François-Xavier Bellamy, député européen, et Patrick Dutartre, général de l'Armée de l'Air - 13/07
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
BFM TV, BFM politique, Guillaume Daray. Vous êtes bien dans BFM politique à quelques heures seulement du grand discours aux armées d'Emmanuel Macron. Discours qui doit annoncer une évolution, une refondation même justement du modèle de notre armée, de son financement face aux menaces qui pèsent sur la France et sur l'Europe. Notre invité, notre premier invité, François-Xavier Bellamy, député européen, merci d'être avec nous. Vice-président aussi des Républicains, avec moi pour vous interroger, Amandine Attalaya. Bonjour, éditeur et liste politique BFM TV. Et Bruno Jeudy, directeur délégué de la Tribune. Bonjour Guillaume, bonjour François-Xavier Bellamy.
Il est à nos côtés, on va vous interroger justement parce que vous êtes député européen. On disait que ces menaces planent aussi sur l'Europe. Emmanuel Macron va donc prononcer un discours très important ce soir à l'hôtel de Brienne, au ministère des Armées. Ça intervient quelques heures, seulement après quelques jours, après la prise de parole du chef d'état-major des Armées. C'est extrêmement rare. Ça a permis de remettre en perspective justement les enjeux pour l'armée française, mais aussi les menaces qui plaisent aujourd'hui sur notre pays ainsi que sur l'ensemble de l'Europe.
On nous annonce justement des choses et des mesures extrêmement fortes, des mesures majeures de la part du chef de l'État. On évoque notamment une hausse du budget des armées. Est-ce que vous soutiendrez cette hausse du budget des armées ? Est-ce que vous soutiendrez les mesures que le chef de l'État mettra sur la table ?
Oui, bien sûr. Nous soutiendrons tout ce qui permettra de donner à nos forces armées les moyens de leur mission. Aujourd'hui, grâce à nos soldats qui sont engagés pour, dans toutes les armes, défendre notre pays, nous avons la chance de pouvoir compter sur une des rares armées en Europe qui soient capables de se projeter dans le monde pour défendre la sécurité de notre pays qui peut être engagée parfois bien loin de nos frontières. Mais le fait est que cette armée, elle reste au regard de la réalité du retour des menaces de haute intensité. Elle reste trop peu dimensionnée.
Et nous avions déjà évoqué avec notre famille politique au moment des débats sur la loi de programmation militaire la nécessité de remonter en puissance. Pendant longtemps, les Européens et les Français aussi ont cru qu'ils pouvaient toucher ce qu'on appelait les dividendes de la paix. ont cru que le recul des menaces qui pouvaient peser sur nous permettrait de moins investir dans notre sécurité, dans notre défense. Aujourd'hui, il faut regarder lucidement la réalité d'un monde qui devient plus dangereux que jamais et se préparer à faire face à la réalité de ces menaces dans leur nouvelle configuration.
Est-ce que vous y prenez votre part au sens large, votre famille politique finalement, à ce constat ? Et on le disait au fait qu'on a peut-être malheureusement réduit les moyens de l'armée ces 10, 15, 20 dernières années. Sébastien Lecornu, on reviendra sur ses propos sur son interview aujourd'hui dans la Tribune dimanche, évoque notamment le fait que dans les années 2000-2010, il y a 20 régiments supprimés, 10 bases aériennes fermées, 55 000 postes supprimées. Je ne vous cible pas vous directement, mais c'est une époque dans les années 2000-2010 où votre famille politique a été en partie au pouvoir. Est-ce que ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'on s'est trompé sur les enjeux à l'époque géopolitique et on s'est dit que l'armée ne sert pas à grand-chose ?
Ça a été un mouvement dans tout le monde occidental. Et la France est le pays qui a sans doute le moins participé en Europe. Toute l'Europe a cru qu'après la chute du mur de Berlin, on arrivait à ce que Francis Fukuyama avait appelé à l'époque la fin de l'histoire, c'est-à-dire le fait que les tragédies, les conflits passés allaient petit à petit s'effacer au profit de l'universalisation, de la mondialisation libérale. Et qu'on allait maintenant faire du commerce entre les grandes régions du monde, ce qui éviterait de se faire la guerre à tout jamais. Eh bien, nous vivons aujourd'hui la fin de la fin de l'histoire.
Et autre temps, autre constat, il faut maintenant qu'on s'équipe pour l'avenir. On peut regarder le passé comme on voudra, mais ce qui compte maintenant, c'est de se tourner vers demain. Et notre famille politique, elle est en première ligne aujourd'hui pour réussir à réarmer le continent européen tout entier, parce que c'est un enjeu global. Nous ne croyons pas demain du tout qu'il puisse y avoir une armée européenne. Ce sont nos armées nationales qui portent la responsabilité de la sécurité de nos pays. Mais nous devons, en Europe, garantir que la sécurité de notre continent soit mieux engagée, mieux assurée par les Européens eux-mêmes.
Aujourd'hui, c'est un constat que nous avons souvent partagé, les Européens sont massivement dépendants des États-Unis pour leur défense. L'an dernier, les Européens ont acheté 79% de leurs armements hors d'Europe. Dont 63% aux États-Unis. Eh bien, le défi pour nous, c'est de renverser cette logique. Et avec le programme pour l'industrie européenne de défense, dont j'étais le rapporteur, que notre famille politique a porté, en particulier avec Raphaël Glucksmann, on a mené un combat français sur cette question déterminante, pour faire en sorte que précisément, nous puissions de nouveau imposer aux Européens une trajectoire d'autonomie.
Désormais, ce programme pour l'industrie défense, il financera des équipements s'ils sont produits pour au moins 70% de leurs composants en Europe, avec un design, une conception européenne, et avec une absence totale de contraintes juridiques extra-européennes. Quand les Américains vous vendent une arme, ils la vendent avec une licence qui s'appelle ITAR, qui fait que si vous voulez l'utiliser, même quand vous l'avez payé, vous devez demander l'autorisation du gouvernement américain. Eh bien, nous disons que cette dépendance-là, nous devons en sortir aujourd'hui.
Pas parce que les Américains ne seraient plus nos alliés, ils doivent, je le crois, rester nos amis, mais parce que nous ne devons plus être leurs vassaux, ils ne doivent plus être nos sujets.
Alors, dans un instant, on reviendra justement sur la façon dont on peut éviter d'être des nains diplomatiques et militaires, justement, en Europe face aux Américains. Mais d'abord, évoquons effectivement l'armée française, puisque vous le dites, ce sont les armées nationales qui vont continuer de dominer, finalement, en Europe, même si on travaillera davantage ensemble. Donc, concrètement, comment on augmente nos moyens, comment on augmente nos budgets ? Je disais dans la tribune dimanche, grande interview de Sébastien Lecornu, ministre des Armées, qui met des propositions sur la table.
