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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 15 juillet 2024 19 min

"Programme délirant" de LFI, rassemblement anti-bassines, Donald Trump... Le "8h30 franceinfo" de Gérald Darmanin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Gérald de Darmanin. Bonjour. Ce week-end, Donald Trump a été victime d'une tentative d'assassinat lors d'un meeting. Aux Etats-Unis, de nombreuses voix dénoncent la violence dans cette campagne américaine. Craignez-vous que cette violence puisse s'installer chez nous en France ?

0:17
Gérald Darmanin

Oui, c'est possible. C'est possible parce que la violence politique, malheureusement, elle va de pair avec le bruit, la fureur, les appels à la sédition, parfois les appels à la violence. Alors c'est vrai que les Etats-Unis ont malheureusement une tradition de s'en prendre aux personnages les plus importants de leur pays, et notamment les candidats ou les présidents des Etats-Unis. Donc je voudrais avoir une pensée pour M. Trump, bien sûr, et puis pour l'Amérique, qui doit être très choquée aujourd'hui. Mais c'est tout à fait possible que cela puisse nous concerner dans les prochains temps.

0:47
Présentateur

Est-ce que l'atmosphère que nous vivons depuis quelques mois, même à l'Assemblée, avec des invectives qu'on a souvent vues, des violences envers certains élus, est-ce que ça vous inquiète particulièrement dans le temps présent ?

0:57
Gérald Darmanin

C'est très inquiétant depuis de nombreuses années. Alors évidemment, il y a chez nous l'islamisme radical qui peut commettre ce genre d'attentats, d'actions extrêmement violentes, y compris contre des personnages politiques. Ils sont beaucoup protégés, les femmes et les hommes politiques. On reçoit beaucoup de menaces de mort. Le président de la République est particulièrement menacé par l'islamisme radical. Mais aussi, il y a des gens d'ultra-gauche et d'ultra-droite qui peuvent être chauffés à blanc pour des raisons politiques et qui, effectivement, pourraient interpréter des messages extrêmement violents sous les réseaux sociaux, dans la vie politique.

À l'Assemblée nationale, vous avez raison de le dire, pour passer à l'acte. On verra bien quel sera le profil de ce tueur hier. Mais on voit bien que ça peut être aussi un côté monsieur et madame tout le monde, ce qui est très inquiétant pour les services de sécurité. C'est sûr que quand on appelle à marcher sur Matignon, quand on appelle à la violence politique, c'est jamais quelque chose qui contribue à refroidir la violence tout court.

Donc voilà, je pense que chacun devrait mesurer ce qui se passe aux Etats-Unis, en tirer des conséquences pour la France, et se dire que les difficultés politiques, on les règle politiquement, on les règle électoralement, on ne les règle pas par la violence.

2:04
Locuteur non identifié

Et le fait qu'il y ait les JO, en ce moment, vous pensez que ça peut favoriser, justement, augmenter cette menace ?

2:11
Gérald Darmanin

Non, je ne le crois pas. La menace, elle est endogène dans nos sociétés. Il y a une polarisation de la société, c'est incontestable, notamment dans les démocraties. D'abord, il y a de moins en moins de démocraties dans le monde. Et dans les démocraties, on voit la polarisation. Vous êtes forcé, obligé, on l'a vu pendant cette campagne électorale, de choisir. Est-ce que vous êtes pour Israël ou pour la Palestine ? Est-ce que vous êtes pour les migrants ou anti-migrants ? Est-ce que vous êtes pour les flics ou contre les flics ? Bon, la société, ce n'est pas ça. Vous avez le droit d'avoir un peu de nuance.

Vous avez le droit de considérer qu'on peut discuter de plus de trois secondes d'un sujet sans pour autant choisir son camp. Et les réseaux sociaux, me semble-t-il, encouragent malheureusement cette polarisation en vous enfermant par algorithme dans ce que vous pensez être important. Et des images multipliées, mais des images multipliées avec, encore une fois, des paroles de responsables politiques extrêmement violentes ou appelant à la violence peuvent faire basculer des personnes dans cette violence. Je pense que les Jeux Olympiques n'ont pas grand-chose à voir avec cette situation. Notre société, elle, est violente.

