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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 3 septembre 2023 36 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesNumériqueSolidarités & familleAgriculture & alimentation

L'interview intégrale d'Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, sur BFMTV

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 31 %Défensif 24 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous pouvez faire, vous, Carrefour, pour aider à sauver les restos du cœur ?

  • 1:24FerméeRéponse directe

    La contribution de Carrefour par an, pour que ceux qui nous regardent aient une idée, c'est combien ? Et est-ce que vous pouvez aller plus loin ?

  • 2:11OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez le sentiment que les Français sont moins généreux qu'ils ne l'ont été ces dernières années ?

  • 4:19RelanceRéponse directe

    Est-ce que c'est pour cela qu'aujourd'hui, vous constatez ce que vous avez appelé un tsunami de déconsommation ?

  • 5:31RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'au fond, il n'y a pas un décalage entre les discours politiques et ce que vivent les Français ?

  • 8:21OuverteRéponse directe

    Quand est-ce qu'il pourra de nouveau acheter de la viande, des produits frais pour ses enfants ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27Invité politiqueFait
    « Les difficultés des restos du cœur sont l'expression des difficultés d'un nombre croissant de Français face au poison lent qu'est l'hyperinflation qui s'est diffusée depuis deux ans. »
  • 0:45Invité politiqueChiffre
    « On a déjà doublé notre enveloppe financière dans les dernières années pour les restos du cœur. »
  • 0:57Invité politiqueChiffre
    « En 2022, on a distribué l'équivalent de 20 millions de repas au resto du cœur, soit suite à des dons faits par l'enseigne, soit suite à des collectes. »
  • 1:47Invité politiqueChiffre
    « On l'a doublé et on est légèrement au-dessous d'un million d'euros. »
  • 3:36Invité politiqueFait
    « Quand vous avez 40% des Français qui sautent des repas, sautent des repas parce qu'ils ne peuvent pas. »
  • 3:43Invité politiqueFait
    « Quand vous en avez un sur deux qui réduit ses portions lors de chaque repas. »
  • 6:00Invité politiqueChiffre
    « L'inflation alimentaire est en train de ralentir. Elle est en train de diminuer. Elle était quand même de 17%, elle est à 12%. »
  • 11:50Invité politiqueFait
    « Les marges des grands industriels, des grandes multinationales ont augmenté comme elles n'ont jamais augmenté l'année dernière. »
  • 12:01Invité politiqueChiffre
    « Si je prends le cas de Carrefour, les volumes de nos marques Carrefour ont augmenté de 5%. Les volumes des marques nationales ont baissé de 7%. »
  • 26:51Invité politiqueFait
    « Il me semble qu'il y a un certain nombre d'éléments qui aboutissent à ce que l'inflation alimentaire au cours des cinq prochaines années soit plus élevée que ce qu'elle a été lors des quatre dernières décennies. »
  • 27:47Invité politiqueChiffre
    « Moi, je suis convaincu qu'au premier trimestre de l'année, on sera largement au-dessous de 10. J'espère qu'on sera plus près de 5 et j'espère un peu au-dessous. »
  • 27:47Invité politiqueChiffre
    « Je suis convaincu qu'au premier trimestre de l'année, on sera largement au-dessous de 10. »
  • 27:51Invité politiqueChiffre
    « J'espère qu'on sera plus près de 5 et j'espère un peu au-dessous. »
  • 27:54Invité politiqueChiffre
    « On ne sera pas à zéro. »
  • 27:58Invité politiqueFait
    « Le temps d'avance est fini. Le temps de l'inflation alimentaire à zéro, je le crois. »
  • 28:57Invité politiqueFait
    « Vous savez que c'est notre raison d'être à nous. On a fixé une raison d'être, la transition alimentaire pour tous. »
  • 30:12Invité politiqueFait
    « Les classes populaires ne peuvent plus consommer un certain nombre de produits. »
  • 30:16Invité politiqueFait
    « Les classes moyennes consomment moins de produits de qualité. »
  • 31:09Invité politiqueFait
    « Quand vous fixez le prix et que le producteur ou l'entreprise qui produit a des coûts de production supérieurs au prix de vente, il arrête de produire. »
  • 32:50Invité politiqueChiffre
    « L'essence, vous avez raison, la rentrée scolaire est très chère aussi. Les fournitures scolaires, elle est en hausse de 10% à peu près. »
  • 33:54Invité politiqueChiffre
    « L'inflation, à 15%, c'est mauvais pour tout le monde parce que vos coûts explosent. »
  • 34:02Invité politiqueFait
    « On s'est formidablement bien transformé les cinq dernières années. »
  • 35:03Invité politiqueChiffre
    « Depuis le début de l'inflation, on a beaucoup augmenté nos salaires. Cette année, ils vont augmenter de 5,75%. »
  • 35:10Invité politiqueChiffre
    « L'inflation étant à 4,5%, on est à 5,75%. Donc on est au-dessus. »
  • 35:17Invité politiqueChiffre
    « Nos primes d'intéressement et de participation sont à 1 000 euros. Elles ont doublé. »

Temps de parole

  • Invité politique60 %
  • Présentateur28 %
  • Présentateur 29 %
  • Invité3 %

≈ 2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Alexandre Beauport, vous l'avez entendu, il lance un appel aux forces politiques et aux forces économiques. Vous en êtes. Qu'est-ce que vous pouvez faire, vous, Carrefour, pour aider à sauver les restos du cœur ? Ce monsieur parle des gens qui ne pourraient ne plus être aidés. Le chiffre qu'il donne, c'est 150 000. C'est considérable. Qu'est-ce que vous pouvez faire pour aider les restos du cœur ?

0:17
Invité politique

D'abord, ce qu'il dit, c'est évidemment la réalité. Les difficultés des restos du cœur sont l'expression des difficultés d'un nombre croissant de Français face au poison lent qu'est l'hyperinflation qui s'est diffusée depuis deux ans. Mais je pense qu'on y reviendra. On est partenaire depuis 16 ans des restos du cœur. On est le plus vieux partenaire dans notre métier. On va répondre à l'appel du président des restos du cœur parce que c'est notre rôle, notre vocation. On peut le faire de deux manières. La première, elle est financière. On a déjà doublé notre enveloppe financière dans les dernières années pour les restos du cœur.

Et puis, on va réfléchir en manière de mieux organiser encore les dons et les collectes. Aujourd'hui, enfin en 2022, on a distribué l'équivalent de 20 millions de repas au resto du cœur, soit suite à des dons faits par l'enseigne, soit suite à des collectes. Et donc, on va vite organiser une rencontre avec le président de Restos du cœur et ses équipes.

