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interviewFrançois Ruffin· 9 février 2023 49 min

Comment ils ruinent la France (dans l'indifférence)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

j'étais en débat à Bobigny il y a un mois à peu près sur les auxiliaires de vie sociale et à la sortie il y a un gars qui me remet son bouquin qui est là la sobriété gagnante avec une dédicace à l'intérieur je remercie tout ça je dis oui oui je vais regarder je regarde toujours mais souvent bah c'est l'histoire du grand-père aviateur c'est un retraité qui tient délivrer sa vérité sur la monnaie enfin il y a des trucs comme ça mais toujours pas à l'esprit de curiosité jette un coup d'oeil et là j'accroche à fond en fait je trouve que c'est un livre majeur et donc le jeune gars qui m'avait remis le bouquin c'est toi Benjamin Brice donc tu as été élève d'une haute école de commerce les secs maintenant tu es docteur en sciences politiques et tu lui acompte d'auteur normalement je me méfie de temps plus quand c'est à compte d'auteur ton premier livre la sobriété gagnante bon ça fourmille de donner dans tous les sens alors on va en énoncer sur l'emploi sur même le tabac sur la santé sur sur tous les domaines il y a des statistiques très officielles et rien que ça pourrait être une espèce de Bible tu vois moi j'ai relevé tout ça au fur et à mesure de ma lecture mais je voudrais que ça soit sur la charpente de ton ta thèse qu'on qu'on oriente notre discussion en gros ça répond pour moi à une question qui revient mais où passe nos impôts je lisais ça encore une dame qui arrive pas à faire soigner son petit-fils à l'hôpital une mamie alors qu'il a un problème au cerveau mais il y a plus de pédiatre il y a la crise de l'hôpital elle dit mais où passe nos impôts et finalement tu viens on va le voir répondre à ce paradoxe que à mon sens la gauche n'ose pas affronter avec d'un côté un très haut niveau de dépenses publiques dans notre pays alors les libéraux nous disent ils ont pas des records 57% on est les plus élevés en Europe et de l'autre côté le sentiment que les services publics au contraire se dégradent et toi tu viens entre autres répondre à cette question là avec comme axe majeur sortons du dogme de la compétitivité tu dis en gros depuis 40 ans on a une économie sous perfusion sous perfusion générale la perfusion du côté du déficit commercial avec en régime normal 60 milliards d'euros par an et en régime là de guerre en Ukraine on va passer à peu près au double voire plus on va dépasser les 120 milliards d'euros donc là c'est une hémorragie de ce côté là mais c'est aussi salariat sous perfusion disons depuis 40 ans disons depuis que l'ouverture à la mondialisation s'est accéléré et que l'objectif de nos gouvernants a été d'adapter l'économie française à cette à cette mondialisation on a dû baisser le coût du travail ce qui s'est traduit par des exonérations de cotisations sociales depuis 1990 donc ça représente quand même ces exonérations par rapport à 1990 de l'ordre de presque 200 milliards d'euros en 2019 donc c'est donc c'est des recettes en moins pour l'État en parallèle il a fut il a fallu financer le chômage de masse qui n'a jamais été résorbé dans les 40 dernières années donc ça c'est de l'ordre de points de PIB il a fallu financer également les salaires trop faibles avec des primes d'activité avec des de l'argent pour l'exclusion la pauvreté etc disons pour essayer de réparer la casse sociale liée à cette ouverture à la mondialisation ce qui fait que de tous les côtés on perd de l'argent et tout ça sans résultat puisque le déficit commercial continue de de sa croître et ce qui fait que de toute façon au lieu de ramener des capitaux nous en perdons en finançant disons des produits importés fabriqués à l'étranger sur le diagnostic tu dis Grosso comment on est rentré dans une logique de compétitivité nos industries elles étaient pas compétitives donc il y en a une partie qui s'est fait broyer dans la machine ça produit du chômage de masse et il y en a une partie pour la rendre compétitive on la subventionné mais là où on avait du chômage de masse ou alors chez dans les métiers peu qualifiés qui n'étaient pas compétitif il a fallu du coup soit payer des aides sociales soit subventionnés les salaires et on a par ailleurs une économie qui est subventionnée auteur il me semble de 160 milliards d'euros c'était calculé dernièrement par an d'aide aux entreprises pour soi-disant les rendre plus compétitives vis-à-vis de l'étranger tu dis ça marche pas en fait là-dedans c'est surtout les exonérations de cotisation sociale donc des recettes en moins de l'ordre de 60 milliards les toutes les niches fiscales pour les entreprises donc des recettes en moins et une petite partie je crois de l'ordre de 30 milliards de subventions directes mais ce qui est intéressant là-dessus c'est que la France subventionne des industries disons qui ont besoin d'exporter ou de ne pas de faire face à la concurrence internationale cela peut tout à fait se défendre et je veux dire dans un monde ouvert il est tout à fait normal d'essayer de défendre ses entreprises mais le problème c'est qu'au nom d'une certaine neutralité de la fiscalité on a appliqué ça à tous les domaines c'est à dire que le domaine complètement protégé non délocalisables bénéficie également de ces niches fiscales et de ses œufs exonération de cotisation sociale qui coûte très cher à la société il y a qu'une seule partie de l'économie française qui est directement soumise à la concurrence internationale celle-là il faut sans doute réfléchir soit par des protections soit par des subventions à comment la protéger mais le reste de la collectivité en tout cas des entreprises n'a pas forcément besoin d'être subventionné ce qu'il faut bien sûr le niveau des prix et nous donne l'habitude d'avoir des prix artificiellement bas des impôts artificiellement haut et le résultat économique et social n'est pour l'instant pas bon du tout quand il y avait eu la mise en place du crédit un peu compétitivité emploi quand même à hauteur de 20 milliards d'euros par an les trois premiers bénéficiaires c'était quasiaux Carrefour et Auchan et donc trois boîtes de grandes distribution qu'il a n'avait pas de compétition à l'international c'était juste une compétition nationale sur un marché qui est fermé oui et en plus de ça je veux dire François Hollande l'avait dit sans contrepartie c'est à dire que le modèle de la grande distribution des Françaises sans doute des avantages en termes de pouvoir d'achat etc mais aussi des inconvénients sur lesquels on devrait faire levier je veux dire la manière dont les producteurs notamment les producteurs agricoles