Anne-Sophie Grouchka : "Les vrais sujets, ce sont la simplification et l'investissement !"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:20OuverteÉludée
Les gilets jaunes, le mouvement peut-il repartir ?
- 0:56OuverteRéponse directe
Vous avez réagi à l'annonce de la charge de la dette à 65 milliards ?
- 1:34OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que le courtage ? Qu'est-ce que Kéréis ?
- 3:05OuverteRéponse directe
Vous êtes à la tête de Kéréis depuis combien de temps ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Vous voulez accélérer sur l'IA ?
- 5:14OuverteRéponse directe
Combien de salariés chez Kéréis ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26PrésentateurChiffre
« La menace de récession, la charge de la dette s'alourdit à 65 milliards d'euros. »
- 7:37InvitéChiffre
« Quand on en arrive à 3 500 milliards de dettes, vous parliez tout à l'heure du service de la dette qui lui-même est devenu supérieur au premier budget de l'État. »
- 2:18InvitéChiffre
« Nous avons, nous produisons et nous gérons un contrat sur trois en assurance emprunteur, par exemple. »
- 2:26InvitéChiffre
« Alors, à peu près 16 millions. »
- 2:28InvitéChiffre
« Au total, en Europe, 20 millions. »
- 4:05InvitéChiffre
« on a ramené le nombre de jours d'analysation de 70 jours à 3 jours. »
- 5:22InvitéChiffre
« On a 1 800 collaborateurs, mais nous sommes en discussion finale et exclusive avec un autre acteur qui s'appelle Santiane. Au total, on sera plus de 2 000 collaborateurs. »
- 6:52InvitéChiffre
« 73% nous ont dit et m'ont dit, mais on ne peut pas imaginer de faire notre métier sans IA. »
- 7:40InvitéChiffre
« 118% de PIB d'endettement. »
- 11:20InvitéFait
« Ça va être le plus grand continent au monde en termes de population. »
- 11:24InvitéFait
« On ne peut pas imaginer un monde qui aille bien sans Afrique qui aille bien. »
Temps de parole
- Invité69 %
- Présentateur29 %
- ?2 %
≈ 14,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sud Radio, le grand matin week-end, 6h-10h, Jean-François Aquiline. A 8h45 avant l'invité éco, l'accident de train de TER hier soir entre Rouen et Caen. 44 blessés dont une jeune femme de 18 ans évacuée en urgence absolue. Les enquêtes sont en cours. Les gilets jaunes, le mouvement peut-il repartir ? Appel à manifester face à la flambée des prix des carburants. La menace de récession, la charge de la dette s'alourdit à 65 milliards d'euros. Premier budget de l'Etat devant l'éducation nationale.
Et
bonjour et bienvenue à vous, Anne-Sophie Grouchka. Bonjour Jean-François Aquiline. Vous êtes la présidente du groupe de courtage et assurance, on va le dire simplement, Kéréis. On va dire ce que vous nous proposez à travers Kéréis. Mais tout de suite, je vous ai vu réagir à l'annonce de cette dette, cette charge de la dette, les intérêts de la dette. Désormais, c'est 65 milliards devant l'éducation nationale. C'est un sujet, c'est un problème pour la France.
C
'est extraordinairement préoccupant parce que pour un chef d'entreprise,
ce
dont il a besoin, c'est d'avoir de la visibilité, de la prédictibilité. Et là, on n'est pas en capacité, avec une telle charge de la dette, de pouvoir assumer in fine nos engagements. Donc, nous attendons tous des politiques, à la fois en tant que citoyens, mais aussi en tant que chef d'entreprise,
une
vision, un cap.
On
va en reparler très simplement pour nos auditeurs. Qu'est-ce que le courtage ? Qu'est-ce que Kéréis, en réalité ? Parce que c'est un nom peut-être peu connu, mais vous êtes partout. On est partout, exactement. C'est assez impressionnant.
