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interviewSénat (sur YouTube)· 23 janvier 2026 110 min

Marge et prix dans la grande distribution : table ronde d’experts

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mesdames, messieurs, mes chers collègues, je vous propose que nous débutions. On est juste dans le le bon timing. Euh et donc nous poursuivions sur une nouvelle table ronde avec messieurs si présents donc qui sont experts sur les sujets de l'alimentation, de la consommation et de la grande distribution.

Donc vous nous vous avons invité messieurs pour nous éclairer sur le partage de la valeur de la mont à la Valle et sur les mécanisme de construction des marges et des prix. Donc nous avons le plaisir de recevoir aujourd'hui monsieur Olivier Mével, maître de conférence à l'université de Bretagne Occidentale, marketing et distribution et expert en matière de commerce de la de grande distribution et dynamique de consommation. Nous avons monsieur Hugo Molina, chargé de recherche à l'Institut national de recherche pour enfin l'INRAE, plus connu chez nous sous le nom d'Inraée et dont les recherches portent sur l'économie des relations commerciales, en particulier le rôle joué lors des négociations et des contrats et à l'occasion des contrats, des signatures de contrat.

Et puis monsieur Rémy Gérin, ça se pense comme ça. Voilà, professeur à les secs, titulaire de la chair grande consommation spécialisé sur les questions de distribution et et vous êtes monsieur par ailleurs entrepreneur et président du groupe Chopper Marketing qui détient les entreprises Média Performance et Fedm je sais pas comment FIDMI qui travaille donc pour les enseignes de la distribution. Donc nous vous remercions vraiment messieurs de de votre disponibilité, de votre présence pour cette nouvelle audition de notre commission d'enquête.

Euh je dois donc vous rappeler les règles des commissions d'enquête qui et notamment celles qui consiste à prêter serment avant d'être entendu. Et donc je vous rappelle que un faux témoignage devant notre commission d'enquête est passible de peine qui sont prévus aux articles 434-13-14 et-15 du code pénal. Je vous invite donc à ouvrir chacun vos micros et à prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, en levant la main droite et en disant je le jure.

Donc monsieur Mvel peut-être bien dans le micro et voilà. Et donc la main droite et je je jure de dire la vérité, rien que la vérité. Merci monsieur.

Je le jure. Merci. Je jure de dire toute la vérité rien que la Ah non pardon.

Je jure Ry Gérin de dire la vérité toute la vérité rien que la vérité. Merci messieurs. Merci messieurs.

Euh je vous remercie par ailleurs de nous faire part de vos éventuels liens d'intérêt. Bon je viens de préciser vos vos responsabilités par par ailleurs, monsieur Gérin. Mais s'il y a d'autres points à souligner messieurs non rien à déclarer en particulier.

Très bien remercie. Donc euh quelques mots euh pour vous rappeler que euh notre haute assemblée a constitué euh le 25 novembre dernier cette commission d'enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution. Que cette commission d'enquête poursuit plusieurs objectifs.

Tout d'abord, éclairer les citoyens et la représentation nationale sur la construction des prix dans notre pays. Analyser l'influence des acteurs de la chaîne sur le niveau des prix pour le consommateur et leur caractère inflationniste ou non. examiner le partage de la valeur tout au long du processus de production et de commercialisation des produits.

Mais enfin nous assurer que les fournisseurs en amont, notamment les agriculteurs, la conjoncture actuelle pour les produits alimentaires mais pas uniquement. Donc aussi d'autres fournisseurs pour d'autres catégories de produits bénéficient bien d'une rémunération la plus juste possible. Donc vous êtes comme je viens de le dire spécialiste de l'économie des relations commerciales et en particulier de la grande distribution.

Euh nous souhaitons donc vous interroger sur votre analyse du partage de la valeur de la mont à l'aval sur les mécanismes de construction des marges et des prix et notamment des prix de vente au détail. Euh vous pourrez nous présenter ce partage de la valeur de manière peut-être plus fine, secteur par secteur en fonction de vos connaissances euh en précisant les différents modes de construction des marges et des prix que vous avez analysé. Quelles sont ces différentes marges qui sont identifiées et leur mode de calcul ?

Vous pourrez spécifier les marges selon les filières et les secteurs, selon qu'il s'agisse de bien importé ou pas et selon le type de marge, marge commerciale, opérationnelle, brut, nette dont vous pourrez également nous expliquer toutes les subtilités, voilà, en matière de calcul de la marge. Vous pourrez nous dire aussi en quoi vos travaux respectifs permettent d'éclairer cette première question de la construction des marges et des prix. S'agissant également des rapports de force dans cette chaîne de valeur.

Quelle est selon vous l'influence respective de chacun des acteurs au niveau sur le niveau des prix ? Leur capacité ou leur manière à rentrer dans le rapport de force ? Vos recherches ont-elles permis d'objectiver cette situation ?

Selon vous, le rôle de la grande distribution souvent pointée du doigt est-il majeur ? Comment l'analysez-vous ? Et quelle est par ailleurs votre analyse des maillons transformateurs ?

Du rôle des maillons transformateurs ? Vous pourrez également revenir sur les lois égalim ontell par exemple selon vous permis de réduire l'opacité de la construction des prix ? Je pense bien sûr en particulier au dispositifs de construction du du prix en marche avant euh de l'agriculteur ou du producteur jusqu'au distributeur, du SRP qui était relevé à + 10, de l'encadrement des promotions, de la sanctualisation de la matière première agricole et des différents indicateurs de référence qui ont pu être mis en place par les différentes filières.

Enfin, vous pourrez nous parler euh éventuellement des perspectives sur les évolutions à venir et nous serons très attentifs à vos préconisations notamment en matière de transparence sur ce niveau des prix et les marges de chacun des des maillons de ce secteur. Voilà, c'est quelques pistes sur lesquelles notre rapporteur Antoine Edgul reviendra. Donc notre audition, elle va se dérouler en deux temps si vous en êtes d'accord.

D'abord, nous allons vous laisser la parole avec un maximum de 8 minutes à peu près chacun pour nous livrer vos vos analyses sur ces différents points. Et puis ensuite un temps de questions-réponse avec madame la rapporteur et enfin un temps de réponse avec l'ensemble des des membres de la commission d'enquête. Si vous en êtes d'accord, ben je vous propose de commencer et peut-être en donnant la parole d'abord à monsieur Mvel.

Ça y est. Alors, je commencerai bien volontiers par une remarque toute simple. J'ai suis permis de sonder des collègues partout en Europe, mais ils me disent toujours quand il s'agit de la grande distribution française, il y a un French paradoxe.

Oui, parce qu'en économie industrielle, les faits sont têtus. C'est la structure de marché sur tous les marchés que l'on observe aujourd'hui. C'est la structure de marché qui conditionne finalement le comportement des firmes et infiner la performance des firmes.

Et il est vrai que depuis 25 ans que j'observe les chaînes alimentaires et nonalimentaires en France euh aujourd'hui et selon la définition de de Michel Glet euh à l'époque qui disait déjà ben finalement quand on parle des marchés alimentaires en France on est face à un oligopole bilatéral à frange non concurrentielle. Alors pourquoi un oligopole bilatéral à frange non concurrentielle ? C'est tout simplement parce que d'un côté on a un Olyobson, des milliers de vendeurs, 370000 agriculteurs, 18000 industrie agroalimentaires, 90 % sont des TPI, PME, PMI et puis un groupe de multinational.

Toutes ces entreprises vendent à la grande distribution et donc on a ce côté oligopsonique avec des milliers de vendeurs, quelques acheteurs, quelques centrales d'achat acheteuses et de l'autre côté on a effectivement un oligopole avec quelques vendeurs et des millions d'acheteurs, les 68 millions de français. Cette structure de marché est idéale pour pour qualifier ce qu'on appelle nous le départ de marge, c'est-à-dire que dans ce marché, vous pouvez réaliser vos marges ou à l'achat, c'est-à-dire en étant particulièrement dur à l'achat, d'où le risque de violence commerciale inhérent à cette structure de marché. Mais aussi vous pouvez très bien parce que vous réalisez vos marges à l'achat et ben tout simplement vous retrouver dans une situation où vous allez vendre au SRP + 10 parce que quelque part vous n'avez plus besoin finalement de réaliser euh vos marges parce qu'elles sont là.

Quand j'ai lu votre convocation, madame la présidente, je me suis dit effectivement on parle des marges. Alors, on parle des marges mais dans le fond est-ce ce ne sont pas les marges. Le vrai sujet c'est la répartition et vous l'avez dit de la valeur ajoutée.

Pourquoi ? Parce que dans mes études et avant de venir ici euh je me suis dit dans le fond reprenons le tableau entrée sortie de l'INC. Les travaux de la Banque de France en 2024 et les travaux de l'inspection générale des finances ont éclairé le sujet et ils ont conclu dans le fond que les distributeurs n'avaient pas de marche excessive et que même après cette période inflationniste finalement bah il y avait pas de quoi à finalement à faire pleurer Margaot et que circuler a rien à voir.

J'ai dit à mes collègues, c'est tout simplement parce que vous vous adressez à des chiffres comptables. Si vous regardez bien aujourd'hui dans une vision moderne de la négociation commerciale et on peut pas regarder le prix facial, on doit regarder le prix net, le prix deux fois net et le prix trois fois net. Parce que si on se situe en dehors de ça, on aboutit aux conclusions de la Banque de France et aux conclusions de l'Inspection générale des finance à savoir que les marges de la distribution sont tout à fait correctes.

Or aujourd'hui, les marges de la distribution ne sont pas faites sur facture, elles sont faites hors facture. Et elles sont faites hors facture et on aura l'occasion d'en parler tout simplement parce que la partie hors facture est devenue prépondérante. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est la coopération commerciale, ce sont les services imposés, ce sont les pénalités qui constituent la majorité des marges.

La grande distribution transfère sur l'amont des risques économiques un certain nombre de risques. Et quand on regarde sur 25 ans, on s'aperçoit aujourd'hui que sur un produit alimentaire et si on raisonne à l'euroalimentaire, on s'aperçoit que l'agriculteur et l'industrie agroalimentaire, c'est à peine 20 % de la valeur ajoutée. 80 % de la valeur ajoutée d'un bien alimentaire est réalisé ailleurs que dans la production.

Alors effectivement, il y a un problème et donc les faits sont têtus. Deux rapports très sérieux nous disent il y a pas de problème de marge mais quand on regarde la répartition de la valeur ajoutée elle est très asymétrique. Donc c'est ce problème qu'il convient de traiter en comprenant bien pourquoi ce paradoxe des marges soi-disant correct mais de l'autre côté un vrai problème de répartition de la valeur ajoutée.

Et quand on regarde bien, on s'aperçoit que les faits sont têtus, les importations sur le roialimentaire, ben en 2000 c'était 25 € sur 100 déjà. En 2025 c'est 35. C'est-à-dire que quand l'agriculture française tousse, quand l'agroalimentaire français met un genou à terre, et ben les consommations intermédiaires en importation des industries agroalimentaires montent et les importations de produits finis par la grande distribution montent aussi.

Donc aujourd'hui, 40 % de la valeur ajoutée, ce sont des services et le commerce. 20 % pour l'agriculture et l'industrie agroalimentaire et puis 35 % d'importation. Voilà la situation en terme de répartition de la valeur ajoutée.

Et aujourd'hui, que ce soit finalement l'observatoire de la formation des prix et des marges ou mes conclusions, on est globalement d'accord sur l'euro alimentaire aujourd'hui. La vraie question aujourd'hui, c'est de comment inverser cela et comment redonner plus de valeurs ajoutées aujourd'hui à cet amont qui ne peut pas vivre avec seulement 20 % de la valeur ajoutée. Merci beaucoup pour cette première intervention.

Donne de suite la parole à monsieur Molina. Euh mesdames, messieurs les sénateurs, bonjour. Je suis très honoré euh de votre invitation à discuter donc des des marges dans la grande distribution et et des industriel.

Alors, en tant que chercheur, je vais essentiellement enfin je vais tenter de d'être le plus fidèle possible mais aussi le le plus clair possible sur ce que dit la littérature économique à ce sujet. Et ça commence par essayer un peu de donner quelques quelques définitions sur ce qu'on entend par marge en fait en dans la littérature économique. Et au cœur de de du de la notion de marge, il y a le concept de pouvoir de marché.

Et comme vous le savez sûrement, le pouvoir de marché c'est la capacité d'une entreprise à affecter l'équilibre de marché. Donc par exemple à distordre les prix pour son propre compte. pour pour maximiser ses profits.

Et dans la littérature économique, comme l'a l'a déjà été un peu dit précédemment, on distingue deux types de pouvoir de marché. Un pouvoir de marché à la vente qui est souvent qualifié comme étant un pouvoir de monopole ou ou d'oligopole. Et ici, cette notion euh consiste en il s'agit de l'exploitation, si vous voulez euh du fait que les consommateurs qui qui sont face à une entreprise, les consommateurs sont suffisamment captifs pour que l'entreprise puisse monter les prix sans que les consommateurs partent.

