JOURNALISME, CINÉMA, ÉDITION : BOLLORÉ VEUT TOUS LES FAIRE TAIRE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Si quelqu'un sonne chez vous, vous traite de fasciste et ensuite vous demande de l'argent, peut-être que vous ne lui donnerez pas de l'argent et on va faire exactement pareil. Personne ne peut ignorer et faire le dos rond et dire "Bon, on va on va tenir tant qu'on peut encore tenir." Je pense qu'on peut dire qu'on a peur.
Je ne mélange pas ce que je suis, ce que je pense, ce que nous sommes avec des affaires industrielles, commerciales, économiques. On connaît le projet civilisationnel de Boloray. il est d'extrême droite.
Il faut se rendre compte queen fait tout ça c'est très documenté. C'est pas juste une lubie ou une vision ou une peur. Non, c'est ça existe.
Vincent Boloré, heureusement qu'il est là parce qu'il pourrait très bien dire "On arrête tout, on arrête le cinéma." Donc faut à un moment se mettre en avant et chacun à son endroit mettre sa petite pierre pour lutter contre la montée de l'extrême droite. Aujourd'hui, les mêmes gens qui vivent grassement, faut le préciser, de l'argent distribué par Canal Plus lui crache au visage crache au visage de Vincent Boloré.
Le traite de cryptofasciste. Il dit enfin oui, je m'en fiche de mon image de marque en fait pas tant que ça. Il a acheté une merta en France auprès de de la presse.
Bon, c'est grave mais ça veut dire quand même que il a pas tellement envie qu'on raconte ce qui s'est passé dans les coulisses de ces médias. vrai le succès des chaînes de canal et la liberté de ton de canal gênent et il suffit de lire la presse d'ailleurs pour s'en rendre compte. Dans l'oré, ça va, c'est le méchant.
OK, mais où est le pouvoir politique quoi ? Ouais, l'état est complice. Bah la Macronie est complice de la dérive droitière de Boloré dans la culture, dans les médias, dans la presse.
Pourquoi il vient absolument dans le monde de la culture ou du journalisme ? Parce qu'en fait il nous déteste quoi. Enfil pouvit nous éradiquer de la surface de la terre, il le ferait.
Donc tu as envie de lui dire mais crée ton médiat de fasciste à côté. Enfin, faut nous la paix quoi. Bonjour Caroline des Ruas Piano, vous êtes réalisatrice, vous avez notamment réalisé les immortels et vous êtes aussi signataire de la tribune.
Julie Paratian, bonjour. Bonjour. Vous êtes product, vous avez notamment produit les soulèvements et vous êtes aussi signataire de la tribune contre la bolorisation du cinéma.
Et avec nous aussi Jean-Baptiste Rivard. Bonjour. Bonjour.
Alors, on tue toi, tu as été journaliste à Canal Plus pendant plus de 20 ans, tu as notamment été rédacteur en chef adjoint de Spécial investigation et tu as fondé en 2021 Off investigation, un média d'enquête. Alors, on va commencer par revenir sur la tribune. Donc, le 11 mai, Libération publie une tribune signée par 600 professionnels à la base.
Aujourd'hui, c'est 4500 signataires du cinéma qui dénoncent la mamise de Vincent Bolloré, donc milliardaire he qui cache pas son idéologie d'extrême droite sur le monde du cinéma. Je voulais revenir avec vous sur les mots que vous utilisez dans la tribune. À un moment, il y a cette phrase quand même qui est forte qui vous dites "On est contre une prise de contrôle fasciste sur l'imaginaire collectif." Est-ce que vous pouvez nous expliquer ?
Je pense que ce qu'on ce qu'on observe aujourd'hui, pas seulement dans le cinéma, euh c'est un rétrécissement de nos imaginaires qui est lié notamment à la présence de Boloré dans dans certains groupes, mais pas seulement. Quand j'ai signé cette tribune, ça ça m'est semblé en fait une évidence vu tout ce qui se passe dans les médias, vu tout ce qui s'est passé autour de l'affaire Grasselle, le rachat de de l'école de journalisme. On voit bien que là il y a un endroit de cristallisation, enfin de de crispation et d'intérêt énorme de Bolloré.
Donc pour moi, c'était une évidence euh de de signer dans un premier temps pour sonner sonner l'alerte, pour sonner l'alarme. Euh après, les termes précis de de la tribune, je sais pas ce qu'on ce qu'on peut en dire, mais en tout cas, il y avait la nécessité de de sonner l'alerte. Et on peut dire aussi que la goutte d'eau, ça a vraiment été le le le rachat de du GC.
Donc euh pour l'instant il pour l'instant il détient 30 % et là il veut reprendre 100 % du GC voilà en 2028 et que ben l'idée c'est voilà on connaît le projet civilisationnel de de Boloray, il est assez quand même assez clair là-dessus sont en train de se contredire en ce moment mais il est d'extrême droite son projet idéologique on on le connaît et c'est vrai que du coup en rachetant UGC ben là il y a la il a la possibilité dans le cinéma et donc dans l'imaginaire cinématographique qu'on peut proposer ensuite aux spectateuristes euh d'imposer son idéologie euh en produisant des films, en les diffusant euh en les et en passant aussi par l'exploitation cinématographique. Donc toute la chaîne euh cinématographique de la production à l'exploitation, ce qui est du jamais vu quoi. Et en les promouvant dans ces médias en plus et en les prouvement dans ces médias, c'est c'est voilà, c'est le fait qu'il est qu'il est autant euh que ça soit qu'il puisse oui tout maîtriser en fait. et il a il a vraiment la possibilité aujourd'hui de proposer ce qu'il veut.
Euh est-ce qu'on a envie justement de d'être bientôt euh colonisé par un univers, une une idéologie fasciste euh ou pas ? Là, il y a eu l'assemblée donc générale du groupe Canal Plus ce mercredi 27 mai, Cyril Bolloré donc qui est le fils de Vincent Bolloré et qui est PDG du groupe Bolloré dit qu'il y a pas de projet politique. Non, il y a pas de projet politique et je le dis honnêtement et avec toute la sincérité, vous me connaissez, je dis les bonnes et les mauvaises nouvelles que ce soit pour l'entreprise.
Pourtant, le réalisateur Christophe Honoré donc lui a rapporté que Vincent Boloré lors d'un comité de validation des films de Canal Plus aurait déclaré pas de pas de syndicaliste dans le financement des films par Canal Plus en parlant du film Plaire, aimer et courir vite et en guerre de Stéphane Brisé donc qui est aussi sur qui est sur un syndicaliste. Et du coup les les deux films ont été éjectés du du financement de Cal Plus. Ça ça vous fait peur ça ?
Mais c'est surtout qu'il y a pas que cet exemple là en fait. déjà un seul exemple devrait suffire euh et tout le monde devrait euh en fait justement s'alarmer et se dire il y a un énorme problème euh ses propos ont été tenus, il était présent euh dans des commissions euh lui-même. Bolloré était présent pendant des commissions de Canal Plus.
Ses propos ont été tenus. Euh ça devrait déjà on devrait pouvoir s'arrêter là pour dire qu'il y a un énorme problème, mais en plus on a d'autres exemples et tout ce qui euh les projets de film qui critiqueraient euh l'église. On sait que et du coup même les on on sait qu'on on a'urait pas Canal Plus si on veut produire un film, chercher de l'argent pour euh c'est-à-dire sur certains sujets, vous savez et tout le monde se le dit. c'est je veux dire c'est quelque chose les producteurs du coup n'y vont pas ou euh donc il y a aussi tout le monde se freine sur certains sujets donc en fait c'est devenu déjà assez large en fait il a d'ailleurs il faut rappeler que tous les films ne sont pas produits avec l'argent de de Canal Plus euh c'est en gros un film sur deux il y a des films qui se font très bien sans Canal Plus c'est une autre une autre cinématographie et je pense qu'il y a énormément d'autocensure de la part des producteurs.
Moi, je peux prendre l'exemple de Soulèvement, le dernier film que j'ai produit qui est qui est sorti en salle euh qui est un film sur les soulèvements de la terre qui fait le lien entre les luttes écologiste et les luttes antifascistes parce que il y a un lien en fait et il était hors de question pour moi d'aller présenter ce film à Canal Plus. Ça c'est un exemple mais il y en a plein en fait et c'est vrai qu'il y a plein de contre exemples aussi. C'est vrai qu'il y a des films sur des personnalités gay qui sont produites par Canal Plus.
