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Conférence de presseSénat (sur YouTube)· 10 avril 2026 96 minFond programmatiqueEnvironnement & énergieNumériqueInstitutions & électionsJustice

Autorité et vérité, fiction et prospective

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 67 %Attaque 13 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 20:00OuverteRéponse directe

    La science-fiction peut-elle être un laboratoire d'expérimentation du futur ?

  • 25:00OuverteRéponse partielle

    Quel a été l'impact des ouvrages de science-fiction sur les entrepreneurs de la Silicon Valley ?

  • 30:00OuverteRéponse directe

    Les figures de l'autorité risquent-elles de devenir autoritaristes ou résisteront-elles à la résistance des citoyens ?

  • 35:00OuverteRéponse directe

    La vérité deviendra-t-elle une valeur dépassée au profit du mensonge permanent ?

  • 40:00RelanceRéponse directe

    Quels sont les thèmes actuels de la science-fiction pour projeter 2050 ?

  • 45:00RelanceRéponse directe

    Les IA ont-elles une idéologie propre ou ne font-elles que refléter les idéologies existantes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 20:00Pierre Cassous NogesFait
    « « La crise environnementale fait un réel que l'on ne peut pas entièrement nier. » »
  • 0:15Fait
    « Si on a mis des milliards pour faire une IA, et bien on a envie que l'IA se défende elle-même. »
  • 3:00Fait
    « L'avenir est performatif. Si c'est ça qu'on a en tête, c'est ça qui va arriver. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Donc ce matin, nous allons poursuivre nos travaux autour des questions de rapport de l'autorité à la vérité, mais en choisissant un angle un peu particulier qui est celui de la science-fiction. Alors, ce qui n'est pas une approche complètement nouvelle pour la délégation puisqu'on avait déjà eu l'occasion d'en discuter notamment quand on avait parlé d'IA et de collectivité locale et on avait déjà eu l'occasion de recevoir madame Dufour pour pour cet échange et puis on ne s'interdit pas dans l'écriture de nos rapports de faire aussi des incursions vers des scénarios un peu fictifs puisque c'est ça aussi la prospective. Donc ce matin, nous avons la chance de pouvoir profiter de l'expérience de trois écrivain alors que je vais essayer de présenter.

Donc monsieur Pierre Cassous Noges qui est professeur de philosophie à l'université Paris 8, responsable de l'axe de recherche fiction et ration alors de l'axe de recherche qui s'appelle fiction et rationalité de points technique écologie politique et qui a écrit de très nombreux ouvrages comme technofiction en 2019, la bienveillance des machines que j'ai à côté de moi euh en 2022, les images pyomanes, théorie fiction des images générative qui a été cocrit avec Genella Vargon et qui a été publié euh l'année dernière. Donc madame Dufour, vous étiez déjà venu nous voir, vous êtes ingénieur en informatique, écrivaine, chroniqueuse, enseignante. Vous avez publié de nombreux essais ouvrages comme les Champs de la Lune en 2024 et vous avez cofondé un collectif d'auteurs de science-fiction nommé Zanzibar.

Et enfin, monsieur Yannick Rumpala, vous êtes maître de conférence en sciences politiques à l'université Côte d'Azur, directeur de l'équipe de recherche sur les mutation de l'Europe et de ses sociétés et que vous avez publié en 2018 l'ouvrage Hors des décombres du monde écologie, science-fiction et éthique du futur en 2021 et euh non, ça c'était en 2018 et en 2021, vous avez publié Cyberpunk Not Dead, laboratoire d'un futur entre technocapitalisme et postumanité. Donc voilà tout un tas de sujets évoqués dans vos ouvrages qui nous intéresse à de à de nombreux titres. Alors nos questions, elles sont nombreuses.

Nous aimerions savoir si la science-fiction peut constituer un laboratoire d'expérimentation du futur. Quel a été l'impact des ouvrages de science-fiction sur les entrepreneurs de la Silicone Vallée ? Est-ce que les figures de l'autorité risquent de devenir autoritaristes ou se herteront-elles à la résistance des citoyens ?

La vérité deviendra-t-elle une valeur dépassée qui laissera la place au mensonge permanent, au discours alternatif, voire au monde virtuel ? Alors, je vous propose d'avoir un moment d'échange en deux temps. Euh dans un premier temps, chacun de vous trois va avoir un propos liminaire.

Et donc pour guider un peu, je je suggère euh que monsieur Rumpala commence en présentant les apports des grands livres de science-fiction et comment notamment Blade Runner de Philippe Dick et Noro pardon neuromancien de William Gibson sur l'évolution possible des notions d'autorité et de vérité. Ensuite, monsieur Pierre Cassous Noges présentera en quoi la science-fiction constitue à ses yeux une méthode pour l'exploration du possible et de ses limite en se fondant sur des exemples qui pourraient tirer de ses propres travaux. Et enfin, madame Dufour fera part de ses réflexions sur l'évolution des notions d'autorité et de vérité en se fondant notamment sur ses propres ouvrages à elle.

Et puis ensuite, bien évidemment, nous aurons un temps d'échange avec vous euh chacun avec les perspectives des travaux qui mène puisque c'est j'ai ici aussi deux rapporteurs qui travaillent sur les thèmes du rapport de l'évolution des liens sociaux et des valeurs sociales à l'horizon 2050. Donc monsieur Rompala, je vous cède la parole. travaux juste à côté de chez moi.

J'espère que le bruit ne sait pas trop entendre. Désolé. Alors euh je vais vous faire un panorama très rapide puisque le champ est très vaste, la science a a beaucoup traité ses ces questions et en en quelques minutes, ça va être assez assez compliqué.

Euh néanmoins, je vais commencer en disant euh ou en présentant quelques aspects un peu conceptuels et théoriques pour expliquer en quoi les sciences sociales et notamment les sciences politiques peut s'intéresser à à ces imaginaires fictionnels. Alors moi, j'ai retravaillé la science-fiction du point de vue qui est le mien qui est celui de la théorie politique en considérant en effet que la science-fiction effectivement c'est un mode de représentation. C'est une manière de nous dire euh de nous présenter des choses sur le monde, mais j'ai essayé de reconceptualiser en disant qu'elle est aussi un mode de problématisation.

Euh c'est-à-dire qu'elle nous permet de sortir des évidences, elle nous permet de dénaturaliser, elle nous permet de faire percevoir des enjeux collectifs, euh les conséquences de choix, euh les enjeux qui seraient liés à des choix de trajectoire notamment. Donc problématisation, le fait de poser de problèm euh et puis mode d'exploration. Euh c'est la dimension de laboratoire sur laquelle on reviendra sans doute, la dimension d'expérimentation.

Euh c'est le fameux qui est le ressort fictionnel classique. Euh qu'est-ce qui se passerait si nous poursuivions certaines tendances, si certains choix étaient faits et quel type de société future ou de monde futur euh ces choix de trajectoire euh ces euh ces décisions entraîneraient ? Alors pour faire plus directement le lien avec notre sujet du jour, je dirais qu'il y a un souci entre guillemets qui est souvent celui de rabattre sur un imaginaire qui est peut-être daté et notamment l'imaginaire qu'on a véhiculé pendant de nombreuses décéniques et celui de 1984, celui de Fahrheit 451, celui de dystopies qui ont marqué la deuxième partie du du 20e siècle qui a eu son intérêt qui permet effectivement de pointer un certain nombre de déri ou un certain nombre de de d'évolutions potentiellement problématiques.

Euh et Orwell a été majeur dans la présentation effectivement de de concepts importants euh newspak, no langue et cetera. Mais euh cet imaginaire peut effectivement nous faire perdre de vue des tendances plus récentes qui mériteraient d'être pointé et c'est là que d'autres types de science-fiction peuvent être pour le coup intéressantes et nous montrer des aspects qui seraient moins moins évidents. Euh je pense notamment à un auteur majeur euh évidemment majeur, un BL runner a été cité euh qui est Philippe Calique.

Nous avons à certains égards, en tout cas ceux qui connaissent l'œuvre de Philippe Cadic et cette traduction à l'écran, presque l'impression de vivre dans le monde de Philippe Cadic. Là, j'ai mis à l'écran quelques œuvres importantes. la vérité avant-dernière qui raconte l'histoire effectivement d'une guer d'une guerre nucléaire avec une société qui aurait été mise sous terre à qui est confié la tâche de construire des robots pour maintenir la guerre en surface et à qui sont diffusés des messages comme quoi la guerre continuerait et voilà le le monde sous terre aurait pour vocation infinie à produire des robots et jusqu'à ce qu'un individu parte sur la surface terrestre et s'aperçoit qu'en fait c'est pas du tout la situation que la paix est revenue et que certaines élites profitent de cette terre qui a été dégagé pour vivre dans les conditions plutôt confortables.

On retrouve des schémas similaires donc dans Mensonge et compagnie, dans Simulacre. Voilà, dans Simulacre Dick pousse à Paranoï très loin euh puisque le voilà la présidente est une actrice euh payée pour ça. Le président est un robot.

Euh alors je dévoile pas tout hein le le ce roman, mais ce qu'on croit être la rébellion n'est pas tout à fait la rébellion. et je laisse aux lecteurs découvrir cette ce très beau roman. Alors euh pour faire le lien plus directement avec le Cyberpunk qui a été mon champ de travail, euh je représenterai le Cyberpunk un peu plus loin plus plus précisément.

Effectivement, il y a il y a beaucoup de d'inspiration et de fulgurance he qu'on trouve dans le cyberpunk. En gros, c'est un monde cyber haute technologie. Les punks, c'est le côté low life, des rédictions sociales et chaos culturel.

En fait, quand on relie euh beaucoup de Cyberpunk, il y a effectivement un bon nombre de fulgurances qui font extrêmement résonnance avec notre monde actuel. À l'écran, j'ai mis euh un roman de Pat Kabigan qui est une des rares femmes qui a écrit dans ce courant Cyberpunk euh qui euh anticipait déjà un univers médiatique fait d'un d'un flux continu de vidéos, un flux infini de vidéos. Et la question que pose ce roman en Philigr, c'est voilà qu'est-ce qui est notre rapport au monde euh quand il est médié par effectivement ce flux in un film de vidéo et d'autant que dans le roman, il y a une nouvelle technologie qui apparaît et qui permet de se connecter directement le cerveau avec effectivement ses outils de production vidéos et ça change pour le coup effectivement le complètement le rapport au monde qui en devient extrêmement perturbé.

