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interviewLe Média (sur YouTube)· 15 mai 2025 51 min

BÉTHARRAM : BAYROU PERSISTE, MACRON LE SOUTIENT

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 247 et d'activer la cloche. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Au cœur de l'actu, l'émission d'actualité du soir sur le média diffusée du lundi au jeudi à 19h en direct sur le canal 165 de la Freebox, sur Molotov et sur lemediatv.fr.

FR. Ce soir avec nos invités, nous allons parler de l'audition très attendue de François Beou par la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Betaram. Le premier ministre est entendu depuis 17h par les deux corpporteurs Paul Vanier et Violette Spielbon pour tenter de répondre à cette question centrale.

Que savait-il de l'affaire Betaram ? Lui qui a toujours nié avoir été au courant des faits qui se sont déroulés dans l'établissement catholique ? En filigramme de cette question, une autre se pose légitimement.

Est-ce que François Beup peut rester premier ministre alors qu'il est embourbé dans un des plus gros scandales de violence sexiste et sexuelles du quinquena Macron ? Pour en discuter, j'ai été rejoint par Stefano Palon Barini, économiste. Eugénie Meriot constitutionnaliste qui vient de publier Constitution aux éditions Anna Mosa et Suzanne Flugu activiste des droits des enfants.

Au cœur de l'actu, c'est maintenant. [Musique] Bonsoir Stéphano, Eugénie et Suzanne. Merci d'être sur ce plateau.

Avant de vous donner la parole, je suis en direct avec nos reporters Sarah Dieu et Lisa Noyal qui se trouve actuellement au rassemblement organisé par plusieurs collectifs féministes devant l'Assemblée nationale en marge de l'audition. de François Beou. Euh ce que les organisations demandent, c'est simple la démission du Premier ministre à qui reproché son silence et son inaction.

Lisa, vous avez pu parler à ces collectifs et à plusieurs manifestants. Qu'est-ce qui qu'est-ce qu'ils vous ont dit ? Et ben là, en fait, les les prises de parole qui continuent pour le moment.

Donc c'est plusieurs collectifs, tu l'as dit, féministes ou infantiste, on a la civis, on a nous toutes, on a quelques syndicats ou politiques qui sont venus aussi. Euh voilà, les prises de parole s'enchaînent. Donc il y a pas mal d'émotions et de colère vu la situation actuelle.

On a un slogan qui revient, c'est évidemment celui de Bairou démission. Euh voilà, les prises de parole donc demande en premier lieu la démission du premier ministre. Euh pour eux donc Betaram, il était au courant, il sit tuent, il y a une impinité et c'est impossible de garder ce Premier ministre en place.

Euh il y a aussi une forte une forte colère euh notamment parce que hier soir on a vu donc Emmanuel Macron sur TF1 qui a renforcé qui a dit qu'il était toujours qu'il apportait son soutien à monsieur Beirou mais il n'a pas du tout apporté de soutien envers envers les enfants qui ont été potentiellement agressés envers envers la situation à Betaam. Euh voilà, les collectifs ont aussi voulu mentionner leur toute leur solidarité et leur soutien à toutes les personnes qui qui voilà qu' on qu' on subi des violences dans leur enfance et qui en subissent encore aujourd'hui. Et le point principal, c'est aussi une demande de mettre en place une vraie politique de protection des enfants, de pouvoir leur rendre justice, de saluer le courage des victimes notamment via la civis qui a proposé 82 recommandations qui visent à améliorer les politiques publiques pour la protection de l'enfance.

Euh, il y a une attente à ce niveau-là de mettre en place ces ces recommandations. Euh, en attendant, on perçoit aussi une inquiétude envers les coûts budgétaires, la loiale qui qui criminalise pardon euh la la justice des mineurs. Euh donc il y a un mélange de plusieurs revendications, mais le mot d'ordre comme tu l'as dit, c'est l'envie aussi de de ces collectifs, c'est affaire, c'est aussi tout un système qui est dénoncé derrière ça et et un besoin de de Alors, Lisa, on t'entend, on t'entend assez mal.

On va on va revenir avec les euh les invités, mais on a compris le le l'idée principale derrière ce rassemblement qui est euh voilà une mobilisation contre euh François euh Beou et une demande de sa de sa démission. Euh pour rebondir un peu sur sur ce duplexe, je vous lance cette question à tous les trois. Euh cette mobilisation des collectifs est-elle importante dans ce moment qu'on vit pour la lutte contre la violence dans les établissements privés ?

Suzanne par exemple ? Bien sûr. Euh moi, je fais partie justement d'un collectif de survivantes et de survivants d'incest et de victimes sexuelles dans l'enfance mouv enfant euh et aussi de soutien civis 1 qui qui est actuellement au rassemblement.

Ouais, c'est en fait ça fait des années hein que que qu'on en parle. Il y a eu je ne sais combien de rapports qui ont été qui ont été remis. Le rapport de la SIAZ voilà sur les abus sexuels au sein de l'église en 2021, le rapport de la civis en 2023.

Euh voilà, en France en fait on a tous les outils pour véritablement lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants et les violences faites aux enfants de manière large. Et il ne se passe rien. C'est une absence de volonté politique.

Faut dire les choses telles qu'elles sont. Donc pour nous aujourd'hui, c'est pas que euh l'affaire Beirou. Euh très clairement, c'est pas ça ce qu'on dénonce. euh c'est euh face à des à des violences qui sont aussi massives, systémiques euh et même on pourrait même aller plus loin et on doit aller plus loin.

On peut parler de crime contre l'humanité clairement euh il n'y a rien. C'est-à-dire qu'il y a rien, il y a pas de politique publique d'envergure et pire que ça et on le voit à travers l'affaire Betaram euh où on a plus de 200 plaintes. Là on parle que des plaintes donc on sait très bien qu'il y a beaucoup plus de victimes.

On sait que dans l'établissement privés sous contrat qui sont à 96 % catholiques, cela aussi c'est documenté, il y a eu un un rapport qui a été remis il y a pas très longtemps qui qui en parle, c'est 108000 enfants qui sont agressés sexuellement dans ce type d'établissement. Voilà. Et il ne se passe rien.

Et 108000 enfants sur 70 ans au sein de l'établissement privé sur contrat catholique, ça représente quatre enfants par jour. Enfin, faut faut quand même se dire enfin on c'est scandaleux. Voilà, vraiment c'est scandaleux.

