'est-à-dire que sur la question de l'alliance par rapport à la Macronie, il n'est pas sûr. Il tient en tout cas des engagements programmatiques.
Mais la réalité, c'est qu'il ne tire pas les bilans de la montée de l'extrême droite et du fait qu'il y a, en tout cas, moi, je le vois en tant que militante antiraciste dans les Outre-mer et dans les quartiers populaires, des percées de l'extrême droite dans une colère anti-Macron, mais également anti-Hollande. Et donc, en fait, je pense que c'est important de comprendre la colère anti-Macron et anti-Hollande dans une espèce de continuité qu'Aurélien Rousseau est en train d'incarner. Et donc, aujourd'hui, quand on parle pour le NFP de faire voter les abstentionnistes, il faut regarder le niveau d'abstention dans les quartiers populaires et dans les Outre-mer.
Ce n'est pas une sociologie électorale qui pourra basculer comme ça avec des personnages à la Hollande et à l'Aurélien Rousseau qui incarnent, et je prendrai un mot qui m'importe, le mot de la trahison. Premièrement, et après, je terminerai sur ça, ça rend aussi, à mon sens, peu stable la question du nouveau front populaire, parce que cette recomposition d'alliances ou pas avec la Macronie, c'est quelle durée de vie aussi aura ce nouveau front populaire au vu de la durée de vie de la NUPES.
Moi, ce qui me préoccupe en tant que militante de terrain, c'est la conséquence que va avoir les déceptions, les trahisons issues de ce nouveau front populaire et que c'est aussi sur ces trahisons, ces déceptions, que repose la montée du Rassemblement National.
Ça a l'avantage de niquer l'argument de l'extrême-gauche.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire, Emmanuel Macron qui dit que le nouveau front populaire est d'extrême-gauche, la réponse, c'est « Non, regardez, il y a Aurélien Rousseau et Hollande dedans. »
Tout à fait. Après, franchement, c'est un manque de culture politique de dire que le NFP est d'extrême-gauche ou même de dire que LFI est d'extrême-gauche. Non, mais ça, c'est Emmanuel Macron
qui, de toute façon, n'a pas de culture politique.
Oui, voilà, il n'a pas de culture politique
d'un bigorneau. Donc non, c'est pas Emmanuel Macron qui, voilà. Mais quand il a cet argument-là et qu'il essaye de faire peur aux électeurs en disant « Ah, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Luc Mélenchon, etc. » Tu dis « En fait, non, regarde, c'est une alliance de gauche, il y a des gens différents, c'est une gauche plurielle. Il y a plusieurs gauches dedans et il y a, y compris, une gauche à la Hollande et à Rousseau. Et je pense que ça peut rassurer des électeurs. Émilien ?
Oui, j'ai été un poil surpris qui parle. Enfin, il avait l'air très, très vémant dans son engagement anti-RN, etc. Des questions de santé, des populations précaires, etc. La circo dans laquelle on l'a envoyée n'est pas, c'est la septième des Yvelines. C'est pas bien violent comme en termes d'extrême droite, je pense. C'est gagnable ou pas, tu sais ? C'est gagnable, je pense, parce qu'il y a Nadia Hay, donc la d'un collègue, avait gagné que de 55, ce qui est face à une socialiste ou un socialiste la dernière fois. Donc bon, avec une baisse, et puis la profil d'Aurélien Rousseau, quand même très Yvelines compatible, si on peut le présenter comme ça.
Donc c'est cohérent de l'envoyer là-bas, mais j'aurais presque lui demandé d'abord pourquoi là, parce que son accent de chantant du Sud ne le présente, je ne pense pas qu'il venait des Yvelines. Et il vit peut-être maintenant avec l'ancienne, il vit avec l'ancienne conseillère de santé de Macron, mais ça, c'est autre chose. Oh, les ragots maintenant. Non, c'est pas un ragot, c'est officiel, mais il a tout un avis sur la forme des retraites. Mais c'est pas, en termes de combat contre l'extrême droite, il n'est pas allé en première position. Bon, après, ils ont eu raison électoralement, mais... Oui, sans doute. La sociologie...
Oui, le PS s'est beaucoup battu là-dessus, en disant, il reprochait à la France Insoumise, évidemment, le PS, avec leur ancrage local, il reprochait à la France Insoumise de ne pas comprendre qu'il y a des territoires dans lesquels, machin. Bon, tout ça pour finir par un parachutage, mais en disant, il faut faire du circo par circo, regardez, nous, on serait plus fort pour gagner celle-là, etc. C'est un peu leur argument. En termes d'engagement personnel, je vais me demander ce que ça représente quand même.
On revient sur cette campagne-là qui a démarré fort fort pour ces élections législatives. Elle est quand même dominée dans les médias par les accusations d'antisémitisme contre la France Insoumise. Et c'est absolument spectaculaire à quel point c'est martelé, répété, que c'est devenu un thème numéro un, la lutte contre l'antisémitisme de cette campagne. On a même Aurore Berger qui a appelé à faire barrage à la France Insoumise, carrément. Enfin, je veux dire, c'est assez impressionnant les sauts qui ont été faits vers l'ignominie dans cette campagne. Comment est-ce que la France Insoumise et la gauche se retrouvent à incarner un camp qui sortirait du champ républicain ?
Comment on en est arrivé là ? Safia, t'en penses quoi ?
Moi, je pense que l'antisémitisme est aujourd'hui victime d'une instrumentalisation politique où, en réalité, ça a commencé même sous Manuel Valls où, en fait, l'antisémitisme devient une arme pour détruire ses adversaires politiques alors que, je le rappelle, en 2012, il y a quand même des enfants qui ont été assassinés parce que juifs en France. C'est de cette réalité dont on parle. Donc, en fait, moi, ça me rend malade que ça puisse... Comment ?
Les attentats de Toulouse ?
Exactement. Oui, c'est ça. Les attentats de Toulouse commis par Moine Medmera. Donc, en fait, moi, ça me rend malade qu'on retire à l'antisémitisme toute sa dimension de racisme structurel pour en faire une arme politique et, en plus, ça contribue à diaboliser la gauche et la France insoumise mais la conséquence première, c'est de normaliser l'extrême droite et de faire augmenter l'islamophobie. Je m'explique. Ces gens-là, quand on les écoute, ils disent que la France insoumise a un antisémitisme électoraliste.
Et moi, ce qui m'inquiète, c'est qu'en fait, la petite musique derrière, quand on entend antisémitisme électoraliste, ça veut dire qu'ils sont antisémites pour faire voter les musulmans. Alors, au bout d'un moment, il faut arrêter de se foutre de la gueule des gens. Non, quand les musulmans, ils lisent Jean-Luc Mélenchon écrire dans son blog que l'antisémitisme est résiduel, chose avec laquelle je pense qu'on est beaucoup à être en désaccord. Non, les musulmans, on n'est pas en mode « Oh là là, c'est trop bien, on va voter pour Jean-Luc Mélenchon ! » Au bout d'un moment, il y a un truc qui se dit « Quel parti prend position contre l'islamophobie ?
Il prend position contre la stigmatisation du voile et surtout, c'est une dimension un peu complotiste-islamophobe qui me dérange énormément cette petite musique et je voudrais terminer sur quelque chose qui me tient à cœur, c'est que ça vient normaliser l'extrême droite. C'est-à-dire que l'extrême droite, ça fait des années qu'ils sont en opération séduction de la communauté juive de France. Moi, je vois que ça fait des dégâts chez mes proches et le problème, c'est qu'en fait, nous, ce qu'on dit très peu, c'est que malgré ce visage qu'essaye d'avoir à l'extrême droite, ils ont pour pilier politique et pour structuration l'antisémitisme dans leur programme. Je m'explique.
Quand ils, vous savez, déroulent le programme sur la double allégeance
et la binationalité... Absolument, c'est très très antisémite, ça. Exactement. Mais il faut le savoir.
Mais il faut le savoir. Et donc, du coup, là, je m'adresse à vous, auditeurs et auditrices de Backseat. Je vous invite à regarder l'interview de Jean-Philippe Tanguy sur Quotidien qui justifie en disant « Ouais, mais nous, c'est que pour des postes stratégiques parce que la binationalité, le problème, les Amis... »
Sauf dans les centrales thermiques.
Sauf dans les centrales thermiques, c'est clair, putain ! Puis, c'est pas très déshonorable, la centrale thermique, quand même. La double allégeance, c'est un concept qui a structuré l'antisémitisme en France du 19e au 20e siècle et notamment l'affaire Dreyfus, c'est-à-dire qu'était accolée aux personnes juives, le fait qu'elles étaient insidieusement des traîtres et une double allégeance, c'est-à-dire entre la France et l'étranger.
Et pareil, quand vous entendez Éric Zemmour parler et dire dans son révisionnisme constant que Pétain a sauvé les juifs de France, a sauvé les juifs français alors qu'il n'y en avait plus parce que les juifs ont été déchus de leur nationalité pendant le collaborationnisme, en fait, ces gens-là, ils se servent du révisionnisme de la Shoah et de l'antisémitisme pour aujourd'hui attaquer les musulmans et les immigrés. Donc, en fait, l'antisémitisme, l'islamophobie et le racisme sont profondément liés et c'est l'antisémitisme structurel dans leur programme qui leur permet aujourd'hui d'être islamophobes et racistes.
Il y a aussi un autre truc dans cette instrumentalisation de l'antisémitisme qui est plus lié à cette année, c'est le conflit israélo-palestinien et c'est le génocide à Gaza parce qu'en attaquant la France insoumise en leur reprochant d'être antisémite, il nique aussi l'argument de dire on soutient le peuple gazaoui, tu es suspect d'antisémitisme dès lors que tu soutiens le peuple gazaoui. Et ça, c'est un truc qu'il développe énormément dans les médias que je trouve extrêmement dangereux et qui essaye de saper ce soutien, toute cette émotion qu'on a tous eue cette année au moment des frappes israéliennes à Gaza
On devient leur rempart pour leur impérialisme. En fait, laissez-nous tranquille. Lâchez-nous les bottes. Et le pire, c'est que ça vient alimenter en plus le cliché de lien entre les personnes juives et Israël dans un contexte où les actes antisémites ont augmenté depuis le 7 octobre et c'est criminel de faire ça.
Et en effet, les deux se mélangent assez bien, c'est-à-dire l'antisémitisme et l'islamophobie. Et dans cette question d'allégeance, par exemple, dans la représentation de ces gens-là et des assignations qu'ils ont en tête, en effet, pour le coup, les juifs de France auraient une allégeance commune parce que, en fait, c'est le camp occidental et on le retrouve d'ailleurs dans, finalement, le soutien à Israël est un soutien au camp occidental. A l'inverse, les musulmans sont évidemment l'autre camp, l'axe du mal, après le 11 septembre, etc. Et donc, les musulmans sont l'ennemi de l'intérieur, toujours suspectés.
C'est quand même une des seules populations où si on essaie de faire des discours politiques où on dit c'est un peu chaud l'islamophobie, on dit ah non, non, là vous faites du clientélisme où vous êtes en train de parler à une population précise. Mais attendez, il y a plein de fois où, je ne sais pas, Macron veut parler aux jeunes, Macron veut parler aux vieux, on veut parler à ceux-là, on veut parler à ceux-ci, on veut rassurer telle communauté, etc. Par contre, les musulmans, il ne faut pas leur parler. Ils ne devraient même pas avoir de débouchés politiques.
En fait, il ne devrait pas y avoir de débouchés politiques à ces potentiels ennemis, ces sauvages de l'intérieur qu'il faudrait continuer à pouvoir dresser un petit peu. Et les accusations d'antisémitisme, finalement, elles ne concernent pas tellement l'antisémitisme sur la manière dont elles sont utilisées dans l'espace public parce qu'il y a 40, 50 candidats RN là. J'en ai encore vu aujourd'hui des nouveaux où on va sur leur Facebook, on trouve des trucs là-dessus et on n'emmerde pas le RN avec ça. Mais ça délire,
Agnès Pajard, candidate à Paris qui dit des trucs de ouf en mode le peuple élu, la fendomie, elle dit des trucs de zanzan
sur ces réseaux. Ce qu'il reprochait, c'est au contraire le soutien aux musulmans de France. Et c'est le négatif de ça, de traiter uniquement la France insoumise d'antisémites, c'est qu'ils ont eu le malheur de défendre ce qu'il ne faut pas défendre. Donc il faut trouver quelque chose d'infamant en effet. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu des déconnades d'un tel ou un tel à un tel moment donné. Ça ne doit pas nous dispenser et dispenser notre camp de réfléchir aussi à...
