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interviewLa France insoumise· 11 mars 2022 116 min

Meeting de l’Union populaire à Toulouse avec C. Autain, B. Taurine et S. Rubin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

entrevenue aussi nombreuse et nombreux à ce deuxième meeting organisé sur Toulouse. Nous sommes très heureuses de voir autant de monde ce soir dans notre ville rose. Toulouse, ville connue par cette capacité de mobilisation, les journées de lutte autour de la question des femmes sont toujours un grand succès. Mardi 8 mars, en pleine semaine, ce sont près de 5000 manifestantes et manifestants qui ont déambulé dans les rues de Toulouse pour porter la parole des femmes et clamer haut et fort à quel point il est important de bousculer partout dans le monde le rapport des dominations.

Nous sommes fiers de contribuer en tant que représentantes LFI à ces réussites et plus que jamais motivées pour poursuivre la lutte. Je vais maintenant laisser la parole à Maïlis et à Hélène qui vont lire un petit texte de Dan Crignan.

0:51
Invité

Bonjour Yassina, juste avant que nos chers députés n'interviennent, nous souhaitions vous partager un texte que nous trouvons très juste, écrit par Anne Crignan, comme le disait Yassina, qui est issu d'un livre qui s'appelle « Feu abécédaire des féminismes présents » qui a été coordonné par Elsa Dorlin, et donc tout de suite, sans attendre.

Simplement pour vous préciser, ce texte est important pour nous parce qu'il parle de deux choses qui nous tiennent à cœur, nous les Insoumis, d'une part évidemment la condition des femmes et d'autre part le mouvement des Gilets jaunes qui a été incontestablement un tournant dans le quinquennat Macron et dont nous ne souhaitons surtout pas qu'il tombe dans l'oubli. Le mouvement n'était pas féministe, mais sans conteste, il était féminin.

Sous l'effet d'une parité spontanée, la moitié des manifestants étaient des manifestantes et elles auraient été plus nombreuses encore si la mitraille n'avait pas fait fuir les handicapés, toutes les mères célibataires avec une poussette et les retraitées si nombreuses au premier jour. Celles qui montaient à Paris, cachaient les lunettes de piscine sous dans un chignon ou le sérum physiologique dans leur soutien-gorge pour passer le contrôle à la descente du train des comités d'accueil en tenue de combat depuis l'aube.

Et puis, on entendait Florence s'époumonner au loin, une haie d'iPhone tendue vers cette petite barde survoltée, son drôle de chignon dansant sur le haut de sa tête au rythme d'une tirade anti-Macron fort peu chrétienne. Il y avait aussi la gilet jaune qui cherchait chaque samedi le drapeau de la CNT pour être avec les révolutionnaires et celle qui portait le bonnet phrygien, comme à Versailles en 1989. Il y avait l'habitué qui rassurait tous les quarts d'heure par SMS sa mère inquiétée par le nombre de sirènes dans Paris. On se souvient d'une encore qui a prêté son gilet à une touriste américaine qui voulait faire un selfie devant la vitrine d'une boque défoncée.

Et de cette autre qui répondait aux questions de deux Israéliens égarés parmi les manifestants sur le pravis de l'église de la Madeleine, désireux d'en savoir plus sur les intentions des Yellow Vest. Acte 18 Il y a le black block qui se coulait avec agilité dans la foule en jaune et qui a retiré sa cagoule, laissant apparaître des yeux maquillés et une longue queue de cheval. Acte 25 dédiée à l'hôpital public. Il y avait celle qui a dit « C'est mon 53e samedi à me faire gazer. » Acte 53 Il y avait la serveuse du café de la gare à Saint-Lazare avec un badge gilet jaune sur son cortège qui disait « Tu » aux quatre institutrices en gilet « Attabler la nuit tombée » après l'effrayeur du jour.

Acte 63 Il y avait moi, journaliste dans un hebdomadaire de gauche, en train d'éprouver, semaine après semaine, l'indifférence des privilégiés. Et il y a toutes celles qui sont toujours là. Bonsoir. Je vais aussi, on va en profiter aussi pour remercier toutes et tous les bonévoles sans qui ces événements ne pourraient pas avoir lieu. Et avant qu'on accueille nos députés, j'aimerais laisser la parole à Alice Sélik qui est donc représentante de la communauté kurde résistante.

4:57
Présentateur

Bonsoir, chère camarade. C'est un plaisir. Là, c'est mieux. Donc c'est un grand plaisir pour moi de prendre la parole face à vous au lendemain de la journée internationale des droits des femmes. Si aujourd'hui on parle toujours des droits des femmes, c'est parce que les droits fondamentaux des femmes ne sont toujours pas respectés. Je voudrais commencer mon discours par une citation qui me tient à cœur. C'est une citation de Rosa Luxembourg qui disait « Ceux qui ne bougent pas ne remarquent pas leur chaîne.

» Avec cette citation, je pense à toutes ces femmes qui, à travers le monde, ont remarqué leur chaîne et aussi à toutes celles qui ne l'ont pas remarqué mais qui vont le remarquer grâce à notre combat. Cependant, je me trouve ici aujourd'hui pour vous parler des femmes et surtout des femmes de ma communauté, donc ma communauté des femmes kurdes. Avant de développer, je voudrais juste faire un petit rappel historique sur l'histoire des Kurdes. Les Kurdes sont le peuple le plus grand sans territoire dans le monde. C'est un peuple de 50 millions d'individus sur un territoire dispaché entre l'Iran, l'Irak, la Syrie et la Turquie.

Une grande majorité des Kurdes, environ 30 millions, se trouvent en Turquie. Dans cette période de l'histoire où les peuples non autonomes accèdent à leur indépendance, on refuse encore aux Kurdes de se dire « Kurdes ». On leur nie toute possibilité de progrès dans les domaines culturels, économiques, sociaux et politiques. Mais au fil de l'eau, les Kurdes voient leur statut évoluer, notamment avec la révolution des femmes au Rojava. Pour les femmes, c'est un grand espoir pour les femmes opprimées, exploitées à travers le monde entier.

Pour moi, la révolution des femmes kurdes au Rojava est la révolution la plus glorieuse du 21e siècle parce que nous, et moi personnellement, je dis que les hommes les plus laids du monde ont succombé aux plus belles femmes du monde. Quand je vous parle des hommes laids, ce sont les barbares de Daech, bien sûr. Mais bon, depuis cette révolution, on a réussi à avoir le Rojava, on a réussi à avoir des terres indépendantes, même si au jour d'aujourd'hui, la Turquie a remplacé Daech pour exterminer ces femmes-là au Rojava et pour récupérer du territoire. Alors, je voudrais juste faire vous parler quelques minutes de notre organisation.

En fait, notre organisation est basée sur la liberté et l'égalité hommes-femmes. Notre modèle rejette complètement le nationalisme, l'intolérance religieuse, le racisme et le centralisme. Ce n'est pas un projet d'autorité. Notre objectif est que tous les peuples du Moyen-Orient puissent se défendre et s'auto-gérer. Et aussi, j'aimerais dire dernièrement qu'au-delà du développement idéologique de la théorie de la femme libre, notre mouvement, à nous, pense que le statut des femmes a fait l'objet d'une conquête féminine. En fait, nous, on pense qu'un monde libre n'est pas possible sans les femmes libres.

Et notre leader, Abdullah Öcalan, qui est emprisonné en Turquie depuis 1999, le dit, et nous le disons tous ensemble, un Kurdistan libre n'est pas possible sans les femmes libres. C'est pour ça que notre organisation est basée sur la liberté des femmes. Donc, pour conclure, je voudrais dire que nous, jeunes femmes, jeunes femmes ou jeunes hommes franco-kurdes en France, nous continuerons notre lutte. Nous allons être les porte-parole de ces combattantes, parce que ce sont surtout des combattantes qui sont au Rojava, et en Turquie, pour faire réagir les communautés internationales et les dirigeants influents. Voilà. Et dernièrement, je voudrais dire je voudrais vous dire notre devise.

Donc, notre devise, c'est « Jinn Jiyan Azadi » ça veut dire « Femme, vie, liberté ». C'est-à-dire qu'une vie sans femme libre n'est pas possible. Voilà.

10:37
Invité

Merci Alice et Luc. Ce soir, vous l'avez compris, on va discuter des solutions pour abolir le patriarcat. Et pour cela, nous avons ce soir quatre personnes, à savoir Elsa Dorlin, une philosophe des théories du genre et des luttes qui vient d'arriver au Mirail, mais aussi, non pas une, non pas deux, mais trois députés femmes de la France insoumise, à savoir Clémentine Autain, Bénédicte Thaurine et Sabine Rubin. Et je vous demande de les accueillir chaleureusement.

11:43
Présentateur

Bon, je vais te changer les piles. Ça évitera.

13:57
Invité

Donc apparemment, c'est à moi d'ouvrir. Donc bonsoir à toutes et tous. Donc Bénédicte, je suis ravie d'être là ce soir. Je suis voisine quand même. L'arrière, j'essaie juste à côté. Donc, par rapport au mandat d'Emmanuel Macron, le constat qu'on peut faire, c'est que concernant la question de l'égalité femmes-hommes, c'est cinq ans de perdu. Et quand on regarde autour de nous, quand on ouvre un peu les yeux, quand on écoute, quand on entend les témoignages, notamment des associations qu'on a vues cet après-midi, comme ça commence à l'école et qu'on voit les violences auxquelles les jeunes femmes et les filles sont confrontées, il y avait beaucoup à faire.

Et à part de la communication, Madame Schiappa, par exemple, n'a pas fait grand-chose d'autre. Donc pour ma part, je siégeais à la délégation aux droits des femmes à l'Assemblée nationale. Et très honnêtement, en fait, là c'est pareil, on a fait quelques rapports, on a fait beaucoup de communication, mais concernant un travail de fond qui aurait pu faire avancer le droit des femmes, on n'a pas fait grand-chose. Par exemple, si on s'intéresse un peu aux conditions de travail, on s'aperçoit que pour un poste à des compétences équivalentes, les femmes gagnent en moyenne 9% de moins que les hommes.

Et du coup, forcément, ça a une conséquence en fin de carrière, puisque la retraite, celle des femmes, sera en moyenne potentiellement 40% inférieure à celle d'un homme. Donc, ce que je disais, c'est qu'il n'y a pas eu de réel avancé au cours du quinquennat. Pour notre part, ce que l'on propose, par exemple, c'est une prime d'égalité salariale qui équivaudrait à 10% d'un salaire mensuel brut qui serait donné aux femmes dont la rémunération serait inférieure à celle des hommes dans une entreprise dans laquelle le principe à travail égal, salaire égal ne serait pas respecté. Bon, après, on voit si l'entreprise démontre qu'elle respecte la loi, elle ne sera pas cette prime.

Mais jusqu'à présent, ce qu'il faut faire, c'est inverser la charge de la preuve. Bon, pour que ce soit possible, il va falloir embaucher. Il faut embaucher des inspectrices et des inspecteurs du travail. Non seulement pour contrôler les entreprises sur ce sujet, mais plus probablement pour protéger les travailleuses et les travailleurs. Quand on regarde aussi le travail partiel, en fait, il touche 80% des femmes et 85% des familles monoparentales sont des femmes. Près de 4 familles sur 10 vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté. Donc là aussi, on a du travail à faire.

C'est inacceptable qu'au bout de 5 ans de Macron et d'une politique envers les riches, rien n'a été fait envers ces familles-là. Dans le domaine de la culture, il faut aussi faire avancer les choses. Parce que 20% des réalisateurs de films en France, c'est des femmes. 33% des établissements culturels et 16% des centres chorégraphiques nationaux sont dirigés par les femmes quand 69% des subventions de l'État aux oeuvres de théâtre vont à des hommes. Donc en fait, les femmes, elles sont sous-représentées et en plus, les subventions, elles ne leur sont pas attribuées.

