Gabriel Attal : "On n’a pas décidé d’avancer les vacances scolaires mais toutes les propositions sont utiles"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le porte-parole du gouvernement. Questions et réactions via les trois canaux officiels, le 01 45 24 7000, les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Gabrielle Attal. Bonjour. On va faire avec vous un point général sur l'épidémie de Covid et sur le troisième confinement, la troisième voie qui a été adoptée jeudi dernier dans 16 départements. Beaucoup d'auditeurs nous disent, et on les entendra j'imagine encore ce matin, qu'ils ne comprennent pas ces mesures et qu'ils ne voient pas comment elles peuvent freiner l'épidémie. Vous leur répondrez tout à l'heure. On y vient.
D'abord un mot d'Angela Merkel, la chancelière allemande qui a reconnu hier avoir fait une erreur en voulant durcir les règles sanitaires pour le long week-end de Pâques. Je la cite. Je sais que cette proposition a provoqué une incertitude supplémentaire. je le regrette profondément et pour cela je demande pardon à tous les citoyens. Et vous Gabrielle Attal, est-ce que vous êtes capable sur ces dernières semaines de reconnaître une erreur où vous estimez avoir tout bon ?
Non seulement j'en suis capable, mais pour ma part je l'ai fait. Il y a encore quelques jours sur un autre plateau, notamment sur ce qui s'est passé samedi dernier avec l'éphémère attestation qui était totalement kafkaïenne, qui a duré quelques heures et qu'on a retiré pour simplifier. Je vais vous dire, il faut être humble dans cette crise. C'est une réalité parce que c'est un virus qui a un an, dont on continue de découvrir un certain nombre de dimensions, qui nous pousse parfois à prendre des mesures très rapidement et parfois à se tromper. Et dans ces cas-là, il faut le dire, il faut le reconnaître. C'est jamais simple, jamais évident, mais je pense que c'est important de le faire.
Sur la vaccination notamment, Emmanuel Macron a dit à Nikos Aliagas, qui l'interviewait pour la télévision grecque il y a deux jours, l'Europe est un peu diesel, on a sans doute moins rêvé aux étoiles que certains autres et je pense que ça doit être une leçon pour nous-mêmes. On a eu tort de manquer d'ambition, j'allais dire de folie, dit-il, de dire c'est possible et on y va, on est peut-être trop rationnel. Donc Emmanuel Macron, en fait, il ne reconnaît pas une faute lui-même, il dit que c'est la faute de l'Europe, c'est ça ?
Non, ce qu'il dit, c'est que si on avait voulu se mettre au niveau des Etats-Unis, notamment en matière de recherche pour trouver un vaccin, c'est évidemment au niveau européen que ça se passe. On le sait. Pour rivaliser, entre guillemets, en termes de moyens, en termes de force de frappe avec des pays comme les Etats-Unis, c'est bien au niveau européen, il faut une coordination européenne.
Pardon de vous dire, le Royaume-Uni, ils y sont arrivés seuls.
Oui, d'ailleurs, pour ce qui est du laboratoire d'Oxford, avec des fonds européens qui ont soutenu très fortement ce laboratoire. Mais voilà, je pense que là aussi, on peut reconnaître que l'Europe n'a pas été pleinement au rendez-vous de son histoire sur cette question du vaccin. Elle l'a été sur d'autres dimensions. On a, pour ce qui est de la France, fait un choix qui est le quoi qu'il en coûte. Et ce qu'a dit le Président de la République, c'est que d'autres pays, notamment les Etats-Unis, ont fait, eux, le quoi qu'il en coûte sur le vaccin, là où nous, on l'a fait sur l'accompagnement des acteurs économiques.
Mais vous comprenez que même les plus europhiles sont déçus de l'Europe aujourd'hui ?
Mais évidemment, je le comprends. Ce que je dis, c'est que sur d'autres points, je pense qu'on a fait des progrès. Je crois que l'Europe, elle s'est aussi construite dans les crises en tirant des enseignements de ce qui avait fonctionné et de ce qui n'a pas fonctionné. Et quand on a fait un plan de relance à 750 milliards d'euros au niveau européen, c'était inédit. Avec un endettement commun des pays européens, de l'Union européenne pour financer la relance, la coordination qu'on a mise en place sur la commande de vaccins. Moi, je suis absolument persuadé que c'est la bonne solution, que c'est la bonne voie.