Donc c'est c'est vraiment la source du pouvoir de marché à la vente. Et en on a une autre notion qui est la le pouvoir de marché à l'achat et qui s'exerce contre les fournisseurs et en particulier les agriculteurs. Donc ici, c'est l'exploitation du fait que certains fournisseurs, certains agriculteurs sont captifs et dépendent totalement de d'une entreprise en question qui va être capable de dicter le prix d'achat.

Donc va et cette entreprise va être capable de baisser le prix d'achat sans que tous les fournisseurs ou tous les agriculteurs partent. Et donc quand on a dit ça, donc quand on distingue ces ces deux notions de pouvoir de marché à la vente et à l'achat qui sont exercées aux deux extrémités des industriales agroalimentaires, mais on constate que l'exercice du pouvoir de marché amène les consommateurs à payer trop cher les les produits qu'ils achètent en rayon et les agriculteurs à être rémunérés pas suffisamment. Et donc autrement dit, on a une réduction des quantités qui sont produites par les les agriculteurs et acheté par les par les consommateurs.

Et ça donc ça se fait forcément au détriment des agriculteurs et des consommateurs. Il y a il y a une défaillance de marché ou autrement dit en l'absence de pouvoir de marché au niveau des intermédiaires donc des industriel et et des distributeurs, s'il n'y avait pas de pouvoir de marché alors il y aurait plus de transaction entre les consommateurs et les agriculteurs. Et donc la présence du pouvoir de marché fait qu'il y a des transactions qui auraient été profitables mais qui n'ont pas lieu à cause de de l'exercice de ce pouvoir.

Donc si je peux donner une illustration à ça, une entreprise qui a un pouvoir de marché, elle est en réalité capable d'avoir une plus grosse part d'un plus petit gâteau en fait puisque le le pouvoir de marché détruit génère de la perte et de et de et de l'inefficacité. Donc voilà. Donc ça ce sont les conséquences du pouvoir de marché.

Et quand on a dit ça, euh il y a un résultat euh qui est pas forcément euh euh comment dire très très répandu, qui est que il existe des dispositifs pour améliorer à la fois le bien-être des consommateurs mais aussi des agriculteurs. Ça n'est pas un jeu à somme nul où quand on donne à l'un, on prend à l'autre. Et donc tout simplement pour vous donner un peu une idée du du mécanisme, si on arrive à baisser les prix payé par les consommateurs en rayon, ça va augmenter la demande pour les produits sur lesquels on a baissé les prix.

Et suite à cette augmentation de demandes, les intermédiaires, donc les les la grande distribution et les industriels vont augmenter leur commande auprès des agriculteurs. Et donc pour pour couvrir cette nouvelle demande des consommateurs, il va falloir mieux rémunérer les agriculteurs pour qu'ils produisent plus. Et donc c'est une situation où on peut très bien améliorer aussi bien le bien-être des consommateurs que des agriculteurs.

Donc on pourra revenir peut-être sur les les dispositifs concrets à à mettre en œuvre pour arriver à ça. Et donc une fois qu'on a défini un peu les la notion de pouvoir de marché, la question qui qui intéresse, j'imagine cette commission, c'est comment on mesure cet exercice de pouvoir de march de marché ? comment c'est qu'une entreprise exerce ou pas un un pouvoir de marché ?

Alors, cet exercice est très difficile hein et donc il y a il y a constamment de la recherche qui évolue sur les méthodes et cetera pour réussir à à quantifier cela. Et la difficulté vient notamment, comme vous l'avez dit, du manque de transparence sur sur les prix qui sont négociés entre les industriels et la grande distribution qui invoque systématiquement le secret des affaires. Donc j'en profite pour pour vous dire que en tant que chercheur indépendant, on serait très heureux d'avoir accès d'avoir accès à ces données.

On est prêt à signer toutes les clauses de confidentialité possible pour ça et pour améliorer tout simplement nos modèles et nos recommandations en terme de de politique publique. Donc premièrement, il il y a une réelle difficulté et donc quand on essaie de de quantifier ce pouvoir de marché, on distingue deux choses. On distingue les marges économiques et les et les marges comptables.

Alors ici, les marges économiques, c'est c'est ce qui intéresse en réalité les économistes. Ça vise à mesurer quelle est euh la valeur qui est captée par une entreprise, quelle est sa rente et donc quel est son pouvoir de marché. Et en tant qu'économiste, on s'intéresse vraiment à ça.

À contrario, la marge comptable, que ce soit marge brute ou marge nette, ça a pas tellement vocation à mesurer le pouvoir de marché. Ça a plutôt vocation à mesurer comment une entreprise est gérée tout simplement. Et donc une fois que l'entreprise a capté de la valeur, comment l'entreprise répartit cette valeur euh en en rémunérant le travail, le capital, en générant des investissements, des dépenses publicitaires et cetera et cetera.

Et en fait les les marches comptables, ça nous dit plus ça. Et donc depuis une trentaine d'années, les la littérature en économie a un peu rejeté l'usage des mar des marches comptables pour quantifier le le le pouvoir de marché. Et donc je veux pas trop monopoliser la parole.

Je crois que je m'arrêterai là. Je je pourrais, si vous avez des questions, essayer de vous expliquer comment les économistes euh arrivent à quantifier ce pouvoir de marché, quelles sont les méthodes. Et par ailleurs, pour vous donner un petit aperçu de de ce qu'on trouve dans la littérature en économie, euh j'ai fait je vous ai fait passer un un tableau enfin auprès de vos collaborateurs d'une vingtaine de papiers académiques qui euh dans différentes filières, différents secteurs, différents pays aussi euh quantifie le pouvoir de marché, donc les les marges économiques de la distribution mais aussi des industriels.

Donc on pourra peut-être revenir là-dessus si cela vous intéresse. Merci beaucoup. Très bien.

Merci monsieur Cherin. Alors, je savais pas que j'avais un petit cours de 8 minutes à vous préparer. Donc, je vais essayer de d'improviser quelques éléments introductifs.

Mais peut-être d'abord vous dire que ce marché de l'alimentaire et des PGC, produits grande consommation, c'est un marché très concurrentiel. OK. Euh vous avez huit acteurs, je mets de côté biocop natural mais mais sur le alimentaire et grande course en général, vous avez huit acteurs.

Vous les connaissez Lecler Interu, Carrefour, Auchamp Casino, Lidl et Aldi. Et et donc vous avez huit acteurs qui tiennent ce marché. Aucun de ces acteurs ne fait plus de 25 points de part de marché.

Donc c'est un marché très concurrentiel. D'ailleurs, il y a des morts ou s'il y a pas de mort, il y en a qui souffrent. Ça c'est la première chose.

Et deuxièmement euh sur ce marché très concurrentiel, je je dis pourquoi par rapport à votre préoccupation de comprendre la structuration des PNL et des margin mais donc sur des marchés très concurrentiels avec aucun acteur dominant. Voilà ça ça tamponne souvent les marges et la rentabilité. Deuxièmement c'est un marché de très faible croissance volume.

Et j'insiste sur ce point. Moi, je lis la santé des marchés par le volume, pas par la valeur. He la valeur, c'est la traduction économique pour les entreprises.

Pour moi, l'approche par les volumes, c'est la lecture de la santé des marchés. En 2025, le marché du PGC en France, il a fait + 09,9, il a pas fait 1 %. OK ? de 20 % c'est une moyenne.

Vous savez que la moyenne c'est la forme la plus aboutie du mensonge. Donc à 0,9 de moyenne, ça veut dire qu'il y a des familles qui sont à + 1 + 2 + 3 + 4 et puis il y a des familles négatives. Donc ça veut dire que sur ce marché de la vente conso, sur ce marché de l'alimentaire, il y a beaucoup de catégories en décroissance volume.

Donc je reprends, on a un marché très concurrentiel et on a un marché de faible croissance, de décroissance volume. Et je le redis, ça va pas s'améliorer. OK ?

Ça va pas s'améliorer pour deux raisons parce que la tension sur le pouvoir d'achat, des ménages et des foyers et le fait qu'il y a d'autres prélèvements contraints ne va pas disparaître. Et il y a un tsunami euh qui nous arrive des US euh qui est en train de bouleverser le monde de la consommation aux US et qui va arriver en France, c'est les GLP1. OK ?

Vous connaissez ces euh traitement contre l'obésité et contre le surpoids. OK ? Au début, c'était cher, au début, il fallait se administrer sous forme de piqû et cetera.

Maintenant, c'est oral. Euh et donc on commence à voir aux États-Unis des traductions massives de décroissance volume de certains marchés parce que les Américains qui sont très touchés par ces phénomènes de surpoids et d'obésité, ils sont 12 % sous GLP1, ils étaient 6 % il y a un an. Donc vous imaginez la croissance du taux de pénétration des GLP1, donc c'est aux ampiques, vous connaissez ces médicaments peut-être de nom.

Voilà. Et donc ça impacte fortement les calories ingérées et donc fortement euh les volumes d'un catégories. Donc il y a des catégories qui sont euh massivement en décroissance volume de par le développement de ces médicaments anti poids.

C'est ça a été autorisé je crois en France, en Allemagne. Donc ça arrive doucement. Donc je vous invite à prendre en considération cela.

Donc je je reprends, on a un marché très concurrentiel et qui est un marché de décroissance volume sur certaines catégories et qui restera de croissance zéro sur le PGC, sur l'alimentaire. 3è élément d'observation peut-être, c'est un marché malheureusement de faible différenciation. OK ?

Je le prends côté Rita côté enseigne. Il y a une finalement une très faible différenciation entre enseigne pour une raison peut-être c'est le French paradoxe qui évoqué Olivier Mevel mais on a un marché vous avez déjà écouté un nombre d'acteurs mais on a un marché qui est drivé depuis des années par Leclerc. OK, il faut comprendre ça que Leclerc a installé sur le marché en France comme référentiel le prix bas sur les marques nationales leaders hein.

On y reviendra quand on parle de PGC d'alimentaire. Voilà, il il a installé ce ce cette doxa et qui fait que derrière tout le marché s'est embarqué sur le combat sur les marques National Leader. Et on y reviendra sur les sujets de qu'est-ce qui est vendu à SRP + 10. qu'est-ce qui est vendu à SRP + 50 et cetera et cetera.

Mais mais il faut comprendre que et aujourd'hui depuis quelques années, Leclerc est leader sur le marché et donc ça a payé et depuis 50 ans, il euh professe un discours qui est toujours le même. Je suis le moins cher sur les marques nationales et sur les marques nationales leader. Et il est effectivement le moins cher pour un simple de raisons parce qu'il achète moins cher, parce qu'il opère moins cher et parce que structurellement vous êtes adhérant le clair.

Vous avez l'obligation contractuelle d'être le moins cher sur votre zone de chalandise. OK ? Et donc toutes les autres enseignes depuis des années courent après ce leader sur ce positionnement de je suis le moins cher sur les marques nationales et il l' effectivement.

OK. Et donc ça a bousculé un peu. Voilà.

Donc retenez, on a un marché concurrentiel, un leader qui a emmené le marché vers le combat sur les marques nationales, sur le prix sur les marques nationales leader en gommant un peu toutes les volontés de différenciation de la part de des acteurs, un marché de faible croissance. Et alors sur ces sujets de différenciation, il y a quand même des mouvements, hein. Je vous fais un tableau une un tableau un peu noir.

Il y a quand même peut-être de deux mouvements que je voulais signaler sur euh euh cette différenciation pour ne pas être que à raconter que je suis le moins cher sur le coca ou sur le Nutella parce qu'à un moment d'abord, il y en a qu'un qui est le moins cher et donc les autres courent après. l'attention que les enseignes portent depuis pas mal d'années sur l'amont et les PME et par intérêt propre hein, pas par philanthropie. L'intérêt pour l'amont, il est d'abord d'anticiper le fait qu'un jour il y aura un problème d'accès à la ressource OK agricole.

Voilà, donc j'ai intérêt à structurer des filières pour sécuriser mon amont parce que je ne vends que ce que j'achète. Demain, s'il y a un amont pénurique, ben je pourrais plus vendre et donc je serai moins attractif vis-à-vis de de mes clients. Donc intérêt à anticiper des amonts pénuriques ou excessivement cher.

Deuxièmement, il y a un intérêt évidemment politique hein, de de d'afficher une prévenance à l'égard de la mont. Euh et puis sur sur les PME, il y a il y a il y a un intérêt depuis très longtemps de de la part du de l'avistribution à l'égard de des PME. Euh il y a un intérêt d'abord de maintenir un tissu industriel, pas pour maintenir le tissu mais comme alternative aux grands groupes et on en reparlera peut-être mais dans dans une négociation ce que le retailer aborde le plus c'est le fait de ne pas avoir le choix hein.