Donc, il y a une bataille fondamentale aussi à avoir par rapport aux représentations qui sont amenées dans la production culturelle. À ce titre, le rôle des modèles féminins sont incontournables pour positiver l'image que les femmes, elles peuvent avoir d'elles-mêmes. Nous aurons toujours, sinon, les mêmes inégalités. Je crois que Sabine en parlera tout à l'heure. Tout ça, ça commence aussi à l'école. Donc, dans tous les domaines, il faut combattre les inégalités parce qu'il n'y a pas de raison que les femmes se sentent inférieures aux hommes. Donc, il faut aussi qu'on fasse avancer ces choses-là.

On a notamment des problèmes de rémunération dans les métiers féminisés parce que les métiers du soin, c'est un bon exemple. Ces métiers qui prennent soin des nouveau-nés, des jeunes, des personnes âgées, c'est les métiers des services à la personne. et, en fait, sous-payés. Et c'est un signal qui est envoyé à la société parce qu'en fait, dans notre société, ce qui est révélateur de la valeur d'un métier, c'est sa rémunération. Et quand on voit comment sont rémunérés ces métiers féminins, et c'est à travers l'exemple de François Ruffin dans le film Debout les femmes, on voit la considération qu'a notre société pour ces femmes et pour le travail qu'elles font.

Donc c'est extrêmement important qu'on s'attèle à changer les choses. Et d'ailleurs, quand on compare à d'autres pays européens, si on prend l'exemple de l'Espagne, les infirmiers touchent 28% de plus que le salaire moyen dans le pays. Ce n'est pas le cas chez nous. Le porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers, il précise que même le Ségur de la santé, qui nous a été vanté en fait, et que la revalorisation des grilles du salaire, les infirmiers actuellement en poste sont toujours payés globalement 10% en dessous du salaire moyen européen. Et on verra tout à l'heure aussi que l'Espagne, elle est vraiment incitée en exemple comparé à la France.

Selon les chiffres de l'OCDE, en 2019, les profs, par exemple de français, alors je suis prof de SVT, donc je sais combien on est sous-pays, en début de carrière, ils occupent la 20e position en Europe en termes de rémunération et la 21e place après 15 ans de service. Donc là encore, c'est emblématique pour une profession très féminisée. Donc avec la France insoumise, ce que l'on souhaite, ce sont des assises nationales pour revaloriser ces métiers féminisés. Quand on regarde un peu à l'étranger, là encore, le Canada, il a mené une vraie réflexion pour la revalorisation de ces métiers du soin notamment, et il a permis de réduire de moitié les écarts de salaire. Donc quand on veut, on peut.

Donc on a aussi travaillé sur une proposition de loi sur l'égalité professionnelle. Elle a été portée par Marie-Pierre Rixin, députée en marche, et elle a été adoptée au mois de mai 2021 par l'Assemblée. Et en fait, ça proposait de réformer l'index égalité professionnelle qui était mis en place par Madame Pénicaud en 2018. Bon alors... Alors en fait, on n'a pas réussi à faire intégrer nos propositions, comme d'hab, c'était contre, contre, contre tous nos amendements. On est habitués. Mais ce qui est plus regrettable, c'est qu'ils ont quand même mis en avant cet index en disant que c'était une grande avancée.

Pour autant, quand on regarde la mesure d'en faire du quinquennat d'Emmanuel Macron en faveur de l'égalité, on s'aperçoit que cet index, il a quand même été épinglé par un truc super gauchiste, c'est Terra Nova, et qui a mis en lumière la déficience d'à peu près tous les paramètres qui constituent la note globale que les entreprises, en plus, elles s'auto-attribuent. Donc c'est alors le problème, c'est que c'est les entreprises elles-mêmes qui s'auto-notent en termes d'égalité et d'avancée par rapport à la question des femmes. Donc si on passe cinq paramètres en revue, on tombe sur des indicateurs.

Pour l'un, qui concerne les augmentations annuelles et pour l'autre, l'augmentation au moment du retour de congé maternité. Donc, par exemple, pour prendre en compte le montant des revalorisations, une entreprise, elle peut augmenter d'un euro les salariés femmes et bénéficier dans la note maximale de la note maximale, en fait. Elles peuvent augmenter juste d'un euro et c'est bon, elles ont fait le taf. Concernant l'index, il faut aussi rappeler, donc par rapport au congé maternité, que l'obligation d'augmenter les femmes en retour de congé maternité, ça existe dans la loi depuis 2006.

Donc en fait, ce critère, il n'a rien à faire au sein d'un nouvel index parce que normalement, ils sont censés appliquer la loi. Donc là, ils se valorisent en disant, ouais, super, on augmente les femmes qui reviennent de congé maternité. Bon. Concernant la maternité, ce que l'on sait, c'est que l'arrivée du premier enfant est coïncide avec le point d'ancrage du décrochage salarial et du décrochage du coût de carrière entre les femmes et les hommes. Alors, le programme d'Emmanuel Macron, il annonçait 30 000 créations de places en crèche sous le quinquennat parce que c'est une des problématiques majeures de pouvoir faire garder ses enfants et de pouvoir poursuivre son travail.

En 2018, le nombre de places en crèche qu'il a créé était de 1 800 sur les 30 000 prévus. Donc, il aurait été attendu quand même une politique bien plus ambitieuse pour accroître ses places en crèche. Les difficultés des parents isolés, et donc je rappelle, c'est surtout les femmes, conditionnent en fait souvent leur recrutement ou leur passage à des temps partiels. Donc, nous, ce que l'on souhaite, c'est un service unique, public, d'accueil de la petite enfance et ouvrir 500 000 places en crèche dans les 5 ans où nous allons être au pouvoir à partir du mois d'avril. Voilà. Ça, c'était pour le côté travail, garde des enfants.

Mais il ne faut pas oublier quand même qu'il y a toute la problématique liée aux violences. Il faut rappeler qu'en 2020, il y a eu 400 000 interventions de police ou de gendarmerie pour des violences intrafamiliales, ce qui équivaut à peu près à 45 interventions par heure. Donc, ce qui permet quand même de mieux appréhender l'étendue de ces violences au sein des familles. Alors que la loi de décembre 2019, elle mettait en place les bracelets anti-rapprochement, on apprend que 61 bracelets avaient été posés au lendemain du féminicide de Chahinez en mai 2021.

Donc, pour une grande cause du quinquennat, ce n'est pas possible qu'ils communiquent là-dessus et qu'ensuite, on se rende compte qu'en France, on dépose 61 bracelets qu'en a le même temps en Espagne, ils en déposent 1350 femmes protégées par ces bracelets parce qu'en plus, on sait que ça fonctionne et nous, 61. Donc après, on peut pleurer devant les féminicides et qu'on ne met pas la politique nécessaire pour que ces féminicides cessent. Ce n'est pas le besoin de venir devant les caméras et de s'épancher. Donc, Luc Frémiaud qui est ex-procureur à Douai, père de l'Anse dans la lutte contre les violences conjugales, comment te se chiffre ?

Eh bien, comme tout ça, il dit que 61 brasse les posées face à 220 000 femmes répertoriées comme faisant l'objet de violences c'est dérisoire. C'est même trop faible, 61, 220 000 menacées, c'est même indécent. Ouais. Pour beaucoup de collectifs, l'impunité, c'est le problème en France puisque 80% des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite. C'est 73% des plaintes qui sont classées sans suite dans le cas de viol. Donc, Luc Frémiaud a fait chuter drastiquement le taux de récidive dans sa juridiction en préconisant une enquête et une garde à vue systématique pour chaque plainte afin de prévenir les féminicides. Or, les moyens ne sont pas donnés à la justice.

Comment on peut demander une systématisation à des procureurs français qui ont à suivre énormément de procédures et donc qui classent sans suite les deux tiers de l'ensemble des affaires dont ils sont saisis ? Donc là aussi, il y a un énorme travail et il faudra qu'on soit présent pour pouvoir revenir et donner des moyens à la justice pour protéger les femmes. Donc là encore, l'Espagne, elle est à cité un exemple pour sa législation et sa prise en charge. Le pays a institué depuis 2004 des tribunaux spécialisés pour le jugement des coupables de violences conjugales et une réponse pénale intervient au maximum 15 jours après la plainte.

Donc on voit bien que c'est possible si on s'en donne les moyens, c'est possible. En France, on est toujours à l'expérimentation des tribunaux spécialisés tandis qu'un rapport du Sénat de juillet 2020 pointait les défaillances à tous les niveaux de la chaîne pénale et le manque de communication entre le parquet et les forces de l'ordre. Donc ailleurs, c'est possible. Il n'y a pas de raison que nous, on ne mette pas les moyens. Si c'est vraiment la grande cause du quinquennat, la question de l'égalité des femmes, il faut absolument que les actes soient en adéquation avec les parents.

Enfin, je dirais, par exemple, les places, mille places, récemment créées en hébergement d'urgence pour les femmes victimes de violences et alors que le nombre demeure bien insuffisant, aucune n'a été attribuée aux associations spécialisées dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Le montant attribué par place est bien trop faible. Il n'inclut pas, par exemple, de suivi social ou psychologique en plus de l'hébergement. Donc, en fait, on leur file un appartement. Contentez-vous de ça alors qu'elles ont bien d'autres besoins et donc, il est nécessaire là aussi de mettre des moyens.

Donc, toute cette nouvelle place, en plus, elle se trouve dans des établissements mixtes alors que l'on sait que l'attribution de places non mixtes est une demande récurrente pour que les femmes se rétablissent au mieux de leur traumatisme. Donc, là aussi, la question, la femme, elle n'est pas prise en considération. Donc, avec la France insoumise, ce qu'on propose, c'est un milliard. pour remédier absolument à ces vulnérabilités et qui sont prioritairement axés sur l'hébergement des femmes victimes de violences et leur accompagnement.

Et ce chiffre, un milliard, c'est ce qui a été mis en avant aussi par les associations pour dire qu'il faut absolument prendre en compte cette question-là et si on veut, il faut un milliard et pas moins. enfin, j'ai été co-rapporteur d'un rapport d'information sur les menstruations qui a été déposé en février 2020. Et donc, par exemple, le rapport, il préconisait le déploiement de distributeurs de protection menstruelle dans les lieux publics identifiés comme par exemple les collèges, les lycées, les gares, les hôpitaux ou encore les toilettes publiques. En fait, il faut savoir que ces protections, elles doivent être gratuites pour toutes.

Parce que ça ne concerne que la moitié de la population et que ça ne concerne que les femmes, qu'il n'y a pas de raison qu'on soit obligé de les payer en fait. Il n'y a pas un truc qui ne concerne que les hommes et qu'ils paieraient eux. Donc, en fait, c'est le seul, les protections féminines, c'est le sujet tabou, mais il n'empêche qu'on devrait être, on devrait avoir la gratuité de ces protections. Et en plus, on s'est aperçu que de jeunes femmes, de jeunes filles n'allaient pas à l'école parce qu'elles n'avaient pas de quoi se payer leur protection. Donc, c'est pour ça que l'on préconise la gratuité pour toutes. Quand on est à ce niveau-là, je parlerai aussi de contraception.

Parce qu'il n'y a pas de raison que ça ne repose que sur les femmes. Donc, nous, ce qu'on préconise, c'est une campagne d'information et de financement de la contraception masculine. En fait, l'invisibilisation des méthodes masculines ne peut être que la seule explication. En fait, comment on peut expliquer que la vasectomie, par exemple, contraception masculine parmi d'autres, est pratiquée par un homme sur trois au Québec, 19% en Nouvelle-Zélande et 0,8% en France. Donc, on peut s'interroger aussi sur ces questions-là. Le débat, il reste ouvert.

