Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC — Face à Face· 15 janvier 2025 21 min

Face à Face : Catherine Vautrin - 15/01

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC face à face.

0:06
Catherine Vautrin

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Catherine Vautrin.

0:11
Présentateur

Bonjour Pauline Demaller.

0:12
Catherine Vautrin

Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. C'est simple, vous êtes en charge de tous les dossiers au cœur de la politique de François Bayrou. Les retraites c'est vous, le travail c'est vous, la santé c'est vous. On va revenir évidemment en particulier sur cette réforme des retraites avec un conclave promis, une mission flash. Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qui est possible ? Quelles sont les marges ? Mais au fond il y a une question politique qui se pose avant même qu'on ne puisse rentrer dans ce que vous pourrez faire ou ne pas faire. Vous avez fait attention au parti socialiste. Finalement vous n'avez pas réussi à le convaincre.

Et vous êtes peut-être même déjà en train de perdre le RN. Hier, votre collègue, le ministre François Repsamen, a eu cette déclaration et je voudrais que vous entendiez ensuite immédiatement la réaction du RN parce que peut-être que tout ce dont on parle ce matin vous n'allez rien pouvoir en faire.

0:59
Présentateur

Je respecte toutes les forces politiques sauf le RN, je le dis ici, mais c'est ma position. Et donc ce n'est pas du tout la position. Vous ne respectez pas le RN ? Non, moi je ne respecte pas ceux qui ne portent pas tous, heureusement, j'en connais dans mon département, mais ceux qui portent les discours de haine et l'exclusion de l'autre, ce n'est pas ma tasse de thé.

1:19
Catherine Vautrin

Réaction immédiate du RN par la voix de Jordan Bardella. Le socialiste François Repsamen déclare ce soir respecter tous les mouvements politiques sauf le RN. François Bayrou devrait rapidement rappeler à son ministre que le respect du haut 11 millions de Français électeurs du RN est l'une de nos principales exigences. Est-ce que vous n'êtes pas en train de perdre sur tous les tableaux ?

1:39
Présentateur

Vous savez, je crois qu'il est important que nous respections chacun des électeurs et donc chaque parlementaire est détenteur de la confiance de ses électeurs. Ça ne veut pas dire que forcément on est d'accord sur les valeurs, mais ça veut dire que chaque élu doit être respecté à travers le mandat qui est le sien.

1:56
Catherine Vautrin

Ce que ça veut dire aussi, c'est que le RN continue à vous tenir en joue, en quelque sorte. C'est-à-dire que dès qu'il y a une sortie de route de l'un de vous sur le RN, ils disent « attention, dans ces cas-là, on va dégoupiller la censure ».

2:08
Présentateur

Vous savez, je crois que ce qui est important, c'est surtout qu'on travaille au sujet qui concerne nos concitoyens et là-dessus, on doit trouver des voies d'accord parce que nous sommes en période de vœux, vous rencontrez des gens, moi aussi. Il y a un mot que je n'ai jamais autant entendu, c'est le mot « stabilité ». Et je crois que s'il ne devait y avoir qu'un tout petit dénominateur commun entre les uns et les autres, c'est la stabilité pour le pays et moi, c'est ça le sens de mon engagement. Mais est-ce que vous regrettez quand même que François Rebsamen

2:37
Catherine Vautrin

ait fait de la politique hier un peu sur le dos du gouvernement ?

2:41
Présentateur

Il est important, François Rebsamen est un élu de territoire, chacun connaît son engagement à Dijon, ce qu'il a fait dans cette ville et je le respecte totalement. Après, je crois qu'il est extrêmement important que les uns et les autres ont soit en capacité de rassembler et de trouver des voies de passage pour le pays.

2:57
Catherine Vautrin

Ce n'est pas tout à fait gagné visiblement, mais on va y revenir parce que je ne lâcherai pas sur cette question-là qui au fond vous met dans une situation quand même, on le sent bien, extrêmement délicate.