Et là, moi j'ai écouté le début de l'audition de monsieur Berou, ça m'a sidéré mais vraiment ça m'a sidéré. C'est qu' on continue, faut dire les choses comme elles sont, faut pas avoir de langue de bois, on continue de mentir. Et quand on continue de mentir, et ben qu'est-ce qui se passe ?

On continue d'insulter les victimes parce que c'est comme ça que nous on le reçoit. C'est comme ça que les victimes de Bataram le ressentent. Nous, on est en lien avec des victimes de Betaram depuis le début.

C'est c'est vraiment c'est enfin faut imaginer en fait quand c'est à la à l'échelle nationale où en gros circuler je n'étais pas au courant alors que enfin faut dire les choses, il m on le sait. On va revenir on va revenir plus tard sur l'audition de de François Pérou. Avant ça, petit tour de table.

Stéphano, qu'est-ce que qu'est-ce que vous pensez vous de la mobilisation de de ces collectifs et de leur importance ? Évidemment, évidemment. est importante euh disons que c'est un l'un des signaux c'est en tant que tel le thème évidemment est super important mais disons ça ça participe à à donner l'image d'une crise démocratique très profonde.

Je veux dire quand quand il y a des pouvoirs publics qui ne répondent même pas à des questions de ce type de violences sur les enfants. On est on est on est vraiment sur sur des questions qui appellent une réponse rapide, déterminée, claire et cetera. On a des pouvoirs publics qui qui des pouvoirs un pouvoir politique qui se cache, qui montion et qui se dérobe et c'est bien les signes d'une crise démocratique très profonde.

Donc évidemment ce que la société civile entre guillemets ce qu'on appelle la société civile heureusement qu'elle réagit heureusement qu' est là pour dire non mais vous pensez vous pensez pouvoir continuer à gérer les affaires de cette façon-là sans répondre à des exigences qui sont vraiment des exigences fondamentales et d'une d'un certain point de vue minimal quand on demande de réagir contre des violences faites à des enfants, on est on a on a une demande qui que n'importe qui doit partager et il ne répond pas une demande aussi basique. Eugénie, une une brève réaction. Alors, je suis constitutionnaliste, donc je vais parler des sujets qui moi sont sont de mon domaine d'expertise.

On voit là une crise très profonde de la 5e République. On voit un dysfonctionnement majeur de la 5e République qui organise une concurrence entre le premier ministre et le président de la République. Concurrence qui infé desserre l'ensemble de la population et l'ensemble des Français.

Donc ici ce qu'on voit très bien c'est que monsieur Emmanuel Macron soutient monsieur Beou parce pour des motifs politiques qui lui sont propres des des motifs qu'on pourrait dire quasiment narcissique hein. On l'a vu d'ailleurs lors de la locution de Mac d'Emmanuel Macron hier soir où justement monsieur François Baïou propose un référendum au titre de l'article 11 et monsieur Emmanuel Macron dit "Ah non, le référendum c'est pas lui, c'est moi." Et donc je vais faire un contre KEMS et contre référendum contre monsieur Emmanuel monsieur François Beou.

Donc on a exactement la même situation. On a une situation dans laquelle nous avons un premier ministre qui est responsable devant le parlement. Cette responsabilité, elle s'exerce au niveau de la motion de censure alors que le président lui est irresponsable et euh il ne il peut dire autant qu'il veut venez me chercher, on ne peut pas venir le chercher.

Et d'ailleurs à ce sujet, ce qui moi ce qui m'interpelle en tant que constitutionnaliste, c'est le rôle des commissions d'enquête. Les commissions d'enquête, elles sont elles ont été voilà elles ont davantage de rôles, elles sont de plus en plus valorisé. En tout cas, c'était la grande idée derrière notamment la réforme de la Constitution en 2008, de revaloriser les commissions, de revaloriser le parlement et on a des commissions d'enquête finalement qui révèlent leur leur immense faiblesse.

Ce matin, par exemple, on a pu lire dans la presse que Pierre Édouard Sterin n'était pas venu à sa commission d'enquête. On se souvient de Alexis Coler qui n'était pas venu à sa commission d'enquête. Et pour revenir au au rapport entre le Premier ministre et la présidence de la République, aujourd'hui euh ou me semble-t-il, nous avons eu une une le la procureur de la République, le parquet a décidé de ne pas poursuivre Alexis Colaire pour ne pas s'être rendu à la commission d'enquête.

Le motif invoqué était que seul le gouvernement est responsable devant le parlement. Dès lors, les membres du les membres de la présidence, eux qui sont irresponsables et qui ne sont pas responsables devant le parlement, n'ont pas à se rendre aux commission d'enquête parlementaire. Donc là, on arrive à un niveau de déconnexion incroyable entre une constitution qui est censée organiser une démocratie avec une présidence qui est irresponsable.

Et maintenant cette irresponsabilité de la présidence en même collaborateurs, à l'ensemble des collaborateurs passés et présents de la présidence de la République devant les commissions d'enquête parlementaire. En tout cas, ce qu'on peut noter, c'est que monsieur Beirou s'est rendu à sa commission d'enquête parlementaire et au point où nous en sommes aujourd'hui, finalement, c'est déjà en cela euh plutôt une une bonne nouvelle parce que ça témoigne euh d'une d'une en tout cas d'une conscience que le gouvernement est responsable devant le parlement. Et ça euh aujourd'hui en 2025 alors qu'on est dans un état de délabrement de crise politique et de euh comment dire de de d'abandon même des apparences quand monsieur Emmanuel Macron a nommé Richard Ferrand euh président du Conseil constitutionnel, on est dans le même abandon apparences démocratiques de notre constitution.

Et bien là, dans une certaine mesure, les apparences sont sauvés lorsqu'il se rend à la commission d'enquête et qu'il accepte d'être auditionné et qu'il se plie au jeu de la commission d'enquête parlementaire. Mais c'est quand même incroyable qu'en 2025, on doit souligner que ce geste là, comme étant un geste de bon vouloir démocratique par opposition à ce qui avait pu arriver avec monsieur Alexis Col par exemple. Alors, vous me faites une transition parfaite parce qu'on va justement écouter François Bou qui s'est rendu à cette à cette audition. lui, il a maintenu sousement sa ligne de défense, la même depuis le début.

Il n'était au courant de rien ou de presque rien. On l'écoute. Vous n'avez pas répondu à ma question, je la repose donc à nouveau.

