Nos dirigeants sont-ils corrompus ? Les révélations de cet ancien haut fonctionnaire.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 75 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:50OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'une caste et comment fonctionne-t-elle ?
- 4:15OuverteRéponse directe
Comment est-ce qu'on fait pour diriger des gens dont on n'a pas confiance ?
- 8:58OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on devrait attendre d'un bon dirigeant ?
- 16:04OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on pense du parcours de Gabriel Attal ?
- 23:51OuverteRéponse partielle
C'est quoi la solution pour que les citoyens s'emparent plus de ce qui se passe ?
- 28:56OuverteRéponse directe
Est-ce que les grands corps ont été construits sur des bases saines ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:24InvitéFait
« Une caste, c'est un groupe d'hommes ou de femmes qui bénéficient de privilèges particuliers et qui ont ce qu'on appelle un regard d'exclusif par rapport à ceux qui sont à l'extérieur de cette caste. »
- 10:48InvitéFait
« Il est absolument anormal qu'un salarié lambda, s'il fait une faute qui coûte 100 euros à son entreprise, se voit sanctionné, voire licencié. Et qu'un haut fonctionnaire qui fait des erreurs qui peuvent coûter 100 millions, 200 millions, plusieurs milliards, poursuive sa carrière. »
- 14:03InvitéFait
« Les grands ports français dans lesquels il y a eu des dizaines de milliards d'euros d'investis ces dernières décennies, ils ont produit 0% d'augmentation de trafic, alors que la consommation en Europe a explosé. »
- 34:53InvitéPromesse
« Si j'étais toujours aux affaires, je ferais un grand ménage. »
- 36:19InvitéFait
« la meilleure façon de se payer un cossard c'est de travailler »
- 36:25Locuteur non identifiéFait
« je traverse la rue je vous trouve du travail »
- 36:30Locuteur non identifiéFait
« il faut sortir ce pays de la gréviculture »
- 36:39Locuteur non identifiéFait
« autour d'Emmanuel Macron des personnes qui parlent à la France populaire des gens qui boivent de la bière et mangent avec les doigts »
- 36:48Locuteur non identifiéFait
« on ne va pas s'interdire les plans à 3 »
- 36:57Locuteur non identifiéFait
« je vais ressortir le karcher de la cave »
- 37:05Locuteur non identifiéChiffre
« on met un pognon de dingue dans les minimas sociaux »
- 37:12Locuteur non identifiéFait
« Manuel Valls est le porte-parole des mensonges de François Hollande »
- 37:17Locuteur non identifiéFait
« le bruit et l'odeur »
- 37:22Locuteur non identifiéFait
« la meilleure façon de se payer un costard c'est de travailler »
Temps de parole
- Invité84 %
- Locuteur non identifié11 %
- Présentateur3 %
≈ 6,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Salut à tous, j'espère que vous allez bien. Bienvenue sur le podcast du crayon, le média qui ose réunir. Débat, entretien profond ou sur le terrain, notre but, que vous puissiez entendre toutes les opinions françaises, sans jugement ni parti pris. Tous les jeudis, retrouvez nos émissions en version podcast. Alors installez-vous confortablement. Bonne émission. Les élites nous méprisent-elles ? Qu'est-ce qu'un bon dirigeant ? La France est-elle un pays corrompu ? Nous avons reçu Paul-Antoine Martin, ingénieur de formation, qui a évolué dans les plus hautes sphères de l'État.
Au sein de celle-ci, il a côtoyé des hauts fonctionnaires, des dirigeants, dont il dresse un portrait rimant avec corruption, mépris et entre soi, dans son livre Le Clan des Seigneurs.
Bonjour, je m'appelle Paul-Antoine Martin, j'ai 56 ans. J'ai côtoyé pendant une douzaine d'années des hauts, voire très hauts fonctionnaires issus de grands corps d'État, du corps des ponts et puis de l'ENA. Très vite, je me suis rendu compte qu'il y avait un état d'esprit, de façon générale, qui nécessitait d'être dit aux citoyens français pour leur montrer en fait quel regard ces personnes portent sur finalement les grands enjeux que la France peut rencontrer et comment ils y répondent.
On espère que l'échange vous plaira. N'hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez en commentaire, à mettre un petit like et même à vous abonner pour nous soutenir, ça fait toujours plaisir. D'ailleurs, ce contenu et tous les autres sont disponibles en podcast. Vous pouvez les retrouver juste ici et il y a même certains petits contenus exclusifs. Bonne vidéo.