1:12
Présentateur

On va essayer d'aller un peu plus loin.

1:13
Invité politique

Pour aller un peu plus loin, pour voir si on met en place des collectes spécifiques, pour voir si on est capable dans nos dons quotidiens de faire mieux. On sera là. On sera là, on l'a toujours été et il faut qu'on soit là collectivement.

1:24
Présentateur

Très concrètement, le patron des Restos du cœur parle d'une trentaine de millions d'euros qui manquent pour boucler l'exercice annuel. La contribution de Carrefour par an, pour que ceux qui nous regardent aient une idée, c'est combien ? Et est-ce que vous pouvez aller plus loin ? Vous avez évoqué le fait que vous aviez doublé cette contribution. Est-ce que vous avez des résultats qui sont positifs ? Un semestre qui a été bon, 2023. Est-ce que vous pouvez aller plus loin dans cette contribution financière ?

1:47
Invité politique

On l'a doublé et on est légèrement au-dessous d'un million d'euros. On va regarder ce qu'on peut faire sur le plan financier. Et puis, ce qui a le plus de valeur pour les Restos du cœur, ce sont les repas. Parce qu'on est aux alentours de 20 millions de repas. Donc moi, mon attention principale, parce que nous, c'est notre métier, c'est qu'est-ce qu'on peut faire pour augmenter le nombre de repas qu'on va pouvoir distribuer au Restos du cœur et à leurs bénéficiaires.

2:09
Présentateur

Et donc ça, vous nous dites, c'est imminent, on va regarder ça.

2:11
Invité politique

On va regarder ça immédiatement.

2:13
Présentateur

Alexandre Bourpard, est-ce que vous avez le sentiment que les Français sont moins généreux qu'ils ne l'ont été ces dernières années ?

2:19
Invité politique

La question, c'est, est-ce qu'ils peuvent l'être autant ? Parce qu'il y a bon nombre de Français qui l'étaient et qui sont en train, petit à petit, avec l'inflation sur deux ans, de ne plus pouvoir l'être. Moi, je pense que les Français sont généreux, sont généreux par nature. Mais un certain nombre d'entre eux ne le peuvent plus.

2:37
Présentateur

Mais vous savez, on a le sentiment, avec cette annonce du patron des Restos du cœur, au fond, que tout craque. La septième puissance mondiale, qui a une association qui doit aider les plus démunis, qui dit, on ne va pas y arriver. Il va manquer des repas pour 150 000 personnes. Cette inflation, avec ce que vous avez évoqué, la déconsommation, des gens qui n'arrivent plus à acheter, non pas le petit plus, le minimum. Franchement, pour la septième puissance économique du monde, on est quand même dans une situation qu'on n'aurait pas pu imaginer il y a quelques mois, quelques années.

3:04
Invité politique

D'abord, regardons autour de nous. En Grande-Bretagne, aux États-Unis, ces problèmes-là sont là. Quand on a une inflation à deux chiffres depuis deux ans, toutes les grandes puissances, quelles qu'elles soient, souffrent. Parce que 20% d'hyperinflation alimentaire, quand on est habitué depuis quatre décennies à zéro, ça veut dire qu'il y a un certain nombre de Français, de plus en plus nombreux, qui décrochent, qui ne peuvent plus, qui abandonnent l'essentiel.

3:34
Présentateur

En fait, ce que vous décrivez, c'est un changement de mode de vie total.

3:36
Invité politique

Quand vous avez 40% des Français qui sautent des repas, sautent des repas parce qu'ils ne peuvent pas. Quand vous en avez un sur deux qui réduit ses portions lors de chaque repas. Quand vous avez des Français qui renoncent à un certain nombre de produits de soins, d'hygiène.

3:53
Présentateur

Et on va y revenir dans un instant.

3:54
Invité politique

C'est simplement la traduction des effets du poison lent. C'est un poison très lent, l'inflation. Une inflation qui repasse sur une inflation, une inflation de 20% depuis deux ans, ça a des effets majeurs sur les classes moyennes et sur les classes populaires.

4:11
Présentateur

Depuis des mois, d'ailleurs, on parle d'arbitrage de la part des Français qui sont obligés de faire des choix, qui renoncent à certains produits. Vous l'évoquiez à l'instant. Est-ce que c'est pour cela qu'aujourd'hui, vous constatez ce que vous avez appelé un tsunami de déconsommation ?

4:26
Invité politique

Moi, je pense qu'un certain nombre de Français n'arbitrent plus. Au départ, on arbitre. L'année dernière, ils arbitraient. Ils consommaient moins bien. Mais ils consommaient autant. Concrètement, pour ceux qui nous regardent, ça veut dire quoi ? Je réduis mes protéines animales, je réduis la viande, le poisson, je réduis les fruits et légumes, je réduis le bio. Ça, c'est l'année 1. La première année, vous baissez la qualité alimentaire. La deuxième année, vous consommez moins. Vous réduisez la consommation. Et c'est ça qui s'est passé. C'est vraiment un effet en deux temps. Dans un premier temps, il y a eu une baisse de la qualité de la consommation.

Dans un deuxième temps, il y a eu une baisse des quantités.

5:08
Présentateur

Le caddie est moins rempli. C'est ce que vous nous dites.

5:10
Invité politique

Le caddie est moins rempli. Le panier moyen baisse. Et à l'intérieur de ce panier moyen, comme vous le savez, les Français ont décidé de se passer de leur marque nationale, parce que les marques nationales sont 35% plus chères que les marques des distributeurs, au détriment des marques de distributeurs, en faveur des marques de distributeurs.

5:28
Présentateur

Vous avez un discours très franc sur la question de l'inflation. Et qui, c'est vrai, parfois, tranche un petit peu avec les discours politiques. On recevait ce midi Bruno Le Maire, qui se félicitait du fait que cette fois, vraiment, l'inflation allait ralentir. Je n'ai qu'une parole. Est-ce qu'au fond, il n'y a pas un décalage entre les discours politiques et ce que vivent les Français ? Parce que même si l'inflation ralentit, il y a quand même toujours beaucoup d'inflation. Et vous ne cessez de répéter qu'on ne reviendra pas au prix d'avant. Il n'y a pas ce décalage, un manque de vérité dans le discours politique ? D'abord, il a raison Bruno Le Maire.

6:00
Invité politique

L'inflation alimentaire est en train de ralentir. Elle est en train de diminuer. Elle était quand même de 17%, elle est à 12%. Et elle va continuer dans les prochains mois. Et ça va s'accélérer, on va y revenir à partir de janvier.

6:10
Présentateur

Mais il continue d'augmenter.