Alors pour lier aux questions d'autorité, euh les représentations sont très nombreuses en science-fiction, donc on aura pas le temps de sans doute de les développer toutes, mais en gros, il y a deux tropes ou deux types d'angoisses qui sont très présentes dans la science-fiction et depuis quasiment ses origines. Donc la première, elle été mentionnée he dans le la petite introduction, c'est l'exacerbation des tendances autoritaires. Voilà la la crainte de régime qui pousserait très loin les logiques autoritaires.

Et puis le deuxème trop, le 2è type de d'anxiété qui qui parcourt la SF effectivement, c'est la dissolution d'autorité, en tout cas le remplacement d'autorité par de nouvelles formes de domination et de de pouvoir. Sur la première tendance, euh effectivement, c'est celle des classiques que j'ai mentionné euh avec des formes de contrôle de la vérité he qui sont classiquement présentes chez Brabberry et chez chez Orwell. Et puis c'est euh les formes qu'on trouve dans la culture populaire, la popculture comme dans Star Wars avec l'Empire, le premier ordre dans la série de régimes autoritaires qu'on trouve à l'écran.

Je vous ai mis he le classique de Margaret Twood avec une forme de retour théocratique qu'on voit décrite dans le le roman, le très beau roman de de Margareta Twood. on trouve à l'écran ces dérives autoritaires sous des formes esthétisées. Donc là, vous verrez à l'écran immédiatement le parallèle avec le régime nazi des années 30 et Star Wars effectivement peut être lu non pas seulement comme une aventure épique à l'échelle galactique mais aussi comme une forme de parabole et de récit politique avec le classique remplacement de République à l'Empire que décrivent des les différentes trilogies.

Autre exemple aussi de ces craintes avec une œuvre également assez classique, c'est la la combinaison entre autoritarisme et militarisme. Et on ne peut pas ne pas faire de lien avec la tendance des des jours qui viennent de passer. Donc le le fameux roman de de Robar Einline, étoile garde à vous qui a donné à l'écran Starship Trooper avec donc une brutalisation et une transformation.

Voilà, le film accentue encore un peu plus le côté propagandiste. Voilà, et avec donc la pour le coup le l'invitation à tuer le maximum de de bugs puis que ce sont des insectes dans dans le roman et dans le film. Mais euh voilà, la logique poussée à à son maximum.

La répression aussi euh est fortement mise en scène. En tout cas, les dérives répressives sont euh souvent mises en scène dans la SF. à l'écran, je vous ai mis un une photo assez emblématique he du film Children of Men qui est tiré d'un roman de Py James euh où là le on est dans une Grande-Bretagne du futur euh dans lequel la violence répressive aurait été là aussi poussée à son maximum.

La lutte contre l'immigration est également poussée très loin et d'où effectivement la répression policière qui est mise en œuvre pour essayer d'inverser les tendances qui sont décrites dans le film. Pour revenir au Cyberpunk, euh les craintes autoritaires sont aussi très fortement présentes, alors sous d'autres forme euh là, je vous ai mis à l'écran un une série de comics euh qui s'appelle Trans Métropolitane d'un fameux auteur scénariste s'appelle Warenis euh qui décrit donc aussi un nom de futur cyberpunk avec des technologies poussées très loin et la la mise en scène euh de craintes qui sont les nôtres de de manipulation politique et médiatique, de corruption politique et médiatique et notamment l'affrontement qui va être décrit dans la série de de comics entre deux archétypes euh deux types de figures politiques. Euh donc d'un côté The Smiler, le démagogue et puis d'un autre The Beast qui était relié à postériorique comme une forme de préfiguration de Donald Trump.

Euh donc avec des traits qui mélangent la brutalité, le cyisme, la démagogie, euh une espèce de mélange de Nixon, Richard Nixon et de Trump qu'on a vu euh à l'œuvre dans les années euh les années récentes. pour revenir directement plus directement au à au Cyberpunk. Effectivement la l'impression qu'on a et que j'ai eu moi aussi en travaillant sur le sujet hein, c'est euh un imaginaire qui a presque débordé de la fiction euh avec une exacerbation des tendances euh qui étaient celles au moment où se produit Cyberpunk et qui sont les années 80.

Donc les années dans lesquelles va s'installer le néolibéralisme euh dans lequel la mondialisation va s'exacerber. Euh donc c'est les premiers ordinateurs individuels et on a toute une série de tendances de dissolution des cadres politiques géopolitiques qui se mettent en œuvre avec une forme de de déplacement du pouvoir et de déplacement des formes de domination et des fulgurances pour le coup avec l'arrivée de l'IA que décrit également neuromancien et la la recombinaison des formes de pouvoir lié à ces nouvelles technologies et à des acteurs qui deviennent surpuissants. Il y a trois traits euh qu'on peut signaler et que le Cyberpunk à certains égards avait euh anticipé.

Euh trois formes de déplacement des formes de pouvoir et de domination. Le premier qui devient euh assez clair dans la période récente qui est la domination voir l'ultradomination euh d'un certain nombre de conglomérats transnationaux, ce qu'on appelle les méga cororps dans la littérature cyberpunk. Voilà où les aibats euh chez William Gibson, cette espèce de de renouveau des des gangs conglomérats japonais.

Donc avec un nouvel ordre économique où les firmes géantes remplacent les États-nations et qui exercent un pouvoir souverain ou quasi souverain. Donc avec ces termes qui reviennent dans l'actualité de néoféalisme effectivement où le profit trime sur le contrat social. Le contrat social a été dissou et remplacé par une autre forme de brutalité.

Autre tendance aussi euh qui a été décrite de manière presque précante dans le cyberpunk, la sécession des élites, la déconnexion des élites et leur déterritorialisation. Euh donc des élites qui profitent de leur fortune, qui partent ailleurs euh dans des villes privées, dans des zones franches. Euh on parlait d'asson Valley tout à l'heure, hein, c'est le type d'idée qui est presque devenu prévalent euh chez les Peter voilà avec l'idée de s'extraire euh de la fiscalité et des bases géographiques euh dans le Cyberpunk, c'est même poussé très loin. c'est jusqu'à partir en orbite pour se dédouiner complètement des contraintes terrestres et on laisse les populations terrestres à leur précarité en espérant qu'elle puisse survivre dans les quelques zones des laissés qui leur sont laissées.

Et puis dérégulation bah c'est la morale qui s'efface. il y a plus de moral, c'est l'impunité qui est quasiment institutionnalisée. Donc là aussi très bien décrit dans Cyberpunk avec un monde qui est fait par et pour les puissants euh avec des mécanismes de régulation publique qui ont quasiment disparu, hormis quelques rémanenances de police he pour surveiller un petit peu les I euh si besoin.

Et puis il y a plus de morale. Voilà, la seule morale qui reste c'est le c'est du cynisme, de la brutalité, voilà, avec une logique qui est purement appropriative, purement marchande. et la population se débrouille dans la précarité la précarité maximale si elle le peut mais elle se cborgise, elle devient cyborg pour essayer de résister tant qu'elle peut.

Euh une illustration euh assez classique, même si on est à la frontière du Cyberpunk, donc c'est Robocop où effectivement euh le le film décrit euh un état où des autorités publiques se sont retirées euh qui ont laissé le pouvoir au mégafirme euh voilà avec euh les nouvelles technologies hein que vous voyez dans le film si vous le connaissez. Donc Robocop euh et un mélange de nouvelles technologies. Voilà.

Et ce sont euh ces mégafirmes qui gèrent les villes quasiment à la place de la collectivité publique telle qu'on la connaissait enseignement. Euh d'autres anticipations aussi éminemment intéressantes sur le les formes de gouvernement ou d'autorité. Je pense qu'on parlera sans doute d'IA d'intelligence artificielle et dans quelle mesure l'IA affecte les fonctionnements gouvernementaux.

À l'écran, je vous ai mis deux illustrations pour montrer deux polarités qui peuvent exister dans la littérature. La première, c'est bah lié dans une logique presque autoritaire euh de de régulation mais poussée poussé très loin. Donc en l'occurrence dans Carnivool qui est dans un roman d'Élizabeth B qui a pas été traduit en français malheureusement euh les I assume une fonction de régulation écologique euh donc en gérant les paramètres écologiques sur toute leur leur ampleur et y compris en hésitant pas à éliminer une partie de ces populations terrestres si elle est jugée excédentaire par rapport aux limites de charge que pourrait encaisser la la planète donc en terme écologique.

Donc version brutale et puis une version plus utopique, on va dire plus iranique, c'est celle de Yenbanks qui décrit un monde on va dire cogéré par les machines. Donc une forme d'utopie héoniste où les contraintes matérielles et physiques ont été dépassées et les les I assument un rôle de gestion euh en en sous-main euh ce qui permet à la collectivité de vivre de manière effectivement hédonique et heureuse. Alors le ran de banque c'est intéressant dans le sens où il montre des ambiguités. c'est qu'on sent bien qu'effectivement les IA ont aussi leur leur propre agenda et que si la collectivité vit dans des conditions heureuses, c'est moyennant un certain nombre de concessions à faire sur les les puissances machiniques que sont ces saisir alors l'autorité euh elle n'est pas forcément exprimée sous le l'angle de la dérive dans les sciencefictions.

On trouve aussi d'autres formes d'expérimentation, d'autres formes de laboratoire. Euh je vous ai mis deux exemples d'autorité qu'on peut appeler partager euh ou d'autres formes de gouvernement collectif. Euh donc celle des dépossédés euh le beau et classique roman Durin euh qui décrit un monde euh donc c'est ces deux lunes enfin de deux planètes qui sont sur des schémas très opposés.

Donc une qui serait restée dans un schéma ultra capitaliste et l'autre une ancienne lune minière sur laquelle les conditions de rareté sont très fortes et ce qui oblige à gérer de manière très collective avec une forme de gouvernement partagé euh ces contraintes. Euh voilà et avec euh un rapport différent à la propriété un rapport différent à la collectivité que Ursula Leguine dessine de manière très anthropologique parce qu'elle est fille anthropologue et le le roman a un contenu très très anthropologique. Et je vous ai mis aussi donc un roman de Kim Robinson, grande figure américaine de la science-fiction qui décrit une Californie du futur là aussi qui aurait en quelque sorte fait revenir les communs, un rapport collectif au commun qui aurait changé les modalités fonctionnement du du gouvernement.

Donc les entreprises se sont vu limiter lors leur taille. Euh il y a des contraintes qui ont été posées pour les les acteurs du monde économique et pour le coup les formes de commun de vie partagée ont pu être restauré grâce à ce monde décrit par euh Probins euh trois mot de conclusion euh puisque le temps va passer très vite. Euh donc un des intérêts, on l'a dit de la science, c'est de nous offrir une espèce de laboratoire.