sont obligés d'accepter des prix très bas qui leur donnent des revenus à tout à fait insignifiant devrait être quelque chose sur lesquels on appuie pour demander à la grande distribution en échange par exemple d'exonération fiscale de faire des efforts dans ce domaine là ou des efforts sur la question de l'implantation des zones commerciales qui détruisent les petits commerces qui oblige à prendre la voiture et qu'il nous faut rentrer dans un cycle je veux dire qui n'est je crois pas très gagnant pour pour le pays et sans compter bien sûr les emplois je crois que si on prend les emplois de caissières il y a à peu près la moitié des emplois qui sont à temps partiel dont une vaste majorité à temps partiel subit là aussi il y a des choses qu'il faudrait sans doute régler tout ce qui est subventionné l'agriculture subventionnée l'agriculture c'est que on s'est habitué mais là je veux dire c'est une faute collective on a accepté de payer de moins en moins cher pour nos produits agricoles pourquoi pour faire face à la concurrence étrangère souvent la concurrence la concurrence européenne mais on est rentré dans un cycle où nous payons moins cher nos produits agricoles mais en échange il faut subventionner l'agriculture ce qui ne permet pas d'ailleurs aux agriculteurs de vivre très bien très loin de là et on est rentré dans un cycle où on a oublié que l'agriculture d'abord était une fonction essentielle dans la société mais qu'en plus les produits agricoles en tout cas de qualité est fabriqués localement ont un coût et qu'il va falloir accepter de payer l'un des premiers textes sur lequel je suis intervenu dans l'hémicycle en donc il y a 5 ans maintenant c'était un texte de la droite qui disait que il fallait la compétitivité d'agriculture française et que pour ça fallait baisser les charges et cotisations tout ça et le ma première intervention est de dire que l'objectif de l'agriculture ne devait pas être la compétitivité mais ça ça suppose aussi des barrières douanières ah le je crois que sur l'agriculture c'est peut-être là où il pourrait y avoir le plus grand pont consensus pour dire que la souveraineté alimentaire est quelque chose d'important surtout dans un monde avec des tensions géopolitiques qui montrent que les approvisionnements ne sont pas garantis mais l'agriculture a été très longtemps protégée par des barrières douanières il y a encore des manières souvent indirecte de protéger certains secteurs etc mais oui il est clair qu'on peut pas demander à la fois aux agriculteurs d'avoir une agriculture disons de meilleure qualité avec plus de par exemple de bien-être animal etc et en même temps continuer à les soumettre à la concurrence extérieure c'est c'est perdant pour les agriculteurs c'est perdant pour et ces perdants pour l'économie en général car on finit par par subventionné des importations qui ont peu d'intérêt social et économique alors le logement aussi des subventionné côté propriétaire avec les niches fiscales côté locataire avec les APL là il y a un problème disons plus global d'aménagement du territoire je crois qu'on n'a pas du tout pris à bras le corps dans les dernières décennies dans les décennies d'après-guerre l'aménagement du territoire était quelque chose de clé l'équilibre entre les territoires la manière de gérer notamment l'exode rural lié à la baisse de la part du secteur agricole etc dans les dernières décennies on a laissé un petit peu les choses se faire toute seule qu'est-ce qui s'est passé des industrialisations du pays d'un côté donc en plus de la baisse du nombre d'exploitations agricoles ce qui fait une certaine désertification du territoire avec toutes les conséquences qu'on connaît en terme de fermeture des services publics et autres et concentration dans les métropoles une métropolisation qui a été je veux dire encouragée par les pouvoirs publics forcément plus il y a de concentration dans les métropoles et plus la valeur ajoutée se crée dans les métropoles plus les prêts de l'immobilier flambent il y a bien sûr beaucoup d’autres facteurs qui expliquent cette hausse des coûts de l'immobilier mais il y aurait une réflexion à avoir au niveau national d'un certain rééquilibrage du territoire je pense que ça passe par une certaine relocalisation d'activités industrielles mais il y a sans doute des choses à faire en termes de fiscalité en termes de construction etc pour faire en sorte que le logement ne soit pas des coûts prohibitifs pour les classes populaires en créant en plus énormément de je veux dire d'inégalité en termes de patrimoine car si il y a eu une augmentation des inégalités en termes de richesses dans la dernière période c'est notamment lié à la hausse du coup de l'immobilier et là il faut que disons les pouvoirs publics reprennent leur rôle disons en quelque sorte de planification ou leur rôle directeur à se dire dans les décennies à venir comment faire pour rééquilibrer ces rapports entre territoires et notamment comment recréer des emplois dans les espaces qui en ont beaucoup perdu au cours des derniers on a dit tout ça et subventionné maintenant se rajoute supplémentaire c'est les carburants le gaz l'énergie qui sont à leur tour subventionnés on parle de sobriété depuis le mois de septembre mais effectivement c'est des chercheurs des organismes etc ont mis ce sujet sur la table depuis au moins 20 ans ça fait 20 ans qu'on aurait dû s'en emparer pourquoi parce que notre dépendance au combustibles reste très élevé alors que nous n'en produisons aucun nous n'avons aucun intérêt à dépendre de ces combustibles fossiles contrairement aux États-Unis ou à d'autres pays ce sont des combustibles fossiles qui sont les principaux responsables du réchauffement climatique donc on devrait vouloir s'en passer le plus vite possible en plus de ça il coûte énormément cher au pays c'est à dire que la facture énergétique est très élevée en France c'était de l'ordre de disons 50 60 milliards en année normal aujourd'hui ça doit être ça doit être le double enfin près du près du double et en plus de ça ça coûte cher au ménage car la dépendance au carburant au fioul au gaz etc donne des situations de précarité énergétique pour se chauffer et pour se déplacer donc là nous avons tout intérêt collectivement à nous passer le plus vite possible de ces combustibles ça n'a pas été fait dans les années à venir espérons que cela sera fait dans les dans les années passées dans les années à venir pour l'instant on n'en voit pas le on n'en voit pas vraiment le le chemin puisque par exemple une mesure comme les 110 km/h sur l'autoroute sont les mêmes pas les mêmes pas mise sur la table alors que c'est une mesure qui qui permettrait une certaine