Jean-Louis Borloo : Il faut mettre en place un État fédéral
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il faut selon lui renverser la table et mettre tout simplement en place un Etat fédéral, donner en quelque sorte le pouvoir aux régions, sortir de la décentralisation. - C'est un hyperactif de la politique. Maire, député...
Il a enchaîné les portefeuilles ministériels. Après des années loin de la vie publique, il a décidé de sortir de sa tanière, selon ses termes à l'heure où la France est en crise. - J.-L.Borloo: Le peuple voit bien qu'il y a une crise. - J.-L.Borloo a une stratégie en forme de thérapie de choc.
Priorité à la jeunesse et un grand plan de réorganisation de l'Etat. - J.-L.Borloo: Le modèle français n'existe plus.
Tout le monde fait tout: le département, la CAF, la ville, l'agglo, la métropole...
Il va falloir réorganiser notre pays. Il Ou on va vers un système centralisé ou on va vers un Etat fédéral. Dit autrement, il y a 20 grandes provinces métropolitaines plus nos provinces d'outre-mer.
Tout ce qui concerne le quotidien, les mamans, les adultes handicapés, la jeunesse, l'éducation, la santé, c'est la province. Et l'Etat sur l'avenir, la recherche, l'espace, la sécurité, la justice, ce qui fait nation. - A la clé, des économies substantielles. - J.-L.Borloo: L'OCDE a chiffré à 90 milliards.
Moi, à 150. Il y a plein d'économies induites. Je vous donne un chiffre pour comprendre...
Avant, les médecins géraient les hôpitaux. Ca allait bien. Il y avait un ministère de la Santé pour les autorisations de mise sur le marché des médicaments...
Les médecins ne savent pas gérer. On a créé une machine, une infrastructure, des nomenclatures. Résultat des courses: on est passés de 5 % de frais de structure à 34 %. - On parle de taux d'intérêt qui augmentent dans la dette française.
L'urgence est encore plus grave? - J.-L.Borloo: Les gens qui financent la dette de la France, qui placent de l'argent, ils se disent: "La France, ça fait 50 ans qu'elle est en déficit et ça augmente." Si vous leur expliquez la réorganisation de la France, les taux vont s'effondrer.
Il n'y a aucune fatalité. - Pour lui, les mesures proposées par le gouvernement comme les oppositions ne règlent pas le fond du problème. - J.-L.Borloo: Le sujet, ce n'est pas le saut de la semaine sur telle ou telle rustine proposée par tel ou tel...
Quand on va faire de l'écologie...
Il y a des sujets nationaux. Le RN, comment il peut être contre? - J.-L.Borloo convaincu que son plan va rassembler, au point d'être prêt pour Matignon?
Il refuse de commenter. - C.Roux: "Il refuse de commenter"...
Il fait partie des hypothèses? - C.Barbier: Son nom a circulé.
Il correspond à cette image centrale. Il ne me semble plus dans la course. Derrière lui, il n'a pas les parlementaires qui peuvent relayer son action.
Il n'a pas la force, l'emprise qu'il faut avoir sur l'opinion pour mener quelque chose. Il se trompe dans 2 directions...
Sa réflexion est très belle, mais il pense qu'on est en 58, dans un moment de délitement, et que le peuple va être derrière ce type de révolution. Le peuple n'est pas encore là. - C.Roux: 74 % des Français sont favorables au fédéralisme. - C.Barbier: Mais ils ne réclament pas ça tous les jours.
Ils veulent plus de pouvoir d'achat. On n'est pas dans cet appel à un homme providentiel, qui a été le général de Gaulle. Ce type de refonte complète du paysage, qu'on peut appeler de nos voeux, c'est pour une présidentielle.
Là, on cherche un Premier ministre. Dans la réflexion que nous devons tous mener pour avoir une campagne présidentielle digne de ce nom, ça, c'est très intéressant. Pour le candidat à l'Elysée, J.-L.Borloo me semble crédible. - S.Quéméner: Normalement, les politiques doivent porter une vision, un modèle de société.
C'est le cri qu'a poussé monsieur Martin la semaine dernière au Medef. Son discours était intéressant. "Proposez-nous quelque chose, demandez une vision..." Les politiques sont venus lentement débattre de façon un peu ridicule à mes yeux, de 2027, alors qu'on est dans la crise.
Le désarroi est maintenant. Il manque des batailles de visions, des méthodes pour réformer la société. Ca en est une et un peu d'optimisme. - C.Roux: Ne pensez-vous pas que collectivement, quand il dit que "ça ne marche plus", le modèle français ne marche plus...
Ne pensez-vous pas que les Français sont convaincus de la même chose? - D.Seux: C'est difficile de dire que le modèle fonctionne depuis un certain nombre d'années.
Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Sur les propositions économiques de J.-L.Borloo...
Il arrive avec la TVA sociale. Ca, ça peut intéresser les Français. Baisser les cotisations, ce qui pèse sur le travail, et faire participer les importations au financement...
Les temps ont changé. Les actifs qui prennent en charge sur leurs épaules le poids de la protection sociale sont moins nombreux. Il y a peut-être des réformes importantes à faire de ce côté.
Je pense que J.-L.Borloo arrive avec des idées qui peuvent apparaître assez neuves aujourd'hui. - C.Roux: Plus d'Etat central et des régions qui prennent le pouvoir... - C.Barbier: En Allemagne, l'éducation, ce sont les Lander.
Ou alors, on va vers un modèle américain où le gouverneur a des pouvoirs presque de police. Démonter un Etat centralisé depuis au moins Colbert, ça ne va pas se faire en 15 jours. C'est une révolution, qui est défendable intellectuellement.
Ca ne se fait pas dans un automne tempétueux comme on le connaît. Ca se fait dans une discussion avec le peuple, très longue, et ça ne peut être porté que par un homme validé par le suffrage universel direct. - C.Roux: On peut passer dans l'urgence... - C.Barbier: Oui. - G.Macke: Je suis très sceptique.
J'entends votre sondage, mais j'ai quand même l'impression que les Français sont jacobins, qu'il y a toujours cette quête de l'homme fort, ce côté napoléonien, on cherche le grand homme qui va nous sauver...
Les Français demandent beaucoup à l'Etat. Pour eux, c'est l'Etat...
Ils sont sensibles aux inégalités. Si dans la région voisine un peu plus riche, il peut y avoir des mesures plus favorables, les gens vont être froissés. Je trouve que c'est une idée intellectuellement intéressante.
Ca mériterait d'y réfléchir. Il y a un sujet énorme autour du millefeuille administratif. Est-ce qu'on fait 150 milliards d'économies, comme il le dit, un peu au doigt mouillé, à mon sens...
On a fait une seule réforme, c'était de passer de 22 à 13 régions. Ca a coûté de l'argent. On a besoin de gens qui ont des idées. - C.Roux: Ca illustre le moment dans lequel nous sommes.
Est-ce une énième accélération d'une crise politique qui va durer 2 ans?
Jean-Louis Borloo