3:07
Présentateur

Mais allons-y, vous avez raison, mais on va se dire les choses très simplement. Il y a 11 groupes à l'Assemblée nationale et il ne vous a pas échappé que nous sommes, vous connaissez parfaitement la vie politique de notre pays, que nous sommes dans un contexte totalement inédit puisque par définition, dès lors que nous n'avons pas de majorité, nous devons composer et c'est un exercice totalement inédit. Et chaque jour, nous devons trouver des solutions qui permettent d'avancer.

3:34
Catherine Vautrin

Sauf que Catherine Votrin, vous pourriez vous permettre en quelque sorte même de vexer le RN si vous aviez acquis au moins la certitude

3:42
Présentateur

que l'EPS ne vous lâchera pas. Mais on ne peut vexer personne parce que d'abord, ce n'est pas une façon de travailler et deuxièmement, parce que dans un contexte dans lequel vous n'avez pas de majorité, tous les jours, on doit construire autour de textes des éléments. Et là-dessus, je partage votre commentaire qui est trouvons à chaque fois les voies de passage qui permettent d'avancer. Parce que même cause même effet. Sinon le pays est bloqué. Dans ces cas-là, vous vous retrouverez dans la même situation que Michel Barnier qui est tombé au bout d'un mois.

Notre responsabilité, c'est bien pour cela que j'insiste sur ce point, c'est de trouver des voies de passage qui nous permettent de faire avancer. Et là, c'est quand même totalement inédit sous la Ve République. Nous sommes le 15 janvier, nous n'avons pas de projet de loi de finances votée, nous n'avons pas de projet de loi de finances de la sécurité sociale votée. Et ça, ça a un coût pour le pays, ça a un coût autour de la dette et ça préoccupe nos concitoyens, ça a des conséquences sur la consommation et c'est tout ça que nous avons responsabilisé.

4:35
Catherine Vautrin

Alors rentrons immédiatement dans le concret des dossiers. Les retraites, la santé, les retraites d'abord. Remise en chantier donc de la réforme des retraites, ça c'est ce qu'a annoncé François Bayrou hier, sans pour autant qu'elle ne soit ni suspendue ni abrogée. Il y aura un conclave après une mission flash de la Cour des comptes. Sans totem ni tabou, pas même l'âge de la retraite.

4:57
Présentateur

Quelles sont les marges ? Très concrètement, la volonté du Premier ministre, c'est d'entendre qu'un certain nombre de nos concitoyens ont aujourd'hui encore des questions, voire sont en attente de réponses sur des sujets qui sont des sujets comme l'usure au travail, comme le sujet de la retraite des femmes, qui sont des sujets sur lesquels il y a besoin de se remettre autour de la table. C'est une demande très forte du Parti Socialiste, vous l'évoquiez il y a un instant, c'est aussi une demande des partenaires sociaux. Et ce qui est très intéressant, c'est que les partenaires sociaux ont l'habitude de la négociation, je voudrais dire que c'est même leur façon de travailler au quotidien.

Donc la proposition qui est faite, qu'est-ce que c'est qu'une mission flash ? C'est de demander à celles et ceux qui connaissent les comptes du pays, la Cour des comptes, pour ne prendre qu'elle, peut-être également en parallèle l'INSEE, toutes celles et ceux qui connaissent la situation du pays, de faire un point sur l'ensemble des données concernant les retraites, de façon à ce que le constat soit partagé, que ce constat soit donné aux Français. Que tout le monde soit d'accord sur ce qu'on a dans les caisses.

Et le coût à venir, parce que vous avez vu les chiffres de la natalité qui sont sortis hier, nous avons aujourd'hui une baisse de la natalité extrêmement forte, et au moment où je vous parle, nous avons le pourcentage de Français de plus de 60 ans et supérieur à celui des Français de moins de 15 ans. Et ça, ça va continuer. Ce qui veut donc dire que le sujet retraite est un sujet qui va continuer. C'est le rapport du Premier ministre sur quand les baby-boomers auront 85 ans. On y est, on y arrive, et ça nécessite que le pays soit organisé.