réduction et donc qu'est-ce qu'on fait on finance on finance l'importation de carburant c'est un peu toutes les primes qui ont été faites récemment la baisse du coup à la pompe il me semble que on est à quelque chose comme 70 ou 80 milliards de financement pour les entreprises ou pour ou pour les ménages liés à toutes ces hausse de prix et qui ont été pour l'instant presque que des mesures non ciblées donc qui ont touché aussi bien les classes supérieures que les classes inférieures et des classes populaires ce qui fait que une personne disons de classe supérieure avec une grosse voiture circulant en centre-ville voit son essence autant subventionnée que quelqu'un qui a des déplacements forcés à la campagne pour aller travailler donc quand on appelle la liste de toutes ces subventions à peu près tous les secteurs et qui sont très différents il y a des exonérations d'impôts il y a des dépenses etc c'est c'est très complexe mais on aboutit un paradoxe qui est que à la fois on a dans notre pays un taux de prélèvement qui est élevé on a et pourtant les services de l'État eux ils voient leur part dans le budget de la Nation diminuer l'éducation le la justice la santé tout ça voit son budget diminué pourquoi commencer là si il y a quelque chose ou je crois que les libéraux ou la droite ont une grande responsabilité de ne pas avoir essayé de comprendre ce qui se passe dans le les dépenses publiques on dit toujours effectivement c'était 55% en 2019 je crois que c'est 59% en 2021 de pourcentage du PIB rapporté au PIB de dépenses publiques mais dedans il y a des choses très différentes c'est à dire qu'il y a toutes les dépenses les prestations les transferts que ce soit pour les entreprises pour les retraites et autres mais il y a les dépenses de fonctionnement qui sont celles dont on parle le plus c'est à dire la rémunération des agents publics et tout ce dont ils ont besoin les ordinateurs les véhicules les bureaux pour pour travailler tout ça cette part c'est en gros autour de 18% rapportés rapportés au PIB et bien par rapport à 1980 donc avant l'arrivée des spécialiste au pouvoir et bien cette part a légèrement diminué à perdu un demi point de PIB en 2019 qu'est-ce que ça veut dire ça veut dire que l'on met un tout petit peu moins d'argent qu'en 1980 dans nos services publics alors que les besoins ont augmenté et c'est ça qui est très important de voir les besoins ont augmenté pourquoi je prends juste deux domaines la santé donc les hôpitaux publics le vieillissement de la population est en plus l'augmentait le progrès médical etc font que les besoins ont augmenté en termes de personnel en termes de médicaments etc donc il y a de plus en plus de besoins mais des budgets contraints et l'éducation on met de plus en plus de personnes jusqu'au niveau du bac ou faire des études supérieures mais en parallèle de moins en moins d'argent dans l'enveloppe global là on a aboutit à quoi l'éducation qui est sous-financée l'hôpital on l'a vu depuis le covid et ça ne s'est pas vraiment améliorer qui est sous financé mais la même chose pour les tribunaux pour la police pour la recherche pour à peu près tous les domaines de l'action publique et ça les gens s'en rendent compte sur le terrain avec par exemple la désertification des services publics mais dans le discours public au continue de dire 55 ou 59% de dépenses publiques donc il n'y a pas de problème de ce côté-là donc il faut vraiment regarder ses dépenses de fonctionnement je veux dire quelque chose sur le ta méthode et son côté précis que tu apportes sur les dépenses d'éducation tu nous dis voilà c'était dans les années 90 7,7% du PIB c'est aujourd'hui 6,6% donc ça fait un point en moins mais tu nous dis aussi que les dépenses pour les élèves des 10% les plus riches ça va être trois fois plus que pour les 50% des classes populaires pendant la totalité d'un parcours tu es très précis dans les chiffres comment tu lui expliques qu'on est 57% de dépenses publiques et que pourtant le budget de l'éducation de la santé de la justice et ainsi de suite et baissé depuis les années 80 il y a quand même où est-ce que où passe nos impôts alors donc on a disons 18% enfin là ça doit être un peu moins de 18% de dépenses de fonctionnement qui partent de côté ensuite si on prend les jeudis au niveau global donc c'est 57%, il y a presque la moitié de ses dépenses qui vont dans deux postes qui sont les retraites et la santé les retraites c'est des cotisations sociales qui ont été payées par par les travailleurs et qui sont ensuite reversés sous forme de retraite donc c'est pas des dépenses publiques au sens de ça ça paye des salaires de de fonctionnaires etc ce sont des dépenses publiques qui reviennent directement dans les poches des particuliers et les dépenses de santé et là il y a un gros problème sur ces deux postes alors d'abord pour les comparaisons internationales je veux dire si vous avez un système de retraite privée ça n'apparaît pas dans les dépenses publiques mais ces dépenses elles sont faites de toute manière donc ces dépenses apparaissent dans les dépenses publiques mais je veux dire c'est parce qu'on a fait le choix de socialiser ses dépenses elle se elle serait pas mieux gérée et plutôt même moins bien si on fait on passait on privatiser ses dépenses parce que l'avantage du système public c'est qu'il n'y a pas de dépenses de marketing il n'y a pas de démarchage etc pour pour faire telle ou tel organisme alors qu'aux États-Unis c'est le cas il y a tout un business autour de des retraites et pour la santé il y a la même chose le vieillissement de la population créé de nouveaux besoins donc que ce soit les retraites ou la santé il faut accepter la démographie et telle qu'elle est aujourd'hui en France donc ces dépenses ont tendance à augmenter et là encore pour les comparaisons internationales dans le cas par exemple de la de la santé il y a une partie qui appartient au secteur privé c'est-à-dire les médecins libéraux avec les remboursements de sécurité sociale et une partie publique avec les hôpitaux en Allemagne où les dépenses publiques de santé sont moins importantes c'est tout simplement parce que les hôpitaux pour une question de statut son compter comme des dépenses privées et donc n'apparaissent pas mais si on regarde les dépenses de santé de la France et de l'Allemagne c'est à peu près au même niveau dans dans le PIB donc il il n'y a pas forcément d'exception française en termes de dépenses publiques mais il y a des choix qui sont que de mettre toute la santé enfin presque toute la santé est presque toutes les retraites dans les dépenses publiques mais ça il faut comprendre que cette masse santé et retraite ne va pas enfin