Et comme il y en a eu sur l'islamophobie, sur les violences sexistes et sexuelles. Et jamais, jamais, jamais on ne peut en fait mettre dos à dos les biais racistes qui traversent notre camp social avec l'antisémitisme et le racisme de l'extrême droite. Jamais.
On a un rapport de la CNCDH que tu as regardé de près, Emilien,
sur l'antisémitisme. Tu peux nous en parler ? La CNCDH, c'est la Commission nationale consultative des droits de l'homme. Elle rend un rapport annuel qui interroge à la fois les actes commis, donc xénophobes, racistes, antisémites et les préjugés. Les préjugés, c'est une enquête qui est menée par des chercheurs, notamment du Centre d'études européennes et autres. Il y a Vincent Tibérine, Onamayère, Youmando, Thomas Ovitale, qui vont regarder les déclarations des gens sur les différents préjugés sur l'antisémitisme, sur l'antiziganisme, sur l'islam, etc. Et donc, ils montrent deux choses intéressantes, si on veut.
C'est d'une part, un, l'augmentation énorme, un record absolu d'actes antisémites. Alors, il n'y a pas que antisémites, il y a aussi une augmentation tendancielle des actes racistes, mais une augmentation des actes antisémites, notamment en octobre, novembre et un peu décembre, qui sont donc évidemment liées à l'actualité en Israël et en Palestine. Et puis, autre chose, c'est, alors il faudra voir combien de temps ça dure, mais un petit recul de la tolérance quand même.
Alors, elle est en augmentation tendancielle depuis très longtemps, notamment les nouvelles générations sont beaucoup plus tolérantes que les anciennes, mais on voit que cette année, il y a un recul, un petit recul de la tolérance chez certaines personnes. et elle a notamment produit des résultats intéressants parce qu'on parlait d'antisémitisme. Bon, on sait que traditionnellement, l'antisémitisme, il est plus fort aux deux pôles et il est plus fort dans le pôle de l'extrême droite.
Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que tendanciellement, il y a plutôt une, on voit ici les chiffres, par exemple, si vous regardez, si vous regardez en fait, donc vous voyez par exemple la ligne orange en bas, vous avez en effet une forme de U, ça remonte aux extrêmes d'antisémitisme. Vous voyez qu'en 2023, cette ligne verte, en fait, on a vraiment une augmentation presque linéaire, une forte corrélation entre le fait d'être plus à droite et le fait d'être plus antisémite et en tout cas de rentrer dans la catégorie des réponses antisémites sur l'allégeance des juifs à Israël, le pouvoir de l'argent, etc.
Donc, ce qu'on voit, c'est que, évidemment, on n'est que jeune il y a des problèmes dans le sémitisme et de clichés un peu partout, mais qu'on a quand même plus de 50% des gens à droite et à l'extrême droite qui sont aujourd'hui plutôt l'électorant on va dire du RN qui ont des préjugés antisémites et je ne parle pas d'autres chiffres comme l'autodéclaration de est-ce qu'on est un peu raciste ou pas, on n'a plus de la moitié des électeurs RN qui affirment que oui. Au moins, c'est... On est complexé ? Un peu. Au moins, c'est honnête mais donc ça perd...
Et je termine juste par une chose, le rapport rappelle que oui, il y a un antisémitisme extrême gauche, pas tout le monde mais évidemment, ça existe, oui, il y a un antisémitisme chez lectorat musulman mais quand on regarde en fait, c'est quoi le gros des antisémites aujourd'hui, ils ne sont pas musulmans, ils ne sont pas extrême gauche, c'est des gens plutôt sans ascendance étrangère, plutôt catholiques ou sans religion et qui sont plutôt à droite voire très à droite.
Donc, ça demande d'être remis en place parce que comme ça a été dit, il y a quand même une forme de délire aujourd'hui, voilà, il y a des gens qui ont fait des fautes mais il y a un délire aujourd'hui sur la France semise et sur l'antisémitisme, il y a quand même des gens qui ont expliqué que c'était à la faute de la LFI ce qui est arrivé à Courbevoie, une jeune fille quand même qui a été violée avec des propos antisémites qui ont été tenus, on ne peut pas faire ça, on ne peut pas dire ça sur un truc aussi atroce que ce qui est arrivé à cette jeune fille. Donc, à un moment donné, il faut peut-être se calmer et le fait de pouvoir gagner des voix ne justifie quand même pas tout.
Et d'ailleurs, je termine, Tal Brutman, historien de la Shoah, moi je trouve ça très dérangeant, y compris cette obsession sur la communauté musulmane à essayer d'y chercher l'antisémitisme. En fait, l'antisémitisme est structurel, il vient traverser toutes les couches sociales et surtout, Tal Brutman dit quelque chose, cet historien de la Shoah, je vous invite à lire ses travaux, il dit que... C'est une vieille tradition européenne.
Exact, mais c'est surtout que quand on vit en France, aussi peu importe nos ascendances, on est socialisé par l'antisémitisme français et par son histoire et par l'histoire du XXe siècle avant même d'y voir une quelconque ascendance et je pense que c'est très important de rappeler le contexte où l'on vit.
Et puis, on peut avoir des ministres, on peut avoir des présidents aussi qui ont eux aussi des sorties antisémites avec en tout cas des présupposés qui tiennent de la grande tradition de l'antisémitisme français.
On a beaucoup de responsables politiques qui ont tenu des propos d'Armanin
dans son cas.
Oui, c'était arrivé à Jean-Luc Mélenchon aussi, il s'en était excusé après. Donc, effectivement, Usul, dans le dernier épisode de Rhinocéros sur la chaîne de Blast, tu analysais la diabolisation de la gauche dans les médias. On assiste effectivement à une radicalisation de ce point de vue-là, d'un phénomène qui est un peu plus ancien ?
Oui, je ne sais pas quoi rajouter parce que je ne sais plus de quoi je parlais exactement, je ne me rappelle plus parce que j'en ai retourné un depuis. Il y en a un qui sort demain de Rhinocéros d'ailleurs. Sur quoi ? Sur, et si l'extrême droite arrive au pouvoir, le RN, qu'est-ce qu'il faut attendre comme métamorphose dans notre espace médiatique voire dans notre espace public ? Est-ce qu'on va garder les mêmes règles de présence dans les journaux, de présence dans les kiosques des journaux ? Est-ce qu'on va garder les mêmes règles d'affichage public ? Qu'est-ce qu'il faut pour qu'une démocratie ne soit plus tellement une démocratie ?
Il y a un curseur, comment ça pourrait aller assez vite en fait parce que ça ne va déjà pas très bien ? Donc, sur la diabolisation de la gauche, oui, quoi, je ne sais pas, il y a besoin de rajouter quelque chose ? J'ai l'impression qu'on allume la télé, voilà, on l'a, on a Routel Kliev qui gueule, le moindre candidat de gauche arrive et se fait agresser directement, voilà. Ou peu importe le plateau,
j'ai envie de dire. Il y a une inversion de l'intolérable. Ah oui, oui, oui. Pendant des années, c'était le Front National qui était intolérable dans les médias qui se faisait allumer dès qu'il limitait un pied. Et là, effectivement, la gauche est devenue... Et alors, c'est particulièrement vrai dans les émissions de Cyril Hanouna. Ah bah... Voilà, puisqu'on parle des émissions de Cyril Hanouna, il en a une nouvelle quand même, une quotidienne sur Europe 1.
Mais c'est ça, tu me parlais de, attention, fais gaffe aux tweets le midi, et je suis là, attends, l'Arcom va s'intéresser à mes tweets alors qu'il y a l'autre gros zinzin qui invite tous les nazis tous les jours sur Europe 1, là, depuis deux semaines. Et l'Arcom va m'emmerder pour un tweet le samedi, tu penses ?
Ah bah, si c'est l'extra-vote au pouvoir, attends-toi à avoir une fichesse. C'est une dinguerie, cette émission. Pour ce genre de conneries. Il en a déjà une, je pense. Oui, je pense qu'il en a déjà une depuis le temps. Oui, oui, oui, oui. Non, je ne sais pas, j'essaie de te lancer sympathiquement pour que tu parles des médias, mais je vais te parler de l'épisode de demain. Parce que c'est aussi
les médias, c'est aussi les médias.
Non, sur les médias, moi, j'aurais peut-être aimé me dire quelque chose, c'est que là, aussi dans les rédactions, ça crée beaucoup de souffrance aussi chez les journalistes parce qu'en fait, on a des directions générales, proches des actionnaires qui aujourd'hui ouvrent les plateaux à de plus en plus d'éditorialistes de droite et d'extrême droite. Le racisme est un non-sujet. Tu parles de Palestine, tu te fais défoncer. Tu es de la France insoumise, tu as cinq contradicteurs face à toi. Je veux dire, l'ambiance est délirante et le problème, c'est que dans le service public, ça commence à se faire sentir et en fait, ça crée des souffrances au travail.
Donc moi, je tenais aussi à saluer des journalistes que je connais qui sont en souffrance au travail dans leur rédaction parce qu'en fait, ils sont désarmés face à leur encadrement, face aux puissances de l'actionnariat aussi sur les médias. Donc moi, je suis ravie d'être anticapitaliste parce que bon, au moins, ça résoudrait la souffrance au travail de ces journalistes que je tiens à saluer tout simplement.
Parlons-en aussi des effets que ça produit tout ça. Une montée de l'extrême droite et du racisme décomplexé dans la société. On a tous eu cette vidéo qui a beaucoup fait réagir. Une femme noire qui s'appelle Divine et qui est la cible d'injures racistes de la part de ses voisins. Donc c'est vraiment les gens les plus proches d'elle qui au quotidien l'injurie, font des cris de singe quand elles passent devant chez eux, etc. ça produit aussi ça dans la société et la libération de la parole raciste. Ça produit aussi des agressions concrètes.
Et ça, en effet, il faut les montrer et ça, on l'avait déjà dit dans Rhinocéros, c'est-à-dire inviter l'extrême droite et lui tendre un micro, t'as quelqu'un avec une cravate qui vient te dire que non, non, pas du tout, bon, c'est l'insécurité et quand même, les gens veulent de l'ordre et puis de toute façon, c'est ce que les Français veulent parce que maintenant, en plus, ils sont très arrogants. Maintenant, c'est vraiment, eh ben voilà, on est là pour bientôt et vous allez faire quoi ? Et voilà, et rebraquer un peu les caméras sur, d'accord, ça produit quoi, ça donne quoi comme gens ? Une fois, quand il n'y a pas le filtre, la cravate, la caméra, comment ils se comportent ces gens-là ?
Et ce qui m'a vraiment surpris dans cet extrait d'envoyé spécial qui du coup est allé à la rencontre, là, ces derniers temps, ce n'est pas les seuls, tout le monde veut montrer des électeurs d'extrême droite, c'est un peu tard, mais parce que, et voilà, et on voit, il y a des constantes, à chaque fois, on voit des gens, tu leur dis, alors, pourquoi t'as voté ? Ben, l'insécurité, j'ai peur de l'insécurité, mais t'en as toi de l'insécurité ?
Non, mais je vois bien la télé, mais c'est à chaque fois, c'est vraiment à chaque fois, et là, tu vois la libération d'une parole, et je m'étais dit, mais putain, mais il y a 10 ans, la meuf et le gars, là, ils ne seraient pas lâchés comme ça, avec une caméra devant, et encore, si je remonte encore plus longtemps, j'ai 38 ans maintenant, quand j'étais jeune, et j'avais publié ça d'un petit village, il y a toujours eu les... Mais ils n'affichaient pas, en grand, le portrait de Jean-Marie Le Pen pour qu'on puisse le voir de la rue, comme font les gens dans l'envoyé spécial, cette fierté, ça a vraiment...
