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interviewBFM TV (sur Dailymotion)· 28 juin 2026 36 min

Canicule : 1 000 décès supplémentaires en trois jours - 28/06

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

De retour dans BFM, grand soir avec un point ce soir sur les orages qui touchent la France. Deuxième salve d'orage sur une diagonale qui s'étend des Pyrénées-Orientales à l'Alsace-Lorraine. On fera un point très précis avec vous dans un instant, Anthony Ferry. Mais partons pour l'heure du côté de Toulouse. Vous retrouvez Adélaïde Malaveau. Est-ce que les orages qui s'abattent sur Toulouse actuellement sont violents ?

0:23
Invité

Pour être tout à fait transparent, ça s'est vraiment calme. On était en direct il y a une vingtaine de minutes et à ce moment-là, on voyait des éclairs, on entendait des bruits sourds. Il y avait de la pluie, le vent qui était en train de se lever. Et je pense que vous pouvez le voir sur les images d'Aristide Sadna. En vingt minutes, ça s'est nettement calmé. Pour tout vous expliquer, on avait même pris le parapluie pour notre direct. On était prêts. C'est relativement calme. Les personnes qui étaient en terrasse se sont mises à l'abri le temps de l'orage. Et là, vous le voyez, tout le monde est de retour à sa vie normale.

Une alerte Météo France qui avait été donnée à partir de 16h pour orages violents et grêles qui va s'étendre jusqu'en début de soirée, jusqu'en fin de soirée, pardon. Des conditions météorologiques qui peuvent être récompliquées. C'est d'ailleurs pour ça que le maire de Toulouse avait décidé d'annuler ce soir les célébrations liées à la victoire du stade toulousain au rugby par anticipation tout simplement. Mais comme vous le voyez pour le moment, c'est relativement calme. Évidemment, ça peut évoluer tout au long de la soirée. Adélaïde Malaveau avec Aristide Sadna. Adélaïde toujours en t-shirt. Donc ça veut dire que les températures n'ont pas vraiment baissé, Anthony. Il fait bon !

J'imagine qu'il fait bon Adélaïde. Quand on a de l'orage comme ça et de la pluie, on espère que ça fasse un peu baisser les températures. Là, manifestement, c'était rapide, bref, intense. Les orages ce soir, ils vont toucher quelle région ?

1:34
Présentateur

Alors, globalement, on a une diagonale qui s'étend des Pyrénées, donc de la frontière espagnole, jusqu'au Grand Est, donc l'Alsace-Lorraine. Voilà, vous avez globalement 28 départements qui, ce soir, sont concernés par cette vigilance. Alors, regardez, ici sur la carte, il y en a 32, mais juste avant de prendre l'antenne, 4 sont sortis, à savoir ceux de l'extrême sud-ouest, donc les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Atlantiques, le Gers et les Landes ne sont plus en vigilance, donc 32 moins 4, ça fait 28. Pour tout le reste, les départements sont concernés. Alors, actuellement, il y a déjà des orages, au moment où l'on parle, qui touchent plusieurs de ces départements.

On a vraiment trois zones qu'il faut surveiller. La région toulousaine, où les orages sont parfois assez violents. On a, par exemple, relevé une rafale à 150 km par heure. Alors, c'était à Irati, dans les Pyrénées-Atlantiques, mais ce même orage est en train de remonter. Et puis, on a aussi d'autres orages qui touchent, notamment le Rhône, la Saône-et-Noire, l'Ionne et l'Aube, ainsi que le Haut-Rhin. Voilà, ça, c'est pour l'heure actuelle.

2:31
Invité

150 km par heure, ça vous fracasse une branche d'arbre ?

2:35
Présentateur

Ça peut même déraciner un arbre en entier à 150 km par heure. Oui, c'est une très puissante rafale qui correspond, globalement, à un ouragan de catégorie 3, il me semble. On est en 2-3, oui.

2:44
Invité

Et ça va durer combien de temps ? Parce qu'il y a des paliers jusqu'à minuit. Minuit, c'est l'Alsace-Lorraine, c'est ça ?

2:49
Présentateur

Alors, exactement. Voilà, donc, jusqu'à minuit, il va vraiment falloir surveiller le sud-ouest, le massif central, le puits de Dôme, la Bourgogne. Ensuite, en fin de soirée, début de nuit et milieu de nuit, là, ce sera vraiment sur ces régions du nord-est, à savoir donc l'Alsace et la Lorraine, ainsi que peut-être que le nord de la Bourgogne. Pourquoi ces zones-là ? Parce que déjà, parce que c'est là que les orages arriveront en dernier, mais surtout parce que ce sont ces zones qui ont encore aujourd'hui connu des températures particulièrement élevées, 37 degrés par exemple, à Mulhouse ou encore à Metz. Et vous le savez effectivement, Anne, la chaleur, c'est le carburant des orages.

Et donc, nous attendons des orages très, très violents sur le nord-est. Soyez très vigilants de la grêle et de très faible. Ma mère qui me dit, l'orage gronde à Auxerre, je veux du frais. Ça arrive bientôt, mais d'abord, l'orage, il faut qu'il passe.

3:34
Invité

Est-ce que ces orages, c'est la fin de cette canicule ? Est-ce que ça veut dire que, pour mettre un terme à ces 11 jours de chaleur intense que l'on a connus, il faut en passer par là ? Alors oui. Ça marque pour de bon la fin de la canicule ?