n'a pas de raison de baisser dans dans les dans les années à venir est-ce que c'est un problème sachant que c'est de l'argent qui de toute façon revient dans l'économie sous forme de [Musique] remboursement de santé ou sous forme de retraite c'est pas forcément c'est pas forcément un problème en revanche qui est très problématique c'est qu'on continue à faire porter une grosse part des efforts sur les dépenses de fonctionnement donc la fonction publique les services publics ou là malheureusement il faut se rendre compte qu'on a de plus en plus de besoins et des besoins qui ne sont pas qui ne sont pas à auxquels on ne répond pas l'éducation on se rend compte je veux dire il y a de plus en plus de mesures qui montrent que l'éducation française décroche par rapport à ses voisins etc c'est pas un hasard si on met un point de PIB en moins par rapport aux années 90 c'est pas un hasard si l'éducation décroche et comment ça s'est traduit par le gel du salaire des enseignants par la disparition d'un certain nombre de fonctions supports qui oblige à faire toujours plus de paperasse de bureaucratie etc il y a beaucoup de choses qui expliquent qu'ils ont le mal-être aujourd'hui dans l'éducation nationale et on trouve la même chose dans beaucoup de domaines malheureusement donc le message c'est vraiment regardons les dépenses de fonctionnement elles ont diminué en du PIB dans les 40 dernières années et étant donné les besoins en termes de vieillissement de la population en termes de transition écologique en termes de je veux dire tension géopolitique à travers le monde il va falloir mettre plus d'argent c'est aussi dans toutes les subventions aux entreprises dans les subventions au salaire dans les subventions à l'économie générale quoi alors ensuite il y a quelques points de PIB qui passent effectivement dans les allocations chômage parce que ça fait 40 ans qu'on accepte un chômage de masse qu'on qu'on résorbe pas on dit que Emmanuel Macron a permis de baisser je veux dire de baisser le chômage on est toujours autour disons de 7%, mais si on prend l'ensemble du phénomène c'est à dire le chômage le sous-emploi les gens qui voudraient travailler plus mais qui qui sont obligés d'être à temps partiel et le halo du chômage des gens qui sont comptés comme inactif mais qui en fait aimerait bien travailler et bien ce volume là pas vraiment beaucoup baissé à l'arrivée d'Emmanuel Macron en 2017 il y avait 6 millions de personnes concernées par ces phénomènes donc c'est quelque chose de massif en France au début de l'année 2022 il y avait 5 millions et demi de personnes donc je prends les chiffres en valeur absolue mais ça montre quand même un volume très important et donc toutes ces personnes-là qui en général gagnent très mal leur vie sont rarement indemnisés etc sont obligés de vivre avec des allocations chômage des prestations sociales etc car elles n'ont pas elles n'ont pas de travail une des priorités si on voulait justement diminuer un petit peu la part des dépenses publiques c'est d'avoir un plein emploi et un vrai plein emploi c'est à dire un plein emploi de qualité pas un pleine emploi où on diminue les allocations chômage pour obliger les gens à accepter n'importe quel emploi quitte à ce que ça leur donne des salaires très faibles ou que ça détruise leur équilibre familial mais des emplois de qualité qui permettent aux gens de vivre de leur travail qui était une grande revendication des gilets jaunes de vivre dignement de leur travail et qui permettrait en à côté de ça de permettre aux disons classe populaire de moins dépendre en permanence des transferts sociaux que ce soit pour le logement pour le chômage pour la pauvreté etc pour vivre et ça je crois que c'est un projet de société très important puisqu'il y a une bonne et même pour les salaires avec la pluie avec la prime d'activité la prime d'activité c'est à peu près 10 milliards par an 10 milliards par an qui sont payés qui est payé par l'État au lieu d'être payé par les entreprises au nom de la compétitivité et qui va d'ailleurs créer un problème social dont on n'a pas encore pris la mesure c'est que au moment de la retraite cette prime d'activité il n'y a pas de cotisation donc ça compte pas pour la retraite ça compte pas pour le chômage etc au moment de la retraite il va y avoir une perte de salaire qui va être beaucoup plus importante pour les gens qui ont bénéficié de la prime d'activité par rapport aux générations d'avant et tout ça c'est des choses qui qui vont je crois nous péter à la figure malheureusement si on ne si on ne prend pas des actions résolues donc une priorité là-dessus c'est un plein emploi de qualité c'est à dire permettre à tout le monde est notamment en classe populaire de vivre enfin dignement de leur travail et là on revient sur la question du logement là il faut il faut faire en sorte que il y a un gros problème là on est à Paris là à Paris les gens qui ont des métiers disons qu'on dit peu qualifier travail du lien etc avec des SMIC ou parfois moins que le SMIC parce que avec des temps partiels imposé il est impossible de se loger non pas à Paris mais en région parisienne ou en tout cas de se loger dignement dans ces conditions le paradoxe de où passe nos impôts il s'explique par le fait que ça passe de plus en plus en subvention ça passe en transfert en fait mais ça passe pas en dépenses pour les services publics ah ça c'est clair que non les services publics n'ont pas bénéficié de surcroît de dépenses dans les dernières 40 années puisqu'il y a un accroissement des besoins et en même temps les moyens ont stagné voire plutôt régresser dans la dernière période donc là maintenant on va se chapitre solution comment on sort de cette spirale infernale compétitivité déficit commercial transvers sociaux chômage et finalement satisfaction générale perdant perdant sur le terrain économique perdant sur le terrain de l'environnement parce que on ne perd pas la transition nécessaire perdant sur le terrain de social parce que les tu montres que les budgets sont extrêmement contraints il peut apparaître qu'il y a une redistribution effective dans notre pays mais que une fois qu'on a enlevé les dépenses contraintes et tu les chiffres ben c'est de plus en plus serré pour les classes populaires de bon donc commençons de cette spirale de perdante perdant perdant la solution de Ben la solution c'est toujours beaucoup plus compliqué et puis c'est plus facile dans un livre que que un décideur disons face à des choix impliquant toute la société mais je crois quand même que la priorité c'est de sortir de cette obsession de la compétitivité et des exportations arrêtons de regarder en permanence la question des