Donc quelque part de se dire j'ai quelques grands groupes industriels mais j'ai mais j'ai également des PME soit sous leur marque ou soit en marque distributeur. Ça ça offre un complément d'offre et quelque part ça sécurise ma capacité à mieux négocier et avoir le choix. Donc j'ai un intérêt politique, j'ai un intérêt économique et j'ai un intérêt de différenciation parce que quand je référence une PME, moi je vois à la Trinité chez moi le Carrefour City en bas de la maison, il a la bière le Trèshaut.

Bon la bière le Très Haut vous la trouvez que à la Trinité. Voilà et c'est pas un marqueur de prix. Donc quelque part sur les marques locales, sur les marques de PME, j'ai une forme de liberté à pricer comme je veux qui fera pas venir ou qui fera pas euh disparaître mes clients par opposition à la façon dont je presse l'util qui sont des marqueurs de prix et qui sont des générateurs de trafic.

Voilà. Donc peut-être quelques éléments que je voulais vous redonner très macro hein pour un peu sur sur l'histoire et puis ce French paradoxe et puis vous redire quand même euh on aura l'occasion sûrement d'en reparler mais le métier d'un distributeur c'est d'abord de construire une offre. Un retailer, c'est d'abord un sélectionneur d'offre.

OK ? et je construis mon offre en fonction de deux éléments. Quelle est ma zone de chalise ?

À quoi ressemblent mes les consommateurs de ma zone de chalise ? C'est pas les mêmes en fonction des géographies. Il y a des zones de CSP plus ou moins et cetera.

Voilà en fonction de ma concurrence. Donc de donc premièrement les les consommateurs qui sont dans Amazon et deuxièmement qui suis-je ? Quelle est mon ADN d'enseigne ?

Et qu'est-ce que je veux devenir ? parce que à travers mon offre, j'imprime le positionnement de mon enseigne et possiblement sa différenciation par rapport à mes concurrents. Voilà.

Donc en conclusion, le métier le métier de retailer, c'est construire des offres, hein, construire un assortiment et après les pricer et un sujet sur lequel on reviendra, c'est construire une stratégie de peréquation de marge, hein, parce que tout le sujet, bah j'imagine ça a déjà été évoqué dans d'autres auditions, tout le sujet c'est il y a un moment, il y a des références sur lesquelles je marche à 10, il y en a d'autres sur lesquelles je mars à 70 à la sortie, il me reste 23 25 points de marge commerciale de points débit da. Voilà. Mais le sujet c'est à un moment qu'est-ce qui fait que dans ma péréquation telle référence je la price à SRP + 10 et d'autres à SRP + 60.

Voilà quelques éléments pour ouvrir le débat. Merci beaucoup monsieur. Donc messieurs, donc la parole à notre rapporteur.

Bien bonjour à vous, bonjour à toutes et tous. Merci pour ces mots introductifs qui sont fort intéressants et qui déjà éclairent les différentes auditions que nous avons déjà eu. Je vais alors vous poser des questions, je vais essayer de les poser de manière ciblée, mais dans un premier temps, je voudrais que vous nous aidiez à comprendre et à répondre euh justement à la question de comment sont réparties les marches tout au long de la chaîne. vous avez commencé hein en nous en nous expliquant comment c'était comment c'était finalement calculé.

Je voudrais que vous développiez ça. C'est-à-dire on nous dit 3 % de marge. On comprend bien qu'on n'est pas réellement à 3 % de marge nette.

On le voit bien puisque sinon on a des agriculteurs qui vivent pas de leur qui vivent pas de leur vente. On a des consommateurs qui bouclent pas leur fin de mois et puis si personne au milieu ne fait de ne fait de marge ou de bénéfices conséquents, ben c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans ce modèle de société. et donc on l'aurait déjà changé depuis ces nombreuses années où il existe.

C'est donc bien que il doit bien y avoir quelque part démarches qui sont opérées et qui sont importantes. Alors, est-ce que vous pouvez nous expliquer de manière détaillée comment sur j'allais dire l'ensemble de la chaîne du produit ces marges se sont calculées ? Alors, c'est peut-être plus pour vous, monsieur Mével.

Quoique avec la péréquation des marges, vous nous donnerez également d'autres euh un autre un autre regard. Est-ce que ça vous pouvez euh détailler ça ? Et si vous voulez ajouter des choses, n'hésitez pas.

Alors, j'ai fait parvenir à un PowerPoint, je sais pas si vous l'avez vous l'avez reçu, mais avec des diapos très détaillés relativement à un exemple de négociation. Aujourd'hui, je vous ai dit en préambule qu'il y avait deux niveaux de négociation et un troisième qui n'est pas juridique mais qui devrait le devenir, que j'appelle le trois fois net. Je m'explique.

Dans la filière bovine française aujourd'hui, vous prenez une vache de type eau par exemple et donc au début de la négociation, l'industriel va proposer à la grande distribution un prix d'environ 7,50 €. Ça c'est le prix facial. il y aura des remises immédiates qui vont amener en fin de compte le prix aux alentours de 7,057.

Et puis à côté de ça, il va y avoir de la coopération commerciale. C'est qu'on va demander à l'industriel tout simplement de venir participer au volume parce que on dit que les marges de la distribution sont faibles. Oui, mais la marge unitaire n'est rien.

C'est la masse de marge qui compte. C'est la marge unitaire multipliée par la rotation en linéaire qui fait la masse de marge. Et on demande à l'industriel de venir financer cette rotation au travers d'un certain nombre d'éléments.

C'est-à-dire qu'on va lui demander de financer de la publicité digitale sur Instagram relativement au magasin. On va lui demander de faire des gammes particulières et en fait on va transposer tout simplement un certain nombre d'éléments dans une définition juridique du prix deux fois net. C'est-à-dire que derrière la coopération commerciale, l'industriel va agir sur les volumes, va agir sur la rotation des actif, tout en étant gardé, on va dire en laiss par le distributeur qui maîtrise le mix produit.

C'est-à-dire qu'il a intérêt à faire avancer sa MDD parce qu'il a une marge visuelle très importante dessus. Et aujourd'hui, il a aussi son premier prix, il y a une demande et donc il y a des produits régionaux qui émergent. Il y a des marques nationales.

Chaque distributeur avec plus ou moins de bonheur, on y reviendra parce qu'ils n'ont pas tous la même responsabilité. Négocier aujourd'hui dans les 16 centrales d'achat du groupe Leclerc, ça n'a rien à voir à les négocier chez Carrefour. Absolument rien.

Tous les équipes commerciales vous diront que il y a un level et qu'en fait les responsabilités sont liées effectivement à la part de marché. Lecler aborde les 25 % de part de marché aujourd'hui. Il a une responsabilité particulière.

C'est-à-dire que dans le fond, chacun va faire son projet de négociation commerciale et pendant 3 mois va l'appliquer va l'appliquer à quatre types d'entreprises. Quatre types d'entreprises, c'està dire que la loi du 4 août 2008, dite loi de modernisation de l'économie a défini quatre types d'entreprises. Les TPE TPI, les PME PMI, les ETI et les grandes entreprises.

Le problème c'est que plus l'entreprise est grande, on a des grandes entreprises chez nous du type LDC, Sodial qui ont des marques mais qui n'ont rien à voir avec les multinationales de l'agroalimentaire que l'on rencontre aussi. Et aujourd'hui que pèse le groupe Leclerc par rapport au 90 milliards d'euros du groupe Nesley 1 % 1 % et demi de son chiffre d'affaires. Ces grands groupes ont matière pour annuler le pouvoir de négociation du distributeur.

Et donc on va se trouver dans une situation où sur ce deux fois net sur cette coopération commerciale plus on est gros et moins on vous demande dans le fond plus on est gros et moins on transfère des coûts imposés. Et donc d'un côté quand on regarde l'assortiment aujourd'hui, l'assortiment 45 à 55 % de l'assortiment grande distribution. Alors ça ça varie entre ce qu'on trouve chez Leclerc, ce qu'on trouve chez Utre Marché ou autres mais 45 55 % ce sont des marques nationales.

De l'autre ces marques nationales sont produites souvent par des multinationales et des grandes entreprises. Et puis il y a les ETI. les ETI, ces entreprises effectivement de moins de 500 personnes qui sont nombreuses en région et qui vont produire entre 20 et 30 % de l'assortiment.

Et puis ensuite, il y a les PME, PMI, ça va être 15 % avec les TPE TPI. Et on s'aperçoit et en fait de manière encore paradoxale que ces petites entreprises vont supporter des poids de négociation et c'est chez ces petites entreprises que vous trouvez aujourd'hui des déclarations de cessation de paiement. C'estàdire à l'heure où on parle où il y a 68000 entreprises françaises qui sont en déclaration de cessation de paiement sur l'année 2025, on s'aperçoit que l'agroalimentaire est touché et l'agroalimentaire est d'autant plus touché que ces TPI sont touchés, que ces PME, PMI sont touchés et que même maintenant certaines ETI sont en difficulté.

Ça veut dire que tout simplement aujourd'hui le partage de la valeur ajoutée et la valeur ajoutée est définie par un chiffre d'affaires quel on retire des consommations intermédiaires. C'est bien la définition. Et quand on regarde la répartition des marges, effectivement, on s'aperçoit que l'agriculture française sur 100 € dépensés ne rençoit que 8. 8.

C'est-à-dire que c'est 8 € qui rémunèrent l'agriculture française - 25 % en 25 ans. C'est-à-dire qu'on s'aperçoit que finalement aujourd'hui la part relative de la matière première agricole dans le produit fini ne fait que baisser. Alors évidemment d'un côté quand on regarde la négociation aujourd'hui effectivement quand on est venu et quand on est arrivé à la LME parce que la loi du 4 août 2008 qu'est-ce qu'elle a fait ?

Elle a redonné à la grande distribution le pouvoir de négocier les prix pouvoir qu'avant la loi Galant lui avait retiré la loi du 1er juillet 96. Donc de 1er juillet 96 au 4 août 2008, la grande distribution ne peut pas négocier les prix et c'est l'industriel qui maintient ses prix. et ce sera effectivement les phénomènes des marges arrières que l'on a connu.

La LME arrive et là sans aucune contrepartie, on redonne la capacité sans finalement essayer de la limiter au distributeur. Que que va faire la grande distribution ? La grande distribution va à ce moment-là effectivement s'en servir et va négocier durement les prix à partir du moment 2010, 2011, 2012 et 2013.

Le groupe Leclerc va tout simplement mieux négocier que ses amis. Mais comme effectivement le législateur a empilé a empilé des lois, la loi du 1er juillet 96 dit de loi galant a défini le seuil de revente à perte comme le seuil sur facture à partir duquel on définit un prix prédateur. Seulement, on va tout d'un coup laisser la logique du SRP en place tout en promulguant la LME.

C'est-à-dire qu'on donne la capacité de négocier les prix et on laisse le SRP. Résultat, en 4 années, le groupe Lecler attaque et tous les la grande distribution attaque les prix de ses fournisseurs sur par exemple le prix par exemple d'un petit pot Nestelé qui est à 100 en basse 100 en 2010 juste après la promulgation. En 2013, certains distributeurs ont réussi à mener le petit pot à 95 et pour la première fois en France en 2013, il va y avoir guerre des prix entre les distributeurs.

Le groupe Casino déclenche la guerre des prix, Leclerc suit et on descend 1500 produits au seuil de revente à perte. Donnons une prime à quoi ? Parce que le problème c'est que si on ne veut pas violer la loi quand on est distributeur, on peut pas vendre en de en de ça du SRP.

Mais on a gardé le SRP tout en donnant au distributeur la capacité à négocier les prix. Donc les distributeurs qui prennent tout de suite l'image prix que vous dites effectivement et ben ce sont ceux qui ont été le plus violents commercialement. Et donc on va assister à une grande déflation jusqu'en 2019.

Les conditions vont changer ensuite mais aujourd'hui on s'aperçoit que la guerre des prix est toujours là. Mes collègues ont raison. On y reste toujours en guerre des prix mais on a changé de nature parce que les lois Eugalim sont arrivées et depuis le temps depuis le temps parce que depuis le 27 décembre 1973 après tout et depuis les lois royes le législateur a toujours voulu contrecarrer la croissance de la grande distribution.

Les lois Galant ou la loi Rafarin du 5 juillet 96 sont venus contre la grande distribution et toutes les lois d'accompagnement de la LME, d'adaptation de la LME depuis les lois Amont, Macron 1, Macron 2, Sapin et Eugalim 1, 2 et 3, on a fait qu'essayer de bouger les choses. Tant que la négociation commencera par le fait que l'industriel doit transmettre ses conditions générales de vente au distributeur, alors déjà la loi UGIM a un problème parce que dans ces cas-là, il faudrait déjà organiser une première séquence de négociation entre les industriels et les agriculteurs dans un premier temps. Une fois qu'elles sont terminées, commencer la seconde séquence de négociation entre d'un côté les industriels et les distributeurs.

Parce qu'aujourd'hui, que font les industriels ? Les industriels envoient leur CGV, dénoncent leur CGV, sont convoqués de manière plus ou moins maline par des centrales d'achat qui jouent au bon taux avec eux. Et au bout du compte d'un côté, les industriels reviennent devant les agriculteurs pour leur dire et ben, on n pas de quoi vous payer parce que quelque part derrière et ben le distributeur ne veut pas accepter l'augmentation tarifaire.

