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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 8 juin 2015 11 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentationInstitutions & électionsSolidarités & famille

Stéphane Le Foll : "60% des militants ont fait le choix d'une motion qui soutient le gouvernement"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse directe

    Vous êtes hébété, vous aussi, Stéphane Le Foll ?

  • 0:29RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce qui est faible ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    La politique du gouvernement inspirée par l'absurde conformisme bruxellois, écrive-t-il.

  • 1:19RelanceRéponse directe

    Ce n'est pas tout à fait une initiative européenne.

  • 2:27OuverteRéponse directe

    Vous pensez que ce n'est pas ce que ressentent les Français, Stéphane Le Foll ?

  • 3:04RelanceRéponse directe

    Mais Montebourg, il ne demande pas du temps, il explique que vous faites fausse route.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:47Stéphane Le FollFait
    « Non seulement en Allemagne d'ailleurs, mais surtout en France. »
  • 1:51Stéphane Le FollChiffre
    « Au mois de septembre, 9 millions de Français vont bénéficier de la suppression de la première tranche d'impôts. »
  • 4:26Stéphane Le FollChiffre
    « 70 milliards de déficit commercial »
  • 6:25Stéphane Le FollChiffre
    « 60% des militants ont fait le choix de soutenir une motion qui soutient le gouvernement »
  • 9:00Stéphane Le FollFait
    « Crise porcine et aussi bovine. »
  • 10:45Stéphane Le FollChiffre
    « 70% du porc en frais, aujourd'hui, est vendu dans des promotions, aujourd'hui, en France. »

Temps de parole

  • Locuteur 180 %
  • Locuteur 220 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur 2

Le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter. Bonjour Stéphane Le Folle, ministre de l'Agriculture, porte-parole du gouvernement, hébété, nous marchons droit vers le désastre, écrive Arnaud Montebourg et Mathieu Pigasse. Vous êtes hébété, vous aussi, Stéphane Le Folle ?

0:16
Locuteur 1

Absolument pas. J'ai trouvé le titre et l'analyse qui est faite d'une faiblesse pour Arnaud Montebourg et M. Pigasse, qui m'a un peu sidéré. Qu'est-ce qui est faible ? C'est les propositions et l'analyse. Deux étapes dans ce texte. La critique de l'austérité, que j'entends tous les jours. Comme si en France on avait fait de l'austérité. La faute à qui ? L'Europe et à l'Allemagne. C'est ça l'analyse. Toujours la faute des autres. Il n'y a jamais de questions à se poser sur soi. Il y a toujours un fait extérieur qui vient expliquer les difficultés qu'on connaît.

0:54
Locuteur 2

La politique du gouvernement inspirée par l'absurde conformisme bruxellois, écrive-t-il.

0:59
Locuteur 1

Bruxellois et avec l'Allemagne derrière. Très bien. Ça c'est les causes. Solution. Une initiative européenne pour faire baisser les impôts. Donc si c'est l'Europe et l'Allemagne, il faudrait quand même qu'on se mette d'accord. Ce n'est pas la peine d'aller ensuite demander une initiative européenne. Et l'initiative européenne c'est baisser les impôts pour relancer la demande.

1:19
Locuteur 2

Ce n'est pas tout à fait une initiative européenne. C'est une coalition de pays européens qui serait anti-austérité.

1:25
Locuteur 1

Mais qui peut penser que d'abord, quand on critique l'Europe telle qu'elle est organisée, et qu'on propose ensuite de faire des coalitions, où est la raison dans tout ça, les capacités qu'on a à faire ? Et puis, baisse des impôts, et c'est là que ça m'a un peu hébété pour le coup, c'est qu'elle est en train de se mettre en place la baisse des impôts. Non seulement en Allemagne d'ailleurs, mais surtout en France. Donc si Arnaud Bombebourg est convaincu que c'est la baisse des impôts qui va relancer la croissance, et bien je lui rappelle qu'au mois de septembre, 9 millions de Français vont bénéficier de la suppression de la première tranche d'impôts.