Ces gens ont toujours existé, mais là, ils se sentent, ils sentent que c'est l'horreur, qu'ils ont enfin le droit d'être racistes, que c'est fondé, que quand ils écoutent notre président, notre président trouve que, ben finalement, c'est la gauche qui est immigrationniste, etc., en fait, leur logiciel est devenu le logiciel dominant, donc, ils sont fondés à faire ça, plus de... Voilà, on ne se retient plus. Emilia ? En fait, il y a un enjeu de masse critique qui est important ici, à la fois chez Emédia et dans les électeurs, comme tu l'as dit, Zul, il y a une petite tendance à ne...
Moi qui regarde l'heure des pros tous les matins, pas tout, pas tout, mais pour le travail, il y a un lâcher prise qui est assez évident, avant, on posait des questions, est-ce que finalement, ce serait pas... Là, on n'est plus le temps, donc on affirme des choses et dans l'électorat, c'est aussi important. Je parlais de la dernière fois que je suis venu du livre de Félicien Faury, il étudie une zone où le vote RN est massif et donc, à un moment donné, les gens, en fait, savent les uns et les autres qui votent RN, savent que c'est une zone RN et donc ça change le rapport de force. C'est une norme, ça devient une norme.
Oui, c'est pas la même chose de voter RN et d'avoir des opinions, des préjugés racistes quand vous êtes 20% que quand vous êtes 50% dans la zone parce que vous êtes soutenus par plein de personnes, il est vraisemblable qu'il y a des zones en France où il y aura donc un vote RN assumé et plus ou caché où il y aura des normes qui vont changer et ce sera sans doute plus difficile pour certaines personnes racisées par exemple ou peut-être LGBT de vivre pareil.
On a eu des exemples de Mediapart, de policiers qui accueillaient des citoyens avec des champs probardés là, de gens qui disent bientôt c'est chez nous donc il y a le sentiment que c'est bon on peut y aller parce que le rapport de force qui a été construit pendant des années par la lutte antiraciste pourrait vaciller dans quelques jours. Absolument.
Et pour parler de cette montée de l'extrême droite nous accueillons notre deuxième invité ce soir, il est lui aussi candidat mais cette fois-ci c'est dans la première circonscription du Vaucluse à Avignon en gros. Il s'agit de Raphaël Arnaud. Raphaël Arnaud, bonsoir, merci d'être avec nous sur Back6. Bonsoir, merci pour l'invitation surtout.
Il y a des enfants
et très bien. Je crois que la qualité n'est pas trop affreuse. Ce n'est pas grave, ça passe crème, c'est nickel. Raphaël Arnaud, vous êtes porte-parole de la jeune garde antifasciste, vous êtes candidat pour le nouveau Front populaire dans cette circonscription du Vaucluse. Comment ça s'est fait cette candidature ? Vous avez demandé à l'être ? On est venu vous chercher ?
C'est des échanges tout simplement. On appelle à l'unité maintenant depuis des années avec la jeune garde. on a construit sur le terrain notamment avec les acteurs associatifs, politiques, syndicaux, partout où on peut on essaie de construire l'unité. Lorsqu'on a vu cette dissolution de l'Assemblée nationale juste après les élections européennes, tout de suite, on a participé notamment avec notre petite force évidemment militante à influer aussi sur cette question de l'unité.
Partout où on pouvait on a cherché à participer à cette unité et donc on a rejoint ce nouveau Front populaire lorsque enfin les directions partisanes ont décidé de s'allier et très rapidement on a commencé à échanger en disant la pertinence que ce serait que d'avoir des candidatures de terrain directement qui émanent de luttes antifascistes, de luttes contre l'extrême droite tout simplement qu'on met en avant depuis des années et après sur la particularité d'Avignon et d'une circonscription où de fait on est dans un territoire que l'extrême droite considère comme acquis.
Je pense qu'il y a deux endroits en France qui sont particulièrement investis par l'extrême droite c'est le Var et c'est le Vaucluse. Donc voilà où était l'intérêt aussi d'aller combattre nez à nez l'extrême droite dans un territoire comme celui-ci.
Raphaël Arnaud est-ce que je peux vous demander de nous présenter ce qu'est la jeune garde antifasciste pour les personnes qui seraient peu familières ?
Alors déjà n'allez pas sur CNews ou sur BFM récemment pour connaître la jeune garde parce que là on va vous dire des horreurs sur ce qu'on peut être.
Nous notre travail il est simple c'est faire reculer l'extrême droite partout où c'est possible l'extrême droite on entend par là sous toutes ses formes donc l'extrême droite radicale en arme ses milices ses locaux fascistes d'ailleurs on a réussi à obtenir la dissolution des derniers locaux fascistes de notre ville on espère que cette dissolution va être effective à Lyon et on a commencé à lutter notamment à Lyon mais on s'est développé très rapidement à Paris à Strasbourg à Lille à Montpellier à Aix Marseille dans d'autres villes aussi de France on essaye de construire des liens partout avec cet objectif de faire reculer l'extrême droite et systématiquement au fil de notre militantisme on s'est adapté à notre ennemi c'est à dire qu'on ne milite pas contre le basson social de la même façon qu'on milite contre Génération Identitaire on ne milite pas contre Génération Identitaire et contre les milices ultra violentes de la même façon qu'on lutte contre le Rassemblement National mais tout ça pour nous est un continuum c'est des gens qui travaillent ensemble qui partagent le même corpus idéologique qui ont la même volonté d'accéder au pouvoir et tout ça représente un même problème et voilà pourquoi on a décidé encore une fois d'aller sur tous les terrains dès le départ on n'avait pas pensé à la question du porte-parole là forcément immédiatement on n'avait pas forcément pensé à l'Assemblée Nationale immédiatement mais à chaque fois qu'on est allé sur ce terrain là on a eu des bénéfices donc on s'est dit pourquoi pas aller plus loin et pourquoi pas même aller jusqu'à l'Assemblée
Raphaël Arnaud vous avez une particularité parce que vous êtes devenu un épouvantail pour l'extrême droite au cours de cette courte campagne des législatives ils vous accusent d'être fiché S ils vous accusent d'être violent d'être haineux quel impact ça a sur votre campagne vous le ressentez ?
si vous voulez on peut aller demander aux enfants qui jouent devant moi et aux familles qui sont à côté encore une fois il y a une déconnexion aujourd'hui de toute une partie de la population belle majorité d'ailleurs je pense de la population avec ce champ politique et médiatique personne aujourd'hui n'est dupe de la violence et de la radicalisation médiatique en cours alors forcément on y perd aussi des plumes il y a des gens qui peuvent se laisser tenter aussi par ce genre de discours répété en boucle H24 j'ai parfaitement conscience qu'aussi en m'attaquant c'est pas seulement notre militantisme en tant qu'antifasciste c'est aussi une façon d'attaquer le nouveau front populaire de toutes les manières possibles à vouloir tenter de casser l'unité qui s'est faite pour ces élections et aussi à attaquer la France Insoumise parce que de fait c'est la France Insoumise qui a donné cette investiture et on l'entend depuis des mois toutes les erreurs qu'on peut entendre sur la France Insoumise sur Rima Hassan notamment qui vient nous soutenir demain donc voilà je vous avoue qu'on ne s'est pas trop laissé perturber par toutes ces attaques nous on est habitués par les attaques de l'extrême droite on ne pensait pas qu'il y aurait autant de retentissement et que les médias plus traditionnels reprennent dans un premier temps mot à mot ces fake news de l'extrême droite en tout cas voilà nous on est droite dans nos bottes on sait ce qu'on fait on n'a rien à cacher notre militantisme et on ne peut plus transparent en preuve en est avec le porte-parole et avec cette campagne législative donc voilà nous on avance paisiblement dans cette campagne enfin et surtout avec de très bons résultats sur le terrain et beaucoup de soutien surtout Jules ?
Oui bon Raphaël on se connait depuis un certain temps on est de Lyon et je t'avais soutenu la dernière fois en 2022 mais cette fois-ci ils t'ont mis pas à Lyon ils t'ont mis donc à Avignon alors déjà qui il ?
c'est la FI qui a pris la décision de te mettre là et ensuite bon par exemple Philippe Poutou lui il dit ouais ouais je suis parachuté c'est pas grave c'est super intéressant comme ça je rencontre des gens et tout c'est cool il a pris l'accent en plus et voilà ce que j'ai dit je l'ai dit et du coup est-ce que toi ce parachutage qui en est un aussi t'as découvert quoi comme circo et t'as découvert quoi comme rapport de force à Avignon entre le milieu antifasciste il y en a un et les fascistes je sais qu'aujourd'hui il y a eu une boulangerie qui a été attaquée incendiée etc comment se passe la situation là-bas moi je connais bien Lyon mais Avignon ça se passe bien voilà comment c'est quoi le terrain là et puis qui oui voilà vas-y non vas-y réponds
oui alors
question à la fois je vais essayer de répondre à chaque bonjour il y a le petit qui fait très effrayé là il y a une bataille d'eau alors attention vous allez être fichés à ça les petits et comment t'es reçu par les militants aussi mal j'ai l'impression non très bien très bien là on était en réunion justement ce soir c'est pour ça que j'ai mis du temps avant de me connecter avec notamment des associations il y a des militants du parti communiste français qui sont venus nous soutenir il y a des militants écologistes voilà donc on est très loin de un peu toute la pagaille médiatique qu'on peut entendre il y a les petits derrière t'inquiète donc voilà donc je veux pas répondre à ce que tu es dissipé ouais non pardon je suis dissipé là les petits faut se concentrer Raphaël allez je me concentre donc pour revenir à ta question initiale oui effectivement c'est beaucoup de discussion avec la France Insoumise au départ mais pas que on a essayé de discuter avec l'ensemble des acteurs du nouveau Front Populaire pardon donc cette investiture a été donnée par la France Insoumise et le fait est pour la petite histoire je l'ai peu répété déjà d'un point de vue aussi de ma sécurité parce que ma famille est régulièrement visée par l'extrême droite mais malheureusement on m'a beaucoup questionné sur cette histoire de parachutage le fait est c'est que j'ai un ancrage familial ici qui est très fort depuis que je suis tout petit j'ai toute ma famille en fait qui vient d'ici donc voilà si je n'y travaille pas si je n'y milite pas en tout cas j'ai ce lien là et ça me paraissait aussi intéressant d'aller défendre ce territoire encore une fois nez à nez face à l'extrême droite ici ce qui s'est passé c'est que forcément ça a pas mal perturbé mon arrivée parce que voilà il y a aussi des situations locales on a une mairie socialiste qui bien avant mon arrivée avait dit que si l'investiture était donnée à la France Insoumise il partirait a priori en dissidence bon voilà on arrive dans ces circonstances encore une fois quand on prend un peu de hauteur l'unité malheureusement n'est pas effective partout il y a des dissidences un peu partout en tout cas sur le terrain l'ensemble des militants et militantes de la France Insoumise m'ont apporté leur soutien notamment l'ex-candidat 2022 et aussi comme je vous le disais encore ce soir des militants associatifs c'est le plus important pour nous les médias ont beaucoup répété la gauche locale ne soutient pas le candidat c'est faux la gauche locale ici on l'a construit on le voit bien demain il y a Rima Hassan je pense qu'on sera des centaines et des centaines à se rassembler force est de constater qu'il y a une dynamique dans cette campagne et encore une fois qu'on est très soutenus sur le terrain et notamment par les militants et militantes parce qu'on se parle ce parachutage souvent le terme parachutage est souvent assimilé vous savez à quelque chose de très politicien des gens qui voudraient une place par-ci par-là qui ont toujours été élus c'est pas mon cas le fait est c'est que je suis un militant de terrain et que du coup on s'est parlé tout de suite on s'est parlé tout de suite parce qu'on partage les mêmes réalités certes pas sur le même territoire mais les mêmes envies les mêmes désirs surtout de ne jamais rien lâcher face à toute la situation Safia ?