Je ne dirais pas que c'est raté, Léa Salamé, on peut toujours faire mieux, mais je pense que ça nous a évité une guerre des piqûres entre pays européens, avec nos voisins européens. Et ça, je pense que c'est un progrès. Et sur un certain nombre de points, on avance au niveau européen. Et je pense qu'on va tirer des enseignements sur cette question de la recherche et du vaccin. Il n'y a pas de compétences sanitaires en tant que telles aujourd'hui au niveau européen. D'ailleurs, on a déjà annoncé qu'on voulait avoir l'équivalent de ce qu'on appelle la BARDA américaine au niveau européen pour avoir une vraie force de recherche.
Gabriel Attal, alors, sur les fameuses mesures annoncées jeudi dernier, entendez-vous les médecins et les épidémiologistes ? Sans nouvelles mesures, on devra trier les patients dans les hôpitaux, dit Karine Lacombe ce matin dans le Parisien. Axel Kahn, ne pas avoir le droit d'acheter des godasses ou d'aller en province ne va pas empêcher l'inondation du système de soins. Gilles Pialou, hôpital Tenon, on marche sur la tête avec des mesures qui sont complètement déconnectées de la réalité, on va dans le mur. Que leur répondez-vous ?
D'abord, je les écoute, c'est important. On a besoin des soignants, des scientifiques pour nous accompagner. Ce que je dis, c'est que ça me rappelle un certain nombre de propos et de critiques qu'on avait entendues au mois de novembre dernier. Vous vous souvenez quand on avait mis en place un confinement adapté, qui n'était pas le confinement de mars, qui était adapté avec les écoles qui étaient laissées ouvertes, avec une fermeture des commerces, des restrictions de circulation, mais qui était totalement adaptée. On avait entendu, ça ne marchera pas, ça n'aura pas d'impact sur l'épidémie. Qu'est-ce qu'on a vu à l'époque ?
En quatre semaines, le nombre de contaminations est passé de 50 000 par jour à 15 000 par jour. Pourquoi ? Parce qu'au-delà des mesures, les Français ont bien compris qu'il y avait une situation difficile. Ils ont redoublé de vigilance. Ils ont fait extrêmement attention. Et moi, je suis persuadé que c'est ce qui se passe aujourd'hui. On a annoncé des mesures la semaine dernière.
Elles sont suffisantes, Gabriel Attal ?
Si elles sont appliquées, évidemment qu'elles auront un impact. Évidemment, quand on met en place une mobilisation très forte sur le télétravail pour limiter les contaminations
au travail. Vous avez l'impression que c'est appliqué, le télétravail ?
Ça progresse, mais il faut aller plus loin. On va augmenter les contrôles, les sanctions pour des entreprises qui, manifestement, n'accepteraient pas de mettre en place le télétravail.
Ça veut dire quoi ? Qu'est-ce qui va changer ? C'est quoi les nouvelles sanctions ?
L'objectif, c'est qu'ils aient davantage recours au télétravail. Il y a des sanctions qui existent. Il y a eu plusieurs dizaines de mises en demeure qui ont été formulées ces dernières semaines sur des entreprises qui ne voulaient pas mettre en place du télétravail. Donc ça, on va le poursuivre. On augmente aussi dans l'administration parce qu'on doit être exemplaire. Il y a un enjeu sanitaire aussi. Quand on met en place des demi-jauges dans les lycées des départements où le virus circule le plus, là aussi, c'est une mesure qui peut avoir un impact. Quand on interdit la circulation entre les régions, là aussi, c'est une mesure
qui est forte. Donc pour vous, c'est suffisant, Gabriel Attal, à l'heure où nous parlons.
Ce que je vous dis, c'est que si ces mesures sont pleinement appliquées, et je sais que c'est difficile, je sais qu'il y a une lassitude, je sais que ça fait un an qu'on vit avec des mesures de restriction et plusieurs mois avec un couvre-feu. Si ces mesures sont appliquées, elles auront
un impact sur l'épidémie. Mais votre pari, le pari de janvier d'Emmanuel Macron, chaque semaine passée sans reconfiner, est une semaine gagnée. Les médecins disent que vous l'avez raté ce pari. Bruno Rioux, le chef de la cellule de crise de la PHP, nous disait à ce micro la semaine dernière, chaque semaine sans reconfiner est une semaine perdue, pas gagnée, perdue. Vous répondez quoi ?
