Doublement des franchises médicales : les patients ne viennent pas chez le médecin "pour le plaisir"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:44OuverteRéponse directe
Pourquoi est-ce une idée reçue que le système de santé ne déresponsabilise pas les patients?
- 1:32OuverteRéponse directe
Pour ce qui est de la prescription, mais pour le fait d'aller chez le médecin, est-ce qu'il n'y a pas des gens qui vont chez le médecin alors qu'ils ont juste un petit bobo et ils n'auraient pas besoin?
- 2:17RelanceRéponse directe
Et donc, quand Emmanuel Macron dit qu'on consomme trop de médecine, qu'il y a trop de médicaments, trop de soins, donc s'il y en a trop, c'est la faute des médecins, ce n'est pas la faute des patients, c'est ça ce que vous nous dites?
- 2:54OuverteRéponse directe
Et sur l'illusion du tout gratuit, pour reprendre la formule de la ministre de la Santé, ce que propose désormais la Sécur, c'est assez récent, c'est d'envoyer un détail des différentes consultations pour afficher finalement ce que coûte la prise en charge de l'assurance maladie, ça c'est plutôt une bonne mesure, parce que je sais que vous, vous le rappelez régulièrement à vos patients ça.
- 4:25OuverteRéponse directe
Donc, si ça passe, parce que ça a été retoqué hier en commission, mais voilà, le gouvernement peut encore y revenir et puis ça va aller dans l'hémicycle après.
- 5:28OuverteRéponse directe
Alors, qu'est-ce que vous suggérez, vous, pour combler le trou de la sécurité sociale?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51InvitéFait
« Qui est responsable d'une ordonnance, quand je suis médecin, quand je fais une ordonnance, c'est moi qui suis responsable de l'ordonnance. »
- 1:10InvitéFait
« C'est difficile de prendre un cachet tous les jours quand vous êtes diabétique, donc on travaille sur l'observance. »
- 1:21InvitéPromesse
« La responsabilité, elle est aux professionnels de santé, et on en est fiers, on bosse beaucoup pour assumer cette responsabilité. »
- 3:23InvitéFait
« C'est bien de se rappeler quand on est en consultation que la consultation chez le médecin généraliste, elle coûte 30 euros. »
- 4:05PrésentateurChiffre
« Ce que propose le gouvernement, effectivement, c'est de doubler les franchises. »
Temps de parole
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Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il est 6h21, c'est le sujet au cœur du débat actuel sur le budget de la sécurité sociale. Faire payer davantage les patients, les responsabiliser, pour reprendre les mots de la ministre de la Santé, Stéphanie Riste, pour qui, je cite, le tout gratuit dans la santé est une illusion. Un propos qui vous horripile, Maddie de Nantes. Bonjour. Bonjour. Vous êtes médecin généraliste, vous travaillez dans une maison de santé pluriprofessionnelle, dans un quartier populaire de Paris, et depuis toujours, vous défendez un accès aux soins pour tous.
Et donc, quand vous avez entendu la ministre, ça vous a fait bondir, vous signez une tribune avec trois autres médecins dans le journal Le Monde, parce que pour vous, c'est une idée reçue, non, le système de santé ne déresponsabilise pas les patients. Pourquoi ?
Parce que qui est responsable d'une ordonnance, quand je suis médecin, quand je fais une ordonnance, c'est moi qui suis responsable de l'ordonnance. Si je demande des examens biologiques, c'est moi qui suis responsable, ce n'est pas mon patient. Et tout particulièrement sur la prescription médicamenteuse, on travaille beaucoup avec nos patients sur ce qu'on appelle l'observance. C'est difficile de prendre un cachet tous les jours quand vous êtes diabétique, donc on travaille sur l'observance. Et là, tout d'un coup, arrive l'idée, pour vous responsabiliser, vous, diabétique, on va vous faire payer chaque boîte de médicaments.
Non, la responsabilité, elle est aux professionnels de santé, et on en est fiers, on bosse beaucoup pour assumer cette responsabilité, mais c'est nous les responsables de nos prescriptions, pas nos patients.
Pour ce qui est de la prescription, mais pour le fait d'aller chez le médecin, est-ce qu'il n'y a pas des gens qui vont chez le médecin alors qu'ils ont juste un petit bobo et ils n'auraient pas besoin ? Vous le constatez, vous, par exemple, ça vous arrive ou pas dans votre cabinet ?
Non, non, parce que d'abord, aujourd'hui, l'accès au médecin est compliqué, donc j'ai jamais vu de gens qui viennent chez le médecin pour le plaisir. On a des gens qui ont des pathologies complexes, qui ont peut-être certains besoins de plus de rencontres que d'autres. Nous, on travaille en pluriprofessionnel, donc ça peut être des rencontres avec nos associés infirmiers, plutôt qu'avec le médecin, quand on pense que c'est bon comme ça. Mais il y a des gens qui ont besoin de plus de contact avec les soignants, ça fait partie du soin. Non, les gens ne viennent pas consulter pour le plaisir, ne viennent pas attendre dans une salle d'attente pour le plaisir.