Donc, le rapport, le rapport, il pointe également des lacunes au sujet de l'endométriose est plaidé pour une sensibilisation de l'ensemble des personnels soignants ainsi que des budgets revus à la hausse pour la recherche concernant cette pathologie qui touche une femme sur dix. Donc, aujourd'hui, on a une autre proposition de résolution déposée. Clémentine, j'espère, on parlera tout à l'heure. Donc, ce ne sera décidément pas Emmanuel Macron qui aura porté l'égalité femme-homme pendant cinq ans. Ce n'était absolument pas la grande cause du quinquennat.

Donc, si on veut vraiment que les choses, elles, avancent dans la question d'égalité du droit des femmes et en général, d'ailleurs, il faut voter Jean-Luc Mélenchon le 10 avril et puis voter aussi pour notre programme.

33:04
Invité politique

Désolée. Voilà. Bonsoir. Je suis très heureuse d'être ici. Je suis Elsa Dorlin. Je suis professeure de philosophie politique contemporaine à Toulouse-le-Miraille depuis septembre. Auparavant, j'étais à l'université Paris VIII dans le 93, en Seine-Saint-Denis. Effectivement, je travaille sur les questions de féminisme, de philosophie féministe, de pensée féministe. J'aime moins l'idée de théorie du genre qui est plutôt la façon dont on nous nomme, nous, séparatistes, islamo-gauchistes. Mais, effectivement, il y a beaucoup de théories dans le féminisme et on l'enseigne. et je suis très fière de porter cette bibliothèque et la mémoire de ces luttes.

Et là, aujourd'hui, je vais justement plutôt prendre la parole du côté, voilà, d'une sorte de constellation féministe, d'une planète féministe plutôt radicale qui n'a pas forcément d'ailleurs un chapitre dédié dans l'histoire des femmes telle que souvent on nous la compte ou on nous la compte pas justement.

Et ce qui m'intéresse, c'est plutôt en fait la révolution féministe de ces 20 dernières années et la façon dont l'ensemble de ces luttes localement, internationalement, mais aussi sur des problématiques tout à fait différentes et en même temps convergentes sont en train de construire, nous sommes en train de construire un renversement radical en tout cas de la société ou du système patriarcal. Alors la radicalité, ça veut dire quoi ? Effectivement, je suis de ce côté-là. Je ne vais pas parler pour les mouvements, les groupes, les mobilisations, mais je vais parler avec eux parce que c'est pour la plupart des mobilisations, des groupes auxquels je participe, j'ai participé et je participerai.

Donc en termes de radicalité, justement, ce qui m'intéresse, c'est d'aller reprendre le sens de ce terme, c'est-à-dire aller à la racine du problème et aussi lutter depuis la racine, c'est-à-dire depuis le bas, depuis le tumulte des collectifs, des luttes, des mobilisations. Et l'idée, c'est justement d'essayer de réfléchir à ce qui a changé depuis, en tout cas, pas depuis ces 20 dernières années, mais ce qui peut être un peu saillant dans ces 20 dernières années.

Il me semble qu'une des choses très importantes, c'est le retour et justement l'intensification de l'internationalisation des luttes féministes et de l'internationalisme, le retour des mobilisations qui ont été particulièrement courageuses et fortes, non seulement pour, effectivement, repolitiser de façon radicale les violences faites aux femmes, mais aussi de lutter pour la récupération nationaliste et raciste des mouvements féministes et de l'agenda féministe, que ce soit en Europe, aux Etats-Unis.

Et on l'a bien vu, en fait, à partir de septembre 2001, la façon dont toute une campagne et toute une ère de l'impérialisme va s'ouvrir au nom de cette idée qu'il faut aller défendre les femmes d'ailleurs et de les défendre contre leurs hommes. Et ce motif-là, il a justifié un certain nombre de campagnes impérialistes et y compris, évidemment, en France. On peut considérer qu'aujourd'hui, en tout cas, depuis certains discours, particulièrement nauséabonds, mais aussi des discours plus latents et justement avec un arrière-fond complètement nationaliste, la question du droit des femmes est souvent portée comme un étendard pour justifier des politiques racistes.

Donc, cette première chose, en fait, c'est vraiment l'idée que vous avez peut-être vu les images de Santiago du Chili, de Buenos Aires, de l'Espagne, de la Belgique, de l'Allemagne, de la France, évidemment, mais aussi, on a vu les images, ici, en France, des manifestations, je pense notamment des manifestations depuis, enfin, celle juste avant, d'ailleurs, le premier confinement, à Paris, une grande manifestation féministe qui a été d'ailleurs très, très violemment réprimée par la police pour une des premières fois, en fait, de ces dernières décennies. Ça, c'est un signe particulièrement intéressant, à mon sens.

C'est un signe de radicalisation du mouvement dans son expression et dans sa démonstration de force. Mais c'est aussi l'idée qu'une partie, en tout cas, de l'agenda féministe est en train d'aller toucher à quelque chose qui fait vraiment mal à l'État et vraiment mal au capital et qu'il s'agit là aussi de comprendre ce qui se joue.

Et il me semble que, que ce soit justement à Marseille, à Rennes, à Paris, à Lille, à Bastia, la question, justement, elle touche à la façon dont, dans les mouvements de ces dernières années, et on parle de déferlante MeToo, mais il faut savoir que, en fait, la déferlante MeToo, c'est une lame de fond qui vient de décennies et de décennies de lutte des mouvements des femmes et féministes pour politiser justement la question des violences sexuelles et sexistes et les sortir de la sphère du privé, de les sortir de la sphère prétendument apolitique de la famille où, justement, on n'a pas allé voir ce qui s'y passe.

Eh bien, cette façon de politiser les violences, au fond, on le voit dans beaucoup de mouvements, encore une fois, à l'échelle internationale, ça a été également dans les termes où il ne s'agit pas, et en tout cas plus seulement ou en tout cas plus du tout, de demander à l'État plus de protection et plus de droits en termes de protéger les femmes. Je ne dis pas, évidemment, qu'il n'y a pas tout un arsenal juridique qui est nécessaire, etc. Mais ce que je veux souligner, c'est cette idée qu'on ne peut pas demander à un État de nous protéger lorsque c'est cet État qui organise notre propre vulnérabilité au continuum des violences sociales jusqu'aux violences sexuelles hétérosexistes.

Et ça, c'est une des caractéristiques de ces dernières années. C'est l'idée au fond d'une critique massive des mouvements féministes à l'encontre de l'État, de l'État patriarcal et de ce patriarcat dans une certaine mesure nouvelle génération et encore une fois qu'on voit arriver depuis longtemps, qui est un type de patriarcat néolibéral et qui est dans une certaine mesure incarné également par l'État et le pouvoir étatique. On le voit de toute façon à travers même, on peut s'attacher à la question des images, des représentations qui sont mobilisées, là en l'occurrence par le chef de l'État et son gouvernement.

En fait, il y a cette idée d'un investissement très fort dans cet État libéral répressif, d'une forme de virilisme, de virilité oui, guerrière. On l'a vu sur la crise du Covid, on le voit là encore, on le voit sur plusieurs chapitres et en même temps une forme d'obscénité viriliste qui va jusqu'à évidemment avoir dans une sorte de trombinoscope gouvernemental de l'horreur, une sorte de gendre idéale, un violeur, un rabatteur et je ne sais pas quoi.

Il y a vraiment quelque chose qui est dans le fait d'assumer qu'un certain nombre de ministres sont actuellement poursuivis pour des faits graves de violence ou sont d'ailleurs pour ça non poursuivis est un tournant en fait dans ce que cela dit de la façon dont investir une sorte de force étatique ou de courage gouvernemental en mobilisant en fait la virilité est aujourd'hui possible.

donc c'est gentil mais voilà donc ça c'est la première chose c'est la question à la fois de cette internationalisation de la radicalité féministe et de la révolte et des révolutions féministes et puis c'est sur cette à la fois cette idée d'une nouvelle ère en tout cas d'un nouveau chapitre de politisation des violences faites aux femmes et qui vient cibler l'État et c'est cette question de la politisation des violences en fait je vais absolument pas essayer de déconstruire l'idée que la parole c'est liberté c'est libéré etc ça c'est vraiment débile au sens où c'est pas la question de la parole qui s'est libérée c'est l'écoute qui a été forcée à grand renfort de crier de fureur et en vrai ça fait des siècles qu'on a tous les textes toute la mémoire des luttes des mouvements des archives et qui a toujours eu de la parole qui a toujours eu des résistances mais qu'il y a une force de répression qui maintient en fait l'invisibilisation des violences et surtout leur déréalisation permanente c'est à dire les tenir dans des faits divers les déqualifier comme une crise de folie un drame conjugal etc donc ça c'est vraiment la puissance du discours politique ou du discours public qui a cette force de qualifier le réel et donc la question des mots elle est très importante et on voit bien qu'une des grandes victoires également qui a été remportée c'est l'émergence du terme de féminicide féminicide ça vient qualifier du réel commun pour nous toutes pour nous tous cette idée selon laquelle en fait ce ne sont pas des actes isolés ce ne sont pas des actes que l'on peut rapporter à la psychologie de leurs auteurs ce sont des actes qui sont liés à un système oppressif à un système d'oppression qui est précisément l'hétérosexisme et donc il y a quelque chose qui est là sur cette cette voilà l'émergence de cette réalité qui fait que enfin la question aussi de l'action politique est possible mais la question aussi de la enfin il y a une très belle très belle action notamment des groupes des colleuses à Marseille à Paris à Toulouse et qui mettent le nom des personnes assassinées par leurs compagnons le nom sur les murs ou des slogans sur les murs et vous voyez l'importance de mettre les noms et les prénoms de ces femmes qui sont tout simplement nos mères nos filles nos amis nos collègues nos voisines qui sont des inconnues mais au fond qui créent aussi cette question que c'est l'enjeu de ces violences systémiques c'est un enjeu en fait politique c'est un enjeu qui est un enjeu pour tout le monde et c'est la question en fait d'une enfin aussi d'un deuil politique que l'on doit faire un deuil commun en fait de toutes ces victimes et cette lorsque l'on parle lorsque on on travaille sur les violences et c'est en partie mon cas et d'un point de vue à la fois historique et théorique en fait je regardais cette enfin certains nombres évidemment de cas très précis mais je vous rappelle le meurtre de cette jeune femme sous les coups de son compagnon policier et pour dans ce cas là très précis qui est un cas paradigmatique en fait d'abandon d'exposition au risque de violence qui est orchestré en fait à une échelle institutionnelle cette idée que cet auteur d'un féminicide policier de son état a pu se cacher partir en cavale se cacher pendant 13 jours utiliser sa carte bleue sans que en fait toutes les polices de France ne soient pas à ses trousses vous imaginez en fait le double standard moral et politique de la prise en considération de finalement cette idée que certes c'est illicite de tuer sa compagne mais dans une certaine mesure il y a quelque chose qui est de l'ordre de la laisséité c'est illicite c'est malgré tout encore licite c'est interdit c'est pas bien c'est pénalisé mais en fait la loi c'est comme si elle était quelque chose qu'on pouvait ne pas appliquer et qui n'avait pas de réalité donc cette idée en tout cas est très importante et nous avons aussi une avancée à mon sens dans les discours et on le voit aussi dans beaucoup de mouvements on le voit aussi dans des écrits en philosophie en théorie féministe ou en études de genre justement que ce soit en France ou ailleurs il y a un renouvellement aussi des idées au sein du féminisme et ce renouvellement encore une fois c'est de travailler à analyser ce patriarcat néolibéral avec cette espèce de double tête qui est à la fois une sorte de discours de façade sur les droits des femmes sur l'égalité femmes-hommes et qui en même temps en fait laisse une sorte de statu quo sur les violences sexistes et les féminicides les violences également sexuelles sur la question du viol sur la question évidemment de l'inceste sur la question des meurtres et au fond la façon dont en ce moment en fait l'ensemble de la communauté je dirais presque qui travaillons en études féministes sur le genre les sexualités on pense on essaye de travailler donc ce patriarcat néolibéral qui va essayer de penser de ce fait les violences faites aux femmes dans un continuum des violences continuum des violences sociales qui les violences sexuelles s'inscrivent dans un continuum des violences sociales internationales je pense à la dimension environnementale et ce qu'on essaye de travailler ici c'est de qualifier au fond non pas de mettre les violences faites aux femmes dans un ensemble pour les indifférenciés mais d'essayer de comprendre en fait leur systématicité en les pensant à l'intérieur de tout un système d'inégalité et d'exploitation et cette idée que le continuum des violences en fait c'est la question de la violence de l'exploitation domestique dans l'espace privé la question vraiment du travail extorqué dans la sphère privée et qui continue à être tout simplement une forme de plus-value c'est à dire ce qui bénéficie au capitalisme puisque la question de la reproduction de la force de travail elle est assurée gratuitement par le travail majoritairement des femmes donc c'est cette idée que c'est utile et cette exploitation domestique elle est évidemment dans une exploitation salariale avec l'assignation des femmes aux soins c'est à dire tous les travails liés à la reproduction encore une fois qui ne sont pas supposés être valorisés et encore sous-payés etc.