D'abord, Léa Salamé, je le redis, on pose souvent cette question, il n'y a pas eu de pari. Moi, j'étais là quand cette décision a été prise. Conseil de défense, j'étais dans la salle, je participais à la réunion. Il n'y a pas eu de pari, il y a eu un choix. On a toujours pris des décisions de confinement, d'abord face à des faits et pas face à des hypothèses. Et en l'occurrence, les hypothèses qu'on nous présentait à l'époque, c'était une explosion des contaminations en février qui n'a pas eu lieu. Il y a même eu une petite baisse à ce moment-là en février. Beaucoup disaient mi-mars. Le Conseil scientifique avait dit que ce n'est pas tout de suite que ce sera mi-mars.
Dans la note d'éclairage du Conseil scientifique, il y avait écrit qu'il y aurait une augmentation à la mi-mars après avoir fait un confinement au mois de février. On a une augmentation à la mi-mars, c'est vrai. On n'a pas fait un confinement au mois de février. Ce que j'essaye de vous dire...
C'est que ça n'aurait servi à rien, c'est ça, de confiner de manière préventive.
Ce que j'essaye de vous dire, c'est que ce qui nous permettra de sortir de cette crise, ce qui nous permettra de mettre ce virus derrière nous, c'est la vaccination. C'est la vaccination qui nous permettra d'en sortir. Quand on regarde ce qui s'est passé autour de nous, dans les pays européens, il y a des pays qui ont confiné à ce moment-là de l'année. En Allemagne, il y a un confinement qui a été décidé à la mi-décembre pour quatre semaines, justement, dans l'idée de faire baisser le virus et de rouvrir. Ils y sont toujours. Ils ont dû prolonger et renforcer les restrictions. En Italie, il y a eu un confinement en début d'année. Ils ont ensuite commencé à déconfiner.
L'épidémie est repartie. Ils viennent de reconfiner. C'est leur quatrième confinement. Donc la clé, c'est la vaccination. La question, c'est comment on vient jusqu'au moment où la vaccination produira suffisamment d'effets pour qu'on puisse alléger les restrictions.
Les écoles, pour freiner l'épidémie, Valérie Pécresse, président de la région Île-de-France, propose d'avancer les vacances scolaires de deux semaines, vendredi 2 avril, au lieu de vendredi 16. Cette proposition pourrait-elle être sur la table, Gabriel Attal, ou vous la récusez ?
D'abord, toutes les propositions sont utiles. Surtout quand elles ne nient pas la réalité des faits et qu'elles cherchent à trouver des solutions. Et donc ? Maintenant, il y aurait évidemment un impact et des difficultés pour des familles en termes d'organisation. Ça implique de fermer les écoles, ce qui a toujours été pour nous et ce qui reste un ultime recours, parce qu'on sait le coût éducatif, le coût social, le coût en termes de violence pour certains enfants de la fermeture des écoles. Et donc, voilà.
Donc le scénario n'est pas privilégié, alors nous parlons, d'avancer les vacances scolaires de deux semaines.
C'est une proposition qui a été formulée hier soir. Ce n'est pas moi, ici, ce matin, en tant que porte-parole du gouvernement, qui vais vous répondre. Ce que je dis, c'est que toutes les propositions sont utiles.
Non mais, pardon, parce que là aussi, ça contribue à l'incertitude. Avancer les vacances de deux semaines, c'est-à-dire la semaine prochaine. Dire aux parents d'élèves, dire à tous les gens qui ont des enfants, que la semaine prochaine, ça commence les vacances. Il faut s'organiser. Donc vous me dites, je ne sais pas moi, vous répondre. Alors répondez clairement.
Si votre question est de savoir si hier, en Conseil de défense, quand on a abordé les mesures, on a décidé d'avancer les vacances, la réponse est non. Maintenant, il y a une proposition qui arrive hier soir, et je dis que toutes les propositions, par principe, sont utiles.