6:11
Invité politique

Mais il continue à augmenter. Et donc la réalité du consommateur, et nous on reçoit des millions de consommateurs chaque semaine, un consommateur qui rentre dans un magasin, un Français d'une classe moyenne qui rentre dans un magasin et qui voit une augmentation de 12% en moyenne, il ne se dit pas, bonne nouvelle, le pic de l'inflation est derrière moi. Il ne se dit pas ça, il n'est pas économiste à l'INSEE. Il voit juste que c'est encore 12% plus cher que l'année d'avant.

6:34
Présentateur

Alors même en plus que les politiques depuis un an répètent que c'est bon, ça va être un septembre vert, le pic est passé, le pire est derrière nous, qui sont des prévisions qui, force est de constater, ne sont pas arrivées.

6:45
Invité politique

Vous n'avez probablement pas entendu évoquer l'idée de septembre vert parce que je n'y croyais pas une seconde. Dès lors qu'il n'y avait pas de renégociation avec les industriels, il n'y avait aucune raison que septembre soit vert. Il n'est pas du tout vert pour les Français.

6:58
Présentateur

Alexandre Bompas, on va donner la parole à un témoin touché directement par ce phénomène que vous avez décrit, la déconsommation. Bonsoir Laurent. Bonsoir. Vous avez 55 ans, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes chauffeur routier, vous avez trois enfants qui ont entre 11 et 16 ans, c'est ça je crois ? C'est ça. Et ce que vous nous dites, ce que vous dites aussi ce soir à Alexandre Bompas, c'est que vous n'y arrivez plus que très concrètement, compte tenu de l'inflation, vous avez changé votre mode de consommation.

7:30
Invité

Disons qu'on a changé notre mode de consommation par obligation. Chez moi, il n'y a plus de viande, il n'y a plus de poisson, il n'y a plus de fruits, il n'y a plus de légumes. Quand vous voyez les fruits cette année d'été, les pêches, les brouillons, ça on n'a pas connu, c'est impossible. Moi, tout ce que je voudrais savoir, c'est quand c'est que l'inflation va se terminer, quand c'est que les prix vont enfin baisser, parce qu'on nous annonce plusieurs fois que l'inflation, ça y est, c'est bon et tout. Moi, quand je vais dans le magasin, ça continue à augmenter. Les prix augmentent à nouveau.

En plus de ça, moi, je suis dans le sud, on a été en zone touristique où les grandes surfaces se sont quand même bien gavées en augmentant les prix par rapport aux touristes. Et nous, qui vivons toute l'année dans ces secteurs-là, nous avons fait les frais de tout ça avec.

8:12
Présentateur

Donc, on vous a entendu, Laurent, et vous voyez, Alexandre Bompard, cette idée que l'on évoquait il y a quelques instants, malgré les discours politiques, cette impression que ça continue à augmenter. Laurent, il vous demande, très concrètement, quand est-ce qu'il pourra de nouveau acheter de la viande, des produits frais pour ses enfants ? Quand est-ce que ça va vraiment baisser ?

8:29
Invité politique

Alors, d'abord, on joue notre rôle. Si je prends les fruits et légumes qu'évoquait monsieur, on a lancé une opération de 17 fruits et légumes à moins de 1 euro, à 0,99. Et puis, on a lancé nos opérations de baisse des prix, qu'a demandé aussi le gouvernement et qu'on avait fait par anticipation. Nous, on a annoncé, mercredi dernier, 500 nouveaux produits, dont les prix baissent. On en avait déjà annoncé 600 en mai-juin, 500 nouveaux. Donc, on a 1100 produits, dont le client, quand il arrive dans le magasin, là, il n'a pas de doute, il voit les prix de ces 1100 produits baisser. Ça, c'est le deuxième élément.

Et puis, de manière majeure, c'est les renégociations que le ministre a eu la bonne idée d'avancer le plus vite possible qui vont se traduire par le tassement de l'inflation. Dès lors qu'on va renégocier, et donc moi, j'avais demandé avec mes collègues de la distribution que ces renégociations soient avancées. Le ministre de l'Économie l'a décidé. Il y a une loi qui va passer. On va pouvoir gagner trois mois sur l'inflation puisque les renégociations devaient se finir le 31 mars, elles vont se finir normalement le 31 décembre. Ça veut dire qu'à partir du 1er janvier, on va voir le niveau d'inflation, peut-être pas négatif, mais beaucoup plus bas qu'il est aujourd'hui.

9:46
Présentateur

On va passer un dernier mot à Laurent. Vous entendez ce que vient de dire le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, qui explique au fond qu'il y aura non seulement des négociations avancées et qu'il y aura des efforts qui seront faits. Et c'est vrai que le panier anti-inflation, il y a des mesures qui ont été prises pour lutter contre l'explosion de ces prix-là.

10:06
Invité

Oui, alors il faudra que M. Bompard vienne faire ses courses avec moi et me montre à peu près dans les enseignes Carrefour où se trouvent les paniers anti-inflation et les produits à moins d'un euro. Moi, je suis prêt à le recevoir chez moi et qu'on allait faire les courses ensemble et qu'il me montre à peu près où se trouvent ces produits.

10:22
Invité politique

Mais ce qui est intéressant dans ce que dit monsieur, vous voyez, si on prend notre dialogue du début, c'est ça que vivent les Français. Il existe évidemment les 1100 produits qui vont baisser. Il y a des prix à moins de 1 euro sur les fruits et légumes. Il y a les 17 fruits et légumes à moins de 1 euro. Mais les clients, quand ils arrivent dans les magasins, ils sont submergés des augmentations des deux dernières années. C'est ça qu'ils voient d'abord. Après, nos paniers anti-inflation, les prix bloqués, etc., ça reste une partie qui est relativement limitée par rapport à l'offre.

10:53
Présentateur

– Alexandre Bonpart, vous pensez vraiment que les industriels, cette fois-ci, vont jouer le jeu et vont accepter des baisses de prix ? En juin dernier, ils s'étaient engagés auprès de vous, auprès de Bruno Le Maire, à revenir à la table des négociations, justement pour faire en sorte que la baisse du prix des matières premières soit intégrée dans le prix des produits. Aujourd'hui, on voit bien, ils n'ont pas joué le jeu. Est-ce qu'ils vont le faire ? Est-ce qu'on a l'assurance que ces négociations, qui se termineront au mois de janvier, aboutiront à de vraies baisses de prix pour les Français ?