mais c'est aussi une exploitation sexuelle et mentale on pourrait dire psychique mais on pourrait également rajouter que c'est une exploitation presque je vais dire un gros mot excusez-moi mais une exploitation idéologique c'est à dire que ça impose aussi une certaine vision du monde qui obscurcit en tout cas qui empêche que l'on saisisse vraiment nos conditions matérielles d'existence et nos conditions d'exploitation et je vais vous donner un exemple assez clair on réfléchit énormément aujourd'hui et on essaye de renouveler en fait les travaux sur l'idéologie dans ce néolibéralisme avancé en fait cette machine idéologique elle est très forte et elle se joue justement sur les femmes et le féminisme parce qu'on nous présente un féminisme que moi j'appelle le féminisme de l'oréal parce que je le vaux bien voyez et on va nous dire voilà c'est super et ce féminisme là et bien ça désigne un certain type d'émancipation un certain type de libération des femmes ça justement ça dessine en fait des modes de vie mais qui sont au fond qui reproduisent complètement des exploitations et ce continuum d'exploitation et donc sur cette idée de parce que je le vaux bien il y a une autre image en fait c'est de nous dire il faut nous présenter des modèles positifs donc Christine Lagarde c'est un modèle positif mais en fait personne n'a dit qu'on n'avait pas envie en fait d'être Christine Lagarde en vrai et que c'était pas un modèle d'émancipation et que au fond toute la question est de savoir si on continue à avoir aussi un certain nombre de slogans qui dans une certaine mesure ne font rien en fait au système global d'exploitation c'est c'est une façon aussi peut-être de enfin de rendre plus longue la lutte vers l'émancipation il y a cette très belle phrase qui dit voilà il faut que les femmes brisent le plafond de verre sur la question encore une fois c'est très important pour moi l'égalité salariale voilà mais briser le plafond le plafond de verre c'est à dire c'est vrai qu'à un certain niveau de carrière pour compétence égale de toute façon il y a une discrimination encore une fois structurelle qui fait qu'on n'accède pas notamment aux professions à haute valeur sociale ajoutée comme on dit donc alors briser le plafond de verre c'est super mais en fait ça désigne aussi un modèle pour une minorité de femmes pour des femmes qui appartiennent aux classes moyennes et supérieures principalement blanches et qui de toute façon en fait la question qu'il va falloir se poser pour un féminisme vraiment révolutionnaire c'est de se dire d'accord le plafond de verre c'est très bien mais quelles sont les femmes qui ramassent les débris de verre pendant que d'autres brisent le plafond et donc la troisième et donc c'est le troisième le troisième élément que je voulais rappeler enfin la question de l'internationalisme la question évidemment des violences sur lesquelles il faut voilà ce sont quelques points comme ça mais la troisième question c'est l'articulation et je finirai là dessus des rapports d'exploitation et des rapports de pouvoir entre la question du sexisme de l'hétérosexisme du racisme et des antagonismes de classe et de l'exploitation de classe et on a beaucoup dit ça a été beaucoup beaucoup beaucoup un objet là encore de lutte idéologique d'aller chercher les intersectionnelles pour les tirer du commun et dire voilà c'est méchant méchante séparatiste etc je voulais juste vous donner deux trois billes sur l'intersectionnalité parce qu'en fait c'est quand même un outil assez génial et alors sur l'intersectionnalité voilà en fait juste je vous le fais hyper vite mais c'est quand même un truc à retenir l'intersectionnalité au départ c'est un concept critique du droit américain étatsunien et qui arrive à un moment donné particulier de l'histoire du droit américain c'est à dire dans la période post-ségrégationniste quand il y a un certain nombre justement de lois qui sont prises qui vont être appelées les lois sur l'action positive c'est à dire des lois qui viennent compenser en fait des siècles de ségrégation et d'exclusion des personnes africaines américaines justement de la société américaine il y a eu un certain nombre de droits de lois qui ont été votées c'est à dire pour promouvoir justement les africains américains sur certains postes à l'université dans l'accès à un certain nombre de jours en fait il y a un certain nombre de théoriciens c'est à dire de professeurs de droit étatsunien africains américains qui ont montré que ces dispositifs étaient évidemment nécessaires évidemment importants mais que pour autant ils ne pouvaient pas être les seuls dispositifs de lutte contre les inégalités structurelles puisque ces inégalités en fait elles étaient ancrées du côté de la classe et évidemment dans la société américaine sur une ligne de couleur et donc ce qu'ils ont dit c'est aussi que ces dispositifs pouvaient avoir une fonction d'écran de fumée tiens on dit une fois qu'on a ces lois ah bah c'est bon l'égalité elle est là d'accord et donc chacun les mêmes chances donc à partir de là tout le monde s'en sort mais ils ont montré en fait que c'était un écran de fumée et que ces dispositifs n'avaient pas les moyens c'est à dire qu'ils étaient finalement par définition dysfonctionnels ils ne pouvaient pas répondre à ce pourquoi on prétendait les établir c'est à dire c'est pas suffisant la loi et ce type de loi n'est pas suffisant et donc l'intersectionnalité c'était pour dire que en fait il y a un certain nombre de dispositifs qui prétendent lutter de loi qui prétendent lutter pour l'égalité etc mais qui au fond invisibilisent les parts les plus précarisées les plus vulnérabilisées des personnes qui justement sont dans des situations d'inégalité crasse et qui sont dans des conditions matérielles d'exploitation et dans le cas évidemment de la société états-unienne ce sont en particulier la communauté africaine-américaine et en particulier les femmes africaines-américaines et donc c'est ça l'intersectionnalité c'est de dire en fait il y a le beau truc de la loi mais en fait derrière il y a les conditions matérielles d'existence et il y a les inégalités et l'exploitation crasse et cette exploitation crasse elle concerne les antagonismes de classe le sexisme et le racisme et donc quelle est l'idée de l'intersectionnalité c'est que précisément le véritable universel si on veut véritablement adopter des lois qui pensent l'universel on ne doit pas faire ces lois en fonction d'un sujet qui est tout à fait dans une situation confortable mais qui est presque qui est un peu discriminé vous voyez ce que je veux dire c'est une situation normale mais un peu problématique en fait on fait des lois en fonction de ça vous comprenez c'est à dire une situation de presque normalité mais un peu discriminé et en fait ce que dit l'intersectionnalité c'est qu'elle dit il faut faire les lois en prenant les situations les plus discriminées les plus marginalisées et c'est qu'en répandant aux besoins de ces personnes et dans ces situations que l'on atteint un véritable universel donc voilà merci beaucoup