J'avais une question pour toi Raphaël bon déjà bonjour et je suis très contente qu'on puisse te recevoir sur Backseat j'ai des questions par contre qui sont assez terre à terre je partage le constat sur le fait qu'avoir des candidats issus de la société civile du monde syndical du monde militant moi je sais que chez les personnes qui ne votent plus et notamment dans les quartiers populaires je ne sais pas comment ça se passe en ruralité ça fait son effet effectivement quand on a l'impression de ne pas voter pour des gens qui juste essayent de trouver un moyen de réavoir leur siège et leurs 7000 balles par mois effectivement ça peut marcher par contre tu es dans un territoire on le sait qui est plus ou moins acquis au Rassemblement National j'aimerais que tu nous parles de ton argumentaire quel programme tu mets en avant sur la question sociale comment tu arrives à déconstruire le lien qui est constamment fait entre immigration et insécurité est-ce que tu as été confronté à des gens qui votent ERN c'est quoi l'argumentaire que tu proposes
alors déjà on est sur une circonscription le Vaucluse le territoire du Vaucluse est effectivement très rural le fait est c'est que là on est sur la circonscription d'Avignon donc c'est une zone citadine notamment avec beaucoup de quartiers populaires c'est d'ailleurs la ville la plus pauvre de la région PAC encore plus que Marseille donc voilà donc on est dans une ville très pauvre dans une situation où le ERN effectivement profite aussi d'une certaine abstention et d'un rapport de force raciste parce qu'aussi il y a tous les anciens de l'OS qui se sont installés dans ces régions notamment PACA donc on a cette construction très raciste très islamophobe ici dans la région et nous on a cette politique d'y aller frontale c'est-à-dire que d'une part on démasque l'arnaque sociale du Rassemblement National alors attention on ne va pas faire des miracles on n'a que quelques jours que nous a laissé Macron pour sa campagne donc nous on pense déjà à l'après et aussi à poursuivre cette campagne contre l'extrême droite qui ici sera entre plus présente donc d'une part on est très ferme sur démasquer l'arnaque sociale qu'est le Rassemblement National et d'autre part aussi ne jamais céder sur des positions antiracistes ça c'est un truc je pense dans la période qu'il ne faut surtout pas céder parce qu'on a besoin aujourd'hui d'être fort sur cette question de ne jamais laisser un bout de terrain en racisme de ne jamais laisser un bout de terrain aux islamophobes parce que forcément même si certains élus pensent que ça pourrait repousser repousser certains électeurs moi je pense que dans la période elle se pose justement à long terme mais non pas à court terme juste pour une échéance électorale vouloir pas trop effrayer l'électeur non en fait là il faut y aller frontale il faut dire que là il faut construire un camp ferme notamment sur les questions antiracistes et ici sur la circonscription ça marche bien aussi de ce point de vue là parce qu'il y a des gens qui cessent et d'ailleurs c'est pas encore une fois c'est pas ma candidature c'est pas le travail qu'on fait durant ces deux semaines c'est aussi parce qu'il y a des partis et je le dis ici moi je suis pas militant à la France Insoumise mais sur le terrain ici on l'observe il y a un parti politique qui aujourd'hui ravive la flamme et qui permet de redonner espoir c'est la France Insoumise c'est une réalité aujourd'hui chaque porte à porte qu'on fait chaque discussion qu'on a chaque marché qu'on fait aujourd'hui ils le disent il y a un seul parti qui nous a pas lâché dans la période c'est la France Insoumise qui n'a jamais cédé notamment sur les questions islamophobes sur la question de la Palestine et c'est aujourd'hui ce qui donne la force à des milliers de personnes encore aujourd'hui qui donnent de l'espoir encore une fois et qui donnent envie de se battre et de pas lâcher et d'aller se mobiliser dans ces élections donc encore une fois moi je suis pas venu faire ici la propagande de la France Insoumise je viens relater ce qui se passe sur le terrain et le fait est c'est qu'on essaye d'incarner encore une fois le maximum possible notamment avec les acteurs associatifs ici sur le terrain là demain on organise le rassemblement pour Rima Hassan mais pas seulement avec le Nouveau Front Populaire aussi avec Urgence Palestine c'était important pour nous il y a des collectifs ici locaux qui se battent qui ont des fois beaucoup plus de légitimité que nous qui nous présentons aux élections et qui vont avoir une place centrale dans la fête populaire qu'on organise demain et notamment dans les prises de parole Emilia
dernière question
je veux pas enjamber l'élection parce qu'en plus je pense pas que la circo de la première du Vaucluse soit si ingagnable que ça moi je pense que notamment le NFP a fait de bons scores aux élections mais ma question quand même c'est on a vu que là Macron a dissous le nouveau GUD récemment et je me suis dit bon il a mis un coup à droite ça m'étonnerait pas qu'il mette un coup à gauche bientôt et si c'est un gouvernement d'extrême droite on va dire un peu complaisant moi la question c'est c'est quoi l'état des organisations antifascistes dans le futur est-ce que c'est quelque chose à laquelle vous vous préparez d'être dissous d'être un peu chassé c'est déjà le cas j'imagine mais je dirais c'est quoi l'antipation de l'antifascisme avec un gouvernement d'extrême droite sans vouloir démoraliser non mais c'est sûr que c'est des questions c'est des questions qui se posent l'extrême droite au pouvoir ça va pas être drôle et pour tout le monde pas seulement pour les organisations qui s'autoconclament antifascistes comme la nôtre pour l'ensemble des organisations syndicales partisanes associatives qui militent de façon générale pour l'émancipation du genre humain on va dire ça comme ça de façon grossière mais ce qui est certain c'est que déjà le gouvernement est déjà dans cette logique là Gérald Darmanin a déjà dissous une association antifasciste qui s'appelle le groupe antifasciste lui environ qui a été dissous par le conseil des ministres donc on est déjà dans cette période de volonté autoritaire de casser toute dynamique de résistance de la part du gouvernement alors avec cet argumentaire de nous combattons tous les extrêmes etc.
en mettant dos à dos l'extrême gauche je crois qu'il voulait dire dos à dos l'extrême gauche c'est les gamins qui ont arrosé c'est les gamins qui ont coupé la collection ah non c'est bon c'est de retour on t'entend non c'est pas ça j'ai un réveil qui s'allumait pas de chose et du coup du coup oui ça participe donc oui vous disiez quoi ça rappelle ça rappelle oui donc ça participe encore une fois à cette confusion généralisée que de mettre dos à dos l'extrême droite l'extrême gauche on n'y comprend plus rien de nous faire croire que les antifascistes seraient des violents alors que même nous combattons depuis des années et avons réussi à démasquer des violences de l'extrême droite au jour le jour et c'est bien ça qui les fait flipper donc encore une fois oui on est déjà dans cette période là peu importe si l'extrême droite arrive au pouvoir ou non par contre on est très bien conscients que si l'extrême droite arrive au pouvoir le niveau de violence va péter les scores de partout de partout et très probablement qu'on sera en partie par un gouvernement d'extrême droite bon on en a plein de mal conscience en attendant jeune garde ou pas jeune garde on continuera à militer quoi qu'il arrive et à participer à lutter contre l'extrême droite par tous les moyens nécessaires et dans toutes les organisations possibles diverses et variées
Merci beaucoup Raphaël Arnaud d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de backseat Merci à vous et bon courage pour l'élection qui aura lieu dimanche prochain je rappelle que vous êtes dans la première circonscription du Vaucluse qu'est-ce que je voulais dire on va continuer à échanger sur cette campagne et sur son actualité qu'est-ce que je voulais dire oui je voulais qu'on parle un petit peu de l'état du nouveau front populaire est-ce que les discussions à gauche continuent est-ce que ce nouveau front populaire peut tenir dans le temps quand on voit sa grande diversité de gauche d'un Philippe Poutou Raphaël Arnaud à un Aurélien Rousseau qu'on a su de telle heure ou un François Hollande ça paraît ça paraît un petit peu un petit peu difficile non vous pensez pas en même temps ils ont tous signé le même programme donc en principe ça doit oui enfin on en a vu signer des trucs
et puis après on en a même vu un dire mon ennemi c'est la finance enfin tu vois c'est pas le plus dur de signer des trucs ça je le disais quand l'accord était en train de se discuter je rappelais que le plus dur dans un accord électoral de ce genre c'est pas les programmes c'est les circos et là ils ont bataillé ferme le PS là-dessus vraiment et la FI a été un peu merdée notamment en défendant un peu trop longtemps et en cédant des trucs pour défendre Adrien Quatennens ça c'était clairement pas le meilleur move parce qu'ils ont fini par quand même perdre Quatennens c'est sans doute une bonne chose pour l'élection et ils avaient quand même lâché des trucs pour ça donc est-ce que cet attelage il va y avoir un rapport de force à l'intérieur nous qui sommes gauchologues on voit bien que c'est ça qui se joue le rapport de force à l'intérieur de ce groupe de gauche enfin qu'il va pas être un groupe ça va être des groupes et c'était ça qui se jouait dans l'épisode dit de la purge c'était...
Ouais c'est ce que j'allais
te demander aussi parce que ça aussi ça a fait beaucoup réagir les partenaires de gauche c'est pas seulement interne à la France Insoumise ça concerne aussi les camarades du nouveau Front Populaire le fait la décision de la France Insoumise de ne pas reconduire des pourtant députés sortants qui étaient hostile à Jean-Luc Mélenchon hostile à la direction du parti la particularité de la France Insoumise c'est qu'il n'y a pas de congrès pour faire voter les militants pour qu'ils se départagent entre eux les lignes en interne donc ça casse dans ce genre de moment quoi et ça aussi ça a beaucoup fait réagir
Et justement c'est en prévision du conflit à venir en prévision de ce genre de truc que évidemment du côté de chez Mélenchon Bompard etc on s'est dit est-ce qu'on a envie d'avoir des troupes solides et pas des troupes qui peuvent nous lâcher faire un autre groupe avec d'autres gens en cours de mandat ça se fait des fois ça arrive voilà on en a reçu on pourrait aussi avoir à l'inverse des gens qui disent des gens qui travaillaient déjà un petit peu avec le PS avec les écolos comme c'était le cas pour eux voilà donc du coup ils se sont dit on veut un groupe FI solide notamment parce que il y a des questions politiques donc de rapports de force avec les autres et puis il y a des vraies questions politiques avec des désaccords là-dessus c'est des gens qui n'ont pas exactement la même ligne sur certains sujets les sujets dont on parlait un petit peu plus tôt antiracisme Palestine c'est des gens qui n'ont pas toujours soutenu les autres à certains moments c'est aussi des gens qui ont soutenu le JDD alors que Jean-Luc ne le soutenait pas
le quoi ? le JDD ah j'ai compris le JDG j'ai compris Jean-Luc qu'est-ce qui s'est passé ? tu avais tweeté sur le rachat du JDG en plus je fais toujours la même vanne donc voilà effectivement c'était des députés qui étaient beaucoup plus proches et avaient beaucoup plus de liens avec les autres partis de la gauche qu'avec la France Insoumise et qui étaient en rupture de banc