Oui, tout à fait, qui dit, Sébastien Lecornu, qu'il n'y aura pas de rétablissement du service militaire, mais qu'il y aura une réserve professionnelle et spécialisée dans certaines compétences pour venir épauler l'armée de métiers. Bonne idée, c'est utile selon vous, ça sert à quoi ?
Bien sûr, moi, je soutiens totalement cette proposition du ministre des Armées. Je crois que la réserve, qui existe déjà aujourd'hui, est le meilleur levier pour garantir une montée en puissance de nos forces armées. Le service national, c'est un modèle d'armée que nous avons quitté. Nous sommes rentrés dans une armée professionnelle, mais cette armée, elle reçoit déjà aujourd'hui le concours de citoyens français. Et je pense à ceux qui, aujourd'hui, au moment où nous allons célébrer la fête nationale, sont engagés dans des préparations militaires pour venir se former et être disponibles pour soutenir nos forces armées dans tous les domaines.
Un mot juste sur le service militaire, pour vous, c'est parce que l'armée est aujourd'hui professionnelle que c'est une mauvaise idée d'y revenir et puis parce que ça coûterait trop cher, c'est ça ? Parce que certains Français se disent, à notre époque, où on perd aussi parfois le sens de l'autorité, ça pourrait aider les jeunes à repartir sur la bonne voie. Pas pour vous ?
Je crois que le service national est aujourd'hui l'objet d'une grande ambiguïté. Et ceux qui disent le plus le regretté en parlent non pas pour des motifs de défense nationale, mais parce que le service national est devenu l'emblème d'une société où on s'engageait pour son pays. Et c'est cet engagement-là que nous avons perdu, ce sens de l'autorité, vous l'avez dit, ce sens des repères communs. Mais il me semble qu'on ne peut pas demander à notre armée aujourd'hui de faire deux métiers à la fois. L'armée, son rôle, c'est de défendre la sécurité du pays et pas de remplacer l'éducation nationale. La crise de notre école, c'est précisément le sujet auquel il faut se consacrer.
Parce que c'est aussi un enjeu de sécurité pour demain. C'est aussi un enjeu de cohérence et d'unité pour le pays. Et ce qu'on voit, c'est que les menaces hybrides auxquelles nous sommes confrontés exploitent toujours les failles de l'unité de la nation. Donc il faut reconstruire cette unité. Mais ça, ça suppose de reconstruire l'école. Et chacun a son métier. Et on ne peut pas demander à l'armée, en six mois, de faire ce que l'école a échoué à faire en 15 ans. Donc la crise de l'école aujourd'hui, c'est un enjeu majeur pour l'avenir de notre pays. Il faut le traiter en tant que tel. Mais ne pas demander à l'armée de venir réparer ce que l'école n'a pas su faire.
François-Xavier Bellamy, je voudrais revenir sur ce qui va être au cœur du discours du président de la République ce soir. Sébastien Lecornu fait un cadrage sur ce grand choix stratégique que la France doit faire. Et ce grand choix stratégique va coûter cher. C'est-à-dire qu'il y a une réévaluation de la loi de programmation militaire. Je fais simple. Sans doute dans des proportions importantes. Est-ce que vous soutiendrez le président de la République s'il annonce une réévaluation ? On parle peut-être d'une quarantaine de milliards assez rapidement pour pouvoir tenir à la fois nos engagements vis-à-vis de l'OTAN.
On sait que le budget doit augmenter dans des proportions importantes jusqu'à 3,5% du PIB. Aujourd'hui, c'est 2. Est-ce que vous soutiendrez des annonces
qui iraient dans ce sens ? Oui, nous soutiendrons ce travail-là. J'ai des désaccords profonds avec la trajectoire que le président de la République et ses gouvernements successifs ont imprimé au budget de la France au cours des dernières années. Et je crois que la dette française est devenue un enjeu majeur, y compris un enjeu de sécurité et un enjeu de souveraineté. Et donc, il faut absolument sortir de cette inflation de la dépense publique qui a asphyxié aujourd'hui la France. Mais dans cette dette, il y a la part des armées. Mais sur ce sujet-là, ce qui a créé aujourd'hui la faillite de notre budget, ça n'est pas l'État régalien en général.
Depuis des années, les dépenses consacrées aux missions régaliennes de l'État ont augmenté. n'ont cessé en proportion de se réduire.
Elles ont augmenté, comme toutes les dépenses publiques. Emmanuel Macron arrive en 2017, c'est 31 milliards. Aujourd'hui, au moment où nous parlons, c'est plus de 50 milliards, plus de 60 à l'horizon 2030.
Donc, ça a plutôt augmenté. Mais la proportion fait qu'aujourd'hui, la dépense qui a le plus augmenté et qui pèse le plus lourd dans le budget de l'État, de très loin, c'est la dépense sociale. On y viendra, parce qu'il y a aussi une question du budget. Le vrai défi pour nous, c'est de réussir à faire en sorte de réarmer l'État régalien, pas seulement les armées, mais la police, la sécurité, la justice. Vous savez très bien que c'est l'armée qui va être la part la plus importante dans cet État régalien. Et l'armée fait partie de cet investissement. Mais encore une fois, c'est tout l'État régalien qu'il faut réarmer.
Et pour ça, il faut réussir à affronter enfin les choix courageux qui nous attendent sur le plan de la dépense sociale. On va y venir. François-Xavier Bellamy,
Emmanuel Macron, c'est un bon chef des armées ?
Emmanuel Macron, c'est un bon chef des armées ? Je crois que dans sa responsabilité de chef des armées, il est absolument important que tout le monde reconnaisse sa légitimité. Je me borne à reconnaître que son mandat avait commencé en 2017 par le limogé du général de Villiers qui s'opposait à une nouvelle baisse dans le budget des armées. Et donc, dans son rôle de chef des armées, le moins qu'on puisse dire est que là aussi, malheureusement, en même temps, on aura parfois prévalu. Mais encore une fois, le moment n'est pas à la politique partisane. La seule chose qui compte, c'est que la France soit unie pour cette cause commune que doit être la sécurité du pays.
Je disais, le chef d'état-major des armées s'est exprimé vendredi, c'est extrêmement rare. Il met en avant le fait que d'après lui, la Russie a désigné la France comme son principal adversaire en Europe. Est-ce que ça vous semble justifié
ou est-ce que c'est démesuré ? Ce qui est certain, c'est qu'il faut que tous les Français comprennent et que tous nos dirigeants comprennent aussi que la menace aujourd'hui, elle est multifactorielle. Il est clair, et le général Burkart le dit aussi, que la Russie ne va pas envahir demain la France avec des chars et des avions. En revanche...
