Sébastien Chenu - "Les députés RN n'hésiteront pas à censurer François Bayrou" ! (France Info)
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 56 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Bonjour Sébastien Chenuch.
- 0:01FerméeÉludée
On va évoquer le budget et les pistes du gouvernement, mais pour commencer, on l'a appris hier, le Parlement européen réclame 3,5 millions de dommages et intérêts au Rassemblement national. C'est la conséquence de la condamnation de Marine Le Pen et de son parti dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Vous avez l'argent, vous allez payer ?
- 0:18RelanceÉludée
Mais il y a 4 millions d'euros qui sont passés des poches du Parlement européen aux poches du parti.
- 1:06OuverteRéponse directe
Vous contestez, ça veut dire... ça va se traduire comment juridiquement ?
- 1:17FerméeRéponse directe
Donc vous allez faire une saisine du premier président pour attendre le procès en appel dont le jugement aura lieu à l'été 2026 ?
- 1:52FerméeRéponse directe
Vous avez l'argent sur votre compte en banque puisque vous recevez plusieurs millions d'aides publiques tous les ans.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:06PrésentateurChiffre
« le Parlement européen réclame 3,5 millions de dommages et intérêts au Rassemblement national. »
- 0:12PrésentateurFait
« C'est la conséquence de la condamnation de Marine Le Pen et de son parti dans l'affaire des assistants parlementaires européens. »
- 0:20Invité politiqueFait
« Non mais nous contestons surtout. »
- 0:25Invité politiqueFait
« Il y a zéro détournement, zéro emploi fictif, zéro enrichissement personnel. »
- 0:31PrésentateurChiffre
« Mais il y a 4 millions d'euros qui sont passés des poches du Parlement européen aux poches du parti. »
- 1:59Invité politiqueFait
« Oui, mais nous sommes traités comme les autres partis politiques de ce côté-là. »
- 2:04Invité politiqueFait
« Nous recevons l'aide publique qui correspond au nombre de voix que nous faisons. »
- 2:07Invité politiqueFait
« Nous sommes le parti politique qui enregistre le plus grand nombre de voix, qui avons le plus d'élus à l'Assemblée nationale. »
- 5:02PrésentateurFait
« Mélide Monchalin, la ministre des Comptes publics, n'écarte pas la suppression de l'abattement fiscal de 10% des retraités. »
- 5:07PrésentateurChiffre
« Ça fait à peu près, pour avoir une idée, 5 milliards d'économies en rite de croisière. »
- 5:33Invité politiqueChiffre
« Avec la fin de cet abattement, c'est des milliers de Français, 500 000 foyers qui basculeraient, qui seraient foyers fiscaux, qui basculeraient dans l'impôt. »
- 5:52Invité politiqueFait
« Ce gouvernement, après avoir ruiné la France, cherche évidemment à essorer les Français, alors même les retraités en particulier, qui ont déjà subi la hausse de la CSG au début du mandat d'Emmanuel Macron. »
- 6:46PrésentateurChiffre
« C'est une niche fiscale. C'est la troisième la plus coûteuse. »
- 8:21Invité politiqueChiffre
« Moi, j'avais trouvé le Premier ministre pas très convaincant, pour être très honnête, sur l'idée qu'il ne soit au courant de rien, alors que visiblement, 2 à 300 familles, 2 à 300 enfants ont été touchés par... »
- 9:22Invité politiqueFait
« Je n'oublie pas d'ailleurs, en revanche, effectivement, qu'il a cherché à culpabiliser l'Occident sur le fait de ne pas accueillir les migrants, qu'il a fermé les yeux sur l'islamisme. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu62 %
- Présentateur38 %
≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Sébastien Chenuch. Bonjour Madame. On va évoquer le budget et les pistes du gouvernement, mais pour commencer, on l'a appris hier, le Parlement européen réclame 3,5 millions de dommages et intérêts au Rassemblement national. C'est la conséquence de la condamnation de Marine Le Pen et de son parti dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Vous avez l'argent, vous allez payer ?
Non mais nous contestons surtout. Nous contestons, nous considérons qu'il n'y a pas de préjudice pour le Parlement européen. Il y a zéro détournement, zéro emploi fictif, zéro enrichissement personnel. Et nous considérons que l'argent, c'est-à-dire l'enveloppe...
Mais il y a 4 millions d'euros qui sont passés des poches du Parlement européen aux poches du parti.