et moi ça me fait penser à une reconstruction aussi du parti socialiste qui arrive à avoir une résurgence au sein de cet accord nouveau front populaire mais qui aussi avec les purges essaye de se placer comme étant le parti équilibré qui vient sauver ces personnes qui ont été purgées dans lequel il y a une démocratie interne ça vient créer une périphérie autour du parti socialiste sauf qu'en fait je pense qu'il faut comprendre l'ambiance dans laquelle on est dans une ambiance de crise politique extrêmement profonde au niveau des personnes qui soit s'abstiennent soit votre rassemblement national notamment dans les outre-mer et les quartiers populaires c'est aussi toute une conséquence de post-réforme des retraites où en fait la casse sociale et des conditions de travail et le fait qu'à longueur de journée on leur explique que c'est l'immigration qui fait ça fait aussi participe grandement à la montée du rassemblement national parce qu'il y a aussi eu à cette réforme l'échec de la réforme des retraites ça a montré aussi l'impasse du parlementarisme l'impasse d'un parlementarisme qui ne marchait pas quand bien même on faisait beaucoup de bruit à l'assemblée et donc en fait ce qui m'inquiète c'est surtout moi le post-7 juillet moi je ne donne pas de longue vie à ce nouveau front populaire quand je posais la question à Aurélien Rousseau d'une partie la plus droitière du nouveau front populaire qui peut se recomposer avec la Macronie c'est une possibilité le fait que dans ce nouveau front populaire qui va exploser la France insoumise soit isolée au profit d'une recomposition autour de la gauche socialiste avec les anciens les anciens purgés c'est quelque chose qui est extrêmement possible et c'est quelque chose qui rend en réalité la gauche plus droitière qu'elle ne l'était avant la réforme des retraites moi ça me terrifie parce que je sais que ça va créer une impasse sur un programme sur ça va créer des impasses en fait pour des effets de rupture ça va approfondir l'impasse de l'issue parlementaire et donc moi je répéterai à longueur de journée qu'en fait il faut trouver une issue qui soit celle du monde du travail du syndicat de nos lieux d'études moi je fais partie de ces personnes qui ne croient pas au nouveau front populaire mais qui saluent les efforts de chacun et chacune
mais c'est le fameux on ne va pas refaire la nupesse ça veut dire il ne faut pas que le centre de gravité de cette nouvelle alliance on voit que la bataille elle est dure elle est rude et elle s'est menée c'était l'enjeu de la bataille des européennes aussi quelque part c'était quel est le point de gravité de la gauche et d'où vraiment ce moment on peut revenir sur ce moment lunaire de Glucksmann au 20h alors que les autres sont en train de négocier le machin lui il va au 20h il dit je suis en tête à gauche voici mes conditions c'est normal non mais c'est normal je veux dire tu vois que c'était ça l'enjeu quoi c'était vraiment ça l'enjeu ça c'était clairvoyant oui oui absolument et on l'a dit aussi mais il y en avait qui disaient mais non ça ne doit pas ça sert à ça de fait ça sert à ça
bien sûr il avance ses pions évidemment
et la victoire a été moins large qu'escompté elle a quand même coûté enfin la victoire de Glucksmann on va dire de la gauche PS pro-européenne atlantiste etc sur la gauche plus décoloniale aussi mine de rien plus antiraciste plus alter mondialiste je dirais du côté de chez Mélenchon bon bah les 3 points ou 4 points dans la vue c'est pas assez pour vraiment les écraser complètement ça n'a pas été réglé en fait ça n'a pas réglé ça n'a pas été réglé donc la bataille continue
la bataille elle est intense là dedans et elle va peut-être se régler en partie ce dimanche soir sur les résultats des premières circonscriptions on verra en tout cas ce sera les 30 juin et 7 juillet moi je voulais refaire un point parce que c'est un argument qui a beaucoup été utilisé notamment par notre cher président de la République l'idée que la France insoumise serait d'extrême gauche on m'a beaucoup posé la question de savoir est-ce que c'est vrai est-ce que c'est faux etc moi il y a une partie de moi qui vous incite toujours à dire mais vous faites vous appelez bien ce que vous voulez les camps politiques vous faites ce que vous voulez et en même temps je suis quand même un peu gêné parce que quand on a de la culture politique quand on a une structuration politique on sait quand même identifier les camps politiques et non la France insoumise n'appartient pas à l'extrême gauche française l'extrême gauche française elle existe elle a une histoire elle a des partis politiques à la descente voilà l'extrême gauche française elle se caractérise notamment par une pensée une idéologie qui s'inscrit dans ce qu'on appelle le communisme révolutionnaire le communisme révolutionnaire vous le retrouvez notamment porté par pour c'est-il les plus connus lutte ouvrière et le nouveau parti anticapitaliste parce qu'il présente des candidats à la haute présidentielle c'est pour ça qu'on a l'habitude de voir leur visage et qu'on connaît leur nom après il y en a d'autres que vous connaissez peut-être un peu moins le parti ouvrier indépendant les différentes organisations anarchistes bref c'est toute une nébuleuse qui existe mais qui a une particularité quand même c'est de prôner la révolution la révolution communiste qui est en rupture avec les partis dits réformistes et qui propose voilà une révolution qui remet en question le capitalisme qui remet en question l'économie de marché qui propose différentes formules de gouvernement des travailleurs ils adorent ça fait un siècle qu'ils s'arrachent la gueule sur les questions de savoir qu'est-ce qu'on fera après la révolution tout ça est extrêmement intéressant il y a des bouquins entiers qui ont été écrits dessus mais voilà ça existe l'extrême gauche la France insoumise n'appartient pas à l'extrême gauche la France insoumise appartient à la gauche la gauche en France elle est plurielle il y a plusieurs partis de gauche il y a plusieurs pensées de gauche aujourd'hui c'est assez clair il y en a quatre le parti socialiste et place publique les écologistes qui existent et qui existent depuis plusieurs décennies maintenant en France le mouvement écologiste il existe il a une réalité le parti communiste français aussi l'extrême gauche déteste le parti communiste français ils sont en rupture totale avec eux et la France insoumise la France insoumise est un parti qui s'inscrit dans le réformisme il ne propose pas la révolution il ne propose pas de sortir de l'économie de marché il ne propose pas de sortir du capitalisme la France insoumise il propose un programme de rupture franche avec les politiques néolibérales qui sont menées depuis les années 80 ça c'est vrai mais ça n'en fait pas un parti extrémiste ils n'ont pas non plus de méthode violente la France insoumise ils distribuent des tracts ils présentent des candidats à des élections voilà c'est pas radical comme mode de politique par ailleurs la France insoumise a aussi tout un lore autour de la révolution française ils se revendiquent de la déclaration des droits de l'homme et citoyen de l'abolition des privilèges etc ce qui n'est pas du tout une référence pour l'extrême gauche l'extrême gauche c'est pas leur truc le drapeau bleu blanc rouge que vous voyez brandi dans les meetings de Jean-Luc Mélenchon c'est pas du tout leur culture c'est pas du tout leur lore à eux bref je pense que c'est important dans ces périodes troubles notamment quand il y a des responsables politiques comme Emmanuel Macron qui essaye de troubler les esprits de rappeler de trois évidences comme ça voilà la France insoumise n'est pas un parti d'extrême gauche le rassemblement national lui est un parti d'extrême droite très clairement historiquement idéologiquement etc je voulais faire ce petit point
merci Jean
et après la pause je vous ferai un petit point pour vous expliquer comment vont marcher ces élections législatives parce que je sais que vous vous posez beaucoup de questions
ce truc d'extrême gauche ça en dit beaucoup plus sur la bourgeoisie et où elle en est aujourd'hui que sur la gauche elle-même c'est à dire tu parlais des années 80 on pourrait même remonter avant et toi qui travailles sur la droite Emilien tu sais aussi qu'on a eu des droites qui à un moment négocier lâcher des trucs ça fait longtemps que la bourgeoisie française n'a pas lâché quoi que ce soit au point que là on leur demande s'il vous plaît s'il n'y a pas besoin voilà s'il n'y a pas besoin il faut voir le MEDEF sous Macron le MEDEF sous Macron ils ne demandent pas ils ont mais ça s'est passé comme ça ils ne demandent pas ils ont c'est merveilleux et là d'un coup t'as juste une gauche normale on pourrait refaire une petite phase avec un peu de truc de gauche ah non plus jamais il se rappelle même plus ce que c'est que de lâcher des trucs eux de temps en temps mais c'est ça la lutte de classe aussi il y a un rapport de force et il y a une inversion du rapport de force là et il faut remettre la gauche voilà c'est très effectivement c'est intéressant et eux ils ont oublié donc du coup ça leur paraît être le communisme ici et maintenant quoi mais pas du tout les gars ça en dit plus sur eux
que sur la gauche c'est vrai c'est juste ce que tu dis chers amis je vous propose qu'on marque une petite pause dans cette émission on revient dans 10 minutes et on sera avec notre troisième invité ce soir il s'agira de Lies Loufoque candidat LFI dans la première circonscription du Val-de-Marne c'est parti pour la pause bonsoir à toutes et à tous bienvenue sur Backseat bonsoir au public merci d'être là vous êtes merveilleux merci d'être là il fait une chaleur à crever sur ce plateau j'espère qu'il fait chaud chez vous aussi retirez vos t-shirts mettez-vous bien on est dans la deuxième partie de cette émission Backseat il n'y a pas de jeu à la con cette semaine l'heure est grave on voulait parler des législatives et donc à la place du jeu à la con vous allez avoir un cours d'instruction civique puisque je vais vous expliquer comment fonctionnent ces élections législatives dont le premier tour aura lieu dimanche prochain les élections législatives c'est les élections où on élit les députés il y a 577 députés qui sont élus dans des circonscriptions territoriales il y a 577 circonscriptions territoriales les élections dans les circonscriptions se font au scrutin majoritaire à deux tours qu'est-ce que ça veut dire ce truc-là ?
ça veut dire que vous avez des candidats et des candidates vous allez voir devant votre bureau de vote il y aura des affiches avec la tronche d'un candidat ou d'une candidate qui représente un parti ou une coalition de plusieurs parties vous mettrez dans l'urne un bulletin avec le nom d'un seul candidat ou d'une seule candidate les règles pour se qualifier au second tour d'une élection législative sont un petit peu différentes des règles de la présidentielle les règles de la présidentielle sont très simples vous les connaissez c'est les deux premiers quel que soit leur score il suffit d'arriver premier ou deuxième et vous êtes qualifié au second tour dans les élections législatives c'est plus subtil que ça pour vous qualifier au second tour vous devez réunir plus de 12,5% des inscrits sur les listes électorales ce n'est pas 12,5% des voix ce n'est pas le score en nombre de voix qui compte c'est le rapport entre le nombre de voix que vous avez et la quantité d'inscrits sur les listes électorales dans votre circonscription donc vous comprenez que mathématiquement il est extrêmement important qu'il y ait de la mobilisation électorale pour se qualifier au second tour s'il y a beaucoup d'abstention c'est très difficile de se qualifier au second tour s'il y a très peu d'abstention et beaucoup de participation on peut avoir plus de deux candidats qui se qualifient au second tour trois candidats quatre candidats c'est possible c'est très rare mais c'est possible cinq aussi les pentagulaires le truc le plus probable qu'on aura ce dimanche soir ce sont ce qu'on appelle des triangulaires c'est donc une situation où trois candidats ont le bon score pour se maintenir au second tour et décident de se maintenir parce qu'un candidat peut aussi retirer son nom du second tour on appelle ça se désister au profit d'un autre candidat l'élection au second tour ah oui alors qu'est-ce qui se passe dans les circonceptions où personne ne fait 12,5% des inscrits à ce moment-là c'est comme à la présidentielle c'est les deux arrivés en tête quel que soit leur score qui se qualifient au second tour pas de triangulaire c'est que les deux premiers au second tour donc il y a une triangulaire mettons il y a trois candidats qui se présentent du coup comment on fait pour départager et bien c'est très simple c'est celui des trois qui a le plus grand nombre de voix peu importe le nombre de voix il faut juste qu'il en ait plus que les deux autres c'est tout il gagne l'élection ça peut être une élection à seulement 30% ça peut arriver 33% plutôt 33,5 ça peut arriver c'est possible mathématiquement qu'un député soit élu avec seulement 33,5% des voix au second tour normalement je vous ai tout expliqué normalement je vous ai tout expliqué je referai un stream demain et samedi pour vous réexpliquer ses règles si vous le souhaitez et d'ici là bon vote pour continuer à parler de ces élections législatives nous accueillons notre troisième invité il est candidat la France Insoumise dans la première circonscription du Val-de-Marne mesdames et messieurs Liesse Loufoque bonsoir Liesse Loufoque bonsoir merci d'avoir accepté notre invitation à venir sur le plateau de Backseat je le disais vous êtes candidat dans la première circonscription du Val-de-Marne vous militez notamment pour une réforme de l'assistance sociale à l'enfance l'aide sociale à l'enfance j'ai dit quoi ?