Vous confirmez, cependant, qu'il y a une augmentation des cas de contamination dans les écoles, les collèges et les lycées, depuis quelques jours ?
Oui, quand il y a une augmentation des contaminations dans la société, il y en a évidemment aussi à l'école. L'important, c'est de les limiter au maximum. C'est pour ça qu'il y a un protocole sanitaire. C'est pour ça que dans les lycées des 16 départements où le virus circule le plus, on a maintenant une demi-jauge.
Ça pourrait être le cas pour le collège ou pas, la demi-jauge ?
C'est déjà possible aujourd'hui. Vous avez des collèges qui sont en demi-jauge. C'est les académies, les rectorats qui prennent la décision.
Est-ce que vous allez l'étendre au collège, par exemple ? Parce que ça, ce serait faisable.
Je vous dis qu'aujourd'hui, c'est déjà possible. J'étais il y a quelques semaines dans le département du Nord, il y avait un collège où il y avait le distanciel.
Oui, il y en a un ou deux, mais est-ce que vous allez l'organiser et le demander comme vous le demandez pour les lycées ?
Il y a des académies, des rectorats qui peuvent prendre ces décisions quand l'organisation du collège le nécessite. Voilà, c'est ce que je dis ce matin. Et l'important, pardon, c'est de limiter les contaminations et c'est évidemment de les identifier pour que les élèves qui sont contaminés puissent s'isoler. C'est pour ça qu'on développe les tests salivaires, notamment chez les jeunes enfants, parce que c'est plus facile de se faire tester pour un jeune enfant quand c'est avec un test salivaire qu'un prélèvement nasopharyngé. Et donc voilà, on a une exigence très forte évidemment pour l'école. Gabrielle Attal.
Anne Hidalgo, elle n'est pas favorable à la proposition de Valérie Pécresse d'avancer de deux semaines les vacances scolaires. Anne Hidalgo, elle ne souhaite pas que les écoles ferment tout de suite, mais dit qu'il faut ouvrir la vaccination aux enseignants tout de suite. Elle dit mi-avril ou fin-avril, comme l'a dit Emmanuel Macron il y a deux jours, ce n'est pas suffisant, ce sera trop tard, il faut commencer à vacciner les enseignants de manière prioritaire dès aujourd'hui. Vous y répondez quoi ?
Je réponds d'abord que ce qui bride la campagne de vaccination en France et partout dans le monde aujourd'hui, c'est le nombre de doses. Aucun pays n'a suffisamment de doses pour proposer la vaccination à toute sa population. Et donc il y a des priorités. Et que nos priorités, on est conseillé par la Haute Autorité de Santé et les scientifiques sur ce point-là, c'est de cibler dans un premier temps les Français qui sont les plus à risque de faire une forme grave et de décéder de la Covid, c'est-à-dire les personnes âgées ou qui ont une comorbidité.
C'est d'ailleurs pour ça que les enseignants, comme toutes les autres professions qui ont plus de 55 ans, qui ont une comorbidité, peuvent être vaccinés. Il viendra un moment où ces publics vulnérables à la maladie auront pu être vaccinés, et le Président de la République l'a dit, à ce moment-là évidemment, que pour certaines professions, il y a les enseignants, mais on peut parler aussi d'autres professions qui sont particulièrement en première ligne, il y aura des campagnes de vaccination ciblées.
Mais un mois et demi, attendre un mois et demi, c'est pas trop tard.
Il y a un principe de réalité et de pragmatisme. Quand j'entends Mme Hidalgo qui dit qu'il faut dès demain matin vacciner les enseignants, ça veut dire très concrètement, il faut que vos auditeurs en soient conscients, qu'on va appeler des personnes âgées de 75-80 ans qui ont rendez-vous dans les semaines qui viennent pour se faire vacciner, et qu'on va leur dire pardon, on annule votre rendez-vous, parce qu'on va utiliser votre dose pour vacciner d'autres personnes qui sont moins à risque que vous. Évidemment que c'est difficile.