Donc évidemment que ça pose souci à tous les niveaux. Et donc aujourd'hui, il y a une contradiction parce qu'il y a un empilement de l'URIR qui donne finalement une vision très particulière et je prends les discussions que je peux avoir avec des médiateurs derrière et quand on voit les discussions qu'il y a entre l'actalis et ces organisations de producteurs, il y a des difficultés dans le premier niveau de négociation entre les agriculteurs et les industriels et des difficultés également. entre les industriels et les distributeurs.

Donc, il y a deux niveaux de négociation qui devraient être séparés. Quand il s'agit derrière du dernier niveau, c'est-à-dire de la relation industrie commerce. Et là, qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui ?

On voit bien que dans le fond les marches sont très raisonnables mais les contreparties demandées aux industriel et notamment aux ETI, PME, PMI sont déraisonnables, totalement déraisonnables. C'est-à-dire que ceux qui prennent le risque économique, ceux qui prennent le risque sanitaire, ceux qui prennent même le risque environnemental aujourd'hui, on leur transfère des coûts. C'est-à-dire qu'entre le deux fois net, on se retrouve dans une situation où tout d'un coup, je vous prenez l'exemple de cette vache, on arrive tout d'un coup à 7 € mais quand on regarde la coopération commerciale, on descend à 610.

Et quand on regarde le transfert, c'est-à-dire que dans la filière bovine, ce qui fait finalement le bénéfice de l'industriel, c'est l'équilibre pour carcasse. Et ben tout d'un coup, les distributeurs lui dit "Moi, je veux du catégoriel, donc je veux uniquement ces pièces arrières." Ah ouais, mais comment je fais ?

Ah, tu te débrouilles. Mais ça s'appelle transférer des coûts. Donc, je pense qu'aujourd'hui ce transfert des coûts au niveau du trois fois net doit être regardé.

Et si on peut faire quelque chose, c'est effectivement amener à un moment donné à sanctuariser cela et à demander au distributeur d'avoir une trajectoire sur ces prix deux fois nets avec l'industriel et que l'on puisse avoir là la transparence de tout ce qui est demandé hors tarif. Parce qu'aujourd'hui ben on s'aperçoit que la coopération commerciale entre 15 et 30 % et les coûts qui sont transférés, les risques qui sont transférés à l'Amont et ben entre 8 et 15 %. Au total, ça fait beaucoup parce que finalement il faut aussi aujourd'hui les rajouter aux marges de 20 25 points que l'on a aujourd'hui.

Et donc c'est toute cette infrastructure et cette construction du prix qu'il faut regarder. Merci. Alors, je veux bien, monsieur Gérin, que vous détaillez la question que vous évoquiez sur le fait qu'on qui ait une péréquation des marges.

Voilà, je veux bien que vous le détaillez ça, même si ça a déjà été l'objet si vous avez écouté les précédentes auditions, c'est un sujet important puisque ça touche à la qualité de l'alimentation. C'est aussi le sujet de cette commission d'enquête, c'est de savoir en fait à qui on donne le pouvoir de notre qualité d'alimentation. Et il me semble que les marges ou la manière de constituer les marges intervient dans ce dans cette Vous savez tout cher Antoinette, vous avez déjà vous avez déjà les réponses.

Donc donc je veux bien que vous nous éclairiez là-dessus. peut-être juste redire mais ça ça n'excuse rien et ça mais on on a un pouvoir politique très jésuite sur ce sujet parce que cette compression des coûts sur l'alimentaire et la grande de consommation, elle a servi des décennies de politique dans des mesures permettant de contenir l'inflation, hein. Je ferme la parenthèse, mais quelque part euh le politique tape sur le retail depuis des années, mais quelque part on avait quand même ce bloc économique qui a maintenu autant que faire ce peu de l'inflation à des niveaux supportables.

Euh alors sur le sur la prévation de marge, c'est assez simple hein. Euh donc je vous ai dit le métier de l'enseigne, c'est construire un assortiment puis après le prer. Et puis après, il faut faire venir les gens dans les magasins parce que bon et ce qui fait venir les gens dans les magasins, hein, sur dans le monde de l'hypermarché supermarché proximité he je reste sur le le l'univers alimentaire.

Bon, c'est la proximité hein, pas trop loin de chez moi. Et puis c'est le prix de la danette, du ricard et du cocain. Et d'ailleurs la communication commerciale des enseignes, hein, ces fameux prospectus.

Alors, ils sont beaucoup moins papiers, un peu plus digitaux, mais elles portaient sur le prix ou des offres promo sur ces fameuses marques national leader. Ce qui fait le trafic, c'est ce qu'on appelle l'image prix, pas forcément le prix hein. L'image prix, c'est la perception que j'ai du positionnement prix de l'enseigne et pas forcément la réalité des prix parce que en tant que consommateur, je n'ai pas la vision euh globale sur les prix.

Mais donc ce qui construit l'image prix, c'est le prix réel de 100 200 références qui euh construisent auprès des consommateurs cette image prix qui fait la préférence d'enseigne. OK ? Donc une fois que ceci est acté euh et je reviens sur ce que je j'évoquais tout à l'heure sur le fait que Lecler avait emmené le marché sur le une guerre des pris sur les marques nationales leaders.

Je vous parlais de Danet, Ricard, Coca et cetera. Euh avant en effet les lois galants, il y avait de la revente à perte. Donc il y en a certains qui revendaient à perte.

Il y a eu ses régulations Galant SRP puis Galim SRP + 10. Et donc ces références elles sont vendues SRP + 10. Voilà.

Mais un retailer il vit pas avec 10 points de marge. 10 points de marge commerciale he quand quand je dis 10 points de marge c'est la marge commerciale. Un retailer aujourd'hui, il vit avec 22 23 25 points de marge commerciale hein.

C'estàd qu'un truc que j'achète 100, je le revends 122 123 125 en moyenne à nouveau. Et vous savez donc c'est 23 24 points de masse de marge. Ils servent à payer en un les people.

OK, je je le dis parce que la distribution c'est le premier employeur privé du pays et de de tous les pays aux USK en Allemagne, c'est le premier employeur privé. OK. Et euh la distribution, moi mon mon professeur de marketing de l'ess quand j'étais parce que je suis prof mais j'étais étudiant il y a 40 ans disait déjà à l'époque c'est une formidable soupape sociale pour nos sociétés en tension.

Ça permet euh d'offrir de l'emploi à des gens qui sont pas formés, à des gens qui savent pas lire. OK ? Et ça offre à ces gens-là, s'ils ont le courage et s'ils bossent, de progresser dans les hiérarchies.

Et donc, il y a des carrières qui sont développées euh avec des hommes et des femmes peuvent formés issus de milieux assez défavorisés. Donc gardez en tête que sur ces 25 points de marge brut, il y a selon les enseignes alors Lidl il sert les boulons mais enfin selon les enseignes c'est il y a 11 12 13 14 % du chiffre donc plus de la moitié de ma masse de marge qui sert à payer des gens et essentiellement des gens dans les magasins, dans les territoires et dans les entrepôts. OK ?

Il y a des gens dans les sièges mais enfin ils sont majoritairement sur les territoires. Donc c'est un euh et on voit l'actualité de la semaine dernière le PSE au champ qui a été retoqué. Bah quand un retailer va mal, bah il serrent les boulons et euh le premier poste qui dérouille c'est le personnel.

Voilà. Euh et puis donc derrière le le coût du du du personnel, vous avez euh la supply hein euh transport, entrepôt et cetera. Il faut traduire les termes anglais que vous utilisez si jamais nous sommes suivis par des noms les les coûts de pardon les coûts de les coûts de logistique pardon excuse-moi.

Coup logistique transport vousz les coûts marketing alors désolé ça c'est un terme un peu anglais donc les coûpts de publicité de de [rires] donc vous me laisserez ce terme marketing je remercie madame la sénatrice. Euh voilà, vous avez les bureaux, vous avez les les voilà et donc à la sortie, il reste selon les enseignes de tr qu points des bit hein. Sachant qu'ils ont pas des à la différence des industriels, ils ont pas des postes d'amortissement très élevé.

Si après je vais revenir un peu sur la péréquation mais peut-être parce que une de vos questions, c'est où se construisent les marges ? Il y a les industriels, alors Olivier a raison, surtout sûrement les gros, mais qui ont des ratios euh EBITDA sur chiffre de 20 points, 30 points, 35 points. OK.

Derrière euh ils payent l'amortissement de leurs industries parce que sont des industriels, ils ont des usines. OK, puis euh ils payent de la RED, de l'innovation, beaucoup de communication pour faire vivre les marques. Voilà.

Euh mais je je voulais quelque part mettre peut-être en en relatif les les structures du PNL de comptex des industriel et des enseignes. Donc si je reviens sur le sur les sujets de péréquation donc vous avez compris que c'est le prix de la étude du ricar qui fait le trafic donc qui fait mon chiffre d'affaires. Donc qu'est-ce que je fais ?

Je le mets à XRP + 10. OK. Et quand je fais de la promo, je le mets au seuil maximum autorisé à 34 points en valeur et 25 points en volume.

Et vous avez compris que avec 10 points de marge, je vis pas. Il m'en faut 20, 25. Donc qu'est-ce que je fais ? qui fait de la de la péréquation et sur des produits sur lesquels le consommateur sera moins regardant et en tout cas sur des produits qui ne constituent pas l'image prix de mon enseigne, ben je me laisse un peu aller.

Je mets 30 points, 40 points, 50 points, 60 points, 70 points. Alors c'est des petits, c'est sur des volumes plus petits, hein. Mais je je le redis, les marques de PME, c'est formidable pour enseigne.

Ça c'est c'est d'abord politiquement et dans les territoires, c'est très malin parce que ça entretient une industrie locale, donc c'est très vertueux enf une industrie artisanat ou du local. dans mon dans dans dans l'image que je porte hein puisque quelque part c'est l'image que je porte à mes clients, elle est constituée par ce que je mets dans mes rayons. Et si je mets dans mes rayons, je vous reprends ma bière du Trèshaut à la Trinité, bah quelque part je je m'inscris dans un ancrage local et les clients ils aiment ça.

Voilà. Et puis dernièrement, je marche généreusement parce que de toute façon la bière le Trèsut, elle est au Carrefour la Trinité et elle est pas au super de Carnac. Bon, de toute façon, je sais pas quel est son prix.

Donc elle est peut-être à 3,50 € la bouteille. Je la prends à 3,50 € parce que c'est la bière du coin. Et si le retailer fait euh 60 points de marge ou peu importe, vous voyez ce que je veux dire ?

Voilà. Donc c'est ça la préquation de marge hein. C'est il y a un moment, il y a des a il y a des fondamentaux sur lesquels si je veux créer du trafic, je vends le moins cher possible à SRP10 et je promeux à 34 en valeur ou 25 en volume et puis il y a des produits.

Voilà. Et c'est les débats qu'il a eu quand UFC que choisir a lancé je sais pas il y a 2 ou 3 ans euh le débat sur le bio. Ouais, le bio ça coûte cher.

Ça coûte cher en amont hein parce que c'est plus petits volumes puis c'est plus cher à produire. Et puis euh ils sont sur euh voilà parce que on était historiquement sur des clientèles qui étaient prêtes à payer euh un certain niveau de prix. Voilà.

Donc ben je me voilà, je me refais la serise sur des produits, des références qui ne vont pas ou marginalement affecter mon image-pris et mon trafic. Très bien. Ça ça vous va comme il y a il y a une surmarche sur les produits bio par rapport à leur équivalent conventionnel.

Bah euh ouais si convie. Ça dépend si on parle de marge en taux ou marge en masse. Quand quand le truc vous l'achetez plus cher, même si vous maintenez le même taux, votre masse de marge, elle est plus élevée, hein.

Voilà. Premièrement. Deuxièmement, euh même si je ne entre guillemets si je ne marche qu'à euh 30 points sur le bio, si mon équivalent conventionnel fait partie des produits sur lequels je veux construire mon image prix et que je vais le marger à 10 ou 15 ou 20, j'ai un double effet sur le bio.

Je marche pas considérablement. Je suis à 25, je peux être à 25 30 points de J'accélère. Je peux être à 25 30 points de taux de marge.

En masse, c'est beaucoup parce que je suis sur une base plus élevée. Voilà. Merci.

Alors, je vais poser une question à monsieur Molina puisque j'ai vu monsieur Molina que vous avez beaucoup travaillé sur la question des eaux embouteillées. C'est pas tant ça, vous savez que moi aussi, mais c'est pas tant ça qui m'amène à vous poser cette question. C'est parce que du coup, vous êtes intéressé aux centrales d'achat.