Vous avez déclaré "Je n'ai jamais été informé de quoi que ce soit de violence ou de violence à forcerie sexuelle. Jamais vous l'avez fait devant la représentation nationale. Est-ce que vous maintenez sousement cette déclaration ?

Je maintiens que les seules informations que j'ai eu étaient celles qui étaient dans le journal. Je n'en ai pas eu d'autres et j'ai les dates précises des articles des journaux et je n'ai pas eu d'autres information ce que votre question induisait. Votre question disait que j'avais reçu d'autres informations et pour moi je n'ai eu aucune autre information que celle-là.

On va y revenir fait parfait si vous voulez bien. Alors Suzanne, vous êtes membre de l'association Mouve Enfant, je je le répète, qui est un mouvement de lutte contre toutes les formes de violence faites aux enfants. Euh votre association s'est mobilisée à plusieurs reprises dans l'affaire Betam.

Selon vous, est-il possible que Beou n'était au courant de rien ? Alors effectivement, nous on s'est mobilisé dès le début. On nous sommes allés avec Bet à Betaram, pardon, à plusieurs reprises euh et nous sommes en lien avec des victimes.

Écoutez, je pense qu'il y a suffisamment d'éléments qui euh qui sont qui ont été révélés par divers journalistes, voilà, qui démontrent. Et puis au-delà de ça, enfin à un moment donné, il faut arrêter de enfut faut arrêter clairement à Mouvenant. On fait aussi un travail sur les au sein des territoires.

On appelle ça la caravane de mouvfant, de lutte contre les violences sexuelles faite aux enfants. Et il se trouve queon a eu une caravane à Bordeaux et à Bayonne. Bordeaux n'est pas totalement si proche que ça de peau.

Et à Bordeaux, on nous disait "Mais bien sûr qu'on le savait." Enfin voilà, je veux dire, à un moment donné, tout le monde le savait. Tout le monde savait que Betaram était un établissement et d'ailleurs je note, faut noter quand même que cétaissement est encore ouvert.

Euh voilà, donc nous on demande depuis un moment maintenant la fermeture de cet établissement par principe de précaution puisque j'ai cru j'ai entendu à plusieurs reprises que on parlait de plainte qui dataient d'un autre temps. C'est faux. Il y a des dernières plainte pardon 2020 2024 enfin je veux dire c'est aujourd'hui l'établissement accueille encore.

Donc par mesure de précaution on réclame la fermeture en fait de cet établissement. Et pour revenir à votre question bah en fait tout le monde tout le monde savait. Je veux dire que ce soit l'institution catholique, les parents certain un certain nombre de parents euh comment se fait com comment est-il entendable que monsieur François Beou qui a été un élu local à l'échelle départementale, député, ministre et cetera ne n'est pas eu vent enfin je veux dire on le sait que il a été informé et même même s'il avait pas peut-être été informé de l'ampleur certes de des violences à partir du moment où il a quand même été porté à la connaissance qu'un enfant a eu un tym plus que percé, enfin explosé, il a perdu 40 % de son audition.

Enfin, ça devrait ça devrait faire réagir. Enfin, je veux dire c'est on n'est pas là dans juste une gifle où semblerait-il à une époque c'était entendable et qu'aujourd'hui ça l'est plus. Oui, c'est son c'est son argument voilà de dire qu'il avait été au courant du c'est pas acceptable.

Nous ce qu'on demande c'est d'avoir des politiques qui soient à la hauteur. Voilà qui on demande la les victimes demandent la vérité et de la justice. Et on est tout sauf là-dedans.

Ça fait des mois que ça dure. Il y a d'autres établissements partout en France. La vraie question c'est combien de Bétaram ?

Combien de Bétaram ? Voilà, ça fait ta d'huile enfin mais voilà, il y a le village d'enfants de Riyaumont, il y a il y a plein d'autres endroits où on essaie aussi de de se rendre mais voilà de Betaram et en face il n'y a pas de réponse politique, il y a même du mensonge. Donc quand il y a du mensonge, qu'est-ce que ça veut dire ?

Bah on peut se poser des questions, on peut se dire bah ça protège enfin ça qui est protégé en fait. Et puis je quand même revenir là-dessus. On est là face à un établissement catholique.

On le laisse la congression, on les laisse créer une commission indépendante encore une fois et on laisse en gros bah l'église se faire justice elle-même. C'est-à-dire que faut avoir conscience quand même de l'extrême violence que c'est pour les victimes de pénocrité dans l'église où elles sont complètement abandonnées par l'État français euh et elle elle n'arrête pas de dire on n'est pas des citoyens du du Vatican. Euh voilà, donc il y a ça.

Et puis il y a un autre aspect qui est aussi euh extrêmement euh d'ailleurs juste un petite un point important euh il y a eu une résolution de de l'ONU en novembre 2020 euh qui s'est positionné justement en disant que euh l'église ne pouvait pas être juge et parti, se faire justice elle-même. La France n'a jamais répondu. Jamais, jamais, jamais.

Voilà. Donc voilà. Moi, tout ça c'est absolument intolérable et on demande que nos responsables politiques soient à la hauteur vraiment de ces crimes contre l'humanité et que on demande une politique publique de de lutte contre la pédocrinalité et voilà qui est aussi une justice qui soit à la hauteur.

Et parmi les les les demandes que que que que l'on que l'on fait et depuis un certain nombre d'années qu'on retrouve encore dans le rapport de la civis, il y a l'imprescriptibilité des faits et aussi l'allongement de 30 ans du délai de prescription pour non dénonciation des faits. On s'est rendu mouv enfant en tout cas Arnaud Galet notre fondateur avec deux avocats. C'est rendu à Élysée il y a quelques semaines.

Une note a été remis au conseiller de monsieur Emmanuel Macron. Euh voilà, on on a on aurait pu espérer que dans son allocution effectivement hier euh il y a eu euh voilà, il y a quelque chose qui soit proposé. Rien, rien, absolument rien.

Voilà. Donc hier, le président de la République s'exprime alors qu'ils nous ont pressé quand même. C'estàd qu'il y a eu le rendez-vous le jour même.

Le jour même, il demandait une note. Cette note, on peut on peut la on peut la communiquer sans sans aucun problème. Elle est très précise et elle donne en fait voilà des quatre piliers pour vraiment agir agir sur la vérité, la justice, la prévention et la réparation.

H durant cette commission, François Berou a salué le mouvement mitou de l'enfance et s'est dit victime d'une instrumentalisation politique. On l'écoute. Si ma présence comme cible politique a permis que ces faits apparaissent ce mit tout de l'enfance, alors cela aura été utile.