3:45
Présentateur

Alors, pour de bon, je ne dirais pas. Mais l'orage, effectivement, va aspirer la chaleur. Donc, il va dégager, effectivement, une partie de la chaleur. Le problème, c'est que la semaine qui arrive restera encore assez chaude. 3 à 4 degrés au-dessus des normales. Si vous regardez les températures chez vous, vous serez quasiment, pour tout le monde, entre 24 et 28 degrés, par exemple, pour la capitale. Donc, on sera vraiment au-dessus des normales. On ne pourra pas parler de fin de chaleur. On va pouvoir parler, en revanche, de fin de canicule, puisqu'il y a d'ailleurs, au moment où l'on ne parle plus, aucun département en vigilance rouge.

Il n'y aura plus que 5 départements demain en vigilance orange. Donc, c'est quasiment la fin de la canicule. En revanche, on ne pourra pas parler de la fin de la vague de chaleur. On parle aussi de records de chaleur en Europe qui vont s'amorcer à un moment donné la semaine prochaine. On parlait, par exemple, hier de l'Allemagne, où il y avait eu des records dans l'Est avec 41,6. Exactement. Alors, en fait, on a même déjà eu des records en Europe. On vous a d'ailleurs préparé une carte. Je ne sais pas si on va pouvoir la jouer. Mais en tout cas, ce que l'on peut vous dire, c'est que, en fait, toute l'Europe a pulvérisé, justement, les records à cause de ce nombre de chaleur.

Voilà, cette carte dont vous parlez. Alors, c'est très simple. Toutes les valeurs qui s'affichent sur cet écran sont des records. Nous n'avions jamais enregistré cela, même en Espagne. 43,7 degrés dans cette région.

4:57
Invité

En Pologne aussi, ils n'ont jamais vu ça.

4:57
Présentateur

Et en Pologne, en fait, c'est ce qui est encore plus surprenant. Regardez ces valeurs pour l'Europe de l'Est. Vous avez, par exemple, pour la République tchèque, 40 degrés. Pour l'Allemagne, 41,5. Ça ne s'était jamais vu en Allemagne des températures qui dépassent les 40 degrés, tout comme en Belgique.

5:14
Invité

Gaël Musquet, on s'amusait la semaine dernière à faire la comparaison avec le reste du monde. On disait qu'il faisait plus chaud à Paris qu'il faisait au Caire ou qu'à Mexico. Là, quand vous voyez cette température en Europe, on se rend compte que des pays comme le Danemark, l'Allemagne, où en général il ne fait pas très chaud, sont des pays qui battent absolument des records de chaleur. Plus de 40 degrés. C'est jamais vu. Oui, et il faut le rappeler, notre continent est le continent qui se réchauffe le plus vite avec l'Arctique. On est sous l'influence de l'Arctique.

Donc la fonte des neiges au pôle Nord, c'est aussi, malheureusement, cet air frais qui n'arrive pas, qui n'arrive plus et qui ne permet plus à l'Europe d'avoir ces influences qui permettaient d'avoir un air plus doux et des climats tempérés. La fonte de nos glaciers dans nos montagnes, puisqu'on a aussi nos glaciers Pyrénées, Vosges et les Alpes, qui sont aussi victimes de cette fonte. Donc la roche à nu, noire, sombre, qui accumule la chaleur et qui renforce, malheureusement, ces influences et accentue, malheureusement, accélère ce que l'on a pu théoriser, ce qu'on avait annoncé pendant les accords de Paris.

Et donc, effectivement, notre continent, nos territoires, nos pays riches doivent aujourd'hui rattraper le retard sur les investissements qui n'ont pas été faits sur les précédents gouvernements, tous pays confondus, et en plus, accélérer, malheureusement, l'adaptation, parce qu'on le voit, ça a un coût humain, ça a un coût sur les infrastructures et ça a un coût aussi sur la santé mentale, il faut aussi le rappeler.

6:41
Présentateur

Anthony Ferry, je vais vous poser une question qui va intéresser Bruno Berger-Urban et Agnès Récaribon ici présents. Les modèles disent quoi dans les prochaines semaines ? Est-ce que c'est un répit avant un nouveau dôme de chaleur ? Alors, ce que l'on peut vous dire très concrètement, c'est qu'à partir effectivement de la fin de la semaine prochaine, donc samedi-dimanche, nous voyons effectivement à nouveau les températures repartir en flèche pour la semaine qui suit, pour la première semaine notamment de juillet. Après, est-ce que l'on peut véritablement parler de canicule ? C'est très compliqué de le dire. Pourquoi ?

Parce que les canicules, ce sont des seuils qui correspondent à des niveaux de température propres à chaque département. Donc on ne sait pas encore précisément ce que l'on va avoir.

7:21
Invité

Anthony, Anthony, elle est où la France là ?

7:23
Présentateur

Alors justement, voici l'un des modèles. Et vous le voyez, on a un énorme dôme noir. Alors évidemment, plus c'est noir, plus c'est chaud. Ça correspond à des températures entre 36 et 40 degrés. Et vous voyez que la France, pour cette période du 7 à 8 juillet, est en dessous de cette vague de très forte chaleur, de ce dôme de très forte chaleur. On a un autre modèle que l'on peut vous montrer, qui est le modèle américain. Maintenant que vous connaissez, on en a entendu parler. Ce modèle américain, si on peut le voir, il vous affiche des températures pour le mardi 7 juillet, qui malheureusement rappellent celles que l'on vient de connaître.

Regardez, si vous vous approchez un petit peu de votre écran, regardez notamment la région du sud-ouest, où l'on observera à peu près 37, 38 degrés, et même jusqu'à 40 degrés localement. Ça, c'est donc pour le mardi 7 juillet. On voit donc effectivement les températures repartir à la hausse. Mais après, voilà, en météorologie, gardons-nous de tirer des prévisions au-delà de 7 jours. Mais en tout cas, ce que disent les modèles, c'est qu'effectivement, nous allons possiblement vers un réchauffement important.