non pardon l'aide sociale à l'enfance la ZEU évidemment on va en parler un petit peu vous êtes membre ancien membre du conseil national de la protection de l'enfance mais d'abord on va parler de cette candidature vous êtes candidat donc comment ça s'est décidé parce que la dissolution c'était une surprise pour tout le monde et il a fallu déposer rapidement sa candidature
oui c'était une surprise c'était un choc surtout parce que dissoudre au moment où le rassemblement national fait quand même 40% à l'élection européenne c'est prendre le risque de leur accession au pouvoir donc très tôt en fait ce qui s'est passé c'est que quand le président de la république a décidé de dissoudre moi j'ai immédiatement réagi en expliquant quels étaient les risques de l'arrivée de l'extrême droite et de toutes ces composantes fascistes au pouvoir notamment pour les droits des enfants parce que ce seront les premières victimes en tout cas parmi les premières victimes des politiques conduites par l'extrême droite donc j'avais donné une interview à Libération et j'avais expliqué que je me tenais à la disposition dans le cadre d'une union de la gauche si cela était pertinent pour porter ce combat là parce que je ne voulais absolument pas qu'il soit effacé et puis le vendredi la France Insoumise m'appelle et donc me propose cette circonscription j'y suis allé avec grand plaisir pour batailler moi je suis sur une circonscription donc la première du Val-de-Marne qui en plus a une particularité c'est qu'elle a à la fois un candidat qui a été investi par la République En Marche par Ensemble et un candidat investi par l'ELR avec le soutien d'Edouard Philippe donc du coup il y a une division de la droite il y a une division de la droite sur ma circonscription donc la bataille était intéressante à mener et donc on y est depuis une dizaine de jours votre engagement
à vous il remonte à une dizaine d'années vous étiez un enfant placé vous-même et vous avez décidé de dénoncer les aberrations je cite du système administratif et judiciaire de la protection de l'enfance
et sa violence et sa violence oui parce qu'aujourd'hui on a près de 400 000 enfants qui bénéficient d'une mesure de protection donc souvent ordonnée par l'autorité judiciaire qui les place à l'aide sociale à l'enfance donc c'est un service public qui est sous la responsabilité des départements et c'est un service public qui est extrêmement dysfonctionnant par exemple quand la dissolution de l'Assemblée nationale est intervenue il faut savoir que nous à ce moment-là on avait réussi à obtenir trois semaines auparavant la création d'une commission d'enquête sur les dysfonctionnements de l'aide sociale à l'enfance c'est une revendication que les anciens enfants placés portent depuis dix ans on a mis dix ans à l'obtenir notamment pour faire la lumière sur ces dysfonctionnements mais également pour pouvoir établir la part de responsabilité de l'État et des départements dans l'existence même de ces dysfonctionnements parce qu'on considère qu'on ne peut pas réformer ce système si on ne tire pas des leçons du passé et donc tout a été arrêté du jour au lendemain de manière très brutale mais en tout cas les dysfonctionnements à l'aide sociale à l'enfance sont très nombreux en début d'année on a le décès de Lily 15 ans dans un hôtel du Puy-de-Dôme parce que faute de place dans des établissements que ce soit des établissements collectifs ou des familles d'accueil on a des enfants qui sont sous la responsabilité de l'ASE qui sont aujourd'hui dans des hôtels dans des campings dans des gîtes livrés à eux-mêmes sans éducateur certains se suicident d'autres sont tués d'autres sont morts d'overdose des jeunes filles se prostituent et cela a encore du mal à choquer les pouvoirs publics donc on a nous alerté pendant des années et des années sur ces phénomènes-là mais pas que sur la violence également dans les institutions dans les foyers de l'aide sociale à l'enfance parce qu'on fait partie des rares secteurs voire nous sommes le seul secteur qui ne bénéficie d'aucune norme et de taux d'encadrement par exemple quand vous mettez vos enfants dans des crèches dans des colonies de vacances dans des centres de loisirs la loi impose un nombre de professionnels par enfant et donc il y a des ratios dans les établissements de l'ASE ces normes n'existent pas ce qui fait qu'on peut très bien se retrouver avec deux éducateurs pas forcément diplômés d'ailleurs parce que les diplômes ne sont pas obligatoires pour seulement 40 enfants enfin pour 40 enfants donc c'est générateur d'énormément de violence il y a une absence de contrôle c'est des jeunes qui à 18 ans après avoir été placés parfois pendant 18 ans se retrouvent livrés à eux-mêmes à la rue c'est une personne sans domicile fixe sur 4 dans notre pays qui a été placé à l'enfance exactement et c'est 40% chez les jeunes de moins de 25 ans c'est-à-dire que quand vous croisez des jeunes sans domicile fixe quand vous croisez des jeunes qui survivent sur nos trottoirs et bien il faut savoir que 40% d'entre eux sortent tout droit de foyer ou de famille d'accueil et c'est une politique publique sur laquelle chaque année on a investi plus de près de 10 milliards d'euros pour des résultats on mérite au moins
une commission d'enquête je suis bien d'accord donc elle est tombée à l'eau à cause de la distribution et on croise très fort les doigts pour qu'elle puisse à nouveau être instaurée dans la prochaine assemblée nationale
ça dépend parce que j'aimerais bien qu'elle soit qu'elle soit recréée par la gauche et notamment par une majorité de gauche si c'est le RN qui était amené à la recrée je préférerais qu'on s'en passe mais ils vont pas créer ça le RN c'est à peu près sûr oui l'intérêt de la commission d'enquête c'était aussi d'établir que il y a des fonds même qui étaient fléchés et qui ne sont même pas utilisés parfois par les départements qui n'en ont rien à foutre il y a une asymétrie d'un département à l'autre on va pas avoir les mêmes moyens parce que les départements sont pas tous riches pareils donc il y a une rupture d'égalité sur tout le territoire donc une de vos revendications il me semble c'est aussi la nationalisation un peu de remonter au national et de remettre l'Etat face à ses responsabilités quel est le bilan de l'Etat et le Parlement et le Parlement quel est le bilan des années Macron là-dessus qu'elles ont même j'ai envie de dire sur la politique de l'enfance en général parce que là j'ai vu sur la politique de l'enfance c'est une catastrophe enfin de manière globale au-delà même des enfants placés à l'ésociaire à l'enfance c'est 3 millions d'enfants qui vivent actuellement sous le seuil de pauvreté en décembre dernier les associations avaient fait un recensement du nombre d'enfants à la rue donc rue sèche c'est-à-dire vraiment qui dorment sur des trottoirs sans aucun toit au-dessus de leur tête c'était plus de 3 000 et sur ces 3 000 la moitié avait moins de 3 ans c'est 200 enfants qui continuent de franchir parce que nous n'avons plus les capacités à l'ésociaire à l'enfance de faire face à la vague qui arrive d'enfants en danger et d'ailleurs c'est peut-être le seul élément positif ces dernières années c'est qu'on voit que le seuil d'intolérance des françaises et des français à l'égard des violences faites aux enfants augmente considérablement on le voit dans le nombre d'appels au 119 qui est le numéro national pour l'enfance en danger le problème c'est que derrière le système d'ésociaire à l'enfance n'est absolument pas en mesure de pouvoir accueillir autant d'enfants voilà donc c'est une politique sur ces sept dernières années qui a été extrêmement extrêmement faible qui a manqué cruellement d'ambition on a demandé à plusieurs reprises dans le cadre d'examens de projets de loi et notamment de projets de loi déposés par le gouvernement on a eu des propositions de loi déposées par des parlementaires mais on a aussi eu un projet de loi en 2022 qui a été déposé par Adrien Taquet qui était ministre chargé de la protection de l'enfance on a demandé à plusieurs reprises par exemple de créer une agence nationale indépendante de contrôle on le fait pour les lieux de privation de liberté on a un contrôleur général des lieux de privation de liberté qui est chargé de vérifier que les personnes dont la liberté est entravée soient quand même correctement traitées que ce soit dans les hôpitaux psychiatriques dans les prisons dans les centres de rétention dans les centres éducatifs fermés ça nous a été refusé nous avons demandé à ce que chaque enfant placé bénéficie de la présence systématique d'un avocat ça nous a été refusé c'est extrêmement compliqué pour un enfant de faire valoir ses droits quand il n'a personne à côté de lui pour pouvoir le faire et pour pouvoir lui apprendre comment faire on a demandé à ce qu'il y ait des revalorisations de salaire pour les travailleurs sociaux parce que quand même l'un des scandales dans notre système de protection de l'enfance c'est aussi la manière dont on traite ceux qui s'occupent des enfants dans les années 80 un éducateur spécialisé à l'aide sociale à l'enfance était rémunéré deux fois et demi le montant du SMIC en 2024 c'est le SMIC plus 100 euros alors que c'est une mission de service public essentielle c'est même une mission de secours aux populations c'est-à-dire que de la prise en charge qui va être mise en place va dépendre de la survie de milliers d'enfants donc c'est pas anodin et ça dit beaucoup d'un pays et voilà et donc toutes ces demandes elles nous ont été refusées et c'est extrêmement problématique parce que la bataille qu'on est en train de mener aujourd'hui dans le cadre de l'élection législative et dans l'objectif d'avoir une majorité si jamais et je ne l'espère pas et on fait tout pour que ça n'arrive pas mais si jamais nous échouons et que l'extrême droite arrive au pouvoir la situation va s'empirer mais justement dernière petite relance mais justement je regardais Sarah Laïry qui dit que maintenant il faut donc elle a été chargée de l'enfance à un moment quand même Sarah Laïry donc de la jeunesse l'enfance aussi un secrétaire d'état en charge de l'enfance des familles ah putain c'est vrai enfin ministre déléguée pardon elle est partie sur des propositions là pour sa campagne en mode fin de l'excuse de minorité voilà et j'ai entendu d'autres propositions parce que apparemment la leçon qu'a tirée la majorité des gens de chez Macron c'est que en fait les gens veulent de l'extrême droite donc au pire on va le faire nous-mêmes et donc création de nouveaux centres fermés création de nouveaux trucs est-ce que tu as regardé de près quelles étaient les propositions du camp Macron et de l'extrême droite sur l'enfance ce que j'observe c'est qu'il y a un vrai glissement de la Macronie vers des propositions qui historiquement étaient des propositions portées par l'extrême droite moi j'ai été et c'est à dire une des raisons pour laquelle j'ai décidé d'aller sur cette élection législative c'est quand j'ai découvert au lendemain de la dissolution un tract qui a été élaboré par Ensemble et qui prônait la recentralisation de la prise en charge des mineurs non accompagnés parce qu'ils estimaient qu'ils posaient un problème de sécurité dans nos villes et ça a été d'ailleurs dit par Emmanuel Macron lui-même lors de sa conférence de presse post-dissolution c'est un discours qui est tenu par Jordan Bardella par Marine Le Pen par Éric Zemmour qui d'ailleurs avait été condamné sur CNews pour avoir dit que les mineurs non accompagnés étaient des délinquants et j'en passe le fameux tous qui l'a dit parce que c'était ignoble mais donc voilà on voit qu'il y a un glissement aujourd'hui de la Macronie vers des propositions historiques de l'extrême droite et on voit que l'extrême droite maintient de toute façon tout ce qu'elle fait depuis maintenant trop longtemps en continuant de proposer des choses qui contreviennent évidemment aux droits des enfants dans ces propositions il y a évidemment l'abolition de l'excuse de minorité pour que tout le monde se rende bien compte de ce que ça veut dire ça veut dire qu'on prend le risque demain si ça venait à être appliqué de condamner des enfants à des peines similaires à celles des adultes ça veut dire que nous ne ferions plus la différence entre un enfant et un adulte un enfant qui commet un délit ou un crime pourra avoir le même quantum de peine qu'une personne majeure c'est une atteinte mais extrêmement flagrante extrêmement grave à la convention internationale des droits de l'enfant
je rappelle qu'aux Etats-Unis qui n'a pas signé cette convention ils ont signé ils n'ont pas ratifié ils n'ont pas ratifié la convention internationale des droits de l'enfant on condamne des enfants à mort on condamne des enfants à mort parce que là-bas ils ont cette logique qui est en train d'être importée en France qui est que oui mais un enfant qui commet un délit se comporte comme un adulte donc on va le juger comme un adulte exactement on nie le fait que c'est un enfant
et c'est d'ailleurs pour cette raison très précise que les Etats-Unis n'ont pas ratifié la convention internationale des droits de l'enfant c'est pour conserver la peine de mort notamment pour les enfants et donc parmi les autres propositions qu'on retrouve évidemment il y a toutes les propositions qui trouvent leur source dans l'idéologie phare de l'extrême droite qui est la préférence nationale et qui aurait des conséquences désastreuses on peut parler de la suppression des allocations familiales supprimer les allocations familiales aux personnes de nationalité étrangère c'est prendre le risque de faire augmenter considérablement la pauvreté infantile c'est rendre beaucoup plus difficile pour des parents de satisfaire aux besoins fondamentaux de leurs enfants la suppression de l'aide médicale d'Etat c'est priver des enfants de soins essentiels à leur développement que ce soit le dentiste l'ophtalmo enfin je veux dire c'est quand même on parle de ça c'est pas rien et puis on a d'autres propositions qui sont sorties cette semaine sur les enfants qui ont des difficultés à l'école qui ont des problèmes de comportement comme ils disent où là j'ai été sidéré c'est à dire qu'on a un responsable du rassemblement national donc le monsieur a priori éducation enfin répression parce que c'est plus de la répression que l'éducation mais qui qui sans trembler a quand même proposé d'enfermer les enfants qui ont des problèmes scolaires qui ont des difficultés à l'école donc au bout de conseils de discipline ils sont exclus du système scolaire jusqu'à 16 ans sans possibilité de retour dans le système scolaire normal ils sont placés dans des centres spécialisés si réitération des problèmes de comportement c'est quand même centre éducatif fermé donc on parle de privation de liberté voilà c'est enfin je trouve ça terrifiant je trouve ça terrifiant Saphir