Cela dit, ce n'est pas parce que j'exprime cette reconnaissance que je n'identifie pas les manœuvres, l'instrument l'instrumentalisation de tout cela. en reprenant une phrase d'un des inspirateurs de certains d'entre vous. abattre ce gouvernement, abattre le suivant et le suivant encore.

Et l'arme qui est utilisée, c'est l'arme du scandale avec des outils très puissants, les réseaux sociaux, les attaques les plus brutales et les plus basses. Attaques auxquelles il est impossible de répondre parce qu'il n'est aucune instance où répondre et parce que répondre incomplètement leur donne de l'cho. Eugénie Stéphano, qu'est-ce que vous pensez de sa réaction ?

Mais écoutez, alors je sais pas si si on le voit. Oui, on le voit sur image. Il y a un petit détail.

Bairou s'est présenté à cette commission d'enquête en mettant sur la table le livre la mette. Oui. Le livre qui est sorti sur Mélenchon sur sur organisation de la France insouis, ce qui n'a strictement aucun rapport avec évidemment avec l'objet de la commission d'enquête.

Et donc je pense ça fait partie de sa stratégie de défense parce que il n'est pas là pour mettre au clair les choses, il n'est pas là pour dire la vérité, il est clairement dans une stratégie défensive euh ce qui ce qui d'une certaine façon est révélateur de ses responsabilités dans toutes ces histoires. Et dans sa stratégie défensive, il a il a les mensonges, les silences et je sais pas exactement comment on dit l'expression française. En italien, on dirait on jette tout ça en politique, hein.

On on fait comme si c'était des trucs entre parties, mouvement et cetera au niveau de l'Assemblée nationale et comme s'il y avait pas un vrai souci dans la société française à ce niveau-là. Euh c'est ce qui pour ceux qui écoutent euh c'est encore il marque des désintérêts. Des désintérêts par rapport à un problème qui est énorme et qui ne concerne pas les députés, les mouvements, les partis qui sont à l'Assemblée nationale.

C'est un vrai problème social en France euh par rapport auquel les premier ministres considèrent que au-delà de ses responsabilités mais considère qu'il n'a pas de réponses à porter. Oui, ce qui c'est qui son souci c'est de retourner les accusations comme si c'était des attaques politiciennes, disons comme ça, et donc de se défendre contre des attaques politiciennes. Ça ça c'est le seul souci qu'il a.

Euh autre autre chose, j'ai vu ça en venant ici sur effet qu'il tout le temps les niveaux des mensonges. Donc dans la commission d'aujourd'hui, on lui fait on l'interroge sur un témoignage un témoignage, je sais plus lequel et Bairou dit je j'étais pas du tout à connaissance de ce témoignage, vous me l'apprenez et les journal monde qui n'est pas soupçonnable d'être un journal insoumis disons comme ça. les journal les mondeent immédiatement publie en démenti en disant il peut pas avoir appris ça aujourd'hui à la commission parce que en février notre journal interrogé sur ça.

Donc vous voyez on est on est à niveau des déniis euh après je sais pas juridiquement je sais pas quels sont les pouvoirs exactement d'une commission d'enquête mais mais si c'était devant un devant un tribunal comme stratégie des des défenses est assez catastrophique disons. Hm. Génie.

Oui. Donc une s'il y a en effet mensonge, une une information judiciaire pourrait être ouverte devant la cour de justice de la République comme ça a été le cas pour Aurore Berger dans l'affaire des crèches par exemple. Donc c'est en effet une possibilité euh le mensonge est interdit devant les commissions d'enquête.

Donc euh à faire à suivre et près de serment. Hm. Et près de sa ment.

Hm. Qu'est-ce qu'il risque exactement euh si on arrive à prouver qu'il ment ? Euh alors euh une peine d'emprisonnement ensuite c'est euh à la justice de tranchée.

Euh hm hm. OK. Euh alors toujours au cours de cette commission, François Berru est revenu sur le silence qui a entouré l'affaire Betaram durant plusieurs décennies.

On lui laisse la parole. Vous m'avez demandé est-ce que vous étiez prêt à répondre à cette question ? Non, j'étais pas prêt du tout.

Euh Betaram, pour moi, encore une fois, je vous ai dit entre 40 ans pour ma fille est née et 25 ans pour mon dernier fils. Et je vous assure que Betaram n'a jamais paru dans l'actualité ni dans ma préoccupation euh sur les 25 dernières années. Il n'y a la question sur laquelle vous deviez vous pencher, c'est pourquoi dans les 25 dernières années personne n'a rien dit ?

Pourquoi les magistrats n'ont rien dit ? Pourquoi les avocats n'ont rien dit puisque vous prétendre vous vous affirmer vouloir vous intéresser au à l'aspect justice des choses ? Pendant 25 ans après la mort de Caricar, il y a pas eu à ma connaissance un seul écho de presse sur ce sujet.

Pas un seul. Et donc oui, je maintiens que je n'étais pas informé au-delà des journaux et au-delà de ce que j'ai fait comme ministre de l'éducation nationale et sur lequel nous allons revenir. Alors dans cet extrait, vous l'avez entendu, François Berou laisse sous-entendre que c'est surtout une faute collective.

Il mentionne les magistrats, les avocats. Est-ce que est-ce que vous êtes d'accord avec lui ? Est-ce que c'est une faute collective ?

Bah ce qui est certain, c'est euh c'est pas enfin on le retrouve à travers Bara euh mais euh c'est c'est systématique. c'est que effectivement Betaram illustre peut-être au grand jour pour un certain nombre de de personnes et peut-être pour la société que c'est un système et donc à partir du moment où c'est un système enfin très clairement là monsieur Beou est auditionné aujourd'hui mais c'est pas l'affaire Beou dont il s'agit en réalité il s'agit vraiment d'un système où bah les institutions effectivement sont défaillantes les responsables politiques sont défaillants et toutes les personnes qui savaient et n'ont pas agi et n'ont rien fait. C'est pour ça que je reviens à une des préconisation que que l'on réclame et que nous on continuera de réclamer sans relâche, c'est le délai de l'allongement du délai de prescription pour non dénonciation des faits parce que systématiquement on retrouve ça.

C'est c'est c'est ça vaut à Betaram. On l'a vu dans une actue dernière à travers l'affaire la BPRE aussi pendant des décennies voilà énormément de personnes étaient informé et on l'a laissé être l'idole des Français, la personnalité préférée des Français pendant très longtemps. Voilà et c'est la même chose que dans les familles incestuelles en réalité.