56:48
Clémentine Autain

bonjour à tous moi je mets mon chronomètre voilà partez ça va vite bonjour à tous bon il y a beaucoup de choses qui vont se croiser avec ce qui a été dit déjà pour vous dire que moi on m'avait demandé de parler qu'en tant que députée femme qu'est-ce que ça faisait bah écoutez c'est plutôt parce que j'étais débutante que ça m'a fait que parce que j'étais femme et je me suis dit mais non moi femme rien ne s'est pas arrivé de spécial en tant que députée par contre en tant que citoyenne oui j'aurais des choses à raconter ça c'est sûr mais en tant que femme non pas vraiment et je dois avouer que bon moi je suis j'ai bénéficié de toutes non seulement les lois et les avancées voilà des longs combats des femmes et j'y reviendrai mais aussi d'une ambiance on va dire d'une période d'une ambiance post 68 hard où tout ça j'avais l'impression que ça n'existait pas alors je suis un peu comme Jean-Luc moi finalement un peu plus jeune mais quand même comme lui quand j'entends ce qui se passe que des jeunes me racontaient tout à l'heure et que même ma fille me raconte je tombe quand ma chaise quand ma chaise tombe moi c'est pareil je tombe avec je suis très très surprise enfin en tout cas je n'ai pas préparé le sujet comme je devais le faire parce que je n'avais rien à dire voilà moi on m'a toujours traité comme un être humain et puis bon femme, garçon ok donc je n'avais pas grand chose à raconter alors il fallait quand même que je regarde quelque chose à dire alors je me suis souvenu que ma fille qui faisait des études d'histoire en licence il y a quelques années elle avait un commentaire de texte à faire qui datait d'un article d'autre c'est un article de presse du début du 20ème siècle fin du 19ème début du 20ème siècle et qui disait première partie oui il y a des lois c'est bien il y a des lois il y a des lois ce que tu dis Elsa il y a des lois mais dans les faits ça ne percute pas ça ne percute pas c'est vrai que ça ne percute pas visiblement ça percute encore moins quand on voit tout ce qui émerge alors donc je me suis dit quand même je ne méconnais pas évidemment l'importance des lois évidemment elles sont certainement le résultat des luttes et moi je voudrais quand même vous les reprendre parce qu'on vient de loin on vient de loin enfin c'est quand même dingue parce qu'aujourd'hui là on se dit mais c'est quand même fou bon alors je reprends des lois alors bien sûr il y a l'églaration des droits de l'homme les hommes sont égaux les êtres humains sont égaux d'accord ça c'est le principe un principe c'est très c'est comme liberté égalité fraternité vous voyez dans les faits c'est pas toujours ça voilà donc il y a des principes qui ne veulent plus rien dire et il y a des droits qui ont été acquis par la loi alors des droits civils quand même ils veulent vous le dire parce qu'avant les femmes c'était quand même elles n'avaient aucune autonomie c'est comme des enfants il fallait demander au mari vous voyez vous voyez ce qu'ils ont dit par exemple en 1907 on consacre la possibilité pour les femmes de disposer de leur salaire 60 ans après c'est à dire que ma mère elle n'a même pas connu ça vous voyez ce que je veux dire enfin elle a connu ce grand bouleversement c'est bizarre pour moi elle qui gérait toutes les affaires de la famille mais enfin bon il paraît qu'elles sont autorisées à gérer leur bien propre et à exercer une activité professionnelle sans le consentement du mari évidemment nous voilà je veux dire c'était quand même cette réalité là donc oui les lois ont permis ça mais en même temps que la société évoluait que c'était permis mais je parlerai des retours en arrière sur le divorce aussi grâce à Napoléon on n'avait plus le droit de divorcer voilà alors on a pu divorcer en 1984 et c'est qu'en 1975 qu'on est revenu au consentement mutuel oui est-ce que je pourrais divorcer s'il vous plaît non enfin bon et l'éducation obligatoire pareil etc l'obligation obligatoire des filles c'est devenu en 1882 après celle des garçons bon bref pour vous dire qu'il ne faut pas oublier quand même ces grands mouvements enfin je veux dire il y a quand même eu des mouvements des colères des luttes qui ont donné des lois et maintenant c'est à peu près installé personne n'irait voir son mari en disant est-ce que je peux faire signer un chèque oui bon quand même bon il faut le dire il faut le rappeler mais les droits civiques c'était pas mieux enfin bon voilà c'est assez vieux voilà il y avait l'homme de gouge etc droit des femmes et de la citoyenne mais c'est que quand même 150 ans après qu'on a eu le droit et de vote et d'éligibilité et particulièrement en France on était largement en retard bon on vient de loin mais pour dire que bon j'ai l'impression qu'il y a des mouvements comme ça de propos de principes qui émergent dans la société qui se traduisent en loi mais que les faits ont quand même du mal à appliquer alors en tout cas ce que je voulais revenir justement c'est que des droits pour les femmes ils ont été acquis je vous dirais même que dès le 19ème siècle il y a eu des droits spécifiques pour les femmes voyez-vous par exemple à la fin du 19ème siècle le droit le droit du travail émergeait et en 1874 on a interdit le travail des femmes dans les mines et les carrières et c'est toujours vrai et puis on a aussi interdit en 92 1800 le travail de nuit des femmes oui oui les femmes ne pouvaient pas travailler de nuit voilà et en 1992 cette fois-ci 100 ans plus tard au nom de l'égalité justement cette loi a disparu enfin bon après c'est le problème de syndicat enfin de syndicalistes en général voilà mais donc il y a eu des lois d'acquisition de droits mais l'égalité des droits l'égalité alors on n'y est toujours pas c'est vrai qu'on en parle depuis la moitié du siècle simplement d'ailleurs c'est dans la constitution dans la constitution 46 le préambule qui dit donc les femmes qu'est-ce qu'il dit du femme donc ça c'est Zemmour parce que Zemmour il dit autre chose par exemple il dit pardon je vais vous dire ce qu'il dit Zemmour il dit c'est vrai il dit l'industrie c'est sale c'est noir c'est un travail d'homme aux mains caleuses et aux mains et aux mœurs rudes voilà donc lui vous voyez je pense qu'il est pour des lois spécifiques aux femmes il n'est pas les lois pour l'égalité des femmes il est pour des spécifiques voilà d'ailleurs je pense que s'il avait été élu s'il avait été élu en 1924 voyez-vous et bien le même enseignement c'est qu'en 1924 que les femmes et les hommes ont eu le même enseignement 1924 avant c'était des enseignements différenciés la couture la musique la dentelle le ménage voilà donc voilà et je pense que si Zemmour était là il avait été au parlement il n'aurait jamais eu cette égalité vu qu'il dit par exemple la chose suivante je vous dis il y a des perles quand même il faut trouver les femmes ont une forme d'intelligence différente de celle des hommes je suis désolée de le dire et les grands génies sont des hommes alors moi j'ai fait un syllogisme un peu bizarre je me suis dit bah décidément il n'est pas un homme enfin bon bref je trêve de plaisanteries de toute façon ne vous inquiétez pas il chute dans les sondages donc il ne risque pas de venir au gouvernement et puis dans la constitution donc on est protégé la loi garantie à la femme dans tous les domaines des droits égaux à ceux de l'homme voilà donc pour l'égalité c'est acquis par la loi mais toujours pas dans les faits pourtant il en existe des lois enfin là j'ai fait la liste ça a commencé bon je vais vous épargner pour combien de minutes il me reste attendez voilà là ça va j'ai fait 7,35 encore 8 minutes pour moi non allez on va 10 alors donc en 72 ça commence il y a une loi qui inscrit dans le code du travail le principe écoutez bien le principe de l'égale rémunération écoutez bien parce qu'après j'arrive à Macron vous allez voir le grand bouleversement que ça fait donc là on est au principe bon mais le principe ça n'a pas suffi alors en 83 1983 on le réaffirme avec la loi Roudy qui ajoute une petite obligation celle d'un rapport annuel il faut qu'on il y ait de faire un rapport annuel mais comme ça ne suffit toujours pas 15 ans plus tard en 2001 rien n'a changé donc et on fait une nouvelle loi la loi Génisson qui encourage écoutez bien les mots qui encourage la mise en oeuvre de mesures de rattrapage notamment sur les conditions d'accès de formation 5 ans plus tard nouvelle loi Génisson qui oblige à des négociations de branches et de l'entreprise voilà sur l'égalité professionnelle bon ça n'a toujours pas suffi alors en 2014 le gouvernement Hollande a fait lui-même sa loi alors elle était pas mal parce que elle essayait de comprendre et d'élargir le champ le champ les raisons pour lesquelles les femmes finalement étaient moins bien payées ou en tout cas tout ce qui empêchait les femmes de faire une carrière normale alors donc c'était pas mal ça comprend donc ça incite les pères à prendre le congé parental ou des congés parentaux ça protège les mères isolées et ça pose une condition vous savez la conditionnalité ça vous dit quelque chose la conditionnalité des aides bon et bien là ça pose une condition pour les entreprises qui ne garantiraient pas l'accès au marché et bien l'accès l'égalité plutôt ça les empêcherait d'accéder à des marchés publics je pense que c'est pas du tout mis en oeuvre parce que tout le monde accède au marché public et l'égalité homme-femme n'y a toujours pas alors nous avons eu monsieur Macron Béatrice vous en avez parlé un peu je me souviens comment tu t'appelles via madame Pénicaud dont on se souvient qu'elle est quand même une femme qui était dans les entreprises du CAC 40 des RH enfin bon elles sont rares elle aussi elle a fait donc cette fameuse loi elle a fait la loi choisir son avenir professionnel bon il y avait un petit chapitre dédié à cette cause et qui dit c'est l'article 104 qui dit tous les employeurs quel que soit l'effectif de l'entreprise doit avoir un objectif un objectif de suppression des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes donc il ne suffit pas d'imposer la suppression de ces écarts mais d'imposer un objectif vous voyez ces langues de bois etc alors nous comme le dit Béatrice on s'est dit mais alors on a fait des petits amendements on dit ben donnez une sanction punissez un peu d'argent etc oh alors voilà en fait c'est le mantra oh ben nous on préfère inciter vous voyez on préfère inciter parce que punir ça sert à rien bon voilà donc ça n'a pas été accepté et donc cette loi Macron elle ne sert évidemment à rien c'est un principe une vague obligation une tentative je ne vous dis pas tout parce que cette loi il faut la lire dans le détail d'abord elles ont 3 ans pour arriver à l'égalité elles ont 3 ans pour mettre en place des actions qui que et puis si elles ne sont pas mises en place parce que qui que quoi alors écoutez moi je vais vous dire pourquoi parce que je vais vous dire vraiment ce que ça coûte si elles mettaient ces pauvres entreprises cette égalité salariale entre les hommes et les femmes ça leur coûterait 58 milliards ça leur coûterait 58 milliards de masse salariale en plus cotisation incluse si bien que quand Jean-Luc ça leur coûterait ça donc évidemment on comprend qu'elle soit tout à fait frileuse pour mettre en place ce type d'égalité par contre pour nous la société ça nous coûte 62 milliards perdus par an 34 milliards de recettes fiscales en moins et 28 milliards de pouvoir d'achat pour les travailleurs quoi voilà voilà voilà ce que ça coûte si bien que quand Jean-Luc dans notre programme quand le programme propose dit qu'une part des retraites pourrait être compensée si l'égalité salariale existait en voilà quelques chiffres qui sont pas de moi qui sont de la fondation concorde donc voilà on peut les croire voilà d'ailleurs nous si on était au pro si on était donc effectivement au pouvoir et on le sera très prochainement enfin quand je dis nous je m'inclus pas mais enfin si nos idées allez et bien notre programme dit la chose suivante alors dès pour les femmes on est bienveillants parce qu'on va pas attendre les entreprises quand même on va les sanctionner on va pas les attendre on fait une prime pour combler les écarts à salaire égal on fait la prime on donne la prime et bien sûr on renforce des sanctions quand l'idée n'est pas respectée parce qu'on va pas simplement donner une prime c'est pas le chômage partiel qui compense tout ça non c'est pas ça donc on donne une prime pour compenser mais on sanctionne on sanctionne comme on l'avait proposé voilà et puis bien sûr on rétablit les CHCT etc toutes ces instances qui permettent de mesurer effectivement toutes ces instances de salarial qui permettent de mesurer si les écarts sont d'abord de les connaître et de mesurer s'ils se réduisent ou pas voilà donc voilà c'est ça que je