C'est vrai que il y a des films euh sociaux, sociétaux qui sont produits par Canal Plus, mais c'est pas parce qu'il y a des exemples que ça cacherait euh la forêt de tout euh comment dire enfin voilà de de tout ce projet civilisationnel qui touche encore une fois pas que le cinéma et on le voit très bien et là je je pense qu'il faut pas oublier qu'on est il y a la France mais il y a tous les autres pays. Moi je produis des films avec d'autres pays. J'ai produit avec la Hongrie, j'ai produit avec l'Argentine récemment, j'ai produit avec l'Italie.
Le cinéma, c'est le premier endroit avec l'université d'ailleurs, des pays dirigés par des des pays dirigés par des autocrates. Mais c'est le premier endroit où en fait le cinéma est attaqué. Donc on peut pas se voiler la face.
En fait, c'est pas parce qu'il y a eu un exemple ou deux exemples comme le dit Caroline que c'est ça qui nous inquiétrait. C'est un système en fait. Il y a un problème systémique structurel euh qui fait que on devrait être alerté et c'est ce que la tribune a fait très bien je pense être alerté des risques parce qu'en fait on est déjà là on est déjà à cet endroit-là de de de problème.
Mais pourquoi selon vous il s'attaque au cinéma ? C'est un endroit de parole de prise de parole. C'est endroit un endroit de a priori d'influence de de liberté.
Et c'est là où je pense que les personnes du cinéma ont une responsabilité. C'est-à-dire qu'on n'est pas une on n'est pas un milieu comme les autres. euh dans le sens où on a la chance et je pense que c'est aussi un privilège de pouvoir prendre la parole par nos films, par en tant que réalisatrice, productrice, en tant que technicien de participer à des à des projets de film et c'est là où on a une responsabilité vis-à-vis du reste de la population parce que euh bah c'est quand même un privilège de pouvoir s'exprimer même s'il y a beaucoup de précarité dans le cinéma français et on imagine les stars, les tapis rouges, voilà le enfin une forme de richesse et d'entre soi Mais en fait euh on a tous cette responsabilité partagée de dire "On a la parole, prenons-la." Et je pense que vraiment c'est ce que la tribune a a fait aujourd'hui.
Moi je remercie vraiment les gens qui ont seulement signé cette tribune mais qui ont eu le courage de dire "Bah on écrit quelque chose au risque que ce soit pas entendu, méprisé, mis de côté, que ça soit un coup de coup de coup d'épée dans l'eau puisqueil y a plein de gens qui pensaient que ce serait ce serait le cas." Et je pense queà un moment, il y a des gens qui doivent prendre le risque et on est à un endroit où il faut prendre le risque. Et c'est pour ça que Boloré et d'autres hein, évidemment on se focalise sur Boloré parce que c'est un exemple tellement emblématique et c'est tellement le portrait robot parfait de de de l'autocrate qui a un programme voilà politique très clair dont il ne se cache pas cache pas en plus euh plus ou moins un petit peu hypocrite quand même.
Ouais. Oui. Et puis sur le cinéma, oui, on peut dire, on a tous grandi euh avec des films.
Donc on voit bien aussi la puissance du cinéma par rapport à nos imaginaires en fait, la place que ça. Donc pourquoi il s'attaque au cinéma, ça paraît assez évident par rapport à toujours à son projet civilisationnel. Et puis il faut dire aussi qu'il ne s'attaque pas qu'au cinéma puisqu'il s'attaque aussi au médias.
Et voilà, on va y revenir ça avec Jean-Baptiste Rardir sur les médias. Mais vas-y. Ouais.
Ouais. Il il y a un petit truc moi qui me frappe qu'il faut faire attention, c'est il y a des gens qui disent "Non, il a pas censuré tellement de films. Un ou deux, bon 5 sur 8000 films." Bon ça c'est un mauvais argument parce qu'en fait nous on produit actuellement un doc qui s'appelle qui va s'appeler sourier.
Vous êtes viré sur son influence sur le monde de la culture et ce que nous disent les gens qu'on interviewé c'est qu'en fait il y a un problème de contamination et d'autocensure absolument majeure. C'est et lui il sait très bien il fait trois exemples. Il a une autorité totale personne peut le contester et derrière tu as c'est ce qui s'est passé en télévision et c'est ce qui se passe aussi pour le documentaire avec France Télé.
Delphin passe quelques consignes comme ça et les producteurs qui ont besoin de vivre, bah ils disent bah non mais ça ça passe plus, ça ça passe plus, ça passe plus. Donc il y a une énorme autocensure qui est pas visible. Donc c'est terrible parce qu'en fait l'autocensure elle est dans les cerveaux.
Personne peut dire bah non je m'autocensure parce que tu as l'air rid et tu vas pas gueuler contre le canal parce que sinon ton prochain projet il passera pas et cetera. Donc en fait, ça contamine de manière extrêmement insidieuse le monde de la culture et ça c'est hyper dangereux quoi. Je voulais rebondir sur sur ce que tu disais parce que je pense que euh faut pas se leurer, je pense qu'on est on est vraiment dans un déjà là euh qui n'est pas forcément visible par des exemples de censure.
Ça serait trop simple. Et d'ailleurs, je je voudrais attirer l'attention sur le fait que là, il y a un un petit fasicule 1 qui est sorti euh très récemment sur la guerre culturelle et qui peut permettre aux auditrices, auditeurs de de se renseigner très précisément sur toutes les études qui ont été faites qui sont quand même très documentées euh sur la sphère bolorée. Et il y a un un article, je je l'ai pas encore lu mais il y a un article qui qui me semble un titre d'article qui me semble vraiment emblématique qui dit "Nous y sommes".
Et je pense qu'on est vraiment là, on est vraiment à la croisée des chemins. D'ailleurs, on est certainement trop tard, mais je pense que c'est ça. Il y a un autre rapport qui est hyper important aussi à mentionner d'At qui est qui a fait un un observatoire des multinationales culturelles et le sous-titre c'est de la prédation financière à la croisade politique et je pense que voilà, il faut se rendre compte queen fait tout ça c'est très documenté.
C'est pas juste une lubie ou une vision ou ou une peur non ça existe. Ouais, c'est c'est concret. Et on peut dire aussi que depuis la tribune, quand euh on parlait d' d'autocensure, il y a déjà là depuis la depuis la tribune en fait des producteurrices qui euh qui choisissent de ne pas présenter des projets avec tel ou tel réalisateur par exemple à Canal Plus parce que ces réalisateuristes sont signataires.
Donc il faut vraiment rappeler que là la manière de soutenir en fait tous les signataires, c'est de rejoindre aussi pour tous les gens du cinéma de rejoindre la signature du du texte pour qu'on soit encore plus nombreux. Et si tout le monde du cinéma était signataire et ben du coup effectivement Canal Plus aurait vraiment un problème pour continuer à faire des films. Mais pourtant ils tiennent là-dessus.
Quand vous entendez Maxime Sada dire "Je n'ai pas envie de travailler avec des gens". Maxime Sada qui est le patron du groupe Canal Plus qui euh qui dit que il ne travaillera plus avec les signataires de la tribune euh quand il dit "Je n'ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de cryptofasciste". Alors déjà, il faut rappeler que d'une part que Maxime Saada est aussi le président euh de ces news, juste pour le rappeler.
Euh ensuite euh personne enfin la tribune n'emploie pas du tout ses termes. Là, il fait référence au propos de d'un des signataires courageux et qui a nommé les choses voilà comme ça. Mais la tribune ne parlait pas du tout des gens de Canal Plus.
Et ça c'est vraiment Maxime Saada qui a essayer de détourner en fait à sa manière le problème et ce qui était réellement visé en fait dans dans la tribune et qui a essayé d'en fait aussi de semer la terreur enfin de faire peur signer cette tribune. Vous vous ne travaillerez plus avec un des le plus grand financiers du cinéma français. Mais vous pensez que ça peut marcher ou est-ce que le rapport de force il est plutôt en votre faveur ?
Ben, je pense que on minimise aussi toujours peut-être notre pouvoir en tant que citoyen, citoyenne et le nombre qu'on peut être face à des gros groupes comme ça. Est-ce que le nombre peut en fait ? Et donc je pense qu' il essaie de faire peur.