11:25
Invité politique

– D'abord, je vais vous dire, croyez-moi sur parole, je n'ai aucun plaisir à ce petit jeu qui consisterait à mettre la responsabilité sur les industriels. J'ai vraiment plein de choses plus intéressantes à faire. Mais c'est la réalité. Ils n'ont pas joué le jeu de la négociation. Ils ne l'ont pas joué. Deux éléments, la thèse, d'abord, il y a eu quatre rapports qui ont été demandés par le ministre et les pouvoirs publics. Ils l'ont tous montré. Les marges des grands industriels, des grandes multinationales ont augmenté comme elles n'ont jamais augmenté l'année dernière. Et puis, les Français, ils votent tous les jours avec leur caddie.

Depuis le 1er janvier, si je prends le cas de Carrefour, les volumes de nos marques Carrefour ont augmenté de 5%. Les volumes des marques nationales ont baissé de 7%. Ça veut dire que vous avez un caddie de 100 produits, vous avez retiré 7 produits de marques nationales que vous aimez pourtant. Et vous avez mis 5 produits de marques distributeurs. parce qu'il y a un écart de prix de 35 points.

12:18
Présentateur

Alexandre Bompard, vous avez raison dans ce que vous constatez, mais est-ce que, pour autant, on peut réduire tout cela, un schéma aussi simple, de les industriels s'en mettre plein les poches et ne jouent pas le jeu. Et face à ça, les distributeurs sont absolument impeccables. Bruno Le Maire parlait, il y a quelques jours, de certains distributeurs qui n'avaient pas joué le jeu, par exemple, sur les yaourts. Dan, en disant, il y a eu trois mois, entre le moment où les prix ont baissé, où ça a été répercuté en rayon.

12:42
Invité politique

Écoutez, franchement, sur ce qui s'est passé depuis 2022, les grands distributeurs qui ont leurs défauts et nous avons les nôtres, franchement, se sont comportés de manière exemplaire. Je le dis, pour toute notre profession, on a joué le jeu des paniers, on baisse les produits, il y en aura 5000 dans les prochains jours, dans les magasins. Vraiment, il y a eu, parce que c'est aussi notre intérêt. Notre intérêt, c'est de conquérir des consommateurs et d'être à leur côté. Les industriels ont fait le choix de ne pas participer à ça.

13:10
Présentateur

Mais vont-ils le faire ? Vont-ils le faire ?

13:12
Invité politique

Si vous me posez la question de comment vont-ils se comporter dans les négociations qui s'ouvrent, je crois que compte tenu des baisses des cours qui sont massives et que cette fois-ci, ils ont une obligation législative de négocier. Jusqu'alors, c'était une bonne intention de renégocier. Là, on va rentrer en négociation. Parce que sur les 75 principaux industriels, j'en ai 50 qui ne m'ont même pas pris au téléphone. qui continuent là à ne pas vous prendre au téléphone. Qui ne nous ont pas pris au téléphone. Qui ont refusé même une réunion. Quand vous êtes dans un cadre législatif, de manière obligatoire, on va devoir se mettre les uns en face des autres.

Et normalement, quand on se met en face des autres, on arrive à négocier.

13:49
Présentateur

On va saluer Laurent. Merci beaucoup pour votre témoignage. et bon courage pour la rentrée. Vous avez eu une invitation si vous voulez aller voir dans l'héritage de Laurent. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Donc juste pour tous ceux qui se posent les mêmes questions, vous dites bien à partir du 1er janvier, compte tenu de toutes ces mesures qui ont été annoncées, ça devrait commencer à aller mieux. C'est ce que vous dites.

14:09
Invité politique

Si les renégociations se terminent le 31 décembre, je n'ai pas encore le texte législatif, je ne sais pas quand est-ce qu'il va être adopté. Si les renégociations... Vous ne le mère parle

14:17
Présentateur

d'un texte à l'octobre.

14:18
Invité politique

Si nous négocions le 31 décembre, à partir de début janvier, à partir de janvier, on devrait voir le niveau d'inflation baisser de manière significative.

14:29
Présentateur

Est-ce que vous considérez que si les industriels ne jouent pas le jeu, vous parliez d'industriels qui ne vous prennent pas au téléphone, est-ce qu'à un moment donné, il faut utiliser l'arme fiscale ? C'est-à-dire que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités pour faire en sorte que, vraiment, ils acceptent de baisser les prix et de jouer le jeu. Est-ce qu'à un moment donné, ça vous aide dans une négociation qu'il y ait cette menace-là ?

14:47
Invité politique

Comme vous le voyez, je ne fuis pas mes responsabilités en ce moment, il y en a une que je n'ai pas, c'est l'arme fiscale ou réglementaire, ce n'est pas ma responsabilité. Si le gouvernement l'utilise, il aura eu raison de l'utiliser pour ceux qui ne jouent pas le jeu. Est-ce que c'est faisable ? Je ne sais pas.

15:03
Présentateur

Un mot sur une demande que vous avez faite et qui, en l'État, n'a pas été suivie, ce qu'on appelle le moratoire sur la loi des crozailles. Alors, pour ceux qui nous regardent, c'est un peu complexe. La loi des crozailles, c'est une loi qui doit rentrer en vigueur au 1er mars 2024 et qui empêche les distributeurs de faire des promotions de plus de 34% sur tout ce qui concerne, je parle sur le contrôle de Gaëtan, hygiène et entretien, c'est-à-dire les couches, les cotons à démaquiller, la lessive, les produits que vous, on achète tous, tous les jours, que les familles, dont les familles ont besoin, ce n'est pas l'accessoire, c'est l'essentiel.

Vous demandiez ce moratoire, Bruno Le Maire, ce midi, il dit, moi, j'y suis favorable, je n'aimais pas cette loi des crozailles, mais c'est aux parlementaires de s'en saisir une façon, quand on fait de la politique, vous connaissez ce milieu-là, de renvoyer un petit pocet au calendre grec. Est-ce que ça, vous nous dites, ça va être un vrai frein pour que les prix baissent s'il n'y a pas ce moratoire sur la loi des crozailles ?

15:53
Invité politique

Ça va être un frein évident. C'est la catégorie, la catégorie des produits d'hygiène, des produits de soins, la droguerie, qui est la plus promotionnelle. Ce sont des produits d'appel. Ce sont des produits d'appel. Et on va dire aux Français, le 1er mars, qui ont l'habitude d'avoir des promotions qui, quelquefois, vont jusqu'à 60, 70, 80% sur leur lessive, leur déodorant, leur protection féminine et les couches. C'est fini. On se réduit à 34%. Ça va avoir un effet. Alors même que les Français sont en train de se priver sur des produits essentiels, qui est vraiment anticonsommateur.

