Une girouette à Matignon : les archives qui "tuent" Bayrou
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- 0:05OuverteRéponse directe
Moi, je suis pour la disparition du 49.3.
- 0:08OuverteRéponse directe
Moi, je défends le 49.3.
- 0:13OuverteRéponse partielle
Mais au fait, et si Emmanuel Macron avait choisi François Bayrou comme Premier ministre pour améliorer sa propre image par une sorte d'effet de contraste ?
- 2:50RelanceRéponse partielle
François Bayrou doit-il résister aux exigences de l'extrême droite ?
- 3:17FerméeÉludée
Le Rassemblement National est-il un parti d'extrême droite selon François Bayrou ?
- 4:40FerméeRéponse directe
François Bayrou a-t-il déjà dîné avec Marine Le Pen ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Emmanuel Macron, c'est l'homme sans projet, parce que c'est l'homme sans conviction. »
- 2:18InvitéFait
« « il n'est pas d'usage que le Premier ministre et le Président de la République quittent en même temps le territoire national ». »
- 3:02InvitéFait
« « Il n'y a pas plus à droite sur l'échiquier. » »
- 3:30InvitéFait
« « Il est protestataire. » »
- 5:33InvitéFait
« « J'ai été extrêmement choqué par la participation et même la présidence de Marine Le Pen au bal de l'extrême droite autrichienne à Vienne. » »
- 7:11Locuteur non identifiéFait
« « Je vais examiner toutes les propositions. Toutes ? Y compris celles du Rassemblement national ? Oui. » »
- 7:44InvitéFait
« « Il ne faut jamais intégrer l'extrême droite dans le jeu normal de nos institutions. » »
- 8:07InvitéFait
« « Ces discours-là, je ne les accepte pas. » »
- 8:56InvitéFait
« « C'est un parti qui est dans ce groupe parlementaire et pour ma part, je ne l'accepte pas. » »
- 10:17PrésentateurFait
« « Briser les mâchoires du RN » »
- 12:37InvitéFait
« « Moi je suis pour la disparition du 49.3. » »
- 12:41InvitéFait
« « Moi je défends le 49.3. » »
- 13:29InvitéFait
« « Que le président de la république est en face de lui un parlement de plein exercice et que le cordon ombilical se trouve coupé entre l'exécutif et le parlement » »
Temps de parole
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Moi, je suis pour la disparition du 49.3. Moi, je défends le 49.3.
Alerte pirouette dangereuse à ne surtout pas reproduire chez vous. Mais au fait, et si Emmanuel Macron avait choisi François Bayrou comme Premier ministre pour améliorer sa propre image par une sorte d'effet de contraste ? Rappelons tout de même ce que le président français passe un peu pour une girouette inconsistante depuis son entrée en politique. Et ce n'est pas le média qui le dit, c'est son ex-ministre Bruno Le Maire. Enfin, c'est ce qu'il disait avant d'être nommé à Bercy. Emmanuel Macron, c'est l'homme sans projet, parce que c'est l'homme sans conviction.
En tout cas, dans la famille des éoliennes politiques, dont les retournements de veste pourraient produire de l'électricité, le nouveau locataire de Matignon pourrait être candidat au Ballon d'Or. L'épreuve des archives est cruelle pour le Béarnais. On s'y plonge et c'est le premier épisode de notre chronique La Vare politique. La Vare, en football, c'est l'assistance vidéo à l'arbitrage. Et aux médias, c'est l'assistance vidéo à la mémoire. Et c'est parti !
Il faut reconnaître, avant d'entrer dans le fond,
que François Bayrou a un côté un peu balourd, un peu besogneux, qui ne peut que valoriser le moulin à parole, parfois méprisante, qu'est Emmanuel Macron. Les premiers jours aux affaires du nouveau chef du gouvernement, le quatrième en un an, n'ont en tout cas pas rassuré sur sa capacité à gouverner. Car d'emblée, François Bayrou a accumulé les faux pas. D'abord, en gérant à distance, depuis Pau, les conséquences de la catastrophe humanitaire à Mayotte, après le passage dévastateur du cyclone Chido. Il a ainsi contribué à diffuser ce sentiment diffus de ne pas être à la hauteur de ses nouvelles fonctions, en donnant l'impression de privilégier le local au national.