Faux pour moi, mais vrai pour eux.
Le peuple est en colère.
Ah, vrai.
On peut accéder au pouvoir sans réseau.
Faux.
Je suis pour une sixième république.
Tout dépend de ce qu'on met dans la sixième république.
Il est possible de mettre fin aux privilèges.
Dans un monde utopique, idéal, oui. En tout cas, il faut tendre vers ça.
La souveraineté ne devrait être que populaire. Vrai. La liberté d'expression est en danger. Vrai. Le réseau importe plus que les compétences. Vrai. Le gouvernement est violent. Vrai. Les politiques se croient au-dessus des lois. Vrai. Et ceux qui sont censés résoudre le problème sont devenus le problème.
Tout à fait vrai.
Peut-être que d'abord, on peut revenir à la base. Vous parlez de caste, vous parlez aussi beaucoup d'une psychologie qui est particulière à ce genre de milieu. Du coup, j'aurais juste aimé un petit peu en tant qu'apéritif pour qu'on pose les bases au début. C'est quoi les caractéristiques de cette caste ? Comment ça fonctionne ? Et c'est quoi justement cette psychologie ? Parce que ça paraît un peu bizarre, une psychologie une et même pour tout un groupe de personnes. Du coup, j'aurais aimé que peut-être avant qu'on rentre dans le détail que vous précisez ça.
Alors en effet, ce livre, ce n'est pas une enquête journalistique. Il y en a eu et ça n'était pas intéressant d'en refaire une. Par contre, c'est essayer de décrire la psychologie de ces personnes-là. Parce qu'elle est particulière et elle est en tout cas totalement étrangère aux citoyens lambda. Alors, c'est une caste qui a un fonctionnement de mafia. C'est une caste et qu'est-ce qu'une caste ? Une caste, c'est un groupe d'hommes ou de femmes qui bénéficient de privilèges particuliers et qui ont ce qu'on appelle un regard d'exclusif par rapport à ceux qui sont à l'extérieur de cette caste.
C'est-à-dire qu'ils ne vont pas accepter que les individus n'appartenant pas à cette caste puissent y rentrer. Donc, c'est-à-dire que les individus qui n'auraient pas le bon diplôme ne peuvent pas rentrer dans cette caste. Et d'autres choses, c'est-à-dire que cette caste, elle est fermée. C'est une sorte de citadelle un peu virtuelle dans laquelle les individus évoluent dans un entre-soi. C'est ce qu'on appelle effectivement l'entre-soi de ces milieux-là.
Comment est-ce qu'on fait pour diriger des gens dont on n'a pas confiance ou dont on ne connaît pas le quotidien, les affaires quotidiennes ?
Je ne veux pas non plus les mettre tous dans le même paquet, on va dire. J'en ai connu qui sont remarquables. J'en ai connu qui en souffrent. Et il y en a qui me l'ont écrit d'ailleurs suite à ce livre-là. Mais souvent, ce qui se passe, c'est qu'ils étouffent dans ce milieu-là. Et ils partent dans le privé. Donc ce qu'on appelle le pantouflage. Donc ils partent dans le privé parce qu'ils étouffent. Et puis parce que le système aussi préfère les voir partir. Parce qu'ils sont clivants. Parce qu'ils parlent vrai. Parce qu'ils sont différents des autres. Voilà. Et donc ceux-là, ils sont poussés vers la sortie et ils partent dans le privé. En tout cas, c'est ce que j'ai croisé.
Alors, comment font-ils finalement pour diriger ceux qui restent et qui ont un regard plutôt méprisant, arrogant, qui sont plutôt fermés à toute proposition, etc. si tant est qu'elles ne viennent pas de la caste ? Eh bien, tout simplement, en prenant souvent de mauvaises décisions déjà. Puisque ne connaissant pas le réel. Ou ne s'intéressant pas, entre guillemets, au vrai réel. Parce qu'eux ont une image du réel. On a tous une image du réel. Mais eux, ils ont une image particulière du réel. C'est-à-dire qu'ils vont se le construire sans écouter, souvent, sans écouter ce qui peut venir d'en dehors de la caste.