8:21
Invité

Santé publique France comptabilise depuis mercredi environ 1000 décès supplémentaires par rapport au mois précédent, avec une hausse de 40% des décès à domicile. Quand vous voyez Bruno Megarban, ce que nous dit Anthony, il y a de quoi être inquiet pour les jours qui viennent ? Oui, tout à fait. En fait, en termes de conséquences de la canicule que nous voulons traverser, les choses ne sont toujours pas terminées. Il y a certes une surmortalité estimée à 1000 personnes actuellement, mais celle-ci, malheureusement, sous-estime la réalité. Probablement, il y en aura plus. Pourquoi ? Parce que d'abord, on va découvrir dans la semaine qui vient un certain nombre de personnes décédées à domicile.

8:56
Présentateur

On a un délai de 6 à 10 jours, c'est ça ?

8:58
Invité

Non, parce qu'en fait, ce sont des personnes isolées.

9:00
Présentateur

Non, mais qui peuvent revenir à l'hôpital, c'est-ce ? Il y a 6 à 10 jours où vous pouvez encore avoir des patients qui arrivent à l'hôpital.

9:05
Invité

C'est-à-dire que comme la température ne va pas franchement baisser, il va y avoir encore des organismes qui ont beaucoup souffert pendant cette période de canicule qui, potentiellement, vont quand même développer des coûts de chaleur alors même que la température extérieure est un tout petit peu plus basse. Puis surtout, toutes les personnes hospitalisées qui sont actuellement sous traitement, un certain nombre d'entre eux, malheureusement, vont quand même décéder de façon décalée parce qu'elles reçoivent un certain nombre de traitements. Et donc, au final, il va y avoir encore plus de décès.

9:31
Présentateur

Et la situation dans votre hôpital, l'hôpital Lariboisière, elle est comment ? Tendue ?

9:35
Invité

Alors, la situation est tendue dans tous les hôpitaux. Dans tous les hôpitaux. Depuis maintenant 5 jours, il y a eu une augmentation qui a été estimée de 50% de l'activité aux urgences et en réanimation, même si depuis aujourd'hui, une petite baisse de l'ordre de 10% de cette augmentation d'activité. Donc, on pense qu'il y aura un peu moins d'activité, notamment moins d'admission aux urgences. Néanmoins, il y a tous les patients qui sont hospitalisés. Donc, la charge de travail ne va pas du tout diminuer. Et en fait, vous avez un effet cumulatif. Et surtout, si on a cette deuxième vague aussi qui arrive. Les patients rentrent, rentrent, rentrent, ça cumule.

Et donc, le nombre de lits, malheureusement, qui est limité, diminue aussi. Agnès Riquari, je ne peux pas dire que vous êtes présidente de la Société française de médecine d'urgence. L'adjoint à la Santé à la mairie de Paris nous disait que cette canicule faisait mourir, hélas, des personnes qui ne devraient pas mourir de 40, de 50 ans, qui sont même chez elles isolées. Est-ce que vous diriez que cette canicule fait mourir des gens de plus en plus jeunes ? Ce qui est différent de celle de 2003, où on avait énormément de personnes âgées, notamment des EHPAD. Là, on a eu beaucoup moins de personnes âgées des EHPAD. Et effectivement, on a des arrêts cardiaques de 40, 50 ans.

Parce que les EHPAD sont mieux équipés.

10:41
Présentateur

Oui, il y a une chambre froide à l'intérieur, une chambre climatisée dans les EHPAD depuis la canicule de 2003, c'est ça ?

10:47
Invité

Voilà, c'est ça. Mais là, on a des arrêts cardiaques de 40, 50 ans chez des gens qui n'avaient pas de pathologie chronique. Et ce qui est assez nouveau aussi, c'est qu'on a des jeunes qui arrivent aux urgences de façon déshydratée, qui appellent le SAMU avec des signes de déshydratation. Et ce qu'on rappelle, en période de Coupe du Monde, c'est vrai que c'est... On a tendance à boire un petit peu de bière. Voilà, mais la bière, elle désaltère, mais elle favorise la déshydratation. Vous êtes de façon très rapide, en plus. De façon rapide. Et les premiers signes de coup de chaleur ressemblent un peu aux premiers signes de l'ivresse. Et donc, un des messages clairs, c'est nous appeler tôt.

Parce que plus on agit tôt, plus on refroidit tôt, plus on règle le problème et ils peuvent rentrer chez eux, sans avoir besoin d'hospitalisation. Il faut surtout éviter la bière. Et si vraiment, ils ne peuvent pas se passer de bière, parce qu'on sait qu'interdire la bière, ça ne peut être pas... Il y a eu des interdictions. Il y a eu des interdictions prononcées à Paris, notamment. Il y a eu des interdictions dans certains départements en vigilance rouge. On a pu voir sur BFMTV, notamment, en interrogeant les gens, que ce n'était pas toujours respecté. En fait, nous, on fait de la pédagogie. Et on essaye d'inciter.

Et à ce moment-là, je leur dis, alternez au moins une panne de bière, deux pannes d'eau, de façon à hydrater et compenser la déshydratation engendrée par la bière.

12:03
Présentateur

Allez, nous sommes en direct avec le porte-parole de la Fédération nationale du funéraire. Merci d'être avec nous, M. Gauthier Caton. Vous êtes du côté d'Orléans. On a vu beaucoup de funérariums saturés. Rappelez-nous quelles sont les zones les plus problématiques en ce moment. On parlait notamment du centre, je crois, ou de la région parisienne.