Donc en gros, on peut tester et il y a pas de risque. Les risques ne sont pas pris réellement et on peut expérimenter toute la gamme des régimes possible et non seulement expérimenter mais en tirer des formes de réflexion et d'apprentissage. Dans mon travail, c'est ce que j'ai appelé une éthique des conséquences.

Voilà, le la science-fiction produit et restaure une forme d'éthique des conséquences et elle nous offre des expéances de pensées pour justement bah anticiper les dystopies et nous montrer bah qu'est-ce que ça veut dire vivre, survivre. euh résister euh voilà, repenser notre monde dans ces euh sociétés qui auraient fortement évolué dans les directions plus ou moins réjouissante et j'espère ne pas en arriver à celles qui ont été décrites dans certains schémas sens. Voilà, pour aller très vite.

Je vous remercie de votre attention. Merci beaucoup. On garde nos questions euh pour la suite.

Euh bah je propose à monsieur Cassous Noges de d'enchaîner. Il faut que vous allumiez votre micro. Bonjour.

Donc je m'excuse, je suis en voyage et je n'ai pas réussi à connecter mon ordinateur, donc je suis avec mon téléphone. Donc je suis Pierre Cassou Nuges, je suis professeur à l'université Paris et membre de l'Institut universitaire de France. Et euh j'ai moi aussi donc utilisé la fiction comme une méthode d'investigation philosophique, euh une exploration des possibles, mais ce n'est pas sur cet aspect que je voudrais cet aspect de méthode que je voudrais insister ici, mais j'ai plutôt essayé de dégager des éléments pour un scénario possible à partir beaucoup de de mes propres travaux, notamment dans la bienveillance des machines et les images.

Piroman. Euh nouvelle diapo suivante, s'il vous plaît. Alors, je distinguerai donc trois éléments euh pour un scénario possible et dans une brève conclusion, je voilà, je reviendrai sur ces trois éléments.

Le premier élément, hein, c'est une contrainte, c'est la crise environnementale. Donc, j'inclus dans la crise environnementale les événements climatiques, des menaces sanitaires teles que virus, pollution et des phénomènes sociaux euh liés euh au phénomène précédent. Et la crise environnementale fait un réel que l'on ne peut pas entièrement nier.

C'est-à-dire, on peut voir dans une pandémie un complot plutôt qu'un virus ou dans un incendie l'effet d'une mauvaise gestion plutôt que la conséquence du réchauffement climatique. On peut craindre la délinquence plus que la montée du niveau des océans. Mais au moment où la tempête passe par-dessus la digue, où la fumée remplit le ciel, où un voisin âgé est infecté et meurt, on ne peut pas nier que quelque chose se passe.

Donc je distinguerai deux termes. La réalité pour désigner une construction fluctuante, variable qui est que que chacun peut avoir et que l'on ne partage pas forcément avec son voisin et le réel pour désigner quelque chose qui ponctuellement ne s'évite pas. Et je dirais donc qu'il y a un réel de la crise environnementale qui peut se voir dans une multitude de réalités.

Voilà, merci. Donc deuxème élément, la communication en réseau. Donc il faut distinguer la communication par pôle.

Lorsque l'on a un ou quelques pôles qui diffusent pour une multitude de récepteurs, c'est le modèle de la télévision ou des plateformes comme Netflix et la communication en réseau lorsque chaque récepteur est également diffuseur, hein. C'est le modèle bah des réseaux sociaux typiquement de méta. Cette distinction, elle est très ancienne, on la trouve déjà chez chez Gabriel Tard ou euh chez chez Norbert Vinard.

Alors, la première conséquence du développement euh des réseaux a été l'augmentation du temps que nous passons à communiquer et en l'occurrence l'augmentation du temps d'écran. Mais la deuxième conséquence sur laquelle je vais plus insister concerne le contenu même des messages. C'est-à-dire que dans une communication en réseau, certains messages circulent beaucoup mieux que d'autres.

Et le meilleur exemple he pour moi, c'est ce jeu pour lequel je n'ai pas de de meilleur je n'ai pas de de d'autres noms pour le désigner que le téléphone arabe, hein. Lorsque chaque les enfants sont assis en cercle et chaque enfant dit un message à son voisin, et bien il y a des messages qui réussissent à faire le tour et des messages qui se perdent en fait, qui se transforment, qui se perdent. Qu'est-ce qui fait qu'un message circule ?

Il est clair que si on imagine un ou un instituteur, une institutrice au milieu du cercle des enfants, et bien c'est les instituteurs peuvent dire quelque chose aux enfants qui va les atteindre tous mais qui ne passerait pas si chaque enfant devait le répéter à son voisin hein. Le message se perdrait dans le bruit. Alors, quel message circule dans une communication en réseau ?

Et bien c'est la théorie des mêmes ou la théorie que Norbert Winner développe sous le la forme du avec l'idée du cliché. Les message qui circulent bien dans une communication en réseau lorsque il ne passe pas par un pôle mais est renvoyé par ou doit être renvoyé par chacun des récepteurs diffuseurs. Certes, ce sont des messages simples, ce sont des messages qui peuvent avoir été déjà vus mais pas seulement.

Et à mon avis, il y a une dans mon livre, je parle du mot d'esprit de Freud, mais à mon avis, il y a une caractéristique qui facilite la diffusion dans une communication en réseau, c'est la personnification, c'est-à-dire des messages personnifiants qui ramènent une multitude de phénomènes humains et non humains, des phénomènes multiples, peut-être même des phénomènes aléatoires à une unique intention humaine, hein. Et donc ce mode qui est en fait paranoïque donne lieu au complotisme mais est également susceptible de se développer dans une pensée magique. Une pensée magique, c'est-à-dire une pensée qui associe des phénomènes, disons naturels à une intention humaine ou qui prête à ces phénomènes naturels une intention, une pensée, une unité humaine.

Et pour se faire entendre, l'autorité peut elle-même être contrainte d'entrer dans une ambiguïté vis-à-vis de la pensée magique ou dans d'en utiliser les expressions. Et le meilleur exemple pour moi, c'est la formule la guerre contre un ennemi invisible qui a a beaucoup circulé et une un ennemi, c'est justement faire du virus un ennemi et bien c'est lui donner une malignité à notre égard. C'est c'est l'anthropo euh morphisé.

Alors, la communication en réseau conduit à la à la personnification du réel de la crise environnementale prenant deux formes concomitantes, le complotisme et la pensée magique. Et dans un scénario plus long, hein, je je j'imaginerai que l'autorité doit se plier à cette à cette personnification et en reprendre les façons de parler. La justice par exemple, on pourrait imaginer que la justice donne non seulement des droits mais des devoirs à des entités naturelles.

On pourrait imaginer la que la médecine également et il suffit de regarder sur internet les vidéos qui circulent les vidéos de des guillemets he de médecine qui circulent sur internet et il y a cette personnification un trait et cette pensée magique très forte. Et on pourrait donc finalement imaginer hein que l'État soit lui-même contraint de reprendre des des de telles formes euh d'expression pour réussir à se faire entendre sur euh les réseaux sociaux. Et je pense que le dernier stade ce serait euh l'éducation. 3è ingrédient dans un scénario plausible, c'est la repolarisation de la communication à travers les IAS.

Alors, on pourrait penser qu'il y a une repolarisation de la communication dans les réseaux sociaux et dans la diversité en fait des algorithmes qu'utilisent les réseaux sociaux. On pourrait penser en particulier à la reprise du réseau X par euh Elon Musk. En même temps, les réseaux sociaux sont contraints par la nécessité que l'algorithme doit garder le maximum d'utilisateurs le plus longtemps possible.

Et dans cette nécessité, il y a quelque chose qui euh euh voilà euh doit conserver hein cette euh cette particularité de la communication en réseau avec certains messages qui passent ou non, qui attachent les utilisateurs ou non et les algorithmes qu'utilisent les réseaux sociaux sont contraints par cette communication. En revanche, il est clair que le développement des images génératives réintroduit véritablement une communication polaire. Et on a quelque chose qui va donc ici revenir vers le modèle euh de la télévision simplement combiné avec la communication en réseau.

C'est-à-dire qu'est-ce qui se passe avec les IA génératives ? et bien c'est que en raison du coût de leur mise en place, les I qui fonctionnent bien ne sont rentables qu'à la condition d'être massivement utilisé. Donc on ne peut pas imaginer la coexistence de nombreuses I.

C'est c'est pas possible. Il y a forcément ce sont forcément quelques IA, trois ou quatre qui sont efficaces et qui sont alors consultés sur toute la planète. Donc avec les I, on a forcément des positions hégémoniques et des positions de communication du coup polaire.

Alors euh donc il y a une augmentation claire du temps d'écran et du rôle que prennent les IA. On peut également imaginer que l'ISA diminue notre capacité à nous informer en dehors des écrans. Mais le point sur lequel je veux insister, c'est que si euh le la transformation du contenu des messages dans les réseaux sociaux tient à leur mode de circulation, hein, ce que j'ai essayé d'expliquer tout à l'heure, c'est le fait que le message doit circuler.

Et bien par contre les I comme il n'y en a que quelques-unes en position polaire et bien permettent l'imprénation forte de quelques idéologies centralisées he quelques idéologies qui sont et ce qu'on voit he qui sont compatibles avec le techno-optimiste, le techno-optimisme qui préside à leur construction. C'est-à-dire forcément si vous possédez une et que euh vous l'avez vous avez dépensé beaucoup d'argent pour la construire et continuer à la développer, l'idéologie que votre IA va inculquer, elle sera technooptimiste. Donc techno optimisme et puisqu'il faut se être compatible avec la communication en réseau qui existe toujours, personnification du réel.

Le dernier élément que je veux dire aux IA, c'est que on sur les IA, c'est que on voit que les IA ne visent pas à se substituer aux autorités comme euh l'éducation, la médecine, la justice. Euh mais il les IA vont les IA en fait réinvestissent ces structures d'autorité pour diffuser leur idéologie. C'est très clair à propos de l'école.

Les IA ne visent pas à remplacer l'école, mais tout pousse aussi bien les élèves que les enseignants à utiliser disons chat GPT pour faire leur dissertation ou leur cours. Et si je fais ma dissertation de philosophie avec Chat GPT, elle sera techno optimiste ou disons ne sera pas techno techno critique. Donc, il y a maintien des structures d'autorité mais investissement de celle-ci pour diffuser une idéologie.