Moi je suis lucide et conscient qu'il y a d'abord beaucoup de Français qui ont envie de se faire vacciner, et qu'il y a certains Français qui travaillent au contact de personnes, que ce soit d'enfants, que ce soit d'adultes, Donc pour l'instant c'est la gestion de la pénurie, c'est ça ? C'est la gestion de la pénurie pour l'instant. Mais c'est la gestion d'un nombre de doses limité, mais en France comme partout en Europe et comme partout dans le monde. Voilà, oui, les usines tournent à plein régime, on reçoit de plus en plus de doses.
Il y a eu des mauvaises nouvelles ces dernières semaines sur AstraZeneca qui a réduit ses livraisons, on parle moins des bonnes nouvelles, et notamment Pfizer qui nous a annoncé une hausse des livraisons, on va recevoir plus de doses, on va pouvoir proposer plus de rendez-vous. Dès les semaines qui viennent, on va proposer plus de rendez-vous. A partir de demain, on élargit la vaccination aux plus de 70 ans. Quel que soit votre état de santé, vous avez plus de 70 ans, vous pouvez vous faire vacciner. On met en place un numéro de téléphone dédié qui va être communiqué dans la journée pour les personnes de plus de 75 ans qui n'ont pas encore été vaccinées.
Petite question rapide, faudra-t-il commencer à vacciner les enfants dès cet été ? Ça sera aux scientifiques de le dire. Moi je ne peux pas le dire. Aujourd'hui, je crois qu'il y a des essais cliniques très précoces qui ont démarré s'agissant de la vaccination sur les enfants. Ils sont démarrés, je crois, en Amérique, Amérique du Nord, et aujourd'hui, il n'y a pas de décision prise.
Allez, on file au standard, on nous attend Florence, chercheuse au CNRS. Bonjour Florence, bienvenue.
Bonjour, merci d'avoir pris ma question. Donc effectivement, je suis chercheuse au CNRS, et j'étais intervenue dans la matinale la dernière fois que Gabriel Attal y est venu.
Je me souviens sur l'impact, sur le fait de vacciner en période de pique épidémique, c'est ça ?
Non, personne n'est pas. On retrouvera l'archive ce matin, que voulez-vous lui demander ?
Je crois que c'était un peu ça quand même.
Voilà, j'avais souligné que la règle du jeu de la gestion de l'épidémie avait changé avec les variants. En fait, mes collègues et moi, depuis le début de février, on alerte sur le fait que les mesures qui étaient suffisantes pour les anciennes versions du virus ne l'étaient pas pour le variant dit anglais. Et maintenant que le nombre de cas a recommencé à augmenter, maintenant que l'incidence est très élevée, notamment en Ile-de-France, maintenant que les capacités de réanimation dépassent les 100% en Ile-de-France, ma question est la suivante ce matin. Quand le gouvernement va-t-il recommencer à écouter les scientifiques ?
Parce que clairement, vous ne l'avez pas fait ces dernières semaines.
Merci Florence pour cette question. Je donne la parole à Marc, qui va dans le même sens, je crois. Bonjour, bienvenue.
Oui, bonjour. Justement, une petite réaction par rapport à ce qui vient d'être dit par M. Attal. Moi, j'ai essayé d'inscrire ma sœur qui a 71 ans. C'est impossible, finalement. Alors oui, ma question, c'était quand est-ce que M. Macron reconnaîtra qu'il aurait dû écouter le Conseil scientifique, qu'il a nommé lui-même, qui, dès le 29 janvier, préconisait un confinement pour le mois de février. Et je pense que cela aurait évité des milliers de morts et cela aurait évité qu'on soit dans une situation où nous sommes au bord de la catastrophe.
Merci Marc pour cette question. Merci Florence aussi. Réponse Gabriel Attal.
Moi, je dis à Florence, les mesures qu'on prend, on les prend parce qu'elles sont proportionnées et parce qu'elles sont efficaces pour lutter contre l'épidémie, si elles sont appliquées. Encore une fois, moi, j'avoue que j'ai du mal à comprendre, parfois, dans le débat, qu'on considère que c'est des demi-mesures pour les Français de vivre avec un couvre-feu. C'est ce que disent les scientifiques. Quand les Français vivent avec un couvre-feu depuis des mois.
Certes, Gabriel Attal, mais c'est ce que disent, les médecins disent, ce n'est pas du tout suffisant.