12:21
Invité

Bonsoir. Oui, excusez-moi les conditions de la visio de ce soir, mais malheureusement, j'ai dû renforcer mes équipes parce qu'on est vraiment extrêmement sollicités sur la région centre, sur Orléans. Et oui, vous l'avez indiqué, les chambres funéaires de Paris sont saturées. La première et la deuxième couronne commencent à l'être également. Et on a également, dans certaines régions, la région centre que je connais bien est maintenant saturée sur la métropole d'Orléans. On n'a plus de place dans les chambres funéraires. Et rien que dans les deux heures qui viennent de passer, on a cinq interventions en cours rien que sur la métropole pour des personnes décédées à domicile.

Donc oui, on a une situation qui commence à être critique. J'en lisais ce matin dans Le Parisien le témoignage du directeur du funerarium de Paris-Orly qui disait « J'ai refusé au moins 150 corps ce week-end parce que les chambres sont pleines et certains, ce week-end, appelaient à rouvrir. » Là, pour le coup, les chambres froides arrangissent comme au temps du Covid. Est-ce que vous êtes pour cette solution ? Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui, c'est devenu inévitable ? Alors, dans tous les cas, je pense qu'il faut trouver une solution.

C'est peut-être plus la préfecture de police de Paris qui doit peut-être actionner une situation, enfin en tout cas une solution qui peut parer à cette situation. Les deux fois où on a rencontré ces problèmes, c'était en 2003 et en 2020 pour le Covid. En effet, Rungis, qui a été géré par des professionnels et aménagé par des professionnels, n'était pas une solution parfaite, mais au moins, ça a quand même permis à des familles de se recueillir parce que dans peu de temps, et là, par exemple, au moment où je vous parle, je viens de recevoir une confirmation d'un transfert qui arrive du 93 dans le Loiret.

Donc, on a vraiment aujourd'hui des situations, et je comprends que le gestionnaire de la chambre funéraire d'Orly, oui, refuse toute la journée des demandes d'entreprises de pompes funèbres. La situation est la même dans toute la France ? Alors, il y a une disparité assez importante. Le sud-est n'est pas du tout impacté. Le nord, assez peu. Nantes et Angers sont des villes par la Fédération nationale du funéraire. On a des référents de région. Donc, on arrive à avoir des retours. Nantes commence à être une région, en tout cas, une ville problématique. Angers également. Donc, on peut imaginer que l'Ouest est impacté.

Je pense que c'est en corrélation avec les régions qui étaient les plus impactées par les températures. Mais il y a une disparité assez significative. La Bretagne n'est pas impactée, par exemple.

14:56
Présentateur

Monsieur Caton, est-ce que vous redoutez, on en a parlé, de l'arrivée éventuelle, ce qu'annoncent en tout cas certains modèles, d'une deuxième vague de chaleur, d'un deuxième dôme de chaleur à compter du 6 juillet ? Est-ce que là, vous la redoutez ou vous dites que ça va être très difficile ?

15:10
Invité

Alors, ce qui peut être vraiment très difficile pour nous, c'est si on n'a pas déjà réglé le problème de la première vague. Parce que nous, lorsqu'on prend en charge un défunt en chambre funéraire, eh bien, ensuite, on doit organiser les obsèques. Et lorsqu'on organise les obsèques, les délais vont se rallonger, inévitablement. Et si on arrive sur des délais de 8, 10 ou 12 jours, vous comprendrez qu'en fait, on n'aura pas de coupure entre les vagues.

C'est pour ça qu'il est très important de notre côté et de sensibiliser les différents acteurs pour pouvoir avoir des chambres funéraires en capacité d'accueillir des défunts, qu'on puisse avoir des crématoriums qui rallongent les délais, et que l'on puisse également voir avec les différents représentants de culte pour augmenter le nombre de cérémonies par jour. – Merci beaucoup, M. Caton. Merci d'avoir été avec nous ce soir. Et bon courage pour les jours, les semaines à venir, puisqu'on a compris que la situation était compliquée.

Gaël Musquet, quand on entend ce responsable, quand on voit que les hôpitaux sont en partie débordés, les funérariums saturés, a-t-on vraiment tiré la leçon de la canicule de 2003 ? – Effectivement, on a un problème d'infrastructure et de latence, en fait, malheureusement, sur la gestion de cette crise. C'est une crise à cinétique lente, ce n'est pas un orage brutal qui entraîne derrière une réaction aussi très brutale. On est sur une crise qui dure, qui s'inscrit dans le temps. Effectivement, toutes les infrastructures, on l'a vu pendant ces derniers jours, toutes les infrastructures ont souffert.

Et là, on le voit sur des personnes pour lesquelles j'ai beaucoup de compassion, parce qu'évidemment, il faut imaginer que ces hommes, ces femmes qui vont être sur les services funéraires, ces hommes et ces femmes qui seront dans les crématoriums et qui vont, évidemment, malheureusement, devoir aussi gérer les faux crématoires, accompagner les familles. Tout cela a un impact aussi sur ces infrastructures qui, malheureusement, parfois, ont fait l'objet d'investissements qui n'ont pas été à la hauteur des enjeux de ceux qui nous touchent aujourd'hui.

Donc, il faut bien comprendre, et on est dans l'émotion aujourd'hui, on est beaucoup à le dire, une fois que cette crise sera passée, on parlera d'une autre crise.

Il faut bien comprendre que là, ce qui nous touche aujourd'hui, cette émotion doit nous servir à activer des leviers d'investissement, des leviers d'adaptation, pour, évidemment, ralentir, ou en tout cas, atténuer la pression que l'on aura sur nos infrastructures, quelles qu'elles soient, parce que ces hommes et ces femmes, quand on intègre leur santé mentale, quels qu'ils soient, dans les milieux de santé, dans les milieux des transports, dans le milieu, évidemment, des services funéraires, tout cela a un coût, au final, et ces investissements, comme nous n'avons pas faits aujourd'hui, nous coûtent 5 à 15 fois plus cher aujourd'hui.