Et les choses ne se sont pas arrangées quand François Bayrou a ensuite relancé le débat, que l'on croyait pourtant définitivement enterré sur la possibilité de cumuler des mandats. Et ce n'était, là non plus, pas le meilleur moyen de prouver qu'il pouvait se montrer à la hauteur de la gravité du moment. Donc si François Bayrou a marqué les esprits lors de son entrée en fonction, c'est bien parce qu'il a enchaîné les bourdes, comme lorsqu'il a expliqué aux députés que s'ils reportaient son déplacement à Mayotte, c'est parce que, je cite, « il n'est pas d'usage que le Premier ministre et le Président de la République quittent en même temps le territoire national ».
Sauf que bien qu'elle soit située dans l'océan Indien, Mayotte n'est pas à l'étranger, comme Bayrou le laisse entendre, l'archipel demeure un territoire français. Déjà pas super fut-fut, du moins en apparence, François Bayrou doit montrer qu'il est capable de résister aux exigences de l'extrême droite et à ne pas devenir son otage politique, comme l'a été son prédécesseur, Michel Barnier. Hélas, les premières réponses de François Bayrou sur le sujet ont de quoi inquiéter. Comme Michel Barnier, sa principale préoccupation, pour durer, semble être de ne pas froisser la susceptibilité de Marine Le Pen.
C'est ainsi que les mots, choisis par le Premier ministre pour évoquer la mort de Jean-Marie Le Pen, relèguent au rang de simple polémique toutes les horreurs et toutes les abjections prononcées par le cofondateur du Front National, très souvent condamnés par la justice. Écoutez ce que répondait le Premier ministre fin décembre, lorsqu'on lui demandait si le Rassemblement National, héritier du FN, est bien un parti d'extrême droite. C'est un parti dont le message ne respecte pas
un certain nombre de valeurs et de principes qui ont fait... Mais est-ce qu'il est d'extrême droite ? Bon, il est protestataire. Mais vous n'êtes pas ce soir, Marine Le Pen est d'extrême droite, François Bayrouge ? Elle est d'extrême droite politiquement. Il n'y a pas plus à droite sur l'échiquier.
Vous voulez dire sur l'échiquier ?
Politique, oui.
Mais ce n'est pas l'extrême droite au sens que...
Mais pour moi, la question, c'est les valeurs. Vous venez de l'entendre, Bayrou n'ose pas prononcer le terme extrême droite. Ou plutôt, il n'ose plus le prononcer. Sans doute parce que la survie de son gouvernement en dépend. Pas question donc de se fâcher avec Marine Le Pen qui réfute ce label d'extrême droite. Alors Bayrou se contente d'évoquer les valeurs du RN qu'il ne partage pas et brouille un peu plus son message en parlant d'un parti protestataire sans dire qu'il est d'extrême droite. Pourtant, il y a quelques mois, quelques semaines encore, donc avant de devenir Premier ministre, Bayrou se montrait beaucoup plus clair sur le sujet.
Il n'hésitait pas alors à appeler un chat un chat en désignant le RN par ce qu'il est et demeure, depuis sa création en 1972, autour d'anciens baffes en SS et de nostalgiques du maréchal Pétain, c'est-à-dire un parti d'extrême droite. Bayrou le martelait d'ailleurs sur toutes les antennes. Regardez.
Cette élection, elle n'avait qu'une question au deuxième tour. C'était, est-ce que nous, citoyens français, nous sommes prêts à donner une majorité absolue à l'extrême droite ? Le risque d'avoir l'extrême droite au pouvoir, vous avez un bloc de droite dominé par l'extrême droite. L'extrême droite, faire de Mme Le Pen, l'ennemi public numéro un, rend à l'extrême droite le plus grand des services.
François Bayrou, vous avez déjà dîné avec Marine Le Pen, vous ?
Non. Il y a entre nous et l'extrême droite un fossé qui est infranchissable.