On est certain qu'il n'y aura pas... Il y a dix ans, on n'aurait pas dit qu'on serait dans la situation d'aujourd'hui. Vous êtes certain que dans dix, quinze ans, il n'y aura pas de conflit militaire sur le sol français ?
La géographie fait que le conflit ne passe pas nécessairement par une opposition territoriale. Mais le conflit, il existe de bien des manières différentes. Le conflit, il passe aujourd'hui par la guerre informationnelle. Il passe aujourd'hui par les déstabilisations concrètes auxquelles nos militaires ont eu à faire face. Sur le continent africain, par exemple, il passe par l'arme migratoire.
Et laisser aujourd'hui nos pays vulnérables face à l'immigration illégale, c'est en réalité laisser des pays comme la Russie, comme la Biélorussie, mais aussi comme la Turquie, comme la Chine, utiliser la porosité de nos frontières pour alimenter des menaces de sécurité et la déstabilisation de nos sociétés. Et ça, les pays d'Europe centrale l'ont bien compris. J'ai été à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Aujourd'hui, la Pologne, comme d'autres pays européens, ont construit des murs pour défendre leur territoire face à l'immigration illégale parce qu'ils savent que cette immigration irrégulière, elle est organisée par la Russie et la Biélorussie pour les déstabiliser.
C'est un outil de politique étrangère. Et donc, il faut qu'on prenne conscience que la sécurité, ce n'est pas seulement la question de la défense.
Est-ce que nous faisons le poids aujourd'hui, nous, la France ou l'Europe, si nous arrivons à nous entendre, face à ces prédateurs, à ces hommes très durs que sont Poutine et Trump aujourd'hui, qui, eux, utilisent la force sans vergogne, là où nous, parfois, tardons à nous imposer dans des conflits ?
Le problème n'est pas que nous ne fassions pas le poids. Le problème, c'est la naïveté de politiques qui sont aujourd'hui encore menées et qui désarment nos pays face à la réalité de cette agressivité. Je pense à un exemple en particulier. On parle beaucoup aujourd'hui de la Nouvelle-Calédonie. Quand vous pensez que l'Azerbaïdjan a organisé, à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, en visioconférence, un colloque sur, je cite, la décolonisation des Outre-mer français. Mais c'est une attaque territoriale. C'est une attaque sur l'intégrité nationale. C'est une attaque sur la souveraineté de la France. C'est une attaque contre notre démocratie et la sécurité de nos processus démocratiques.
Est-ce que nous avons réagi ? Est-ce que la France a réagi ? Est-ce que l'Europe a sanctionné l'Azerbaïdjan ? Est-ce que la France a demandé à l'Europe de dénoncer le contrat gazier entre l'Azerbaïdjan et l'Europe ? La réponse est non. Aujourd'hui,
c'est la loi du plus fort, François-Xavier. Il y a 15 jours, à votre place, le patron de votre parti, Bruno Retailleau, nous disait qu'il soutenait finalement les frappes de Donald Trump en Iran, disant que finalement, oui, OK, il n'y avait pas eu d'autorisation internationale, mais que l'Iran avait été le premier, d'après lui, à violer le droit international. Est-ce que finalement, on est dans un monde où aujourd'hui, le droit international n'existe plus ? C'est le règne de la force, vous vous en félicitez ?
Non, vous savez, pardon de revenir à mon métier, je suis prof de philo, Pascal a dit cette chose qui est déterminante. Blaise Pascal dit qu'on ne peut pas faire que la justice soit toujours forte et donc il faut faire que la force soit juste. Et aujourd'hui, le rôle de l'Europe et le rôle de la France, c'est de reconstruire notre force, notre capacité d'action, d'intervention, pas seulement militaire, mais aussi sur le plan économique, commercial, diplomatique, pour garantir que demain, nous pourrons servir les causes justes qui nous attendent. Le vrai grand problème, c'est que...
On ne nous écoute plus, bien souvent.
Mais je le redis... Enfin, nous ne sommes pas
partie prenante dans le dossier russo-ukrainien pour la finalisation. En Iran, l'Europe n'a pas été partie prenante non plus. Donald Trump a fait ce qu'il voulait. Donc, notre voix ne porte plus.
Je le redis, le problème n'est pas que nous ne fassions pas le poids. Le problème, c'est que nous ne voulions plus. Il y a un problème aujourd'hui en Europe, un problème peut-être aujourd'hui en France qui n'est pas seulement de pouvoir, mais qui est de vouloir. Et la question est, est-ce que nous voulons encore agir ? Est-ce que nous voulons nous en donner les moyens ? Est-ce que nous voulons encore vouloir d'une certaine manière ? C'est la grande question qui est posée aux Européens aujourd'hui.
Et parfois, quand je vois la faiblesse de nos réactions, y compris quand nos intérêts vitaux sont en jeu, je me dis qu'effectivement, nous avons un grand travail à faire pour retrouver la lucidité nécessaire pour, dans ce monde de prédateurs, assumer d'avoir des intérêts à défendre, des intérêts, des principes, des valeurs qui ne doivent pas être réduites au silence par notre impuissance d'aujourd'hui.
François-Xavier Bellamy, Bruno le disait, peut-être 40 milliards d'euros supplémentaires pour le budget désarmé dans les années à venir. 40 milliards, c'est aussi ce que veut trouver comme économie François Bayrou qui va dévoiler mardi les grandes lignes du futur budget. On sait que l'une des lignes rouges, ça a toujours été le cas pour votre parti, les Républicains, ce sont les hausses d'impôts. François Bayrou, dites à ce sujet interrogé il y a quelques jours, je cite, il pourrait y avoir ici ou là des efforts. Est-ce qu'une hausse d'impôts pour les Républicains,
ce serait acceptable ? Non. La vérité, c'est que la France, aujourd'hui, est le pays où la pression fiscale est la plus élevée de tout l'OCDE. S'il suffisait d'augmenter les impôts pour sortir du déficit et de la dette, alors la France n'aurait ni déficit ni dette. La preuve est faite par notre pays depuis des années maintenant, malheureusement, que plus on augmente les impôts, plus on rentre dans cette spirale d'autodestruction qui conduit simultanément à creuser la dette, à animer nos entreprises, à asphyxier ceux qui travaillent, ceux qui produisent, ceux qui créent de la valeur.