Non, pas du tout. C'est ce qu'a dit la décision du procès. C'est l'enveloppe du Parlement européen qui sert à rétribuer les collaborateurs parlementaires. Donc cette enveloppe, elle a bien rétribué des collaborateurs parlementaires. Le problème, c'est que le Parlement européen n'est pas d'accord avec nous sur ce que faisaient les assistants parlementaires sur leur rôle. Mais l'enveloppe n'a pas été détournée, il n'y a pas de préjudice pour le Parlement européen. Il n'y a pas plus d'argent qui a été utilisé, qui a été sorti du Parlement européen pour atterrir quelque part. Enveloppe du Parlement européen destinée aux attachés parlementaires, elle a été utilisée de cette façon-là.
Quand vous dites...
Vous contestez, ça veut dire... ça va se traduire comment juridiquement ?
C'est-à-dire qu'il y a une procédure d'appel. Je rappelle que Marine Le Pen et le Rassemblement national en appel sont donc présumés innocents. Donc cette procédure d'appel, elle concerne également...
Donc vous allez faire une saisine du premier président pour attendre le procès en appel dont le jugement aura lieu à l'été 2026 ?
Absolument, le procès en appel reviendra effectivement puisqu'on remet les compteurs à zéro. Et à partir du moment où nous contestons cette bataille judiciaire qui nous est menée... Mais nous, ça fait longtemps qu'on a compris que la guerre qui nous est menée, elle est politique, elle est juridique, elle est financière. On essaye d'assécher le Rassemblement national, pas seulement d'empêcher Marine Le Pen d'être candidate à la présidentielle, mais d'empêcher notre parti politique de vivre. Donc nous, nous contestons tout ça, nous nous battons avec les moyens du droit.
Vous avez l'argent sur votre compte en banque puisque vous recevez plusieurs millions d'aides publiques tous les ans.
Oui, mais nous sommes traités comme les autres partis politiques de ce côté-là. Nous recevons l'aide publique qui correspond au nombre de voix que nous faisons. Nous sommes le parti politique qui enregistre le plus grand nombre de voix, qui avons le plus d'élus à l'Assemblée nationale. Donc nous avons évidemment une contribution de l'État à la mesure de ce que les électeurs ont souhaité.
Marine Le Pen conteste également en justice la perte de son mandat de conseillère départementale. Elle est naturellement, je le précise, présumée innocente puisqu'elle a fait appel de sa condamnation. Mais est-ce que c'est quand même bien raisonnable de maintenir sa candidature pour 2027 ?
Mais madame, à partir du moment où nous contestons ce qui nous est reproché, à partir du moment où Marine Le Pen est innocente, elle se bat pour faire reconnaître cette innocence, comme des millions de Français d'ailleurs face à la justice peuvent un jour avoir à se battre lorsqu'ils contestent une décision de justice. On nous combat et nous nous battons. Marine Le Pen ne renoncera à rien. Il faut que certains l'entendent. S'il pense nous faire mettre un genou à terre, il se trompe.
Marine Le Pen a quand même laissé entendre que si son empêchement judiciaire était confirmé en appel, elle convoquerait à la rentrée 2026 un congrès interne pour formaliser la candidature de Jordan Bardella. Pourquoi ne pas l'investir plus rapidement ? Certains, au sein même de votre parti, plaident finalement pour changer de candidat.
D'abord parce qu'on fait ce qu'on veut. Ensuite parce que Marine Le Pen est présumée innocente et donc par conséquent elle va faire valoir ses droits. Et puis parce qu'elle a le sens des responsabilités, elle considère que nos idées nous dépassent et dépassent sa propre personne et qu'il y aura évidemment un candidat du RN à la présidentielle et ce candidat a de bonne chance d'être Marine Le Pen.
Oui mais Jordan Bardella il est extrêmement populaire au sein de vos militants. Il a des excellents sondages aussi bons que ceux de Marine Le Pen. Pourquoi lui laisser finalement une campagne présidentielle qui risque d'être rétrécine ?
Mais parce que l'histoire n'est pas finie. Parce que Marine Le Pen qui s'est préparée depuis des années à assumer les plus hautes fonctions, qui est en tête des sondages, qui est la française, la femme politique française préférée des Français, n'a pas dit son dernier mot et vous ne pourrez pas empêcher Marine Le Pen de se battre jusqu'au bout parce que derrière elle, ce sont des millions de Français qui se battent avec elle. Et puis je vous le dis, nos idées, elles nous dépassent et si demain elle devait être empêchée, Marine Le Pen, c'est une femme qui a le sens des responsabilités.