Donc on est bien dans le choix technique qui est évoqué dans ce papier, ce n'est pas la peine d'aller raconter des histoires sur hébété, nous allons dans le mur. Si c'est ça, donc je dis papier faible, faible, qui fait beaucoup de bruit, c'est peut-être la corrélation entre les deux. Tout c'est faible, c'est le moment qui est choisi, qui fait du bruit. Mais sur le fond, franchement, qu'est-ce qu'il y a ? Rien ! C'est toujours des gens qui parlent, j'entendais Jean-Luc Mélenchon dans la voiture avant de venir, sur l'idée qu'il y aurait de l'austérité, qu'il suffirait d'avoir une politique de la demande pour relancer la croissance.

2:27
Locuteur 2

Vous pensez que ce n'est pas ce que ressentent les Français, Stéphane Lefeuille ?

2:30
Locuteur 1

Je pense que les Français, ils ressentent effectivement les difficultés. Je pense qu'avec la question du chômage, on n'est pas au bout de nos questions. Mais est-ce qu'on peut dire et accepter d'entendre qu'une société comme l'économie française, dans un monde et dans une Europe avec une zone euro qui a des éléments de fragilité, et que si on ne la stabilise pas, on n'arrivera pas à redresser tout seul notre économie, est-ce qu'on peut entendre qu'il y a un peu de temps avant que les choses se calent, avant que les choses se redressent ? Je l'entends, moi, je partage, j'aimerais que ça aille beaucoup plus vite.

3:04
Locuteur 2

Mais Montebourg, il ne demande pas du temps, il explique que vous faites fausse route, c'est ce qui est différent. Et aussi que cette politique répand la colère, le dépit, la violence, c'est des millions de nos concitoyens qu'ils estiment bernés, trahis, abandonnés. Il se trompe là, Arnaud Montebourg, en décrivant cela ?

3:20
Locuteur 1

Oui, parce qu'en disant cela, il laisse entendre que la politique qu'on conduirait est la cause de la montée du Front National, alors que lui, quand il explique une des causes des difficultés, il explique que c'est aussi l'Europe et l'Allemagne. Je ne sais pas, qu'est-ce qui est le plus grave dans la montée du Front National, si dans le vote Front National, on intègre le fait que les gens ont peur de ce qui se passe autour. J'ai parfaitement compris la logique qu'il y a. Il y a une espèce d'impression que c'est l'Europe et c'est le monde qui nous en veut. L'immigration, on est envahi. De dire que c'est de la faute de l'Europe et de l'Allemagne. Armand Montebourg alimente ses peurs.

Non, mais oui, mais c'est lui qui dit que... Eh bien, écoutez, dans son discours, je suis désolé de vous le dire, le discours du Front National, c'est quoi ? C'est de dire qu'il faut sortir de l'euro et sortir de l'Europe. Bon, donc il y a un moment, il faut qu'on arrête ça. Il faut qu'on soit capable, quand même, d'affronter les choses telles qu'elles sont. J'entendais, tout à l'heure, je reviens sur l'idée de la politique de la demande. Est-ce qu'on a fait une politique qui a tué la demande ? Non, on a cherché à équilibrer une politique de sérieux. Oui, on en a besoin. Pour redresser des comptes de la France, oui, on en a besoin.

Parce qu'une politique de la demande, quand on a 70 milliards, quand on arrive, 70 milliards de déficit commercial, c'est-à-dire que les Français achètent plus de produits qui viennent de l'étranger. Si ce n'est pas un problème, si pour ceux qui considèrent qu'il faut changer de politique, la seule, comment dirais-je, méthode, ça consiste à distribuer, et puis les Français achètent à l'étranger, qu'est-ce qui se passe ?

4:45
Locuteur 2

Il y a eu davantage de prélèvements pour les ménages que pour les entreprises. Je rappelle qu'on a déjà fait cette politique, 81-83. Je m'en souviens. Il y a eu davantage de prélèvements.

4:53
Locuteur 1

Combien d'évaluations ? Combien d'évaluations ? Trois.