Et donc, la vérité, c'est qu'on ne s'en sortira et on ne se sortira même de la crise de la dette que si on arrive à faire baisser la pression fiscale. Ça, ce sera l'enjeu du grand rendez-vous de 2027. Aujourd'hui, on sait très bien qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale suffisamment claire pour pouvoir faire les choix courageux qui nous attendent. Mais en attendant, ne pas augmenter la pression fiscale, ce serait évidemment absolument intenable.
Et si François Bayrou, malgré tout, décide d'augmenter les impôts, vous dites ce n'est pas acceptable, ce n'est pas acceptable donc au point que les ministres, les républicains quittent le gouvernement ?
Nous y travaillerons avec les parlementaires qui sont engagés aujourd'hui à l'Assemblée, au Sénat et qui déjà font valoir ces principes fondamentaux. Nous travaillons aussi à proposer des pistes d'économie très concrètes. Je pense à ma co-lectre qui a déposé au Sénat un rapport qui a déposé au Sénat. Non mais elle est claire la question. Si néanmoins
il y a des hausses d'impôts, est-ce que les ministres à l'air doivent quitter le gouvernement ?
Ce sera le choix de notre famille politique. Je ne vais pas me prononcer sur une question qui n'est pas encore posée.
Vous avez des responsabilités en cette famille politique donc vous pourrez vous prononcer.
Je ne prendrai pas à cette discussion. Votre souhait c'est quoi ? S'il y a hausses d'impôts ? Nous on a la chance d'avoir un fonctionnement collégial. S'il y a hausses d'impôts ? Je crois qu'on a toujours été très clair sur le fait que c'était pour nous une ligne rouge évidente. S'il y a certains sujets sur lesquels on baisse des impôts d'un côté pour faire porter la charge ailleurs.
Donc la réponse c'est assez évident que la cohérence veut dans ce cas-là que vous étiez un gouvernement qui fait l'inverse de ce qu'est votre philosophie économique.
Mais pour nous ce serait un problème majeur évidemment et je peux difficilement être plus clair que je ne le suis. Donc vous nous dites les républicains ne participeront pas à un gouvernement qui augmente les impôts ? Mais notre philosophie est exactement l'inverse. Je viens de vous le dire. Pour trouver de l'argent
il y a d'autres économies qui sont possibles et c'est vraiment là où il faut lire dimanche matin il y a tout
dans la tribune dimanche. Peut-être qu'on aura des réponses un peu plus clair M. Bellamy Je peux difficilement avoir été plus clair. Sur la table il y a des mesures très concrètes. Supprimer le calendrier des jours fériés. Vous êtes pour ou vous êtes contre ? Pardon. Supprimer certains jours fériés pour faire rentrer de l'argent dans les caisses. Comme le lundi de Pentecôte. Comme le lundi de Pentecôte. C'est une des propositions
qui est sur la table en tous les cas. Une chose qui me paraît essentielle ne jamais demander aux gens de travailler plus sans gagner plus. Parce qu'aujourd'hui si c'est pour travailler pour l'État travailler gratuitement pour que l'État remplisse ses caisses ça c'est injustifiable. Aujourd'hui il y a un grand problème en France. C'est que l'effort il est très inégalement réparti. Il y a des gens qui bossent et qui bossent dur et qui pourtant ont du mal à s'en sortir précisément parce que c'est toujours au même qu'on manque le plus débrouche. Autre proposition. Faire contribuer davantage les retraités les plus aisés. Vous êtes pour ou vous êtes quoi ?
Mais là encore je le redis on ne peut pas imaginer que ce soit en augmentant la pression fiscale d'une manière ou d'une autre qu'on va s'en sortir. Mais j'en ai plein. La première question Bruno jeudi c'est comment on fait pour baisser la dépense publique. Le sujet c'est pas comment les français vont devoirs.
Mais sur les économies ?
Oui mais vous commencez comme par hasard par demander toujours aux français de payer plus cher.
Mais il y a une autre idée il y a aussi le crédit d'impôt c'est-à-dire diminuer le crédit d'impôt diminuer le crédit d'impôt peut-être de 50% à 40% aujourd'hui et qu'il concerne moins de postes possibles par exemple les gardes d'enfants seraient sécurisés mais les jardiniers que sais-je aujourd'hui ne seraient plus remboursés
par crédit d'impôt. Ce ne sont pas des économies ce sont des augmentations d'impôt et la vraie question c'est comment est-ce que l'État baisse ses dépenses. pas comment est-ce qu'on prend plus d'argent aux français. Monsieur Bellamy
ce qu'on vous propose là ce sont des choses qui sont sur la table qui sont à rendement immédiat or le Premier ministre il a besoin de choses à rendement immédiat pour boucler son budget 2026. Mais encore une fois ce que vous proposez c'est éventuellement des économies certes il faut en faire mais qui rapporteront dans quelques années.
Non mais l'idée que l'on va éviter à l'État de creuser plus encore sa dette abyssale en prenant plus d'argent aux français cette idée est fausse. J'ai commencé par là et je le répète parce que plus on va augmenter la pression fiscale qui pèsera sur les français plus on va alimenter cette spirale qui décourage le travail qui décourage l'investissement qui décourage l'effort l'énergie La première mesure pour vous pour faire des économies
c'est quoi ? Votre mesure demain ?
Mais il y en a plein je le redis Une mesure très concrète qui concerne la vie déposée au Sénat une mesure pour faire faire des économies massives dont la multiplication des agences de l'État Depuis des années l'État a multiplié des agences On trouve 40 milliards là non ? On trouve 40 milliards là non ?
Des milliards d'euros d'économies potentielles qui non seulement permettent de faire baisser la dépense publique mais qui en plus contribuent à libérer le pays parce que n'importe quel chef d'entreprise responsable d'associations élus locales vous dira qu'aujourd'hui le principal problème pour avancer pour travailler pour agir c'est d'abord d'affronter ce maquis administratif qui est devenu absolument
Ce ne sont pas des rendements immédiats la suppression des agences certes il faudra peut-être en supprimer mais ça ne sera pas suffisant et surtout les agences ne sont jamais que des émanations de ministères et une partie des attributs
de ces agences reviendront dans les ministères Mais aujourd'hui il faut bien voir la réalité de l'échec massif auquel nous sommes arrivés L'État n'a jamais prélevé autant d'argent public Les impôts n'ont jamais été aussi lourds pour les Français La dette n'a jamais été aussi inquiétante et impressionnante et pourtant tous les services publics essentiels semblent être aujourd'hui en faillite Vous avez parlé de la dépense sociale La vraie question c'est effectivement comment on tire les leçons de cet échec plutôt que de continuer de l'alimenter en mettant toujours plus d'argent dans cet état dysfonctionnel et Bruno Jeudy vous le savez vous le voyez comme moi en Europe aujourd'hui on a le pays qui fait tous les records le record des impôts le record de la dette et pourtant on n'en tire aucune leçon on voudrait encore augmenter les impôts comme si c'était la solution ça n'est pas la solution et moi pardon je n'appelle pas supprimer des niches fiscales je n'appelle pas taxer les retraités je n'appelle pas aller chercher encore plus d'argent quels que soient les patrimoines où on voudra le trouver je n'appelle pas ça des économies j'appelle ça aller encore plus loin dans le délire de cet état qui n'a pas su se réformer la vraie la seule économie c'est celle qui verra la dépense publique baisser la dépense sociale
vous souhaitez y toucher ou non ? il y a question effectivement ce qu'on appelle de l'année blanche ça serait de geler vous savez toutes les dépenses sociales de ne pas les indexer sur l'inflation l'année prochaine l'année blanche
vous dites oui ou non ?