Mais elle n'a pas dit son dernier mot, le combat n'est pas fini, Marine Le Pen porte le désespoir de millions de Français, elle ne va pas renoncer, ce n'est pas le jour de la maison.
En cas de dissolution, JDD rapportait dimanche le possible parachutage de Jordan Bardella à Hénin-Beaumont, c'est le siège occupé aujourd'hui par Marine Le Pen, est-ce que c'est possible ça ?
Tout est possible, mais je crois que Jordan Bardella, s'il y avait une dissolution, aurait à cœur de mener effectivement la bataille législative et peut-être même s'il le souhaitait être candidat.
Elle ne pourrait pas Marine Le Pen, puisqu'effectivement elle est pour l'instant inéligible.
Mais Jordan Bardella, chef de parti, pourrait être candidat dans n'importe quelle circonscription de France.
Mais dans la sienne, il pourrait reprendre celle de Marine Le Pen.
Celle-ci ou une autre, une élection législative, on peut être candidat n'importe où en France. Les candidatures sont possibles sur n'importe quelle circonscription. Un président de parti politique a vocation, évidemment, s'il le souhaite, à être candidat exactement là où il veut.
J'en parlais au début de cet entretien, Mélide Monchalin, la ministre des Comptes publics, n'écarte pas la suppression de l'abattement fiscal de 10% des retraités. Ça fait à peu près, pour avoir une idée, 5 milliards d'économies en rite de croisière. Est-ce qu'il n'y a pas là une forme de justice, c'est-à-dire ne plus seulement mettre à contribution des actifs pour financer les nouvelles dépenses sociales qui sont liées au vieillissement ?
Non, c'est un impôt. En fait, cet abattement fiscal, la suppression d'un abattement fiscal, c'est un nouvel impôt. En fait, c'est encore une fois aller taper les retraités. C'est le grand fantasme quand même de ce gouvernement de mettre à contribution sans arrêt les retraités. Avec la fin de cet abattement, c'est des milliers de Français, 500 000 foyers qui basculeraient, qui seraient foyers fiscaux, qui basculeraient dans l'impôt. Ça veut dire des Français qui, aujourd'hui, ne payent pas l'impôt, qui le paieraient demain. C'est-à-dire du pouvoir d'achat en moins. En fait, c'est un nouvel impôt.
Ce gouvernement, après avoir ruiné la France, cherche évidemment à essorer les Français, alors même les retraités en particulier, qui ont déjà subi la hausse de la CSG au début du mandat d'Emmanuel Macron, qui subissent la perte de pouvoir d'achat, qui ont travaillé toute leur vie, qui ne sont pas des rentiers. Eh bien, aujourd'hui, ce sont un peu les vaches à lait du gouvernement.
Quand on regarde les chiffres, les plus de 65 ans, ils ont moins de frais. En général, ils ont déjà plus d'enfants à charge. Ils sont propriétaires de leur logement dans 70% des cas. Est-ce qu'eux aussi ne peuvent pas contribuer à hauteur de leurs moyens ?
Mais madame, ça, c'est la facilité d'aller demander aux Français de réparer les erreurs du gouvernement. Ça, c'est la facilité. On a eu un débat la semaine dernière sur la suppression d'agences d'État. Il y en aurait pour 90 milliards. Suppression ou fusion, d'ailleurs. Il n'y a pas besoin de tout supprimer. On peut fusionner. Il y avait 90 milliards d'économies à faire. Rien. Il ne se passera rien. La gauche a refusé. On maintient tout. Les offices, les agences, les repères, les planques de copains. On maintient tout. Là, il y a de quoi aller chercher. Sur l'immigration, dépenses taboues.
C'est une niche fiscale. C'est la troisième la plus coûteuse.
Elle fait partie des 464 répertoriées par l'État. Oui, mais elle a une utilité parce que lorsque vous basculez dans la retraite après avoir travaillé toute votre vie, vous avez une perte de revenus, une perte de pouvoir d'achat. Et cette niche fiscale, elle a été justement faite pour compenser cette perte de revenus. Mais sur l'immigration, pourquoi on ne demande pas un effort à tous ceux qui arrivent du bout du monde et qui bénéficient de nos prestations sociales en France ? Pourquoi on ne les réserverait pas aux nationaux ? Là, vous avez des milliards aussi à aller chercher. Non, on tape les retraités, on tape ceux qui ont travaillé comme on tape ceux qui bossent.