Donc ils se construisent une image du réel qui est une image conforme à ce que la caste a comme image du réel. Donc là, on voit l'impact de l'entre-soi. Et pour faire passer des décisions avec cette idée déformée du réel, eh bien, ça passe par les mensonges, la manipulation. Ça passe par des séductions. Ça passe, en tout cas, par autre chose qu'un parler vrai. Et ça, on le vit couramment aujourd'hui. Alors, ça conduit, à la fin, parce que souvent, dans cette caste, puisqu'ils sont convaincus de leur supériorité, convaincus de leur très grande intelligence, ils sont, donc, de fait, ils ont toujours raison. Ils sont toujours dans le vrai, dans leur esprit.
Donc, toujours, ils prennent, de leur point de vue, les bonnes décisions. Donc, ils vont aller s'entêter. Ça arrive souvent qu'ils vont s'entêter, s'entêter, s'entêter, même si le réel leur renvoie des signaux négatifs leur expliquant que, donc, c'est pas la bonne route. Ils vont s'entêter jusqu'à des désastres. Jusqu'à des véritables désastres. Alors, on a vu des désastres industriels. Ce que je n'ai pas dit, c'est que 40% des états-majors des entreprises du CAC 40 sont occupées par des personnes qui sont issues de grands corps.
Et on a, dans l'histoire récente, des multinationales ou des grandes entreprises françaises qui ont vécu des, comment dire, qui ont eu des issues très funestes parce qu'il y a eu des décisions aberrantes, totalement aberrantes. Mais là, c'est un groupe de dirigeants qui s'est entêté avec une idée du réel qui s'était construite et qui était, bien sûr, complètement différente du vrai réel, pour le coup. Et là, ça conduit inévitablement au désastre. Et comme, de toute façon, effectivement, ils évoluent dans l'entre-soi, ils pensent tous pareil. Donc, de toute façon, ils ont, tous ensemble, ils ont la même idée du réel. Donc, ils se convainquent, de toute façon, que c'est la bonne idée.
Oui, quand on a confirmation de quelqu'un qu'on estime.
Exactement, c'est comme ça. Et qu'on estime beaucoup. Et c'est un peu un fonctionnement miroir, vous voyez, qui se passe entre eux. ce qu'il produit, ce que l'on voit en France avec des réformes qui peuvent être, que l'on fait passer au forceps, avec matraquage de citoyens, etc., pour, à la fin, gagner quoi ? Il semblerait que la réforme des retraites, comme elle a été finalement votée, elle ne fait pas gagner grand-chose. Voilà. Par contre, il a fallu la passer.
Qu'est-ce qu'on devrait attendre d'un bon dirigeant ? Vu que, visiblement, la plupart des gens qui nous dirigent actuellement ont été un petit peu... Enfin, leur fonction a été dévoyée.
Un, le service à l'État. C'est la première obligation. Il y a une citation de Bernanos que je mets en exergue dans mon livre. C'est que l'élite n'est l'élite que quand elle apporte beaucoup plus qu'elle ne reçoit. Aujourd'hui, on est dans une situation où l'élite reçoit beaucoup plus qu'elle n'apporte. Puisqu'en fait, elle n'apporte qu'à elle-même. Donc, elle n'apporte pas à la population en général ou au pays en général. Par contre, elle reçoit beaucoup du pays et de la population. Donc, c'est le service à l'État avant tout. Et force est de constater que c'est perdu. Et le deuxième point, c'est l'écoute. L'écoute de tous les... Comment dire ?
De tous ceux qui peuvent avoir un avis intelligent sur la question. Moi, je crois que... L'État dans lequel... Enfin, un des paramètres qui explique l'État dans lequel la France est aujourd'hui, c'est ce fonctionnement par grand corps. Avec ce fonctionnement en entre-soi qui est... L'entre-soi, on ne le supprimera jamais. C'est quelque chose qui est presque naturel. Par contre, le fonctionnement par grand corps le construit, l'institutionnalise, le développe, le renforce. Et ça, c'est totalement négatif. Et puis, il y a cette impunité. Il y a cette irresponsabilité.