Voilà, moi je vous le dis, je suis victime d'inceste. Euh à partir du moment où j'ai commencé à investiguer dans ma famille, bah je me suis aperçu que bah telle personne était au courant, telle personne était au courant. Voilà, c'est euh c'est c'est la c'est la culture enfin du silence.

Euh et c'est pas pour rien que nous les victimes, on met autant de temps en fait à parler. C'est euh c'est c'est pas pour rien. Et d'ailleurs, c'est c'est aussi pour ça que on demande euh l'imprescriptibilité euh euh effectivement euh des euh des violences sexuelles sur mineures.

H J'aimerais qu'on parle maintenant d'un soutien indéfectible du Premier ministre Emmanuel Macron. Hier, il était l'invité de TF1. Il a répondu à plusieurs questions sur l'actualité française et internationale.

Ça a été l'occasion pour le chef de l'État de réaffirmer sa confiance. On écoute. Est-ce qu'aujourd'hui François Bairou garde toute votre confiance ?

Oui. D'abord, moi je veux avoir un mot pour les victimes, pour ces enfants devenus adultes qu'on a vu bouleversant parler de ce qu'ils avaient vécu et d'ailleurs ce qu'elle dit la la fille même de de premier ministre est bouleversant. Donc je pense à ses victimes.

Je sais qu'il les a vu et qu'il a lui-même été bouleversé. Ensuite, François Bairou quand il était ministre, il s'est battu contre les violences faites aux enfants. Il a pris, je crois, l'une des premières circulaires et il a accompagné le travail qu'on a mené ces dernières années et je pense en particulier à la commission qui a fait un travail remarquable pour écouter toutes les victimes de violence et et mieux protéger nos enfants à l'école d'ailleurs ou dans les milieux familiaux.

Il vous a il vous a tout dit de ce qu'il savait sur Betaram. En tout cas, on en a beaucoup parlé et je sais que demain, moi j'ai confiance en lui et demain, je sais qu'il répondra à toutes les questions qui lui sont posées. Et oui, je sais qui il est parce que sur sa connaissance des faits, il a changé d'avis au moins une fois.

Je voulais savoir si il avait sa version auprès de vous avait également évolué. Parlera de tous ces détails demain avec la commission, mais le premier ministre est un homme que je connais depuis de nombreuses années. Je sais qui est.

Euh Eugénie Stéphano, qu'est-ce que vous pensez de cette réponse d'Emmanuel Macron ? Est-ce qu'on peut parler de confiance aveugle à ce niveau-là ? Une réaction Eugénie ?

Alors, comme je l'ai dit tout à l'heure, c'est évidemment à mon sens extrêmement hypocrite de la part de monsieur Emmanuel Macron. Le premier ministre, c'est le fusible, c'est-à-dire c'est celui qui lui qui le protège, c'est le paratonaire du président de la République. Donc, il a tout intérêt à le soutenir dans la situation actuel jusqu'à ce qu'il puisse à nouveau dissoudre l'Assemblée nationale.

Et c'est aussi donc au niveau de la psychologie qui se qui se dégage de la 5e République, c'est aussi toujours pour le président de la République meilleur d'avoir un premier ministre détesté avec énormément de casserolle que le contraire parce que ça lui permet justement par comparaison de s'élever un petit peu comme un roi s'élève au-dessus de ses ministres. Donc il y a il y a tout un toute une ambivalence évidemment du du rapport entre le président de la République et le premier ministre. il a tout intérêt à faire semblant de le soutenir tout en étant par ailleurs probablement dans la pratique quotidienne du pouvoir en en comment dire en conflit ou en tout cas en domination permanente vis-à-vis de son premier ministre et ce qui ressort de l'ensemble de la locution de d'hier soir également.

Je voulais juste préciser pour la commission d'enquête, donc j'ai vérifié et la peine d'emprisonnement est de 3 à 7 ans d'emprisonnement pour faux témoignage. Donc c'est tout de même une peine assez assez lourde. Après, on se souvient que euh par exemple à la cour de justice de la République, nous avons eu les responsables mais pas coupables. quoi.

Bon, ensuite, évidemment, il y a énormément de entre la peine qui peut être prononcé et ensuite l'effectivité de de la sanction pénale. Évidemment, une grande différence lorsqu'il s'agit de politique, mais en tout cas, la peine est exemplaire potentiellement. Merci pour ce facting en direct.

Stéphano, qu'est-ce que vous pensez vous de ce soutien indéfectible de Macron à Berou ? Moi, je trouve ça plutôt étonnant à vrai dire. Disons déjà déjà il faut se rappeler que Bairrou c'était pas vraiment le choix de Macron comme premier ministre.

Enfin, c'est ce qu'on racontait c'est ce qu' raconté la presse à l'époque que que Bairou s'est imposé s'est imposé euh en forçant vraiment la la main du président. Euh après quoi on dit tous les constitutionnalistes disent le premier ministre c'est un fusible. Donc dans une situation dans laquelle euh on l'a vu hier soir avec l'entretien d'hier soir où Macron occupe pendant 3h30 la télé pour faire zéro annonce. il est dans dans une impasse politique majeur parce qu'il n'y a pas de major il n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale.

Donc donc ces marches d'action sont très limités. Cette situation d'impuissance politique se double par l'impopularité qui va aller croissante d'un premier ministre qui qui est impliqué dans dans ses affaires et et et qui de toute façon de la réputation s'est rattachée par ses mensonges. Euh pourquoi ne s'en débarrasse pas ?

Euh parce que on peut je comprends la logique tant que les mécontentements tombent sur les premier ministres, il touche pas les présidents. Mais là, c'est un mécontentement qui qui est lié à des affaires par rapport auxquelles Macron est assez étranger. Je veux dire, c'est vraiment quelque chose de spécifique.

François Baï et et donc pourquoi pourquoi Macron part dans une défense aussi aussi total, aussi aveugle, aussi qui qui qui fait que si on démontre que Baïou a menti ça va mais contentement et popularité ça va toucher Macron aussi parce que à partir du moment où il dit je le connais, je suis certain, je mets la main sur effet, il ne m jamais il a combattu les violences contre les enfants Voilà. Donc donc il s'est engagé à fond derrière Baou. Euh pour quelle raison ?