Peut-être que c'est aussi par désespoir et peur de ne justement de de d'être dépassé par notre pouvoir qui est notre pouvoir citoyen d'alerter, de combattre, de se mettre en action. Moi je là vous avez déjà un peu gagné je pense hein, c'est que vous avez mis sur la table une fucking question quoi. Ça fait quand même 10 ans 15 ans que le monde du cinéma est quand même extrêmement enfin je dirais pas un peu lâche he pardon mais globalement moi je le pense un peu quand même.
Et là enfin ça y est c'est sur la table. Alors ça fait ça pousse les hais. Il dit je travaillerai plus avec vous, c'est un scandale, ça fait un débat partout dans la presse.
Mais au moins c'est posé quoi. Il était largement temps. C'était vraiment le but de c'est ça la question.
Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas avant ? Bah, il y a il y a toujours un temps pour tout et je pense que l'alerte, elle vient elle vient de la marge et c'est je pense que la marge a peut-être attendu que euh des personnes qui avaient le pouvoir, des syndicats, des organisations prennent la parole plus tôt et voyant que cette parole n'arrivait pas euh parce que c'est vrai que le le milieu du cinéma est très structuré.
C'est c'est une chance. Enfin, franchement, on a beaucoup de chance d'avoir des représentants, des gens qui connaissent très très bien le métier et qui défendent les intérêts du cinéma. Mais au bout d'un moment, ces personnes-là sont aussi encombrées par les responsabilités euh syndicales qu'il et elles ont.
Et donc à un moment, c'est la marge qui a dit "On n'en peut plus et là on va pas laisser passer. C'est le dernier canne avant les élections présidentielles. Euh on peut dire c'est trop tard.
Il y en a certains qui disent c'est trop tôt parce qu'on était en train de renégocier les accords avec Canal." Mais voilà, ça arrive quand ça arrive aussi. Enfin, je veux dire, c'est pas c'est pas c'est pas une science exacte et je pense que finalement c'est un bon moment parce que tout le monde doit s'emparer, tout le monde doit réagir.
Personne ne peut ignorer et faire le dos rond et dire "Bon, on va on va tenir tant qu'on peut encore tenir." Et puis encore une fois, la goutte d'eau, c'est quand même le rachat du GC. Enfin, faut le dire pourquoi maintenant ?
Pour Oui, ça a été vraiment c'est vraiment le déclencheur. C'est ça. Et sans doute, il y aurait eu bien sûr évidemment qu'il y avait déjà des bonnes raisons d'alerter plutôt, mais là en l'occurrence pourquoi maintenant ?
Bah à cause de ça. Voilà. Ce qui est important de dire aussi, c'est que cette bolorisation donc du monde du cinéma, elle est aussi dans le politique.
On sait que le Rassemblement national, hein, que soutient Vincent Bollorayet veut la suppression du Centre National Cinéma et de l'image animé, donc le fameux CNC. En octobre 2025, Mathias Renault, député ren de la Somme, a tenté de faire disparaître le CNC en déposant un amendement à l'Assemblée nationale, bon qui a été rejeté, mais il a dit qu'en gros, il fallait arrêter le CNC parce qu'il dilapidait l'argent des Français et qu'il aidait des navés, des films gauchistes pour une rentabilité nulle. Et si le RN arrive au pouvoir en 2027, l'un de leurs projets est justement de supprimer le CNC.
H ça vous fait peur ? Alors qu'aucun aucun argent l'argent du CNC encore une fois et c'est une taxe qui est prise sur il y a pas d'argent des Français dans le CNC en fait. Il y a pas d'argent public, c'est l'argent des taxes en fait tiré sur les les tickets de cinéma, les entrées de cinéma et sur les plateformes.
Donc c'est vraiment un système vertueux que le monde entier nous envie. Il faut le savoir. Il faut vraiment que là-dessus faut le répéter, le répéter, le répéter.
Les Français, c'est pas eux qui mettent l'argent dans le CNC. Dans le CNC, quoi. Oui, il y a il y a il y a ce mensonge là.
Mais c'est aussi une manière aussi quand même de bien cibler le monde du cinéma quand il parle de film enfin de de films gauchistes pour une rentabilité nulle. ça enfin ça vous fait pas peur d'imaginer s'ils arrivent au pouvoir ce pass une catastrophe ça serait un écroulement honnêtement c'est vraiment c'est c'est le cinéma tient juste le cinéma français tient sur le le CNC c'est vraiment le le CNC qui qui est à la base de tout dans notre financement distribution tout c'est vraiment le CNC et l'endroit le plus important en fait c'est la base. Donc si le CNC venait à être fermé, ça serait un écroulement de notre système du cinéma.
Mais encore une fois, pourquoi il le vise, c'est toujours pareil. Le cinéma est un véhicule d'imaginaire qui est extrêmement important. On le sait toutes et tous.
On a tous grandi avec des films. Voilà. Donc c'est pas pour rien qu'ils aimeraient abattre en fait ce système.
Et comme tu disais, il y a plein de pays où justement la première chose que euh l'extrême droite fait en arrivant en pouvoir, c'est de faire s'écrouler justement ces systèmes de système de fabrication des films de fin de fabrication et et et de financement. C'est bien aussi de se faire l'avocat du diable et je voudrais 2 secondes défendre Vincent Boloré, ça sera pas long. Mais moi, j'entends beaucoup de gens qui disent des gens de droite qui disent "Oui, mais bon, la culture est de gauche, tous les films sont de gauche, donc il faut avoir une culture de droite, il faut avoir des films de droite, faut que tous les Français se sentent représenter." Enfin, honnêtement, il y a peut-être 35 % des gens dans ce pays qui veulent voter RN.
Donc moi, j'entends aussi ce qui se dit. Euh et euh et et voilà. Et mais mais il y a un problème dans ce raisonnement, c'est qu'en fait Vincent Boloray, c'est pas c'est pas qu'il devient producteur de cinéma ou réalisateur pour faire des films de droite parce qu'après tout, il peut faire des films sur les choix et tout, il a le droit quoi.
Mais en fait, c'est pas ça qu'il fait. Il y a un côté destructeur, c'est-à-dire que lui quand il a voulu créer une télé dans les années 2005 avec Direct 8 ou D17, en fait, il a créé des chaînes sans contenu avec des des gens idiots qui étaient dans les couloirs qui faisaient les clown pour faire du direct et personne regardait quoi. Donc en fait Bolor qu'est-ce qu'il a créé dans la culture ?
C'est une vraie question et en fait ce qu'il fait depuis 20 ans c'est qu'il prend des des je dirais des marques des enfin des des empires culturels qui ont été créés pendant des dizaines d'années par des gens qui avaient du talent de la créativité et qui ont créé quelque chose. C'est vrai pour Grasset, on en pense ce qu'on veut. C'est vrai pour le cinéma, c'est vrai pour Canal Plus. il passe son temps à prendre les marques qui existent et en fait il a un côté destructeur, c'est-à-dire que je vais tordre, mettre ça dans mon opinion politique, virer solution pas d'accord et il tort de force et il droitise la culture enfin on va pas se cacher, il droitise de force la culture française voir il extrême droitise mais en fait tu as envie de lui dire mais mais crée quelque chose en fait garçon enfin tu vois parce que c'est c'est il a le droit en fait de faire des films fascistes ou de droite enfin il y a pas de problème il peut les faire mais c'est pas ça qu'il fait et d'ailleurs quand il le fait en général il y a pas grand monde qui regarde.
C'est ça le problème. Et et enfin, moi j'ai passé 20 ans à Canal avec plein d'autres à essayer de monter un peu cette chaîne en terme d'information et cetera. On s'est bougé, on a créé de la crédibilité et le mec il arrive, il marche dessus.
C'est ça qui est un peu gênant quoi. Et tu as envie de lui dire bah voilà mais mais là c'est pareil, il prend le contrôle de canal donc il prend un pouvoir sur cinéma considérable. C'est pas par hasard quoi.
Il a pas créé un système à côté pour faire on le répète, tout ça s'inscrit dans un dans un dans un projet politique. Il sait il sait très bien pourquoi pourquoi il fait ça, non ? Par ailleurs, le CNC aujourd'hui permet tout à fait une liberté d'expression, ne serait-ce que Alors, évidemment, il y a les commissions sélective qui peuvent être jugé comme étant euh ils vont t'expliquer que c'est de gauche.