Enfin, c'est vraiment un texte qui, en soi, est anticonsommateur et qui, en plus, dans une période d'hyperinflation, est totalement inadaptée. Et la seule chose qu'on a demandé, vraiment, je ne me suis pas mis au-dessus de ma condition, je n'ai pas attaqué la séparation des pouvoirs.

16:40
Présentateur

J'ai juste utilisé... Oui, parce que certains, je cite de mémoire Roland Lescure, disent, en gros, Alexandre Bompard, il faut qu'il s'occupe de ce qu'il regarde et il n'est pas parlementaire. Alors, ce qui me regarde, c'est la consommation des Français.

16:50
Invité politique

Il y a deux contre-vérités qui sont dites sur ce sujet-là. Le premier, c'est que ça n'a pas d'effet sur les agriculteurs. Il n'y a aucun agriculteur français qui fabrique de la lessive, qui fabrique du dentifrice. Ce n'est pas l'agriculteur. Il n'y en a aucun. Donc, quand vous réduisez les promotions, vous ne favorisez pas le revenu des agriculteurs. Au contraire, comme les ménages ont un budget contraint et qu'on va devoir abaisser le niveau des promotions sur les produits d'hygiène, ils vont le répercuter sur les fruits et légumes, etc.

17:19
Présentateur

Si je résume ce que vous dites, on nous vend une loi pour protéger... Les agriculteurs ont été protégés par le gouvernement. Pour protéger le petit producteur de lait, alors qu'en fait, en faisant ça, on aide Procter & Gamble qui fait des couches pampères. Je traduis.

17:29
Invité politique

Exactement. Le gouvernement et le Parlement s'est occupé des agriculteurs à travers EGALIM1 et 2 en sanctuarisant le prix des revenus agricoles et il a bien fait. Là, c'est les produits d'hygiène et de santé. Et puis, la deuxième chose, c'est que comme citoyen, on n'est pas à Cuba, j'ai le droit de dire qu'une loi n'est pas bonne et comme chef d'entreprise et comme président d'une fédération qui regroupe un million d'emplois, j'ai le droit de faire des propositions, j'ai le droit d'écrire aux parlementaires et j'ai le droit de leur dire...

17:55
Présentateur

Vous avez eu des réponses ? Parce qu'en l'occurrence, si c'est eux qui doivent décider maintenant...

17:58
Invité politique

Et j'ai le droit de leur dire écoutez, on se trompe tous, moi le premier. Mais franchement, ce texte que vous avez adopté, il va arriver dans un moment qui est catastrophique. On a juste demandé, vous allez voir que ce n'est pas une demande folle, un moratoire d'un an. Appliquons-la en 2025. Si vraiment, on est convaincu qu'elle est bonne, appliquons-la en 2025 et laissons tranquilles les Français en 2024. Laissez-nous faire notre métier en 2024 pour les consommateurs.

18:21
Présentateur

Parmi les autres mesures annoncées par Bruno Le Maire en fin de semaine, il y a ces 5 000 références dont le prix va baisser ou bien, en tout cas, n'augmentera plus. Il y aura des contrôles de la Direction Générale de la répression et des fraudes. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur ces 5 000 produits ? C'est quoi ? Ces 5 000 produits par groupe de distribution ou ces 5 000 au global et ça concerne quoi ? C'est de l'hygiène, de l'entretien, de la viande, du poisson ?

18:50
Invité politique

Alors je vais prendre l'opération Carrefour. L'opération Carrefour, c'est 1100 produits dont le prix baisse. Et il y a une majorité de produits alimentaires sous marque nationale ou sous marque propre. Donc vous y trouvez vos grandes marques alimentaires qui ont joué le jeu. Il y a un certain nombre d'acteurs qui ont joué le jeu. Lesquelles par exemple ? Les grandes marques italiennes de pâtes.

19:13
Présentateur

Pour les dire, Barilla,

19:14
Invité politique

Ponzani. Vous allez trouver une moutarde d'amora qui va repasser sous 2 euros.

19:19
Présentateur

Alors qu'elle avait

19:19
Invité politique

beaucoup augmenté. Alors qu'elle avait beaucoup augmenté. Vous allez trouver du papier toilette qui baisse de 10%. Donc on a en moyenne une baisse de 10% sur 1100 produits. C'est tout de suite.

19:31
Présentateur

C'est-à-dire que là, la personne qui va tout à l'heure faire ses courses dans un Carrefour, s'il est ouvert le dimanche ou demain, Tout de suite.

19:35
Invité politique

Il voit 1100 produits qui entre le 1er juin plus les 500 produits qu'on a ajoutés là, ça fait 1100. Jusqu'au 31 décembre. En moyenne, il baisse exactement de 10%. Et on va le faire, le ministre l'évoquait aussi, jusqu'au 31 décembre. Donc ça, c'est vraiment ce qui va se passer. Ça, ça sera en 100, c'est pour Carrefour. Et donc le 5000, il est l'addition des dispositifs de tout le monde.

19:57
Présentateur

Une question sur les prix. Vous ne cessez de dire que vous faites beaucoup d'efforts. Vous venez d'évoquer ces 1100 produits concernés par les 5000 annoncés par Bruno Le Maire. On peut parler de vos concurrents. Je voyais encore une publicité de Lidl qui expliquait que ces prix étaient 12,8% inférieurs aux vôtres. Leclerc aussi, se vendre d'avoir des prix plus compétitifs que ceux de Carrefour. C'est bien la preuve qu'il y a un peu de marge, que vous pourriez encore les faire baisser un petit peu ?

20:21
Invité politique

D'abord, dans notre métier, quand on fait un comparateur de prix, moi j'ai arrêté d'en faire parce que je crois que le client a compris ça. Quand on fait un comparateur de prix, on prend une méthodologie qui nous arrange. Si je prends celle de Lidl, il a pris 200 produits, on en vend 20 000 et il s'est comparé à des produits incomparables. Donc, mais qu'importe. Qu'est-ce que ça signifie de plus intéressant ? Qu'est-ce que ça signifie de plus intéressant pour le client ? Le client, il comprend quoi ? Qu'il y a une bataille des prix, il y a une guerre des prix. C'est la raison pour laquelle toutes les idées qui sont les distributeurs ne passent pas les prix, etc. Elles sont fausses.

Il y a une compétition permanente entre nous tous, compétition très intense pour acquérir, attirer de nouveaux clients. Pourquoi est-ce qu'on va mieux nous, par exemple ? Parce qu'on gagne des parts de marché, parce qu'on a conquis 500 000 nouveaux clients au premier semestre, parce qu'on a une dynamique commerciale d'ensemble qui est très forte. Et donc, on investit en permanence dans le prix pour être le plus attractif possible pour nos clients.