Et en général, il faut pouvoir se poser pour éviter que ce qui vient des Etats-Unis ne s'applique à nous. Mais je constate malheureusement que nous inspirons beaucoup les Etats-Unis d'Amérique.

3:13
Locuteur non identifié

Et sur les JO, justement, on apprenait la semaine dernière qu'il manquait encore du personnel de sécurité. Est-ce qu'aujourd'hui, vous êtes prêts ? Est-ce que tout est sous contrôle ?

3:23
Gérald Darmanin

Non, non, il ne manque pas de personnel de sécurité. Ces Jeux Olympiques ont été extrêmement bien préparés par tous les services de l'État en lien avec la mairie de Paris et le comité d'organisation des Jeux Olympiques. Il y avait encore quelques centaines d'agents de sécurité privés sur les dizaines de milliers.

3:35
Présentateur

C'est les 2000, le chiffre qui circulait la semaine dernière.

3:37
Gérald Darmanin

Nous avions quelques dizaines de milliers d'agents de sécurité privés à recruter et nous en sommes arrivés. Effectivement, on en a moins de 2000. Et là, nous sommes arrivés autour de 2000 à recruter, ce qui est bien normal. Les Jeux Olympiques, c'est une quinzaine de jours. Nous avons encore un tout petit...

3:52
Locuteur non identifié

C'est demain.

3:53
Gérald Darmanin

Oui, c'est demain. Vous savez, c'est les quatre ans que je les prépare.

3:55
Locuteur non identifié

Justement, pour vous, c'est demain.

3:56
Gérald Darmanin

Chaque jour suffit sa peine. Mais vous savez, les Jeux Olympiques, c'est déjà aujourd'hui. Regardez la flamme, elle a parcouru la France dans plus de 50 étapes, dans toute cette diversité, en Outre-mer comme en Hexagone, jusqu'à hier à Paris, sans aucun incident. On a eu des millions de Français, des millions de Français, qui se sont rendus dans cet événement festif et populaire. Aucun incident. Nous avons su déjouer des attaques terroristes par au moins deux fois. Et nous avons donné aux Français le spectacle d'un pays sécurisé, bon enfant, joyeux. Ça n'a pas fait la une des journaux, parce que les journaux font la une souvent quand ça va mal.

Mais les Français de province ont pu voir que tout allait bien. Et encore hier, on a passé un excellent 14 juillet.

4:32
Locuteur non identifié

Pour sécuriser ces Jeux, on a vu que la France faisait appel à des troupes extérieures, étrangères, notamment des troupes du Qatar avec des véhicules blindés. C'est parce qu'on n'a pas assez... C'est pas suffisant les forces nationales. Vous comprenez que ça puisse interpeller les Français ?

4:49
Gérald Darmanin

Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi on n'explique pas que tous les grands événements internationaux dans tous les pays du monde font ça. Les Français ont été sécuriser la Coupe du Monde de football au Qatar. Voilà quelques mois. Pendant la Coupe du Monde de rugby, nous avions des policiers, des gendarmes étrangers qui sont venus nous aider. Mais si vous aviez été aux Jeux de Londres ou si vous avez participé à l'Euro de football en ce moment en Allemagne, il vient de se terminer hier, il y avait des Français qui étaient présents.

Donc c'est normal d'avoir des policiers, des gendarmes, des agents de sécurité civile, des démineurs de pays étrangers pour aider aux plus grands événements du monde. Les Jeux olympiques d'été, c'est le plus grand événement du monde et qui aident aussi les équipes nationales à bien évoluer, à avoir des contacts avec les policiers et les gendarmes de leur pays, mais aussi d'avoir des spectateurs qui peuvent rencontrer des personnes qui parlent leur langue. Et donc il n'y a pas que le Qatar. Nous avons plus de 80 pays qui nous aident, qui ont envoyé des policiers, des gendarmes, des démineurs pour pouvoir faire que ces Jeux olympiques soient les plus beaux.