C'est un peu mystérieux et c'est peut-être les mêmes raisons qui sont aussi mystérieuses qui ont fait que Baou a pu forcer la main à Macron au moment de la nomination du premier ministre et qui qu' qu'il a pu euh obliger pratiquement Macron à nommer. Excusez-moi parce que j'ai quand même là ce que j'ai entendu, je l'avais pas entendu. J'ai pas entendu je pouvais pas entendre la locution intégralement de Emmanuel Macron hier et là c'est un scandale.

Enfin os dire devant les Français que monsieur François Berou s'est battu euh non enfin et en plus dit par lui-même il a dit qu'il s'était battu pendant sa carrière pour contre les VSS quoi. Mais ça se saurait en fait. On aait, ça se saurait si on avait véritablement une politique publique en France, on a'urait pas un enfant toutes les 3 minutes qui agressait sexuellement parce que c'est ça l'arrêté en France.

Voilà, les enfants sont massacrés dans ce pays et euh il se passe rien. Donc voilà, moi pour moi, c'est bon, excusez-moi, c'est euh c'est du jeu politique. Nous ce qui nous intéresse, c'est des ce sont des politiques publiques, voilà, qui sont qui doit qui doivent être à la hauteur de ces enjeux, de ces crimes.

Et voilà, le le le Emmanuel Macron, il a eu des rapports qui lui ont été remis. Euh monsieur François euh en a forcément eu en tout cas à l'information, peut-être qu'il les a pas lu. Voilà, aujourd'hui tout ça est documenté en France.

On peut pas dire qu'on ne sait pas. Donc euh voilà, ça suffit en fait. Faut vraiment que enfin à un moment donné euh qu'on arrête de nous dire c'est bien les victimes libèrent la la parole.

Nous ce qu'on veut c'est queon ce soit des actions en fait que ce soient les politiques publiques qui se libèrent très clairement. Voilà, je tenais à le dire parce que je peux ajouter Oui oui, allez-y allez-y c'est c'est à la marge mais par rapport à Bairou qui serait battu contre contre les violences faites aux infront dans sa défense si on le prend en premier degré Bairou qui a exercé des responsabilités locales pendant longtemps à peau et qui a exercé des responsabilités nationales en tant que ministre de l'éducation nationale et cetera, il dit "J'étais au courant que c'est une école dure dans laquelle on donnait des giffres aux enfants." Oui.

Il a minimisé euh il dit ça comme bon c'est pas une raison pour ne pas renouveler le contrat à une école privée. Après tout on donne des gifres aux enfants comme si c'était et moi j'étais pas au courant des violes des violences sexuelles et cetera, mais comme si des gifres donnés aux enfants dans une école c'était une pratique acceptable. Voilà.

Donc lui c'est c'est l'homme qui se serait battu contre les violences. C'est vra c'est vraiment des énormités pour dresser les enfants. On va se on va vraiment se concentrer revenir sur le le jeu politique du coup la partie plus politique de de l'affaire Betaram et il y a cette pression de la censure qui qui remonte avec cette affaire.

Selon vous Eugénie et Stéphano, est-ce que c'est l'affaire qui pourrait faire tomber Bairou et est-ce qu'il doit démissionner ? Il doit démissionner s'il y a une motion de censure. Il pourrait démissionner de son propre chef.

Mais s'il y a une motion de censure, de toute façon, c'est clair, il n'a pas d'autre choix que de démissionner. C'est c'est de toute façon la Constitution qui le qui le prescrit. Donc aux parlementaires ensuite de faire leur travail si euh s'ils en ont le courage.

Disons oui, il y a trois trois possibilités. C'est les démissions volontaires et visiblement elle est pas partie pour c'est le président Macron qui décide de changer de premier ministre. Visiblement c'est pas parti pour.

Et la troisème possibilité c'est c'est une motion de censure dont il faut rappeler que pour passer faudrait qu'elle soit voté par toute la gauche y compris le Parti socialiste qui n'a pas voté les cinq dernières fois les motions de censure contre et par rassemblement national. Euh alors là, c'est un peu des considérations politiques, mais vous savez que le Parti socialiste a un congrès qui arrive bientôt au mois de juin. Euh je ne crois pas malgré malgré l'importance des faits dont on discute, mais dans l'ure logique dans l'ur logique, je ne pense pas que les responsables socialistes euh veillent se diviser sur vote dans la dimension des censures avant le Congrès.

Après, ça dépendra beaucoup de de l'issue du Congrès, je pense. des rassemblements national dès son point de vue je ne pense pas non plus qu'il a intérêt à voter une motion de censure parce que des pourrissements parce que on est face à un pourrissement quand même des de la case de la caisse dirigeante et les pourrissements hà jouent en faveur de l'extrite et donc je pense que dès son point de vue rassemblement national euh vise laisser les choses pourrir le plus possible pour qu' pour qu'il ait une réaction des rég de l'ensemble de la case politique et ces réactions des régets euh pratiquement systématiquement jouent en faveur de l'extrême droite. Selon vous, il va y avoir une une pression pour enfin la pression d'une motion de censure sans pour autant qu'elle soit votée derrière.

Je pense que c'est possible que quelqu'un présente la motion des censures. Mais encore une fois pour que pour qu'il est censure, il faut tout à gauche PS compris et le Rassemblement national qui la vote et j'ai des doutes à la fois sur les Parti socialistes, sur les votes pour favorables à la censure du PS au moins tant qu'il y a pas eu le congrès et que la ligne du PS ne s'est pas un peu mise au cœur et j'ai des gros doutes sur un vote du rassemblement national. Hm hm.

Stépha Eugénie, qu'avez-vous pensé de l'intervention présidentielle à laquelle on a assisté hier où on a diffusé un petit extrait là, mais ça a duré longtemps. Donc donc vous, quelle est votre opinion sur la locution d'Emmanuel Macron ? Alors, il y a beaucoup de choses à dire déjà.

Premièrement, il y a énormément de sujets qui n'ont pas été abordés. Donc, le format a été pensé pour faire briller monsieur Emmanuel Macron comme ça avait été le cas lors du grand débat. Donc, il a réponse à tout.