Non, pas tous les médecins. Et encore une fois, il y a une controverse scientifique, là, c'est pour répondre aussi à Marc. Il y a des positions scientifiques qui sont différentes. Et à un moment, il y a le politique qui doit faire un choix. Moi, je me souviens de certaines émissions où je venais il y a quelques mois, où on nous reprochait de suivre parfois des avis de scientifiques en considérant que le politique doit prendre parfois des décisions à contre-courant.
Est-ce que, justement, vous n'avez pas pris cette critique trop au pied de la lettre et là, vous avez envie de montrer que vous êtes indépendant des scientifiques ? Non, pas du tout.
Et d'ailleurs, moi, je me souviens du premier déconfinement au printemps dernier où le président de la République avait fait le choix de rouvrir les établissements scolaires alors que ce n'était pas spécialement recommandé par le Conseil. Et je peux vous dire qu'on ne l'a pas regretté. Depuis un an, les écoles ont été quatre fois plus ouvertes en France qu'aux États-Unis et deux fois plus qu'en Allemagne. Et juste pour Marc, pardon, vous allez me couper, mais j'ai entendu sa question pour sa sœur. C'est à partir de demain que, pour les plus de 70 ans, la vaccination va être ouverte et que les rendez-vous vont être proposés.
Encore une question sur l'application France Inter. C'est Éric qui la pose. Pourquoi et comment la France tolère-t-elle 250 à 300 morts du Covid par jour depuis cinq mois ?
On ne le tolère pas. C'est un drame à chaque fois qu'il y a un mort du Covid. Et il y a plus de 90 000 de nos concitoyens qui ont été emportés par le Covid depuis un an. Et c'est important, vous avez raison, de le rappeler, de le dire. Et les mesures qu'on prend, on les prend évidemment pour limiter le nombre de contaminations, pour limiter le nombre de formes graves.
Un vrai confinement, ajoute-t-il, aurait permis de ramener ce chiffre à 10 ou 20 décès quotidiens pendant cinq à six mois. Coût humain intolérable.
Et c'est quoi le coût d'un confinement humain aussi, en termes de drames sociaux et humains, pour des personnes qui ne peuvent pas travailler, pour nos enfants ?
Donc vous avez fait une balance entre les coûts, c'est ça ?
C'est terrible, mais c'est ce qu'on doit faire depuis le début de cette crise. En permanence, à chaque fois qu'on prend des mesures, Nicolas Demorand, on doit faire la balance entre un certain nombre d'éléments. Dans l'objectif évidemment de protéger les Français et de les protéger à tout point de vue. Et pour revenir sur ce qui a été dit sur le confinement et sur ce que disait Marc, il y a des pays qui ont confiné dès le mois de décembre, qui ont confiné en janvier, en février, en se disant que ça va nous permettre de terrasser le virus et d'alléger les restrictions. Ça n'est pas le cas. L'Italie vient de reconfiner pour la quatrième fois.
Les Allemands prolongent leur confinement, ça fait près de trois mois.
Gabriel Attal, Gérald Darmanin a demandé un strict contrôle de l'interdiction des rassemblements non autorisés de plus de six personnes à l'extérieur. Les syndicats de police vous disent que ce n'est pas faisable. On ne peut pas être partout, on ne peut pas être à chaque coin de rue. C'est nous demander trop.
D'abord, c'est fait depuis maintenant plusieurs mois puisque cette interdiction, elle date du mois d'octobre. Aujourd'hui, vous avez une situation épidémique qui est particulièrement tendue dans une vingtaine de départements où il y a des mesures de freinage supplémentaires. On a appris depuis un an sur l'épidémie, on sait qu'on se contamine infiniment moins quand on est à l'extérieur et qu'on respecte les mesures barrières que quand on est en intérieur. Et donc, oui, c'est cette troisième voie où on permet aux Français de sortir sans limite de durée pendant la journée.
Mais évidemment, ça implique que les mesures barrières soient respectées, le port du masque, la distance et le fait de ne pas être trop nombreux. Donc oui, dans ces départements particulièrement, c'est le cas partout en France, mais dans ces départements particulièrement, il y aura une augmentation des contrôles pour s'assurer que c'est bien respecté.
Béatrice au standard. Bonjour docteur !