Il y a quelques années, il est allé encore plus loin en pointant les frasques de Marine Le Pen au bal annuel de l'extrême droite à Vienne. Écoutez comme la tonalité virulente des propos de François Bayrou dans cet archive de 2012 n'a rien, mais alors plus rien à voir avec les formulations timorées qu'il tient aujourd'hui.
J'ai été extrêmement choqué par la participation et même la présidence de Marine Le Pen au bal de l'extrême droite autrichienne à Vienne. Il y a là quelque chose qui est, me semble-t-il, qui est un dévoiement du sentiment des Français. Parce qu'on leur parle de République, on leur dit qu'ils sont des oubliés, on récite nous les petits, les obscurs, les sans grades que j'aime tant, on joue sur la laïcité. Et puis, tout ça, c'est une manière de prendre ces centaines de milliers ou millions de Français par le bout du nez et de les amener, sans rien dire, à l'extrême droite autrichienne.
Eh bien, pour moi, je vous dis avec certitude, la France, le peuple français, dans aucune de ses parties, n'a quoi que ce soit à voir avec l'extrême droite autrichienne. Et ceci, c'est une manière de détourner le sentiment d'émotion des Français et de les conduire à un choix politique que j'en suis sûr et profondément, il récuse. Quelqu'un qui se sent en harmonie avec l'extrême droite autrichienne, pour moi, ne représente pas le peuple français. Dans ses choix les plus profonds.
Eh oui, on a changé d'époque. Petit exercice de mise en comparaison de Bayrou version 2012 et de Bayrou millésime 2024.
Quelqu'un qui se sent en harmonie avec l'extrême droite autrichienne, pour moi, ne représente pas le peuple français dans ses choix les plus profonds.
Je disais sur l'immigration, j'ai assumé dans mes rencontres avec les partis politiques de dire je vais examiner toutes les propositions. Toutes ? Y compris celles du Rassemblement national ? Oui. Vous les avez d'ailleurs invités dès le début à discuter avec vous à matin.
Oui, absolument. Parce que c'est le groupe le plus important de l'Assemblée nationale et que j'ai toujours été...
Mais vous en avez pu dire par principe que je refuse de parler que vous ne l'avez pas le cas.
Oui, j'aurais pu et je ne l'ai pas fait. Vous venez de le voir, Bayrou participe donc à la normalisation de l'extrême droite et de ses idées en les banalisant. Autre exemple, avec cette fois-ci une comparaison des propos de François Bayrou tenus durant l'année 2024 à quelques mois d'écart seulement. En mai, Bayrou déclare qu'il ne faut jamais intégrer l'extrême droite dans le jeu normal de nos institutions. Mais en décembre, à peine nommé Premier ministre, il ouvre grand la porte de Matignon au Rassemblement national. Démonstration. Tous les discours qui tendent à intégrer l'extrême droite
dans le fond, le jeu normal de nos institutions, ces discours-là, je ne les accepte pas.
Vous disiez sur l'immigration, j'ai assumé dans mes rencontres avec les partis politiques de dire je vais examiner toutes les propositions, toutes, y compris celles du Rassemblement national.
Oui. Dans le premier extrait que l'on vient de regarder, celui où Bayrou s'oppose à l'institutionnalisation de l'extrême droite, il était interrogé par LCI sur la coalition de gouvernement que venait de former aux Pays-Bas un parti centriste, le VVD, avec un des partis d'extrême droite les plus radicaux d'Europe menés par Gerd Wilders. Or, au Parlement européen, ce parti néerlandais de centre droit est allié avec les élus du Modem de François Bayrou au sein du groupe Renew. Une cohabitation que le président du Modem jugeait dès lors intenable. Bayrou ne voyant pas d'autre solution que l'exclusion de son allié néerlandais. Ça, ce sont vos gens qui sont alliés à eux. Ça n'est pas nos gens.