Donc, toutes les économies qu'on pense faire aujourd'hui, une fois que cette crise sera passée, tout cela nous coûtera beaucoup plus cher demain. D'autant qu'elle n'est pas terminée, cette crise, puisqu'on a bien compris qu'une nouvelle vague de chaleur, nous disait Anthony, nouvelle vague de chaleur est en train d'arriver dans une semaine. Pour l'heure, ce sont les orages, Anthony, qui frappent ce soir le pays, les orages déjà fortes, détonations, impact de fou du côté de Toulouse, et c'est en train de remonter vers le nord.

18:22
Présentateur

Oui, exactement. En fait, il y a une dizaine de minutes, lorsque nous étions ici avec Alice Darfeuil, les orages commençaient à peine à éclater. Ils étaient vraiment localisés sur quelques départements. Et puis maintenant, depuis une dizaine de minutes, en observant les radars, on se rend compte que ça, on rentre vraiment dans le dur du phénomène, puisqu'il y en a quasiment partout sur le territoire. Alors, je vous le rappelle, on a 28 départements qui sont actuellement en vigilance orange, globalement du sud-ouest jusqu'à la région Alsace-Lorraine. Et ces orages, ils peuvent être localement extrêmement violents. Alors, ça veut dire quoi, extrêmement violents ?

Ça veut dire accompagnés de très fortes rafales. Tout à l'heure, on a relevé une rafale à Hirati, dans les Pyrénées-Atlantiques, à 150 km par heure. On a aussi de très fortes grêles, des grêlons qui peuvent faire parfois jusqu'à 5 cm. C'est ce qu'on a d'ailleurs observé, il y a à peine une heure, dans la région de Chian. De la grêle, des fortes pluies,

19:11
Invité

des rafales de vent, tout ce qu'on a déjà connu hier soir, finalement.

19:14
Présentateur

Et ce qui se passe à Boyer, avec les rafales à 145 km par heure. Totalement, en fait. Ce sont notamment des supercellules qu'on a observées hier, que l'on observe d'ailleurs, encore en ce moment même, un petit peu partout sur le territoire, je vous le disais, à Chian, dans les Pyrénées-Orientales, mais aussi dans le Puy-de-Dôme. Attention, attention, ça remonte. Je ne sais pas si on peut vous montrer les images, l'animation des orages en direct, mais en tout cas, ils s'étalent vraiment sur une très large partie du territoire. Là, c'est l'euro, regardez.

19:38
Invité

Il faut bien se rendre compte

19:43
Présentateur

qu'il y a une dizaine de minutes, il n'y avait pas vraiment tous ces points. C'est vraiment très localisé. Et là, ça commence vraiment. Avec la baisse des températures, les orages s'activent et on voit très nettement qu'ils sont en train lentement, vous le voyez, de remonter vers le nord-est. Alors, en fait, qu'est-ce que vous observez ? Ce sont les impacts de foot. Les impacts de foot traduisent de la position évidemment des orages. Plus c'est blanc, plus c'est récent. Moins d'une minute. Donc, on vit en quasi temps réel les orages. Donc, vous le voyez, ils sont de plus en plus importants et surtout, ils sont très, très violents.

On a vu il y a une cinquantaine de minutes les images impressionnantes du côté de Toulouse. On va y retourner justement à Toulouse puisque vous êtes sur place pour nous, Adelaide Malavo. On rappelle que toutes les festivités, par exemple, de Toulouse qui a remporté la finale du Top 14 hier ont été annulées. Ça devait se tenir place du Capitole. Et pour cause, on a vu avec vous, on a vécu ces images impressionnantes des éclairs. Est-ce que ça a baissé en intensité ces orages ?

20:37
Invité

Très honnêtement, ça s'est relativement calmé. Je pense que vous pouvez vous parler d'il y a une cinquantaine de minutes. On avait effectivement des éclairs, du bruit, de la pluie, du vent. Eh bien, regardez là, le ciel est totalement calme. Il n'y a plus rien. Les personnes en terrasse sont très calmes. Elles ont remis leur... Elles sont en T-shirt. Elles sont tout à fait tranquilles. Une vigilance orange qui a commencé aux alentours de 16h qui va continuer évidemment dans la nuit. Vous parliez tout à l'heure de ma tenue. Effectivement, je suis toujours en T-shirt. Évidemment, excusez-moi, il y a du monde évidemment qui s'active. C'est le centre-ville de Toulouse.

Donc, on parlait de ma tenue. On a quand même perdu une bonne dizaine de degrés par rapport à tout à l'heure. Dans l'après-midi, on était aux alentours des 30 degrés. Maintenant, je viens de regarder, on est à peu près à 22 degrés. C'est peut-être une des conséquences de l'orage très concrète. Et puis, vous l'avez dit, on a parlé de ces conditions météorologiques. Malgré cette accalmie, évidemment, des fans qu'on a rencontrés qui étaient un petit peu frustrés quand même. J'imagine. Merci Adélaïde avec Arastide Sanna. Adélaïde nous disait qu'on était passé, Anthony, de 30 à 22 degrés. On a perdu 8 degrés. 22, ça fait longtemps qu'il n'a pas fait ça à Toulouse.

Ça fait quelques jours qu'on n'a pas aussi bien respiré probablement à Toulouse. C'est la fin de ces orages après semaine prochaine. Très belle. Et la chaleur qui revient. Il ne va pas pleuvoir sur les modèles ? Il n'y aura pas d'orage ? Il n'y aura pas de nouvelles ?