Si j'en crois ce que j'ai lu, euh ça n'est pas ce que vous avez dit, même si j'aurais aimé que vous nous détaillez un peu euh la question euh des du pouvoir de marché, mais peut-être que vous nous le détaillerez par écrit parce que je vois que le temps passe et je voudrais euh laisser du temps à mes collègues pour poser les questions. Vous pouvez vous pouvez me dire ce que vous savez sur les centrales d'achat, la manière dont elles interviennent, dont elles sont utiliser pour transformer les relations commerciales, la manière dont elles sont utilisées pour détourner peut-être les lois égales, mais je pense aux centrales d'achat européenne. Voilà.

Donc ça c'est une question un peu globale que j'aimerais poser à tous les trois, c'est comment comment les centrales d'achat sont un point est-ce qu'elles le sont déjà un point capital dans cette construction du prix ou alors simplement ou alors ça ne l'est pas et c'est une forme d'organisation qui est plus pratique et est-ce qu'elle d'après vous elles servent à détourner les lois ou à contourner les lois en étant pas par exemple sur le sol français ? Je sais pas. Monsieur Mouina, est-ce que c'est dans vos euh Oui.

Alors, concernant le détournement des lois, pour ma part, je n'ai pas d'expertise là-dessus, donc je laisserai mes camarades peut-être répondre à ça. Ce que je peux vous dire, c'est que sur les les centrales d'achat, il y a en fait ça peut être bénéfique pour le consommateur, mais ça peut aussi avoir des effets des effets vraiment nuisibles. Il faut faire attention à ça.

Je crois que l'autorité de la concurrence a plutôt jusqu'à présent elle a été assez permissive sur ces centrales et peut-être que une de mes recommandations en tout cas ce serait de d'être beaucoup plus vigilant à à ça. Effectivement, comme vous l'avez dit, j'ai j'ai travaillé là-dessus en particulier sur le rayon des des ombes bouteillées et j'ai mis en évidence le fait que la formation des centrales d'achat, celle de 2014, ont eu un impact causal sur les prix et ont permis de faire diminuer les prix payés par les consommateurs d'environ 7 %. Et ça ça s'est fait au détriment des industriels.

Mais ici, c'est bien comment dire la filière des embouteillers assez particulière. Il y a il y a il y a pas d'agriculteur. Donc en fait quelque part il y a personne à protéger en amont de la filière vu que on parle de Nesle Danon et Groupe Alma qui négocient avec Carrefour, Leclerc et cetera. quelque part là, il se livre juste une bataille et effectivement dans ce cadre là et je crois que c'est c'est ce qu'on les autorités de la concurrence en tête, il y a une théorie qui s'appelle la théorie du contrepouvoir d'achat qui a été un peu formalisée par John Galbright dans les années 50 et c'est cette théorie que que j'ai mis en évidence empiriquement.

Un distributeur qui s'allie avec un autre distributeur qui devienne plus gros. Ils arrivent du coup à contrecarrer le pouvoir de marché exercé par les industriels et ça c'est bénéfique au final au consommateurs à la fin. En revanche, ça ça ne s'applique plus et j'insiste là-dessus, ça ne s'applique plus dans des filières où on a en amont des agriculteurs qui subissent un pouvoir de marché à l'achat, donc un pouvoir de monopsone dans lequel les industriels dictent les prix d'achat auxquels vont être rémunérés les agriculteurs.

Et en effet, si vous mettez une centrale d'achat dans ce genre de filière dans lequel encore une fois je j'insiste, il y a un fort pouvoir de monopsone qui est exercé contre les agriculteurs, et bien la centrale d'achat en négociant des prix plus bas accentuer ce pouvoir de monopsone, cette distorsion et donc cette baisse de rémunération des agriculteurs. Et comme je l'ai dit dans mes dans mes propos introductifs, si il y a une moins bonne rémunération des agriculteurs, il y aura moins de production tout simplement. Et qui dit moins de production dit que à l'aval ça va être répercuté dans les dans les prix.

Il y aura juste tout simplement un excédent de demande, une forme de pénurie en fait. Et en tant que pénurie, on sait que les prix pour les consommateurs vont monter. Donc quelque part là dans ce genre de cas de figure et les agriculteurs et les consommateurs sont laisés et ça peut être du coup le fruit de la formation d'une centrale d'achat.

Donc je tiens à à distinguer les deux les deux cas de figure quand il n'y a pas d'agriculteur à protéger versus quand quand il y en a. Et donc les centrales d'achat peuvent avoir vraiment des effets des effets néfastes dans dans ce cas de figure là. Est-ce que vous vous intéressez également aux centrales de service donc pour illustrer peut-être les propos de monsieur Mvel par rapport à la négociation des services aux trois nets ?

Non, je à ma connaissance dans l'état de la littérature en économie ne s'est pas encore intéressé à ce à ce type de de centrale spécifique. Ouais. Enfin, est-ce que vous êtes intéressé au distributeurs alternatifs ?

Non plus. Non plus. des stockers ou Ouais, non plus.

Peut-être élargir cette question des distributeurs alternatif comme les stockers qui font qui apparaissent maintenant sur le marché qui sont importants. Est-ce qu'ils ont modifié quelque chose dans ce microcosme d'acteurs ? Alors je sais pas, je pense pour je pense à Action par exemple qui arrive et qui du coup à des produits nettement moins cher ne se voit pas appliquer les lois égales.

Alors je dis action mais tout type de déstockeur. Je dis ça pour que pour imager et pour que chacun puisse comprendre est-ce que ça ça modifie quelque chose dans cette guerre des prix ? Je ne sais pas qui a posé ma question, mais si l'un de vous a une réponse ou a étudié le sujet, je suis preneuse.

Ce qui ce qu'il faut comprendre ce qui agace massivement un acheteur, c'est quand il sait ou quand il découvre que son concurrent a acheté moins cher, surtout quand son fournisseur depuis des années l'embrasse sur la bouche et lui dit "Tu as les meilleures conditions." Euh pourquoi je vous raconte ça ? parce que c'est l'un des éléments qui a conduit à la création des alliances à l'achat en France ou des centrale d'achat européenne.

Je mets de côté les centrales de service dont on pourra reparler hein. Mais quelque part tout cela a été construit puis après je reviendrai sur les les sujets de distorsion à l'achat sur action ou sto et cetera. Euh quelque part, ça a été euh construit par les enseignes pour s'assurer qu'elles ont les meilleures conditions à l'achat vis-à-vis des grands industriels, hein, parce que vous savez que ces centrales de l'achat européenne où les alliances à l'achat française se concentrent sur les gros industriels français ou multinationaux pour justement essayer de peser dans des négociations parce que comme ça a été dit euh l'annégo entre un une enseigne française Et Coca quelque part, je pense que Coca a le pouvoir, le pouvoir de passer des hausses et le pouvoir de décider de livrer de ne pas livrer.

Pardon ? Puis même avec Bris Coca. Bah ouais, même avec Brest Cola, même avec Corsica Cola.

Mais bah oui. Bah oui, parce qu'il y a un moment là Coca 2026, ils arrivent, il il passent un tarif à 5 points. OK.

Là, ils sont en train de présenter des projets de hausse à quatre ou c points. OK. Euh coca, c'est de l'eau, du sucre et du plastique.

OK. Puis un peu de Aujourd'hui, il il y a pas eu de hausse sur les composants. Mais la stratégie de Coca, c'est de dire il y a un moment parce que ma marque le vaut bien, parce que je communique derrière et cetera, je considère que en passant une hausse de 4 points, je n'auraiis pas de déperdition de clientèle.

Voilà. Mais c'est un truc qui gace l'enseigne parce que elle ne voit pas la raison pour laquelle dès lors qu'il y a pas eu de hausse de coût, pourquoi on considérit qu'il une hausse de la valeur. Bon, donc je reviens sur ces centrales d'achat.

Donc elles ont été créées pour essayer de peser un peu plus et en effet il y a eu des regroupements en France hein de ses enseignes ça vous connaissez ça par cœur et puis euh aussi à l'échelle européenne pour essayer de peser un peu plus dans l'ané dans le rapport des forces qui était considéré et je pense à juste titre par les enseignes françaises comme leur étant défavorable face au grands groupes et donc pour revenir sur les sur les déstockers ils ont des moyens de récupérer des produits à travers des grossistes des stockages et cera ils arrivent à les revendre moins cher que nos retailer leader et donc c'est super agaçant. Donc ça recrée, ça remet une louche de tension dans la Nego parce que je vois passer du do chez Unilover moins cher chez Action alors que moi j'ai une centrale d'achat européenne et on me promet que j'ai les meilleures conditions. Voilà donc c'est super agaçant pour pardon.

Non c'est juste c'est parce que selon vous c'est parce queils passent par les grossistes qui ne sont pas soumis à égal je le rappelle. En tout cas, le fait qu'ils aient des prix meilleurs, c'est parce qu'ils passerait par des grossistes. Bah ou alors ils ont des produits des classé, ils arrivent à trouver des moyens d'accès aux produits qui leur permettent de les revendre moins cher.

Et pourquoi les distributeurs classiques n'ont pas accès à ces produits-là ? parce que ils sont dans euh d'abord parce qu'il y a souvent des enjeux de volume, d'abord parce que les industriels leur disent "Ben euh moi je te livrerai en France que je produis dans tel euh pays." Euh et parce que dans le casre des accords qu'ils ont avec les grands industriels, ça passe par des circuits classiques.

C'est des produits qui sont pas abîmés, qui ont pas été déstockés, qui ont pas été dévalorisés. H bon et après pardon juste pour répondre à votre question sur les centrales de sur les centrales de services. Donc les centrales les centrales d'achat européennes elles ont ça a été dit elles ont eu cette vertu de faire baisser les conditions d'achat au bénéfice des consommateurs parce qu'en général la baisse des conditions d'achat elle est remise dans les prix de revente hein sous dans dans ce cadre de mes préquations de marge.

Tout ce que je gagne à l'achat en grande partie je le mets à la revente. En revanche, les centrales de service en effet, elle le net contribue à améliorer le compte d'X de l'enseigne. Ça c'est clair, hein.

Donc dans dans un cas, c'est un bénéfice consommateur, dans l'autre ça sécurise les deux trois points de débild que je veux servir en profitabilité annuelle. Je vous remercie. J'ai une dernière question avant de laisser la parole à mes collègues sénateurs.

Est-ce que vous pensez qu'on peut comparer euh les marge entre les enseignes ou les industriels en dépit de leur choix économique parfois différent ? Certains soient en franchise, d'autres d'autres ont des succursales, d'autres ont des frais de siège importants, l'autre sont les autres sont en location gérance et cetera. enfin comment ces ces statuts ces choix de statut très différents nous permettent aujourd'hui de pouvoir comparer leur taux de marge.

Et je crois que vous l'évoquiez, monsieur Maval, dans un de vos dans un de vos articles si j'ai bien lu. Je crois que vous faisiez allusion à ça. Donc je sais pas les uns et les autres.

Ce sera pour moi ma dernière question. Je reviendrai peut-être une fois que mes collègues auront posé leurs questions si on a le temps. C'est peu probable mais voilà pour cette dernière question.

Et sinon, quel est le type d'indicateur que vous recommandez de suivre afin de faire ces comparaisons ? Les distributeurs n'ont pas tous le même niveau d'efficience. Donc en terme d'efficience aujourd'hui, le modèle qui marche, le modèle qui marche assez paradoxalement et si on l'avait dit à madame la garde le 4 août 2008, elle aurait peut-être dit "C'est pas comme ça que je voyais les choses." Pourquoi ? parce qu'à l'époque le groupe blecler devait peser 16 % de part de marché.

Et en fait aujourd'hui le leader le leader de la grande distribution française, il a 16 centrales d'achat régionales. Le numéro 2, il en a H et un groupe qui est très en forme comme système U en a quatre et les perdants n'en ont qu'une. Ça veut dire que le métier de la grande distribution a aussi changé.

C'estàd qu'aujourd'hui devant la fragmentation de la demande et c'est vrai ce que Remy dit la fragmentation de la demande c'est-à-dire que les gens vont chez nos gens vont chez Stocomanie vont chez Action il y a un dép aujourd'hui du non alimentaire vers ses enseignes incontestablement et certains distributeurs ont suggéré finalement la fin du non alimentaire et ont commencé à devenir très pertinents sur leur alimentaire. Et aujourd'hui quand on regarde un magasin finalement qui fonctionne en 2000 on été peut-être à 5050 entre l'alimentaire et le non alimentaire. Je connais certains magasins de l'enseign leader.

C'est 90 en alimentaire en terme de chiffre d'affaires et 10 % en non alimentaire. C'est dire si ils ont besoin de la mort agricole et de l'agroalimentaire parce que dans le fond les marges elles sont faites sur les produits frais et seulement sur les produits frais. C'est-à-dire qu'effectivement aujourd'hui, c'est le coco de Pint Paul et c'est le chou-fleur de Saint-Paul qui finance le Coca d'Atlanta dont parle Rémy.