exportations qui nous fait prendre des des décisions je veux dire très coûteuses pour la nation très coûteuse pour les classes populaires en termes de flexibilité de travail de pression etc et très coûteuse pour les finances publiques et regardons plutôt la consommation et les importations et ce qui devrait nous inciter davantage à faire ça c'est la question écologique la question écologique il y a un problème de surconsommation tous les études d'opinion montrent que la plupart la Vasse majorité de la population a conscience qu'il y a un problème de surconsommation on consomme trop de combustibles fossiles c'est clair mais on consomme trop de matière on consomme trop de métaux etc on nous consommons trop disons d'un point de vue matériel donc on se moque trop bien matériel et l'énorme avantage qu'à la France dans ce domaine là par rapport à des pays comme l'Allemagne ou les Pays-Bas ou la Suède l'avantage de la France c'est qu'elle est déjà gravement en déficit commercial et elle est largement des industrialisée c'est à dire que finalement c'est un avantage mais je crois que disons pour réfléchir à la suite c'est un avantage on le voit bien pour l'Allemagne l'Allemagne depuis 20 ans est devenu la championne de la compétitivité avec des des excédents commerciaux je veux dire inimaginables l'Allemagne n'a pas réussi à prendre le tournant disons géopolitique des tensions internationales parce que l'Allemagne a tellement intérêt au nom de ces exportations à rester en très bons termes avec la Chine avec la Russie pour ses importations de gaz etc qu'elle n'a pas vu ce qui était en train de se jouer et elle s'est trouvé fort démunie quand les importations de Gad en direction en provenance de la Russie ont cessé et je veux dire nous ne sommes pas à l'abri que les tensions avec la Chine donne le même genre de résultat commerciaux dans les décennies à venir pour l'Allemagne qui dépend énormément pour son industrie de machines et automobiles de des de la Chine pour importer des pièces détachées et pour vendre les voitures donc je crois que c'est la France est à peu près le seul pays en Europe en tout cas avant la crise en Ukraine le seul pays en Europe à être en grand pays en Europe disons à être en déficit commercial l'avantage que nous avons c'est que nous pouvons miser sur de la relocalisation industrielle qu'est-ce que ça veut dire la relocalisation industrielle c'est le contraire de la délocalisation la délocalisation a été faite au nom des prix bas en produisant ailleurs dans le monde souvent avec plus de dégâts environnementaux et disons moins de droits sociaux on a importé des produits moins chers ce qui a permis d'en consommer plus nous avons augmenté notre confort matériel nous avons augmenté notre volume de consommation et bien il faudrait prendre le chemin inverse c'est-à-dire relocaliser des activités industrielles relocaliser ça veut dire si on veut avoir des emplois de qualité ça suppose de payer les gens et donc de renchérir en partie le coût des produits ça dépend bien sûr des produits il y a toute il y a des gains de productivité possible mais renchérir en moyenne les produits et ça ça suppose un effort de sobriété c'est à dire des produits peut-être de meilleure qualité mais en consommer moins et le gain environnemental est clair parce que c'est moins de transport bien sûr notre énergie ou en tout cas notre électricité est bas carbone en France qui n'est pas le cas de la plupart des pays pour ce qu'il en reste de la plupart des pays dans le monde et nous avons des normes environnementales et sociales beaucoup plus strictes que la plupart des pays avec qui nous échangerons en tout cas les pays en dehors de l'Union Européenne donc là en fait tu dis vu notre déficit commercial c'est pas en exportant davantage qu'on va réussir à combler ça il faut changer de raisonnement et juste demander en priorité comment on va faire pour moins apporter ça fait disons 30 ou 40 ans qu'on se dit il faut qu'on exporte plus c'est ça le jeu de la mondialisation il faut exporter plus et la consommation est libre les importations encore là quand Macron il est revenu de chez Biden Biden qui lui a fait quand même un bras d'honneur puisque il y a dit non non nous on mettra en place notre politique protectionniste c'est on va suivantner les entreprises pour qu'elles viennent s'installer sur le territoire américain et j'entendais le maire lundi matin il disait que la solution ça soit qu'on devienne plus compétitif et que on exporte à la voix noveu 1 et nous avions oui mais ce que je veux dire c'est que la position de Bruno Le Maire pourrait se comprendre si Bruno Le Maire était allemand ou suédois etc mais du point de vue de la France je crois que c'est c'est une aberration parce que le problème de la France c'est que nous sommes dans un bloc très largement excédentaire d'un produit manufacturier l'Europe mais nous nous sommes en déficit donc nous avons sur ces questions là commerciales pas du tout les mêmes intérêts que nos partenaires européens et je veux dire nous nous avons tout intérêt justement à ce qu'il y ait plus de protectionnisme plus de plus de préférence pour les produits nationaux etc mais pour revenir à la question des relocalisations les relocalisations quelles sont les avantages donc il y a un effort et qu'il faut pas cacher un effort de sobriété un effort de sobriété matérielle c'est-à-dire une moindre consommation en volume matériel avec bien sûr dans tout cas pour les combustibles et pour les biens manufacturés mais qu'est-ce que ça permet ça permet de recréer des emplois et notamment des emplois en dehors des métropoles car les industries en général ne sont pas situés dans les métropoles ça permet donc d'avoir plus de recettes fiscales et moins de transverses sociaux plus d'emplois c'est moins d'allocations chômage et plus de recettes sous forme de cotisations etc et donc de dégager de l'argent notamment pour les dépenses de fonctionnement et les services publics qui en ont bien besoin donc l'idée générale c'est de relocaliser ces deux trois et maintenant plutôt 4 points de déficit commercial dans l'économie française française dont nous avons vraiment besoin et qui permettrait enfin de mettre de l'argent dans toutes les dépenses d'avenir dans lesquelles nous sous investissons aujourd'hui et ce que l'on ne dit pas assez ce qui va nous coûter très cher à long terme tu vois deux leviers voilà il y a un levier que qui est très connu de ma part qui est quand même levier de protectionniste et il faut des taxes frontières il faut des barrières de Asnières il faut des quotas bref il faut une régulation du libre-échange je reviens pas trop sur ce point là parce que il l'a déjà