Voilà, ils vont expliquer que c'est de gauche, que les personnes sont sont nommées, voilà par d'autres personnes qui seraient orientées politiquement, ce qui n'est absolument pas vrai. Mais par ailleurs, il y a tout le système du fond de soutien du CNC qui reverse donc au producteurs une partie de de des recettes de leur film et donc tout le monde peut faire des films de droite, de gauche. C'est c'est un système qui qui a quand même cette vertu là aujourd'hui.
Donc c'est absolument faux. Ce qu'il veut c'est détruire ce système en fait. Et c'est là où on je reviens à à votre question sur est-ce qu'on a peur ?
Oui, je pense qu'on peut dire qu'on a peur dans le sens où il y a une vraie attaque sur l'audiovisuel public, sur toutes les structures. Même dans certaines régions, il y a il y a des attaques qui sont très fortes. Et qu'est-ce qu'elles crée ces attaques ?
Pour l'instant, elle crée de la peur. Elle crée de euh elle de de de le tu disais de l'autocensure. Oui, elle crée de l'autocensure et elle crée un repli.
Et aujourd'hui, je pense que c'est ce que la tribune offre, c'est la possibilité de dire "Non, OK, on a peur mais on va quand même prendre la parole et on va quand même essayer de créer des actions." Je voudrais juste revenir sur la fin de la tribune. Ce qu'elle dit parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens qui l'ont pas lu qui l'ont pas bien lu.
Ce qu'elle dit c'est "Nous voulons sortir ensemble du silence et nous voulons construire ensemble un mouvement capable de défendre une production d'indépendance." Voilà, je pense que c'est quand même imparable et c'est vraiment une main tendue vers les organisations. C'est pas du tout seulement un pavé dans la mar, c'est l'idée de dire "Allez, on y va maintenant, on se met au travail." Justement, je reviens sur la la fin de la tribune.
Je rappelle que c'est un collectif qui s'appelle Zapé Boloré et à la fin de la tribune, vous dites "Rassemblons-nous contre le rachat du GC et contrôlons risque grandissant de l'extrême droite sur notre profession. Est-ce que vous sentez que il y ait il y a moyen justement que la profession se rassemble et puisse s'unir contre le rachat du GC et puisse mettre à mal justement le le fait que Boloré acquier 100 % du GC ? Oui.
Moi moi moi je trouve que enfin il y a il y a une il y a une vague de de solidarité énorme suite à cette tribune. Franchement, elle aurait pu faire chou blanc. Je veux dire, elle a elle a touché tellement juste.
Bon, évidemment, Maxime Salada a beaucoup aidé mais mais mais sincèrement, moi je suis étonné. Enfin, je veux dire, on entend parler de la tribune Zapé Boloré dans les journaux. Il y a eu un à mon avis c'est c'est l'événement de de Cann euh par rapport à des grands films qui étaient qui étaient présent.
Euh voilà, il y a il y a il y a il y a aussi le monde du théâtre qui rejoint la tribune. Il y a enfin je dire ça je je crois qu'il y a quand même un rassemblement ça ça a donné un ça a donné un élan en fait et moi je crois qu'il y a vraiment une solidarité. Alors chacun a sa place c'est ça aussi qu'il faut accepter c'est que tout le monde ne peut pas s'exprimer de la même façon. un producteur aujourd'hui, une productrice qui est en contrat avec Canal ne peut pas du tout s'exprimer de la même façon que par exemple moi qui ne n'est pas de film signé avec Canal.
Et donc moi je pense que on n'est pas là pour jeter la pierre à ceux qui sont pas forcément signataires. On n'est pas là du tout pour écarter les comment dire les diverses façons de de de se rassembler et d'agir. Je pense que chacun a la possibilité d'agir.
Il y a un petit côté pervers aussi avec Boloré. En fait, c'est quelqu'un qui paradoxalement avance un peu à pas de loup. C'estd qu'à la fois, il est impressionnant, hyper brutal politiquement et cetera, mais à chaque fois que tu l'entends parler, d'abord il parle jamais au journaliste, hein et ça baisse pas à ça.
Donc le seul fois où il parle, c'est quand il est convoqué devant le parlement. Et là, souvent, il dit "Non, moi je suis tout doux". Enf, il se fout de la gueule du monde mais il est génial hein.
Enfin, il m des yeux dans les yeux comme personn je suis tout doux, je suis super, je fais rien, je suis euh démocrate, chrétien, centriste, machin enfin il passe son temps à dire ça et le problème c'est qu'il y a des gens qui le pensent et donc c'est quelqu'un qui va tout le temps dire "Mais non mais le cinéma enfin mais vous avez pas vu j'ai fait un film de gauche." Bon c'est ce que dit Maxime Sada, il a fait un film de gauche. OK.
Donc en fait il y a un côté dangereux c'est que il assume mais en fait il manipule les gens aussi. Et en fait, c'est extrêmement violent culturellement en fondamental mais c'est pas assumé comme ça. Pas vraiment, mais aussi sauf ces news qui fait que c'est visible.
Mais et aussi face au mouvement qui qui peuvent se mettre en place contre lui, il réprime aussi à la fois par l'ignorance et à la fois par la force. On l'a vu avec la grève à Étellé quand les journalistes se sont mis en grève quand Bolloré a racheté Canal Plus et a pris le contrôle du coup de la chaîne d'information. Les gens ils se sont mis en grève et au final rien ne s'est passé.
Oui, puis enfin il ment tout le temps. Enfin, moi j'ai connu en 2015 l' censure de l'investigation avec Canal Plus sur une enquête sur des des truandages bancaires dont le patron de la banque était de Boloré. Enfin voilà.
Non mais je ils sont venus au Sénat pendant quelques heures pour venir expliquer aux sénateurs qu'il y avait pas eu de censure de ce film. Donc en plus enfin ils censurent et ils mentent. Ils mentent devant la représentation nationale.
Bon comme les les sénateurs sont un peu un peu à l'ouest, un peu perché s'en aperçoivent pas mais la vérité c'est que ces gens mentent les yeux dans les yeux à la représentation nationale. Donc ils sont dangereux quand même de ce point de vue là. Il y a pas d'honnêteté quoi.
Oui, mais je veux je veux dire que le le mouvements ne le touchent pas Boloré, ça le touche pas. On a l'impression qu'il s'en fout quoi. Ben, il s'en fout mais il achète une merard.
Regarde ce qui se fait se passe dans la presse. Les 500 ou 600 journalistes virés dehors des médias qu'il a racheté, il les a tous enfermés dans des clauses de silence, moi y compris, euh qui t'a donné beaucoup d'argent. Il dit enfin oui, je m'en fiche de mon image de marque en fait pas tant que ça.
Il a acheté une en France auprès de de la presse. Voir c'est grave mais mais ça veut dire quand même que il a pas tellement envie qu'on raconte ce qui s'est passé dans les coulisses de ces médias en vrai. Et la réaction de Saada, c'est aussi la de Maxime Saada, c'est vraiment la confirmation de ça.
Là ce qu'il ce qu'il a essayé de faire c'est nous faire terre, faire terire justement les gens essayer de nous faire peur et nous faire terre pour que on voilà ce débat ne s'impose pas comme il est il a finalement réussi à s'imposer quoi. Vous avez touché juste et je pense que ça gêne considérablement Canal Plus parce que tant que ça se voit pas trop voilà mais quand ça commence à se voir que ça fait un débat là c'est un vrai problème parce que parce que Boloré c'est un vrai sujet en fait dans un empire comme Canal Plus c'est un vrai sujet l'actionnaire ça s'appelle Vincent B quoi. Justement on va revenir avec toi Jean-Baptiste Rivard donc pour rappel en 2015 Vincent Boloré donc rachète le groupe Canal Plus et il va s'en servir pour pour porter son projet idéologique.
Donc Itlé devient ses news. Il engage des figures d'extrême droite comme Pascal pro ou Éric Zemour ou bien encore des animateurs condamnés pour corruption sur mineur comme Jean-Marc Morandini. Ça c'est juste pour ne citer que.
Il va ensuite prendre le contrôle d'Europain du JDD du monde de l'édition H Fard Grassé, on en a parlé donc une véritable bolorisation de de l'espace médiatique et à Canal Plus, il va s'attacher à supprimer les enquêtes journalistiques. Toi tu étais rédacteur en chef adjoint de l'émission spéciale investigation et c'est là que commence pour toi le calvert. Tu es mis au placard, l'émission est supprimée.