Et donc ce problème-là, il est là. Et qu'est-ce qui se passe ? Il se passe qu'effectivement quand vous avez 16 centrales d'achat régional, votre responsabilité est immense parce que vous avez une capacité à référencer avec un grain unique.

En gros, quand vous quandeteur gère 50 magasins, il va et c'est vrai que les besoins et attentes des consommateurs à l'ouest d'une ligne Saint-Brievane, c'est-à-dire vraiment l'ouest Breton, la Scarmor, la centrale du groupe Leclerc va gérer très finement son assortiment. et son mix produit parce que les besoins de la Scapals ne seront pas du tout les mêmes. Et donc d'un côté aujourd'hui, le leader lui, il est très fin dans ses assortiments et comme la grande distribution est clouée aux piloris par la fragmentation de la demande, elle a mal.

En gros, les distributeurs, la grande distribution a perdu 5 points de part d'estomac depuis 2018. C'était la grande distribution est passée de 59 à 54 % de part d'estomac. La restauration en foyer a perdu aussi de trois points.

Mais c'est les spécialistes de l'alimentaire aujourd'hui effectivement, c'est-à-dire Grand Frais mais aussi Tirier et puis Biocope et puis aussi votre boulanger, vos boulangers de quartier qui qui gagne. Et donc effectivement, dans ces cas-là, la grande distribution, son réflexe, ça va être à la violence commerciale tout simplement parce que j'étais habitué à avoir un train de vie et de l'autre côté, je veux le maintenir. Et donc, qu'est-ce que je vais faire ?

Ben, je vais jouer sur mes déports de marge comme on l'a dit. Ce qui est inquiétant, c'est qu'auparavant, auparavant, un industriel en 1968, il avait 120 ennes de distribution devant lui. Elle s'appelait comptoir moderne, elle s'appelait spa, record, cocinel, tigre.

Elles avaient des noms. Aujourd'hui, en 1988, elles étaient plus que 30. Aujourd'hui, elles sont 8.

Effectivement, ce n'est plus le même jeu. Et donc évidemment, d'un côté ce qui va se passer, c'est que chacun va vouloir tirer son épingle du jeu. Et d'un côté, la déconfiture des enseignes intégrées.

Quand je dis déconfiture, aujourd'hui, quand on regarde le chiffre d'affaires, la part de marché cumulé d'champ de géant casino et de Carrefour, et ben en 2008, on était à 55 points. Aujourd'hui, c'est l'inverse, c'est les indépendants qui sont à 55 points. C'est donc eux qui ont le pouvoir de marché dont parle Hugo.

Et donc effectivement ce pouvoir de marché, ils vont l'exercer mais à travers un mix marketing très précis. Ils voudront avoir cette image prix et là il y a un leader qui est dans la niche du prix qui veut pas la lâcher et ils ont commencé à se dire "Ben finalement, faudrait peut-être que je me différencie sur l'origine France. Il faut les encourager à cela.

Il faut les encourager à l'origine France. qu'il faut les encourager à l'affichage. C'est-à-dire qu'aujourd'hui le consommateur, il a besoin d'être informé.

La grande distribution dans le fond, au contraire de la restauration h foyer, elle est plutôt vertueuse sur l'origine. Elle essae d'être vertueuse sur l'origine. Pourquoi ?

Parce que dans le fond, elle considère une chose aujourd'hui. Vous parliez madame la rapporteur des des déstockeurs alimentaires. Dans mes échantillons, j'ai pratiquement 30 % des consommateurs les plus pauvres qui ne vont plus en grande distribution.

Ils vont sur des marchés communautaires, ils vont chez desstockeurs, ils ne mettent plus un pied en grande distribution ou alors ils font un tour dans la nef centrale pour bénéficier des promos. Ils partent aussitôt parce qu'ils se sentent en danger dans les linéaires. 30 % des Français aujourd'hui, la grande distribution, c'est un point d'interrogation. les trois premiers déciles sur 31 millions de ménages qui quelque part hésite à aller en grande distribution.

Ensuite, vous avez les déciles 4 5 6 7 et 8 50 % de la classe moyenne qui vont en grande distribution. Et puis à côté, vous avez aujourd'hui un certain nombre effectivement de consommateurs, des déciles 9 et 10 qui eux ne vont plus non plus en grande distribution parce qu'ils vont chez chez Grand Frais, ils vont chez Biocope, ils vont ailleurs, ils vont sur des marchés de plein vent, ils vont sur descouver et donc la grande distribution constate et faré qu'elle ne s'adresse plus qu'à la classe moyenne et qu'il y a toute une partie des consommateurs qui s'échappent. Alors évidemment, malgré tout, elle ne peut pas constater que ses comptes de résultats n'aillent pas et donc elle va utiliser de la facturologie.

Ce qu'on peut dire, c'est de la facturologie au bout du compte pour essayer de conserver ce niveau-là. Et c'est là que le législateur doit être vigilant pour l'obliger à être, on va dire, transparent. Et ça n'a rien à voir avec la transparence sur l'origine.

Là, c'est sur la transparence, sur la formation des prix. C'est-à-dire, on pourrait penser aujourd'hui parce que ce qui manque je pense dans ce pays où on a créé des autorités surtout sauf dans les filières alimentaires et on a un observatoire de la formation des marges et des prix qui ne joue pas son rôle. Je l'ai toujours dit dans mes papiers, je l'ai toujours dit à longueur de temps.

Je dirais cet observatoire est défaillant. et défaillant même s'il a certains pouvoirs. On a vu la crise du beurre, on a vu la crise de l'avion, on a vu beaucoup de crises dans les filières alimentaires sans que ça éme l'observatoire où les rapports sont toujours à l' tiède.

Par contre, il est vraiment temps que l'on forme une autorité de régulation des filières alimentaires et que cette autorité pose un coffre fort numérique dans lequel chaque PME, PMI, ETI, TPE, TPI vient en contrepartie du distributeur nourrir sous le secret du régulateur son prix facial, son prix net, son prix deux fois net et que l'industriel puisse aussi dire voilà, on estime notre trois fois net de façon à ce que la DGCCRF puisse avoir les éléments clairs de toute la négociation commerciale et pas seulement la question des marges brutes qui ne veulent rien dire puisque de toute façon aujourd'hui on sait que entre 25 et 40 % 45 % passent ailleurs. Donc ça c'est important aussi d'aider les agents de la DGCCRF aujourd'hui à pouvoir agir et cette autorité de régulation des filières alimentaires pourrait aussi se pencher utilement sur un certain nombre d'éléments et notamment de considérer que la concentration n'est pas la même partout. Parce que c'est vrai que quand on regarde aujourd'hui, il y a deux façons de mesurer la concentration d'un marché.

La première, c'est tout simplement de faire la somme des parts de marché sur les quatre premiers, les 6 et les 8. Ça c'est la c'est la méthode de la Commission européenne. H ça marche pas tellement bien.

Les Américains, eux, ils utilisent un autre index. C'est un nom un peu barbare. C'est l'erfindal index.

On met au carré les parts de marché. Vous avez 100 % de part de marché, vous êtes à 10000. Et on s'aperçoit que quand on fait la somme des parts de marché au carré au niveau national, on est sur 1500 1600 points, bien loin des 10000.

Donc effectivement, on vient nous dire qu'il y a pas de concentration. Mais si vous venez dans on va dire une des 830 zones commerciales de ce pays, vous allez vous apercevoir que vous n'avez jamais toutes les enseignes dans la même zone et qu'au contraire, vous allez avoir un hypermarché et quelques supermarchés et que donc les parts de marché n'ont rien à voir avec la distribution qu'on a au national. C'est normal.

La loi du 5 juillet 96 a structuré le commerce autour des départements par une autorisation administrative d'ouverture. Et donc en fait le clairc de part de marché au niveau national, si vous venez en Bretagne, vous allez voir que c'est pas 25 points qu'il a, mais 35 40 45 points. Et 45 au carré, c'est pas la même chose que 25 au carré.

Et vous trouverez ensuite Intermarché qui aura plus que sa moyenne nationale aussi. E eu si bien qu'au niveau local la concentration est beaucoup plus forte ce qui fait que derrière l'effet coco de pimpaul l'effet chou-fleur de Saint-Paul qui finance le Coca d'Atlanta il est encore plus fort. Quand vous prenez aujourd'hui la filière œuf et quand vous regardez et je vous l'ai mis euh effectivement pour préparer, vous verrez la répartition de la valeur ajoutée sur des œufs.

Comment voulez-vous que les éleveurs de poules pondeuses n'aient pas mal au ventre en considérant les choses ? C'est-à-dire que quand on regarde les quatre modes d'élevage, la cage, le sol, le plan et la bio, et quand on calcule en niveau moyen en partant sur des prix tout à fait justifiés ce qu'on voit aujourd'hui, c'està-dire un œuf en cage qui soit 22 centimes, 26 centimes un sol, 30 centimes un plein air et 42 centimes un bio. C'est vrai qu'à Paris, si on va dans certains endroits, on trouve des œufs bios à 55 centimes, mais prenons-le à 42 centimes. et ben en moyenne on se retrouve en fin de compte avec un éleveur qui sur la cage bah finalement il est quasiment le mieux rémunéré.

Il touche 20 % il a 20 % de valeur ajoutée sur la cage parce qu'il a amorti son outil. De l'autre côté sur le plein air, il a même pas 5 points de valeur ajoutée. Sur de l'autre côté la bio aujourd'hui bah on est en plein amortissement avec l'Ultra bio, 100 % nourriture bio avant c'était 95, bah la rentabilité est nulle.

À côté de ça, vous regardez l'industrie de conditionnement, elle se maintient à 25 30 points. Et le reste notamment sur la bio, 85 % de la valeur ajoutée sur l'œuf bio est pris par le distributeur, 77 % sur le pleini air, 65 % sur le sol, 47 % sur la cage. Résultat, plus vous êtes puissant dans votre zone de chalise, plus vous allez pouvoir vendre de l'œuf au sol, bah tout simplement avec une marge très importante.

Et c'est vrai également et ben tout simplement pour le chou-fleur. Beaucoup de moi de on va dire d'agriculteurs me disent "Comment ça se fait qu'au marché au cadron le chouffleur est à 30 centimes le chou-fleur conventionnel et 45 centimes le chouffleur bio et qu'il se retrouve à 350 derrière 5 6 7 fois le prix ? Effectivement sur les barrages aujourd'hui, vous voyez les femmes et les garçons qui vous disent c'est pas possible de voir ça.

On nous vole notre travail. Et cette répartition là très injuste, elle est tout simplement liée au fait effectivement qu'il y a des produits frais et que ces produits frais attirent les consommateurs. Peut-être maintenant plus que les produits multinationales et que ces produits frais supportent une prise de marge qui devient insupportable.

Merci beaucoup monsieur. On va donner la parole à nos collègues maintenant. Donc je crois qu' est Eveline Chrono Carabédian on est pris par le temps.

Peut-être qu'on pourra faire des demandes ou alors si vous pouvez faire des réponses si je peux me permettre un peu moins longue. Messieurs. Euh moi je voulais vous poser une question en matière de concentration.

On voit, comme vous l'avez tous dit, que depuis une vingtaine d'années, nous constatons des évolutions suites aux différentes évolutions qui sont faites. structuration des centrales d'achat qui sont de plus en plus puissantes, le développement du drive et des formats de proximité, la montée en gamme et en part de marché des marques de distributeur et la concentration surtout autour des huit grands groupes de distribution qui renforcent fortement leur pouvoir de négociation des distributeurs face aux fournisseurs. Dans le même temps, la concurrence entre les différents distributeurs, c'est largement organisé autour de l'affichage des prix qui sont toujours plus bas pour le consommateur.

Cette pression est répercutée en amont, comme vous l'avez dit, vers les filières agricoles et autres par des baisses de prix d'achat et des concessions économiques qui sont imposées aux producteurs et aux industriels. J'ai l'impression que ce modèle a progressivement inversé la logique de formation des prix. Ceux-ci partent plus du coût de qui à l'origine partait d'un coût de production, mais aujourd'hui le prix vient du prix à la consommation, du prix qui est une cible en rayon et qui est ajusté ensuite à la baisse.

Est-ce que ce déséquilibre ne fragilise pas considérablement et durablement l'agriculture et l'industrie en réduisant leur marges, leur capacité d'investissement et leur pérénité ? Et est-ce que vous pouvez analyser les effets à moyen et long terme de ce mode de formation du prix sur la viabilité des filières agricoles et industrielles d'une manière plus simple ? Bah le prix est fixé par le consommateur et non pas fixé par le producteur à l'origine qui est celui qui produit et qui connaît qui est son coût en amont.

Merci merci. Alors on va prendre aussi la la question de Rémy Cardon. Oui, question pareil synthétique.

Oui, synthétique. Merci madame la présidente. Euh, une question très simple, on l'a vu dans les différentes crises agricoles, le la question du prix planché a a émergé dans le débat public à plusieurs reprises. vous en avez pas parlé mais si effectivement on narrive pas à avoir une autorité qui fonctionne et qui a des pouvoir de nuisance quelles sont les solutions pour renverser la balance ?