Évidemment, on s'attendait à ce que il y ait au moins deux interventions qui euh le mettent quelque peu en difficulté, celle de Sophie Binet et celle de Salomé Saké. Moi ce que j'ai noté, c'est que finalement on pouvait être déçu par rapport à au travail qui a été fait à ce niveau-là parce que on a toute une série de sujets, les sujets les plus importants qui n'ont pas du tout été abordés euh par ces deux intervenantes dont on aurait pu espérer quelque chose et puis évidemment pas non plus par les autres, c'est notamment le recul des libertés publiques qui est vraiment au centre de ce que nous sommes ce à quoi nous sommes en train d'assister de manière extrêmement préoccupante en France avec justement les dissolutions, les interdictions de manifestation, la criminalisation des mouvements sociaux qui n'a qui n'a pas du tout été abordé. Et d'ailleurs Emmanuel Macron dans une certaine mesure a répondu à cette question là à Sophie Binet en disant donc lorsqu'elle parlait de la de la réforme des retraites, il a il a eu ce mot en disant "Mais c'était constitutionnel." Donc tous les moyens que nous avons utilisé pour faire adopter cette cette réforme des retraites était constitutionnelle et donc c'est constitutionnel et donc c'est démocratique.

Donc en fait c'est encore une fois cet argument fallacieux qui est utilisé par euh par le gouvernement de manière de plus en plus appuyée de dire que tout ce qui est légal est démocratique. Donc on peut dissoudre Urgence Palestine, on peut interdire les manifestations de soutien à la Palestine. Je prends ces exemples là pas au hasard évidemment.

C'est légal donc c'est démocratique et de la même manière la manière dont nous avons adopté la réforme des retraites est constitutionnelle donc démocratique et ainsi on peut évacuer complètement la question des libertés publiques, du recul des libertés publiques en France et je trouve que l'argument n'a pas été suffisamment voilà dénoncé sur le moment même. Bon je comprends évidemment que ça ça peut être difficile. Emmanuel Macron ment quand il dit "On a voté sur les retraites." Il n'y a pas eu de vote sur les retraites.

Article 24 du de la Constitution, le Parlement vote la loi. Ici, il n'y a pas eu de vote. Il y a eu un un vote sur une motion de censure, mais pas de vote sur la loi la loi retraite.

Donc il y a toute une série de d'éléments comme ça qui ont pu être assés par monsieur Emmanuel Macron sans aucune contradiction ou une contradiction qui était faible, mais le format était était fait comme ça. Et moi, en tant que constitutionnaliste, ce qui m'a vraiment frappé, c'est la référence permanente à la Constitution. Donc non seulement pour dire que tout est démocratique parce que c'est dans la constitution, que tout est démocratique parce que c'est légal, mais aussi de dire "Je suis le garant de la Constitution, je suis le garant de la Constitution." Alors dans les textes, article 5, en effet, le président de la République veille au respect de la Constitution.

Mais euh en fait ici il se pré il se en fait il se prévaut de cette de cette compétence pour avoir le dernier mot sur tout et l'ensemble des mécanismes qui sont dénoncés euh peuvent ensuite être retournés par ou en tout cas c'est l'argument utilisé par Emmanuel Macron en disant c'est moi le garant de la Constitution mais il faut rappeler que il y a il est en effet interprète authentique et donc là c'est vraiment un problème en droit constitutionnel c'est que celui qui interprète la constitution est aussi son principal bénéficiaire Donc évidemment, il l'interprète en sa faveur, mais que nous avons quand même un autre organe qui interprète la Constitution, qui est concurrent qui est le Conseil constitutionnel. Mais étant donné que nous avons Richard Ferrand désormais président du Conseil constitutionnel, en effet, c'est plutôt une totologie que de dire que euh je suis moi le président le garant de la Constitution et je suis son seul interprète puisque même l'autorité concurrente qui interprète la Constitution a été nommée par moi et procède dans une certaine mesure de moi. Donc ça ça m'a vraiment vraiment marqué et puis peut-être si je peux continuer le le deuxième élément qui m'a vraiment marqué c'est la question du référendum évidemment et je pense que ça ça c'était vraiment au cœur de ce dont on a parlé et on voit très bien que donc j'ai utilisé l'expression contre Kems tout à l'heure pour pour plaisanter mais c'est vraiment une un rapport à au premier ministre qui a un rapport de type de type pervers.

C'està-dire qu'à partir du moment où monsieur Beou considère que en effet l'article 11 c'est surprosition du Premier ministre qu'on peut déposer un un projet de référendum et bien et bien monsieur Emmanuel Macron dit non le référendum c'est moi, c'est mon pouvoir propre, je signe seul le référendum. Et donc il faut rappeler que contrairement à la dissolution où là le président peut dissoudre même s'il doit faire des consultations, ces consultations sont informel. Preuve en est qu'elles n'ont pas été faites lors de la dernière dissolution.

Mais là pour l'article 11, donc pour le référendum, cette consultation du Premier ministre, elle doit être publiée au journal officiel. Donc il faut vraiment un rapport entre le Premier ministre et le président. Et là ce que dit le président c'est que c'est lui, c'est pas c'est pas le Premier ministre. même s'il faut une une proposition formelle publiée au journal officiel, c'est lui qui décide du référendum et ça c'est une arme qui possède encore et et qu'il possédera toujours même en cohabitation, même en haute même dans toutes les situations.

Donc ça c'est intéressant parce que c'est l'arme d'Emmanuel Macron mais en même temps il a peur évidemment parce que le référendum dans notre constitution c'est un plébiscite, c'est le plébiscite gauliste. Et donc ce référendum Emmanuel Macron si il le rate comme ça avait été le cas de Chirac par exemple s'il le rate en 2005 évidemment avec le le référendum sur la Constitution européenne qui était le dernier référendum qui a été organisé en France et bien s'il le rate comme Chera il aura raté sa dissolution et son référendum c'est deux pouvoirs propres et il sera il sera mise en difficulté mais dans le Oui. Justement concernant la dissolution, est-ce que vous vous pensez qu'une dissolution est possible peut-être à l'automne et que c'est pour ça en fait qu'il revient sur ces grands dossiers nationaux ?

Ah, je pense qu'il il y pense tous les matins au season. Oui, évidemment à la prochaine dissolution et quand pour sortir de cette situation dans laquelle dans laquelle il est plongé et qui lui font en fait qui qui restreignent ses pouvoirs à ses pouvoirs propres. C'est pour ça que il agite le référendum parce que c'est un de ses pouvoirs propres, même s'il est sur proposition du Premier ministre mais en même temps, il a tellement peur de l'utiliser que ça fait depuis depuis ses vœux de 2024 qu'il qu'il agite le spectre du référendum.