Je l'espère que les Jeux olympiques aient plus organisé.

5:47
Présentateur

Gérald Darmanin, des rassemblements anti-bassines sont prévus cette semaine, notamment à Mel dans les Deux-Sèvres. Est-ce que vous craignez des violences comme on a pu les voir ces derniers mois, ces dernières années ?

5:56
Gérald Darmanin

Oui, je crains qu'à Sainte-Solines, puisque c'est la nouvelle saison, comme malheureusement les soulèvements de la terre l'appellent également, puissent faire comme l'année dernière, des actes d'une très grande violence. Donc nous attendons entre 6 000 et 8 000 manifestants, dont un millier de personnes extrêmement violentes, qu'on pourrait qualifier de radicalisés, notamment des personnes qui viennent de l'étranger. Donc nous avons mis des interdictions d'entrée sur notre territoire à plus d'une centaine de militants d'ultra-gauche qui viennent des pays d'Europe autour de nous.

Pendant ces 3-4 jours de ce week-end prochain, à Sainte-Solines, mais aussi à La Rochelle, dans cette partie-là du territoire, il y aura malheureusement, indépendamment de ceux qui veulent manifester pacifiquement, il y aura malheureusement sans doute des violences. Je rappelle que l'année dernière, c'est plus d'une cinquantaine de gendarmes qui ont été blessés, dont certains extrêmement gravement, et des violences avec des envois de haches, de cocktails Molotov contre les forces de l'ordre, pour une manifestation dont je voudrais rappeler ici, que non seulement elles sont interdites, mais par ailleurs, elles viennent contester des décisions de droit de tous les tribunaux.

La police et la gendarmerie, elle n'est pas là pour protéger, d'être pour ou contre des bassines. Ce n'est pas le rôle des policiers.

7:06
Présentateur

Parce que vous parliez de la polarisation tout à l'heure, le côté pour ou contre les bassines, par exemple, quand vous parlez des écologistes comme ceux qui encouragent l'éco-terrorisme, est-ce que vous ne participez pas aussi à cette atmosphère où les uns sont contre les autres et on a du mal à se parler ?

7:21
Gérald Darmanin

Moi, je suis pour le droit, comme les policiers et les gendarmes. Nous, on n'est pas pour ou contre les bassines, pour ou contre les agriculteurs, pour ou contre les écologistes. Les policiers et les gendarmes, dans un pays démocratique comme le nôtre, ils appliquent le droit. Le droit, c'est quoi ? C'est qu'il y a eu de nombreuses contestations contre ces bassines. Chacun peut avoir une opinion pour les bassines. Et le droit a toujours donné raison aux agriculteurs. Donc le rôle du policier et du gendarme, c'est de faire respecter ces décisions de justice.

Il n'y a pas de raison que les agriculteurs qui ont la justice et le droit avec eux voient leurs biens détruits par ceux qui ne respectent pas le droit.

7:55
Locuteur non identifié

Et en même temps, sur le terrain juridique, on voit que le tribunal administratif de Poitiers, par exemple, a jugé excessif ces bassines. Donc il y a quand même aussi, sur le terrain juridique, des oppositions qui aboutissent.

8:08
Gérald Darmanin

Non, madame. L'intégralité des décisions de justice ont été favorables aux agriculteurs. Moi, je voudrais dire ici que, s'en prendre au bien, c'est extrêmement négatif. Il faut une société, et on l'a vu l'année dernière, où on disait, s'en prendre au bien, bon, c'est pas très grave, c'est pas tout à fait les personnes. Pourquoi vous mettez des gendarmes face à ces manifestants ? Puisque vous créez vous-même de la violence, c'est-à-dire au ministère de l'Intérieur, puisqu'on veut juste s'en prendre au bien. Ben non, les agriculteurs, ils ont le droit de vivre du fruit de leur travail, de leur production, et les décisions de justice sont pour eux.