Il est absolument anormal qu'un salarié lambda, s'il fait une faute qui coûte 100 euros à son entreprise, se voit sanctionné, voire licencié. Et qu'un haut fonctionnaire qui fait des erreurs qui peuvent coûter 100 millions, 200 millions, plusieurs milliards, poursuive sa carrière. Voilà, je raconte dans mon livre un haut fonctionnaire qui a quasiment détruit son établissement public en 5 ans. Eh bien, il n'a eu aucune sanction. Il a juste été, à la fin de son mandat, il a été déplacé dans un autre poste. Là, il y a quelque chose qui est profondément anormal et qui construit une prime à l'incompétence, prime à la désinvolture. J'ai vu cette désinvolture.
Je me rappelle, je crois que je le raconte dans le livre, à un moment donné, Coulanges se propose de travailler dans un groupe de travail qui a été ouvert très récemment par le ministère de tutelle dans lequel il travaille. Et c'est un groupe de travail très, très intéressant qui regroupe des gens de différents secteurs pour essayer de construire des idées un peu innovantes. Il va présenter cette proposition de rentrer dans ce groupe de travail ministériel à son chef, je suis donc Urcy, au fonctionnaire, et lui répond, mais tu crois que tu vas sauver la France, mais tu es bête.
Et là, on voit la désinvolture, l'absence de foi totale dans le pays, dans les institutions, et imaginons que ça se soit multiplié par mille, par dix mille, ça montre que finalement, on a des institutions qui ne croient plus en elles, qui ne cherchent plus à créer, elles ne gèrent plus, elles administrent. C'est-à-dire qu'en fait, on gère le quotidien. On gère le quotidien, mais on ne gère pas un présent fort, on ne gère pas un avenir fort pour l'ensemble de la population. Quand on regarde aujourd'hui les projets qui nous sont présentés par nos gouvernants et qui sont construits par la haute fonction publique, puisque c'est le rôle de la haute fonction publique, qu'est-ce qu'on retient ?
On retient le plan vélo, on retient les primes si on fait réparer ses chaussures chez le cordonnier. Voilà, il y a 50 ans, c'était le TGV, c'était les centrales nucléaires, c'était ça. On est dans un autre monde, on est dans un monde qui s'est intellectuellement effondré, intellectuellement, moralement, effondré, parce que on a au moins autant de haute fonctionnaire, la masse salariale de toutes ces administrations est certainement très très supérieure, mais qu'est-ce que ça produit ?
Quand je vois les grands ports dans lesquels j'ai pu évoluer, les grands ports français dans lesquels il y a eu des dizaines de milliards d'euros d'investis ces dernières décennies, ils ont produit 0% d'augmentation de trafic, alors que la consommation en Europe a explosé. Donc, ça montre que ou par l'argent, l'argent est gaspillé, soit parce qu'il est mal consommé dans des... pour une masse salariale qui est trop importante, soit il est consommé dans des projets qui sont mal construits, parce qu'ils sont mal pensés, parce que à cause de la désinvolture, à cause du manque d'ambition, du manque de curiosité, du manque etc.
On construit des projets à plusieurs centaines de millions qui finalement, à la fin, ne produiront rien. Donc, investir des milliards pour ne pas produire d'augmentation d'activité dans le pays, c'est criminel, c'est de l'argent public jeté, mais par contre, là, on ne trouve pas de responsable. un des défauts majeurs, puisqu'on évoquait donc les défauts pour retrouver quelque chose de sain, il est absolument anormal qu'un haut fonctionnaire ne garde son emploi s'il fait des fautes. Il est absolument anormal qu'il ne soit pas déclaré responsable d'une faillite quelconque. Et à ce moment-là, il faut...
On ne peut pas imaginer que les grands responsables d'un pays soient les seuls qui ne risquent rien. C'est totalement aberrant. Totalement aberrant. Ça crée des... Ça crée un état d'esprit qui est l'inverse de ce que l'on peut attendre. C'est-à-dire un état d'esprit conquérant, responsable, dynamique, innovant. C'est de ça dont on a besoin aujourd'hui.
La question était un peu aussi tournée vers l'actualité dans Qu'est-ce qu'on attend dans Bon Dirigeant ? Et vous avez dit dynamique, innovant, conquérant. Et du coup, forcément, vous la voyez venir. Qu'est-ce qu'on dit de notre Premier ministre, de Gabriel Attal, dont on décrit souvent le parcours très net, très... finalement, inclus dans ce que vous décrivez, dans ce que vous plaignez. Et pour illustrer un peu ce que je raconte, il y a cette image qui est parue sur les réseaux sociaux plusieurs fois. et même sur les membres du gouvernement qui ont été récemment nominés, que leur lieu de naissance ne dépassait pas un cercle de 17 km². Et du coup, qu'est-ce qu'on pense de son parcours ?