21:12
Présentateur

Donc, vous dites, malgré tout, on fait au maximum, on ne pourrait pas aller plus loin.

21:17
Invité politique

Quand vous gagnez autant de clients et quand vous gagnez des parts de marché en volume et en valeur, ça veut dire que vous avez une équation commerciale qu'aiment bien les clients.

21:24
Présentateur

Les clients, on a l'impression qu'on les prend aussi parfois pour des imbéciles. Ce procédé marketing, la shrinklation, qui vient du mot anglais les contractions shrink réduire et d'inflation. En gros, pour expliquer à nos téléspectateurs, le grammage diminue, mais le prix, lui, il augmente. Résultat, quand on fait un comparatif au prix au kilo, eh bien là, on a une explosion des prix. On prend vraiment les Français pour des imbéciles.

21:50
Invité politique

Là, on est un peu dans le comble du cynisme. Il y a un certain nombre de marques, puisque vous citiez celles qui font bien et celles qui font mal. Quand vous avez les chips Lay's de Pepsi qui ont augmenté de 30 % avec un grammage qui a baissé 10 %. pour ceux qui nous regardent,

22:05
Présentateur

on achète un paquet de chips, on paye.

22:06
Invité politique

Ça fait y réduit et vous payez plus cher. Donc c'est la double peine. Vous achetez des glaces d'Unilever que vous aimez bien comme Magnum ou Carte d'Or, vous avez baissé de 200 ml le contenant et vous avez le prix qui a augmenté de 20 %. Fin du, c'est pareil pour les pommes de terre, etc.

22:20
Présentateur

Mais c'est légal. Il faut le dire, c'est légal. On prend les Français pour des imbéciles, mais c'est légal. Oui,

22:26
Invité politique

mais il faut que ça s'arrête vite. Vraiment, parce que ça, je pense que c'est le comble de l'insupportable pour le consommateur. Vraiment insupportable. Il faut que ça s'arrête. Et le fait de l'avoir dénoncé, mon collègue Thierry Cotillard l'a fait, le ministre l'a repris, vous l'avez évoqué dans vos studios, c'est très bien. Je pense que cette pratique qui s'est développée ces derniers mois va un peu diminuer d'intensité parce que franchement, on a vu des choses assez incroyables.

22:46
Présentateur

Et alors, parce que très concrètement, effectivement, Bruno Le Maire l'a annoncé comme une mesure en disant qu'il y ait plus de transparence, il y aura des contrôles. Est-ce que ça suffit ou est-ce qu'il faut, je ne sais pas, passer par la loi pour s'assurer que ce type de pratique-là cesse ? Parce que vous le dites, elle floue les Français et les consommateurs.

23:01
Invité politique

Moi, je ne suis pas totalement certain que ce soit du niveau législatif. Les contrôles, c'est très bien. Nous, on va faire un autre rôle de négociation. Maintenant qu'on peut renégocier, donc on va renégocier et être très vigilant sur ce sujet-là également.

23:14
Présentateur

Pardon de vous poser la question. Il y a la responsabilité du législateur, de l'État, du ministre de l'Économie. Est-ce que vous, en tant que distributeur, vous ne pourriez pas décider de déréférencer les produits et les marques qui pratiquent cette shrinkflation en disant on est responsable pour nos clients, on sait qu'ils se font avoir en achetant le paquet de chips Lays où ils payent plus cher et il y en a moins, donc on va décider de le retirer ?

23:34
Invité politique

C'est une des raisons pour lesquelles nous avons demandé au ministre de pouvoir anticiper les renégociations et il l'a accepté. Parce que jusqu'alors, nous n'étions pas en position de négociation. à partir du 1er octobre, on va renégocier y compris sur ces sujets.

23:48
Présentateur

Pour ceux qui nous regardent, parce que je pense que c'est un sujet qu'on aborde beaucoup et qui est parfois un petit peu abscon, pas totalement compris, la question des négociations entre les distributeurs et les industriels. Ça veut dire que concrètement, le 15 octobre, au plus tard, vous allez vous mettre dans une pièce avec les géants industriels et c'est vous ou c'est vos collaborateurs. Vous avez raison de dire les géants parce que ça sera les 75 principaux d'entre eux. C'est ça, c'est des firmes qui sont d'ailleurs des groupes mondiaux

24:10
Invité politique

qui ont leur siège

24:13
Présentateur

à Cincinnati, aux Etats-Unis. Comment ça va se passer ? Et si on est une petite souris dans la pièce, concrètement, vous arrivez avec votre liste de produits, vous dites alors voilà, là-dessus, on a constaté que ton cours du blé ou de la moutarde...

24:27
Invité politique

C'est exactement comme ça que ça se passe. Vous regardez le cours de matière première, vous regardez les cours des contenants, le verre, etc. Vous regardez les coûts de distribution de chacun et vous négociez jusqu'alors, comme c'était censé être un gentleman agreement dans les derniers mois, les industriels étaient en position de dire mais moi, je n'ai aucune raison de négocier puisque la négociation n'a lieu qu'une fois par an en mars et qu'on m'a juste dit que ça serait bien de négocier. Donc 50 d'entre eux nous ont dit qu'on ne renégocie même pas. S'il y a la loi, et je suis sûr qu'il y aura la loi, je connais Bruno Le Maire, on va pouvoir négocier.

24:58
Présentateur

Alexandre Repart, est-ce qu'il faut en terminer avec cette spécificité française justement d'une seule négociation par an ? Est-ce qu'il faut faire comme dans tous les autres pays et négocier au fil de l'eau ?

25:08
Invité politique

Vous avez totalement raison. Nous, on a un petit avantage. Nous sommes présents dans une quarantaine de pays. Le seul pays où ça se passe si mal, le seul pays où la relation avec les industriels est aussi dégradée, le seul pays où la situation est si paroxystique, c'est la France et c'est le seul pays où il y a une négociation annuelle.

25:27
Présentateur

C'est un excès d'étatisme ou de manque de liberté dans les échanges économiques. Il y a un espèce

25:33
Invité politique

de mythe de cette négociation annuelle. Qu'est-ce qui se passe dans les autres pays où nous sommes présents ? On a déjà renégocié les baisses de cours de matières premières puisqu'on négocie tout au long de l'année. Dans tous les autres pays, nous renégocions en permanence, c'est-à-dire qu'on s'ajuste en permanence sur les prix et ça se passe très bien. On a une relation beaucoup plus fluide et j'espère en effet, parce que le ministre a annoncé une mission parlementaire sur ce sujet, j'espère en effet qu'on sera entendus sur le fait de fluidifier.