Et là, nous avons des désaccords profonds avec un certain nombre de responsables politiques. Tant Mme Tondelier va l'année dernière sur le site en disant, c'est ma responsabilité d'y être, je pense pas que ce soit la responsabilité des femmes et des hommes politiques de manifester avec des gens qui, par ailleurs, s'en prennent aux gendarmes. On devrait être du côté de l'ordre, du côté des gendarmes. En l'occurrence, ça, du côté des agriculteurs, quelque chose de très important de ces parts de ces dirigeants politiques.

8:58
Présentateur

Gérald Darman, un ministre de l'Intérieur. On se retrouve dans un instant, juste après le fil info. Il est 8h42. Le fil info, c'est clair, chez Caglini.

9:04
Locuteur non identifié

50 000 partisans des Républicains autour de leur héros. Ouverture aujourd'hui de la convention qui doit introniser Donald Trump comme candidat à la présidentielle américaine. L'ex-locataire de la Maison Vianche qui a appelé hier Ferrarissime à l'unité de la nation. Message comparable de Joe Biden. Depuis, le bureau ovale cette nuit. Le démocrate qui a rappelé que la politique ne devait jamais être un champ de bataille. Il faut baisser la température, a encore indiqué le président américain. Le risque d'un pays paralysé pointé par le président de la Cour des comptes.

Si le remboursement de la dette absorbe toute marge de manœuvre, il sera impossible d'investir dans l'avenir, prévient Pierre Moscovici. Selon les sages de la rue Cambon, les objectifs de redressement des comptes publics ne sont pas tenables. Un rapport publié aujourd'hui. Après 64, 2008, 2012, 2024, année du quatrième sacre européen pour les footballeurs de l'Aurora, les victoires hier de l'Espagne en finale de l'Euro face à l'Angleterre. 2 à 1, les coéquipiers d'Harui Kane déjà défaits lors de l'ultime match de la précédente compétition. France Info

10:13
Présentateur

Le 8.30 France Info Fanny Dinochet Jean-Rémi Baudot

10:19
Locuteur non identifié

Sur la question justement de ces violences, hier c'était le 14 juillet, ça s'est passé comment ?

10:25
Gérald Darmanin

Ça s'est bien passé, les 13 et 14 juillet, les deux nuits que nous avons connues, indépendamment des balles populaires et des défilés, dont celui bien sûr à Paris, il y a eu beaucoup moins de violences, beaucoup moins de voitures brûlées, plus d'interpellations en amont, ce qui va éviter les tirs de mortier que nous connaissions les années précédentes. Ce sont donc des baisses importantes de faits d'insécurité.

10:43
Locuteur non identifié

Parce que vous aviez mieux préparé le terrain cette année ?

10:45
Gérald Darmanin

Parce que je pense que le travail que nous menons au ministère de l'Intérieur depuis quelques années est efficace. Ça fait deux ans que les choses se passent mieux, que ce soit le nouvel an ou la nuit du 14 juillet et qu'il n'y a pas de concours de voitures brûlées, c'est une très bonne chose pour les Français.

10:56
Présentateur

Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, encore pour combien de temps ? Il s'est dit que demain, la démission du gouvernement intérieur sera acceptée.

11:03
Gérald Darmanin

Écoutez, vous êtes bien renseigné, je ne le sais pas.

11:05
Locuteur non identifié

Vous n'avez pas d'infos.

11:06
Gérald Darmanin

J'ai cru comprendre, en effet, qu'il fallait que les parlementaires qui avaient été élus et qui étaient ministres puissent voter jeudi pour la présence de l'Assemblée nationale. Ce sera mon cas puisqu'à Tourcoing, ils ont bien voulu me réélire député. Donc, j'ai cru comprendre que mardi ou mercredi, ce gouvernement serait démissionnaire, mais je n'en ai pas la certitude.