Est-ce que ça s'inscrit dans ce que vous plaignez ou pas du tout ? Ou est-ce qu'on peut espérer peut-être autre chose de lui ? Il y a beaucoup d'espoir et de suppositions autour de sa personne ?
C'est à l'opposé en tout cas du portrait un peu robot, de ce que je souhaiterais avoir comme dirigeant. Quelqu'un qui est nommé à ce poste-là et qui... Comment dire ? Qui n'a jamais eu, finalement, à obtenir de résultats, ça pose vraiment question. Ça pose vraiment question. Quels sont les salariés aujourd'hui qui sont dans n'importe quelle entreprise qui ont des telles promotions sans avoir eu un minimum de résultats ? Donc, ça, c'est l'effet magique de ce qu'on appelle la com. C'est-à-dire qu'on peut aujourd'hui surfer. Cet univers d'entre-soi permet de... Comment dire ? Beaucoup de personnes s'étourdissent à ce qu'ils appellent ce côté brillant.
Le côté brillant, ce côté brillant, c'est cette façon de surfer sur le vrai, sur le faux. C'est être capable de manipuler, d'être capable de mentir, capable de faire de la com avec une très grande aisance. Aujourd'hui, on appelle ça brillant. Ça montre toute la dérive, en fait, de notre... Comment dire ? Toute la dérive de l'état d'esprit de nos gouvernants, aussi de la haute fonction publique, puisqu'on va juger sur ce qu'on appelle le costard dans mon livre. À un moment donné, il y a Ursi qui donne une leçon en fait à son collaborateur et qui lui explique que pour faire carrière, c'est le costard qu'il faut. 80% de la carrière, c'est le costard. Voilà. Chez Attal, c'est probablement 100%.
On a les dirigeants, finalement, que nous permettons d'avoir ou que nous permettons d'avoir.
C'était le sens de la question qui venait parce que vous parlez de dérive des élites, de crise au sein des dirigeants. C'est aussi cautionné ou pas. Il y a eu des mouvements sociaux, mais est-ce que cette crise des élites, ce n'est pas finalement une crise plus globale de notre système qui se heurte à un mur et qui a transformé aussi les mentalités chez ces gens-là et ce qu'on accepte aussi, finalement ?
Vous avez parfaitement raison. Déjà, je dirais que cette élite, cette haute fonction publique dont je parle, elle a finalement une grande partie du pouvoir en France et ce qui est très sournois, c'est qu'elle est installée dans un angle mort démocratique. Donc, la population ou le peuple qui normalement est souverain dans cette démocratie représentative au travers du Parlement, le peuple pourrait être assuré qu'il conserve le pouvoir au travers du travail que le Parlement pourrait faire en termes de vérification, en termes d'enquête sur le mode de fonctionnement de la haute fonction publique.
La vérité est qu'il y a très très peu d'enquêtes parlementaires et donc, finalement, la haute fonction publique est dans un angle de mort démocratique. Donc, bilan, le peuple a perdu toute souveraineté. Voilà. Donc, déjà, ça, c'est posé, c'est un constat. Je suis loin d'être le seul à le dire. C'est un constat criant aujourd'hui. Il y a un autre constat aujourd'hui, c'est qu'il y a une acceptation de la population ou, en tout cas, il y a un mouvement qui se fait depuis des années. Un développement très fort du relativisme. Savoir que le vrai, le faux, le vrai, le mensonge, la vérité, le mensonge, tout ça, on met... Finalement, tout ça est pareil. On ne sait plus distinguer quoi et quoi.