Est-ce que tu peux nous raconter ? Oui, donc il y a il y a le patron du Crédit Mutuel qui laisse une de ses filiales récupérer des valises d'argent en cash et qui encourage ses riches clients à aller planquer leurs fréquence suisses pour pas payer d'impôt. Donc ça nous paraî un sujet intéressant.
On lance un sujet d'ailleurs. Maxime Saada à l'époque trouve que l'enquête est très bien. On est en mai 2015, c'est autorisé, on y va, on la fabrique et tout, on fait un super communiqué de presse, on va faire trembler le monde de la banque.
Sauf qu'on a pas compris qu'en fait, il y a un mec qui est devenu actionnaire principal qui s'appelle Vincent Boloré et le patron de la banque, c'est son pote. Donc il appelle le patron de la chaîne en disant "Tu as intérêt d'enlever le film, sinon ça va pas bien se passer." Le patron de l'époque Ordolm cède.
Nous on n'est pas du tout informé. Tout se passe au-dessus de nous, on sait pas et cetera. Euh mais c'est très pervers et c'est Vincent Boloré qui é à la manœuvre déjà même s'il est pas encore vraiment sorti des fougères et de mois après, il va faire une deuxième demande à la direction de la chaîne, c'est vous supprimez les guignoles de l'info et là Rodolphe Belmer se braque en disant c'est pas possible si c'est ça, je m'en vais.
Et Vincent Bolery lui répond et ben je vais garder les guignoles et je te vire. Donc pour donner niveau de la violence, ça c'est juillet 2015. Donc en fait mais c'est un peu pareil.
C'estàd que faut faire gaffe à une lecture qui est bah oui mais Canal c'était de gauche donc il il met plus de journalistes de droite pour équilibrer après tout la population française et variée. Bon, ça c'est toujours le même argument que moi j'écoute quand même. Mais en fait al là encore c'est pervers parce qu'en fait c'est pas enfin il droitise bien sûr droitise mais plus fondamentalement.
Il a un problème avec l'information comme je pense qu'il a un problème avec la culture. C'està-dire qu'en fait son problème c'est l'investigation qui va chercher bah si ça dérange c'est non. Et par contre mon média Canal Plus je vais l'utiliser pour faire des publis reportages pour un dictateur africain avec qui je cherche à signer des contrats.
Ça c'était au Togo. Ouais il en 2017. Donc lui il a un rapport utilitaire aux médias.
Il les utilise pour faire du business, pour faire de l'influence, pour dire aux politiques, attention si tu m'embêtes, j'ai quand même des médias influents, donc tu as intérêt à me dire bonjour et ça marche évidemment et lui c'est pas la formation, c'est pas du tout son problème et la culture à mon avis pas tellement non plus. Donc en fait c'est quelqu'un qui est qui est pervers dans la façon il arrive dans des mondes qui ont des codes et des fonctionnements et il les casse parce qu'il veut en faire autre chose. Il se sert des médias, il se sertent la culture pour faire de la politique.
C'est ça le problème de fond. Donc ça c'est c'est incontournable. C'est un vrai problème.
C'est quand même important de le dire vis-à-vis du des milliardaires qui rachètent des médias. Quand ils rachètent un titre de presse ou une chaîne de télévision, faut bien dire qu'ils le font pas pour gagner de l'argent par conviction de droit à l'information. Ils le font vraiment pour servir leur leurs intérêts ou leur projet.
Je peux encore défendre un peu VBoré. Allez vas-y. Parce qu'en fait c'est pas le seul.
C'est qu'en fait les 4 5 milliardaires qui tiennent le système alors ils sont plus timides, ils sont c'est plus insidieux maisol Xavien ils font tous un peu pareil quand même moins caricaturalement. Et lui il les a beaucoup libéré. C'est ça qui est terrible aussi, c'est quand les Bernards Arnaud et autres ils voient ce qu'il fait Bolloré puis il se passe rien en fait parce que leur comm fait dodo.
Voilà, ils disent bah en fait moi aussi je vais virer le patron du journal parce qu'il a avec ses Macron. Enfin tout le monde y va maintenant. Donc il il a un rôle très dangereux mais après il est pas le seul.
Et et juste pour finir on tape sur Vincent Boloré. Moi je voudrais le défendre 2 minutes. Le mec il fait ce qu'il veut.
Je veux dire c'est open bar. Où est le pouvoir politique dans ce pays ? C'est ce que j' ex ça suffit quoi.
Donc après il va dire bah attendez moi c'est bon j'ai fait caca par terre on m'a rien dit. Ben je continue he tu vois. Donc demandé bon Laor ça va c'est le méchant.
OK mais où est le pouvoir politique quoi ? Tu trouves qu' l'État est complètement passif dans cette histoire pour complice ? Ouais, l'État est complice.
Bah la Macronie est complice de de la dérive droitière de Bolloré dans la culture, dans les médias, dans la presse. Enfin, nous c'est pas faute d'avoir alerté enfin je pas pas toujours défendre Canal Plus mais enfin il y a pas que nous. Enfin, il y a plein de de journalistes dans les médias pris d'assaut qui ont gueulé et cetera.
Il s'est strictement rien passé. Moi, j'ai passé 4 ans en bras de faire avec le CSA avec des courriers commandés, les mecs, ils en trouveraient même pas une paupière, quoi. Il y a une complicité du sommet de l'État sur cette droitation extrême du paysage.
Et donc, Macron a une immense responsabilité quoi, et de cette concentration aussi de justement des pouvoirs entre ses mains parce que ça c'est quelque chose justement euh euh les pouvoirs publics et tout ça pourraient euh justement agir et décider que là, il y a un problème de concentration qui est euh qui n'est pas possible en fait. Euh là ilut il y a aussi un réveil que ça soit aussi de l'Arcom d'ailleurs et des pouvoirs publics. Il y a quelque chose à reprendre en main et une régulation à revoir.
En fait, on parle de loi antirtrust euh ou de loi anticoncentration euh nécessaire. Je pense que vraiment c'est euh c'est la c'est la prochaine étape et il faut le faire très vite. Faut protéger le CNC, il faut protéger euh le le comment dire le le l'industrie du cinéma contre cette énorme concentration parce qu'il y a un mot qu'on a pas prononcé qui est le mot démocratie.
Et je pense que c'est pas normal en démocratie que des pouvoirs aussi importants soient euh détenus par euh les milliardaires. Et on voit bien, c'est une escalade. C'est-à-dire que comme tu le disais, c'est euh si on si on dit pas stop, en fait, c'est il y a pas il y a il y a pas vraiment de de de limite.
C'est pas normal que des films comme personne n'y comprend rien par exemple qui parle d'un des scandales d'état le plus important récemment qui implique un un président de la République ne soit pas visible à certains endroits parce que il est pas diffusé à UGC dans le bassin lillois c'est quand même 1 million de personnes. UGC a racheté toutes les petites salles indépendantes et du coup il y a un million de personnes qui n'ont pas accès au film personne n'y comprend rien. Ça c'est pas normal.
Alors aujourd'hui, il y a pas beaucoup d'autres exemples et puis on dit UGC c'est pas c'est pas tant de euh c'est pas de fréquentation que ça parce qu'il y a aussi d'autres groupe et cetera mais n'empêche que 18 millions euh 18 millions d'entrées EGC quand même pas rien. Il paraît qu' concurrence des petits exploitants indépendants en mettant des bus de projection dans des parkings de supermarché à la campagne et ça fragilise les petites salles et ça aussi c'est une stratégie de bouleur. C'est vraiment une guerre culturelle he enfin ouais oui c'est ça.
Et donc toi Jean-Baptiste Roard après combien d'années tu as fait de placard chez Vincent Bol ? 5 ans. Pendant 5 ans tu étais au placard.
Donc en 2021 tu quittes le groupe Canal Plus et tu vas donner des interviews où tu dénonces justement ce qu'a fait Bonoré au groupe Canal. C'est quelqu'un qui gère par la terreur. C'est-à-dire que il est pas question que qui que ce soit résiste aux ctionnaire, surtout pas en matière d'information parce que l'information est stratégique pour lui et il veut en faire exactement ce qu'il veut.