21:55
Présentateur

Alors, il pourra y avoir quelques orages très locaux. Mais en fait, on sera toujours dans des conditions anticycloniques, ce qui signifie un temps très dégagé, un temps sec surtout, prudence sur les incendies. Alors, vous découvrez juste en direct la carte justement qui vient d'être mise à jour par notre service infographie de cette vigilance aux orages qui concerne 28 départements. Et donc, pour ces prochains jours, cette semaine, profitez-en, respirez, si je puis dire. Les nuits seront plus fraîches. En revanche, les journées, on sera toujours 4 degrés à peu près au-dessus des normales.

Mais comme vous l'avez dit, effectivement, à partir du week-end de prochain, on observe sur les modèles, évidemment, une remontée des températures qui laissent présager d'une possible nouvelle vague de chaleur. Alors, pourquoi ça peut partir très vite ? Eh bien, parce que nous sommes déjà dans une atmosphère chaude. Donc, si une nouvelle masse d'air chaud arrive sur cette atmosphère très chaude, eh bien, tout de suite, évidemment, les températures gagneront peut-être une dizaine de degrés. Nous ne sommes donc pas à l'abri d'une troisième vague de chaleur et possiblement... Mon téléphone m'annonce déjà

22:59
Invité

38 degrés mardi prochain à Paris. C'est possible, ça ? Dans une semaine, 38 degrés déjà ?

23:03
Présentateur

Alors, je ne peux pas vous certifier dans le marbre qu'il fera 38 degrés mardi prochain à Paris. En tout cas, les modèles observent effectivement une hausse. Ce n'est pas impossible. On a vu de nombreux impacts hier qui ont touché l'Île-de-France. On était justement du côté de la Butte-Montmartre. On était aussi du côté de Blois avec ces arbres qui étaient tombés sur la route. C'est ce que nous disait notre envoyé spécial. Il y a eu beaucoup d'impact de ces premiers orages, Anthony. Oui, alors on a recensé... On a recensé... Alors, je ne sais pas si toi, Léaël, tu as le chiffre des impacts de foudre recensés hier, mais en tout cas, on a... On a eu des centaines.

23:32
Invité

Plusieurs, mais milliers. Même des milliers. Ça, c'est sûr. Dans la collectivité, en tout cas, où je suis élu. J'ai eu d'ailleurs le maire des Andelis, Frédéric Duché, qui a été, sur sa commune, particulièrement touchée par les bourrasques et des dégâts. On passe au caribe en Silla, en fait. On sort d'une canicule et ces maires doivent en plus gérer ces orages, des inondations, de la grêle. Une grosse pensée aussi pour les agriculteurs qui, pour certains, perdent une partie, toute ou partie, de leur exploitation et de ce travail qu'ils ont pu mener.

24:03
Présentateur

Eh bien, là, voilà. J'ai le chiffre. Et sur les 30 dernières minutes, on a déjà recensé 1500 éclairs sur le territoire. Ce qui vous montre bien l'intensité de ces orages. Et regardez ces images.

24:15
Invité

C'est intéressant parce que là, on est dans le Puy-de-Dôme. C'est aujourd'hui des grêlons qui tombent. En fait, ça tombe. C'est court. C'est intense. C'est très intense et ça peut faire de gros dégâts alors que ça ne prévient pas.

24:26
Présentateur

Eh bien, Gaël, effectivement, le sait bien. Ces orages très intenses et surtout très rapides vont hacher menu la végétation et malheureusement vont effectivement faire des dégâts sur les cultures, au niveau des habitations parce que si vous avez de la grêle qui fait plus d'un centimètre, eh bien, ça crée des impacts malheureusement sur les voitures et donc, effectivement, ces orages vont très vite mais malheureusement peuvent faire très rapidement des dégâts.

24:50
Invité

Et sur des sols, rappelons-le, Gaël, après 11 jours de canicule, sur des sols extrêmement secs, la pluie ne pénètre pas, elle coule, elle ruisselle, elle peut provoquer des inondations et des glissements de terrain. C'est aussi le risque. Là, effectivement, on a sur ces sols et on le voit d'ailleurs sur les images satellites, on a la France qui brunit, alors qui témoigne de l'état de la végétation. On reste en vigilance orange demain sur le porto méditerranéen, sur les feux de forêt. Donc, attention, il faut rester vraiment vigilant sur à la fois cette eau, effectivement, qui va ruisseller et qui peut causer des inondations dans les garages, dans les caves.

Donc, vraiment, rester vigilant à l'écoute des bulletins météo, une vigilance, même jaune, ça reste une vigilance. On ne peut pas certifier au mètre près où ces orages vont tomber. Donc, quand elle est départementale, cette vigilance, il faut vraiment être vigilant sur l'intégralité du département.

25:40
Présentateur

Professeur Bruno Megarban, on redoute aussi cette pression sur les services de secours quand il y a des orages là parce que tout le monde est dehors. Il y a renvoyé Butte-Mont-Bartre, par exemple, tous ces Parisiens venus profiter évidemment de la fraîcheur se rassemblant, tentant de se rassembler près des arbres. Donc, on redoute là aussi quand il y a cet épisode orageux ?

25:56
Invité

Alors, il peut y avoir des cas d'électrisation ou de traumatisme pour des personnes qui glissent mais j'allais dire quand même c'est beaucoup un pourvoyeur d'urgence que la canicule car les personnes les plus fragiles, celles qui généralement vont se retrouver en urgence sont plutôt chez elles et ne regardent pas la fenêtre l'orage.

26:16
Présentateur

Mais rappelons tout de même qu'hier, dans le Nord, nous avons eu 5 blessés à cause justement de ces orages, à cause justement d'un début d'incendie.