voulais apporter comme complément mais c'est vrai qu'au niveau et ça a été aussi évoqué au niveau de ces inégalités salariales pour reprendre l'expression de Florent Tristan la femme est le prolétaire du prolétaire c'est vrai que pour des raisons sociologiques ou je ne sais même plus que sociologiques c'est à dire structurelles historiques préhistoriques bon bref enfin je vais vous dire pour quelles raisons parce que ça j'ai des mots il explique bien il explique bien quoi qu'est-ce qu'il dit je le retrouverai plus tard mais enfin il dit des choses tout à fait intéressantes c'est que bon surtout sur les hommes enfin je coche pour la conclusion bref pour des raisons biologiques vous avez bien compris bon voilà pour aller vite et bien il y a des métiers du féminin voyez-vous les métiers du care prendre soin donc qui sont effectivement liés à des théorotypes de jambes et qui sont bien moins rémunérés d'ailleurs on se demande pourquoi on se demande pourquoi c'est à dire ça scandalise tout le monde les EHPAD ça scandalise tout le monde tout le monde enfin c'est quand même des métiers qui par ailleurs je regarde ma camarade là-bas nécessitent d'excessives qualités compétences savoir-être et formation et moi j'ai des exemples d'AESH qui travaillent toute la journée avec des enfants en situation de handicap comme s'il ne fallait pas être formés comme si ça ne valait rien et qu'ils sont payés 760 euros par mois c'est indigne alors comment faire pour ça comment faire pour ça alors bien sûr nous on va augmenter ces métiers du care oui oui on va augmenter de toute façon les AESH c'est prévu qu'elles soient intégrées dans dans l'éducation nationale il y a différentes augmentations c'est évident bon voilà mais ça sera quand même de l'inégalité et d'où ça vient surtout le fait que les femmes s'orientent mécaniquement vers ces métiers personne ne les a mis tu n'as pas dit toi tu vas à tout prix faire un vrai sage et donc et c'est là que je vais revenir sur l'école sur l'éducation sur l'éducation et bien figurez-vous que notre école républicaine liberté, égalité qui vise l'émancipation d'y aller au passage mon camarade Michel Larrive il a réussi à faire passer un amendement dans le code de l'éducation que l'éducation c'était aussi pour émanciper ils ont accepté le mot comme de toute façon ils n'en font rien ils peuvent toujours les accepter donc voilà donc nous on a une visée émancipatrice c'est à dire au sens premier du terme sortir de la main de son père sortir de la main au sens large du terme quoi ça veut dire sortir des choses préconçues des préjugés tout ce qui est pré sortir des conditionnements des déterminismes sociaux finalement voilà et bien c'est pas si facile que ça je m'étais intéressée de près justement à ce sujet pour une autre conférence qu'on avait faite le 8 mars on était toutes là à Bobigny tout ce qui vient bon comment je m'intéresse à l'éducation j'avais un peu creusé le sujet vous voyez alors évidemment dès la maternelle on constate par exemple que l'assignation de genre est déjà là par exemple sur le plan de des rapports aux émotions qu'est-ce qu'ils font les garçons les petites filles qu'est-ce qu'elles font sur le rapport au corps aussi les garçons ils sont turbulents violents ils sont forts et tout ça alors voilà tout ça ça va bien mais par contre les petites filles et dans l'espace et ça se voit ça se voit physiquement ça a été dit c'est des études je vous invente rien je raconte ce qu'ils voient quand même et qui interroge dans la cour de récréation au milieu il y a les garçons qui prennent toute la place leurs ballons et tout ça et très vite dès la maternelle alors ils ont vu comment ça se passait parce que évidemment tous ces codes sont dans la famille ils sont dans la société en général mais comment les enseignants pouvaient quand même puisque l'idée s'est d'émanciper pouvaient quand même être attentifs à ne pas reproduire ces choses là et bien justement ils le reproduisent on a mis une caméra pour ceux qui veulent bien s'y prêter évidemment pour étudier leur comportement et bien voilà comment ils interagissent ces professeurs pas pour jeter la pierre aux professeurs pour vous parler surtout de nous comment on peut quand on comprend bien les choses essayer d'y reméder au mieux et bien les professeurs ils interagissent beaucoup plus par exemple avec les garçons qu'avec les filles soit pour les interroger soit pour les reprendre ils tolèrent plus leurs interventions spontanées voire leur indiscipline voyez-vous parce que celles chez les filles sont stigmatisées il y a vraiment on voit pas les gens de la même manière tiens voilà je regarde et finalement quand les enseignants essayent de faire attention à ce qu'ils font c'est les garçons qui se manifestent ouais madame vous interrogez toujours ils font plus de bruit vous voyez ils sont bruyants voilà et non enfin ça a été constaté je vous raconte des études faites par des chercheurs mais c'est pas chercheur mais donc le savoir c'est intéressant pareil sur le plan pédagogique ils gratifient plus les garçons d'encouragement et aussi de plus de critiques ils ont tendance à utiliser les filles comme les bonnes élèves pour rappeler les savoirs déjà appris dans la classe alors qu'ils utilisent les garçons au moment où apparaît des nouveaux savoirs ils imaginent que les garçons peuvent mieux faire qui sont pas au maximum de leur capacité un garçon ça a toujours beaucoup plus de capacité parce que les filles elles sont supposées ne pas avoir elles font tout ce qu'elles peuvent vous voyez tout ce qu'elles peuvent voilà donc ce que je veux dire c'est que non mais c'est à dire que bon moi je fais le clown je fais le clown mais peut-être que j'ai été traité comme ça pareil que j'ai pas fait gaffe quoi enfin bon que petit à petit ça a déterminé finalement mes propres comportements mais en tout cas voilà c'est intéressant de le savoir voilà donc ah bon ah bien sûr alors bien sûr à ces interactions avec entre professeurs et élèves différenciés on va dire genrés bien sûr ça s'ajoute le drame des programmes vous savez bien que dans les programmes il y a que des grands hommes c'est connu Clamide Claudel on en parle pas on parle de Rodin tout ça c'est connu voilà des grandes femmes non ça veut dire qu'elles sont grandes mais pas qu'elles sont une grande femme c'est pas moi par exemple enfin bon vous m'avez compris voilà donc il y a une véritable bataille culturelle à mener donc mais elle marque elle marque et visiblement je ne dis pas qu'il y a des rapports de causalité le prof me traite comme ça le livre d'histoire fait ça donc par conséquent mais on constate néanmoins en termes de résultats et du coup de parcours scolaire et du coup d'emploi par exemple les filles ont des résultats en français légèrement supérieurs quand elles sont petites en primaire etc et ça se conforte quand elles sont quand elles vont en collège et qu'elles réussissent au collège les garçons finalement sont moins bons aux plus jeunes non les garçons en mathématiques je le lis parce que je me souviens pour tout les résultats ne sont pas très différents en mathématiques entre filles et garçons mais par la suite les garçons obtiennent des résultats supérieurs vous voyez en fait à partir du collège la motivation pour les études et la confiance des filles dans leur capacité diminue c'est moi qui ai écrit j'ai pris un petit collet cette poindre confiance cette poindre confiance a des conséquences sur leur orientation et plus globalement sur leur stratégie de carrière scolaire elles réussissent en SVT par exemple sciences des vies et de la terre et bien elles s'orientent vers le métier du care et même vers la médecine et quand elles sont bonnes en maths elles s'orientent aussi vers la médecine tandis que les garçons quand ils sont bons pareil maths et compagnie et bien eux figurez-vous ils s'ouvrent des horizons beaucoup plus divers dans ces filières scientifiques alors c'est pas que des choses n'ont été pas faites moi je sais parce que je travaillais pour mon boulot avec les CIO ou les entreprises on cherche des ingénieurs on cherche tout ça enfin il y a des choses qui sont mises en place mais pour vous dire comment il y a aussi de l'auto-censure à force de ces interactions voilà alors c'est parce que c'est comme ça qu'après bon bah les filles sont dans des filières un peu bouchées boucaires etc et bien donc c'est cette bataille culturelle qui doit commencer et nous qu'on propose dans notre programme évidemment c'est pas trois mesures et demie qui vont bouleverser les choses c'est culturel je parle d'archaïsme mais en tout cas c'est intéressant de former les enseignants et sérieusement tout à l'heure j'écoutais une association qui raconte ce qui se passe ce qui se passe des jeunes qui sont violés dans l'établissement scolaire ou à côté et quelle est la réponse de l'institution oui mais vous avez vu comment elle s'habille la fille non mais attendez moi 5 minutes je me dis mais vous vous rendez compte ce que fait le mec je veux dire c'est pas la fille qui saute sur les gens c'est le mec c'est quand même bizarre je pense qu'il faut quand même faire une sacrée formation aux enseignants qui sont dépourvus qui ne voient pas pour les enseignants je dis la vie scolaire je dis tout le monde de bien considérer les choses voilà mais bien sûr il faudra aussi modifier les programmes c'est pas avec celui qu'on nous a mis à la tête là que ça risque de changer donc il va falloir qu'il y ait un vrai travail qui renforce l'éducation à l'égalité contre le sexisme et les discriminations en général dans les programmes scolaires et tout type d'autres travails culturellement pourraient changer c'est vrai que mon collaborateur qui m'aidait à travailler cette proposition il pensait aussi à la diffusion par exemple du sport du sport féminin enfin je veux dire on devrait se diffuser du sport féminin aussi bien que du sport masculin enfin c'est pas plus ou moins intéressant je dis pas moi enfin bon bref voilà alors je m'en vais vers ma conclusion et j'aurais tenu mais non j'en suis à 24 alors vraiment je comprends non mais attendez moi je me chronomote pour de vrai alors moi je trouve qu'on est vite dans une période assez paradoxale je voudrais reprendre la caricature qu'en fait Zemmour de cette chose que je trouve tout à fait intéressante si si laissez moi vous lire les hommes qui font tout ce qu'ils peuvent pour réaliser ce programme ambitieux devenir une femme comme les autres et bien ils trouvent que cette volonté est malsaine et suspecte et c'est vrai qu'il y a des hommes qui voilà enfin moi je les ai connus et il y en a plein dans cette salle et voilà et pour ma part que les hommes deviennent des femmes comme les autres et que les femmes deviennent des hommes comme les autres pour moi c'est un bel objectif émancipateur je demande qu'on y réfléchisse c'est un bel objectif émancipateur pourtant on le voit on l'a entendu ça a été dit en même temps qu'il existe ces hommes femmes ou ces femmes hommes enfin qui se complètent enfin qui je sais pas qui arrêtent de se discriminer bien on a entendu parler de ces féminicides ces violences etc qui sont ancestrales c'est ancestrales je crois qu'elles apparaissent au grand jour c'est pour ça qu'il y a différentes lois parce que moi j'ai regardé les lois les lois sur les violences ça commence 76 c'était reconnaissance des violences reconnaître le viol marital voilà mais petit à petit il y en a plein maintenant et voilà c'est à dire que ce grand mouvement va donner des lois voilà mais je pense puisque je le dis puisque j'ai essayé de le prouver que les lois ne suffisent pas il y a cette grande révolution culturelle à faire voilà parce qu'actuellement on entend quand même des hommes on entend ce genre de discours qui reviennent et là c'est le discours de monsieur Z donc de notre passé d'homme des cavernes de notre bestialité de notre virilité donc ce passé nous rappelle que la virilité va de pair avec la violence que l'homme est un prédateur sexuel inconquérant voilà donc que sur la place publique il y a un imbécile qui est capable de dire ça un homme des cavernes précisément voyez-vous un homme des cavernes qui soit précisément capable de dire ça je pense qu'il faut rester tout à fait en alerte tout à fait en alerte voilà parce que en attendant que ces hommes des cavernes sortent de la préhistoire et entrent dans l'histoire humaine et bien il faudra effectivement encore lutter longtemps et moi je pense que cet autre monde sera possible quand évidemment cet autre monde sera débarrassé de toutes ces formes de domination comme il a été dit de toutes ces formes de domination et moi je ne parlerai pas simplement d'une domination patriarcale néo-libérale mais qui prend ses racines non pas dans le libéralisme mais dans le néolithique carrément voilà je vous remercie