11:21
Présentateur

Alors, comment ça va se passer ? Voilà, très concrètement, comment ça va se passer ? Ça veut dire, est-ce que vous allez rester ministre de l'Intérieur, démissionnaire le temps des Jeux olympiques, par exemple ? Parce que c'est une séquence qui est importante, tout en étant député ?

11:32
Gérald Darmanin

Alors, le président de la République choisira. S'il souhaite que je reste à mon poste pendant les Jeux olympiques que nous avons préparés, je le serai évidemment, c'est un grand honneur. Et bien sûr, pendant cette période-là, je ne serai pas député, j'irai voter à l'Assemblée nationale, point. Et je ferai mon travail de ministre de l'Intérieur. Vous ne pouvez pas être ministre de l'Intérieur à mi-temps ou à quart temps. Et à faire courante ou pas à faire courante, il se trouve qu'il se passe tous les jours quelque chose dans notre pays. Et tous les jours, ministre de l'Intérieur, il est prêt auprès des pompiers, des policiers, des gendarmes. Donc, je ferai mon travail jusqu'au bout.

11:58
Présentateur

Bon, ce week-end, Gabriel Attal a été élu président du groupe Renaissance à l'Assemblée. Est-ce que vous lui reconnaissez ce statut de chef de ce qu'on appelait avant la majorité présidentielle ?

12:07
Gérald Darmanin

Ah non, mais d'abord, je félicite Gabriel Attal. J'ai moi-même voté pour lui. Il était le seul candidat. Et il est désormais le président du groupe Renaissance. Voilà, et c'est à lui de montrer désormais qu'il y a la ligne politique que nous voulons mener. Moi, je pense que le débat que nous devons avoir avant de savoir qui dirige quoi, voyons un peu des Français et pas de nous. Un peu de l'intérêt général et pas des combinaisons. On ne sait pas très bien, manifestement, ce que les coalitions, puisque moi, je dis le journal comme tout le monde, veulent dire. Voilà, moi, ce qui m'intéresse, c'est la ligne politique. Est-ce qu'on est pour ou contre continuer l'énergie nucléaire ?

Si on est pour, on ne peut pas faire de deal avec les Verts. C'est comme ça. Est-ce qu'on est pour ou contre protéger les policiers et les gendarmes ? Si c'est le cas, on ne peut pas faire de deal avec le NFP puisque je constate que c'est le désarmement de la BAC et c'est 20% de détenus libérés immédiatement le programme du NFP. Est-ce qu'on est pour ou contre la sortie de l'OTAN ou non ? L'arme nucléaire pour nos forces armées. Donc, je pense qu'on a un vrai débat de fond et c'est ça la politique, c'est des idées et moi, j'invite désormais mon groupe politique auquel j'appartiens depuis plusieurs années désormais à trancher cette ligne de fond. Voilà, donc j'invite Gabriel Attal.

Mais ça, ça se tranchait au niveau

13:15
Présentateur

du groupe politique ?

13:16
Gérald Darmanin

C'est bien qu'un groupe politique pense de la politique. Je pense que c'est positif. Que dans un groupe politique, on parle de politique, ça me paraît important.

13:22
Locuteur non identifié

Et à être trop restrictif, est-ce que vous ne craignez pas du coup de vous priver de certaines alliances ?

13:28
Gérald Darmanin

Mais moi, les alliances, je m'en fiche, je n'ai pas peur d'être dans l'opposition. Moi, ce qui m'intéresse, c'est d'être cohérent avec mes idées. Voilà, je ne pense pas qu'il faille gouverner avec le NFP ou une partie du NFP aujourd'hui. On a peut-être des différences entre nous, mais il faut qu'on en discute. Il y a des gens avec lesquels on peut tout à fait discuter. Si les socialistes quittaient le NFP, quittaient la France Insoumise et les Verts et émettaient désormais un cordon sanitaire entre eux et nous, nous pourrions travailler bien sûr avec des socialistes raisonnables, républicains, laïcs, et on pourrait chacun faire un effort pour un compromis pour notre pays.