Le courtage, d'abord, qu'est-ce que c'est ? Le courtage, il fait le lien. Il fait le lien entre l'assureur d'une part et le client. On est du côté du client, on accompagne le client dans ses besoins d'assurance, on conçoit des produits, ensuite on le distribue, et ensuite on gère le contrat, on protège le client, eh bien, en l'indemnisant, si jamais il y a un problème, il y a des remboursements à faire ou il
y
a des sinistres. Donc,
vous
le disiez, on est partout, et à la fois, notre nom n'est pas forcément très connu. Je vais juste prendre un exemple, et je suis sûre que parmi nos auditeurs, il y a des personnes qui sont des clients de Kéréis. Nous avons, nous produisons et nous gérons un contrat sur trois en assurance emprunteur, par exemple.
Combien
de clients en France ? Alors, à peu près 16 millions. Au total, en Europe, 20 millions. 20 millions de clients. 16
millions en France et
20 en Europe. Exactement,
et nous sommes présents un peu partout dans les besoins de la vie quotidienne des clients.
Je
vous disais, assurance emprunteur, c'est notre cœur historique, mais aussi l'assurance santé, mais aussi ce qu'on appelle l'assurance dommage, donc vous savez, l'assurance auto, quand vous êtes chef d'entreprise, que vous avez besoin d'une RC, etc.
Vous êtes au cœur de la vie quotidienne, Anne-Sophie Grouchka. C'est d'autant plus vrai qu'avec le dérèglement climatique, les dossiers d'assurance s'empilent désormais. C'est un vrai sujet. Il y a un autre thème que vous portez. Vous êtes depuis combien de temps à la tête de ce groupe ? Six mois. Six mois, c'est assez nouveau. Vous avez une envie de transformation du groupe. Il faudrait peut-être inspirer les politiques pour 2027 à ce sujet. L'ambition, vous le dites, c'est d'être leader dans l'utilisation de l'intelligence artificielle. Nous avions le docteur Laurent Alexandre, tout à l'heure en direct, qui s'est montré prudent en disant qu'il fallait peut-être, peut-être qu
'on
n
'en
va pas tous mourir, mais un petit peu ralentir.
Et
vous, vous voulez accélérer
? Je
pense que c
'est
notre devoir, en tant que chef d'entreprise, de fixer un cap sur ces sujets sur lesquels on ne doit pas être en réactivité, mais on doit être en anticipation. Alors, ce n
'est
pas pour nous, dans notre cadre,
ce
n
'est
pas la technologie pour le plaisir de la technologie, c'est toujours la technologie au service du client.
Et
donc, concrètement, ça doit avoir une utilité. Et l'utilité, je vais vous donner des exemples très concrets, ça veut dire, par exemple, régler un sinistre beaucoup plus rapidement. Aujourd'hui, par exemple, sur de l'assurance crédit conso, eh bien, on va être en capacité, on est déjà en capacité, on a ramené le nombre de jours d'analysation de 70 jours à 3 jours.
C
'est resserrer
les délais.
Resserrer
les délais, tout simplement parce qu'on a de
l
'analytique beaucoup plus rapide des dossiers. Ça évite de devoir aller chez le médecin pour se faire des certificats médicaux. Donc, ça, c'est une utilisation. Et puis, vous savez, je pense que c'est aussi peut-être un tout petit peu ce climat de morosité. On ramène toujours tout à nos peurs. Donc, on dit, oh là là, ça va supprimer les emplois, etc. Je pense profondément aussi que c'est un enjeu de croissance. C'est un enjeu de croissance à la fois pour nos entreprises, c'est aussi potentiellement un enjeu de croissance pour le pays, mais très concrètement, ça veut dire qu'avec l'IA, je peux délivrer de nouveaux services.
Un de mes sujets, moi, c'est d'accompagner les distributeurs, les courtiers de proximité dans leur relation avec le client final.
Typiquement,
là-dessus, on va donner des services. D'ailleurs, dès lundi, on va avoir une nouvelle plateforme avec de l'intelligence artificielle conversationnelle pour améliorer, fluidifier la relation entre le courtier de proximité et son client.