On est dans une période où il va y avoir des aléas climatiques de manière croissante, où il y a des crises d'approvisionnement, où il y a des éléments géopolitiques. Les cours fluctuent tout le temps, il faut donc renégocier tout le temps.

26:11
Présentateur

Vous me trouvez là, vous me faites la transition par rapport à ma question suivante. Il y a ces renégociations, un espoir qu'à partir de janvier, ça se passe mieux. Je vous demande presque de faire une forme de prospective, mais vous êtes un grand groupe et donc j'imagine qu'il y a plein de gens qui travaillent là-dessus. Comment est-ce que vous voyez les mois qui vont venir ? Est-ce qu'il faut que les Français s'habituent, même si ça ira mieux en janvier, à de toute façon une inflation qui restera très forte dans les années à venir pour toutes les raisons que vous avez évoquées ?

Est-ce que vous dites aux Français il ne faut pas se raconter d'histoire, on ne reviendra jamais à des prix normaux, entre guillemets ? Donc, ça veut dire qu'il faut que vous vous prépariez à vous serrer la ceinture de toute façon à long terme et sans espoir que ça aille vraiment mieux. Comment est-ce que vous voyez ? C'est toujours très difficile

26:49
Invité politique

la prévision, mais il me semble qu'il y a un certain nombre d'éléments qui aboutissent à ce que l'inflation alimentaire au cours des cinq prochaines années soit plus élevée que ce qu'elle a été lors des quatre dernières décennies. Pendant les quatre dernières décennies, l'inflation alimentaire était entre zéro et plus sain. Aujourd'hui, il y a un certain nombre d'éléments. La mondialisation fonctionne moins bien. La crise climatique a des effets croissants. Il y a des éléments de nature géopolitique qui pèsent également. Il y a des crises d'approvisionnement, etc. Donc, il y a la transformation climatique à opérer dans chacun des groupes.

Si vous prenez tous ces éléments, il me semble qu'on devrait avoir une inflation alimentaire et d'ailleurs une inflation tout court plus élevée qu'au cours des dernières années.

27:31
Présentateur

C'est-à-dire, encore une fois, ce sont des chiffres et ce n'est pas forcément très concret pour ceux qui nous regardent, mais là, au mois d'août, on est à 4,8 par rapport à l'année prochaine. Ça, c'est l'inflation générale. Mais l'inflation alimentaire est à 12. Sur les prix, on est à plus à 12, absolument. Il faut espérer quoi ? Que ce soit qu'on peut passer sous la barre des 10 ou est-ce qu'on restera sur…

27:46
Invité politique

Moi, je suis convaincu qu'au premier trimestre de l'année, on sera largement au-dessous de 10. J'espère qu'on sera plus près de 5 et j'espère un peu au-dessous. Mais on ne sera pas à zéro. On ne reviendra pas à ce schéma. Le temps d'avance est fini. Le temps de l'inflation alimentaire à zéro, je le crois. Je pense qu'il est derrière nous.

28:03
Présentateur

Il y a un sentiment de déclassement social qui a pris chez un certain nombre de Français aujourd'hui. Est-ce qu'on n'en est pas, là aussi, à remettre en question, finalement, l'abondance alimentaire ? Vous savez, cet hiver, le président de la République avait dit « C'en est terminé de l'abondance énergétique. On ne pourra plus consommer l'énergie comme on l'a fait. » Est-ce que c'est la même chose pour l'alimentaire ? Est-ce qu'aujourd'hui, effectivement, on ne pourra plus consommer comme on a consommé auparavant ?

28:34
Invité politique

J'ai bien peur qu'on soit un peu au-delà de ça. Quand on écoute Laurent tout à l'heure, ce n'est pas l'abondance en son sujet. Il ne se dit pas « Tiens, je vais… » Il se dit « Comment je fais pour donner des fruits et légumes, du poisson et de la viande à mes enfants ? » On est dans ce moment-là. Quand on aura passé la période d'hyperinflation qui paraît tellement longue à ces personnes-là, on pourra regarder quel est le modèle alimentaire de demain. Vous savez que c'est notre raison d'être à nous. On a fixé une raison d'être, la transition alimentaire pour tous, c'est-à-dire avoir une production, une consommation raisonnée et le plus responsable possible pour la planète.

Mais aujourd'hui, ce que se disent les Français, ce n'est pas la fin de l'abondance. Ils se disent « Mais comment est-ce que je reviens dans une situation où j'offre l'essentiel à mes enfants et à moi-même ? » C'est ça le sujet, je crois. Et donc, dans les prochaines semaines et les prochains mois, il faut qu'on soit concentré là-dessus. Sur peut-être quelque chose

29:26
Présentateur

que vous pouvez constater dans les magasins, l'idée de la fin du mois. Les témoignages qu'on a beaucoup aussi de Français, c'est qu'ils disent, chez les auditeurs d'RMC, sur BFM TV, que la fin du mois, ce n'est plus la fin du mois. C'est le 10. C'est le 10. Est-ce que ça, c'est quelque chose que vous voyez, c'est-à-dire dans les tendances de consommation, qu'en fait, très tôt dans le mois, les gens arrêtent d'acheter l'essentiel ?

29:44
Invité politique

On le voit de manière absolue. La fin du mois, ce n'est pas du tout le 31. À partir du 12-15, vous voyez les tendances de consommation qui baissent. Et c'est la traduction, évidemment, du fait que les Français sont empêchés, ou un certain nombre d'entre eux, dans les classes populaires, sont empêchés de consommer de manière acceptable dans les derniers jours du mois.

30:06
Présentateur

Vous parlez des classes populaires, mais ça concerne aussi les classes moyennes aujourd'hui.

30:11
Invité politique

Au fond, les classes populaires ne peuvent plus consommer un certain nombre de produits. Les classes moyennes consomment moins de produits de qualité. C'est ça qui se passe. Vous voyez, les classes populaires, c'est vraiment je ne peux plus consommer tout court. Les classes moyennes, c'est je ne peux plus consommer un certain nombre de produits que je consommais jusqu'alors et qui sont la qualité alimentaire ou le produit plaisir que vous évoquiez tout à l'heure. D'où le sentiment de déclassement social. D'où le sentiment qui l'accompagne.