l'année blanche c'est une forme de paresse intellectuelle parce que ça consiste à ne pas aller regarder concrètement à quel endroit se trouve la mauvaise dépense et donc d'une certaine façon c'est tiré parti du fait qu'il n'y a pas de majorité très claire à l'Assemblée pour faire une espèce de gel général moi je crois que le vrai sujet c'est d'aller à l'essentiel mais autre rendement immédiat je me mets à la place des premiers ministres il faut du rendement immédiat quand les députés les républicains proposent à l'Assemblée nationale de voter pour conditionner le RSA à 15 heures de travail hebdomadaire il y a évidemment une manière de corriger un système social défaillant parce que vous avez dans ce pays des centaines de milliers d'emplois non pourvus et moi partout en France je rencontre des artisans des commerçants des chefs d'entreprise des coiffeurs des grands industriels qui me disent mon premier grand problème aujourd'hui c'est que je n'arrive pas à recruter le premier problème pour l'industrie de défense en France c'est pas qu'elle n'ait pas les moyens de regarder vers l'avenir c'est qu'elle n'arrive pas à trouver les bras pour pouvoir monter en puissance comment ça se fait qu'on ait des millions de gens qui au sens de l'emploi sont aujourd'hui au chômage et des centaines de milliers au bas mot d'emplois qui ne sont pas pourvus conditionner le RSA à 15 heures d'activité hebdomadaire c'est permettre aux gens de revenir vers l'emploi c'est non seulement gérer une baisse de la dépense sociale mais relancer l'activité ça c'est notre proposition malheureusement toute la gauche vote contre malheureusement le Rassemblement National vote contre mais nous nous continuons de tenir à l'idée que si on veut sortir ce pays de la crise c'est précisément en baissant la dépense publique et en remettant les gens au travail ce qui précisément aujourd'hui ne contribue pas assez alors qu'il le pourrait au fonctionnement de notre modèle c'est comme ça qu'on va s'en sortir
François-Xavier Bellamy vous êtes député européen Donald Trump a donc annoncé hier taxé à hauteur de 30% les produits venant de l'Union Européenne à partir du 1er août ça doit être quoi la réponse de l'Europe œil pour œil dent pour dent la négociation encore ou la confrontation désormais ?
Les deux vont ensemble la négociation et la menace de la confrontation on voit bien qu'on ne peut pas se faire entendre si on ne montre pas qu'on sera sérieux au moment de mettre en œuvre des contre-mesures efficaces la fin de cette discussion c'est le 1er août et donc on a encore quelques jours pour expliquer à nos partenaires américains que si vraiment ils tiennent à cet agenda alors nous riposterons avec autant de détermination mais sur le fond personne n'y a intérêt et notre volonté c'est d'arriver à revenir à la fin de cette surenchère commerciale la négociation
c'est bien gentil
il nous prend pour des clowns Donald Trump
on négocie on négocie on ne réussit pas ce qu'ont réussi les britanniques
pour l'instant notre but c'est de faire mieux que les britanniques encore une fois la fin c'est le 1er août et personne n'est dupe du fait que cette lettre envoyée par le président Trump elle a évidemment pour but d'intimider les européens c'est pas le dernier mot de l'histoire et donc nous nous devons montrer que nous sommes sérieux et que nous n'allons pas nous laisser marcher sur les pieds et surtout que nous n'allons pas marcher sur les pieds de laisser nos entreprises se faire marcher sur les pieds c'est ça pour nous le sujet majeur cette guerre commerciale elle est absurde et elle sera aussi la vraie réponse ça doit être de dire que nous voulons mettre fin à cette surenchère mais que nous sommes prêts si les Etats-Unis ne renoncent pas à aller au front nous aussi
Merci beaucoup François-Xavier Bellamy d'avoir été notre invité dans un instant nous allons recevoir le général Patrick Dutartre resté avec nous dans BFM politique qui mieux que lui ancien leader notamment de la patrouille de France générale de l'armée de l'air pour décrypter tous les enjeux cet après-midi de ce discours majeur en fin de journée du président de la République qui va donc dessiner l'avenir de notre armée et de notre défense nationale il nous livre tout ce qu'il sait toutes les coulisses rendez-vous dans un instant avec le général Patrick Dutartre sur BFM TV
BFM TV BFM politique
Guillaume Daré Vous êtes bien sur BFM politique dans moins de 7 heures désormais le président de la République Emmanuel Macron va prononcer un discours qui est extrêmement attendu discours aux armées dans lequel il va dessiner l'avenir de l'armée l'avenir de notre défense nationale face aux nouvelles menaces pour décrypter analyser cela notre invité bonjour général général Patrick Dutartre ancien général de l'armée de l'air ancien leader de la patrouille de France à mes côtés toujours pour vous interroger Amandine Attalaïa et Bruno Jeudy bonjour général c'est un discours qui est annoncé comme un discours avec des mesures extrêmement fortes par l'entourage du chef de l'État première chose déjà avant d'entrer dans le détail des mesures et de certaines pistes avancées par le ministre de la Défense ce matin dans les colonnes de la tribune dimanche pourquoi c'est un discours majeur et aussi important
parce qu'on vit aujourd'hui dans un environnement international très instable où le premier marqueur que signalait d'ailleurs Thierry Burkart dans sa conférence de presse le chef d'État-major absolument originale vendredi c'est que le premier marqueur c'est la force l'emploi de la force donc nous sommes avant tout en France des acteurs de la défense et des acteurs de paix et malheureusement nous avons donc une armée pendant 30 ans après les dividendes de la paix et bien nous avons désaussé en fait nos armées et là il faut être réaliste il faut être si on veut être entendu aujourd'hui en France en Europe et dans le monde et bien il faut simplement avoir les moyens de sa politique qu'est-ce qu'il faut attendre très concrètement
du discours du chef de l'État quels sont les enjeux qu'est-ce que vous allez regarder on parle de l'augmentation du budget de l'armée mais est-ce que c'est qu'une histoire d'argent finalement ?
quand même beaucoup mais après des choix en fait et des priorités qu'est-ce que vous allez regarder ?