Et donc les journalistes ont des petits soldats. Résultat, Canal Plus te fait un procès, là tu viens d'être condamné à verser à Vincent Boller 142500 € hein, puisque ton départ est comme tu l'as dit un peu précédemment, tous les journalistes doivent signer une clause de confidentialité. Toi aussi tu as été soumis.
Est-ce que aujourd'hui on peut dire que ton cas sert d'exemple ? C'està dire en tant que journaliste, on peut pas parler de Vincent Bolin, on peut pas dénoncer ce qui ce qu'il fait. Bah, on peut mais c'est vrai que en fait a il y a un truc piégé là-dedans, c'est que moi j'ai des gens qui me disent "Bah ouais, mais tu as signé un contrat pour prendre de l'argent en plus, tu as Ouais, tu as signé une clause de confidentialité contre de l'argent, donc tu as touché l'argent donc c'est normal, tu parles, faut rembourser." Ça paraît complètement imparable effectivement.
Moi, je suis d'accord avec ça. D'ailleurs, faut peut-être que je rembourse là. Vous vous souhaitez toucher 150000 € pour ça ?
Et ben il faut pas dénigrer. Mais juste ce que les gens savent pas, c'est qu'en fait euh pas le choix. Ben en fait, enfin moi j'étais depuis 5 ans dans un placard avec pas d'affectation.
Quand j'ai pris un mandat syndical en 2015 dans les 2 heures, Maxime Sada m'a fait adresser un courrier euh de de convocation préalable à licenciement. Vous avez trois gamins. Bon ça c'est donné c'est pour son degré de tolérance à l'égard de des gens qui se synd.
Bon c'est pour faire cours mais je veux dire en fait au bout de 50 placards où on te donne strictement rien à faire on attend la faute et cetera. Bon bah tu tiens tu tiens puis à un moment donné tu dis bon je saute par la fenêtre ou je sors et cetera. Et ces gens attendent tranquillement ils disent mais tu tu sortiras quand tu signeras la clause de silence.
Et moi, j'en avais tellement marre au bout de 5 ans et cetera. Bon, ils me disent il y a un plan social. Je dis bah ça tombe bien parce que je fais rien depuis 5 ans.
Donc mets-moi dans le plan social, ça te coûtera moins cher que de me payer aller à la cantine quoi. Ils te font mais OK. Alors je me dis super et tout.
Je dis à ma compagne ça y est ça va se terminer, je vais pouvoir lancer la média indépendant plan social. Ils te laissent mariner puis après ils te font mais bien sûr tu signes en plus la clause de silence. Alors je te dis bah non moi je veux juste mon minimum auquel j'ai le droit.
Ah ouais mais si tu signes pas la clause de silence tu as pas ton plan social, tu sors pas. Donc je dis quoi 10 ans 15 ans comme ça ? Et moi j'ai un copain, il était au placard depuis 15 ans à Canapus.
Donc en fait au bout d'un moment tu dis bah en fait non je vais signer ton truc là mais en fait tu es tu es obligé de signer enfin tu es contraint et je pense que les collègues les 500 autres dans les autres médias ils sont pas alors évidemment tu es content tu parlais avec de l'argent mais on te donne pas tellement le choix en fait il te laisse pas sortir sans t'enfermer dans une espèce de transaction et la plupart des gens ils prennent l'argent puis après bah il dépensent et cetera puis ils sont coincés quoi. Donc moi je suis je vais le mettre de côté parce que de toute façon je pense qu' je pense qu'il va pas tarder à venir me chercher. Mais donc on est 500 dans cette situation et ça moi j'ai jamais vu quelqu'un acheter une nomerta au plan national auprès de 500 journalistes qui peuvent même pas dire excusez-moi je peux pas vous accorder une interview, je peux vous parler parce que j'ai signé une transaction.
Tu dis ça, la transaction elle pète. Tu peux même pas le dire. Et donc les gens Canal Plus ils partaient en rasant les couloirs sans faire de pot de départ.
Pourquoi ? Parce que tu peux pas dire à tes collègues je pars, j'ai fait une transaction, c'est interdit. Donc tu peux pas dire au revoir, tu peux pas dire pourquoi tu parles ? que les gens disparaisselles dans des couloirs.
Enfin voilà ce qui se passe à Canal Plus depuis 10 ans et et c'est c'est absolument terrible. Et le pouvoir politique voit une merte à s'installer, il y a pas de problème. Des centaines de jour après on peut dire ils sont lâches, ils ont pas prendre l'argent mais encore une fois ils peuvent difficilement sortir sans ça.
J'en ai une qui a pas signé Caroline Fontaine à Paris Match qui dit moi je mange pas de ce pain là, je signe pas. Super journaliste. OK.
Tous les autres signent des accords de silence. Elle sort, elle dit "Non mais moi attendez, j'ai été viré de Paris Match, c'est quêre pas normal, je vais aller au Prudom." Donc ils lui font "Ouais ouais au Prudom.
OK." Et puis après elle demande à ses collègues, "Tu peux me faire une petite attestation comme quoi c'est pas moi qui a gueulé en réunion, c'est eux qui m'ont massacré." Ah bah je peux pas faire ton attestation.
J'ai signé ma clause de silence. Personne peut la soutenir. Elle est toute seule.
Elle a fait un choix radicalement opposé. Je ne mange pas de ce pain là. Elle est toute seule et elle risque de tomber au prom parce que personne peut la soutenir.
C'est terrible quoi. Et et on a un pouvoir politique qui laisse faire ça encore une fois. Ouais, c'est glaçant quand même.
Caroline, ça je vois réagir. Vous en pensez quoi ? Je suis je je trouve ça glaçant, terrorisant et j'ai et je et je repense à tous ceux et celles qui ont eu un discours aussi là par rapport à à notre tribune euh de vous parler trop tôt et je pense que aucun cinéaste n'a été censuré euh pour financer ses films euh par Canal Plus.
Je pense que euh Canal Plus fait bien son boulot pour l'instant et queon devra gueuler quand Canal Plus ne fera pas bien son boulot. Mais pour l'instant, ils le font très bien. Non, on a vraiment tous les exemples.
On a vu ce qu'il a fait ailleurs là à la télévision, dans les les médias, au JDD, on son ce qui met en œuvre. On a tous les exemples suffisants pour pour alerter et pour dire il faut absolument réagir et il faut absolument que les pouvoirs publics s'en emparent en fait. Et là-dessus, un tout petit mot, enfin pardon, attention un peu à la naïveté.
C'estàd que moi j'aimerais bien aussi que les pouvoirs publics s'en en parlent, mais je suis un peu moins optimiste que vous. C'estàd que je je crains queon en soit pas là. Bah en tous les cas voilà c'est pour l'instant c'est nous en tant que citoyens citoyenne qui nous en emparons et pour alerter et puis il faut se battre pour que ça soit entendu.
Voilà pour rien faire de mieux déjà mon nom du cinéma a l'air quand même plus solidaire que les journalistes j'ai l'impression. J'espère. Alors, ce qui ce qu'il faut préciser, c'est que la cour d'appel de Versailles a bien signalé que la clause de silence qui était proposée aux journalistes était excessivement large puisqu'elle ne porte pas uniquement sur son employeur direct mais sur l'intégralité des sociétés des dirigeants du groupe Canal Plus Vivindi sans limitation dans le temps.
Donc en fait, si tu était impossible de critiquer euh Boloré après ton départ. Et ce qu'il faut aussi dire, c'est que c'est une vraie stratégie, tu l'as un peu dit la la sur l'omerta, c'est une vraie stratégie de Vincent Boler pour empêcher toute critique ou enquête à son égard puisque en plus des clauses de confidentialité, il attaque tout journaliste qui a le malheur d'écrire ou d'enquêter sur lui. Est-ce que tu constates que ça marche dans la profession ?
Est-ce que Vincent Boleret aujourd'hui fait peur chez les journalistes ? Ouais, c'est évident. Il y avait un paragraphe en plus que les gens ils t'ont pas forcément raconté mais il y avait aussi euh même la moindre expression sur les réseaux sociaux sans limite de temps.
Et moi, j'ai je me suis mais en fait je fais un tweet dans 10 ans, il me colle les huissiers pendant 5 ans chez moi. Parce qu'en plus lui, il a des millions d'euros. Donc les huissiers ils s'en fichent, ils metent de toute façon même il va perdre à la fin peut-être mais ils sont fout pour ta vie pendant 10 ans.