6:33
Catherine Vautrin

Quand vous dites ça, Catherine Votrin, vous ne dites toujours pas

6:36
Présentateur

sur quoi vous pourriez revenir ? Je viens de vous donner deux exemples. Celui, par exemple, de la pénibilité, celui du sujet de la retraite des femmes. Et donc, à partir de ce constat partagé... Vous pensez que ça va leur suffire ? On va déjà finir la méthode, si vous voulez bien. À partir du constat partagé, on propose aux partenaires sociaux, syndicats de salariés, syndicats patronaux, de travailler pendant un délai qu'on estime à trois mois. Pourquoi trois mois ? Parce que l'idée, c'est d'être en capacité d'avoir des avancées, que ces avancées, à ce moment-là, puissent être transposées.

Et pour être transposées, c'est soit une loi spéciale pour cela, soit le projet de loi de finances pour 2026.

7:15
Catherine Vautrin

Ils ont déjà dit non. Vous l'avez peut-être entendu ce matin, Sophie Binet, la patronne de la CGT, qui dit le rendez-vous vendredi matin à Matignon n'aura pas lieu.

7:22
Présentateur

Non mais, ce qui va se passer vendredi matin, le Premier ministre va déjà écrire à l'ensemble des partenaires sociaux pour présenter la méthode, et ensuite, il réunira les partenaires sociaux. Viendront ceux qui veulent venir. Quand Mme Binet, effectivement, dirige la CGT, vous avez à côté Marie-Élise Léon pour la CFDT, vous avez Frédéric Souillot pour FO, je ne vais pas tous les citer.

7:44
Catherine Vautrin

Si la CGT ne veut pas venir, tant pis pour la CGT, c'est ce que vous dites.

7:46
Présentateur

Je ne dis pas ça. Je dis que l'intérêt, c'est que chacun vienne, c'est que toutes les organisations qui sont les organisations représentées au Conseil d'orientation des retraites, il est important qu'elles soient toutes là, parce que nous parlons de l'avenir du pays. Et l'idée, c'est vraiment que tous soient autour de la table, échanges, animés par un spécialiste du sujet, qu'il puisse y avoir... C'est qui le spécialiste du sujet ? Il va être nommé dans les jours qui viennent. Vous pensez bien que ça aura un impact. Bien sûr que oui. Il faut que ce soit quelqu'un qui, par définition, ait une neutralité qui permette... C'est pour ça que j'utilise à loisir le terme spécialiste du sujet.

Ce n'est pas un politique, pour être clair. C'est quelqu'un qui travaille sur ces sujets dont les travaux peuvent, là encore, faire... Vous l'avez déjà en tête. Il y a plusieurs noms. Il n'y en a pas un seul. Il y a plusieurs noms qui, potentiellement,

8:28
Catherine Vautrin

peuvent être mis sur la table et animer ces discussions, ces débats. Catherine Votrin, si je vous entends bien, on a bien compris que spontanément, il y a deux points sur lesquels vous vous dites « Tiens, il faut vraiment qu'on se remette à bosser. » C'est la question de la pénibilité, la question de la retraite et du travail des femmes. Ça peut être de l'âge, je vais aller au bout. Mais là, c'est ça ce que j'allais vous dire. Est-ce que la vraie question fondamentale, ce n'est pas la question de l'âge ?

8:50
Présentateur

Le Premier ministre l'a dit hier, aucun totem, c'est dans son discours de politique générale, il a dit clairement, aucun totem, tout peut être réouvert. Il y a, en revanche, un élément clé, c'est l'équilibre du régime, puisque, par définition, l'objectif, c'est d'aller vers l'équilibre du régime.