alors Lies vous avez répondu à ma question qui était justement celle d'avoir un comparatif entre le programme de la majorité présidentielle et de l'extrême droite sur la question des mineurs moi ce que je vois en tout cas sur la question de la majorité présidentielle ça fait depuis en tout cas les révoltes des quartiers populaires qu'ils ont accéléré le rouleau compresseur anti-mineurs contre les mineurs des quartiers populaires contre la jeunesse en général avec la question de la militarisation et du SNU contre les mineurs trans puisqu'ils ont accepté d'ouvrir le débat venant d'une loi des républicains et de l'extrême droite et sur la question évidemment des mineurs isolés vous venez d'en parler moi j'ai une question vous êtes candidat nouveau Front Populaire j'aimerais que là vous avez commenté les autres programmes que vous puissiez commenter votre programme ce que vous vous portez sachant que vous êtes dans une coalition où il y a François Hollande qui est candidat en Corrèze et que François Hollande parmi ses nombreuses trahisons il y a plutôt tout à fait malheureusement avec Hollande mais en fait ce que je veux dire c'est que François Hollande parmi ses nombreuses trahisons il incarne une trahison sur la question de la minorité c'est qu'il n'a pas mis fin à l'internement des mineurs en CRAS c'est-à-dire en centre de rétention administratif
et notamment aussi l'interdiction des tests osseux pour
exactement et alors vous face à cela qu'est-ce que vous prenez
je pense que vous avez tout à fait raison déjà de pointer ce changement de doctrine au niveau de l'état sur la manière dont on considère ses enfants et les enfants de manière générale en France et le volet répressif on est aujourd'hui dans une période où le répressif prime sur l'éducatif et c'est une dérive inquiétante il y a une nécessité absolue mais qui est presque j'ai envie de dire pour ces enfants une question de vie ou de mort de faire barrage au Rassemblement National et à toutes ses composantes sans exception et donc pour cela je n'ai aucun scrupule aucun à faire une alliance en tout cas à participer à une alliance avec des personnes avec lesquelles j'ai été en désaccord par le passé si ça peut contribuer à faire chuter le nombre de députés Rassemblement National et au mieux à nous permettre d'avoir une majorité pour contrer leur projet je n'ai aucun scrupule là-dessus nous dans le programme du nouveau Front Populaire il y a des propositions qui concernent directement les enfants alors les enfants placés à l'aide sociale à l'enfance notamment avec l'effectivité de l'interdiction de placer des enfants dans des hôtels dans des campings dans des gîtes qui paraît être une mesure de bon sens donc de facto avec une création de place d'accueil pour les enfants placés mais aussi de recrutement de familles d'accueil il y a également l'interdiction de mettre à la rue des enfants placés à leur majorité et de garantir leur protection jusqu'à leur insertion pleine et entière dans la société ça c'est une revendication qui est portée par les anciens de l'AZE depuis très longtemps donc que j'espère vraiment voir être appliquée c'est une urgence sociale il y a au cœur de notre projet tout un tas de propositions qui si elles ne sont pas directement destinées aux enfants auront des bénéfices sur les enfants par exemple l'augmentation des APL de 10% c'est typiquement redonner du pouvoir d'achat aux familles et leur permettre de subvenir aux besoins fondamentaux de leurs enfants la garantie créer une garantie minimale pour les jeunes entre 18 et 25 ans ce qui n'existe toujours pas actuellement puisqu'on sait que les 18-25 sont ceux qui ne peuvent pas bénéficier d'aides sociales notamment le RSA ça va permettre de déprécariser entre guillemets cette jeunesse-là qui jusqu'à présent a de plus en plus de difficultés à se nourrir à se loger etc.
et ça ça va aussi avoir une incidence sur les enfants parce que ça va permettre à des familles notamment aux jeunes parents d'avoir un niveau de vie plus élevé ou en tout cas d'avoir un niveau de vie plus digne et de leur permettre de pouvoir encore une fois subvenir aux besoins fondamentaux de leurs enfants le recrutement de personnels soignants dans les hôpitaux mais la revalorisation aussi des professionnels du social et du médico-social qui figurent en bonne place dans notre programme c'est un peu ce que je disais tout à l'heure on ne peut pas avoir la prétention de protéger correctement les enfants si on ne s'occupe pas non plus de ceux qui en ont la charge donc cette revalorisation elle est aussi demandée par l'ensemble des syndicats de travailleurs sociaux par l'ensemble des associations professionnelles du travail social et elle est extrêmement attendue donc il faut qu'on la mette en oeuvre parce que là on a une pénurie extrêmement grave on a plus de 40 000 postes vacants dans la protection de l'enfance des postes vacants ça veut quand même dire pas d'ouverture d'établissement possible donc on ne peut pas avoir une présence donc voilà il y a ces enjeux dans notre programme et donc l'enfance est transversale en fait à toutes les politiques publiques voilà Emilien je suis désolé de revenir après des questions si importantes à la base politique politicienne mais on ne vous a pas donné le cercle la plus simple en France la dernière fois le sortant Renaissance a fait 60% au second tour il s'agit de Frédéric Descrozailles voilà et il reste que le Front Populaire a fait quand même 40% dans la circonscription aux européennes en fait vous avez une circonscription très hétérogène en fait entre on va dire l'Est un peu plus bourgeoise Saint-Mordefossé etc et l'Ouest Créteil où il y a un gros enjeu de mobilisation des abstentionnistes Bonneuil-Champigny aussi il ne faut pas voilà et ma question c'est est-ce qu'un candidat comme vous qui n'est pas un professionnel politique qui n'est pas un cadre de LFI qui a été envoyé là est reçu différemment est-ce que les gens connaissent un petit peu votre parcours est-ce qu'ils vous assimilent juste un coin de LFI ou vous arrivez est-ce que vous voyez un lien qui se fait un peu différemment ?
Alors la circonscription elle a été attribuée à la France Insoumise dans le cadre des négociations nationales avec l'ensemble des composantes du nouveau Front Populaire moi je ne suis pas un militant de la France Insoumise je ne fais pas partie de la France Insoumise et la France Insoumise en revanche a décidé dans cette circonscription d'investir un candidat de la société civile donc dans l'optique d'ouvrir ces élections à des personnes qui ne sont pas membres de partis politiques donc moi je ne représente pas la France Insoumise que ce soit dans ma campagne ou même ici sur votre plateau par contre ce que je peux noter de manière très concrète sur le terrain c'est que la coordination avec l'ensemble des composantes du nouveau Front Populaire elle a été extrêmement fluide notamment pour ces raisons-là on s'est économisé je pense énormément de discussions de négociations de conflits parce qu'il n'y avait pas d'enjeu d'étiquette moi je suis le candidat du nouveau Front Populaire et je représente aussi bien le nouveau parti anticapitaliste que le parti socialiste sur ma circonscription donc c'est un avantage sur le terrain j'ai été assez frappé alors moi je m'attendais honnêtement je m'attendais à me faire pourrir je me suis dit sur les marchés de Saint-Mort ça pourrait être compliqué mais je suis je trouve extrêmement bien accueilli moi je n'ai jamais été insulté sur les marchés je suis les personnes certaines me reconnaissent parce qu'elles ont pu me voir ailleurs sur d'autres plateaux à la télé ou dans des reportages et donc spontanément ça engage une discussion sur l'enfance mes tracts par exemple de campagne l'enfance occupe une place centrale donc ça fait partie des sujets dont je parle le plus avec les électeurs et les électrices sur ma circonscription et quelle que soit d'ailleurs la ville ou le quartier moi j'ai été au Bois-la-B qui n'est pas directement dans ma circonscription mais qui est juste à côté rencontré des militants de quartier populaire la question de la protection de l'enfance la question des enfants les intéresse autant que les habitants de Saint-Maur quand tu fais le marché de la Varenne donc voilà moi je ne suis pas un spécialiste de la politique je ne maîtrise pas non plus l'ensemble des sujets qui sont portés dans le programme du nouveau Front Populaire il y a des sujets que je ne maîtrise absolument pas en une semaine de campagne c'est très difficile d'ingurgiter tout un tas de connaissances du coup je fais ma campagne sur les sujets qui moi me parlent le plus c'est la lutte contre la pauvreté et l'enfance et oui je suis plutôt bien reçu
et comment vous imaginez votre position au sein de la gauche parlementaire puisque vous n'êtes pas de la France insoumise que vous êtes un candidat de la société civile est-ce que vous serez un député de la société civile indépendant est-ce que vous serez au sein du groupe LFI est-ce que vous serez un lignard
je serai apparenté apparenté au groupe LFI ok d'accord très bien Usul moi je suis depuis longtemps vraiment mon travail parce que je suis admiratif même de la manière dont tu le présentes avec force cette manière de le présenter de manière transversale aussi parce que c'est vrai que s'occuper des enfants c'est s'occuper de ceux qui peuvent le moins se défendre et de notre humanité commune aussi quelque part mine de rien et tu le présentes très très bien et tu as été du coup en rapport avec les politiques pendant cette commission mis au contact direct de ces politiques après tu les as affichés ceux qui n'étaient pas venus à la commission d'enquête sur Twitter j'ai vu qu'il y en avait qui avaient répondu je vais te demander quel était ton rapport au monde politique de manière générale parce que tu t'es déjà fait manifestement des amis mais aussi déjà des ennemis et avec des gens qui ont peut-être un rapport un peu plus détaché aux questions dont tu t'occupes moi j'ai pas d'amis voire instrumental d'ailleurs parfois j'ai pas d'amis en politique je ne baisse pas mon niveau d'exigence si la gauche fait n'importe quoi je serai en capacité de le dire en l'occurrence sur cette commission d'enquête sur les dysfonctionnements de l'aide sociale à l'enfance il est vrai que la gauche faisait partie les députés de gauche faisaient partie de ceux qui étaient les plus présents ceci dit on a une députée à l'Assemblée nationale qui a assisté à 16 auditions sur 21 voilà donc il faut aussi quand même le souligner je ne sais pas trop quoi te répondre c'est à dire qu'on porte des revendications dans le débat public et on essaye de créer le rapport de force qui permette de les voir aboutir et se concrétiser que ce soit avec des parlementaires de gauche ou des parlementaires de droite donc voilà mon seul objectif moi c'est qu'on obtienne c'est qu'on aille obtenir de nouveaux droits pour les enfants qu'on sacralise les droits existants et qu'on les rende réellement effectifs pas juste sur le papier et pour cela voilà c'est du dialogue c'est de la concertation et parfois oui c'est du fight parce qu'on a des députés qui font n'importe quoi mais sur la question de l'enfance moi pendant très longtemps j'en ai beaucoup voulu à la gauche par ailleurs de ne pas avoir investi ces sujets là et même de les avoir abandonnés à la droite et à l'extrême droite vous l'avez dit tout à l'heure la question des enfants LGBT la question des enfants non accompagnés des enfants pauvres même est extrêmement et de plus en plus instrumentalisée par l'extrême droite l'extrême droite instrumentalise ces problématiques là non pas pour donner de nouveaux droits aux enfants mais pour priver ces enfants là de droits déjà durement acquis et donc la gauche doit impérativement revenir sur ce terrain doit impérativement repenser la famille son modèle ces dysfonctionnements ça implique aussi dans la manière dont on s'occupe des enfants et elle doit porter un discours sur les enfants parce que si les enfants ne votent pas si ce ne sont pas des électeurs ce sont quand même des personnes qui méritent qu'on s'intéresse à eux et c'est presque c'est même pas qu'ils méritent c'est qu'on a le devoir de s'intéresser à eux et la gauche a pendant longtemps délaissé ce terrain là elle revient heureusement on a de plus en plus dans les programmes électoraux des propositions spécifiques sur les enfants moi j'observe ça depuis plus de 10 ans maintenant il y a encore je dirais 7-8 ans c'était pas le cas c'était très compliqué il fallait passer 15 000 coups de fil auprès de responsables de partis de députés pour exiger qu'il y ait des mesures sur les enfants maintenant ça se fait beaucoup plus spontanément et ça c'est quelque chose de très positif
merci beaucoup merci à vous d'être venu sur le plateau de backseat pour accepter de venir donc je le rappelle quand il a été dans la première circonscription du Val-de-Marne c'était notre troisième et dernier invité on devait avoir Bernard Guetta mais finalement il peut pas venir et pourtant ça aurait été intéressant parce qu'il a pris position contre Macron tout ça mais bref on aura l'occasion tant pis de reparler oh zut ça va oh non mais merde il y a des gens pas à gauche aussi à qui on peut poser des questions je voulais qu'on conclue cette émission ensemble en essayant de faire un petit exercice de prospective si on se lance alors c'est un peu un truc sur lequel je suis un peu en hésitation parce qu'on a un graphique à vous montrer sur le dernier sondage Harris Interactive qui est une projection en nombre de sièges à l'Assemblée Nationale et c'est le scénario le plus pessimiste puisqu'il place le Rassemblement National et ses alliés des républicains pro-cioti avec une majorité absolue à l'Assemblée Nationale et le bloc du nouveau Front Populaire en quasi-recul par rapport à la NUPES qui perdrait donc des circonscriptions par rapport à ce qu'ils avaient à la NUPES le problème c'est que je passe mon temps à expliquer que les sondages en projection de sièges pour des élections législatives ça pue un peu du cul c'est pas très fiable parce que vu ce que je vous ai expliqué tout à l'heure sur le fonctionnement du second tour des triangulaires possibles des désistements possibles en cas triangulaires et bah on peut avoir des surprises dans un nombre tellement incalculable de circo qu'en fait bah les projections en nombre de sièges ça vaut pas grand chose j'ai même entendu
Brice Tinturier d'Ipsos ce matin ou hier matin sur France Inter dire ça et dire non moi je ne me lancerai pas dans des projections pourtant c'est son boulot lui bah oui c'est son boulot mais du coup il sait voilà il sait que c'est ça pue du cul c'est comment tu peux prévoir autant de trucs c'est ce que j'allais vous demander il y a trop de paramètres
c'est comment est-ce que vous voyez les choses vous est-ce que vous pensez qu'il y aura beaucoup de triangulaires est-ce que vous pensez qu'on aura un RN majoritaire au bout du bout comment vous voyez les choses
des triangulaires oui alors il y en a certains qui prédisent au moins 200 triangulaires c'est sûr qu'il n'y en avait quasiment pas il y en avait quasiment pas il y en avait Philippe Juvin par exemple dans la haute scène grand homme en avait une et il avait gagné à 35% quelque chose comme ça mais c'était hyper rare pourquoi ?