D'ailleurs, il agite le spectre de l'article 16 aussi qui a un ses autres pouvoirs pouvoir propre mais sans l'utiliser parce qu'il a il sait qu'il se confronte à potentiellement un rejet massif souvenons des des gilets jaunes. C'est quand même une détestation d'Emmanuel Macron qui est bien qui va bien au-delà je pense de la détestation pour monsieur Beirou qui s'exprime dans notre pays et qui s'exprimerait à travers un référendum. Et je voudrais juste dire sur le référendum euh on a tendance à à croire que on se dirige en France vers davantage de démocratie directe, que ça a été le cas en 2008, on a révisé la Constitution pour introduire le RIP, le référendum d'initiative partagée euh qui là n'est pas un plébiscite a priori.

Euh mais en réalité ce qui s'est passé en 2008, c'est aussi qu'on a restreint le référendum. Pourquoi savez-vous pourquoi ? pour les questions européennes parce qu'en 2005 le référendum qui a été rejeté par les Français et qui reste dans la tête de tout de tout un chacun, y compris d'Emmanuel Macron, a créé un traumatisme vis-à-vis du référendum.

Et en 2008, alors qu'avant il fallait un référendum pour tout élargissement de l'Union européenne, ça a été supprimé. Donc en fait euh on se dirige vers euh en tout cas cette cette révision constituelle de 2008 qui a inclus davantage de référendum avec le RIP a aussi supprimé le référendum obligatoire. Donc il y a une peur incroyable en France de du référendum mais en même parce qu'il y a une peur du peuple mais en même temps il y a l'amour du plébiscite.

Donc c'est vraiment cette ambivalence. J'aimerais juste poser une question à à Stéphano pour rebondir sur cette question de la dissolution à l'automne. Est-ce que vous c'est quelque chose que vous vous projetez ou pas du tout ?

Et ensuite, je vous donne la parole Suzanne. Donc juste un mot sur la question du référendum parce que moi j'ai suivi les débats enfin l'intervention de Macron hier et j'ai trouvé ça assez paradoxal. Normalement, dans la logique ordinaire, il y a une question structurante, importante qu'on veut légitimer au-delà d'un vote de l'Assemblée nationale ou sur lequel l'Assemblée nationale n'arrive pas à se déterminer à avoir une majorité et c on a recours un référendum.

Alors que tel que j'ai compris là c'est pas on a une question importante donc on va faire un référendum. Là c'est on a envie de faire des référendums. Les questions on les trouvera.

C'est ce qui me par une façon d'aborder. C'est légal donc c'est démocratique immigration. Mais il a dit des questions, j'y penseai mais il a envie de faire des ça me paraît assez paradoxal comme approche.

Et sur la dissolution, tout indique que Macron aurait à perdre de d'un éventuel nouveau vote. C'est-à-dire que les résultats, si on regarde les sondages pour les blocs macronistes serait pire de celui qu'il a eu l'année dernière. Euh maintenant, l'année dernière, on savait aussi qu'une dissolution n'aurait pas été favorable au bloc macroniste et Macron a décidé quand même et ce qui a ce qui a coûté une baisse sensible de du nombre des députés.

Euh pourquoi l'année dernière il a décidé pour la dissolution alors que je répète tous les sondages indiquaient qu'il allait perdre qu'il prenait une raclé. C'est il venait de faire 14 % aux européennes hein toutes les listes macronistes réunies ils avaient fait une seule liste pour les élections européennes qui avait qui qui est arrivé à 14 %. Et dans la foulée décide la dissolution donc il est pas fou.

La seule interprétation rationale d'une dissolution comme celle qui était décédée l'année dernière. c'était de prévoir une victoire de l'extrême droite et je pense que dès son point de vue, comme de toute façon, il n'avait pas des majorités euh depuis 2024, euh de son point de vue, un gouvernement d'extrême droite qui aurait pu disons d'une certaine façon euh contrecarrer dans son rôle de président qui est les garant de la Constitution qui fait attention qu'on aille pas au-delà de certains gites et cetera. et cera je pense que dans sa stratégie c'était une façon de redorer son blason disons comme ça.

Est-ce que est-ce que cette idée les traverse encore ? C'est possible c'est possible. Euh mais s'il y a des solutions, c'est pas pour retrouver une majorité pour Macron.

Ça c'est c'est hors de l'horizon des des choses qui sont possibles. Il n'y aura pas de majorité à l'Assemblée nationale pour Macron. Il peut dissoudre autant de des fois qu'il veut.

Il finira son mandat, sans majorité. Suzan, vous voulez rajouter quelque chose avant qu'on conclut l'émission ? Oui, je vais m'adresser à monsieur Emmanuel Macron.

Euh aujourd'hui, le président de la République, il a l'opportunité qui se présente à nouveau et euh et qui quand même rythme l'actualité justement de pouvoir rassembler de manière transpartisane autour d'un enjeu majeur de société où on parle d'enfants, c'est-à-dire c'est les enfants d'aujourd'hui et l'avenir, notre avenir à nous toutes et à nous tous euh d'agir en fait qu'il voilà qu'il qu'il saisisse enfin enfin je veux dire voilà moi je je fais appel à lui là aujourd'hui euh et on a travaillé fortement sur le sujet avec des juristes, des avocats, un certain nombre d'experts dans tous les domaines. Voilà, monsieur Emmanuel Macron aujourd'hui peut rassembler dans une réparation collective autour d'un sujet de société majeure en luttant en proposant voilà une politique publique enfin voilà dédiée de protection des enfants. Je pense que ça pourrait réunir normalement, en tout cas, on devrait l'espérer, l'ensemble des partis politiques et voilà, ça pourrait en tout cas lui permettre de répondre en plus à la promesse qu'il nous a faite.

Euh quand je dis nous, c'est pas uniquement les victimes. La promesse qu'il a faite aux enfants d'aujourd'hui et aux enfants de demain, il y a la société entière il y a plusieurs années en disant qu'il nous avait écouté, qu'il avait entendu et c'est ensuite qu'il a mis en place la commission indépendante sur l'insecte et les violences sexuelles, la civisme qui ensuite a été complètement torpillé. C'estàd qu'aujourd'hui c'est c'est une commission indépendante.

C'est une c'est c'est une coquille vide littéralement. Voilà. Donc il a cette opportunité aujourd'hui.

Euh donc j'en appelle au président de la République et on espère qu' qu'il entendra cet appel. Alors merci merci Suzanne, Stéphano et Eugénie et merci d'avoir regardé au cœur du de l'actu sur votre Freebox sur Molotov sur notre chaîne YouTube Le Média 247 et sur lemediatv.fr. fr.

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