9:06
Catherine Vautrin

Mais il y a cette phrase, « Je souhaite que cet accord soit trouvé. » Mais si les partenaires ne s'accordent pas, voilà ce qu'a dit François Bayrou hier, alors c'est la réforme actuelle qui continuerait à s'appliquer. C'est sur cette phrase-là que vous avez perdu le Parti Socialiste.

9:21
Présentateur

Mais c'est là-dessus qu'il faut être capable de travailler en se disant qu'il y a capacité à trouver un accord. C'est le fondement même du sujet. Mais s'il n'y a pas d'accord,

9:29
Catherine Vautrin

ils vous disent, est-ce qu'on ne peut pas reprendre la main aussi à l'Assemblée nationale ?

9:32
Présentateur

Ça, vous dites déjà non ? Mais pourquoi y aurait-il un accord, là, si les partenaires sociaux ne peuvent pas trouver un accord ? Pourquoi y en aurait-il un à l'Assemblée nationale ? Jusqu'à maintenant, et le Parti Socialiste, comme d'ailleurs d'autres partis politiques, ont toujours fait confiance aux partenaires sociaux qui ont montré dans l'histoire de la République leur capacité à se mettre d'accord beaucoup plus forte que celle des politiques. Mais je vous repose la question quand même

9:53
Catherine Vautrin

sur les partenaires sociaux. Parce que Sophie Binet, en vrai, elle ne dit pas qu'elle ne veut pas venir. Mais elle dit que vous-même, vous avez déjà annulé la réunion. Est-ce que ça ne veut pas dire quand même que vous avez anticipé le fait que de toute façon, ça va être un très mauvais départ ?

10:07
Présentateur

Non, il n'y a pas de mauvais départ. Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas de réunion vendredi ? Parce que nous sommes mercredi matin, qu'un certain nombre de gens ne sont pas disponibles vendredi, d'où la nécessité... D'accord, donc c'est une question d'agenda, ce n'est pas une question politique. C'est exclusivement une question d'agenda, d'où l'idée que ce soit cette lettre qui soit envoyée vendredi. Il y a donc bien un acte vendredi et une réunion dans la foulée. Qu'est-ce qui s'est passé ?

10:29
Catherine Vautrin

Pardon, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Quand hier matin, ici même, Olivier Faure dit, on est en train de conclure, il a même un petit sourire en coin, il pense vraiment que ça va passer. Et que le soir, ils disent, le compte n'y est pas. Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que vous lui avez fait croire ? Ou qu'est-ce qu'il a de lui-même cru ? Où était le quiproquo ?

10:47
Présentateur

Vous savez, je crois que nous n'avons pas cherché à faire croire quoi que ce soit. Nous avons eu des réunions toute la semaine dernière avec l'ensemble des différents groupes de l'Assemblée nationale. L'idée, quelle est-elle ? Elle est réellement de regarder comment on peut travailler différemment et comment on peut confier surtout sur ce sujet tellement important des retraites.

11:08
Catherine Vautrin

Ça peut être pire. C'est-à-dire que si vous humiliez en quelque sorte le Parti socialiste ou s'il se sent humilié, il va se retrouver entre le marteau et l'enclume parce que d'un côté, il a les filles qui vont lui dire tu t'es fait complètement avoir et puis de l'autre, de toute façon, il finira par vous censurer. Est-ce que vous n'avez pas fait une erreur politique ?

11:24
Présentateur

Mais vous croyez que quand on travaille sur un sujet aussi important que celui des retraites pour les Français, on s'amuse à humilier qui que ce soit ? Le sujet, c'est de se dire on sait qu'il faut continuer à travailler sur le sujet. Les Français attendent des réponses sur différents points. On vous propose de proposer à celles et ceux qui sont les référents en matière de négociation sociale, à savoir les partenaires sociaux, de travailler. C'est au contraire une ouverture pour replacer le débat là où il peut être entre finalement spécialistes de la négociation sociale.