Renew. C'est un parti qui est dans ce groupe parlementaire et pour ma part, je ne l'accepte pas. Ça veut dire que vous êtes pour leur exclusion ? Je ne veux pas employer des mots de cet ordre, je veux que cette situation ne soit pas acceptée. Ça veut dire exclusion ou pas ? Oui, ça veut dire qu'ils n'auront pas leur place dans le groupe
que nous formons. Et non, car en 2025, le VVD siège toujours dans le groupe de centre droit Renew, contrairement à l'engagement pris par François Bayrou et aussi par Valérie Ayet, la chef de file des eurodéputés Renaissance et présidente du groupe Renew. Et si François Bayrou accepte au niveau européen de cohabiter avec des centristes qui ont fait alliance avec l'extrême droite tendance ultra, on comprend mieux alors pourquoi en France il se monte désormais enclin à faire certaines concessions à Marine Le Pen comme celle de ne pas confier le ministère de la Justice à Xavier Bertrand.
Tout juste parachuté à Matignon, François Bayrou a donc jeté par-dessus bord ses grands principes anti-IRN en prétextant d'abord qu'il jugeait trop violente l'intention de Xavier Bertrand de faire payer les PV de stationnement en ponctionnant directement les comptes bancaires des contrevenants avant de pointer du doigt l'expression « briser les mâchoires du RN » employée par le même Xavier Bertrand au cours des élections régionales de 2021. Briser les mâchoires du RN, c'est une formulation que l'extrême droite ne digère toujours pas et ce qui explique en partie l'hostilité de Marine Le Pen envers le président de la région des Hauts-de-France.
Bayrou a expliqué sans forcément convaincre que briser les mâchoires du RN ne lui paraissait pas être une expression compatible avec la fonction de garde des Sceaux.
Le ministère de la Justice ce n'est pas un ministère de guerre ce n'est pas un ministère de fractures ce n'est pas un ministère d'agression contre les uns ou les autres.
Donc vous ne le nommez pas pour ne pas vous mettre à nouveau celui qui disait qu'il voulait briser les mâchoires du RN.
Je trouve que l'expression « briser les mâchoires » est en effet une expression de guerre. Je trouve que ces expressions n'ont pas leur place dans le débat politique. L'expression qui est la sienne que vous avez citée « briser les mâchoires » du RN. Moi je trouve que cette expression-là ne correspond pas au ministère
de la Justice. Mais si Bayrou a jugé que l'expression « briser les mâchoires » du RN ne correspondait pas au ministère de la Justice il n'a en revanche décelé aucun problème en nommant Manuel Valls ministre des Outre-mer et numéro 3 de son gouvernement et ce malgré l'emploi d'une expression tout aussi violente celle de « rendre gorge » prononcée par Manuel Valls en 2017 contre des journalistes de Mediapart.
Quand vous avez une partie de la rédaction de Mediapart qui explique que l'islamisme en tant que tel en soi n'est pas un problème grave qu'il explique que je suis l'héritier d'EDA c'est-à-dire des fascistes des années 30 moi qui lutte contre l'antisémitisme je veux qu'il recule je veux qu'il rende gorge je veux qu'il soit écarté du débat public non pas par l'interdiction c'est pas le sujet qu'il rende gorge qu'il perde qu'il perde ce combat et cette guerre que nous menons et qu'il perde leur crédit mais cette guerre d'idées cette bataille d'idées c'est celle-là que nous menons nous la menons pour la république et je la mène pour les musulmans de France parce que c'est nous qui les protégeons c'est pas monsieur Plenel et ses sbires
Mais il n'y a pas qu'à l'égard du RN que François Bayrou a changé son fusil d'épaule c'est aussi le cas du 49-3 et du cumul des mandats sur le 49-3 si l'on compare ses déclarations de 2007 devant la commission Baladur chargée de moderniser nos institutions et celle de septembre 2024 cela donne ça attention ça pique un peu
Moi je suis pour la disparition du 49-3 Moi je défends le 49-3 Je suis donc moi pour la suppression du 49-3 Il n'y a rien de plus démocratique que le 49-3 Pour une limitation drastique du 49-3 On a dit beaucoup de mal du 49-3 On va s'apercevoir dans les mois qui viennent que le 49-3 c'est vital en 5ème république quand on n'a pas de majorité