Et ce serait la même chose si le l'avocat ou le juge utilisait CH GPT pour euh euh rendre pour faire son euh son leur texte. Donc je conclus hein euh élément pour un scénario euh il faut à mon avis he maintenir la coexistence de deux modes de génération de contenu ou des messages. un mode polaire par les I génératives et un mode en réseau par les utilisateurs sur les réseaux sociaux qui peuvent utiliser ces I mais dont les messages sont soumis à cette contrainte que le message doit avoir cette forme qui se prête à ce téléphone arabe qui est le réseau.

Deuxième élément face au réel toujours plus pressant de la crise environnementale, développement de quelques idéologies technooptimistes et multiplication des modes de pensée paranoïque et magiques, y compris au sein des structures d'autorité. 3è élément le réinvestissement par les IA des structures d'autorité qui du coup sont maintenues et peut-être même renforcé dans leur statut he je pense à l'école en particulier. Et voilà.

Et ensuite, une série de questions pour des bifurcations au sein de ce scénario. La question des ressources, hein. Est-ce que en particulier l'eau qui est manifeste qui va manifestement très vite devenir un problème, est-ce que nous utilisons nous réservons une quantité d'eau pour les IA qui à nous en priver ? la capacité maintenue maintenue ou non ou maintenue à quel degré à ne pas utiliser les IA et donc la capacité à s'informer en dehors des des IA, les limitations légales introduites dans l'usage des des des réseaux pour les enfants.

Mais on pourrait finalement imaginer he que les adultes aussi euh soient euh qu'il y ait des des interdictions he dans l'usage des réseaux comme il y a des limitations de vitesse sur la route. Voilà, je je vous remercie. Merci beaucoup madame Dufour.

Je vous laisse conclure ces propos liminaires. Et là, est-ce qu'on m'entend un peu mieux ? Hop !

Voilà. Alors, comment est-ce que pourrait évoluer nos liens avec l'autorité, le respect et la vérité à l'horizon 2050 ? Donc bon, on est bien d'accord car du 21e siècle, l'humanité traverse une crise de confiance en matière d'autorité de vérité.

On peut parler d'une mutation de son rapport au réel du fait des nouvelles technologies dont on briamment parlait mes deux collègues. Euh bon, cela dit, c'est pas la première fois que l'humanité se confronte à une mutation technologique qui entraîne une mutation des idées plus largement de la société. Bon, on peut dire que l'imprimerie à court terme entraîné les guerres de religion en permettant la diffusion de la Bible en langue accessible à toutes et tous.

Mais ce n'est pas la seule conséquence de cette invention hein. C'est une à long terme, c'est une hausse mondiale de l'instruction qui a entraîné l'avènement de mots de nos démocraties, ce qui est plutôt positif. Et nous sommes entrés dans l'aire de la fictionnalité généralisée.

L'autoritaire pose plus sur la détention d'un savoir vérifiable versus la maîtrise d'un récit cohérent. Voilà. Donc je vais essayer de de d'explorer un petit peu comment en 2050 cette évolution influera sur nos liens avec la vérité et l'autorité et essayer d'anticiper les conséquences de cette oscillation entre d'un côté la manipulation narrative hein donc le côté obscur et de l'autre côté la fiction comme laboratoire d'utopie ou plus exactement je vais reprendre le terme de Yan Grompala de prototopie politiques et sociales.

Voilà une prototopie c'est quelque chose qui est situé avant le lieu. avant la dustopie ou l'utopie, c'est une tentative de mettre en place un avenir désirable. Donc que que peuvent devenir dans dans à cette lumière la métamorphose de l'autorité, du respect.

Alors l'autorité des lumières et de nos structures étatiques centralisées, elle est verticale. En 2050, on peut supposer qu'elle aura cédé la place à une autorité diffuse, horizontale et souvent invisible. Là, je renvoie à Gill de Leuse he qui a préfiguré dans ses pour parler sous le nom de société de contrôle.

Donc là, je vais citer rapidement. Alors, l'expression société de contrôle désigne une société dans laquelle le contrôle des personnes s'effectue non plus par enfermement mais par contrôle continu et communication instantané et où les mécanismes de maîtrise se font toujours plus émanents au champ social diffusé dans le cerveau et le corps de citoyen par contraste avec les sociétés antérieures où les coutumes, habitudes et pratiques étaient générées par des systèmes institutionnels qui fonctionnaient comme autant de milieux clos l'école, la caserne, l'usine et cetera. Donc l'autorité ne sera plus euh incarnée par la figure du père ou du chef, mais par la présence tentaculaire de système d'information.

Et là, on peut encore citer Philippe Cadic dans alors il y a simulacre, il y a aussi minorité report. L'autorité ne s'impose pas par la force brute mais par la saturation de l'espace mental par des stimulis. Et le risque c'est pas l'absence d'autorité, c'est son automatisation. dans minorité riport justice par exemple s'appuie sur des fictions prédictives où on juge plus un acte commis mais une possibilité statistique de transgression et là l'autorité devient une fonction de calcul elle perd son visage humain et elle devient une pure nécessité technique.

Alors, c'est pas parce qu'on parle d'horizontalité numérique qu'il y a pas des nouveaux cultes, des nouvelles figures du chef, loin de là. On voit une autorité de l'influence où la vérité est indexée sur un taux d'engagement. Et là, le respect n'est pas dû à une compétence concrète, mais à une capacité de résonance narrative parce qu'on entre le besoin de figure tutellaire et la méfiance systémique.

Euh et ça crée un espace de vulnérabilité que les deeps fake et les génératifs viennent comblés par des fictions de pouvoir. Donc cela dit, la littératie numérique, c'est-à-dire l'habituation numérique et ses fictions va et doit évoluer d'ici 2050 et on espère que elle évoluera vers un mieux une meilleure maîtrise générale des pièges informationnels. Alors, parlons maintenant de l'érosion de la vérité parce que le concept de vérité euh subit euh où est-ce que j'en suis ?

Chute, subit une éion sans précédent. Là, on on va parler de Jean Baudriard dans simulacre et simulation. qui avait prophétisé un moment où la carte précède le territoire.

Le territoire ne précède plus la carte ni lui survit. C'est désormais la carte qui précède le territoire. Précession des simulacres.

C'est elle qui engendre le territoire. Et en 2050, on peut craindre que la distinction entre le fait et sa représentation se soit évanouie. et les médias seront plus des rapporteurs du réel, ce seront des architectes de sortes de bulles de réalité entre lesquels ben il y aura plus qu'à choisir.

Sachant que sociologiquement, il n'y a pas de choix individuel qui ne soit en réalité une nécessité induite par notre place dans l'arbre social. Et dans certaines perspectives, la désinformation, ça n'est pas une erreur du système, c'est vraiment son carburant à l'instar de la novelue de 1984 de George Rouel qui a déjà été cité. La fiction politique en 2050 ne cherchera pas à faire croire à un mensonge, mais plutôt à détruire la possibilité même de distinguer le vrai du faux.

Parce que quand tout est fiction, le pouvoir appartient à celui qui impose le récit le plus séduisant, quel que soit le mode de séduction, hein, y compris en générant des angoisses et en proposant des moyens d'y remédier, par exemple, l'angoisse de l'autre. Bon, cela dit, mes collègues l'ont dit l'ont insisté dessus. L'affection possède un double visage.

Ça peut être l'outil d'un du storytelling manipulateur, mais c'est aussi un laboratoire de pensée et c'est le cas de toute l'œuvre d'Ursela Lugin. Alors, on a cité les des possédés mais il y a pas que. Le guide met en scène diverses formes de régime politique sans tranché vraiment entre celui qui est bon et celui qui est mauvais.

Et c'est vraiment elle qui a fait rentrer la science-fiction dans l'âge adulte en y injectant de la sociologie, de l'anthropologie et en faisant un laboratoire de pensée politique. Alors bon, vous allez me dire que c'est des tentatives qui remontent un peu aux lettres personnes de Montescueieux, voir au monde glorieux de Margarette Cavendich. Là, on est tout de même en 1666 mais disons que le Guin apporté à une forme de perfection la fiction politique.

Et dans ces cas-là, la fiction peut nous permettre de tester des mondes possibles et ultérieurement bien sûr de faire un choix. Alors, quel serait l'impact de ces évolutions dans le domaine de l'éducation ? Quand on pense éducation et avenir, ben on ne peut effectivement pas s'empêcher de craindre l'avènement de Fahrenheit 451 de R Bradbury.

Donc, la haine des livres, la haine du savoir où le passe-temp je de se tuer en skateboard contre les murs des autoroutes pendant que leurs parents brûlent les livres. C'est un livre qui illustre la perte de la pensée complexe au profit de la satisfaction immédiate. Et je vous conseille aussi dans ce domaine le livre EU X de Kidik qui n'a rien à voir avec Kadik, c'est une dame K y E de Kedic qui est beaucoup moins connu mais qui est excellent.

Chaque trace de culture, un livre, un tableau est systématiquement détruit et son auteur puni de mort. Alors, heureusement, on en est pas là. L'école de 2050, elle pourra plus se contenter de transmettre des stocks de connaissances puisque puisque ces der ces dernières sont instantanément accessibles et d'ailleurs potentiellement corrompu par l'IA.

Donc, l'enjeu éducatif, ça sera plutôt celui de l'herménautique de la trace, c'est-à-dire une mise en contexte, savoir d'où vient le fait et s'il est de confiance. Et là, ça s'inspire en s'inspirant de la maillotique socratique, l'éducation devra peut-être devenir le sanctuaire de la pensée lente. Apprendre en 2050, ça sera apprendre à déconstruire les fictions et le professeur deviendra un maître d'exégèse, hein.

Il aidera à l'interprétation et il enseignera à distinguer le récit émancipateur ou le fait prouver du simulacreant. Et l'éducation devra également réhabiliter l'autorité de la compétence contre le relativisme absolu du tout ceau. L'école l'école doit démontrer que là aussi la vérité est une construction.

Certes, certaines constructions sont quand même plus solides que d'autres. C'est ce que Carl Popper appelait la réfutabilité. Former les citoyens de 2050, ça sera leur donner les outils pour être les auteurs de leur propre vie plutôt que les lecteurs passif des algorithmes.

Passons maintenant à la justice, l'information scientifique, la parole des médias. Alors, la justice là, je peux vous renvoyer à ciel un livre de Johannelliot où il y a une IA qui tranche dans le vif. C'est une à qui on a donné la gouvernance du monde, la justice est comprise dedans et elle tranche en défaveur de l'humanité tout simplement.

Elle met les hommes d'un côté, les femmes de l'autre en estimant que le problème sera réglé en 50 ans. Alors, au-delà de ce cauchemar, il faudra conserver la dimension rituelle de la justice. C'est un moment où la parole humaine reprend ses droits sur l'automatisme et où elle prend son temps pour s'exprimer.