11:52
Catherine Vautrin

Une dernière question sur les retraites avant qu'on ne passe aussi aux questions de santé qui étaient très présentes hier et qui font partie de vos dossiers. Catherine Vautrin, la proposition du patronat, et il l'a faite à ce micro, c'est aussi une plus grande contribution des retraités en renonçant à l'abattement fiscal de 10%.

12:08
Présentateur

Est-ce que ça peut être une des sources ? Aujourd'hui, ça n'est pas du tout dans le texte. Après, je ne vais pas commencer à dire on ne touche pas à ci, on ne touche pas à ça. Donc ça, on peut y toucher. Mais le Premier ministre a dit pas de tabou. Donc aujourd'hui, moi je ne traire aucune conséquence sur quoi que ce soit. Je n'annonce surtout absolument rien sur le sujet. En tout cas,

12:28
Catherine Vautrin

vous ne vous opposerez pas par principe.

12:30
Présentateur

Mais regardons, vous comprenez bien que quand on prend une copie de négociation, on ne commence pas à regarder un ou deux points. Ce qu'il faut faire, c'est regarder l'ensemble et c'est répondre aux attentes de nos concitoyens qui, eux, sont un, attachés au système de retraite, deux, souhaitent que leur carrière soit reconnue, y compris, notamment, ce sujet de l'usure professionnelle. Et un point très important sur lequel je veux revenir qui est celui de la retraite des femmes. On sait combien on a un énorme sujet. Donc, ouvrons ces sujets, apportons des réponses. C'est ce qu'attendent de nous, nos concitoyens. Catherine Votrin, la santé, vous avez réussi à récupérer des sous ?

C'était absolument indispensable. Et quand je dis ça, je ne suis pas là pour, évidemment, dire qu'il faut dépenser sans compter. Le sujet, nous le savons. Vous avez augmenté le budget, notamment pour les hôpitaux. Alors, vous avez tout à fait raison. Vous savez que, dans nos textes, nous avons d'un côté le projet de loi de finances et d'autre part, nous avons le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Dans ce projet de loi de finances de la sécurité sociale, nous avons l'objectif national des dépenses d'assurance maladie. C'est ce qui fixe le cadre, c'est 250 milliards d'euros pour donner une idée de ce que cela représente.

À l'intérieur de cela, nous avons tous les ans la campagne tarifaire des hôpitaux. C'est ce qui permet de financer les hôpitaux. La volonté qui était la nôtre, c'était de dire il faut, dans le contexte inflationniste que l'on a connu, dans le fonctionnement des hôpitaux, on a besoin que cette campagne tarifaire ne soit pas à zéro. Et c'est la raison pour laquelle le gouvernement propose d'augmenter cet objectif national des dépenses de santé et cette campagne tarifaire. Et c'est la raison pour laquelle ce qu'on appelle cet objectif national est porté à 3,3%. Ce qui veut dire que concrètement, il y a un milliard de plus pour les hôpitaux.

14:18
Catherine Vautrin

Mais vous allez les prendre où ? Pardon, mais moi, naïvement, je trouvais ça super. Et puis en fait, en vous écoutant, je comprends quand même que l'enveloppe globale n'a pas augmenté. Donc ça veut dire que le milliard, vous allez le mettre sur l'hôpital, mais vous allez l'enlever ailleurs.

14:31
Présentateur

Maintenant, l'enveloppe du projet de loi de finances de la sécurité sociale va donc augmenter. Donc nous allons travailler là comme ailleurs sur les économies puisque tout notre engagement, c'est un budget. Et là, je fais le lien PLF, PLFSS. On a un engagement d'économie qui est extrêmement fort. Nous sommes à plus de 40 milliards d'économies. Donc à la fin, il n'y a pas plus 1 milliard. Enfin, il y a plus 1 milliard sur une des enveloppes au sein du... Dans le budget santé, il y a 1 milliard de plus. Et ça, ça va pour les hôpitaux. Et pour être très concrète, ça veut dire 13 000 patients, 13 000 lits pour un patient dans l'année en plus. C'est extrêmement important.