J
'entends bien, combien de salariés chez Kéreïs
? Alors,
aujourd
'hui... Vous
êtes une ETI.
Alors, on est ce qu'on appelle une ETI.
Entreprise de
taille intermédiaire.
Exactement. On a 1 800 collaborateurs, mais nous sommes en discussion finale et exclusive avec un autre acteur qui s'appelle Santiane. Au total, on sera plus de 2 000 collaborateurs, donc déjà une taille
assez significative.
Est-ce que l'IA va tuer de l'emploi ? Parce que c'est la question que chacun se pose dans chaque branche. Bien évidemment. L
'IA
va modifier les emplois. Nous, nous sommes dans une trajectoire de croissance. Ça,
c
'est la première chose. Donc, il y a plein de tâches qui, aujourd'hui, existent, qui empoisonnent un peu la relation avec le client, qui sont parfois pénibles à faire pour le collaborateur. Ces tâches-là, à un moment, effectivement, elles vont pouvoir être écrasées. Et ça veut dire recentrer le métier de nos collaborateurs sur ce qui va faire vraiment du sens, in fine, pour le client. Et encore une fois, pour moi, ce qui est important, c'est la croissance. Nous sommes aussi un métier de contact, de commerce. Et là-dedans, c'est une amplification absolument remarquable. Et
vous avez rassuré, j'imagine, vous y êtes allé au contact, les collaborateurs, les salariés, pour leur dire n'ayez pas peur.
C'est
extraordinairement important ce que vous dites, parce que je pense que
ça
fait vraiment partie de la mission du chef d'entreprise, de, à la fois, donner le cap et l'impulsion, mais en même temps, rassurer. Il ne peut pas y avoir d'innovation sans la confiance. Donc, très pratiquement, quand je suis arrivée, j'ai voulu saisir un peu le pouls du terrain. J'ai fait une très grande enquête. On a lancé des ateliers de co-création. Et ce qui était hyper intéressant, c'est que les collaborateurs, même s'ils ont des craintes, 73% nous ont dit et m'ont dit, mais on ne peut pas imaginer de faire notre métier sans IA. Donc, ça veut dire que tout le monde est conscient de l'immense, l'impérieuse nécessité pour la compétitivité.
De s'adapter à cette IA,
de ne pas la
redouter. Anne-Sophie Grouchka,
je
rappelle, présidente de Quereïs. Vous avez vu les annonces, enfin, on va dire le bilan de Roland Lescure hier, l'état de la France. Vous pensez quoi ? Nous sommes un pays qui va en récession. Il y
a
un problème, il
y a
le budget qui arrive. Les entreprises se demandent à quelle sauce fiscale elles seront mangées. Vous posez la question, vous.
Premièrement, je me méfie toujours de la sinistrose absolue. Parce que ce n'est jamais comme ça qu'on peut avancer. Alors, bien sûr, les chiffres, si on regarde les chiffres, ils sont extraordinairement préoccupants. Quand on en arrive à 3 500 milliards de dettes, vous parliez tout à l'heure du service de la dette qui lui-même est devenu supérieur au premier budget de l'État. Donc, bien évidemment, on ne peut être que préoccupé par 118% de PIB d'endettement. Une fois qu'on a dit ça, je suis néanmoins confiante quand je vois le tissu d'entrepreneurs et la vitalité qu'il y a sur le terrain.
Et pour moi, ce qui est important, dans le cadre notamment des discussions budgétaires, c'est d'arriver à fixer un cap. Un cap, ça veut dire un cap qui ne change pas. On est capable de s'adapter à beaucoup de choses, mais on a besoin d'avoir de la certitude et de la visibilité.
Adaptation, y compris le matraquage fiscal ?