Et ça c'est et ce sera toujours une question de moyen. Alors évidemment la justice pourra s'appuyer sur la technologie comme elle le fait déjà, je sais pas, je pense au test ADN généalogique mais en mettant l'accent sur la transparence avec laquelle elle utilisera ses moyens. dans les médias.

Euh là, on renvoie une fois de plus à Philippe Cadic Bénis et Moli qui est nouvelle qui est paru en 63 où il y a des algo rédacteur et ça parlait déjà du remplacement des journalistes humains par des bottes et les médias pourront en 2050 abandonner cette course à l'immédiateté pour redevenir des garantes contextes. En fait, dans un monde saturé d'information plus ou moins fictionnelle, le luxe ce sera l'information vérifiée, sourcée et mise en perspective. Et en ce qui concerne l'information scientifique, la confiance reviendra d'autant plus aisément si les institutions acceptent leur part de faillibilité.

Et la science doit s'inspirer peut-être de la psychohistoire dit Kazimov dans le cycle de fondation où il y a un psychohistorien Reldon qui invente des modèles de compréhension du monde qui incluent l'incertitude, la complexité et l'optimisme. Et comme la population a confiance en lui, ben ces prédictions optimistes se réalisent et elles raccourcissent le chaos entre deux périodes de paix. Enfin, comment est-ce qu'on peut recréer de la confiance dans les institutions et lutter contre la désinformation ?

En fait, la confiance, elle ne se décrète pas, hein. Elle se négocie, elle se diffuse par des preuves, par des actes. Et pour lutter contre la désinformation, il peut paraître nécessaire de reconnaître que notre rapport au monde est médiatisé par des récits et de choisir collectivement ceux qui favorisent la dignité humaine, la justice, la préservation du vivant, donc nos valeurs.

Donc les institutions devront peut-être accepter la critique et le débat et transformer l'autorité subie en une autorité consentie. Là, bon, on peut parler de la démocratie délibérative qui est très bien présentée par bien des politologues dont Loï Blondiot. Et on peut aussi parler de toutes ces teams institutionnelles qui se montent en ce moment hein.

Il y a eu celle du GC, celle du ministère des armées, il y a celui de la culture du ha au commissariat à la stratégie au plan EDF et cetera. Il y a beaucoup d'institutions qui ont bien compris qu'il était nécessaire de faire certes mais aussi de faire savoir sous forme de récit accessible à tous. Et je moi j'estime que ces ces initiatives devraient être largement diffusées et encouragées.

Pour conclure rapidement, on peut parler de la fiction comme un rempart en 2050. La fiction, ça ne sera plus l'opposé de la vérité. Ça serait une façon de la mettre en scène.

On est dans un univers technologique où le réel nous échappe parfois et on a besoin de fiction pour habiter poétiquement le monde. Ça c'est du Elderlin. Et la lutte contre la désinformation, ça ne va pas passer par une police du vrai, même si on a besoin de viginum, mais par une éducation à l'imaginaire critique. ce que la Suède a très bien compris en créant son centre de psychologie où elle aide finalement toute sa population à acquérir une vraie littératie face face à à la mouvance informationnelle.

L'autorité de demain, ça sera celle qui sera articulée l'effet scientifique avec un projet de société dégéirable. Si on ne veut pas finir enchaîner au fond de la caverne de Platon ou sous le jouadémiurgique ou plus certainement dans une forêt d'intelligence artificielle commerciale mais si puissante qu'elles auront une portée politique. Nous devons réapprendre à nommer les choses parce que la vérité c'est pas une destination hein, c'est un cheminement, c'est une quête.

Et dans cette quête, la fiction, loin de nous égarer, nous sert de boussole. Elle en fait elle sert d'habituation et de laboratoire d'idées. Elle nous permet de nous accoutumer à nos propres progrès technologiques.

Euh en cultivant en cultivant une écologie de l'attention et une vigilance narrative, nous pourrons transformer la menace de la postvérité en une opportunité de réinvention démocratique. Moi, j'y crois très fort parce qu'en définitive, le pouvoir le plus grand, c'est pas de dire le vrai, mais c'est le pouvoir de dire ce qu'il est possible de faire tous ensemble. Je vous remercie de votre attention.

Merci beaucoup. Comme à chaque fois c'était très riche mais dans vos interventions, j'ai j'ai finalement trois questions, une pour chacun. Euh dans vos propos, monsieur Rumpala, on a le sentiment que finalement les écrivains des années 1980 avaient réussi à anticiper le monde des années 2020.

Donc vous trois qui regardez la science-fiction, que disent aujourd'hui les auteurs des années 2020 puisque ce pourrait être une bonne projection sur ce que pourrait être le monde des années 2050 et 2060. Donc en gros, quel est quels sont les thèmes aujourd'hui qui font qui font la science-fiction ? Ma seconde question et c'est est plus en écho au propos de monsieur Noges.

Vous avez dit à un moment, vous avez parlé de de l'idéologie des intelligences artificielles. Alors, il s'avère qu'on a travaillé précédemment justement sur les usages de l'intelligence artificielle et on en avait retenu que finalement l'intelligence c'est un artificiel, c'est un processus qu'elle se nourrit de ce qu'elle lit mais en tant que telle elle a pas sa propre idéologie, elle ne fait que retraduire. euh ce qui se ce qu'elle lit le plus euh sur la toile et donc elle lit plus le reflet des idéologie qui circule que la création elle-même d'une idéologie.

Alors je sais pas si vous partagez cette perception, si vous vouliez dire autre chose. Enfin voilà, c'était pour éclairer un peu ces propos. Et enfin, madame Dufour, vous avez évoqué la dimension rituelle de la justice comme un finalement une sorte de permanence euh positive qui permettrait de conserver certains euh fondements euh de notre société et du rapport à la vérité.

Il s'avère que la semaine dernière, on a passé euh 3h euh dans un tribunal judiciaire à discuter avec président du tribunal, le procureur directrice de greffe et eux nous ont quand même fait part d'un sentiment que je dirais un peu d'inquiétude hein euh sur l'évolution vers laquelle s'oriente la justice, sur le fait qu'il y a une contestation beaucoup plus forte, que l'émergence notamment des solutions d'intelligence artificielle qui permettent de diffuser très rapidement la jurisprudence peuvent en arriver à ce que des avocats préfèrent enfin trouve des subterfuges pour ne pas être mis face à tel juge, présentant déjà des décisions qu'il va rendre au regard de ce qu'il a fait dans le passé. Et donc finalement, qu'est-ce que vous vouliez dire par là par la dimension rituelle ? Est-ce que c'est ce que eux nous ont décrit comme effectivement une rémanence et qu'on observe dans l'ensemble des juridictions la prestation d'un serment et on ça fait écho aussi au serment des médecins où est-ce que c'était autre chose ?

Je sais pas si Bernard et Califé vous voulez ajouter des choses. Écoutez déjà les réponses. Ouais.

Donc je sais pas qui qui veut commencer. Voilà, les questions, vous pouvez aussi répondre à celles qui ont été adressées plus spécifiquement aux autres puisque en fait vos trois propos étaient quand même très complémentaires. Je veux bien le faire parce que j'ai commencé tout à l'heure.

Je dirais que les auteurs et autrices de la période récente sont bien embêtés parce que le monde va comm vous l'avez remarqué va très très vite et notamment en matière technologique et Catherine le le confirmera, c'est que faire de la prospective technologique ou poser une image du futur avec des technologies qui vont très très vite, c'est devenu excessivement compliqué. Euh et à tel point que beaucoup de d'auteurs et autrices l'avouent quoi, c'est euh quand ils imaginent quelque chose, en fait la réalité est presque déjà en train de la mettre en en expérimentation et en œuvre. Euh moi, je dirais qu'on distingue différents pôles.

Euh il y a euh un pôle qui persiste et qui est euh très fortement présent qui est le pôle dystopique notamment dans la dictature young adulte à destination des jeunes générations. Il y a une très forte très forte production de de dystopie. euh de futur bouchés et pessimistes.

Mais c'est c'est pas étonnant hein, c'est aussi un reflet de notre époque qui porte assez peu à à l'optimisme. Et puis il y a un autre pôle euh dont fait partie Catherine Dufour euh qui a bien senti que le le fait que l'horizon soit bouché incité à produire des imaginaires un peu différents et plus radieux. Et je pense que c'est lié aussi à un autre facteur qui est le la féminisation euh de des producteurs d'imaginaires.

Euh les les chiffres apparemment montrent que le les autrices sont devenues majoritaires par rapport par rapport aux hommes. Je dirais que ça c'est intéressant parce que ça change le rapport à à la société. C'estàd que autant euh on avait peut-être auparavant une tendance de la SF à être un peu focalisé sur les technologies. autant la féminisation peut-être un regard différent et notamment un un nombre peut-être plus attentif au aux valeurs, au au rapports humain, aux relations, aux fonctionnements sociaux.

Et il y a différentes tendances qui qui s'affirment dont deux qui sont un petit peu à la mode à certains égards qui sont le solar punk qui est une manière de prendre le contrepied de Cyberpunk. Autant le Cyberpunk était pessimiste et sombre et dystopique, autant le Solar Punk essaie de de montrer qu'il y a d'autres horizons possibles. Donc notamment en changeant solar comme solaire, en changeant le type d'énergie hein qui fait fonctionner nos sociétés.

Euh mais c'est pas que d'énergie, c'est aussi d'infrastructure. Et ce changement d'infrastructure induit aussi potentiellement un changement des valeurs et pour le coup d'autres formes de fonctionnements sociaux. Et ça, on retombe sur l'autorité.

Euh c'est plus des fonctionnements verticaux surplomments, c'est des fonctionnements en réseau pour prendre le temps de tout à l'heure, des fonctionnements horizontaux qui induisent un rapport différent à la nature et au collectif. Et puis un autre pôle qui est en développement aussi, c'est le donc le H Punk qui lui affiche effectivement le l'espoir dès sa dénomination. Faut que c'est les des romans comme ceux de Pit Chambers par exemple qui qui là aussi introduisent un autre rapport au monde avec des robots qui sont autorcyclables, autorecyclés.

Voilà, c'est un rapport au collectif et c'est des valeurs qui sont qui sont différentes. Mais pour revenir à ce qu'on disait, voilà le le trouble dans le ce que je disais en forme de réponse au début le trouble dans lequel se font les les auteurs de SF et les autrices aujourd'hui, c'est que c'est effectivement c'est un monde qui va très vite et on voit bien nous dans le monde réel bien ce qui va se passer la semaine prochaine devient extrêmement compliqué. Euh voilà mais ça ça montre le l'intérêt de la science-fiction comme laboratoire. c'est au moins on peut expérimenter et euh c'est le travail des auteurs des autrices.