Il y aura 13 000 lits de plus dans les hôpitaux. C'est 13 000 patients pris en charge en plus avec 1 milliard d'euros. C'est 13 000 patients pris en charge en plus, si vous le voulez, dans un autre temps. C'est important d'être très technique là-dessus parce que c'est vraiment extrêmement concret pour les Français. Pour le dire autrement aux Français, c'est budgété sur un an, 1 milliard, c'est 16 000 soignants. Alors après, on peut le regarder différemment suivant de qui vous parlez entre une infirmière spécialisée ou un médecin. Qu'en est-il du déremboursement des médicaments qui avaient été annoncés par Michel Barnier ? On en est où ? Le gouvernement a décidé de maintenir la suppression.

C'est ce qu'on appelait le ticket modérateur. Ce ticket modérateur est supprimé. Il est supprimé à la fois pour les médicaments, il est également supprimé pour les consultations. Ça veut dire quoi pour les Français ? Ça veut dire qu'il n'y a pas de changement pour les Français.

16:03
Catherine Vautrin

Donc les Français ne vont pas devoir payer plus cher leur santé. Les Français ne paieront pas

16:06
Présentateur

plus cher pour leur santé.

16:07
Catherine Vautrin

Est-ce que vous demandez aussi aux mutuelles qui ont annoncé qu'elles allaient augmenter de 6% leurs tarifs de se restreindre ?

16:14
Présentateur

Les mutuelles ont déjà augmenté et donc l'État demandera aux mutuelles la restitution de cette somme. Savez-vous la restitution à qui ? Aux Français ? A l'État. A l'État ? A l'État, ce qui permettra de contribuer au financement supplémentaire des dépenses santé.

16:32
Catherine Vautrin

Mais vous ne pensez pas qu'ils vont faire payer plus les Français ?

16:34
Présentateur

C'est déjà fait. Mais ils vont continuer ? Non, les campagnes pour l'exercice 25 sont déjà installées.

16:39
Catherine Vautrin

Donc l'argent du déremboursement, vous le récupérez ? En partie. C'est les mutuelles ?

16:44
Présentateur

C'est les mutuelles.

16:45
Catherine Vautrin

Mais vous savez bien que les mutuelles vont répondre que dans ces cas-là,

16:47
Présentateur

elles vont continuer à augmenter les tarifs des mutuelles l'an prochain. C'est quand même un peu une entre-loupe. Vous savez que les mutuelles ont déjà augmenté. Et donc vous avez la question qui se pose... Elles ont terriblement augmenté. Mais la question c'est est-ce que vous laissez les mutuelles avoir augmenté une somme qui est une somme qui n'a pas à être compensée puisque nous ne déremboursons strictement rien ? Ou bien est-ce que nous considérons que cette somme qui a déjà été prélevée doit avoir un effet sur la santé des Français ? Mais vous savez qu'il y a un certain nombre

17:09
Catherine Vautrin

de Français qui renonce

17:10
Présentateur

à leur mutuelle. Mais vous savez aussi qu'on travaille sur des sujets avec notamment, et je salue les élus locaux, avec des mutuelles, notamment des mutuelles communales ou intercommunales qui permettent d'accompagner nos concitoyens.

17:22
Catherine Vautrin

Catherine Vautrin, vous êtes en charge de la santé, de la solidarité. Il y a un point aussi sur lequel je voudrais vous interroger ce matin parce qu'il est à la croisée de vos deux dossiers, c'est la question de l'alimentation. On a découvert ce matin et c'est une étude de l'association Foodwatch que plus le produit est peu cher, plus il est sucré. C'est-à-dire que c'est la double peine. Si vous n'avez pas les moyens d'acheter un produit de marque un peu plus élevé ou d'un coût un peu plus élevé, je parle de la mayonnaise, je parle des boîtes de conserve de petits pois, je parle des pizzas, je parle des sauces bolognaises, il y aura beaucoup plus de sucre donc ce sera moins sain.