4:55
Locuteur 2

Oui, c'était avant l'euro. Il y a eu davantage de prélèvements, Stéphane Le Foll, sur les ménages que sur les entreprises. Donc, sur le fond, je suis vraiment hébété par la faiblesse. Alors, il se trompe, il est faible, mais il y croit, vous lui faites crédit de sa sincérité au moins, Arnaud.

5:10
Locuteur 1

Je fais crédit en particulier de ce qu'on a fait ensemble et de ce qu'il a fait. Sur le Made in France, que moi, je traduis concrètement en viande de France, fleurs de France, miel de France, je sais ce qu'il a fait. Je sais qu'il avait, là, un bon choix. Si on veut redresser, et en particulier, notre déficit de la balance commerciale, il faut qu'on ait une économie qui soit plus solide. Et pour parier sur l'économie, il faut parier sur une production française qui est capable à la fois d'être compétitive et de qualité. Alors, pourquoi il fait ça aujourd'hui ? Écoutez, je ne sais pas pourquoi il fait ça. Il l'a fait juste à la fin du Congrès. C'était pour s'inviter dans le débat du Congrès.

Bon, il l'a fait pour faire acte de présence politique et qu'on en parle.

5:47
Locuteur 2

Ça veut dire qu'il n'est pas retiré de la vie politique ?

5:49
Locuteur 1

Ça veut dire qu'il n'est pas retiré de la vie politique. Et on en parle. Mais sur le fond, je redis, franchement, faible. Et vous lui dites merci, parce que sinon, on n'en parlerait plus de votre Congrès de Poitiers. D'accord. Ce qui est terrible dans cette histoire, c'est quand ça se passe bien, on dit, qu'est-ce que vous faites là ? C'est quoi ? Bon, ça y est, c'est fait, les jeux sont faits. Quand ça se passe mal, ça y est, c'est la catastrophe, les socialistes sont divisés. Qu'est-ce qu'il faut faire pour qu'on ait un peu de... Comment dirais-je ? Un peu moins de passion, peut-être. Et en même temps, je me dis qu'après tout, ça fait partie du débat politique.

Mais sinon, vous en retenez quoi de ce Congrès de Poitiers, Stéphane Lefol, en une phrase ? En une phrase, 60% des militants ont fait le choix de soutenir une motion qui soutient le gouvernement et qui dit, on va jusqu'au bout parce que, de toute façon, le choix qui a été fait, il faut le réussir.

6:36
Locuteur 2

Donc, il y a une minorité, il y a une opposition au sein du Parti Socialiste qui pèse environ 30% et qui n'a pas voulu signer le texte final.

6:45
Locuteur 1

Et qui demande un débat, il est tranché et qui dit, c'est pas fini quand même. Et qui pense à peu près, comme Arnaud Montebourg. Et qui pense à peu près... Alors, il faut demander à Christian Paul s'il est d'accord sur l'idée que la relance passe par la baisse de l'impôt. Parce qu'à ce moment-là, la relance, eh bien, elle est engagée. 30% du PS qui se trompe. Qui se trompe... C'est un débat de fond, j'ai bien entendu ce que disait Benoît Hamon pour le combat. Oui, mais je vous l'ai dit. Débat qui consiste à dire quoi ? Dans cette question, c'est, est-ce qu'il fallait laisser filer les déficits ?

Et est-ce que si on avait 10-12% de déficit budgétaire aujourd'hui, avec les conséquences en termes de l'étant, est-ce qu'il aurait changé quelque chose au fond, en particulier pour l'électorat de gauche ? Je leur dis non. Non. Après, ils peuvent dire, mais si, nous, on le pense. Mais moi, je dis, je ne le pense pas. Je ne le crois pas. Et je suis sûr de moi. Oui, je suis sûr de moi.

7:37
Locuteur 2

Un vol Poitiers-Berlin pour aller voir un match de foot aux frais de l'État et donc du contribuable. Est-ce que c'était indispensable pour le Premier ministre, Stéphane Le Foll ?

7:47
Locuteur 1

C'est une invitation qui a été faite par le président de l'UEFA, je crois, Michel Platini. C'est un match de foot.

7:52
Locuteur 2

Il y a un rendez-vous cette semaine à Paris avec Platini.