Est-ce que la question du prix plancher est une solution même si la difficulté de la mise en œuvre, je vous l'accorde, est pas si simple puisque avec le libre échange, avec toutes les les conditionnalités que ça engendre, en tout cas, j'aurais bien voulu avoir votre avis sur ce sujet. Voilà, la parole à vous est peut-être une question complémentaire. Lo haute autorité de régulation que vous évoquez, monsieur Mvel, est-ce qu'il en existe quelque part ?

Est-ce que vous avez un exemple à nous soumettre ? Qui veut répondre peut-être ? Monsieur Molina.

Allez-y. Oui. Alors, je peux répondre sur le la question des des prix planchés pour pour les agriculteurs.

Alors, il se trouve que la la théorie économique permet un fondement de des des prix planchés pour protéger les agriculteurs. Encore une fois, uniquement si un pouvoir de marché à l'achat est exercé contre eux. Autrement dit, si les industriels euh parviennent à dicter le prix et à diminuer le prix d'achat en dessous du prix concurrentiel qu'un pouvoir de monopsone.

Il faut juste faire attention euh mais je je crois que c'était dans la question avec ce genre de régulation puisque si on veut établir un prix plancher, il faut pas le mettre trop haut non plus puisque si ce prix plancher est trop élevé donc bon tant mieux pour euh tant mieux pour l'agriculteur mais sauf que on va cesser de d'acheter auprès de cet agriculteur et on va chercher enfin les industriels et la grande distribution risque de chercher d'autres alternatives en particulier sur le marché international par exemple. Donc faut faut être extrêmement vigilant dans la mise en place de de ce type de dispositif. Mais voilà, j'insiste sur sur ce point, c'est ça peut être fondé économiquement.

La la théorie économique ne rejette absolument pas le l'usage de prix planché pour sécuriser les agriculteurs. Moyenant les les précautions que vous évoquez euh sur ces deux questions. Est-ce que qui est-ce qui veut répondre sur les deux questions de mes collègues ?

Monsieur Mel micro sur la construction par la Vale. Effectivement aujourd'hui vous avez tout à fait raison mais la construction par l'AV finalement elle vient aussi d'un élan européen. C'est-à-dire que dès 2019, quand la Commission européenne pose l'idée euh d'un farm tout fork, on est quelques-uns à dire à la représentation agricole euh "Non, ça devrait être fork to farm, c'est la fourchette effectivement qui décide aujourd'hui rien que par ses achats.

Et c'est très problématique aujourd'hui pour les filières agricoles de constater que c'est une révolution commeicienne que les filières doivent s'adapter coûte que coûte au volumes qui sont consommés parce que sinon dès qu'il y a des volumes en plus ou en trop, les acheteurs font leur travail et viennent effectivement dans cette péréquation réaliser eux des marges substantielles. Et aujourd'hui, ça révolutionne aussi un petit peu le rôle des coopératives agricoles à qui je dis souvent c'est important dans ce contexte qu'une coopérative soit pédagogique avec ses adhérents pour leur dire vous ne pouvez plus tous mettre ce que vous voulez en culture. On a vu avec la crise de la pomme de terre, on a vu que les prix de la pomme de terre c'était bien tenu et on a mis 18000 hectares de pommes de terre en plus en culture pour le résultat que l'on sait.

Et donc on voit bien à quel point aujourd'hui c'est important aussi entre les COPES, entre les industries agroalimentaires et les agriculteurs de bien expliquer que il faut mettre en culture uniquement ce qui se vend au bout parce que dans le fond autrement dans une Europe libre échangiste, parce que dans le fond l'Europe elle est très libre échangiste, trop diront certains, mais on a ce dogme du libre échangisme et de l'autre côté on a ce dogme du prix bas Et on voudrait conserver avec ces deux dogmes la souveraineté alimentaire. La théorie économique dit franchement non. On ne peut pas avoir une Europe libre échangiste avec la pratique des prix bas échelés que l'on laisse aujourd'hui.

Alors c'est la souveraineté alimentaire qui paiera la note. Si on veut garder la souveraineté alimentaire, on doit faire un choix. le libre échangisme européen a tout crain dans lequel on fait rentrer effectivement un certain nombre de produits et je pense notamment par exemple dans certains cas effectivement au consommateur qui disent "J'ai le choix entre de la tomate tabéole ou de la tomate azura et dans le fond il est vrai que ces deux produits ne sont pas identiques.

Dans l'un on vit de l'Afrique de son dans l'un on importe des pesticides avec une signature carbone catastrophique. Des externalités négatives. trois externalités négatives importantes, mais dans le fond évidemment que les producteurs de tomates aujourd'hui ne comprennent pas comment ils peuvent être mis en concurrence à ce point avec un produit si différent.

Et donc à partir de là, ce libre échangisme, c'est plus bas parce que les les centrales d'achat vont peser sur effectivement les tomates rougelines ou les tomates solarines. Et dans le fond de derrière et ben on voit aujourd'hui ben qu'on a du mal à s'installer en tomate parce que d'un côté aujourd'hui, il y a la question de la rentabilité et la question du renouvellement des générations. Et c'est pour ça aujourd'hui que dans le fond, il faut réguler, mais surtout il va falloir réguler au niveau du PIB bas et du SRP.

La haute autorité, il y a des précédents curieusement. Curieusement non. Parce que chez nos voisins, c'est pas souvent j'entends quelque chose d'assez faux, c'est de nous dire que chez nous finalement les relations production, industrie, commerce sont très chahutées et que chez nos voisins ça va mieux.

Non, c'est pas vrai. Chez nos voisins ça va pas mieux. l'occasion des crises agricoles à Bruxelles, on a discuté avec beaucoup euh de de de d'agriculteurs européens d'ailleurs de tout bord et beaucoup d'industries agroalimentaires.

En fait, ce qui se passe, c'est que chez eux, on ne donne pas la même publicité à ces faits, mais de l'autre côté aujourd'hui, ça souffre beaucoup mais il y a pas d'autorisation d'autorité de régulation alimentaire dans d'autres pays aujourd'hui. Néanmoins, Néanmoins s'aperçoit que une démocratie moderne fonctionne très bien au sour de ces autorités et que ça fait partie effectivement du paysage aujourd'hui. Oui, je voulais je voulais je je voulais apporter un complément euh sur un sujet qui je crois est cher à votre commission.

Vous avez introduction, c'est comment à travers cette ces politiques de marge la distribution peut être moteur de la transition. Euh quand on parle de RSE euh et je mets de côté le le l'aspect social, la grande distribution, elle est attendue sur quatre chapitres qui sont déterminants. Les émissions, OK, et notamment ce qu'elle parce que vous savez que notre alimentation est très émissive et notamment certaines viandes et cetera.

Donc les émissions, l'impact de ce qu'elles vendent sur la santé des clients, OK ? L'usage du plastique et la préservation et la sauvegarde de la biodiversité. Donc la distribution est attendue sur ces quatre chapitres et elle a le pouvoir de faire accélérer et de faire muter plus rapidement les comportements d'achat des consommateurs à travers des stratégies de détention, d'implantation, de prix et de promos.

Donc je reviens à votre sujet sur les marges. Euh vous avez compris, moi je me dis quand un marché très concurrentiel sans croissance peu différencié sort trois points débit d'A, ça me paraît pas scandaleux. En revanche, si je peux me permettre de vous suggérer quelque chose dans vos travaux, c'est de vous dire comment, puisqueon est sur un métier, vous l'avez compris, de péréquation, comment on peut faire en sorte que demain on encourage ces acteurs à peut-être moins marger sur ce qui va être moins émissif, meilleur pour la santé des clients, moins consommateur de plastique et meilleur pour la biodiversité.

Et comme ils ont besoin de 25 points de marge, et ben on les encourage à mieux marger sur des trucs qui sont un peu moins bons pour la santé. un peu plus émissif avec un peu plus de plastique. Voilà.

Pour moi, si enfin si je peux me permettre hein, si je peux me permettre à votre commission de de réfléchir à un sujet, c'est ça. C'est pas OK, si vous récupérez un point de marge, ça sauvera pas la mort. Vous voyez ce que je veux dire ?

En revanche, si on arrive en jouant sur le SRP, sur la promo à faire bouger et à faire en sorte que le la distribution vente des choses meilleur pour la santé, moins de plastique et moins émissif, et ben là on aura fait progresser le si on a le temps, on reviendra sur le sujet en aparté après parce que c'est on va laisser la la dernière question à notre collègue Jean-Claude très rapidement, c'est un constat, une question certes, mais pour revenir sur le prix planché tel que vous le vous le définissiez, certes, on peut pas le caler trop haut parce qu'il perd son sens, mais il est quand même calculé par rapport à un prix de revient et prix de revient plus marge pour le producteur et j'entends qu'il faut pas le mettre plus haut mais en attendant si on veut encore des encore des paysans et la production française il faut que le prix plancher soit digne de ce nom. Après, je voulais revenir sur le ce que vous nous expliquiez au départ. D'ailleurs, c'est très clair.

Merci pour pour ces explications là qui font un peu peur d'ailleurs, mais euh en fait c'est très pervers comme système, on le savait. Mais là, vous en faites une démonstration parfaite. C'est-à-dire que plus on milite, en fait, nous ici, nous sommes les représentants des territoires, des agriculteurs quand on est fait partie de la commission des affaires éco, euh on milite pour justement que les produits français, hein, quand je parle des produits français, je parle de de l'alimentation soit mis en avant tout le temps.

Mais en fait, plus on les met en avant, plus ils sont vendus, plus ils sont vendus cher avec la marge comme vous nous avez expliqué, plus ils tolèrent une faible marge sur les produits Nutella et Coca et cetera. ce qu'on sait déjà, on nous l'a déjà dit à différentes reprises et c'est un constat catastrophique. Enfin, moi ça me ça me voilà.

Donc ça veut dire qu'on a pas de bon outil. Ça veut dire que nous législateurs, alors je sais pas de quelle manière on peut le faire. Peut-être la commission va peut-être le démontrer.

Mais en tout cas, les outils qu'on a aujourd'hui sont absolument pervers et et vont vers une destruction de ce que nous on essaie de soutenir. Si je suis clair dans mon propos. Vous êtes très gl et donc et donc ça voudrait dire que euh le on est capable de de limiter un prix à la hausse ou à la baisse en amont, donc à la production, mais on est absolument incapable de limiter un prix de vente à la hausse ou à la baisse d'un Coca ou d'un Vous confirmez bien ça ?

Non, vous avez deux leviers, le SRP, la promo, vous avez deux leviers, vous avez deux leviers, vous avez le SRP euh et vous le distributeur a de leviers, vous pardon. Oui. Non mais vous dis le législateur aujourd'hui on dit c'est SRP + 10, c'est à votre main de dire le SRP, on pourrait le baisser je dire pourquoi on dit pas SRP0 sur le bio ?

Non mais donc vous vous dites on on a rien à notre main nous le politique. Si vous avez à votre main de aujourd'hui aujourd'hui je dis pas ah oui d'accord vous avez le SRP et vous avez le taux promo. OK.

On dit c'est interdit de faire de la promo à plus de 34 points en valeur. Ben pourquoi on dit pas sur le bio ? S'il y a une enseigne qui veut mener un combat sur le bio et qui veut faire 50 points de dégrado, et ben qu'on laisse faire.

Aujourd'hui, elle a pas le droit. Donc donc vous avez des outils, vous avez deux leviers en plus ils existent. Les enseignes vivent avec, l'écosystème vit avec.

Donc euh vous pouvez vous pouvez faire jouer les curseurs mais bon ça c'est parce qu'en fait le SRP il a été on va dire porté sur ses fonds baptismux dans un contexte inflationniste qui était celui de la loi Galant. Et je le redis, le SRP donne une prime au distributeur gagnant des négociations commerciales le plus violent. C'est inepte.

C'est-à-dire que le distributeur qui a le plus cogné sur son fournisseur va pouvoir dire "Moi, je vends à 100." Les autres qui sont qui ont obtenu que 102, 103, 104 qui ont été moins violents commercialement de par le SRP ne peuvent pas vendre à 100 sans commettre un éis. Et donc il y a quelque chose là effectivement du chien qui se mort la queue.

C'est-à-dire que la réforme du SRP aujourd'hui, elle doit être pensée. Pourquoi ? Parce qu'on n plus dans le contexte aussi inflationniste, même si on a une inflation conjoncturelle dû à ce qu'on sait, ce n'est plus la même chose.

Et le SRP + 10, et je l'avais dit à l'époque à certains syndicats agricoles, qu'allez-vous chercher là ? C'est-à-dire que le SRP + 10 aurait dû être encadré. C'est-à-dire que depuis la promulgation aujourd'hui de la première loi sur les états généraux de l'alimentation et je l'avais dit à Stéphane Travers pour qui j'ai beaucoup d'amitié, je lui avais dit non parce que soit ces 10 % ruellent parce qu'au début c'était la promesse du ruissellement soit il ruisselle soit il remonte effectivement et on arrive à en faire une caisse pour les agr quelque chose pour tenir ou alors une caisse de on va dire de préservation en cas de crise agricole quelque chose mais non on a laissé les 10 % depuis le temps et par exemple mais quand je discute avec des patrons de la grande distribution aujourd'hui est-ce que parce que tu as SRP + 10 et ben finalement tu achètes moins cher ?