Oui, bonjour M. Attal. Bonjour docteur. Bonjour à toute l'équipe. Je suis médecin de campagne et je voulais vous dire que depuis 15 jours et jusqu'après Pâques, m'a dit notre pharmacien qui ne vaccine pas, nous ne recevons plus de flacons.
Jusqu'à Pâques ?
Après Pâques. Après Pâques. Alors, il faut aussi savoir, ce qu'on ne dit pas, c'est qu'il y a un délai entre une et trois semaines, entre le moment où on reçoit le flacon, où on commande le flacon et le moment où on le reçoit.
Vous êtes en colère docteur ? Vous êtes en colère ?
Plus qu'en colère, je suis désabusée. Complètement désabusée parce que les patients attendent, les centres de vaccination, c'est vrai que c'est impossible pour nos malheureux patients de joindre et d'avoir des rendez-vous.
Merci Béatrice. Un mot, Gabriel Attal vous répond.
D'abord, ce que je veux dire à Béatrice, c'est qu'il n'y a pas de délai entre le moment où les doses arrivent en France et le moment où elles sont réparties dans nos officines, chez nos médecins traitants et dans les centres de vaccination. C'est afflux tendu. Évidemment, les professionnels font leur commande en avance pour qu'on sache où répartir les doses une fois qu'elles arrivent. Mais c'est afflux tendu. La deuxième chose que je veux dire, c'est que le nombre de doses va augmenter dans les prochaines semaines, notamment les doses de Pfizer, ce qui va permettre de proposer davantage de rendez-vous.
La troisième chose que je veux dire, vous parliez des patients que vous connaissez, j'imagine que c'est des personnes très âgées qui n'ont pas de rendez-vous. Il y a aujourd'hui plus de 50% des plus de 75 ans qui ont été vaccinés, qui ont reçu une première injection. Il en reste donc 50%. Sur ces 50%, il y en a une partie importante qui ont un rendez-vous prévu dans les prochaines semaines. Et il y en a une partie qui n'a effectivement toujours pas de rendez-vous.
C'est pour ça qu'à partir de samedi, l'assurance maladie va appeler les plus de 75 ans qui n'ont pas été vaccinés pour leur proposer un rendez-vous et qu'on met en place un numéro, entre guillemets, coupe-fil, pour ces personnes et j'ai dit tout à l'heure qu'ils seraient annoncés je crois dans la journée ou demain, pour les personnes les plus prioritaires des prioritaires qui pourront avoir un rendez-vous.
Gabriel Attal, deux, trois questions hors Covid, si vous le voulez bien, rapidement. D'abord, Xavier Bertrand qui a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle, enfin qu'il l'a confirmée hier. Un commentaire ?
Léa Salamé, je me souviens qu'il y a six mois, j'étais ici même en septembre et vous m'aviez interrogé sur le fait que Xavier Bertrand avait annoncé sa candidature la veille. Je vous avais répondu que c'était la quatrième fois en un an qu'on m'interrogeait sur ce sujet-là et que c'était les 50 nuances de candidature à la présidentielle. Bon, ça fait 51. J'ai pas d'autres commentaires à faire.
Vous faites deux fois la même vanne sur le jour sans fin.
Je veux dire, j'ai pas d'autres commentaires à faire que ceux que j'avais fait. On est en démocratie, évidemment, chacun peut se porter candidat à la présidentielle. Ce que je peux dire, c'est qu'on voit bien que nos oppositions ont les yeux rivés sur les élections. Nous, on a les yeux rivés au gouvernement sur les contaminations. Voilà, c'est ça qui nous obsède. C'est la gestion de la crise économique, de la crise sanitaire et de l'impact de ce qu'on est en train de vivre sur les Français. Après, chacun fait ses choix.
L'épidémie a gelé le débat démocratique depuis un an. Est-ce qu'il faut attendre que tout le monde soit vacciné pour pouvoir parler politique à nouveau, pour réactiver le débat démocratique alors que la présidentielle arrive dans un an ? Je ne dis pas ça. C'est ce que vous dites parce que j'ai lu les réactions de tous les élus macronistes qui se moquent de Xavier Bertrand en disant que ce n'est pas le moment en pleine épidémie, mauvais timing. Mais donc, il faut attendre quand on soit tous vaccinés pour de nouveau pouvoir avoir l'autorisation de parler politique.