1:24:07
Invité politique

bonsoir à toutes et tous je voudrais d'abord vous dire l'étonnement et le plaisir qui est le mien puisque je suis une militante féministe depuis je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans mais depuis une vingtaine d'années un peu plus de voir que à quatre semaines et demie du premier tour d'une élection présidentielle est organisé un meeting entièrement consacré à l'égalité entre les hommes et les femmes et je vous jure que vu de ma fenêtre vu de ma fenêtre quand j'avais donc 27 ans et que j'ai créé une association qui s'appelait Mixité mouvement mix pour l'égalité entre les hommes et les femmes et où j'allais sur les plateaux de télé on me disait et alors vous êtes féministe oui je suis féministe mais alors qu'est-ce que ça veut dire vous ne trouvez pas que ce n'est pas trop radical c'était complètement dingue même dans les soirées avec des amis quand je disais que j'étais féministe il y a 25 ans ça paraissait absolument il y a 20 ans je ne sais plus d'un seul coup je perds bref enfin il y a quand même assez longtemps et bien c'était quelque chose qui nous mettait à la marge en fait dans la société et qui supposait vraiment de légitimer ce qu'on voulait dire par ce terme qui apparaissait violent et je constate qu'aujourd'hui nous avons une majorité de français qui se considèrent comme féministes et ça c'est une révolution que je demande à chacune et à chacun de bien mesurer et cette révolution elle n'est pas venue naturellement elle est venue parce qu'il y a eu des combats elle est venue parce qu'il y a eu des mouvements de femmes des mouvements féminins des mouvements féministes et que ce 20ème siècle aura été le siècle des femmes parce qu'il y a eu non seulement la première vague avec les suffragettes qui nous ont permis d'arracher le droit de vote et donc avec ce droit de vote et d'autres droits civils la possibilité pour les femmes d'entrer dans la sphère publique et ensuite la possibilité par le droit à l'avortement et le droit à la contraception d'abord puis à l'avortement ensuite et bien d'être quelque part de commencer à être on va être prudent mais de commencer à sortir de l'assignation à la sphère domestique et par ce double mouvement c'est ça c'est ce double mouvement d'entrer dans la sphère publique et de sortir de commencer à pouvoir sortir de la sphère domestique et bien c'est là que commence la révolution féministe et au 20ème siècle elle s'est concrétisée par toute une série de droits de lois qui ont été conquises et j'insiste l'astuce parce que des hommes quelques-uns mais des femmes les amis ce sont des mouvements de femmes qui ont osé à un moment donné braver tout simplement ce qui se faisait ce qui était la bienséance ce qui était leur assignation leur place et ces insoumises nous permettent aujourd'hui d'être là et de pouvoir mettre un pantalon de pouvoir aller à l'école de pouvoir voter de pouvoir justement ouvrir un compte en banque sur l'autorisation de son mari et bien j'aimerais bien qu'on prenne la mesure de cette révolution du 20ème siècle parce que s'il n'y avait pas eu des femmes et des hommes je dis des hommes même s'ils sont essentiellement des femmes mais il y a eu et il y a aujourd'hui des hommes féministes qu'on se comprenne bien mais c'est parti d'abord évidemment de mouvements de femmes mais s'il n'y avait pas eu ces grandes mobilisations nous n'en serions pas là et je constate que parfois la droite y compris peut s'arroger des choses et de l'histoire à laquelle elle n'a absolument pas participé je pense en particulier au droit à l'avortement Simone Veil a été extrêmement courageuse dans l'hémicycle personne ne remet en question ça mais quand on dit sans arrêt la loi dite veille on oublie que cette loi n'aurait jamais été votée s'il n'y avait pas eu le manifeste des 343 s'il n'y avait pas eu la désobéissance civile s'il n'y avait pas eu des manifestations monstres et s'il n'y avait pas eu à l'assemblée nationale toutes les voix de la gauche pour voter parce qu'à droite ils n'avaient pas de majorité je tiens quand même à la rappeler il n'y avait pas de majorité donc c'est parce qu'il y a eu ces mouvements là ces mouvements d'insoumission et moi je suis fière que ici nous sommes là à porter une candidature qui vient du mouvement des insoumis et bien cet esprit d'insoumission pour moi c'est un esprit qui est profondément féministe et je suis fière d'être féministe aujourd'hui dans une société où les jeunes générations s'approprient ce terme là et moi j'ai des enfants qui sont ados au collège et qui rentrent et qui m'expliquent que ils ont des copains j'ai un fils qui me dit ah ben non mais j'ai une copine il est trans je dis comment il est trans ah ben non alors lui il est non binaire non mais je dis ils ont 12, 13, 14 ans et ils rentrent à la maison ils me disent moi voilà mon copain il est non binaire ou ma copine est non binaire tout le monde comprend peut-être pas ici ce que ça veut dire mais non binaire ça veut dire ne se définit pas comme garçon ou fille n'a pas envie d'être assigné comme garçon ou fille et bien pour moi c'est une révolution incroyable parce que ça veut dire que quelque chose est en train de se lever dans les nouvelles générations et qui est source de grande fierté de grande joie et de grand espoir de transformation à venir voilà alors je voulais dire d'abord quelque chose de positif parce que au sens où on ne gagne pas tout le temps non mais c'est vrai nous on vient de mouvements où on n'a pas toujours gagné mais je pense que c'est important aussi de se dire que parfois on a gagné et ce mouvement là je pense qu'on a déjà gagné des choses le problème c'est tout ce qui reste et tout ce qui reste c'est absolument énorme et ce qu'il faut d'abord combler à mon sens c'est que tout le tolon du 20ème siècle je vous en ai parlé c'est à dire qu'on a dans le droit réussi à arracher vraiment des avancées considérables tant est si bien que dans le droit on n'est pas allé encore au bout du bout mais enfin on a quand même fait déjà pas mal de boulot et le problème devant lequel nous sommes aujourd'hui c'est de faire passer l'égalité formelle inscrite dans la loi pour qu'elle devienne demain une réalité dans la vie quotidienne c'est à dire une égalité réelle et c'est là que le bas blesse c'est ce gouffre entre les mots proclamés entre les lois et leur non-application concrète évidente chaque jour l'égalité salariale elle est produite le viol est un crime depuis 1980 ce n'est pas rien le viol est un crime mais ça ne suffit pas que le viol soit un crime il faut encore qu'il soit puni pour être réellement considéré comme un crime dans la société toutes les lois que nous avons adoptées se trouvent empêchées parce que les politiques publiques la société en entier n'a pas pris toute la mesure de ce que signifie un féminisme conséquent et ce n'est pas parce que une majorité de français se dit aujourd'hui féministe que nous avons gagné la bataille parce que derrière ce terme féministe encore faut-il expliquer ce que nous y mettons et là il y a un enjeu aussi de débat et de conflictualité entre nous les féminismes divers et variés il y a toute une planète une galaxie ça je suis bien d'accord avec des courants qui s'opposent mais ce que nous nous défendons et là je rejoins tout à fait ce que disait Elsa c'est un féminisme radical au sens de prendre à la racine le problème est d'y aller alors il reste quelques petites choses dans la loi je vais commencer par ce qui est peut-être ce qui est important mais ce qui est pour moi pas encore complètement le coeur mais il y a des choses dans la loi que nous pouvons encore conquérir nous l'avons vu avec l'endométriose à l'occasion de notre niche parlementaire cette année nous avons décidé et j'ai porté au nom de la France insoumise une proposition de résolution pour que l'endométriose qui est une maladie qui touche une femme sur dix ce que peut-être un certain nombre d'entre vous d'ailleurs ne connaissez pas c'est une maladie une affection qui est en fait vous avez des tissus qui viennent de l'utérus comme des morceaux de muqueuse utérine qui se promènent dans le corps et qui vous créent des problèmes qui peuvent être très variés c'est à dire soit des douleurs très intenses au moment des règles soit carrément une invalidité totale or cette maladie n'est pas reconnue comme une affection longue durée ALD 30 et dans cette catégorie des ALD 30 et bien ça ouvre des droits des droits des remboursements à 100% de la sécurité sociale ou alors des droits par exemple à aménager votre temps de travail pour les moments où vous êtes super mal donc on a déposé cette proposition de loi qui d'ailleurs a été adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale ce qui est exceptionnel vraiment exceptionnel ça n'arrive quasiment jamais ça n'arrive jamais donc on était très contentes même pas une abstention super le seul truc c'est qu'à la fin nous avions le ministre Véran qui nous a expliqué fort bien vous savez voter comme ça mais en fait il a commencé à mettre des jalons pour expliquer qu'eux ils n'allaient pas la mettre en application dans les semaines qui ont suivi nous avons donc appris et jusqu'à aujourd'hui que malgré un vote à l'unanimité du Parlement et bien le gouvernement s'assoit dessus et ne produit pas le décret qui permettrait que ce soit dans la ALD 30 et à votre avis pourquoi il ne le fait pas ?

il ne le fait pas parce que ça ouvre des droits et que comme ça ouvre des droits ça va coûter un peu d'argent et comme ça coûte de l'argent ça contrevient à la logique d'austérité à la sacro-sainte austérité budgétaire dans laquelle ce gouvernement est enfermé et voilà où on en est c'est à dire que même quand on arrive à obtenir des droits de ce type ou des votes qui sont positifs on est à chaque fois arrimé à cette sacro-sainte austérité budgétaire prenez les violences faites aux femmes moi c'est le combat de ma vie vous le savez sans doute c'est un des grands combats de ma vie la lutte contre les violences faites aux femmes mais ça fait fort longtemps que je sais que si nous ne mettons pas les moyens pour former les agents de police dans les commissariats pour qu'ils arrêtent de nous recevoir comme ils nous reçoivent aujourd'hui avec des situations qui sont je veux dire à s'arracher les cheveux de la tête vraiment des femmes qui sont victimes de violences conjugales qui rentrent dans les commissariats et qui repartent comme elles sont rentrées parce que les plaintes ne sont pas prises ou alors des plaintes qui sont prises de viol où on est au milieu d'un commissariat sans avoir une pièce à part pour pouvoir raconter ce qui nous est arrivé je veux dire c'est impensable des choses pareilles il faut donc former les policiers il faut former les magistrats il faut que la justice aille plus vite il faut faire en sorte que les femmes quand elles veulent partir de chez elles elles puissent avoir un hébergement d'urgence adapté si on n'a pas d'hébergement d'urgence adapté à l'instant où on a envie de partir on sait très bien les cycles dans les violences conjugales vous les connaissez un coup le prince charmant ensuite c'est l'enfer puis le prince charmant puis c'est l'enfer donc dans la phase d'enfer quand une femme a envie de partir c'est pas dans 3 jours c'est tout de suite s'il n'y a pas d'hébergement d'urgence ça ne marche pas elle re-rentre chez elle c'est ça la réalité or pour avoir de l'hébergement d'urgence il faut des moyens pour lutter contre les stéréotypes sexistes et tout ce qui fait des mécanismes aussi bien nous pour les femmes d'intériorisation de la domination que pour les hommes d'excès de virilité complètement à outrance tout ça est lié à des stéréotypes si vous voulez les battre en brèche il faut former les enseignants il faut du temps à l'école donc il faut des moyens et ces moyens pour la prévention ces moyens pour l'information ces moyens pour qu'on ait des maisons des femmes partout et bien ça ne se fait pas avec simplement un féminisme de communication qui est exactement le féminisme de communication de ce gouvernement et Marlène Schiappa on a été quand même franchement ça a été le sommet c'est à dire qu'on l'a vu moi je l'ai vu dans l'hémicycle parce que la loi contre les violences faites aux femmes elle est arrivée la première année vous vous souvenez c'était grande cause du quinquennat extraordinaire grande cause du quinquennat ils sont arrivés un an après une loi avec 4 misérables articles ça a été tellement pitoyable ce débat que la loi a été votée la première semaine d'août de 2018 mais j'en pleurais je vous jure que c'est vrai il n'y avait personne dans l'hémicycle les médias étaient tous partis en vacances et on était là à voter 4 misérables articles et pas de loi cadre comme en Espagne vous savez que quand vous avez une loi cadre ça veut dire que vous avez des moyens qui vont avec or là il s'agissait de modifier à la marge la loi pour faire un effet d'affichage sans aucun aucun moyen et après on s'est mis dans la rue nombreuses nombreux vous vous souvenez on a réclamé ce milliard à corps et à cri et bien ce que je peux vous dire c'est que nous nous mettrons le milliard sur la table et même plus que le milliard plus que le milliard puisqu'on l'a chiffré et pour celles et ceux que ça intéresse je vous recommande d'aller voir ce livret on a sorti pour le 8 mars un livret spécifique pour dire comment nous allons dépenser ce 1 milliard 100 000 euros pour lutter contre les violences faites aux femmes et nous mettrons cet argent sur la table parce qu'il faut des moyens pour lutter contre les violences faites aux femmes mais tant qu'on est enfermé dans l'austérité budgétaire en fait il n'y a pas de solution concrète pour améliorer ces droits mais je crois qu'il y a encore plus fondamental et plus grave parce que si on veut émanciper les femmes aujourd'hui toutes les femmes alors il faut qu'on ait un projet de rupture non seulement avec l'austérité budgétaire mais avec les normes néolibérales c'est à dire qu'il n'y a pas d'issue il n'y a pas d'amélioration concrète des conditions de vie des femmes dans notre pays si nous ne rompons pas avec la sacro-sainte austérité budgétaire concurrence libre et non fauté règle d'or de je ne sais quoi et encore néolibéralisme chevronné acharné tel que nous le voyons non seulement sous ce gouvernement mais sous les précédents parce qu'en réalité ça fait un moment que ça dure cette histoire et et donc oui vous avez raison franchement non mais parce que parce qu'en France il faut savoir que 70% des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté ce sont des femmes que la majorité des personnes qui sont au chômage ce sont des femmes que les temps partiels imposés ce sont les femmes donc à partir de là si vous voulez réellement créer de l'égalité entre les hommes et les femmes il faut déjà sortir les femmes de la trappe à pauvreté de la trappe à précarité et leur donner les conditions de l'autonomie c'est le B.A.B.

c'est le B.A.B.