26:24
Invité

Regardez ce qu'il est tombé tout à l'heure. Donc ça, c'est le puits d'Aume. Imaginez un petit peu ça. Donc ça ne prévient évidemment pas. Ça arrive, ça tombe et ça, ça peut faire de très importants dégâts et pas que sur les deux voitures qu'on voit garrer ici.

26:39
Présentateur

Tout simplement, oui. Ça peut effectivement provoquer des dégâts, des dégâts importants et surtout là, vous avez une grêle qui doit faire à peu près entre 5 mm mais imaginez cela avec des grêlons qui font 5 cm. C'est ce qui est tombé à Kian en début de soirée. Kian, c'est dans les Pyrénées-Orientales, pas très loin de Perpignan. C'est aussi ce qui est tombé dans le puits d'Aume, pas très loin de l'endroit que l'on vous montre actuellement. Donc ça peut provoquer de très, très importants dégâts. Ça peut boucher les canalisations, donc provoquer temporairement des inondations, des inondations de caves, des inondations de garage.

Donc ça peut effectivement, malheureusement, avoir des conséquences importantes et puis surtout la foudre. On a relevé donc 1500 éclairs actuellement. Lorsqu'elle touche le sol, cette foudre peut provoquer des départs de feu sur les toitures mais aussi avec cette végétation extrêmement sèche. Et donc les orages sont pourvoyeurs d'une grande quantité de conséquences qui malheureusement peuvent être parfois dramatiques.

27:33
Invité

Et là-dessus, attention aussi sur les routes. Si vous êtes victime sur la route de ce type de grêle, de grêlon, bien évidemment, vous ralentissez le maximum possible, s'empilez, vous adaptez votre allure parce qu'évidemment, cela rend les chaussées extrêmement glissantes et ce sont des facteurs de sur-accident.

27:49
Présentateur

On est à 36 000 foyers. À 16 heures, on était à 36 000 foyers privés d'électricité en France dus justement à ces orages.

27:55
Invité

Oui, mais en fait, il faut imaginer que cette foudre sont des milliers, voire des centaines de milliers d'ampères qui peuvent évidemment provoquer de gros dégâts. Des incendies, quand évidemment, on n'a pas forcément toutes les protections, des paratonnerres, un moyen de guider cette foudre, la ramener dans le sol. Mais effectivement, on a au-delà de l'impact mécanique de la grêle, des impacts de la foudre qui, on le rappelle, dès que vous entendez le tonnerre, vous êtes en danger. Donc vraiment, adaptez vos comportements, fuyez les terrains dégagés, les golfs, les stades. Vous avez vu aux Etats-Unis à quel point... Les plages aussi.

Les plages, effectivement, la foudre peut tomber même si on n'a pas d'arbres en pleine mer, mais ça peut aussi frapper en pleine mer. Et vous n'êtes pas obligés d'être impactés par la foudre elle-même pour être électrisés. La foudre peut tomber à proximité de vous, à quelques mètres, quelques dizaines de mètres et provoquer des brûlures. Exactement. Donc dès que vous entendez le tonnerre, mettez-vous à l'abri, rentrez dans vos maisons ou une voiture si vous n'avez pas d'autre abri. Surtout, ne restez pas sous les arbres pour éviter d'être électrisés.

28:55
Présentateur

Rappelons aussi, département Vigilance Orange. La Vigilance Orange, je vous le rappelle, ça veut dire quoi pour Météo France ? Ce sont des phénomènes dangereux. Oui, on a presque l'habitude

29:09
Invité

maintenant avec la Vigilance Rouge. Finalement, on se dit la Vigilance Orange, on est quasiment sorti de ce... Non, non, c'est déjà effectivement un phénomène dangereux.

29:15
Présentateur

Donc si vous êtes chez vous à l'heure actuelle, s'il n'y a toujours pas d'orage, eh bien fermez évidemment vos fenêtres, fermez aussi les volets puisque avec possiblement les puissantes rafales de vent mais la grêle, il pourrait y avoir effectivement des brisures de vitres. Donc fermez les volets si vous en avez pour éviter cela. Rangez tout matériel qui pourrait être emporté par les rafales car chaque matériel emporté peut se transformer en un projectile qui pourrait être meurtrier.

Alors évidemment, faites-le s'il n'y a pas encore d'orage chez vous parce que s'il y a des orages, bien évidemment là, vous restez calfeutrés et surtout, vous n'oubliez pas de débrancher tous les appareils électriques. Alors, peut-être pas à la télévision sinon vous n'aurez plus les informations mais en tout cas les autres appareils électriques pour éviter évidemment les phénomènes de surfension.

29:56
Invité

Agnès Ricaribon, au-delà de ces dangers que peuvent représenter évidemment la foudre, la grêle, parfois on observe une baisse de température de 10, plus de 10 degrés, parfois 15 degrés même hier. On en a besoin. Est-ce que ça peut permettre ces moments de fraîcheur, d'orage, au corps de respirer et de se remettre en état après 11 jours à suffoquer ?

Ça permet effectivement de diminuer l'épuisement mais ce qu'il faut savoir c'est que nous, on s'attend à voir encore la semaine prochaine pas mal de patients qui viennent parce que l'impact sur les organes a commencé en décalé et va se poursuivre encore une bonne dizaine de jours parce que les organes ont été très impactés et continuent finalement à être abîmés malgré la baisse de température. Ce que vous voulez dire, c'est qu'il faudra plus qu'une nuit de fraîcheur pour pouvoir nous remettre en état ? Ah bah oui, oui, oui.

30:47
Présentateur

Il y a un temps moyen au cours duquel on récupère un peu plus vite ?