30:37
Présentateur

Je voulais vous soumettre, parce que c'est quelque chose qui revient beaucoup notamment sur ces plateaux, les propositions des politiques pour lutter contre l'inflation. Et alors là, systématiquement, depuis six mois, vous avez la France Insoumise qui dit qu'il y a une mesure magique, il faut bloquer les prix d'une centaine de produits de première nécessité. Et vous avez le Rassemblement National qui dit non, non, non, il ne faut pas bloquer les prix, il faut faire la TVA à 0% sur ces produits-là. Que dit le patron de Carrefour de ce type de solutions ? Est-ce qu'elles sont réalistes ? Écoutez, le blocage des prix,

31:03
Invité politique

il est testé depuis assez longtemps au Venezuela. Qu'est-ce que ça fait, un blocage des prix ? Quand vous fixez le prix et que le producteur ou l'entreprise qui produit a des coûts de production supérieurs au prix de vente, il arrête de produire. Donc vous avez immédiatement une pénurie. Vous la compensez comment ? En important très cher des produits et en ayant une pénurie alimentaire totale.

31:25
Présentateur

Donc blocage des prix égale pénurie, ça c'est le message pour Jean-Luc Mélenchon.

31:29
Invité politique

Franchement, je le crois. Je voudrais pouvoir élaborer plus là-dessus.

31:34
Présentateur

Alors même que vous avez vu, c'est un clin d'œil, mais cette semaine, ce que vous avez dit sur le tsunami de déconsommation a été repris par la France Insoumise en disant, même un patron du CAC 40, Alexandre Bompard, dit le vrai. C'est dire. Ça, vous n'aviez pas prévu dans votre plan de carrière d'être repris par le patron de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

31:47
Invité politique

Totalement, en effet. Mais donc vraiment, je crois que le blocage des prix généralisés, alors on peut le faire sur des produits, d'ailleurs c'est ce qu'on fait, mais le blocage des prix généralisés, je crois que ce sera une très mauvaise mesure. La TVA à zéro, moi je suis aussi conscient des difficultés de l'État. On peut tous demander des chèques de la TVA à zéro, etc. Mais je ne suis pas totalement sûr que ce soit la mesure qu'il faille prendre aujourd'hui. Donc je crois qu'il faut qu'on laisse les mécanismes économiques fonctionner, la négociation en permanence entre les acteurs, ça, ça peut nous permettre très vite d'abaisser le niveau de l'inflation.

32:19
Présentateur

La rentrée est difficile pour un certain nombre de Français, on l'a vu, l'inflation alimentaire, mais il y a aussi le carburant. Le carburant, on en a parlé toute l'année 2022, même en 2023. Et à nouveau, en cette rentrée, on voit les prix du carburant qui progresse. C'est très compliqué pour tous ceux qui habitent en Provence et qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler. Est-ce que, comme certains de vos concurrents, vous allez mettre en place des mesures pour venir en aide aux automobilistes ?

32:48
Invité politique

Oui, d'abord un mot. L'essence, vous avez raison, la rentrée scolaire est très chère aussi. Les fournitures scolaires, elle est en hausse de 10% à peu près. Mais sur l'essence, en effet, le prix du cours de baril est reparti à la hausse. La parité euro-dollar n'est pas bonne. Et donc, en effet, on est plus près des 1,95, 2 euros que là où nous étions au début du mois de mai. Donc, à nouveau, il y a une tension très forte.

33:12
Présentateur

Et votre concurrent Leclerc se vante de faire des opérations à prix coûtant ?

33:15
Invité politique

En réalité, les uns et les autres, alors on le commercialise de manière différente, en réalité, on est à des opérations à prix coûtant. C'est un produit sur lequel, comme c'est un produit d'appel, c'est un produit sur lequel on fait quasiment zéro marge, voire pas de marge du tout. Donc, on va continuer,

33:28
Présentateur

nous aussi, à le faire. Une toute dernière question, Alexandre Bompard. Vous êtes à la tête d'un groupe, Carrefour, qui se porte bien. Vos résultats au premier semestre 2023 sont très solides avec un chiffre d'affaires en hausse de plus de 8 %, c'est ça ? C'est ça. Ça veut dire que, malgré l'inflation, malgré la déconsommation, vous n'êtes pas en difficulté, les résultats sont bons ?

33:46
Invité politique

Oui, mais ça n'a rien à voir avec l'inflation. D'abord, un élément, l'inflation étant la même pour tout le monde, j'ai un certain nombre de concurrents, vous le savez, qui sont en immense difficulté. L'inflation, à 15%, c'est mauvais pour tout le monde parce que vos coûts explosent. Pourquoi on va bien ? Et je crois que tous les experts s'accordent à le dire, parce qu'on s'est formidablement bien transformé les cinq dernières années, parce qu'on a fait une transformation de notre offre commerciale, de nos organisations, on a fait des plans d'économie massifs, les salariés ont été exemplaires d'engagement et on a retrouvé de la dynamique.

On gagne des parts de marché, on gagne des nouveaux clients. Et moi, je ne vais pas m'en excuser. C'est une bonne nouvelle. C'est une bonne nouvelle.

34:21
Présentateur

Certains pourraient dire plus 8% de chiffre d'affaires, donc il faudrait qu'ils fassent encore plus d'efforts sur les prix.

34:26
Invité politique

Je ne peux pas m'excuser du fait que Carrefour va mieux et je pense que c'est une bonne nouvelle. Pas seulement pour les salariés de Carrefour, c'est une bonne nouvelle pour le pays quand un groupe comme ça va mieux. On était en difficulté, on va mieux, on se transforme. C'est le résultat des extraordinaires efforts faits par l'entreprise et puis de la dynamique qui est la nôtre aujourd'hui.

34:42
Présentateur

Vous allez donc augmenter les salaires, continuer à augmenter les salaires. Il y a un débat sur une conférence sociale pour les bas salaires, ce qu'on appelle les minima sociaux en dessous du SMIC. La grande distribution joue plutôt le jeu donc elle n'est pas concernée par cette question des minima sociaux en dessous du SMIC. Mais est-ce que pour autant vous allez faire un effort sur la question des salaires compte tenu de ces bons résultats ?

35:00
Invité politique

Alors depuis le début de l'inflation, on a beaucoup augmenté nos salaires. Cette année, ils vont augmenter de 5,75%. Ça a déjà été négocié, c'est un accord qu'on a eu avec les partenaires sociaux. L'inflation étant à 4,5%, on est à 5,75%. Donc on est au-dessus. Et puis parallèlement à ça, comment on va mieux ? Nos primes d'intéressement et de participation sont à 1 000 euros. Elles ont doublé. On a des remises sur achat à nos collaborateurs qu'on a pu augmenter. Bref, on a un modèle social qui fonctionne bien. Quel est le résultat du dialogue social que j'ai avec les partenaires sociaux ?

35:29
Présentateur

Merci beaucoup Gaëtan Mélin d'avoir été avec nous. Merci beaucoup Alexandre Bombard.