Et donc, quand Emmanuel Macron dit qu'on consomme trop de médecine, qu'il y a trop de médicaments, trop de soins, donc s'il y en a trop, c'est la faute des médecins, ce n'est pas la faute des patients, c'est ça ce que vous nous dites ?
Mais on a des prescriptions, on bosse beaucoup pour bien prescrire, c'est un gros travail de nos étudiants pendant leurs études, quand même 12 années des études, c'est important. Nous, après, pendant notre vie professionnelle, on travaille, moi je lis la revue prescrire tous les mois pour rester au niveau de mes prescriptions. Oui, j'assume totalement mes prescriptions, je ne prescris pas trop, j'essaye de prescrire au mieux, et je dois m'améliorer bien sûr toujours, et nous tous, mais non, je ne prescris pas trop.
Et sur l'illusion du tout gratuit, pour reprendre la formule de la ministre de la Santé, ce que propose désormais la Sécur, c'est assez récent, c'est d'envoyer un détail des différentes consultations pour afficher finalement ce que coûte la prise en charge de l'assurance maladie, ça c'est plutôt une bonne mesure, parce que je sais que vous, vous le rappelez régulièrement à vos patients ça.
Tout à fait, parce que ce n'est pas gratuit du tout la santé, la santé, c'est la sécurité sociale, donc on la finance, on la finance tous par nos cotisations, donc c'est bien de se rappeler quand on est en consultation, que la consultation chez le médecin généraliste, elle coûte 30 euros, mais souvent nos patients ne payent pas parce qu'ils sont à 100%, donc on est payé directement par la Sécurité sociale, c'est ce qu'on appelle le tiers payant, mais c'est vrai que je rappelle toujours à nos patients que la Sécurité sociale va me verser 30 euros, et ce qui est terrible avec le système des franchises, c'est qu'on va contre le système des principes fondateurs de la Sécurité sociale.
Les principes fondateurs, c'est deux jambes, je cotise en fonction de mes moyens et je reçois en fonction de mes besoins. Là, tout d'un coup, on va demander 4 euros par consultation à tout le monde,
donc ce n'est plus en fonction de mes moyens. On va l'expliquer. Ce que propose le gouvernement, effectivement, c'est de doubler les franchises. Donc, par exemple, je vais chez vous, je suis malade, vous me prescrivez une boîte de... on ne va pas citer la marque, mais une petite boîte de comprimés dans les bases de paracétamol, voilà. Je vais être obligée de payer 2 euros par boîte de paracétamol, 4 euros pour la consultation chez vous, donc ça me fait 6 euros, c'est ça ? Aujourd'hui, c'est 1 et 2. Oui, c'est ça, si ça passe. Si ça passe, parce que ça a été retoqué hier en commission, mais voilà, le gouvernement peut encore y revenir et puis ça va aller dans l'hémicycle après.
Et donc, ça va contre les principes fondateurs de la sécu. Là, je vais payer 4 euros plus 2 euros, quels que soient mes revenus. Or, 4 euros, ce n'est pas pareil si vous avez un gros salaire ou si vous avez un petit salaire. Donc, ça va contre le je cotise en fonction de mes moyens et en plus, ça va contre le je reçois en fonction de mes besoins puisque si vous venez me voir, vous avez des maux de tête et après un examen sérieux, j'élimine une cause grave à vos céphalées et je vous prescris une boîte de Doliprane, vous n'allez pas être pris en charge. La sécu ne va pas prendre en charge cette boîte de Doliprane. Or, cette boîte de Doliprane, c'est vos besoins.
Et ce qui est important, c'est que même si vous n'êtes pas malade, vous soyez dans cette communauté de la sécurité sociale où tout le monde bénéficie, même si ce n'est que 2 euros, c'est important.
Alors, qu'est-ce que vous suggérez, vous, pour combler le trou de la sécurité sociale ? Là, en l'occurrence, l'objectif pour le gouvernement pour l'an prochain, c'est de faire plus de 5 milliards d'euros d'économies.
Alors, ça tombe bien puisque le Haut Conseil pour l'Avenir de l'Assurance Maladie a produit un rapport en proposant la sécu à 100%. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est dans un système complètement bizarre. C'est que chacun de vos dossiers, quand vous venez voir le médecin, est traité d'abord par la sécu et après par votre assurance complémentaire. Donc, double frais de gestion et ça coûte très cher. Et le HCCAM nous dit plus de 5 milliards d'économies en fusionnant.
Donc, une couverture santé universelle pour tout le monde et il n'y a plus les deux jambes.
Tout à fait. Et ça fait des économies. On reste dans la solidarité. Parce que je vous rappelle que les assurances complémentaires, mutuelles comprises, ne sont pas solidaires. Si vous êtes vieille, vous payez plus cher que si vous êtes jeune. Et donc, on garde la solidarité. On fait plus de 5 milliards d'économies d'après le HCCAM. Et on est bien pris en charge dans les principes fondateurs de la sécu. Qui fêtent ces 80 ans. Qui fêtent ces 80 ans.
Ça c'est un beau cadeau d'anniversaire pour la sécu. Merci Madi Denant. Merci d'être venue en studio ce matin dans le 5-7.