Sur ce dossier-là, vous évoquez une censure possible sur le sujet, si le gouvernement maintenait cette proposition. Mais est-ce que c'est vraiment d'actualité au Rassemblement national ? Parce que s'il y a 10 solutions, Marine Le Pen, elle perd son siège de députée, elle ne sera plus présidente non plus du groupe, elle disparaîtrait des radars ? Est-ce que ce n'est pas une menace qui plane ?
Je ne crois pas que Marine Le Pen puisse disparaître des radars aussi facilement. Mais Marine Le Pen ne lit pas son sort et son intérêt personnel au sort et à l'intérêt des Français. Ce n'est pas ça qui va la faire reculer. Si ce gouvernement pense que Marine Le Pen hésitera à censurer un gouvernement qui veut augmenter les impôts des retraités parce qu'elle serait elle-même impactée par une éventuelle dissolution, le gouvernement se trompe. Nous ne reculons pas, nous ne flancherons pas, nous n'hésiterons pas si ce gouvernement veut aller faire les poches des retraités.
Dans un entretien à Paris Match, la fille de François Bayrou révèle avoir été victime adolescente de violences physiques lors d'un camp d'été organisé par l'établissement catholique Notre-Dame de Bétaram. Elle assure ne pas en avoir parlé à son père. Cette affaire, qu'est-ce qu'elle vous inspire ?
Oui, et un côté sordide, évidemment, dans cette affaire. Moi, j'avais trouvé le Premier ministre pas très convaincant, pour être très honnête, sur l'idée qu'il ne soit au courant de rien, alors que visiblement, 2 à 300 familles, 2 à 300 enfants ont été touchés par...
Là, sa fille dit qu'elle a été elle-même victime et qu'elle ne lui en a pas parlé.
Voilà, donc tout est possible, ce sont des faits très anciens, mais derrière, il y a une manipulation un peu politique de l'extrême-gauche pour essayer de toucher le Premier ministre. Il faut s'en tenir éloigné, il faut faire la lumière, évidemment, sur ce dossier, penser d'abord à l'intérêt des victimes, mais ne pas instrumentaliser ce dossier. Je crois qu'on a assez de raisons de pouvoir censurer éventuellement François Bayrou pour ne pas instrumentaliser ce dossier-là.
Un dernier mot sur le pape François, qui est mort lundi. C'était un pape engagé, clivant, autoritaire et formateur. On peut entendre beaucoup de ses qualificatifs pour lui. On n'a assez pas entendu le Rassemblement National s'exprimer sur ce sujet. Pourquoi ? C'est parce qu'il était trop pro-migrant ?
Non, non, mais nous sommes laïcs. Moi, je reconnais en lui un pape de charité et d'humilité. Je n'oublie pas d'ailleurs, en revanche, effectivement, qu'il a cherché à culpabiliser l'Occident sur le fait de ne pas accueillir les migrants, qu'il a fermé les yeux sur l'islamisme. Vous savez, on mène un combat sur l'islamisme ici, quand on est en France. Le pape a tourné un peu les yeux. Moi, je le mène dans ma circonscription, là en ce moment d'ailleurs, contre le lycée Averroès, qui fait une sorte de taquilla culturelle dont on pourrait reparler. Mais c'est vrai que le pape, il a méprisé aussi la France.
Donc c'est un pape, moi, qui, à mes yeux, confondait souvent le politique et le spirituel, même si ça reste, je le dis, un pape d'humilité et de charité, un homme dans toute sa complexité, un chef d'État aussi, raison pour laquelle, évidemment, il est normal d'avoir une pensée et de mettre les drapeaux en berne dans notre pays.
Ça, il y a une petite polémique sur le fait qu'il y ait les drapeaux en berne samedi pour les funérailles du pape. Vous, vous trouvez que ça fait partie de la tradition ?
Oui, mais la laïcité, ça ne gomme pas les liens qu'on peut avoir. La France est historiquement fille aînée de l'Église. On a des liens, évidemment, très forts. Et puis le pape était un chef d'État. Donc la laïcité, ça ne gomme pas cela. Mais vous l'avez vu, je suis particulièrement lucide sur l'action du pape. Je demande, j'espère en tous les cas au suivant, de s'occuper du spirituel qui nous laisse nous gérer le matériel.
Merci beaucoup Sébastien Chenu. Bonne journée à vous. Bonne journée à vous.
Sébastien Chenu