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Discours / meetingGroupe Ecologiste et Social - Assemblée nationale· 24 juin 2026 5 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Charles Fournier regrette une loi contre l'ultra fast-fashion affaiblie sous la pression des lobbies

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Charles FournierChiffre
    « L'industrie textile, c'est 10 % de gaz à effet de serre. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

D'abord vous dire que il y a 4 mois que je n'ai pas pris la parole dans cet hémicycle et que c'est forcément un moment émouvant et et c'est une chance d'être ici suite suite à suite à la WC que j'ai que j'ai fait. Je vous imaginez un monde où certains vêtements sont produits sans jamais être vendus ni portés tandis que d'autres sont fabriqués presque en temps réel influençant la demande à coup d'algorithme. Un monde où des dizaines de milliards de pièces textiles sont fabriquées pour finir directement enfoui, brûlé ou abandonner.

Un monde où chaque jour en France 100 millions de vêtements sont achetés tandis que 35 vêtements sont jetés à chaque seconde. Ce monde existe déjà. C'est celui de la Fast Fassion.

Quand je vous dis fast fashion, vous pensez Chine ou TMU à juste titre. Les deux font la course en tête des acteurs du secteur les plus polluants, mais ils ne sont que les derniers arrivés d'un système qui a commencé dans les années 2000. En 15 ans, la production mondiale de vêtements a doublé.

L'industrie textile, c'est 10 % de gaz à effet de serre. Ce modèle économique continue de prospérer en considérant les ressources naturelles comme inépuisables et les droits humains comme une variable d'ajustement. Pour en sortir, il serait facile de pointer les seules responsabilités individuelles.

Nous savons que pour la plupart des consommateurs, la fast fashion n'est pas un choix mais plus le résultat d'une contrainte budgétaire. L'illusion de prix peu cher et parfaite car elle cache le coût réel. Destruction d'emploi, salaire misérable, graves conséquences écologiques.

Ce qui est fou dans notre modèle qui conduit à cette aberration, ce qui n'est pas cher, c'est ce qui est fait loin et qui est mal fait. Et ce qui coûte cher, c'est ce qui est vertueux et qui est fait ici made in France. C'est avec cette aberration qu'il faut rompre.

La fast fashion n'est pas un excès du marché. Elle est l'aboutissement d'un système qui a fait l'absence de limite son principal moteur. C'est pour répondre à cette réalité qu'elle née cette proposition de loi adoptée à l'unanimité par notre assemblée en 2024 et par le Sénat l'année d'après.

Elle s'est ensuite retrouvée bloquée pendant de très longs mois. Elle a survécu grâce à la mobilisation constante des associations, des acteurs du réemploi et des organisations environnementales que je salue. Mais enfin, après 2 ans, nous y voilà.

Pour la première fois en Europe et dans le monde, un législateur affirme que l'Ultra Fast Fashion est un problème politique qui doit être régulé. Pour la première fois, nous nous ouvrons la voie à l'interdiction de la publicité pour les produits de la mode ultra express, y compris via des influenceurs. Ce n'est pas rien, mais ce n'est malheureusement pas suffisant.

L'avancée sera symbolique et pas transformatrice. Au fil des réécritures, sous le poids des lobbyes, l'ambition initiale du texte a été considérablement réduite. Le texte voté initialement par notre assemblée visait la fast fashion dans son ensemble.

Il ne cible désormais que l'ultrafast fashion. Autrement dit, ne s'attaque qu'à une partie du problème. Nous regrettons ce rerement sur la mode ultra express et le choix de critères qui peuvent épargner une partie des acteurs historiques.

En choissant une définition basée sur des critères cumulatifs, le nombre de référencement et l'incitation à la réparation, le texte laisse la porte ouverte à l'interprétation du gouvernement. Et en la matière, la confiance n'est pas au rendez-vous. Nous comprenons la volonté de protéger les entreprises et marques françaises, mais la volonté de cibler prioritairement Chine et TMU.

Mais encore faudra-t-il que ces marques implantées sur notre territoire jouent le jeu de la réparabilité. Des aras, H&M, Primark, Uniclo ne sont pas devenus des modèles de de la de la mode durable. Fast fashion et ultra ultra fashion sont les deux phases d'une même pièce.

Les géants asiatiques n'ont pas inventé ce système. Ils l'ont poussé à l'extrême et le risque de contournement de ces critères est prévisible. Demain, Chine pourra limiter artificiellement le nombre de références visibles à un instant donné sur le marché français. tout en continuer à renouveler massivement ses collections.

Quant aux critères de pénalisation, nous avions voté en 2024 pour des montants de pénalité aujourd'hui prévus comme des plafonds et nous avions prévu que ça soit des montants planchés. Nous nous retrouvons maintenant avec des des pénalités plafonnées, si bien qu'en 2026, elles ne pourront monter que jusqu'à 6 € et 50 % du prix. Vous imaginez ce que ça veut dire pour un jean qui coûte 7 € ?

Ça fera 3,50 €. Ce n'est pas à la hauteur. L'amendement que propose le gouvernement euh cible de la même manière les acteurs de la de l'Ultrafast fashion.

C'est ce flou qui servira malheureusement votre intention et malheureusement dépendra en grande partie des décrets d'application. Après 2 ans de travail, la déception est grande sur ce texte que nous avions adopté à l'unanimité avant qu'il soit vidé. Nous aurions pu assumer une véritable stratégie de sauvegarde et de réindustrialisation écologique de l'industrie textile pour soutenir des filières qui font le choix de mieux courproduire, mieux rémunérer celles et ceux qui fabriquent nos vêtements.

Mes chers collègues, face au timide avancé d'un texte soutenu en transpartisant face à la volonté de ne cibler que l'Ultrafast fashion et infiné face à la déception de celles et ceux qui y ont travaillé, le groupe écologiste et social s'abstiendra. Ne pas empêcher certes, mais nous doutons à cet instant de la volonté d'agir profondément.