Donc, on ne sait plus hiérarchiser les choses. Et puis, il y a une perte fondamentale aussi en termes de verticalité humaine, c'est-à-dire de spiritualité, qui fait que tout ça étant, on a beaucoup de mal à avoir un jugement un peu pertinent sur ceux qui nous gouvernent. C'est pour ça qu'ils ont une capacité finalement à manipuler et à mentir. qui est largement favorisée et facilitée par une population qui s'étourdit très très vite parce qu'elle ne sait plus juger. Elle ne sait plus avoir, à mon sens, un regard pertinent sur ce que c'est que la compétence, ce qu'il faut pour diriger, sur est-ce que c'est normal que, par exemple, M. Attal nomme son... son...
on ne sait plus si c'est ex-mari ou pas, mais ex-conjoint, M. Séjourné au ministère des Affaires étrangères. Ça pose des vraies questions. Mais aujourd'hui, tout ça, comme on dit, ça passe crème. C'est quand même très grave. Il y a... Alors, effectivement, sur les réseaux sociaux, on en parle un peu et puis le lendemain, c'est fini. Mais c'est passé. C'est passé, c'est un cran de plus qui est marqué. Jusqu'où allons-nous ? Parce qu'elle est jugée infantile.
La population se trouve confrontée à ce genre de choix, ce genre de décision par leurs élites et leurs gouvernants et puis découvre, s'offusque quelques minutes et puis passe à autre chose parce que c'est le jeu aussi de la matraquer d'informations pour passer à autre chose. Alors, d'un côté, la population perd l'intérêt à la chose, comment dire, à la vie de la cité. Elle se vestit de moins en moins dans tout ce qui est vote et de tout ce qui est politique, mais aussi, la politique est peu intéressante.
Et puis, de l'autre côté, on a des gouvernants et une haute fonction publique qui infantilisent la population parce que moi, je considère qu'aujourd'hui, on a des gouvernants qui sont issus, je considère, c'est une réalité, qui sont très majoritairement issus de la haute fonction publique et finalement, on a des gouvernants qui sont des bureaucrates. Et si on reprend l'état d'esprit des bureaucrates dont on a parlé au début, ce mépris, cette arrogance, ce regard d'exclusif vers les autres, etc., ça conduit à avoir un vrai mépris sur la population et donc à intégrer, consciemment ou pas, qu'elle a à peine le niveau d'un enfant. elle est infantilisée.
Elle est infantilisée et on voit aujourd'hui la façon dont on nous parle, c'est impressionnant.
C'est quoi la solution pour que les citoyens s'emparent peut-être plus de ce qui se passe et c'est quoi la solution pour qu'il y ait moins ce système qui est du coup délétère pour l'ensemble ? Ce serait quoi, selon vous, qu'il faudrait faire ?
Je ne crois pas qu'il y ait de solution qui puisse résulter en une décision. Ce n'est pas de l'ordre de la décision parce que la crise elle est d'ordre anthropologique. Anthropologique au sens où je parlais de crise spirituelle, je parlais de crise morale, je parlais de relativisme qui avait envahi l'espace public. Je termine le livre sur cette note-là, c'est-à-dire qu'il y a une vraie refondation de la capacité morale et même de la capacité à avoir des convictions de nos élites qui est absolument fondamentale. C'est peut-être ça qu'il faudrait réintroduire dans les formations.
D'ailleurs, il y a Jean-Marc Sauvé qui a été ou qui l'est encore je ne sais plus vice-président du Conseil d'État qui a réintroduit depuis quelques années des cours de déontologie à l'ENA. Alors, ce n'est plus l'ENA, c'est l'INSP, mais il a réintroduit des cours de déontologie parce qu'il considérait qu'effectivement la déontologie s'était perdue et qu'il était absolument nécessaire de réintroduire cet aspect-là effectivement dans les esprits de la haute fonction publique. C'est une voie de progrès nécessaire dans la formation de toutes nos élites, absolument. C'est presque institutionnalisé aujourd'hui.
vous avez une HATPV, Haute Autorité à la Transparence de la VV publique, qui autorise des pantouflages totalement aberrants. Par exemple, le conseiller du ministre du Sopte pendant la réforme des retraites, une fois la réforme des retraites votée, il est allé pantoufler chez AXA pour travailler justement dans la direction de tout ce qui est retraite. On a un vrai problème. Cette personne part avec évidemment des informations précieuses. Alors d'une part précieuses parce qu'elles appartiennent à l'État et puis d'autre part c'est un biais de concurrence majeur pour le privé. Et même la HATPV elle autorise ce genre de choses. Or c'est elle qui est normalement le filtre.