Donc ce que vous nous dites en creux, c'est que nous la mission qu'on essaie de se de se fixer euh de d'essayer de dire quelles pourraient être les évolutions possibles du fonctionnement de nos nos relations sociales euh en 2050 est plus qu'utopique ? Non, pas du tout. Il faut toujours essayer.

Non, non, au contraire on a une forte chance de se tromper. Non non non. Il y a deux aspects, je vais vous faire une réponse en deux temps.

Moi ce que je trouve intéressant, alors cette fois-ci, on est un niveau macro et institutionnel et c'est mon travail de chercheur en SCEP plus enfin pas seulement sur la sction mais sur d'autres aspects, c'est que on est en train de sentir que le rapport au futur est en train de changer. C'estàd que euh autant on était dans ce que certains historiens appelaient le présentisme auparavant avec un nez collé sur le guidon et une incapacité à à prendre du recul et à regarder le futur. Mais il y a toute une série d'institutions et de de lieux de la collectivité. qui qui semble prendre conscience que le futur c'est éminemment important et que le le futur c'est quelque chose qui se construit dans dans le présent.

Euh moi je travaille aussi avec des gens qui travaillent sur sur les récits, sur la capacité de reconstruire les récits et il y a quelque chose qui est en train de se jouer. Voilà, il y a une le le monde va très vite en effet, mais de plus en plus d'acteurs se disent que bah avoir un horizon de plus long terme et avoir une capacité à se projet dans le futur, c'est minimement important. Euh et puis le deuxème volet, c'est qu'effectivement euh euh alors c'est un des intérêts de la fiction.

Euh il y a la prospective qui est une manière de se préparer par scénario. Puis il y a une autre manière de se préparer, c'est euh bah en regardant ce qui n'a pas été prévu pour le coup. Et là pour le coup euh bah les auteurs de SF et les autres ont un petit avantage, c'est qu'ils se permettent des choses qu'on se permettrait pas forcément en prospective.

Donc c'est le fameux signe noir comme on dit en prospective où c'est les éléments qui sortent des scénarios un peu cadrés. Et là pour le coup, on peut voilà, on peut explorer et euh se préparer parce que moi j'appelle une éthique des conséquences, c'est on pousse les trajectoires très très loin euh y compris les les plus surprenantes et puis on regarde comment ça marche. Voilà.

Donc votre travail, il est euh je pense important euh et intéressant. Merci. Euh je sais pas monsieur Nogues, madame Dufour.

Oui, ben je veux bien euh euh je veux bien donc sur prendre la parole sur les IAS. Euh il faut distinguer deux choses. Il y a effectivement la base de données sur laquelle les I sont entraînés, mais il y a un deuxième moment que qui est caractérisé par le terme anglais, le fine tuning, c'est-à-dire ce sont des équipes d'humain qui surveillent les euh contenus que diffuse l'IA.

Et là, c'est un deuxième moment dans laquelle il y a la possibilité d'orienter idéologiquement les les I. Euh et c'est très net hein que les I euh ont une idéologie hein. Il y a euh il y a d'on Musk mais on trouve sur chat GPT une idéologie technooptimiste euh qui euh est évidente hein.

Il suffit de demander à CHGPT de parler de la crise environnementale. Il conclut systématiquement par une note par une note optimiste. dans les images avec Geno Vagon, nous avions l'idée de bon, je passe le contexte de raconter le devenir d'une dououne abandonnée sur la plage.

Une doudoune en plastique qui va se décomposer en microparticules, lesquelles vont être avalées par des poissons et et revenir dans la chaîne alimentaire ou errer indéfiniment dans les océans. Donc on a demandé à Midourney de montrer de nous faire des images de mouette en train de manger une doudoune. Et Midourney n'a pas voulu, c'est-à-dire il a compris mouette, manger doudoun et donc il nous a fait des mouettes en doudoun en train de manger.

Et alors qu'il y a sur internet, il y a énormément d'images he d'animaux marins en train de manger des objets en plastique. Alors, sans doute que la plateforme considérait que montrer un animal marin en train de manger du plastique, c'était une forme de violence vis-à-vis de cet animal marin. ici, c'est au niveau du fine tuning, c'est-à-dire au niveau euh à postériori lorsque des humains vérifie les contus de l'IA, que il y a euh mise en place vraiment de contenu idéologique parce que refuser de montrer les animaux marins en train de manger du plastique, c'est un élément idéologique et techno techno optimiste.

Donc voilà, cette idéologisation des I, elle est de toute façon très naturelle. Si on a mis des milliards pour faire une IA, et bien on a envie que l'IA se défende elle-même. Euh je pense que justement c'est qu'il faut distinguer dans ce ce rapport à l'idéologie le cas des I et le cas des réseaux sociaux que les réseaux sociaux sont euh ont cette contrainte que ils doivent capter les utilisateurs le plus longtemps possible et cela par des messages qui circulent.

Et ça c'est une contrainte structurelle sur les réseaux sociaux. En revanche, les IA sont dans une position polaire, hein, finalement assez comparable à celle de la télévision à l'âge où il y avait trois quatre chaînes de télévision et ont la capacité de euh développer une une idéologie. Et sur le futur, hein, je suis donc entièrement d'accord avec ce que disait euh euh Yannick Rumpala, euh aussi bien sur la difficulté pour les auteurs contemporains à euh imaginer le futur, mais aussi je pense sur euh les enjeux euh institutionnels et les enjeux euh de euh réussir à euh développer une pluralité de futur.

Et je pense qu' on voit bon c'est d'autres travaux mais on voit la voilà la la nécessité de réussir à imaginer des futurs ouverts et qui puissent être heureux et je pense que c'est vis-à-vis en particulier d'une gén de la génération des des étudiants aujourd'hui quelque chose qui qui est à la fois difficile et pourtant très attendu. Euh oui, il y a énormément de commentaires que je voudrais je voudrais apporter. Je vais essayer de faire vite.

Euh en fait en ce qui concerne le enfin on va dire l'utilité le la valeur d'usage de de la de la science-fiction, c'est vrai que on s'est rendu compte c'est dans les années 2000 avec c'est pour ça qu'on a créé le groupe Zanzibar avec un certain nombre d'auteurs et d'autrices de science-fiction, c'est que on s'est apercevu aperçu que notre avenir avait une tête d'accident de voiture. En 1900, nos ancêtres il rêvaient de l'an 2000, il rêvaient de calè volante. Il rêvaient qu'on se chaufferait au radium.

Citez-moi une personne qui à l'heure actuelle rêve de l'an 2100. Il y en a pas. Donc on a une sensation d'avenir bouché, ce qu'on appelle une sensation de d'accident de voiture.

Or l'avenir est performatif. Si c'est ça qu'on a en tête, c'est ça qui va arriver. Donc il faut absolument que nous remettions en marche les neurones de l'optimiste.

C'est indispensable. Et que nous le fassions ensemble. C'est ça le solar punk.

Le punk n'est pas là pour désigner une façon de se coiffer avec une crête sur la tête. Le punk, ça veut dire que on le fait soi-même, on part de la base. Et le solar, c'est le solidaire, c'est le c'est le do it yourself et c'est aussi le dev it with others.

Faites-le avec les autres. Donc euh on a créé le le le groupe Zanzibar pour participer à effectivement ce mouvement du Solar Punk qui nous paraît absolument indispensable pour que nous inventions collectivement des futurs désirables. Euh et il y a une deuxième chose effectivement qui apparaît, c'est que moi quand j'écrivais des nouvelles en allez dans les années 90, j'avais 15 ans d'avance sur le réel.

Je me suis mise à avoir 5 ans d'avance, un an d'avance et maintenant quelle que soit l'idée science fictive qui me viennent, je tape ça sur Perplexity. Ça a déjà été inventé et breué il y a 6 mois. Donc je me suis dit bon ben voilà, je vieillis, c'est l'âge.

Et j'ai demandé à mes collègues de Zandibar qui ont tous 15 ans de plus moins que moi et en a un Léo Henry qui m'a répondu à toi aussi tu viens de te rendre compte que la science-fiction s'est pris le mur du réel dans la face. ce que ce qui veut dire que nous avons un progrès, peut-être pas scientifique mais au moins technologique qui va plus vite que ce qu'on est capable de se raconter en nous-même. On n pas le temps de fictionnaliser, on n pas le temps de s'habituer à nos propres nouvelles technologies.

Donc on est un petit peu submergé. C'est très important à la fictionnalisation. quand euh Uxley a écrit le meilleur des mondes et qu'en 1931, il a inventé les biotechnologies, il les a mises en scène.

Nous, on a eu le temps sur des générations de le lire et nous, lecteurs et lectrices, on est aussi citoyens et citoyennes. Donc, on s'est méfié. Donc, on a inventé à l'avance des gardes fous comme la nombreité du vivant, l'interduction de faire des expériences sur les embryons humains.

Euh donc quand les biotechnologies sont devenues sont passées du fantasme de Xley à la la réalité, on avait déjà des gardes de fond. C'est déjà c'est déjà fait à l'idée au fait que ces technologies apportent des tas de choses très très bien hein. Euh il y a des tas de thérapies géniques qui sont très très bien mais que il peut y avoir des effets de bord qui sont très négatifs.

Comme on le dit la science-fiction elle s'intéresse pas à la voiture elle va s'intéresser aux embouteillages. Euh donc si on n pas le temps de fictionnaliser là on n pas le temps de se créer des gardes fou. On n pas le temps de se de prévenir les embouteillages et là ça devient un vrai problème.

C'est pour ça qu'en ce moment mais il y a beaucoup de gens qui ont conscience de ça. C'est pour ça qu'en ce moment il y a de il y a beaucoup d'équipes. On appelle ça des teams, green team, red team, peu importe.

Green Team, c'est essayer de d'imaginer un future désirable et red team c'est au contraire imaginer un ennemi, une menace qu'on a'urait pas encore imaginé. Voilà, ce sont deux façons de voir un un domaine, mais le finalement la réflexion est la même. On essaie d'abord d'utiliser la prospective qui étudie les signaux faibles à 10 ou 20 ans et puis dès qu'on veut déplacer 10 ou 20 ans, il faut faire un saut de carpe imaginatif et là on fait appel à des auteurs et des autrices de science-fiction qui ont l'habitude de ils ont ils ont un monde dans la tête, un world building qui est souvent plutôt à 50 ou 100 ans.