évidemment tout ce que va dire le président est important mais surtout éventuellement les choix budgétaires dans les priorités je pense qu'on ne peut pas être partout c'est ce qu'on fait aujourd'hui l'armée française est absolument remarquable on peut dire qu'elle est au top de la technologie quasiment dans tous les secteurs de l'activité mais effectivement comme vous disiez très justement Bruno on est échantillonnaire c'est-à-dire qu'on n'a pas de puissance c'est-à-dire qu'on va pouvoir faire un coup deux coups trois coups et au bout de une semaine il n'y a plus de munitions donc il n'y a même plus d'hommes suffisamment pour soutenir l'effort de guerre qu'est-ce que ça veut dire ?
il nous faut des munitions il nous faut des hommes qu'est-ce qui nous manque prioritairement quand vous dites que l'armée aujourd'hui est désossée des avions des munitions vous savez combien on a de rafales dans l'armée de l'air française ? 109 il en faudrait ? 300 donc on n'y arrivera pas à une échéance raisonnable ?
il faut repartir on ne pourrait même pas les produire si on peut les produire mais évidemment ça prend un certain temps donc il faut bien sûr certains armements majeurs notamment comme les avions de combat mais d'autres matériels aussi faire un effort il nous faut surtout des munitions et il nous faut des personnels et des personnels bien sûr on n'a pas les moyens il faut être réaliste d'avoir une armée de métiers qui dépasse c'est nos 200 000 hommes mais effectivement il faut faire preuve de beaucoup d'astuces et beaucoup d'initiatives en termes de souplesse avec une sorte de contingent ou une réserve active mais là il faut être pragmatique il ne faut pas partir dans tous les sens donc vous allez dans le sens de ce que dit aujourd'hui dans les colonnes de la tribune dimanche le ministre des armées qui dit qu'il va falloir une réserve professionnelle et spécialisée mais pas de retour du service militaire alors je pense que dans un avenir peut-être un peu loin je pense que ce serait une bonne chose d'avoir un service national mais ce n'est pas le sujet aujourd'hui c'est intéressant je pense que vous dites qu'il faut le retour du service militaire non j'ai dit un service national dont une partie militaire c'est quoi la différence pour ceux qui nous écoutent service national et retour d'un service militaire complet c'est quoi la différence c'est à dire que c'est surtout une question de moyens en fait on n'a pas les moyens mais je pense que tout individu tout jeune français doit donner un peu de son temps pour son pays c'est extrêmement simple où toute personne qui arrive et qui prend nationalité française devrait pouvoir donner du temps à son pays au service de son pays moi ça c'est mon
et donc le service national que vous évoquez ce serait quoi concrètement
non mais
l'idée
non mais c'est à dire quelque chose d'ailleurs je note que Michel Barnier lorsqu'il était candidat à la présidence de la république dans son programme pour l'ILR d'ailleurs puisque François-Xavier Bellamy était là proposait un service national de six mois mais on peut en parler longtemps je pense que ce serait une chose bien à la fois pour la cohésion de la nation et à la fois évidemment pour en support des armées
et la réserve professionnelle effectivement dont parle Sébastien Lecornu
alors c'est peut-être ça aujourd'hui on a besoin de plus de support dans un temps immédiat de support pour les armées alors là il faut trouver une réserve si vous voulez qui soit intelligente je prends un exemple depuis une quinzaine d'années on a fermé dix bases aériennes en France dix bases aériennes et ces bases aériennes elles avaient une zone opérationnelle ça faisait 2000 2500 personnes tout ça s'est fermé or on aurait besoin aujourd'hui si on avait une menace de se redéployer dans ces bases et bien autour de ces bases il faudrait avoir une sorte de réserve de personnes qui sont localement qui viennent faire une période de un samedi sur deux par exemple pendant une année ça fait une vingtaine de jours 25 jours et puis réactive la zone opérationnelle pourquoi ?
parce que les chasseurs qui sont peut-être d'un monde marsan ils ont besoin de se déployer comme ça en quelques heures et bien tout de suite ces réservistes viendraient activer cette zone feraient une zone opérationnelle on réactiverait une chose qui est extraordinaire et qu'on a construite durant la guerre froide ce sont les hangarettes c'est-à-dire que nos avions contrairement aux russes sont protégés sont protégés dans des hangarettes celle-là elle dorme quelque part je ne sais pas dans quel état elles sont d'ailleurs aujourd'hui mais vous voyez ça c'est extrêmement concret extrêmement pratique donc il ne faut pas partir à mon sens dans toute activité mais être extrêmement pragmatique pour chaque unité je parle de l'armée de l'air parce que je connais un peu mieux mais c'est la même chose pour l'armée de terre l'armée de terre si vous voulez elle a des régiments il faudrait qu'elle ait une réserve de niveau 1 c'est-à-dire que presque des réservistes en se perd comme un back-up pour chaque individu et puis une réserve de niveau 2 c'est-à-dire qu'on pourrait une unité par 2 ou par 3 des effectifs en fonction et donc organiser une réserve professionnelle ça veut dire aussi former ces personnes mobilisables quelques jours dans une année ça prend du temps c'est beaucoup d'argent alors vous avez tout à fait raison Bruno mais je pense qu'il y a une chose qu'on n'utilise pas assez ce sont les anciens je prends un exemple l'armée de terre forme des jeunes conscrits maintenant pendant 5 ans après ils s'en vont mais ces jeunes-là ils ont été formés pendant 5 ans et donc ceux-là ils devraient pour la plupart d'ailleurs c'est ce qu'on appelle un peu une réserve plus ou moins active et bien mobilisables au moins pendant 5-6 ans ils ont été formés ils ont juste besoin pendant une journée ou deux de rafraîchissement et ça ça vous donne si vous voulez un capital et en fait on n'utilise peut-être pas assez nos anciens donc en fait en fonction des moyens en fonction des unités il faut à mon sens responsabiliser les commandes d'unité pour qu'ils aient si vous voulez des réservistes adaptés à leurs besoins
le président de la république on le sait sa fonction c'est aussi d'être chef des armées ce soir justement à 19h à suivre bien sûr en direct sur BFM il va prononcer ce discours à l'hôtel de Brienne au ministère des armées qui est un discours aux armées quel est l'enjeu pour le chef de l'état vis-à-vis des armées qu'attendent les militaires au-delà des mesures
les militaires c'est simple ils veulent simplement un cap le plus précis possible ils n'ont pas besoin d'effet d'annonce ils veulent des choses extrêmement pragmatiques savoir où est-ce qu'on va et surtout savoir quelles sont les priorités il ne faut surtout pas qu'on parte dans tous les sens on a des moyens limités on les connaît bien je pense qu'il annoncera qu'il y a un effort particulier qui est demandé pour la défense et on le comprend compte tenu du contexte international et maintenant il faut fixer les priorités et chacun se responsabilise et donner la confiance dire que c'est ce qu'on demande à un chef politique et à un chef des armées la confiance envers ses troupes et quand on vous écoute général ce n'est pas forcément très rassurant sur la façon dont on pourrait se défendre en tant qu'armée aujourd'hui française face aux menaces notamment la menace russe on se dit est-ce qu'on peut vraiment vous posez une très très bonne question pourquoi ?