Or la HATPV elle dépend du Premier ministre. Donc nos institutions finalement ont subi cette marée comment dire de relativisme où finalement on peut tout se permettre et puis finalement la population ne réagit pas. Regardons là récemment Pierre Moscovici il a fait une déclaration qui est incroyable. Il a déclaré qu'il a retenu exprès le rapport sur l'immigration fait par la Cour des Comptes il l'a retenu pour qu'il ne sorte qu'après le vote de la loi immigration. C'est une décision que j'ai prise
personnellement et je l'assume totalement. Ce rapport d'abord la Cour publie ses rapports elle est publique quand elle le veut. J'avais programmé nous avions programmé de le faire le 13 décembre. Il se trouve que le 13 décembre c'était le surlendemain du vote de la motion de rejet de la loi sur l'immigration. Donc il y a un journaliste qui lui a dit
mais c'est franchement antidémocratique et lui de répondre oui je l'assume c'est une décision personnelle.
Peut-être les uns et les autres auraient-ils eu raison d'une certaine façon. C'est un débat démocratique ça. Oui mais si vous voulez comme nous étions dans une crise politique ça a été une crise politique dans un moment où les arguments rationnels se faisaient peu entendre je n'ai pas voulu d'une part que ce rapport soit déformé utilisé et je n'ai pas voulu non plus interférer avec un vote sous pression
du Parlement. Combien de fois j'ai entendu Ursi me dire mais on s'en fout de la Cour des Comptes mais on s'en fout. Donc il y a même à l'intérieur de la haute fonction publique qu'il va y avoir un manque de respect des institutions parce que la Cour des Comptes elle est quand même là pour c'est un outil au service du peuple pour contrôler comment fonctionne la fonction publique. Donc c'est une juridiction elle n'émet que des préconisations mais elle est comment dire c'est un bras armé du peuple. Eh bien le président décide antidémocratiquement de ne pas donner des informations à la population.
Est-ce que par exemple quand on a pensé au corps des mines au corps des ponts à l'ENA tous les grands corps que vous citez est-ce que c'était conscient ?
Non.
Ou est-ce que c'est une transformation due à la pratique et aux gens ?
Pour le coup je suis convaincu que tous ces grands corps ont été construits sur des bases très saines. Quand on voit comment l'ENA a été construit juste au sortir de la guerre en 1946 sur les réflexions de Jean Zé qui a pu les communiquer au général de Gaulle et qui a demandé à Michel Debré de les mettre en action l'idée c'était il ne faut plus jamais que la France retrouve la situation qu'elle a connue en 1940 avec une haute fonction publique qui a tourné le dos comme un seul homme au Front Populaire auquel elle avait fait allégeance pour faire allégeance au Maréchal Pétain.
Et donc l'idée c'était de retrouver une haute fonction publique solide forte de ses convictions et composée d'hommes et de femmes capables de réfléchir par eux-mêmes et comme je le disais avec des convictions fortes pour être des vrais défenseurs des vrais garde-fous de l'État dans les deux sens de la garde-fous pour les citoyens vis-à-vis d'un État qui pourrait dériver et réciproquement.
Voilà donc l'idée c'était de recruter en 1946 avec cette nouvelle école d'administration destinée à former les plus hauts cadres de l'administration donc de recruter des personnes qui ont à la fois une aptitude intellectuelle grande pour gérer la complexité mais aussi qui ont une expérience de vie qui est riche au sens où elles ont connu des conditions difficiles elles ont connu la souffrance elles ont connu les difficultés voire ont frôlé la mort parce qu'elles ont été dans la résistance elles ont pu être prisonnières etc.