Mais le compromis n'est pas la compromission. Je revois la question des Verts, puisqu'on en parle. Tout le monde a bien compris qu'on ne pouvait pas travailler avec NFI, ça s'est entendu. Mais nous n'avons pas la même conception de la laïcité que les Verts. Est-ce qu'on peut désormais se dire finalement la laïcité, on peut en discuter, on peut continuer à inviter Médine à l'université des Verts, Mme Tondelier, Mme Rousseau, ils étaient très critiques envers M. Attal sur la baïa. Non, la laïcité, on ne peut pas en discuter selon les coalitions. Donc, ce n'est pas une question d'être sourcilleux dans le détail.

C'est très important de savoir ce qu'on pense sur le nucléaire, sur les policiers, sur la laïcité.

14:31
Présentateur

Ça veut dire qu'une éventuelle coalition qui aurait renaissance ou en tout cas ensemble irait finalement plutôt vers la droite. Mais est-ce que ça pèse suffisamment pour tenir un gouvernement ?

14:40
Gérald Darmanin

Non, je ne vous dis pas ça. Je dis que personnellement, je ne participerai pas ni au gouvernement ni au Parlement avec une coalition qui travaillerait avec le NFP. Voilà, je pense que... C'est votre ligne rouge. Mais c'est le contraire de ce que je pense. Donc, je préfère... Y compris les socialistes pour qu'on soit très précis. Non, sauf si les socialistes, je vous les dis un instant. Se désolidarisent. Bien sûr. En fait, le neugordien de notre histoire aujourd'hui, c'est qu'il faut se séparer de la soumission qu'ils ont avec les insoumis.

Qu'ils puissent mettre enfin une démarcation entre eux, qui sont des hommes certes ou des femmes de gauche qui respectent la laïcité, qui ont une grande histoire politique d'entre pays, qui sont des démocrates et des républicains que je respecte, et les gauchistes. Voilà, il y a une différence assez forte entre les socialistes et les autres membres de cette coalition électorale un peu du déshonneur, il faut bien l'avouer, qui est celle du NFP, sur tout autant de sujets qui sont très importants pour nous, l'antisémitisme, la laïcité, encore une fois, la question nucléaire, la question du soutien de force de l'ordre, voilà.

Et donc, quand les socialistes se sépareront de la France insoumise, se sépareront du programme délirant de la France insoumise, je crois que nous pourrons travailler avec eux. Et tant qu'ils ne l'ont pas fait, il faut le demander

15:53
Présentateur

aux socialistes. Est-ce que, par exemple, Gérard Laché dit, voilà, en gros, il y aura un nouveau gouvernement après les Jeux Olympiques, en gros, après l'été ? Est-ce qu'on peut réellement, décemment, avoir un mois sans un gouvernement qui est de plein exercice ?

16:05
Gérald Darmanin

Moi, je ne peux pas répondre à cette question. C'est le président de la République et lui seul qui nomme le premier ministre qui forme le gouvernement. C'est souhaitable pour mon pays que nous ayons un gouvernement de plein exercice le plus rapidement possible, bien sûr. Après une élection législative, c'est tout à fait normal et souhaitable, mais pas au prix de faire n'importe quoi. Et encore, ceux qui ont une responsabilité de fin de crise institutionnelle et politique, ce sont les socialistes. Et moi, je les appelle, une nouvelle fois, à se séparer de la France insoumise et à se séparer du programme délirant que les Français voient bien comme étant l'alliance de la carpe et du lapin.

Voilà, donc cette alliance électorale étant finie, puisque les élections étant finies, il faut que les socialistes deviennent raisonnables.

16:38
Présentateur

Vous appelez à clarifier la ligne politique de Renaissance. Est-ce qu'il y a une clarification qui doit se faire au sein du groupe parlementaire, on l'a bien compris, et au sein du parti ? Est-ce que, par exemple, vous, vous seriez intéressé pour prendre la direction du parti ?