Est-ce que vous demandez aux industriels de l'agroalimentaire de faire un vrai effort sur cette question-là ?

18:00
Présentateur

Non seulement je leur demande de faire un vrai effort mais surtout je suis extrêmement vigente sur les Nutri-Scores parce que le Nutri-Scores permet à nos concitoyens lorsqu'ils achètent de regarder la classification du produit.

18:11
Catherine Vautrin

Danone y a renoncé. Danone y a renoncé.

18:13
Présentateur

C'est la question pour laquelle il faut aller plus loin sur le sujet. C'est une question de prévention. Est-ce que vous allez le rendre obligatoire ? Je vais travailler. Il y a 15 jours que j'ai été nommé mais c'est clairement un sujet sur lequel il faut aller. C'est une question de prévention. On a beaucoup parlé de dépenses de santé. Moi je voudrais insister sur la prévention. Chacun d'entre nous est responsable quelque part de sa prévention et nous devons aider les Français sur le sujet. C'est vrai sur des sujets aussi simples que la vaccination pour la grippe pour nos aînés comme sur des sujets d'alimentation.

18:45
Catherine Vautrin

La natalité, vous le disiez, 1,54 enfants par femmes c'est le taux le plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Emmanuel Macron avait parlé en grande pompe d'un réarmement démographique. Rien n'a été fait. Depuis le discours et les annonces rien n'a été mis en oeuvre.

18:59
Présentateur

Zéro. Il y a là-dessus un travail à prendre. Il va sur plusieurs plans d'ailleurs. Moi je veux travailler... Non mais il avait promis un certain nombre de points.

19:07
Catherine Vautrin

Il ne vous a pas échappé

19:10
Présentateur

qu'il y a une censure. Je rappelle juste que cette censure, il faut quand même qu'on a eu la dissolution puis la censure. La censure, je le dis au passage, ça coûte 175 euros par français rien que sur cette notion de censure. C'est 12 milliards d'euros, vous ramenez ça au nombre de Français, ça fait 175 euros par français. D'où la notion de stabilité. D'où la notion d'avoir un peu de temps pour... Il ne fallait pas dissoudre. D'où la notion de travailler sur des sujets aussi lourds que celui-là. En un mot, moi je veux travailler sur un virage démographique. Je commence sur les sujets de natalité. Vous avez parfaitement raison. Il y a des sujets de non-désir d'enfant.

Il y a des sujets de logement. Il y a des sujets d'infertilité. Je suis désolée, je les mets dans un... Non, non, mais bien sûr, ça fait partie des diverses raisons. Il y a une notion de garde d'enfant avec le service public de la petite enfance. Tout ça, ce sont des sujets qu'il faut prendre de façon extrêmement sérieuse, rapide, pour apporter des réponses. Parce que vous le voyez, c'est totalement interministériel et il y a plein de sujets à travailler. J'insiste sur ce point parce que nous avons, si vous comparez à 2010, le nombre de naissances a baissé de 21%.

C'est dire, si nous avons un enjeu démographique majeur, la France va devenir durablement un pays de seniors avec toutes ses conséquences, y compris sur l'emploi. Parce que cela veut dire que nous manquerons de bras dans un avenir extrêmement proche qui est un sujet très important pour la compétitivité du pays.

20:31
Catherine Vautrin

Vous êtes confiante ce matin, globalement ? Vous allez durer à votre ministère ?

20:35
Présentateur

Durer, j'en sais rien, mais pleinement engagé, c'est certain.

20:37
Catherine Vautrin

On l'a bien entendu. Merci Catherine Vautrin d'être venue ce matin répondre à mes questions. Je rappelle que vous êtes ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. Merci à vous. Il est 8h53.