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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 28 août 2023 26 min

"En 2024, nous allons supprimer un milliard d'euros d'impôts de production", affirme Bruno Le Maire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

8h22, France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Premier grand entretien de la saison, premier invité, premier invité que nous recevons avec Léa Salamé, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Le 01 45 24 7000 est l'application Inter pour toutes vos questions, amis auditeurs. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Nicolas Demorand. Bonjour Bruno Le Maire. C'est votre 7ème rentrée à ce poste, qu'est-ce qu'on vous souhaite pour cette année ? Une 8ème, une 9ème, une 10ème comme ministre de l'économie ?

0:36
Bruno Le Maire

Des bons résultats économiques pour les français, ça me suffira largement.

0:40
Présentateur

Pour la France, vous avez dit espérer qu'on en finisse avec le pessimisme, qu'est-ce que ça veut dire ?

0:46
Bruno Le Maire

Ça veut dire que la France a de très bons résultats économiques. De la croissance là où beaucoup de pays sont en récession, 2 millions d'emplois qui ont été créés au cours des 6 années passées, une réindustrialisation qui commence, 300 sites industriels qui ont été ouverts. Alors tout n'est pas rose, il y a de vraies difficultés notamment sur le fond de l'inflation, qui est un choc structurel qui a touché l'Europe et le reste du monde. Mais dans cette situation internationale difficile, avec notamment le ralentissement chinois, l'offensive américaine, cette inflation dont j'ai parlé, la France tire son épingle du jeu, et elle tire son épingle du jeu mieux que la plupart des pays européens.

N'oubliez pas, je donne juste un chiffre parce qu'il est très révélateur, la croissance cumulée de la France depuis 2017, elle est supérieure à celle de l'Allemagne, supérieure à celle de l'Italie, supérieure à celle du Royaume-Uni. La France fait mieux que les autres.

1:33
Présentateur

Oui, mais en fait, selon vos prévisions qui sont jugées optimistes, 1,6% c'est ce qui est prévu pour 2024. Ce n'est pas non plus des chiffres de croissance.

1:41
Bruno Le Maire

Mais on ne peut pas s'abstraire du contexte international qui est difficile, dans lequel d'autres pays sont en récession. La France, elle, résiste. Et je veux vraiment rendre un hommage d'appuyer aux salariés, aux ouvriers, aux entrepreneurs, aux indépendants, aux artisans. Enfin, tous ceux qui, aujourd'hui, continuent à se battre pour avoir ces bons chiffres, je pense qu'on leur doit de saluer cette performance.

2:01
Présentateur

Vous parlez d'optimisme ce matin, il y a quelques instants, sur France 2, le président du MEDEF, le nouveau président du MEDEF, Patrick Martin, il s'appelle, il se dit préoccupé, lui, par la conjoncture économique. Il ne partage pas votre optimisme ?

2:12
Bruno Le Maire

Je veux le rassurer, je ne veux pas qu'il soit préoccupé, je veux le rassurer sur la conjoncture économique. Une fois encore, la France résiste, les entrepreneurs français résistent. Je veux le rassurer aussi sur les impôts. Je vois qu'il est inquiet sur la politique fiscale du gouvernement. Il n'y a aucune inquiétude à avoir. Nous avons fait preuve d'une constance remarquable sur la baisse des impôts, sur les ménages, comme sur les entreprises. Je ne dévierai pas de cette ligne. Je ne dévierai pas de cette ligne de baisse des impôts.

2:37
Présentateur

Bruno Le Maire, vous avez dévié sur la CVAE, l'impôt sur les productions, c'est ça qui vous reproche les entrepreneurs, c'est que vous aviez promis de le supprimer, de supprimer cet impôt sur deux ans, 2023 et 2024, et vous avez changé d'avis cet été, en expliquant qu'en fait, il faudra attendre la fin du quinquennat.

2:52
Bruno Le Maire

Je ne vois pas beaucoup d'entrepreneurs qui se plaignent de notre politique fiscale, parce qu'ils savent qu'avec Emmanuel Macron, nous avons tenu parole. Nous avions dit que nous ramènerions l'impôt sur les sociétés de 33,3% à 25%.

3:02
Présentateur

Là, ils se plaignent de l'incertitude fiscale. C'est bien de regarder...

3:07
Bruno Le Maire

Ennemie des entreprises, c'est ce que dit le patron du MTF. Comment peut-on parler d'incertitude fiscale, Nicolas Demorand, quand on a fait preuve d'une telle constance, y compris pendant la crise du Covid, sur la baisse des impôts des entreprises ? Toutes les promesses ont été tenues. La CVAE a été ramenée 33,3% à 25%, mais celle-là sera tenue aussi. Nous supprimons la CVAE, mais là aussi, si on prend un tout petit peu de recul, on a déjà supprimé 10 milliards d'euros d'impôts de production entre 2017 et 2022. C'est un combat que j'ai mené personnellement. Ce n'était pas au programme d'Emmanuel Macron.

J'ai proposé à Emmanuel Macron, en 2018, de baisser les impôts de production en disant que si on veut réussir la réindustrialisation du pays, il faut impérativement baisser les impôts de production qui sont 7 fois plus élevés qu'en Allemagne. Nous l'avons fait. Nous avons engagé et nous l'avons poursuivi à la demande du Président de la République. En 2023, nous avons déjà supprimé 4 milliards d'euros d'impôts de production. L'année prochaine, je vous l'annonce ce matin, nous supprimerons 1 milliard d'impôts de production, 1 milliard de CVAE.