Donc en fait c'est d'une perversité absolue. Et les jouristes ont très bien compris parce qu'il a harcelé Tristtin Valex de de France Télévision pendant des années parce que l'autre il avait osé faire son portrait avec ses ses pratiques néocoloniales en Afrique. Donc Tristan il s'est mangé trois princesses ça a duré 7 ans.
Ça a coûté 100000 € de frais de d'avocat à France Télévision avec notre argent pour le coup. Donc tout le monde a bien compris. Donc oui, les journalistes, il y en a plein qui ont dit à Reporter sans frontière au moment des documentaires Boloré, ben moi je peux pas parler, regarde ce qui est arrivé à rir.
Donc oui, ça marche. Et quelque part la condamnation confirmée par la cour d'appel de Versailles, bah ça veut dire bah nous on considère que ces clauses sont possibles. Or elles sont cètement en dehors des clous.
Enfin après certaines jurisprudence de de tu vas te pouvoir en cassation, on va voir s'il y a une chance parce que c'est pareil, on est dans un pays où la justice est pas gratuite. Donc un prouvent en cassation bah c'est c'est 10000 € quoi. Et et derrière si le la cour de cassation confirmait cette décision, l'avantage c'est qu'on aurait ce qu'on appelle épuisé toutes les voies de recours interne.
Et dans ce cas-là, on peut se retourner vers la Cour européenne des droits de l'homme en disant est-ce que c'est logique de pouvoir autoriser des clauses pareilles ? Enfin, dans un pays libre quoi. Donc on va on va peut-être y aller mais il faut il faut sortir des sous.
Là, je lui dois 142000 en plus il faut mettre 10000 pour le pour voie. Donc comme si tu veux, je me pay 1500 € par mois dans mon média indépendant, ça va être simple. Non, mais ce qu'il faut dire aussi, c'est que cette strat, ça fait tout aussi partie de la stratégie de Vincent Boloré.
C'est-à-dire que il a il attente des procès à des journalistes tout en sachant qu'il va perdre, mais il sait que ça va leur coûter de l'argent. Donc les journalistes, les prochains journalistes qui vont renquêter sur Vincent Bolorisé sauront qu'ils seront attaqués, ils vont réfléchir parce qu'il y aura de l'argent à mettre pour pour un éventuel possible. Ouis, c'est vraiment une politique de de terreur et de haine.
Enfin, c'est c'est au point où on se dit "Mais pourquoi il vient absolument dans le monde de la culture ou du journalisme parce qu'en fait il nous déteste quoi. Enfin si pouvait nous éradiquer de la surface de la terre, il le ferait. Donc tu as envie de lui dire mais crée ton média de fasciste à côté.
Enfin nous la paix quoi. C'est pas bizarre quoi. Et alors pourquoi est-ce que c'est important pour toi en tant que journaliste de dénoncer cette main mise ?
Parce que tu aurais pu prendre l'argent, être tranquille dans ton coin. Pourquoi tu as décidé de aujourd'hui de parler ? Non mais parce que parce que c'est juste pas possible en fait.
Enfin c'est pas c'était pas très subtile he sa prise d'assaut de Canal Plus. Enfin, nous on voit une banque qui dit au riches clients, "Mettez votre fréquencius pour pas payer d'impôts." Et le mec il dit "Bah, en fait, c'est mon pote, faut pas le dire." Tu dis "Mais en fait, tu on s'est pas compris quoi." Enfin, c'est évident qu'on rentre dans une guerre de terrible.
Moi je le savais dès le mois de juillet 2015, j'étais déprimé parce que je sentais que ça ça allait être absolument terrible et tu peux pas faire autrement. Et même, c'est au-delà de de son comportement par rapport à cette banque, c'est qu'est-ce qu'il va faire dans cette chaîne ? Donc moi, je suis resté 5 ans sans sans affectation, mais en fait, je pris une connexion internet qui était pas à mon bureau pour pas qu'il regarde ce que je fais.
J'ai pris un faux nom, j'ai fait avait une carte SIM chez le voisin pour qu'il ait pas mon adresse et je me suis connecté pendant 5 ans pour faire un livre en fait. Mais j'étais j'étais euh représentant du personnel. Donc tous les mois, j' en face de la direction, ça gueulait et cetera.
C'était hyper intéressant. On avait les coulisses de toutes les censures et moi je documentais. Bah voilà donc mais c'est là aussi où c'est son son pouvoir à quelques limites.
Je pense qu'il y aura des résistances dans le cinéma et c'est super. Il y en aura dans la presse. Il y a des gens qui vont raconter au fil du temps et donc le côté j'avance dans le plus grand silence, personne n'a vu, j'achète une merta.
En fait, c'est une illusion quoi. Heureusement quoi, il y a des gens libres dans ce pays. Il y a des gens qui ont pris les fusils en 42.
Enfin, heureusement que non mais tu vois, ça va quoi, ça va ruler. Puis après, j'ai un moment aussi lutter contre justement l'extrême droite, c'est c'est aussi s'engager. Enfin, il y a un moment donné après c'est des c'est sûr, c'est des prises de risque et merci à toutes justement celles et ceux qui prennent ces risques mais pour toute la société quoi.
Mais c'est vraiment c'est sûr que ça veut rien dire que de se positionner contre l'extrême droite si on ne s'engage pas individuellement aussi. Et comme vous disiez, on est quand même on fait un métier qui est face à la population qui est hyper important. On parle à des millions de gens.
Donc de de de d'où on peut monter sur la table, prendre de l'argent. Je vais vous arranger, je vais vous parler mais par contre il y a plein de trucs que je peux pas vous dire. Enfin, les gens alors déjà nous on est grillé dans le journalisme, il y a 70 % des gens qui croient plus les journalistes en France.
C'est pas pour rien. Donc nous, on est en train de le payer très cher parce que notre profession elle s'est pas levée. Mais quand on parle à la population, il y a pas le choix, faut se lever quoi.
Et oui, oui, bah il y a des risques, on va perdre un boulot, OK, ben on va en refaire un autre. Hm. Je je voulais juste dire aussi que enfin, je veux dire, on n'est pas juste en train de de se raccrocher à une liberté d'expression, voilà, espèce de espèce de choses un peu comme ça vague, une croyance, une valeur.
Euh non, en fait derrière derrière ce combat, il y a il y a aussi des gens, il y a des des gens qui sont concernés directement euh par les attaques de de voilà les attaques aujourd'hui euh et vraiment à prévoir très rapidement euh sur l'IVG, sur les populations immigrées, sur les les plus précaires. Enfin, je veux dire, on a quand même conscience aujourd'hui du continuum entre les questions de liberté d'expression. C'est pas pour pour chanter ce qu'on a ce qu'on a envie de chanter.
Non, c'est quand même pour défendre aussi bah des personnes qui n'ont pas voix au chapitre et qui vont être attaqué, les premiers attaqués qui sont déjà attaqués aujourd'hui en France. Donc voilà, c'est faut aussi faire ce lien là, je pense. Il y en a plus, ils disent "Oui, mais on a produit Souleiman." Oui.
Bon, alors il produit Souleiman et après sur ces news, il crachent à la figure de bon prétex. Ouais, c'est drôle parce que pour revenir toujours sur un seul et même film, ça prouve bien qu'il y a un problème. On dirait qu'ils ont un film à mettre en avant pour cacher tout ce qui se passe derrière.
En fait, pour rappel, juste pour rappel l'histoire de Suleiman, ça raconte donc l'histoire d'un livreur Uberit immigré. Je veux juste qu'on repose ça. Et il parle de ce film tout le temps, tout le temps, tout le temps pour dire à quel point ça s'appelle l'arme qui cache la forêt.
Moi, je faisais un peu la même lecture sur ce qui se passe à France Télé. C'est un autre sujet, mais je veux dire, il y a eu aussi, il y a des émissions d'enquête tout à fait louables et dignes à France Télévision qui s'appelle Cache Investigation, complément d'enquête et cetera et à chaque fois la direction de France télé qui dans les coulisses cornée, bloque le documentaire d'enquête depuis des années, à chaque fois nous dit "Bah si, regardez, il y a ça." Mais nous ce qu'on découvre en enquêteant, c'est qu'en fait dans les 1200 heures de documentaires de France Télévision qui est quand même un énorme volume de production, et ben ça fait des années qu'ils ont dit plus d'investigation.