16:49
Gérald Darmanin

Non, moi, je ne suis pas intéressé à prendre des postes à responsabilité. Mon travail, c'est d'être ministre de l'Intérieur et quand je ne serai plus mise à l'Intérieur, si je ne le suis plus, après quatre ans d'exercice du pouvoir au ministère de l'Intérieur, c'est de réfléchir à ce qui n'a pas bien marché dans notre bilan. Il faut aussi qu'on fasse notre autocritique. Nous avons perdu les élections. J'ai parfois l'impression dans la majorité que certains pensent qu'on les a gagnées. Nous avons perdu les élections.

Et quand on a perdu, il doit y avoir une phase assez normale de silence, de réflexion, de voir ce qui n'a pas été pour pouvoir construire un projet pour la prochaine élection présidentielle, parce que cette élection présidentielle va venir très vite. Et si on ne veut pas que Mme Le Pen l'emporte, si on n'a pas compris que les électeurs nous ont dit dernier inventaire avant liquidation, il faut peut-être arrêter la course effrénée au pouvoir et pouvoir se poser et proposer quelque chose au français, quelque chose de sincère et quelque chose de réfléchi.

17:39
Locuteur non identifié

Justement, pour vous, rassembler à droite, ce serait une manière d'entendre ces 10 millions d'électeurs du Rassemblement national ?

17:45
Gérald Darmanin

Alors, il y a une partie des électeurs du Rassemblement national qui viennent de la droite, incontestablement, mais il y a aussi une grande partie des électeurs du Rassemblement national qui viennent de la gauche. Moi, je vois les bureaux de vote chez moi à Tourcoing ou à Aluin, le bureau de vote de la Rouge-Porte à Aluin, un quartier d'une ville de gauche très importante, Aluin-Larouge, disaient les sociologues politiques. Bon, il a voté au Rassemblement national. Donc, je pense qu'il ne faut pas... Il faut s'adresser à tous les électeurs. Qu'est-ce qu'ils veulent les électeurs du Rassemblement national ? D'abord, de la considération.

Ils ont l'impression qu'ils ne sont pas respectés et peut-être nous, dans la majorité, nous avons donné l'impression des leçons de morale. Il n'y a pas de leçon de morale à donner aux électeurs. Il y a à comprendre ce qui ne va pas chez eux. Deuxièmement, ils veulent de la fermeté sur le plan de la justice, de l'immigration, de la sécurité. Peut-être qu'ils n'avent pas été assez loin. Et troisièmement, ils veulent de la justice sociale. Ils veulent pouvoir vivre du fruit de leur travail et considérer qu'il y a tout aujourd'hui un tas de populations qui ne vivent pas bien.

Les femmes seules qui aiment leurs gamins, qui bossent à l'hôpital de Tourcoing, elles n'arrivent pas à boucler les fins de mois. Pourquoi nous n'avons plus que les CSP+, qui votent pour nous ? C'est quand même une inquiétude. Vous voyez ce que je veux dire ? Il faut comprendre que toute une partie de la population, soit des gens qui viennent de la droite, artisans, commerçants, policiers, gendarmes, soit des gens qui viennent de la gauche, les ouvriers, les employés, n'ont pas voté pour nous. Il faut s'en rendre compte. Et ils votent massivement pour le Rassemblement national.

Et je pense qu'un homme ou une femme politique doit entendre pourquoi les Français ne votent plus pour lui et réfléchir à ça et faire son mea culpa.

19:11
Présentateur

Merci beaucoup Gérald Darman, et démissionnaire d'ici quelques jours. Merci d'avoir été là. Merci à vous. Merci à vous.

"Programme délirant" de LFI, rassemblement anti-bassines, Donald Trump... Le "8h30 franceinfo" de Gérald Darmanin — Gérald Darmanin · Pourquijevote