parce qu'on ne parle qu'en français laissez-la finir sa question est-ce qu'on peut vraiment est-ce qu'on peut vraiment on nous dit aujourd'hui que la Russie et c'est ce que dit par exemple le chef d'état-major des armées a désigné la France comme le principal adversaire bon très bien mais admettons que ça arrive la France on s'effondre tout de suite ? non pas du tout pourquoi ? parce que déjà vous avez une profondeur stratégique de 2000-2500 km avant la frontière avec la Russie ça veut dire quoi ? c'est que du jour au lendemain vous n'aurez pas des troupes russes qui vont envahir la France c'est impensable pourquoi ?
parce qu'elles passeront d'abord par la Pologne enfin déjà franchir complètement l'Ukraine deuxièmement la Pologne troisièmement l'Allemagne on a le temps de voir venir déjà donc on n'a pas une menace à nos frontières qu'est-ce que ça veut dire pour répondre à votre question c'est que toute cette défense ça doit s'inscrire dans un contexte européen et otanien ça veut dire qu'il faut que chacun prenne part si vous voulez et qu'on répartisse en fait nos efforts budgétaires militaires en fonction des caractéristiques de chaque pays de chaque pays mais ça ça semble impliquer du long terme là où la menace par exemple russe pourrait être à court au moyen terme oui mais alors par l'ensemble vous avez posé encore une très bonne question je le remercie non mais c'est bien pour ça que ce que dit Thierry Burka et je partage complètement cette opinion aujourd'hui ce qui se passe en Ukraine c'est la pointe de notre défense ça veut dire que aujourd'hui l'Ukraine est quelque part le bouclier de l'Europe et le bouclier de l'OTAN l'Ukraine c'est notre guerre mais oui malheureusement mais c'est comme ça même si on ne le voudrait pas c'est notre guerre ça nous concerne et je suis très fier d'ailleurs que notre président et que les britanniques suivent également parce qu'ils ont pris conscience à quoi sert l'OTAN à quoi ça sert l'OTAN c'est une organisation l'Atlantique Nord qui sert qu'à une seule chose défendre les pays or qui nous menace il n'y a qu'une seule menace il n'y en a pas deux il y en a une c'est la Russie et la Russie est en pointe aujourd'hui sur l'Ukraine qui ne fait pas partie de l'OTAN mais qui est aux portes de l'OTAN elle est aux portes de l'Europe elle sera peut-être un jour dans l'Europe et bien on doit défendre l'Ukraine parce que c'est notre intérêt
quand on vous entend quand on entend le chef d'état-major vendredi ces mots extrêmement forts on a le sentiment que nous sommes en guerre vous diriez que nous sommes en guerre ?
non mais enfin je dirais qu'on est en guerre froide c'est-à-dire que comme on a vécu pendant 35 ans c'est-à-dire qu'il y a un bloc qui s'appelle aujourd'hui la Russie la fédération des états de Russie et puis qui menace directement ses voisins et ses voisins il y a bien sûr l'Ukraine tout le monde le connait mais à côté il y a l'Estonie il y a la Finlande avec une différence peut-être par rapport à la guerre froide que nous avons connue dans les années 50-60 c'est que les Etats-Unis ont un rôle un peu ambigu dans cette guerre froide celle que vous décrivez aujourd'hui ?
exactement s'ils n'avaient pas ce rôle ambigu il y aurait peut-être moins d'urgence en tout cas moins de décisions importantes à prendre on nous demande maintenant d'être capables de faire sans les Américains on peut le comprendre aussi il faut que l'Europe c'est extrêmement simple la France et l'Europe prennent leur autonomie stratégique sur tous les plans parce que vous parlez de l'OTAN mais on est bien certain que les Etats-Unis de Donald Trump si par exemple la Russie envahissait la Pologne ou un pays voisin interviendrait ? est-ce que les Etats-Unis au titre notamment de l'article 5 feraient ce qu'ils s'engageraient à faire par le passé ?
il faut que l'OTAN puisse fonctionner si nécessaire sans les Etats-Unis et c'est possible ? c'est d'où l'importance du pilier européen au sein de l'OTAN l'OTAN, la première alliance militaire au monde c'est une chose extraordinaire elle doit vivre avec ou sans même son contributeur et on s'en sort sans les Etats-Unis franchement aujourd'hui ? mais pourquoi pas ?
bien sûr qu'on a moins de puissance moins d'efforts mais c'est bien pour ça qu'il faut une prise de conscience des uns et des autres qu'on doit assumer notre propre défense donc vous approuvez ce qui s'est passé cette semaine la brique qui a peut-être été posée pour aller vers ça c'est-à-dire cet accord entre la France et l'Angleterre pour une force dite de supervision si je reprends les mots oui alors cette force-là aujourd'hui c'est pas une force la force de la coalition des volontaires je pense que c'est ça que vous disiez Bruno qui passerait à 50 000 hommes pour l'instant on n'est envisagé que dans le cas d'un processus de paix c'est-à-dire qu'à partir du moment où il y aurait un cessez-le-feu ou au moins un cessez-le-feu qui va surveiller ce cessez-le-feu et là l'Europe notamment la France la Grande-Bretagne et les volontaires proposent une force sous présidence éventuellement française britannique ou d'autres avec des états-majors qui vont passer de l'un à l'autre en fonction des contributions et mettre en oeuvre cette force de surveillance d'un cessez-le-feu malheureusement aujourd'hui on n'en est pas là alors que ce soit en Ukraine ou juste à côté franchement je pense que les Russes n'accepteront jamais qu'on déploie cette force-là dans l'Ukraine mais vous mettez juste à la frontière vous pouvez faire presque le même travail est-ce que dans le cadre de cette réorganisation des armées européennes et chaque pays a sa propre doctrine est-ce que vous approuvez totalement parce que c'est vrai que c'est quelque chose qui risque de se passer dans les années qui viennent une montée en puissance d'une armée allemande comme on n'en a pas connu depuis la fin de la seconde guerre je dis ça parce que par exemple il y a un parti LFI Jean-Luc Mélenchon qui lui pose des questions là-dessus dit mais est-ce que finalement on ne s'interroge pas est-ce que l'Allemagne peut se réarmer comme elle entend le faire maintenant moi je pense qu'on est passé à autre chose après presque trois guerres mondiales en tout cas trois guerres avec les Etats-Unis la guerre de 70 avec les Allemands 70 14-18 et 39-45 c'est fini et on a fait des trois maintenant on passe à autre chose après 80 ans de paix c'est le plus grand succès à l'Europe je me souviens Michel Barnier quand j'ai débarqué au Quai d'Orsay il m'a dit tu sais le plus grand succès de l'Europe c'est quoi ?