Donc l'idée c'était d'avoir effectivement des personnalités riches intellectuellement mais aussi riches humainement et avec ça reconstruire complètement la haute administration et puis qu'est-ce qui s'est passé c'est que les générations se sont succédées on n'a pas connu la guerre donc heureusement depuis 1945 et finalement le recrutement s'est fait sur des sur des aptitudes intellectuelles sur une capacité à passer un concours difficile à une certaine époque de sa vie voilà et passer le concours ouvre ensuite passer et réussir le concours ouvre ensuite à la carrière garantie à vie avec un comment dire un diplôme qui qui vous colle à la peau toute la vie même même jusqu'à la tombe pour certains qui qui font rappeler qu'ils ont été qu'ils ont été diplômés de telle ou telle école et ça est un est un système tout à fait français aux Etats-Unis effectivement quand vous commencez à travailler le diplôme est important et puis après on regarde ce que vous avez vraiment fait quoi là c'est totalement différent c'est le diplôme qui fait tout et d'ailleurs quand ces personnes de grand corps se présentent à d'autres à 40 45 50 60 ans elles ne disent pas quel est le titre de leur fonction elles donnent leur grade dans le corps d'appartenance
quelles ont été les réactions que vous avez eues quand vous avez publié votre livre chez les concernés
la première des choses c'est que j'ai eu énormément de réactions des réactions qui vont du de l'ouvrier jusqu'à l'académicien du cadre supérieur dans la haute fonction publique aux chefs d'entreprise en passant par des avocats des médecins ça a couvert énormément de personnes dans la société civile et aussi dans l'administration et la haute administration j'ai même eu un ministre qui a réagi un ancien premier ministre a réagi très clairement je sais que mon livre a été lu à Matignon et a été lu à l'Elysée donc je suis plutôt très satisfait de ce bilan qu'est-ce qui ressort et bien les individus on va dire directement concernés par le livre donc décrits dans ce milieu là qu'on réagit en me diffamant en me calomniant en expliquant que j'étais devenu subitement fou et que et que c'était une vengeance personnelle ce à quoi je réponds il n'y a pas de vengeance à dire la vérité il n'y a pas de vengeance à dire la vérité elle est point ce qui est intéressant c'est de voir comment un ancien premier ministre par exemple a réagi on lui a conseillé de lire ce livre il l'a acheté sur Amazon il l'a reçu et puis il a il a commencé à le lire un soir et il ne l'a pas quitté il l'a lu donc pendant la nuit la personne qui lui a conseillé l'a revu le lendemain et lui a dit mais tu as l'air très fatigué il avait des cernes sous les yeux et il lui a dit mais j'ai lu le livre que tu m'as conseillé soit le type qui a écrit ce livre il est complètement fou soit c'est très grave et celui qui lui avait conseillé le livre de répondre je sais exactement comment ça marche il n'est pas fou du tout c'est très grave tout ce qu'il dit est vrai et et là l'ancien premier ministre a répondu si si j'étais toujours aux affaires je ferais un grand ménage chose que l'on peut que l'on peut enfin chose dont on peut douter parce qu'il y a très peu de ministres et de de premiers ministres en tout cas qui ont essayé de faire le moindre ménage de la haute fonction publique puisque ce qu'on n'a pas eu l'occasion de dire c'est que la haute fonction publique finalement est plus forte aujourd'hui que les ministres donc la réception a été très très bonne et chose étonnante c'est que beaucoup de personnes m'ont m'ont écrit en me disant mais est-ce que Ursi ne serait pas le directeur général de telle institution est-ce que Ursi ne serait pas tel directeur chez Renault ou au CEA ou à Framatome ou partout où finalement il y a des seigneurs du même type qui qui travaillent et donc j'ai compris que aujourd'hui ces personnes sont tellement manquent tellement de conviction manquent tellement de relief de personnalité qu'elles sont réduites à leur état de caricature et finalement Ursi apparaissait comme étant exactement la personne que je décrivais à énormément de personnes qui ne travaillaient pas du tout dans le secteur que j'ai décrit ça montre à quel point la crise est profonde la meilleure façon de se payer un cossard c'est de travailler
je vous obsède
mais qui allait celle-là au revoir je vous demande de vous arrêter
je traverse la rue je vous trouve du travail
Macron
il faut sortir ce pays de la gréviculture
Fillon
il manque sans doute autour d'Emmanuel Macron des personnes qui parlent à la France populaire des gens qui boivent de la bière et mangent avec les doigts
je sais pas dire
on ne va pas s'interdire les plans à 3
Attal
une gare c'est un lieu où on croise les gens qui réussissent Macron parfait je vais ressortir le karcher de la cave
alors le karcher initial je sais qui mais Darmanin
on met un pognon de dingue dans les minimas sociaux
Macron
Manuel Valls est le porte-parole des mensonges de François Hollande
je sais pas
si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur et bien le travailleur français la meilleure façon de se payer un costard c'est de travailler
Macron
j'espère que cette vidéo vous aura plu n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé en commentaire à mettre un petit like et même à vous abonner pour nous soutenir ça fait toujours plaisir vous pouvez d'ailleurs retrouver ce contenu et tous les autres en podcast je vous mets le lien juste ici il y a même du petit contenu exclusif donc n'hésitez pas à aller voir à très vite