Bien sûr que non. Tout ça a été oublié. Donc le SRP + 10 aujourd'hui normalement il était censé protéger effectivement les marques de coopératives ou les marques de petite entreprise contre effectivement la prédation mais en fin de compte le résultat il a jamais été avéré.

Il y a aucun travail sérieux qui a jamais démontré que le SRP + 10 avait permis de voir augmenter les prix agricoles. Ce qui augmente les prix agricoles beaucoup plus sûrement aujourd'hui que les loisim 1 2 et 3, c'est la décapitalisation des cheptel. C'est la situation que le voit en campagne.

C'est-à-dire que aujourd'hui en filière bovine, si ça va mieux et si ça allait mieux avant le mercour, c'est bien parce que quelque part effectivement c'est aujourd'hui l'offre qui est en train de manquer. Et quand on voit dans les œufs en filiard volaille de chair pareil, la situation aujourd'hui elle devient critique et donc les prix bas et le libre échangime sont en train d'amener la France à constater que son taux de dépendance aux importations dans toutes les filières est en train de monter, que son taux d'autosuffisance alimentaire est en train de baisser et malheureusement dans certaines filières, on est déjà très loin du compte et quand on sera passé à l'importation après et ben on va nous dire que les importations sont plus chères parce que crise climatique on payera encore plus cher une alimentation qu'on avait chez nous. Juste par rapport à ce que vous venez de dire, monsieur, comment vous expliquez le que le seul distributeur qui demande la suppression du SRP + 10, c'est le Clercourn. parce qu'aujourd'hui effectivement Michelard Leclerc dit avec mes 25 % de part de marché effectivement je vais pouvoir avoir un prix qui soit plus intéressant que mes collègues et parce qu'il sait que le SRP + 10 sert à garder la tête hors de l'eau à Auchamp à Géant Casino voire à Carrefour et que si jamais le SRP + 10 tombe alors effectivement le groupe Lecler risque de faire très mal à nouveau trois intégrés puisque dans le fond si on nous Vous avez dit cela en 2008, on aurait dit non, c'est pas possible que les intégrés perdent autant.

Mais aujourd'hui, il y a une baudruche en dégonflement rapide les intégrés et il y a trois enseignes plus on va dire une enseigne de distribution à marque propre Lidl qui sont lancé dans une compétition effrainée et qui se servent sur les parts de marché des autres. Alors évidemment le groupe Leclerc a bonne mine de dire bah oui moi j'aimerais bien qu'on me mette plus 10 parce qu'il y aura moins de marche pour mes concurrent donc je vais leur faire plus mal et et je et qu'est-ce que vous dites alors au syndicats agricoles qui aujourd'hui disent nous ne voulons pas de remise en cause du SRP + 10 parce que sinon on sera encore plus étranglé lors des achats avec le représentant de la filière bovine à la FNSA on a eu un discours très virulent une discussion virulente ensemble au salon de l'agriculture l'année dernière Et je lui ai dit, "Vous pensez que dans le fond ça vient soutenir mais ce n'est pas ça parce que derrière euh je pense que et là sans doute que peut-être la Banque de France et l'inspection générale des finances, la prochaine étude qui serait intéressante de mener, c'est de bien isoler sur les lias fiscales des distributeurs filière par filière sur les produits frais, sur le sec et les surgelés Les+ 10 % représentent au final combien ? C'est ce qu'on ne sait pas.

C'est quelle est la part aujourd'hui dans l'ensemble de la valeur distributeur de ces SRP + 10 parce que et en plus ce serait intéressant de regarder relativement à leurs achats aujourd'hui et vraiment à l'achat prix payé au fournisseur retraité effectivement de la coopération commerciale. Les deux. Quelle est la trajectoire aujourd'hui du SRP + 10 en terme de marge ?

C'était c'était juste pour répondre avec une idée très incorrecte. Mettez un SRP + 30 sur le Ricard, faites péter le SRP sur le bio et sur toutes les références Nutriscore A et B, puis vous allez faire bouger les comportements de consommation dans le bon sens. Voilà, c'était juste pour reborder.

Monsieur Molina. Oui, si je peux apporter deux petits éléments très rapides sur le SRP et peut-être ensuite rebondir sur comment on peut faire pour essayer de faire baisser les prix des produits bio et cetera pour la santé. Euh donc concernant le le SRP, j'ai mes collègues Céline Bonet et Pauline Levener qui ont évalué l'effet du SRP sur les prix payés par les consommateurs, donc les prix de détail et il y a eu aucun effet aucun effet significatif, pas de pas d'augmentation des prix.

Et donc il y a il y a deux deux explications à ça, soit euh des consommateurs. Ouais. Et donc et ces éléments sera bien sûr elles ont publié leur leur papiers dans la revue Echo euh la revue économique qui est une revue académique française.

Et donc alors il y a deux explications à ça. Soit les marges étaient déjà supérieures à 10 % tout simplement ou soit les distributeurs ont réussi à mieux négocier leur tarif auprès des industriels et donc ce qui a eu vraiment un effet contraire à à l'effet désiré et et par ailleurs de toute façon si je reviens à la théorie économique actuellement l'état de la littérature ne supporte pas la théorie du ruissellement ça n'existe pas donc voilà sur le sur le SRP je rejoins point les propos d'Olivier, aller vers une réforme du SRP, je pense c'est serait serait une très bonne idée. Et pour finir sur le bio, désolé, afin de réussir à peut-être faire diminuer le les prix les prix sur le bio, il y a eu en en Israël il y a une dizaine d'années, le gouvernement est intervenu et a demandé à obligé les les magasins à publier tous les prix euh pratiqués auprès des consommateurs sur internet.

Ce qui et ce qui a suivi, c'est qu'il y a eu des sites de comparateurs de prix indépendants qui qui ont saisi les données et qui ont publié tout simplement les différences de prix entre les distributeurs. Et ça donc il y a un travail qui a été publié en 2023 dans la revue American Economic Journal Microeconomics, une très grande revue en en économie qui a montré que ce type de dispositif a permis de faire baisser de 5 % les prix payés par les consommateurs. Donc peut-être que si on essayait de générer un peu plus de transparence sur ce type de produit bio qui pose un petit peu problème, bah ça ça peut être une piste en tout cas de recherche là-dessus quoi.

Alors une dernière question de madame la rapporteur. J'ai une dernière question même si en fait par je reprends. J'ai une dernière question, même si vous n'avez pas tout à fait répondu à ma question précédente.

Si jamais vous vous voulez répondre par mail, je vous laisse le le loisir de le faire. La dernière question que je voudrais vous poser, c'est est-ce qu'il y a des déplacements de bénéfices ailleurs que dans les entreprises que l'on regarde ? J'entends par là.

Est-ce que il y a une des modalités de déplacement des bénéfices ? Je ne sais pas moi, en ne possédant pas les murs par exemple, en payant des loyers à des finalement des entreprises proches ou est-ce que tout cela se fait ? Et si oui, est-ce que vous pouvez l'expliquer ?

Il est clair que il y a une pratique commerciale qui est euh effectivement dichotomique entre d'un côté le fond de commerce et puis les murs. Et donc on voit bien euh dans les dans les grands groupes qu'ils soient intégrés ou indépendant, on va mettre les murs à côté et on vaer euh effectivement des loyers derrière. Et quand vous prenez aujourd'hui euh des distributeurs très performants, c'est-à-dire que qui sont au-delà des 12 à 13000 € m², parce qu'aujourd'hui, c'est comme ça que l'on voit la pertinence aussi et la puissance des marges.

C'est-à-dire que mes étudiants commencent tous par comprendre que on prend le chiffre d'affaires du magasin et on par les mètres carrés pour regarder finalement son intensité capitalistique. Et cette intensité capitalistique, il est très différent entre les enseignes et ce qui fait que les revenus sont très différents entre les groupes. Évidemment, vous prenez aujourd'hui un 10000 m un 10000 m² chez des indépendants.

C'est un magasin qui fera entre 170 et 200 millions d'euros de de chiffres d'affaires. Et donc évidemment que ce magasin à un moment donné on vient nous dire que dans le fond ces marges netes sont très faibles et que il a fait 1,3 1,4 % de résultat net. Oui, mais effectivement si on rémunère l'adhérent monsieur et madame de 100000 € x 12 plus les charges, ça fait déjà 3 millions d'euros qui partent.

Au bout de compte, si derrière on facture 8 7 6 millions d'euros de loyer, et ben il y a encore moins. Et au bout du compte, quand on regarde et ben on s'aperçoit que on arrive juste à un petit niveau. Mais la réalité c'est que au contraire bah la distribution ça rapporte.

Moi, j'ai des étudiants qui m'expliquent et il y en a un qui s'est installé pas très loin finalement de mon bassin d'enseignement et derrière bah tout simplement dit j'ai racheté ce système U, j'en suis très content et en fait en 6 7 ans j'aurais remboursé mon magasin et quelque part il ne pas la rentabilité. La question c'est queon peut faire de la rentabilité en grande distribution, pourquoi pas ? Mais la question c'est que pas en faisant des prix bas.

Parce que si on fait des prix bas, on peut faire de la rentabilité mais de l'autre côté, on va attaquer cette souveraineté alimentaire. Si si vous avez encore quelques petites minutes, messieurs, moi je il y a une question que j'aimerais bien vous poser sur les sur les les dates de négociation. Vous avez évoqué tout à l'heure, monsieur Mvel, hein, le le les PME et notamment la, vous savez, la demande des PME ces derniers temps d'avoir des dates de négociation avancées par rapport au gros groupe.

Euh quelle est votre analyse de ce point et quel est quelle est plus globalement votre analyse éventuellement de de la l'intérêt de la date butoire pour les négociations commerciales ? Il y a deux idées qui il y a deux idées qui s'affrontent. Certains voudraient pouvoir négocier toute l'année déjà.

Et donc aujourd'hui, je pense qu'il faut garder une période de négociation, mais comme je vous l'ai dit initialement, moi j'aimerais bien que l'on dissocie les négociations entre le monde agricole et les industriels d'une part et que seulement après, et on pourrait très bien se dire que pendant l'été, au mois de septembre jusqu'à mi-octobre, en fait que ce soit les coopératives agricoles ou que ce soient les industriels privés, il y est un round de négociation avec les organisations de producteurs. Je serai pas non plus contre le fait que tous les agriculteurs doivent rentrer dans une OP et que une organisation de producteur soit un élément un véhicule moderne au sens européen du terme pour amener à rééquilibrer la capacité de négociation parce que aujourd'hui si on ne fait pas ça et ben on s'aperçoit que bah GLIM ne concerne que 25 % de l'agriculture et donc on a un problème et donc aujourd'hui il faudrait remettre tout le monde au sens finalement de cette négociation et ce round là permettrait finalement des allers-retours entre les demandes des OP à l'Actalis, les demandes de Sunley à Savensia et peut-être amènerait effectivement le régulateur à s'interroer aussi à ce round plutôt que de se retrouver au tribunal de commerce de Coutaffront effectivement que l'on constate aussi. Et ce serait intéressant seulement après parce que ça a été validé que l'industriel puisse rentrer en négociation avec le distributeur.

Ça permettrait d'éviter on va dire aujourd'hui à ce fameux pas de 3 dans lequel effectivement l'un a toujours l'impression qu'il ne sait pas ce qui se passe dans la chambre et qu'il attend dehors en qu'on lui donne un prix et que ce prix n'est jamais le bon. Bien, ce serait une date avancée pour la monté et par contre alors une même date pour les transformateurs qui soient PME ou 3 mois 3 mois pour les pour les transformateurs et peut-être je dirais euh permettre au PME de faire valoir leur offre euh au départ ce qu'ils ont demandé hein c'est c'est Oui. départ.

Mais je comprends ces demandes là parce que dans le fond ça permet aussi aux acheteurs de structurer leur mix en se demandant la part des produits régionaux qu'ils accordent et comme ils sont aujourd'hui en augmentation, c'est intéressant effectivement de leur donner cette petite priorité. Vous avez un une remarque sur ce sujet ? Non non, pourquoi pas pourquoi pas démarrer par l'amont, structurer les accords entre Amont et transformateur et puis après Très bien.

Ben écoutez Pierre, plus d'autres questions. Merci beaucoup. Merci monsieur.

On est preneur de votre de vos contributions éventuellement écrites complémentaires. J'ai compris qu'il y en avait qui avaient déjà été adressé que qu'on nous transmettra. Merci beaucoup messieurs.

Puis à mes collègues, on se revoit demain. Demain, j'ai demain 17h. Voilà pour la suite de notre commission d'enquête.

Merci beaucoup.