c'est la paix parce que je souligne ce que dit Bruno c'est une révolution
le fait que l'armée allemande et que l'Allemagne décident de réinvestir massivement dans son armée et peut-être devenir la première armée européenne à moyen terme ça dit de la bascule qu'on est en train de vivre au niveau mondial
je dis tant mieux tant mieux parce qu'on a besoin de l'Allemagne on a besoin de la Grande-Bretagne on a besoin de la Pologne on a besoin des pays européens alignés pour défendre leur formidable espace de liberté d'égalité et de fraternité
quand on voit le monde dans lequel on est Vladimir Poutine Donald Trump Benjamin Netanyahou est-ce que vous diriez comme certains auteurs notamment de Julien Odempoli qu'on est d'entrer aujourd'hui dans un monde de prédateurs ?
on peut le dire je ne sais pas si tout le monde n'a pas le même sentiment de la prédation mais effectivement je ne dirais pas forcément des prédateurs parce que quand vous parlez d'Israël le premier droit d'un peuple celui du peuple israélien c'est celui de se défendre et donc il est essentiellement dans la défense même si sur Gaza bien sûr il y a beaucoup de choses à dire Poutine Trump
c'est un monde de prédateurs ?
je ne sais pas si Trump vous savez ce n'est pas un guerrier il n'aime pas la guerre franchement je le pense sincère sur le sujet il n'aime pas la guerre ce n'est pas bon pour le business tous ceux qui aiment le business n'aiment pas la guerre les chinois d'ailleurs entre parenthèses sont très sensibles ça ne l'empêche pas
d'aller frapper l'Iran
alors ça n'empêche pas d'aller frapper l'Iran pourquoi ?
parce que c'est une menace existentielle pour non seulement Israël mais pour l'équilibre du monde on ne peut pas supporter que le régime des mollahs iraniens dispose de la bombe nucléaire est-ce que vous pensez comme Emmanuel Macron pour poursuivre cette idée du monde des prédateurs que les générations futures ne toucheront pas les dividendes de la paix c'est la grande phrase d'Emmanuel Macron écoutez nous nous tous ici autour de cette table on a touché les dividendes de la paix on a vécu moi le premier je suis ravi qu'on ait vécu cette période-là même si on a participé à tous les conflits qui ont eu lieu ces dernières années et Dieu sait s'il y en a mais non demain je pense qu'on vit une période de l'humanité assez troublée tous les autres conflits éclatent d'une manière ou d'une autre je ne pense pas à une guerre mondiale je n'y crois pas par contre il faut être vigilant il faut montrer ses forces parce que si on n'a pas un minimum de force on va rentrer dans votre jardin
quand justement Sébastien Lecorni dit attention on doit tout faire pour ne pas devenir une puissance régionale et rester une puissance mondiale pour les téléspectateurs qui nous regardent ça veut dire quoi ? une puissance mondiale par rapport à une puissance régionale ce serait qu'on deviendrait un indiplomatique militaire ? est-ce qu'on ne l'est pas déjà ?
je rappelle que le secteur diplomatique français c'est le deuxième vecteur diplomatique au monde donc on a des organisations partout qui font un travail on parle de l'armée formidable alors au niveau de l'armée je pense que c'est pas nous d'aller faire la police ça n'engage que moi d'aller faire la police à Taïwan franchement dans le détroit de Taïwan on peut soutenir l'idée bien sûr mais c'est pas nous d'aller faire la police là-bas on ne peut pas être partout donc il faut faire des choix pourtant le président de la République a de grandes ambitions sur ce qu'on appelle la zone indo-chinoise il y a trois priorités nous avons trois priorités trois menaces d'ailleurs qui ont été rappelées par Thierry Burkhard le chef d'état-major des armées un le terrorisme on connait bien le sujet on ne va pas rentrer dans les détails malheureusement deux la Russie aujourd'hui il n'y a qu'un seul pays qui nous menace directement c'est la Russie et trois la cohésion nationale c'est extrêmement important dans une démocratie comme la nôtre où tout le monde s'exprime qu'on garde un minimum de cohésion nationale vis-à-vis des dangers extérieurs et ça on a tous une responsabilité les citoyens mais également les politiques de garder un minimum de cohésion nationale alors tout ce qu'on voit ça veut dire que
l'enjeu est encore plus fort effectivement pour le discours du président de la République ce soir à 19h sur BFM TV en un mot comment vous résumeriez l'enjeu pour le président de la République ce soir ça fait longtemps qu'un discours le 13 juillet à l'hôtel de Brienne qui est un discours traditionnel qui est fabuleux mais n'avait pas eu autant d'importance comment vous qualifiez ce moment-là et ce rendez-vous que le chef de l'État a avec les armées ce soir ?
je pense qu'il est parfaitement dans son rôle c'est le chef des armées aujourd'hui on a une période c'est un moment historique en fonction de ce qu'il dira c'est un moment historique mais vous savez aujourd'hui l'histoire a beaucoup de baissements chaque jour chaque semaine donc souvenons-nous de ce qui est passé en Iran on ne s'y attendait pas 45 ans après l'arrivée de Khomeini les Américains ont bombardé l'Iran on ne s'attendait pas à ça
merci beaucoup d'avoir été notre invité vous restez bien sûr sur BFM dans un instant c'est Ligne Rouge qui est consacrée à l'affaire Jubilard l'info c'est bien sûr sur BFM TV et donc ce discours du chef de l'État aux armées c'est ce soir 19h sur BFM TV BFM TV
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François-Xavier Bellamy