30:51
Invité

En fait, ça dépend de la montée de température. Si on arrive à limiter la montée de température, l'impact sur les organes est plus faible. Mais à partir du moment où un organe est fragilisé, c'est la mort cellulaire et la cellule, elle ne se régénère pas comme ça en un claquement de doigts. Et donc forcément, les atteintes du rein, les atteintes du foie, les atteintes du cœur, les atteintes du tube digestif, tout ça, ça prend du temps à se restaurer.

Ce d'autant que ça touche des personnes qui ont parfois déjà des pathologies chroniques et qui ont déjà des atteintes finalement qui sont stabilisées sous traitement et qui, à l'occasion de la déshydratation et de la température qui s'élèvent, vont s'aggraver et se déstabiliser. Mais on a également ce qu'on a observé dès le début de la canicule, plus de gens qui convulsent les épileptiques qui étaient parfaitement équilibrés sous traitement qui, là, se mettent à... Beaucoup plus qu'en 2003, par exemple ? Vous diriez ça ? Plus de jeunes. Plus de jeunes. Parce qu'en 2003, alors moi, j'avais vécu la 2003, j'ai un souvenir ému des gardes de 2003 au SMUR, j'étais déjà là.

Je n'ai pas le souvenir d'avoir eu des jeunes qui convulsaient comme ça, comme ce qu'on a eu dès le départ, en fait, de la canicule. Si, chez des patients épileptiques, mais parfaitement bien équilibrés sous traitement. Et puis, on a eu des convulsions chez des jeunes qui n'étaient pas épileptiques, mais l'effet température, déshydratation et alcool en période de coupe du monde, ben, ça... C'est vrai qu'on a tous vécu la canicule de 2003, pas forcément en tant que médecin, mais on s'en souvenait tous et pourtant... Enfin, on l'a tous vécu, pourtant, on ne s'en souvenait pas forcément. On ne se souvenait pas forcément de ces vagues de chaleur intense et des effets sur notre corps.

Est-ce qu'on a tendance à se surestimer peut-être un peu quand on voit que des jeunes de 40-50 ans viennent à décéder, Gaëlle Musquet ? On n'est pas prêts, en fait, à faire face. Oui, et c'est pour ça que dans la loi est inscrite... On a cette inscription dans la loi des exercices. L'exercice, même si on pense tout de suite à des exercices industriels, ça, on a beaucoup... On l'imagine bien quand on a proximité d'une université industrielle qui faille s'entraîner régulièrement en cas de dégâts. Il faudra prendre l'habitude de s'entraîner aussi pour des canicules.

Ça permettrait, par exemple, à des maires ou à des responsables politiques de se rendre compte de ce que ça va leur demander de gérer ce type de crise et de ne pas avoir des circulaires qui arrivent le 27 mai à quelques semaines d'une canicule. Le faire en courant d'année scolaire, je le dis parce que, croyez-moi, la prévention, c'est toujours le parent pauvre de ces crises-là. C'est un cauchemar, parfois, que je vis au quotidien parce qu'on a toujours une excuse pour ne pas faire un exercice. Les responsables administratifs dans les services ou politiques me trouvent toujours des excuses pour ne pas faire l'exercice.

Sauf que cet exercice-là, c'est ce qui permet à la population de se rendre compte de ce que ça va lui demander, de vivre dans sa chair. C'est exactement ce que vous dites. C'est quoi vivre dans sa chair une canicule ? Est-ce que ça va demander de pouvoir se rafraîchir, d'évacuer, de déplacer l'école dans une zone plus fraîche ? Là, vous avez vu que des enfants passaient des examens dans des parkings. C'est une solution comme une autre. Elle n'est pas idéale, elle n'est pas forcément adéquate, mais anticipez ça. Et je salue d'ailleurs la mairie de Bordeaux, une mairie qui recense 80 sites sur son territoire où on a de la climatisation, où on pourrait abriter nos enfants.

C'est une forme d'exercice qu'il va falloir généraliser pour ne pas être pris comme ça au dépourvu et courir après des climatiseurs à la dernière minute. En tout cas, il va falloir aller vite pour se préparer puisqu'une nouvelle vague de chaleur, vous nous le disiez, Anthony, arrive. C'est en tout cas ce que semblent dessiner tous les modèles ce soir.

34:32
Présentateur

Alors plusieurs modèles effectivement semblent dessiner cela. Pourquoi c'est probable ? Eh bien parce qu'on ne va pas sortir en réalité de cette atmosphère chaude et donc dès qu'une nouvelle masse d'air chaud, et c'est celle que l'on voit d'ailleurs à l'image ici avec vraiment ce dôme noir, ce nuage noir au-dessus de la France. Plus c'est noir, plus c'est chaud. Voilà, plus c'est noir, effectivement, plus c'est chaud. Si vous vous demandez où est la France, eh bien elle est en dessous. Si on a une nouvelle masse d'air chaud qui arrive, ça se surajoute à celle dans laquelle nous sommes actuellement. Et forcément, eh bien ça provoque quoi ?

Ça provoque une flambée des températures sur notre thermomètre. Ça c'est un modèle, nous en avons un autre, le modèle américain, le modèle GFS, qui lui aussi, eh bien prédit de températures malheureusement dignes de niveaux caniculaires. Ça c'est pour effectivement la période de début juillet, c'est-à-dire le 6, 7, 8 juillet. Nous n'en sommes pas encore là, mais c'est une tendance qui pour l'instant se dessine. Merci à tous les quatre. Merci d'être venus réagir à ces conséquences sanitaires, mais pas que de la canicule. Merci.

35:33
Locuteur

Merci. Merci. Merci.