C'est pas à vous de le faire, c'est juste uniquement à Élise et à Tristan Valex Lu en fait tous ceux qui veulent faire du documentaire, ils auraient plus le droit de fouiller la société, de regarder, d'arriver avec des propos dérangeants. Bah ils font quoi en fait ? Ils font ils font les belles histoires.
Enfin, non mais c'est lunaire et c'est ça c'est majeur, c'est extrêmement important. Là pour le coup, c'est l'argent maintenant de la TVA avant de la redevance, mais c'est aussi un gros problème. Il y a pas que Boloré quoi.
Est-ce que vous avez peur que le cinéma ne soit plus politique ? Ben heureusement, je pense qu'il y aura toujours des gens qui auront envie de proposer des films au contraire très politique. Donc moi, c'est dans ces gens-là que je crois et c'est et c'est ces films-là que j'ai envie de voir euh et il y en aura toujours et je crois que c'est ces films-là qui onont du succès.
Moi, je vais encore plus loin. Ça je pense que la population les attend ces filmsl Non mais aujourd'hui on peut dire que vraiment les enfin je pense les les populations ont besoin justement il y a il y a un discrédit sur les journal sur les journalistes bien malheureusement. alors que c'est quand même c'est quand même un pilier de la démocratie aussi.
Mais aujourd'hui, on voit énormément de gens dans les salles pour des films engagés, pour des films qui donnent la parole à d'autres personnes. Enfin, on a plein d'exemples encore une fois, je veux dire, je je vais pas reciter les exemples que j'ai cité, mais je veux dire, soulèvement, c'est 80000 personnes dans les salles. Euh, personne n'y comprend rien, c'est 150000 personnes.
Je juste deux exemples récents, mais en fait, il y en a plein. Et donc, je pense queil y a au contraire une soif. Ouais. de diversité.
On n pas tous envie de voir que des films engagées, on a aussi envie de voir des comédies. C'est pas c'est pas c'est pas ça la question, mais je pense que il y a manière de faire du cinéma politique aujourd'hui. Et l'idée c'est comment et comment dans la dans le contexte actuel, on continue à pouvoir faire des films politiques, des films de droite, pourquoi pas enfin voilà tous ces films là dans une grande diversité qui est pas seulement une diversité de moyens, qui est une diversité d'opinion.
Et pour ça, il faut un état qui qui accepte de réguler et voilà, de laisser la parole libre. Et alors, qu'est-ce que vous avez envie de dire donc au aux gens là qui vont nous regarder qui ont besoin de comprendre justement pourquoi c'est important la tribune que vous avez faite, pourquoi c'est important de vous mobiliser ? Parce qu'il y a aussi tout le narratif qui vis à dire non mais le monde du cinéma c'est un monde de privilégiés.
Bon là ils se mobilisent un peu, ils ont un peu peur pour eux mais au final ça va rien changer. Qu'est-ce que vous voulez dire à ces gens-là ? Moi, je pense qu'il y a plein de manières de s'engager.
La première, c'est de s'informer. Euh je je répète, il y a des il y a des manières de s'informer aujourd'hui euh très simple. Il y a énormément de médias indépendants.
Euh voilà, se se cultiver, s'informer, euh voilà, continuer euh continuer aussi à croire que on partage quelque chose euh toutes et tous ensemble, qu'on n pas justement les uns privilégiés contre les autres qui seraient opprimés par la société. Non, il y a manière de faire société ensemble. Je pense que le cinéma et d'ailleurs la tribune a prouvé aussi que euh les personnes n'est moins connues euh qui euh qui a plus qu'apparemment dans cette tribune personne ne sait exactement euh signata qui sont les enfin voilà, il y a enfin en tout cas il y a plein de gens qui ne sont pas des personnes connues.
Euh bah voilà, il y a manière de faire société ensemble en fait des producteurs aux techniciens en passant par les réalisateurs, les auteurs, les comédiens. Et c'est et je pense qu'on a aussi un exemple à donner peut-être enfin je veux dire en toute humilité he je veux dire on est des citoyens comme comme les autres nous on est à notre endroit donc on agit à notre endroit je pense que chacun peut agir à son endroit c'est exactement ça que ouais que je me j'étais en train de me dire c'est ça c'est que bah nous cette tribune elle se situe à l'endroit du cinéma parce que nous sommes des travaille heureuses du cinéma mais après justement l'emprise de la de Bolloré sur le monde culturel il est il est bien plus large que celui du cinéma et il impacte tous les citoyens citoyennes de notre pays en fait. Donc après c'est euh si on a envie de lutter aussi contre l'extrême droite, si on est conscient en fait de nos responsabilités individuelles et de ce que l'extrême droite pourrait imposer, faire vivre à des millions et des millions de personnes, et ben il faut à un moment se mettre en avant et chacun à son endroit mettre sa petite pierre pour lutter contre la montée de l'extrême droite.
Moi, j'aurais que enfin vu l'importance des puissances politiques ou industrielles qui tiennent les cordons de la bourse, je pense qu'il faut que le monde de la culture quand même réfléchisse à s'ouvrir à des des financements populaires citoyens. Dans la formation, vous le voyez à Blast, nous on le voit investigation en fait ça fonctionne. Les gens sont excédés dans ce pays par tout ça.
Ils sont prêts à aider. Ils voient bien ce qu'on fait. Ils sont pas débiles et ils sont prêts à mettre la main au portefeuille quand il faut et c'est plus facile dans la formation dans le cinéma parce que ça coûte plus cher mais je pense qu'il faut vraiment ouvrir à ça et pour donner un dernier exemple le mois où le gros 6e canal plus Boloré moi me condamne à lui reverser 142000 € le média indépendant off investigation lève 1700 € pour financer des documentaires sur les pressions sur l'humour politique dont un qui va sortir en salle en septembre.
Donc en fait voilà, on est en train de dire contrepouvoir, il y a un contrepouvoir qui est en train de naître et qui existe et grâce aux citoyens et ils sont là quoi. Faut avoir confiance dans les gens. On est des millions, on peut y arriver je pense.
Ouais. Ouais. Moi je pense que c'est c'est super important ce que tu dis.
Moi je je pense qu'il faut avoir confiance confiance dans les gens et et pas forcément les opposer parce qu'en fait ce que fait Boloré aussi c'est que il ne cesse de nous opposer toutes et tous. Franchement on a on a tous envie de vivre dans un pays libre. Moi je suis mère.
Toi aussi d'ailleurs, je veux dire, on a tous envie que nos enfants ils aient accès à l'éducation, que ils aient accès à la santé, que au final, enfin, on parle de ça en fait, débat public. Ouais. Un débat d'accord et un et un débat public.
Donc donc voilà. Et et et c'est bien en ce moment, on a besoin de débattre et aussi avec des personnes qui sont pas d'accord avec nous. Il y a aucun problème.
Ouais. ne sous-estimons pas en fait notre pouvoir collectif et et ces grandes puissances nous divisent, créent des guerres civiles, nous font nous affronter, font des faux débats et du coup ça nous affaiblit, nous terrorise aussi, nous anxiogénise par les grands médias qui passent leur temps à nous dire que tout est dramatique. Les gens ont peur quoi.
Covid, tu as peur, tu restes chez toi. Tout tout est fait pour que jamais on se rassemble et jamais en prendre conscience de nos forces. Donc en vrai, on est fort quoi, on est nombreux.
Et ben ça sera le mot de la fin. Merci à toutes et à toi Jean-Baptiste Rivard. Donc je rappelle, on peut soutenir off investigation, c'est important ça.
On a on a une 5e saison de documentaire qui arrive. sur les pressions sur l'humour politique avec quatre ou cinq documentaires et malheureusement je suis désolé pour Vincent mais on va un peu parler de lui dans le monde de la culture. On va faire une histoire secrète de des guignoles de l'info sur 30 ans.
On va faire voilà on va faire les pressions sur l'humour dans l'autel public dans le système boloré parce que ça dépasse l'humour et ça va voilà ça va durer 6 mois et les gens peuvent nous aider à le faire mais si on n pas 40000 balles par documentaire on peut pas le faire quoi. Et Caroline et Julie ben je vous remercie aussi et puis je vous souhaite bon courage dans la cette lutte face à Vincent Bolloré.
Jean-Pierre Bataille