été largement débattu sur sur ma chaîne youtube mais le deuxième point c'est de dire il y a un levier qu'aujourd'hui les politiques s'interdisent d'utiliser c'est le biais de la consommation alors bon les les deux sont liés mais effectivement la question du protectionnisme on en parle de plus en plus mais je veux dire je crois qu'il faut pas se voiler la face le libre-échange a maintenant perdu je veux dire il y a des retours de balancier au cours de l'histoire dans les deux derniers siècles que ce soit en France en Angleterre etc il y a des phases de libre-échange des phases plus protectionnistes aujourd'hui nous revenons vers une phase plus protectionniste mais ensuite il y a quand même le levier de la consommation qui n'est pas du tout activé là il y a plein de choses mais ce qui manque je crois du côté de nos gouvernants c'est se dire nous avons intérêt à moins consommer d'un point de vue matériel en volume avec de la relocalisation et ça c'est complètement en dehors je crois du logiciel qu'est-ce qu'on doit nous gouverner alors ce qu'on doit moins consommer c'est tout ce qui est donc matériel pour prendre un exemple simple par exemple pour le textile textile en France dans les classes supérieures il y a beaucoup de personnes qui ont les moyens de mettre plus d'argent ou de mettre ou d'acheter du made in France si vous achetez du textile made in France plutôt qu'acheter du textile par par exemple provenant de Chine vous faites un énorme gain en termes de gaz à émission gaz à effet de serre des missions de gaz à effet de serre parce qu'en Chine l'électricité est produite à partir de charbon vous faites un gain en termes de localisation d'emploi et vous faites sans doute un gain de sobriété en termes de volume de consommation parce que par rapport à un t-shirt qui vient de Chine que vous paierez payer 10 ou 15 euros un t-shirt made in France c'est de l'ordre de 40 euros donc ça s'adresse au classe supérieur tu dis ça s'adresse aux classes supérieur maintenant on est en train de faire une politique pour tout le pays pas plus spécialement pour les classes supérieur mais alors disons il faut commencer à mettre à contribution les classes supérieures ça je crois que c'est clair le gros problème de la sobriété c'est que c'est un mot qui arrive au moment où les Français servent la ceinture c'est à dire dans les classes populaires pour tout un tas de raisons le pouvoir d'achat est très fortement contraint et là avec l'inflation ça ne va pas ça ne va pas s'améliorer donc je je crois que les classes supérieures ont un énorme rôle à jouer pour plusieurs raisons c'est un ce sont elles qui polluent plus je veux dire même si on regarde l'empreinte des biens que l'on consomme si on regarde l'empreinte de notre mobilité et tout les classes supérieures en tout cas les 10% en général c'est deux trois quatre fois plus des missions que un ménage dans les classes populaires donc en volume c'est pas du tout c'est pas du tout négligeable deuxièmement elles ont beaucoup plus de marge de manœuvre pour acheter des produits meilleurs pour l'environnement et meilleur pour pour le pays et troisièmement elles ont aussi une fonction de prescription c'est à dire que tout le mode de la consommation et souvent tiré par la consommation des des classes supérieures on l'a vu par exemple avec les SUV les SUV ce sont imposés petit à petit dans la voiture en France les gros voilà les grosses voitures sont imposées en France d'abord par les classes supérieures qui ont aussi les voitures les plus sophistiquées les correcteurs de trajectoire et tout tout ça les études sociologiques montrent que c'est sur supérieur qui commence et petit à petit ça se diffuse ne serait-ce que par le marché de l'occasion ou de toute façon il faut acheter les voitures qui sont sur le marché donc les classes supérieures ont quand même un rôle qui est très important même si quand je parle de classe supérieure dans le livre je parle des 20 30 ou 40 % de la population du haut c'est pas le 1 % ou le 01 %, c'est quand même quelque chose d'assez comment tu fais pour qu'ils achètent ton pull il vient de France toi Alain mon pull c'est le Saint-Jacques donc c'est c'est un pull qui vient de France mais c'est parce que disons j'ai les moyens de le payer et je veux dire c'est pas on peut pas forcer que tout le monde achète du pull dans les classes sup puis après on parlera des autres mais pour que toutes tes collègues et les miens et bah ils achètent du pull français bah alors il faut déjà il faut d'abord que la parole politique soit tournée là-dessus je veux dire le made in France on a on a parlé de temps en temps on en parle de temps en temps c'est une des demandes qui sont importantes dans les études d'opinion la relocalisation d'activités industrielle en France et pourtant dans le débat public il y a eu un moment au moment du covid Bruno Le Maire avait dit à acheter plutôt des produits français mais ça a complètement disparu donc ça il faut que ça me rappelle un bouquin c'est un sud-coréen qui était exilé aux États-Unis un prof d'économie et qui a écrit des bouquins justement sur votre protectionnisme parce que il lit dans les rapports je sais pas si c'est du FMI ou qui regardez comme la Corée du Sud s'en est bien sorti grâce au libre-échange il dit mais c'est n'importe quoi moi dans ma jeunesse quand quelqu'un avait une bagnole américaine on lui crachait dessus parce qu'il fallait pas acheter américain c'était du déficit quand quelqu'un mâcher un chewing-gum c'était américain on lui mettait des torgnols pour qu'il arrête de mâcher le chewing-gum parce que c'est ça crée du déficit commercial et en fait il dit on la Corée du Sud c'est grandit en se protégeant et après il fait une relecture de toute l'histoire mais enfin en tout cas aussi avec des impositions sociales partagées sur le terrain de la consommation oui oui mais c'est pour ça le déficit commercial a une question central et le problème c'est que dans le débat politique c'est surtout les libéraux et la droite qui s'en emparent et pour promouvoir des politiques de compétitivité c'est très important de remettre ça c'est un enjeu de crédibilité économique mais c'est très important de remettre ça parce qu'il y a des enjeux écologiques des enjeux sociaux et des gens de finances publiques derrière cette question mais ensuite qu'est-ce que quels sont nos marges de manœuvre il y a la fiscalité quand même mais par exemple Lumix c'est marqué il y a quand même à peu près 100% de chance qu'il soit pas fabriqué en France ah oui on arrête tout de suite la vidéo ou pas ah non non bien sûr que non je veux dire non surtout pas la vidéo et il y a quelque chose non mais il y a quelque chose