Mais le 49-3 n'a pas toujours semblé vital à François Bayrou pour sauver la 5ème république Comme le montre sa proposition de supprimer le passage en force du gouvernement permis par l'article 49 aligné à 3 de la constitution Cette proposition figure en toutes lettres dans le programme de François Bayrou à la présidentielle de 2007 à la page numéro 14 A l'époque il disait ne pas trouver cette disposition constitutionnelle très démocratique parce qu'elle forçait la main des députés tout en les privant de vote sur les projets de loi Écoutez-le
Que le président de la république est en face de lui un parlement de plein exercice et que le cordon ombilical se trouve coupé entre l'exécutif et le parlement C'est-à-dire que le parlement ne dépend de plus de l'exécutif et pour cela il faut un certain nombre de dispositions la suppression
du 49-3 par exemple Mais depuis quelques années depuis 2016 au moins il a effectué un virage à 180 degrés sur le 49-3 comme en septembre dernier sur BFM TV
Moi je défends le 49-3 Le 49-3 qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire mesdames et messieurs les députés ce texte est tellement important il est essentiel pour notre politique si vous votez contre ça veut dire que nous ne pouvons pas continuer il n'y a rien de plus démocratique que le 49-3
Et c'est exactement le même schéma pour le cumul des mandats un revirement en bonne et due forme Écoutez-le marteler sa promesse en 2014 dans ses meetings et à la télé où il jurait avec force et conviction la main sur le cœur qu'il serait un maire à 100% s'il était élu à Pau Et je veux
ici dire avec force en tout cas ce qu'il faut de conviction pour que personne n'en doute que si je suis élu maire de Pau c'est à 100% que je serai maire de Pau Si je suis élu je serai maire de Pau à 100% J'ai pris l'engagement que la mairie de Pau serait mon seul mandat La présence du maire auprès de ses concitoyens c'est le premier engagement que nous prendrons et qu'immédiatement nous respecterons
Mais dix ans plus tard pour justifier le cumul de ses fonctions à la mairie de Pau et à l'hôtel de Matignon François Bayrou a trouvé une bonne excuse une excuse moderne Figurez-vous qu'il compte télétravailler
Nous faisons une réunion quotidienne quasi quotidienne avec ceux qui ont la responsabilité de l'animation du conseil Heureusement les moyens modernes maintenant par visio en particulier permettent de travailler
Gouverner en visio c'est son credo et comme si cela ne suffisait pas pour justifier cette agression démocratique que représente le cumul des mandats il a également évoqué la possibilité de rester en contact avec sa ville en la gérant à distance grâce à la puissance de son esprit si si mais puisque François Bayrou pousse le bouchon un peu loin en se moquant un peu du monde et surtout des palois autant y aller franchement en se moquant un peu de lui
je me suis engagé quand j'ai été élu quelles que soient les responsabilités que j'aurais à exercer à ne pas quitter je ne vous quitterai pas ne pas quitter au moins par l'esprit je croise aux forces de l'esprit au moins par l'esprit la responsabilité de notre ville et de notre agglomération
et si au lieu de faire les difficiles on gardait nos petits cœurs ouverts car il existe peut-être un domaine dans lequel Bayrou pourrait nous surprendre agréablement j'entends en tout cas si le Bayrou de 2007 de 2010 et même de 2012 n'a pas encore retourné sa veste je veux parler de son plaidoyer pour l'indépendance des médias car lors de sa campagne présidentielle de 2007 et alors qu'il stagnait autour de 7% dans les sondages François Bayrou s'est fait soudainement remarquer par un positionnement anti-système en s'attaquant carrément à la rédaction de TF1 qu'il accusait à tort ou à raison de rouler pour Nicolas Sarkozy nous sommes en direct dans le journal de 20h de la chaîne du groupe Bouygues François Bayrou décide alors de lancer du lourd du très lourd même à Claire Chazal qui ne se laisse pas faire