Euh alors, de quoi est-ce qu'il traite finalement tous ces tous ces auteurs ? Moi, je suis jury du Grand Prix de l'imaginaire. Donc, je lis chaque année les 250 livres d'imaginaires qui sortent dont pas mal de science-fiction.

Le thème autant dans les années 2000, c'était l'IA, l'IA, l'IA, le transhumanisme, le transhumanisme, l'immortalité, l'immortalité. C'est les trois piliers de la science-fiction. Maintenant, il y en a un, c'est le climat, le climat, le climat.

Et il y a de plus en plus de gens, surtout des jeunes, qui essayent justement, malgré les angoisses climatiques, d'imaginer des futurs un petit peu plus optimistes que on va tous mourir dans des souffrances atroces. Donc là, je vous invite à découvrir des auteurs comme Becky Chambers et des maisons d'édition comme La Volte qui euh ont à cœur de mettre en scène des futurs moins sinistres que 1984 ou le meilleur des mondes. Voilà ce que j'avais à dire sur ce l'utilité de la science-fiction pour nous rendre un petit peu d'optimisme.

Et enfin, en ce qui concerne la justice, ce que j'ai surtout voulu dire, c'est que certes l'intelligence artificielle peut trouver des jurisprudences et identifier des juges avec une rapidité exceptionnelle et à partir du moment où son taux d'hallucination n'est pas trop élevé. Mais ce que je veux surtout dire, c'est que euh nous êtres humains, on échange à 10 bits par seconde. Euh Unia, c'est 100000 bits par seconde et en plus elles se partent dans des espaces dédiés comme Molbook et elles se partent dans leur propre langue leur propre langue le Gberling qu'on ne comprendra jamais.

Ça va beaucoup trop vite pour la justice, pour le que le sentiment de justice que la justice soit rendue ou que elle soit injustement rendu, ça s'adresse à des êtres humains qui doivent percoller un certain nombre de données et qui ne le feront jamais qu'à la vitesse de leur lent processeur chimique. C'est pour ça qu'il faut absolument que la justice garde un visage humain parce que la vitesse n'a rien à voir avec la formation du sentiment dans nos cerveaux humains et notamment du sentiment que la justice a été ou n'a pas été rendue. Je ne doute pas que l'outil modifie les pratiques des hommes et des femmes de loi hein qui soi du parquet ou qui soi des juristes.

Et par contre l'appréhension que l'être humain qui fait appel à la justice, celle-là, elle ne pourra jamais aller à la vitesse du NIA et tant mieux. Et c'est sur ce point-là que je voulais insister. Merci beaucoup Bernard Kalifé.

Juste une petite une question presque une réaction aussi de moi je suis pas spécialiste de la science-fiction. Moi, j'ai la notion enfin que la science-fiction, son ressort, c'est quand même un peu l'angoisse. Alors, l'anxiété et je voudrais savoir si c'est simplement un mode de captation de l'attention comme le font comme le fait par exemple les l'information en en continu qui traite toujours des choses un petit peu angoissantes pour capter les auditeurs.

Est-ce que euh la science-fiction, elle fait ça pour capter justement le lecteur et et l'amener euh jusqu'au bout, jusqu'à la lecture et est-ce qu'il y a beaucoup de j'entends l'optimisme, c'est plutôt donc l'IA qui voudrait nous rassurer pour continuer à faire fonctionner la machine et l'intérêt qu'on peut y porter. Euh mais d'où vient cette cette ce pessimisme, cette anxiété que crée euh la science-fiction ? C'est c'est vraiment l'angoisse du futur ou ou des ou les interrogations qu'on se pose sur les évolutions techniques ou bien c'est simplement un ressort narratif ?

Alors c'est un ressort narratif, ça c'est très clair mais je pense pas que ce soit que ça. La science-fiction a longtemps été une littérature d'alerte. C'était des gens qui essayaient d'alerter attention il y a un problème de pollution.

Attention, il y a un problème d'eau. Alors là, je voilà, du coup, ça donne soleil vert si vous avez vu le film. Enfin bref, maintenant je pense que les curseurs d'angoisse sont au maximum chez tout le monde qui voilà qu' y a plus personne pour dire qu'il n'y a pas un léger problème climatique.

Et donc c'est pour ça que les auteurs de science-fiction maintenant n'essayent de au contraire apporter un remède à l'angoisse, même si ça se voit peut-être pas encore suffisamment, mais il y a énormément actuellement d'offres de science-fiction qui sortent qui en fait ne sont plus des c'est plus de la littérature d'alerte mais de la littérature d'espoir. C'est-à-dire que c'est plus on décrit l'humanité sans fonction dans une crise affreuse mais on décrit l'humanité émergeant de la crise qu'elle s'est elle-même créée. Par exemple, quand le GC est venu nous voir il y a je sais plus 5 ans et quelques est venu voir un pool d'auteur de science-fiction en disant "Nous, on sort tous les 5 ans un rapport que personne ne lit.

Pouvez-vous s'il vous plaît en faire des nouvelles pour que pour que les gens s'y intéressent et plus accès ?" On a vu voilà les auteurs de science-fiction ont pris en compte bah le fait que un jour on vivra dans un paris qui sera sous 5 m d'eau et comment on s'y prend. Et si vous mettez comme personnage principal un petit garçon qui a l'habitude, il a toujours vécu là-dedans, vous obtenez une nouvelle qui est pas du tout angoissante et il pagille gément sur le lac des tuileries.

Il trouve ça tout à fait normal et d'ailleurs c'est joli. Il y a des roseaux enfin voilà. ou alors une petite jeune fille qui on est dans un un monde où on a un crédit carbone et on ne peut pas le dépasser.

Donc elle va je sais plus en vacances en Finlande et au moment de rentrer puf et ben elle a plus de crédit carbone donc il faut qu'elle rentre à pied. C'est une toute autre aventure. Donc on commence à voir apparaître une science-fiction qui est plus de l'ordre de la sortie de crise et de l'optimisme que de la crise elle-même.

Cela dit, c'est une science-fiction qui est peut-être plus littéraire et moins connue par rapport à la science-fiction véhiculée par les blockbusters notamment américain et dont la le seul ambition est de casser le décor dans un maximum de de bruit. Et c'est voilà, cette science-fiction là est plus connue, mais c'est certainement pas ce qui est le son nouveau qui irrigue les la science-fiction actuelle. Merci beaucoup à vous trois pour cet exposé futuriste, si on peut dire.

Moi, je voulais revenir un tout petit peu sur quelques interrogations que j'ai. Déjà, on parle beaucoup de science-fiction. On a déjà, je peux dire, 40 ans de recul avec la sciencefiction.

Quelles leçons a-t-on tiré pour essayer de voir les prévisions ? Même si ça va beaucoup plus vite aujourd'hui qu'on que dans les années 80, quelles leçons on peut en tirer pour prévoir les effets négatifs si s'il y en a ? En tout cas euh euh en 2050, je prends l'exemple de la santé, ça a été évoqué par notre présidente à côté de la justice.

On voit que la confiance déjà le comportement des médecins vis-à-vis des patients et mon collègue Fieller pourra réagir aussi s'il en est d'accord. les les le comportement des médecins euh change progressivement alors qu'il y a une part importante de confiance humaine dans leur dans ce métier. Et on voit et en plus avec l'A c'est encore pire aujourd'hui.

On voit que ce comportement euh commence à être un peu loin des patients. En tout cas c'est c'est le ressenti des patients. Est-ce qu'en 2050 on va continuer, on va pouvoir maîtriser quelque chose qu'on commence déjà à moins maîtriser aujourd'hui ?

Je ne sais pas si je me suis bien exprimé mais en tout cas c'est un peu la crainte que j'ai. Les leçons du passé et dans certains domaines où l'humain imprime. Comment faire pour essayer de prévenir les effets néfastes de cette évolution ?

Malheureusement en route. La question est pour tous les trois. Donc euh le premier qui veut se lance.

Et si je me suis lancé à travers l'écran de mon téléphone et une certaine incertitude si vous m'entendez. Donc il y a des travaux sur la médecine très très intéressant de Cyril Goulok qui est médecin réanimateur et qui a fait une thèse autour de la médecine et de l'IA en qui est en partie en partie de philosophie et en particulier vraiment de prospective, on pourrait dire de de de science-fiction avec parce que la la apparemment la il est médecin réanimateur et et la médecine, la réanimation utilise beaucoup l'IA pour toute une série de décisions qui qui doivent être prises très vite. Donc je recommande vraiment ces ces ces travaux.

Je voulais dire aussi pour euh rebondir sur ce que disait madame Dufour et que je trouvais très intéressant et et aussi cette euh voilà cette nouvelle science-fiction euh optimiste euh en ce qui concerne les la médecine, la justice, l'école et les I euh ma crainte ce serait pas que les IA les remplacent en quelque sorte mais qu'elle s'intègrent à elle et et à la limite que ces structures soit renforcé en tant que tel et on peut penser à l'école hein où ça serait quelque chose à mon avis de peu plausible en fait que le professeur soit remplacé par une sorte de robot mais qu'en revanche tout le contexte hein conduise les élèves comme les professeurs à utiliser dans leur relation entre eux dans les devoirs les cours et cetera, à utiliser l'IA et on pourrait imaginer la même chose pour la justice où il y a toujours un juge, un avocat, un procureur, mais euh et bien les conditions matérielles dans lesquelles ils exercent les poussent de plus en plus à utiliser l'IA. Et et c'est un peu la même chose pour la médecine, c'est-à-dire est-ce que un médecin euh qui est est débordé ne va pas être poussé à utiliser euh le le l'application hein de de Doctolib un un diagnostic. Donc ma crainte ce serait ce serait en fait pas dans une déshumanisation euh explicite mais de des de ces institutions mais dans le fait que elle euh les humains ne deviennent ou soivent souvent ou de plus en plus les porte-paroles du NIA et ce qui serait évidemment très très dangereux et triste.

Oui, c'est dangereux et triste et puis mais c'est aussi un choix. Moi, j'ai vu un reportage très bien d'une photographe dans le don me reviendra un jour euh qui exposé à Houlgat et en fait elle est allée au Japon. Au Japon, ils ont un vrai problème de voilà, la population est très vieillissante et donc il y a de grands épades avec très peu de de d'équipes de santé humain.

Et donc ben la personne qui est présente dans les pads et qui roule dans les couloirs, c'est un petit robot avec une petite bouille ronde adorable comme savent le faire les Japonais. Mais ce n'est qu'un robot et qui va vérifier que chaque résident va bien ou le moins mal possible et qui ne prévient l'équipe humaine que quand ben la personne va pas bien du tout. Et à ce moment-là l'humanité, les humains interviennent.