qui est sûr c'est que on ne peut pas se passer d'importation il y a il faut il faut l'énergie etc mais par exemple que ce soit les appareils là ou même si on prend disons les ordinateurs et les téléphones ordinateur et téléphone juste donc ordinateur et téléphone c'est 18 milliards de déficits publics en non pardon de déficit commercial en 2021 18 milliards c'est quand même massif c'est presque un point de de PIB bon ben là dessus comme on les produit pas et comme on ne va pas les produire en tout cas à court terme il faut que l'on en consomme moins consomme moins ça veut dire moins renouveler les appareils moins renouveler les appareils c'est imposer des garanties plus longues imposées des normes de réparation qui d'ailleurs pourront créer de l'emploi local et réguler la publicité je veux dire c'est pas normal d'avoir de la publicité en permanence pour renouveler téléphone enfin c'est surtout renouveler les téléphones alors que ça a un coût si élevé d'un point de vue écologique mais un coup si élevé d'un point de vue économique pour pour la France il y a des choses comme ça qui je crois sont sont aberrantes car nous n'avons pas intérêt à consommer de plus en plus de téléphone et d'ordinateurs un autre lieu évident de déficit commercial c'est le pétrole et les gaz comment tu fais ah ben pétrole et gaz là ça va passer par il y a une chose qui est majeure c'est la rénovation thermique des bâtiments la rénovation thermique des bâtiments permet de consommer en tout cas là où il y a des chaudières à gaz et au fioul de consommer moins de combustibles là c'est tout à fait gagnant c'est tout à fait gagnant pour les gens qui se chauffaient pas assez et qui vont pouvoir chauffer une température normale et pour ces gagnants pour le déficit commercial car ça ne coûte très cher d'apporter ses combustibles c'est gagnant pour la facture la facture des ménages donc là il faudrait investir massivement mais au lieu de mettre des aides dont les gens peuvent se saisir etc on prend toutes les passoires thermiques du pays notamment celle au fioul et au gaz et on commence à investir massivement là-dedans quitte à ce que les gens ne mettent rien et à ce qu'on récupère sur la consommation ou quelque soit la manière de le faire mais il faut quelque chose de volontaire où on aille directement avec comme objectif principal de commencer par là où c'est le plus facile de réduire notre consommation de combustible fossiles même chose pour la voiture la voiture le tournant des grosses voitures des SUV en plus avec de plus en plus économique de d'électronique aujourd'hui dans une voiture je crois qu'il y a quelque chose comme 40% du prix d'achat d'une voiture est lié à l'électronique tout ça c'est de la valeur ajoutée qui est très loin de notre pays la voiture au début des années 2000 nous étions en excédent commercial aujourd'hui si on prend la voiture les équipements et tout on doit être à quelque chose comme 25 milliards de déficits c'est quelque chose de de massif on a tout un fait intérêt à encourager disons la production de voiture plus légère plus sobre encourager cette production en France car aujourd'hui c'est ce type de véhicule son produit à l'étranger là il faut que l'État s'engage pour dire à long terme nous allons privilégier ces voitures fabriquées localement et disons avec des tailles raisonnables pour que les industriels puissent se projeter faire les investissements nécessaires et que l'on produise de plus en plus de voitures de taille raisonnable et localement voilà là c'est c'est à dire dans les faits le vêtement c'est bon l'électronique c'est bon la bagnole c'est bon les logements c'est bon dans les faits je crois que c'est c'est bien sûr compliqué il faut rentrer dans le dans le détail des questions mais ce qui me paraît très important c'est de se rendre compte que nous avons intérêt à aller dans cette direction-là sur la production sur exportation oui sur l'étiquetage sur la publicité sur il y a sur les règles sur les normes il y a beaucoup de choses sur lesquelles on peut jouer et on devrait jouer la fiscalité par exemple la prime pour les la prime écologique donner une primée écologique c'était le cas il y a encore un an je crois à des véhicules Tesla qui sont plutôt surdimensionnés et qui sont pas produits en France ont subventionne des importations quel intérêt l'État français a-t-il la subventionné des importations je veux dire une fois que l'on s'est mis dans cette optique de se dire on a intérêt à consommer moins en volume en tout cas en consommation matérielle mais relocaliser l'activité industrielle je crois que derrière les politiques publiques pourront s'orienter autrement et la dernière chose c'est pareil c'est notamment les achats publics les achats publics je crois que c'est quelque chose comme 20% de la consommation finale en France je veux dire on met la pression sur les services publics par exemple les hôpitaux pour dépenser de moins en moins d'argent on leur donne de moins en moins d'argent disons par rapport aux besoins qui croient quand on met la pression comme ça sur les établissements publics forcément quand il s'agit de faire des achats de masse de de blues etc on compare les prix et malheureusement quand les prix sont moins sont moins élevés pour les exporter les importations asiatiques et bien souvent ils peuvent gagner par rapport à des industriels français c'est complètement absurde du point de vue macroéconomique mais est-ce qu'il y a pas quelque chose qui est lié à des facteurs psychologiques j'envoie de deux points de blocage prenez un patriotisme de la consommation quelque part ça suppose qu'il y a un sentiment national fort à la fois chez nos dirigeants et dans le pays est-ce que ça existe encore de manière suffisamment puissante et ensuite jouer sur la consommation quelque part on te réplique vite que c'est une atteinte à la liberté individuelle pour la nation j'ai l'impression quand même que il y a 10 ou 15 ans on pouvait se dire que la nation était très attaquée on rêvé d'une Union européenne plus fédérale etc mais je crois aujourd'hui c'est un peu comme les protectionnisme la nation en tout cas pour les décennies à venir a plutôt gagné l'avenir et aujourd'hui plutôt plutôt de ce côté là on l'a vu par exemple avec les gilets jaunes les gilets jaunes n'ont jamais brandi les drapeaux européens sont jamais adresser aux institutions européennes ça a toujours été au niveau national c'est là que les gens mettent encore leur passion politique c'est là que les gens ont l'impression qu'on peut encore faire quelque chose même si il y a beaucoup de résignation donc de toute façon nous allons dans un sens où c'est au niveau national pas seulement mais