je considère pour moi Claire Chazal que l'argent et la politique doivent être séparés je pense que l'un ne doit pas avoir bas sur l'autre notamment lorsque ces puissances économiques détiennent de très grands médias
c'est une accusation extrêmement violente qu'il faudrait j'allais dire étayer par des choses concrètes l'amitié ne signifie pas forcément une prise de position ou des concessions sur l'idéologie et les idées politiques je comprends très bien
Claire Chazal que vous défendiez je comprends très bien que vous défendiez cette thèse précisément sur votre antenne
je ne défends aucune thèse
mais je puis vous assurer mais je puis vous assurer qu'il y a un problème républicain dès l'instant que de très gros intérêts financiers industriels sont liés à de très gros intérêts médiatiques et sont en liaison intime avec l'Etat
et non vous n'avez pas rêvé ces paroles rentrant dans le lard des médias dominants n'ont pas été écrites par des militants de lutte ouvrière mais bien par ceux du centriste de droite François Bayrou qui quelques mois plus tard lors de ses voeux à la presse s'en prenait encore au manque d'indépendance supposé ou réel de TF1 comme en témoigne cet article de libération publié le 10 janvier 2007 devant les journalistes Bayrou a carrément remis en cause le prolongement sans appel d'offres de la concession hertzienne attribuée gratuitement à TF1 par le CSA l'autorité de régulation ancêtre de l'ARCOM et trois ans plus tard nous sommes en 2010 on entend toujours le même mécontentement de Bayrou contre le manque d'indépendance des médias mainstream après s'en être pris une fois de plus à TF1 mais cette fois-ci au micro de Jean-Pierre Elkabach sur la radio Europe 1 propriété à l'époque d'Arnaud Lagardère dont Nicolas Sarkozy disait publiquement qu'il était plus qu'un ami qu'il était un frère donc le patron du modem élargit son propos en se posant en porte-parole des français dégoûtés par la façon dont les radios et les télés les informent face à un Jean-Pierre Elkabach jurant qu'il travaillait en toute indépendance mouais des écoutes téléphoniques révèleront quelques années plus tard que Jean-Pierre Elkabach transmettait à Brice Hortefeux non seulement les questions qu'il comptait lui poser le lendemain à l'antenne mais il lui suggérait aussi des éléments de réponse autrement dit des éléments de langage que pourrait lui opposer l'ex-ministre de l'intérieur de Nicolas Sarkozy au micro d'Europe 1 et maintenant que vous le savez regardez le rire nerveux de François Bayrou quand Jean-Pierre Elkabach lui assurait en 2010 vivre pleinement chaque jour son indépendance un sourire dont je vous conseille d'apprécier toute la saveur dans cette séquence cultissime les français soupçonnent
et selon moi à juste titre que la manière dont les médias sont construits en France pose la question de leur indépendance ils ont le sentiment profond que il n'y a pas de liberté et d'indépendance de l'information ils peuvent se tromper oui on verra on verra nous nous voyons chaque jour je vous donne rendez-vous dans les deux ans qui viennent et donc c'est tous les jours que les français ressentent que l'information dans leur pays elle n'a pas la liberté de manœuvre elle n'a pas parce qu'il n'y a pas censure mais il y a quelquefois il peut y avoir auto-censure vous pensez toujours et notamment dans les périodes chaudes
alors avouez que ça fait du bien nom d'entendre notre premier ministre plaider en faveur du pluralisme des médias et de leur indépendance c'est d'ailleurs à se demander si on ne pourrait pas compter sur le positionnement anti-système médiatique de François Bayrou pour appuyer le dossier de candidature du Média pour obtenir enfin un canal de diffusion sur la TNT ou bien compter sur lui pour faire un don en ligne pendant ses heures de travail pour soutenir financièrement le Média pourquoi pas car après tout cela lui permettrait de prouver qu'au moins sur ce sujet il ne s'est pas renié allez ça ne coûte rien de rêver merci d'avoir regardé ce nouvel épisode de la VAR politique dites-nous ce que vous en avez pensé en commentaire et mettez des petits pouces bleus si vous avez aimé et restez connectés au Média merci d'avoir regardé cette vidéo