Le sujet aujourd'hui,
c
'est, au-delà du sujet fiscal, c'est la simplification. Vous savez, on n'invente rien. Ils le disent tous, mais le
font
-ils ? Ils ne le font pas forcément, force est de constater à la fois, je dirais, au niveau français, mais aussi à l'échelle européenne. Donc, la simplification doit être l'axe majeur. L'autre axe majeur, c'est l'investissement. Moi, vous savez, si je peux être confiante dans l'avenir de Kerry, c'est aussi parce que j'ai un fonds d'investissement, un fonds de private equity derrière moi qui s'appelle Advent, qui back, qui soutient ces investissements. Et ce qui est important, je dirais, à l'échelle de tout notre tissu industriel, c'est précisément d'avoir cette capacité à investir, notamment dans les nouvelles technologies.
Parmi les priorités, vous disiez simplification, peut-être aussi écouter un peu plus les entrepreneurs dans ce pays et arrêter de les considérer comme des ennemis de classe. Parce qu'il y a cet aspect-là dans le débat public aujourd'hui. C'est un stress collectif, cette histoire.
Je
pense que ce qui est très important, c'est de retrouver une forme d'inclusion. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est en train d'avoir une bipolarisation. Et ça, il n'y
a
rien de plus dangereux pour le tissu social. Donc, je pense qu'effectivement, il faut arriver à libérer les énergies. Je ne
veux
pas avoir de discours trop simplificateur. On connaît la complexité de ce qu
'est
la chose publique. Néanmoins, je pense qu'il faut s'inspirer de toutes les initiatives locales, au plus près du terrain, pour essayer de voir ce qui marche bien. Et encore une fois, ne pas hésiter. Nous sommes dans une situation grave. Je pense que tout le monde a conscience de cette gravité. Donc, on ne peut pas en même temps avoir des discours contradictoires en disant qu'on va faire moins d'impôts, on va faire en même temps moins de dettes, et puis on va faire en même temps plus de dépenses. N'importe quel chef d'entreprise, et je dirais même n'importe quel ménage, vous direz que ce n
'est
pas possible. Donc, ce n'est pas non plus possible au niveau de l'État.
Il nous reste une minute, Anne-Sophie Grouchka. Je voudrais finir sur une note plus personnelle. Vous avez, j'ai lu ça, employé une formule assez radicale. Je voudrais organiser ma propre disparition. C'est vrai. C'est quoi ? C'est inquiétant
? Alors, ce n'était pas un
message suicidaire,
non, ça n'a rien d'inquiétant, ni pour ma famille, ni pour
mes proches.
C'est du
management,
c'est ça ? Pour moi, ce
qui est très important, c'est qu'on a toujours conçu un leadership dans lequel le patron devait être là pour tout, sur tout sujet, sur toute décision, pour tout et le reste. Pour moi, ce qui est important, c'est de créer une équipe autour de soi qui soit tellement forte,
qui
soit tellement puissante, qu'elle résiste, d'une certaine façon, à votre propre disparition. Donc, je considère que j'aurais fait mon travail quand Kérys, à un moment, pourra se passer de moi, mais enfin, ce n
'est
pas encore pour tout de
suite.
Savoir innover, savoir déléguer aussi.
Exactement.
Merci Anne-Sophie Grouchkla, je crois que vous avez des activités aussi à la tête d'une ONG.
Exactement. Je suis président d'une association qui s'appelle l'AMREF, AMREF Else Africa, et là aussi, c'est extraordinairement important dans le but de protéger la santé des Africains.
C'est
la plus grosse association de santé en Afrique. En Afrique, oui. Et je pense que c'est incroyablement important aujourd'hui aussi de considérer ce que l'Afrique peut faire. Ça va être le plus grand continent au monde en termes de population. On ne peut pas imaginer un monde qui aille bien sans Afrique qui aille bien.
Et nous vous réinviterons sur cet aspect-là des choses. Merci infiniment Anne-Sophie Grouchkla, présidente de Kérys. Vous étiez l'invité éco du Grand Matin Sud Radio. Merci à
vous.
Merci Jean-François Killy.