je crois principalement que vont se jouer tout tous ces enjeux et ensuite la question des des libertés individuelles ça c'est c'est très intéressant mais il y a une question d'équilibre nous sommes dans des démocraties libérales il y a une question d'équilibre entre libéralisme et démocratie dans la dernière période pour des raisons je veux dire tout à fait légitime de lutte contre le totalitarisme de beaucoup de raisons légitimes nous avons beaucoup insisté sur la liberté individuelle la liberté du consommateur etc mais l'autre pôle le Pôle démocratique est également très important et il faut trouver l'équilibre entre les deux c'est à dire que la question c'est est-ce que il y a une adhésion populaire ou une adhésion nationale à aller dans cette direction je veux dire si c'est imposé à la population ça ne marchera jamais ça fait 40 ans qu'on impose des efforts de compétitivité à la population au début on y a cru de moins en moins la population en a de plus en plus ras-le-bol on le voit dans les études d'opinion les gens n'en veulent plus mais on continue d'imposer ça mais si demain on dit attendez on s'est trompé c'est pas la compétitivité c'est la sobriété qu'on va vous imposer maintenant les efforts faut les dans cette direction sans sans que sans qu'il y ait une adhésion ça ne marchera jamais donc il faut montrer les fruits de ce que l'on fait et c'est pour ça que j'ai tendance à penser que il faut commencer par les classes supérieures mais d'un point de vue philosophique je veux dire si on lit Montesquieu si on lit Tocqueville si on lit même Benjamin Constant la notion de la liberté collectives les libertés politiques et la capacité de se gouverner nous-mêmes et également très importante je veux dire la liberté individuelle est quelque chose à préserver mais la liberté collective a aussi une dignité en soi on a tendance à peut-être je pense trop penser un penseur comme Friedrich Hayek pour qui la démocratie est plus quelque chose d'instrumental pour permettre de préserver les libertés individuelles mais nos régimes je veux dire si on regarde la Révolution française si on regarde la Troisième République etc nos régimes ont en général vous lui tenir ces deux pôles de droit disons individuel qui s'agit de préserver il faut les préserver mais en même temps une capacité politique de nous gouverner nous-mêmes et aujourd'hui nous gouverner nous-mêmes ça implique d'agir sur la consommation que ce soit d'un point de vue économique social ou écologique alors tu montres dans le bouquin que de toute façon la consommation c'est certes une liberté mais en même temps c'est une liberté quand même très conduite très contrainte par exemple tu as tu si tu as un sondage qui au moment de l'introduction de la 5G disque seulement 3% des Français attendent cette technologie avec impatience et la conclusion qui en est tiré par hugov donc l'institut de sondage c'est qu'il va falloir que les équipes marketing se mettent au boulot et redoublent d'efforts pour convaincre les gens d'aller acheter du nouveau matériel lié à la 5G et en sens inverse tu dis finalement il y a des trucs où on n'hésite pas à réguler la consommation mais comme c'est plutôt sur les pauvres on en parle pas trop le tabac tu dis le tabac on l'a rendu à la fois coupable et hors de prix pour quelqu'un qui consomme un paquet par jour c'est un quart de d'un SMIC qui est dépensé là-dedans or 4/5 du prix ce sont des taxes qui rapportent à hauteur de 15 milliards d'euros c'est à dire trois fois plus que l'ex y est un peu de solidarité sur la fortune c'est un impôt qui est agressif qui est pèse nettement plus sur les plus pauvres que sur les plus riches et là on a utilisé manifestement la taxe sur la consommation pour transformer des habitudes et la dans ce cas là c'est accepté et tu dis bah finalement pourquoi est-ce qu'on fait sur le tabac on le ferait pas sur l'avion on le ferait pas sur les grosses voitures on le ferait pas sur le textile c'est ça un peu l'idée en tout cas si on voit que ça va dans le sens disons de ce qu'on pourrait appeler à certaines intérêt général si on a l'impression que ça va dans la bonne direction et que on arrive à avoir une adhésion populaire là-dessus je veux dire c'est tout à fait c'est tout à fait possible acceptable et ce qui est paradoxal avec le gouvernement c'est qu'on accepte des contraintes très fortes du côté de la production je veux dire le recul de l'âge de la retraite dont on parle en ce moment pour les personnes qui ont des métiers pénis pour les personnes qui travaillent qui sont debout qui portent des charges qui travaillent dehors dans le froid etc je veux dire repousser l'âge de la retraite c'est quand même un drame ou une catastrophe humaine qui est réelle qui veut dire contraint les libertés contraint les possibilités de vie etc notamment avec toutes les maladies professionnelles liées aux articulations liées à beaucoup de choses c'est quelque chose c'est très très contraignant et j'ai du mal à comprendre comment on accepte des choses comme ça qui ont un impact majeur et négatif sur des millions de vies dans le pays et qu'à côté de ça on est tant de mal à accepter de réguler la consommation sur le trafic aérien sur la vitesse sur autoroute ou sur les les grosses voitures alors que l'impact je veux dire sur les gens et quand même bien moindre et en plus de ça l'impact pour nos finances publiques l'impact pour notre économie et l'impact environnemental et beaucoup plus important voilà ce sont le genre ce sont les des débat qu'il faut poser car le gouvernement est en tout cas nos sociétés sont aussi très normatives ou très directives dans un certain nombre de domaines mais plutôt sur la production que sur la consommation encore une fois je crois intéressant nous plus à la consommation et aux importations que aux exportations à la production pour moi c'est vraiment un livre majeur que je recommande très fortement à la fois pour sa charpente la thèse qui développe qu'on effleure ici mais aussi pour toutes les données qui véhiculent et en gros l'idée de passer donc de la place d'avoir l'obsession des exportations passées à limiter nos importations à la place d'avoir l'obsession de la compétitivité s'interroger sur notre sobriété enfin je et à la place d'avoir l'objectif permanent de produire plus avoir pour objectif de consommer un peu moins quoi je trouve que du coup rentrer dans un débat qui est foncièrement écologique c'est l'avenir de la planète qui est en question mais le faire par le biais de l'économie du déficit commercial et de choses très sérieuses je trouve que c'est bien vu voilà

Comment ils ruinent la France (dans l'indifférence) — François Ruffin · Pourquijevote