Mais sinon, c'est une solitude sur des kilomètres de couloir. C'est effectivement extrêmement déprimant. Mais là encore, il s'agit d'un choix humain et on pourrait parfaitement ne pas avoir LIA et avoir quand même ce choix humain qui est très désolant, qui est sûrement motivé par toutes sortes de considérations, mais qui effectivement avoir fait froid dans le dos et qui en tout cas n'est absolument pas un modèle que je trouve souhaitable de suivre.

Monsieur Rompala, vous voulez ajouter quelque chose ? Sinon, il y a Bernard Fieller qui voulait réagir aussi. Ouais.

Sur les deux questions, je vais traiter les deux questions en même temps. Euh sur la première effectivement sur les le rapport de la sciensifiction au futur, on le disait enfin pourquoi tant de pessimisme ? C'est euh il y a une première raison qui était bien mentionnée hein, c'est le le ressort narratif, c'est la tension dramatique.

Pour raconter une bonne histoire, il faut effectivement quelque chose qui apate les spectateurs spectatrices ou les lecteurs lectrices. Donc il y a le côté dramatique effectivement qui qui intervient. Et puis il y a aussi euh euh alors là c'est pour repositionner la la science-fiction et la la redéfinir.

On croit souvent que la science-fiction parle du futur en fait comme le disent beaucoup de commentateurs, elle parle surtout du présent. euh elle absorbe euh les anxiétés de l'époque, elle capte les angoisses donc euh et elle les redigère, elle les remet en forme et en fait elle elle part surtout du présent et pas tellement du futur. En tout cas, elle projette euh dans le futur, ce qui est surtout notre notre présent.

Mais ce que je trouve intéressant euh dans les sens, c'est pour ça que je je travaille dessus, c'est le voilà la manière dont elle exprime un rapport collectif au futur dont elle le retraduit. Et sur la longue durée, en effet, on peut constater une évolution. On on a largement quitté la la science prométéane de l'âge d'or qui était celle des années 50 60 70 qui était très orienté sur le progrès technologique avec une forme de confiance des techniques qui étaient mérifiques.

On a on a clairement changé d'époque. Voilà. La science-fiction révèle aussi un changement du rapport collectif au futur.

Un rapport collectif qui est largement moins optimiste, largement moins conscient que ça a déjà été signé. Euh sur sur la question de santé, je suis moins euh moins spécialiste. Ce que ce que je vois de loin, c'est effectivement euh une forme de questionnement sur la technologisation euh de la de la santé.

Euh dans la science-fiction cinématographique, on voit effectivement beaucoup de d'appareils hypertechnologique qui qui est là aussi une forme de traduction he de notre rapport à la médecine. Euh euh mais il y a alors je cite un roman qui est assez intéressant de ce point de vue-là qui rejoint ce que disait Catherine Dufour sur le les choix humains. C'est une nouvelle de Marine Bradley effectivement où donc c'est une en gros c'est une expédition c'est pas celle qui revient sur terre et qui voit la société qui a changé et elle a tellement changé que le rapport collectif à la technique a profondément évolué.

C'est que la technique est très poussée. Par contre, elle n'est ressortie qu'en cas de besoin. C'estàd que les les humains du futur savent qu'ils ont accès à une médecine de pointe, mais il y a une forme de raison ou de caractère raisonnable qui s'est installé et cette médecine de pointe n'est sortie qu'en cas de besoin.

Et voilà, comme s'il y avait une espèce de de gradation et que le choix qui a été fait, c'était de garder le l'humanité en le le le plus souvent possible, de ne faire ressortir la technique quand il y a un besoin très très euh très très marqué. sur les leçons du passé. Alors là, je pointerai une ambiguïté qui est le aussi une forme de rapport à la science fiction euh pour faire le lien avec ce qu'il disait ce qu'on disait tout à l'heure sur la Silicon Vallée, euh malheureusement c'est pas forcément une forme de de mise en garde la station.

Elle est souvent prise aussi comme un modèle. En tout cas certains acteurs du monde de la high-tech n'en retiennent que certains aspects. Voilà comme vous savez tous probablement de Renavant.

Voilà le le métaver méta ça vient d'une œuvre de Non qui est le samouraï virtuel. Voilà, il y a toute une série de technologies qui aurait dû être prises avec euh avec un minimum de de recul mais qui en fait voilà sont quasiment pris comme les modèles par les Musk, Buzzos, Zuckerberg et les grands acteurs donc il y a il y a il y a un rapport assez ambigueux à la science-fiction et pour certains une forme de fascination qui fait qu'ils n'en retiennent que la la composante technologique en oubliant l'aspect social et l'aspect économique enfin tout l'environnement dans lequel se trouve ces nouvelles technologies. Voilà.

Et le la part de modèle que constitue pour certains acteurs cette science peut parfois faire dresser les cheveux sur la tête quand on voit ce qui en est fait. Et je souhaite que certains d'ailleurs que certaines novations qu'on voit dans la SF ne sortent jamais de la sensation pour la fréquenter. Ouais.

Voilà. Je souhaite que ça tombe pas dans des mauvaises mains et que ça ne donne pas des très mauvaises idées à à certains ou certains Oui, il y a quand même une chose qu' faut encore rappel, c'est que la science-fiction ne prédit pas l'avenir. Elle parle d'un avenir des angoisses pour l'avenir que nous avons actuellement en nous.

Ça c'est très important de le comprendre. La science-fiction n'est absolument pas une madame Irma avec une une boule de cristal qui peut imaginer réellement ce que sera l'avenir. Ça c'est vraiment l'affaire des prospectivistes qui eux-mêmes prennent beaucoup de précautions oratoires pour expliquer que ils sont vraiment pas sûr de leur coût hein.

Juste une petite réaction sur les propos du du professeur Kassuunoges là sur je reprends l'exemple de la de la médecine et vous parler de l'IA qui se substituerait pas mais qui viendrait finalement inspirer, influencer puis et et rendre finalement les professionnels simplement comme des des porteurs de de cette pensée. On a aujourd'hui la même chose. enfin, je veux dire, les connaissances qu'on a, on les a par des livres euh qui et on a finalement subi quand même malgré tout les les mêmes influences.

Simplement le support est pas le même et peut-être que l'IA au contraire pourra avoir un un volume d'information à nous apporter qui est beaucoup plus important. Je suis un peu donc un peu moins pessimiste, enfin moins inquiet. Et autrement, j'ai une question, les métavers donc il y a pas quelques mois mais il y a quelques années, on parlait que de ça, l'avenir, on devait être dans un monde de méta et ça y est, c'est fini.

La mode est complètement Vous avez vu ça arriver vous dans la la science-fiction, la disparition des métavers et pourquoi ? Comment on peut l'expliquer ? Méta méta méta.

Donc MTA, c'est un fantasme me semble-t-il de Marc Zuckerberg qui comme beaucoup de gens de la silicone Vallée sont des jeunes gens qui ont lu de la sciencefiction entre 15 et 20 ans et puis après ils se sont ils ont abandonné la lecture pour devenir multimilliardaires. Donc ils ont un imaginaire science-fictif un petit peu obsolète qui date donc des années 80 et qu'il ressortent régulièrement pour faire rêver leurs admirateurs afin de ne pas être simplement des multinationales qui partent des très importantes sommes d'argent en échange de données personnelles qui leur viendrait pas à l'idée de rémunérer. Et donc pour nos part qu'on remarque pas mettre l'accent sur ce tour de pass nous font rêver.

Alors soit avec le métavers de Zuckerberg, soit au contraire avec les délires de Elon Musk pour aller m terraformer Mars. C'est impossible. Mars est une planète morte.

Ou alors il a envoyé dans l'espace une voiture qui diffuse Space d'ety de David Bois. Merveilleux. Sauf qu'on est le voilà, c'est dans le vide. dans le vide, il y a pas de son donc c'est pas la peine de diffuser David Boui.

Voilà donc tout ça je dirais c'est ce qu'on appelle la mythopoyèse de la silicone vallée. Sont des gens très riches qui nous font rêver pour queon remarque le plus tard possible un qui nous ont pris des données personnelles sans nous demander notre avis sans nous nous rémunérer deux qui sont arrivés à des niveaux de richesse qui font qu'ils sont carrément une puissance politique. Voilà.

Enfin, c'est quand même Elon Mus qui a décidé que la guerre en Ukraine serait perdue ou gagnée par la Russie en appuyant sur le bouton Starling. C'est quand même très inquiétant, une puissance pareille de la part de quelqu'un qui n'a jamais été élu démocratiquement. Mais ceci est un tout autre débat.

Mais il y a un certain nombre de données auxquelles on a donné une très grande publicité comme la notion de métaverse de Zuckerberg qui repose effectivement non ça enfin pour moi ça repose sur rien d'intéressant au niveau science-fictif. Ça a eu son heure de gloire c'est une théorie scientifique tout à fait sérieuse mais je crois qu'il faut pas confondre la mythopoyèse de la silicone vallée avec avec notre avenir ni avec aucune réalité. Enfin bon ça n'est que que mon opinion. si je peuxir sur la différence entre l'IA et les livres, c'est qu'il y a une multitude d'auteurs et d'autrices de livres alors qu'il y a deux ou trois qui qui fonctionnent bien et que tout le monde consulte et qui appartiennent comme Catherine Dufour le souligner à des gens qui n'ont pas été élus démocratiquement.

Et ça fait une une pour moi ça fait une grande différence et un et un danger euh bien plus important que celui de la littérature. Oui. Ils ont décidé de nous faire rêver en détruisant les les les limites, hein.

Euh Musk, c'est en détruisant les limites de l'espace. Donc on a conquérir l'espace profond. Et euh Zuckerberg, c'est plutôt en détruisant en détruisant les limites de la de la réalité.

Donc le métaver mais aussi avec son fameux laboratoire où il voulait tuer la mort. Là, il voulait plutôt détruire les limites du temps. Euh mais tout ça reste extrêmement extrêmement théorique pour ne pas dire fantasmatique.

Et bien merci beaucoup à tous les trois. Moi, je retiendrai que si on veut être optimiste, il faut lire la nouvelle science-fiction et pas celle qui est présentée sur les tables des des librairies grand public. En tout cas, merci beaucoup.

Voilà, c'est un éclairage intéressant finalement sur nos nos différents travaux. On a même fait des incursions sur le le champ de la démocratie. Euh donc on retrouvera de la science-fiction dans nos dans nos récits anneaux qui seront écrits avec un papier et sous un format classique.

Merci beaucoup. Merci à vous.