7:54
Locuteur 1

Oui, il y a un rendez-vous justement parce que l'an prochain, il y a un championnat d'Europe en France. Il a été évoqué le résultat d'ailleurs de l'équipe de France hier soir, un match que j'ai regardé. Mais bon, voilà, je ne dirais rien d'autre que le fait qu'il y a aussi dans ces moments à la fois un événement sportif, c'est la fin, c'est la finale de la Coupe d'Europe. Et puis, il y a un an avant un championnat d'Europe avec des discussions sur cette organisation, Michel Platini. Donc les deux, voilà. Bon, je ne veux pas faire plus de commentaires que ça.

8:24
Locuteur 2

On vous a entendu ici même la semaine dernière, c'était dans le journal de 8h. Vous étiez à Châteaulin, bousculé très vivement par des éleveurs en colère, des éleveurs de porc qui dénoncent la faiblesse des prix d'achat pratiqués par la grande distribution. On est en train de crever, disaient les éleveurs. Que leur répondez-vous ?

8:46
Locuteur 1

Bon, d'abord, j'étais à Châteaulin aussi, je le rappelle, pour saluer la réussite d'un redressement. Quand je suis arrivé, c'était la fin de Doubs. Bon, et aujourd'hui, ils repartent. Passons ça, parce que le sujet, effectivement, c'est aussi une crise. Porcine et aussi bovine. Les deux, crise de marché, crise de prix, j'en ai parfaitement conscience. Ce que j'ai dit à ceux qui venaient me voir en disant, et qu'est-ce que vous faites, il y a des éléments conjoncturels, et on se mobilise sur les aides qu'on va apporter aux exploitations agricoles, porcines et bovines. Il y a des questions structurelles, qui sont des choix et des organisations qui datent et qu'il va falloir changer.

Donc le ministre, il a une part de responsabilité, mais tout le monde dans la filière aura aussi à partager une part de la responsabilité pour sortir de cette situation. Donc dans cette semaine qui commence, dès demain, après-demain et vendredi, où j'irai à Pouhermel pour l'Assemblée Générale de la Fédération Nationale de Porcine, j'aurai des décisions à prendre. Je l'ai dit...

9:41
Locuteur 2

Sur le constat, ils ont raison de dire que le consommateur paie 20% plus cher le porc que dans les autres pays, et que le producteur est payé 10% moins cher ?

9:52
Locuteur 1

Ils ont raison, et en même temps, ça dépend des produits. Aujourd'hui, le porc, c'est quelque chose qui se distribue, et c'est bien là le sujet, avec des produits qui sont totalement différenciés sur la base d'une carcasse. Donc on a besoin d'y voir clair. Et donc, je le dis, j'avais proposé un accord interprofessionnel, je crois que je n'aurai pas de résultat de l'accord interprofessionnel. Donc pour la première fois, je vais le dire ce matin, je prendrai des décisions sur des encadrements, en particulier sur les questions commerciales, qui n'ont jamais été prises par un ministre de l'Agriculture. Jamais. Pour la grande distribution ?

C'est globalement pour comment on commercialise, et comment on va encadrer la commercialisation, en partie du porc, aujourd'hui, en France. Je vais sur la base des textes...

10:33
Locuteur 2

En plafonnant les marges ? Non, non, non, c'est pas...

10:35
Locuteur 1

Il y a des opérations promotionnelles, il faut que vous sachiez que 70% du porc en frais, aujourd'hui, est vendu dans des promotions, aujourd'hui, en France. 70%. Quel est le repère pour le prix, à partir de là ? Il n'y en a plus. Il n'y en a plus ! Donc, des mesures d'encadrement ? Oui, de l'ordre. De l'ordre dans les agendas, de l'ordre dans la manière dont tout ça est passé. J'attends une proposition d'interprofession, si je ne l'ai pas, vendredi, je ferai des propositions à l'Assemblée Générale de la Fédération Nationale Porcine. Et ça sera la première fois.

11:04
Locuteur 2

Stéphane Le Folle, ministre d'Agriculture et porte-parole du gouvernement, on vous retrouve dans quelques minutes avec les questions des auditeurs d'Inter, il est 8h32.