or nous avons besoin impérativement de penser à ces femmes là et donc à toutes les femmes et il n'y a pas de féminisme qui se tienne de mon point de vue conséquent si nous ne sommes pas capables de dire que oui nous allons monter le SMIC à 1400 euros nous allons faire du CDI la norme du contrat de travail et non pas le CDD nous allons sécuriser les parcours professionnels nous allons faire en sorte que les contrats dans tous les sens l'ubérisation de la société et tous ces emplois qui sont des emplois très féminisés et malmenés et bien qu'ils continuent à se faire comme ça et nous allons revaloriser toute une série de métiers qui sont aujourd'hui dévalorisés et largement occupés par les femmes parce que le problème c'est que vous avez dit le mot care à plusieurs reprises c'est à dire en fait les métiers du soin les métiers qui sont à fort intérêt social utilité sociale ce sont les femmes qui les occupent et pourtant ils sont hyper mal rémunérés donc de la même manière si on n'est pas capable de revaloriser ces métiers et de dire qu'ils sont très utiles et que donc il faut qu'on investisse là-dedans il n'y a pas là non plus d'amélioration des conditions de vie concrètes de la majorité des femmes dans ce pays alors c'est juste pour vous dire que notre programme il n'est pas simplement le meilleur du point de vue de l'égalité entre les hommes et les femmes parce qu'il est numéro 1 dans le féministomètre vous l'avez peut-être vu de oser le féminisme mais le féministomètre il mesure en fait tout ce qui concerne à proprement parler l'égalité hommes-femmes vous voyez ce que je veux dire stricto sensu est-ce qu'on va faire qu'est-ce qu'on fait sur les violences faites aux femmes qu'est-ce qu'on fait sur l'égalité salariale etc c'est que nous avons besoin d'être conséquents plus profondément et quand je dis plus profondément c'est que le féminisme il impacte aussi toute une série de champs comme la question du rapport au pouvoir par exemple c'est-à-dire que si on veut un programme féministe ça veut dire aussi qu'on intègre ce que ça signifie dans le rapport au pouvoir alors moi je ne suis pas tout à fait comme Sabine sur un point de vue c'est que moi en tout cas je veux vraiment dire qu'en tant que députée et même avant en tant que femme politique oui il y a une différence de traitement quand on est un homme ou quand on est une femme et même si je ne peux pas tracer précisément toutes les séries de je ne sais pas d'humiliation de moments etc je sais que ma place est aussi liée à mon identité de genre ça c'est clair et net et que l'égalité dans l'espace politique l'égalité dans l'accès à la citoyenneté c'est une vaste blague mais ce que je revendique c'est pas simplement que nous ayons la même place que les hommes à égalité je revendique que ce qu'apporte notre comment dire ce qu'est non ce qu'est quand on est femme vous savez il y a un débat permanent qui est de dire une femme exercerait le pouvoir comme un homme d'ailleurs Margaret Thatcher donc moi je ne vais pas essentialiser je suis anti-essentialiste profondément donc ma question n'est pas de vous dire que quand on est une femme on a un rapport au pouvoir individuellement différent de celui des hommes ce dont en revanche je suis convaincue c'est parce que je suis femme j'appartiens aussi à une histoire j'appartiens aussi à un genre qui a été opprimé et qui n'a pas les mêmes modèles les mêmes rapports au pouvoir donc ce n'est pas une question que je ne peux pas parce que j'aurais des ovaires ne pas me comporter comme un homme dans le rapport au pouvoir mais ce que je sais c'est que nous en tant que femme en tant que collectif en tant que catégorie opprimée historiquement nous avons quelque chose à apporter dans la façon dont s'exerce le pouvoir ou dit autrement le pouvoir tel qu'il s'exerce aujourd'hui est un pouvoir masculin viril qui doit être déconstruit parce qu'il apporte des choses qui ne sont pas correctes d'un point de vue démocratique et d'un point de vue de l'égalité voilà et donc si on veut améliorer l'ensemble de la société pour moi ce féminisme il est aussi porteur de transformation qui concerne tout le monde regardez la guerre regardez la guerre c'est quoi d'autre que ce va-t'en guerre qui est une logique hyper viriliste j'en parle évidemment parce qu'on est là on n'a pas encore dit un mot sur l'Ukraine la crise ukrainienne la guerre qui est là sous nos yeux et qui est bouleversante elle est bouleversante parce qu'elle nous angoisse mais elle est insupportable parce que quand vous ouvrez votre télévision vous voyez les images ce matin moi j'ai été on a tous été frappés mais une femme qui courait 19 ans pour aller chercher son bébé de 6 mois et le temps qu'elle court pour aller chercher son bébé de 6 mois une bombe lui est tombée sur la tête elle est morte c'est ça la guerre c'est ça la guerre donc quand on dit qu'on est pour la paix et résolument pour emmener le camp de la paix pour moi ça fait aussi partie de l'apport potentiel de ce que signifie être féministe c'est savoir que la guerre n'amène que la guerre la guerre n'amène pas la paix ça n'est pas vrai la guerre n'amène pas la paix et donc c'est évidemment une fois qu'on a dit ça il faut mener le rapport de force avec la Russie parce que l'acte posé par Poutine est un acte insupportable et inadmissible et que cet homme est dangereux que cet homme est violent et que le peuple ukrainien aujourd'hui est dans son bon droit de se rebeller et que nous sommes avec lui mais comprenez bien que ce que nous voulons défendre je le crois dans cette difficile crise que nous traversons c'est la logique de la paix c'est le camp de la paix et pour moi ça n'a pas rien à voir avec ce que nous avons à dire sur l'hyper virilisme des rapports internationaux où on se retrouve avec des dictateurs avec des hommes au pouvoir qui cherchent aussi à s'étendre qui ont aussi un impérialisme qui à mon sens n'est pas très éloigné du petit garçon qui joue et qui veut vous voyez ce que je veux dire tout attraper et grandir et être en fait dominer les autres et opprimer les autres donc il faut sortir des logiques d'oppression il faut sortir des logiques de domination et il faut penser la paix et de ce point de vue là à mon avis le féminisme est un atout de la même manière sur la sixième république quand nous proposons cette sixième république que nous voulons c'est pas sans lien avec cette histoire c'est que nous savons que la monarchie présidentielle la monarchie présidentielle est une catastrophe cette monarchie présidentielle elle est dans un style qui est un style super viril et tous les présidents qui y sont passés jouent des coudes dans ce style là qui ne convient pas partager le pouvoir je pense que notre sixième république doit nous permettre d'avancer vers ce partage des pouvoirs et d'avancer aussi vers une réflexion profonde sur ces mécanismes de rapport de pouvoir le féminisme enfin il est celui qui bouscule l'organisation sociale globale de la société je pense là au temps de la vie dans les années 60 les femmes sont rentrées sur le marché du travail à temps plein d'ailleurs à l'époque oui tu travailles salariée avant elle travaillait c'est ça que vous voulez que je précise il n'y a aucun souci les femmes ont toujours travaillé bénévolement mais elles sont rentrées sur le marché du travail salariée à temps plein à l'époque le problème la question qui nous est donc posée et que aucun politique n'a posé à l'époque c'est qui va faire tout ce qu'elle faisait avant bénévolement est-ce qu'on peut savoir comment on fait vous savez que quand vous avez deux enfants quand vous avez deux enfants l'INSEE estime que le temps de travail domestique et parental équivaut à 39 heures par semaine qui va faire ces 39 heures par semaine où sont les grands technocrates à l'époque qui ont une seule seconde pensé cette question là nulle part cette question a été posée alors forcément ça ne marche pas forcément à un moment donné vous avez la double journée de travail la triple journée de travail forcément à un moment donné vous avez du chômage aussi qui est lié effectivement à cette arrivée massive des femmes et à l'organisation délirante de cette société et bien nous nous disons dans notre programme que nous devons partager le temps de travail qu'il faut aller vers une sixième semaine de congé payé qu'il faut aller vers les 32 heures le plus vite sera le mieux et qu'en tout cas la logique du partage du temps de travail est une logique qui permettra d'avancer vers l'égalité entre les hommes et les femmes et de vivre mieux et de mieux partager temps de travail temps de rémunération dans une société qui est asphyxiée par le surchômage et la précarité alors alors pour faire tout ça on a juste un petit problème c'est qu'il faut gagner il faut gagner et il nous reste quatre semaines et demie et si là aussi on raisonne du point de vue du point de vue féministe on voit qu'il y a quand même une contre-révolution je vous ai dit au démarrage à quel point c'était formidable tout ce qu'on avait gagné mais enfin ça les énerve beaucoup du point de vue féministe vous avez remarqué et du coup c'est très très énervé Zemmour étant quand même le sommet de ce que nous avons en termes de virilisme et de celui qui conteste absolument les avancées féministes mais il n'est pas le seul et donc on est face à cette contre-révolution idéologique très forte on est face à la puissance de Macron qui est le président sortant et on est face aussi à l'effondrement du parti socialiste qui nous oblige qui nous oblige parce qu'ils ont avec le quinquennat Hollande mais c'est vrai partout à l'échelle européenne tuer quelque chose dans le rapport notamment des catégories populaires à la gauche et donc on a une course de vitesse on a une course de vitesse parce qu'on sait que 5 ans de Macron c'est plus possible le président des riches la destruction des droits les libertés publiques mises en lambeau ça n'est plus possible les amis ça n'est plus possible et que soit c'est lui soit il faudrait supporter qu'en embuscade on ait Zemmour ou le père c'est à dire une catastrophe bien bien grande et bien effroyable il faudrait se résoudre à ce duel entre soit Macron soit Zébourg soit Le Pen j'aimerais juste que chacun mesure que si au second tour nous avons Jean-Luc Mélenchon contre Emmanuel Macron c'est un bouleversement du champ politique et c'est un bouleversement du climat politique c'est à dire qu'au lieu de nous bassiner du matin au soir sur les femmes voilées les migrants l'insécurité et tout le bazar nous aurons un débat qui permettra de poser la question du partage des richesses dans ce pays c'est ça le sujet c'est ça le sujet et donc s'il y a dans les semaines qui nous restent le premier argument qui est de franchir la barre du premier tour franchir la barre du premier tour tous ceux qui hésitent qui se disent ah mais oui mais moi quand même je préfère un tel ou un tel à gauche ou alors finalement pour éviter le pire du pire est-ce qu'il ne faut pas quand même voter Macron même si je suis contre tous ces gens là qui sont dans l'hésitation ou ceux alors qui disent moi je m'en fous ça ne me regarde pas tous nuls ça fait pas mal de catégories de personnes il faut aller les voir et il faut leur dire mais rendez-vous compte rendez-vous compte de la différence du climat politique qu'il y aura si Jean-Luc Mélenchon est face à Emmanuel Macron et pas Zemmour et Le Pen primo et deuxio s'il y arrive si on y arrive et si on y arrive parce qu'il ne va pas y arriver tout seul ça ne fonctionne que si là chacune chacun d'entre vous vous décidez que oui on a la niaque que oui on veut prendre la main que non on ne se laisse pas faire et qu'on y va on y va à tracter on y va à faire le porte-à-porte on y va à discuter avec les familles on y va à faire tout ça sinon ça ne marchera pas sinon ça ne fonctionnera pas donc il faut le faire là là tout de suite là dans les semaines qui non mais je sens que je peux compter sur vous je vous sens chaud ouais ça va non je me sens bien bien mieux il faut le faire et ensuite si on est si on est au second tour ce qui est sûr c'est que ça réouvre complètement le jeu c'est à dire personne ne peut dire ce qui se passe c'est à dire qu'on recommence une nouvelle élection et ce serait une surprise quelque chose qui n'est pas prévu mais ça arrive souvent dans les élections présidentielles qu'on a des trucs pas prévus donc là ça serait une bonne surprise pour une fois et alors là on recommence tout donc tout ça pour vous dire qu'il faut impérativement y aller y aller franco je ne sais pas quand est-ce qu'on va gagner mais ce dont je suis sûre c'est qu'on va gagner

1:51:08
Invité

merci à vous quatre pour ces échanges très intéressants et je rajouterai que Clémentine Autain fera une séance de dédicaces de son livre tout à l'heure donc juste je prends juste deux minutes encore de votre temps pour vous rappeler les prochaines réunions publiques à savoir le 18 mars celle de Marina Mesur et d'Adrien Toussel le 22 et le 24 mars ce sera François Ruffin qui sera avec nous à Carbone puis à Toulouse le 24 mars ce sera Raquel Garrido et Jean-Christophe Sélin pour parler de la 6ème République et enfin le 30 mars ce sera Anne Stenbach et Emeric Caron pour parler de la condition animale et je sais que vous serez là parce qu'à Toulouse il y a la mobilisation et il y a la marche la marche pour la 6ème République le 20 mars en bus et on va bien sûr chanter l'hymne des femmes j'espère que vous le connaissez on vous a distribué des textes