Non, mais vous aurez noté que ce n'est pas ce que j'ai dit et ce n'est pas ce que je pense. Encore une fois, on est en démocratie, on a besoin que la démocratie vive et moi, je ne porterai jamais de jugement sur qui que ce soit par ce qui formule des propositions ou par ce qui déclare sa candidature. Ce que je vous dis, c'est que pour moi, ce n'est pas très nouveau puisque j'ai déjà eu l'occasion de répondre à deux reprises à votre question sur ce sujet-là par le passé. Systématiquement,
vous êtes là le lendemain d'une déclaration de candidature de Xavier Bertrand.
Oui, mais je pense que c'est lui qui déclare sa candidature parce qu'il sait que je viens chez vous. Ça doit être ça.
Le ton monte entre la Chine et l'UE. Gabriel Attal, l'UE qui a l'Union Européenne qui a imposé lundi des sanctions pour atteinte au droit de l'homme contre les Ouïghours. Les Etats-Unis sont dans une opposition frontale à la Chine. Pierre Haski parle souvent à ce micro de cette nouvelle guerre froide entre guillemets. La Chine est-elle l'adversaire stratégique de l'Union Européenne comme elle l'est désormais des Etats-Unis ?
Ce qui est certain, c'est que ce qui se passe avec les Ouïghours est totalement inacceptable et même choquant, bouleversant. On parle de travail forcé, on parle d'internement forcé, on parle de mutilation, on parle de situations absolument terribles et c'est absolument inacceptable. Et oui, on le dit, on l'a dit, l'Union Européenne l'a dit, il y a un certain nombre de sanctions qui ont été prises. Vous savez qu'il y a des discussions en ce moment sur un accord
un traité de libre-échange
entre la Chine et l'Union Européenne. C'est pour nous une opportunité aussi de faire valoir nos principes et nos valeurs et d'être extrêmement clair et ferme sur cette question du travail forcé dans le cadre de ces négociations. Ce que je vous dis, c'est que c'est pour nous un outil pour faire valoir nos principes, nos valeurs sur cette question du travail forcé. Et ce que je peux vous dire, c'est qu'on va être extrêmement ferme sur ces questions-là dans la discussion.
Une dernière question rapide, c'est Dominique qui vous la pose en tant que porte-parole. Assistez-vous au Conseil de Défense, oui. Est-il vrai que c'est le président Macron seul qui décide de tout pour la gestion de la pandémie ? Merci pour la réponse, dit Dominique et bon courage, accessoirement. Alors dites-nous, comment ça se passe ? Il décide de tout, le président ?
Non, mais d'abord, je vais vous dire...
Non, mais la question est simple. Oui, ben non.
Et bienveillante en plus. Oui, et il a évidemment des décisions à prendre qui sont souvent des décisions incroyablement difficiles. Donc c'est collégial le Conseil de Défense. Mais évidemment, c'est précisément une instance qui vise à ce qu'il puisse entendre un certain nombre de points de vue, à ce qu'il puisse entendre un certain nombre de données. Vous savez la différence entre le Conseil de Défense et le Conseil des Ministres ? C'est qu'au Conseil de Défense... C'est qu'il y a moins de monde. Non, justement, au Conseil de Défense, vous avez des personnes qui ne sont pas membres du gouvernement qui participent, ce qui n'est pas le cas au Conseil des Ministres.
Vous avez des scientifiques, vous avez des personnes qui peuvent apporter un éclairage. Et donc c'est utile pour la décision. Ce n'est pas du tout ce que certains parfois présentent comme un lieu très fermé, très dominique.
Un bunker, évidemment. Comment va Roselyne Bachelot pour terminer ? Est-ce que vous avez des nouvelles ?
Les informations que j'ai, ça va, elle va bien. Mais ce n'est pas à moi de communiquer sur son état de santé. On prend juste de ses nouvelles. Il y a le secret médical et c'est évidemment elle qui communique et son entourage et je crois qu'elle l'a fait hier. Elle est toujours hospitalisée. Ça permettrait d'avoir une pensée pour elle et de lui adresser un bon rétablissement comme je l'ai fait directement.
Merci Gabriel Attal d'avoir été au micro d'Inter ce matin.
Gabriel Attal