parce qu'il y avait 50% de participation parce que c'était comme d'habitude des législatives qui sont une présidentielle donc tout le monde s'en foutait et donc 50% de participation ça veut dire que vous devez avoir 25% des exprimés pour être qualifiés or le troisième candidat a rarement plus de 25% là imaginons qu'il y ait deux tiers des gens qui votent ça veut dire que n'importe qui qui a plus de on va dire 19% des voix peut passer ça c'est déjà plus fréquent donc les instituts sont grandes les projections sont toujours difficiles alors il y a pire c'est après il y a les visualisations qui sont un peu trompeuses là le truc à risque interactif vous mettez vraiment la pire situation possible alors que les intervalles de confiance pouvaient aussi donner une minorité au RN quand on est politiste on fait très mauvaise prévision et en plus on ne peut jamais vraiment totalement s'exonérer des sondages on ne peut pas non plus inventer que tout d'un coup en fait le Front Populaire va faire 300 voix facilement ça va être comme ça parce que j'ai croisé une mamie sur un marché qui est en fait hyper fan de Jean-Luc donc c'est pas comme ça que ça marche il me paraît quand même un peu en fait tout ça dépendra beaucoup du comportement du centre est-ce que les candidats macronistes se désisteront s'ils sont en troisième position et ça sera sans doute beaucoup le cas est-ce que les électeurs macronistes iront voter pour la gauche il y a un duel contre le RN beaucoup de sondages évidemment sont un peu inquiétants sur ces aspects de report de voix bon le dernier sondage Ipsos laisse penser que malgré tout il y aura peut-être un peu plus de rapports de voix vis-à-vis de la NUPES il y aura un vrai il y aura il ne faut pas faire un jour non plus ils ont rajouté Philippe Poutou et François Hollande certes c'est un peu baroque mais enfin bon il y aura un vrai truc à jouer en fait politiquement pendant les 5 jours de campagne de la semaine prochaine je ne peux pas dire ce qui adviendra mais je pense que ce qui adviendra dépendra beaucoup de à quel point est-ce qu'on réussit à taper du poing sur la table les uns et les autres pour faire jouer le rapport de force et pour faire prendre conscience aux électeurs des enjeux colossaux qu'il y a cette législative parce que ça ne sera pas du tout un truc gagné d'avance comme on le fait
habituellement absolument et c'est là où je suis d'accord avec toi c'est que pour moi les éléments les plus importants pour le nouveau Front Populaire c'est d'abord la mobilisation le Front Populaire a besoin de mobiliser davantage notamment d'abstentionnistes et ce n'est pas facile des gens qui ont refusé d'aller voter en 2022 des gens qui ont refusé d'aller voter aux européennes des jeunes beaucoup pourquoi est-ce qu'ils se leveraient là dimanche pour aller voter et ça c'est un vrai enjeu est-ce qu'ils ont conscience est-ce que c'est Skuzy on en a parlé au début de l'émission les influenceurs est-ce que ça peut jouer peut-être un peu à la marge j'en sais rien mais c'est un enjeu majeur le deuxième enjeu qui est très important tu l'as dit ce sera entre les deux tours la campagne d'entre deux tours des élections législatives va être un vrai moment de clarification politique notamment pour le centre pour les macronistes parce que va se poser la question de savoir qu'est-ce qu'ils font est-ce qu'ils se retirent est-ce qu'ils se désistent dans les circonscriptions où ils sont derrière un NFP pour lui permettre d'être eulu face au RN et deuxième sujet ça c'est les candidats c'est les règles du parti mais la question des électeurs les électeurs macronistes ils vont faire quoi au second tour s'ils ont le choix entre un NFP et un RN est-ce qu'ils vont rester chez eux est-ce qu'ils vont avoir piscine est-ce qu'ils refuseront de voter parce qu'Emmanuel Macron leur a vendu leur envoi dos à dos de l'extrême gauche et de l'extrême droite ou est-ce qu'ils vont quand même aller voter parce qu'ils ont une culture politique et qu'ils savent qu'il vaut mieux s'engueuler avec un gouvernement de gauche qu'avec un gouvernement d'extrême droite j'en sais rien c'est vraiment deux inconnus Zafia
ouais j'aurais bien aimé réagir à ce que tu viens de dire tu viens d'identifier trois piliers qui est celui de comment on discute de l'abstention moi de mon point de vue je crois qu'on ne peut pas c'est ce que j'ai dit tout à l'heure retourner une sociologie électorale en si peu de temps c'est quand même une élection archi-anti-démocratique d'imposer à des personnes de faire campagne en deux semaines et en plus de ça il y a tellement de secteurs de la population qui se sentent abandonnées qui n'arrivent pas à se remettre du coup de la réforme des retraites et je pense que plus que pointer du doigt l'abstention il faut appeler à une abstention qui ne soit surtout surtout pas passive et puis après ce que je vois sur ce que tu disais sur les désistements moi j'y serais assez attentive parce que j'aimerais bien comprendre le comportement de la gauche par rapport à la majorité présidentielle je voudrais savoir s'il se positionne dans un rapport de force aussi au contraire ça sera très hétérogène en fonction des forces de gauche est-ce que je ne sais pas les plus à gauche LFI vont tenir tête ou est-ce que des gens comme Place Publique pourraient essayer de dessiner une alliance avec la Macronie avec des désistements je crois que ça te honte en fait non mais en fait on ne le sait pas du tout c'est qu'en fait je pense que c'est sur le terrain des désistements qu'on va voir aussi comment au Parlement des alliances ou des non-alliances pourraient se configurer et puis ensuite sur ce que tu disais par rapport à est-ce qu'il y aurait eu des reports de voix pour des candidats NFP dans un cas de barrage au Rassemblement National malheureusement la majorité présidentielle a donné un coup de pied dans une fourmilière en termes d'ambiance politique qui s'est traduit dans les médias moi je n'ai jamais vu de mon vivant après je suis très jeune un tel déchaînement et une diabolisation de la gauche c'est certain que ça aura des conséquences quand on a des intellectuels des armes des intellectuels des gens comme Raphaël Enthoven en train de dire qu'ils préféraient eux c'est carrément plus radical qu'ils préféraient voter pour le Rassemblement National plutôt que la France Insoumise
Oui on a entendu Aurore Berger dire le meilleur barrage au front populaire c'est LREM plutôt que le RREM j'étais là maintenant c'est à ça qu'on fait barrage et qu'il faut aller vendre mais en même temps c'était sur Europe c'était pas mais donc c'est ça qu'on va mesurer on va mesurer à quel point bon les électeurs d'extrême droite ils sont d'extrême droite d'accord ok mais on va mesurer aussi à quel point ce pays sa bourgeoisie ses élites pour moi nous ont entraîné vraiment à quel point ça marche ou est-ce qu'il y a une résistance populaire d'une espèce de culture d'un bon sens populaire antifasciste qui resterait d'une culture traditionnelle républicaine parce qu'on pourrait s'imaginer et c'est ce que j'essaie de me dire pour me rassurer de temps en temps on pourrait s'imaginer que ce pays est peut-être moins raciste que ses élites ce pays est peut-être moins anti-pauvre dégueulasse en fait que ses élites
il faudrait un unité par le bas qui travaille la question notamment du monde du travail qui investit la question syndicale qui investit la question de comment est-ce qu'entre collègues issus d'origines différentes on est capable de porter un programme ensemble de porter une société ensemble la réalité c'est qu'il faut aussi réinvestir le monde universitaire les lycées et le monde du travail parce qu'en fait c'est là où on est capable de faire des choses ensemble il y a l'unité électorale mais quelle unité par le bas non c'est pas que ça marche très peu parce que là où le rassemblement national est monté c'est dans les bastions ouvriers où les syndicats ont reculé où le communisme a reculé et donc en fait là où on ne sera pas combatif ils vont monter
bien sûr et il y a quand même un rôle aussi de la jeunesse là-dedans parce que là on n'a pas le temps il faut faire voter vite n'importe comment on est d'accord avec tous les arguments qu'on peut il va falloir que les jeunes arrivent à faire bouger leurs parents il y a un vrai enjeu
essayez d'avoir des discussions avec vos parents j'ai essayé c'est pas facile
sur quel sujet sur ça les mettre face à leurs responsabilités historiques et en plus on sait bien qu'il y a aussi des disparités économiques dans les générations et même à l'intérieur des familles les vieux sont plus riches que les jeunes il va falloir de faire prendre conscience aussi à cette génération là c'est pas pour prendre juste le prisme générationnel mais par contre pour ce qui est des intentions de vote on voit très bien que là aux européennes c'était 50% des jeunes qui votent votent pour la gauche bon très bien maintenant engueulez vos vieux secouez-les défoncez-les c'est pas possible
c'est un peu de les mettre face à leurs responsabilités historiques je suis assez d'accord avec toi en tout cas grâce à vous grâce à votre mobilisation grâce à vos dons grâce à vos abonnements sur Kiss Kiss Bank Bank j'ai le plaisir de vous rappeler qu'il y aura trois émissions en comptant celle-ci pour couvrir ces élections législatives rendez-vous donc la semaine prochaine c'est la fin de cette émission merci à toutes et à tous salut bye bye
Aurélien Rousseau