4:03
Présentateur

Il en restera 3 milliards.

4:04
Bruno Le Maire

Oui, mais on le fera année après année pour avoir supprimé définitivement. D'ici 2027, la CVAE, la promesse sera donc tenue. Et je dis aussi aux entrepreneurs qui comprennent parfaitement la difficulté de la situation. On est obligé de tenir compte de la situation des finances publiques si nous allons trop vite dans la baisse des impôts et que nous chargeons la mule du point de vue de la dette et des déficits. Qu'est-ce qui va se passer ? Les taux d'intérêt vont augmenter, les conditions de financement des entreprises seront moins bonnes et donc il y aura moins d'investissement des entreprises. On sera tous perdants.

4:33
Présentateur

Donc vous vous rassurez les entrepreneurs et le nouveau patron du MEDEF ce matin qui a l'air inquiet.

4:37
Bruno Le Maire

Ma constance en matière de baisse des impôts n'a pas varié d'un pouce et avec le Président de la République, nous ne dédivierons pas d'un pouce de cette ligne la baisse des impôts pour les entreprises, la baisse des impôts pour les ménages.

4:48
Présentateur

Bruno Le Maire, on a du mal à saisir ce que va être le grand chantier politique et économique du gouvernement dans l'année à venir. Pour dire les choses simplement, l'année dernière c'était les retraites, la précédente c'était la présidentielle. Là c'est quoi ? Quel est le chantier ?

5:04
Bruno Le Maire

Moi j'ai trois chantiers sur la table. Le premier c'est de sortir définitivement de l'inflation. C'est long, c'est difficile, mais l'inflation c'est un impôt sur les plus modestes. Donc il faut mener avec beaucoup de détermination ce combat contre l'inflation, contre la vie chère, c'est mon combat de la rentrée. Le deuxième combat c'est de poursuivre la politique pour parvenir au plein emploi. Si on veut arriver au plein emploi, passer de 9 à 7, c'est déjà un exploit à mettre au compte du Président de la République et de la majorité. Passer de 7 à 5, c'est pas arrivé depuis plus de 50 ans, depuis un demi-siècle.

Donc il faut qu'on réfléchisse tous au moyen de franchir cette marche qui sera la plus difficile. Et le troisième combat que je veux livrer, qui est un combat de long terme, c'est faire de la France la première puissance économique décarbonée en Europe à horizon 2040. C'est ce qui veut dire modifier notre fiscalité pour favoriser les comportements favorables au climat, ce qui veut dire réindustrialiser pour nous permettre d'avoir les instruments de décarbonation à notre disposition. Mais la grande ambition que je veux porter pour notre économie, c'est celle-là, être la première économie décarbonée en Europe à horizon 2040.

6:05
Présentateur

Alors si on parle de l'inflation, puisque c'est le sujet qui préoccupe le plus les Français, dont ils ont le plus parlé cet été, j'imagine qu'on a dû vous en parler là où vous étiez en vacances, sur les factures d'électricité, les factures de gaz qui continuent d'exploser et d'être exorbitantes, les prix alimentaires qui eux n'ont pas baissé, parce que si l'inflation a légèrement reflué au mois de juillet, les prix alimentaires restent très hauts, quasiment 13% d'augmentation encore au mois de juillet.

Comment vous expliquez à un Français qui vous écoute ce matin parler de l'optimisme que vous avez, quand il doit payer 13% de plus sa bouteille d'huile, et je ne parle pas là encore de l'électricité et du gaz ?

6:40
Bruno Le Maire

Déjà je lui explique que nous l'avons protégé plus que n'importe quel autre pays européen. Vous avez parlé de la facture d'électricité et de gaz, c'est vrai que l'électricité a augmenté en août, mais il se trouve qu'on continue, les poules de la puissance publique, à payer 37% de la facture d'électricité de tous les ménages français. Avant c'était 40%, on le réduit progressivement, mais nous avons protégé massivement contre la flambée des factures de gaz et d'électricité. Si nous n'étions pas intervenus, c'était des factures qui augmentaient en moyenne de 180 à 220 euros par mois. Par mois les assaladés.

7:11
Présentateur

Mais là, elles augmentent déjà de 100 euros pour certaines personnes.

7:16
Bruno Le Maire

C'est vrai ce que vous dites. Nous prenons à notre charge une grande partie de cette facture et nous soutenons les plus modestes avec le chèque énergie.

7:23
Présentateur

Vous dites je veux mettre fin à l'inflation, ça va s'arrêter quand ? Parce qu'on vous a entendu successivement et plusieurs fois nous raconter à ce micro qu'on est dans le pic de l'inflation.

7:32
Bruno Le Maire

Prenons un tout petit peu juste de recul. Ce choc inflationniste, c'est le plus grave depuis les années 70. C'est un choc structurel. Il a d'abord été tiré par les prix de l'énergie, gaz, électricité. On a fait face rapidement. On a réussi à diversifier notre approvisionnement et on a réussi à ce que l'inflation sur les prix de l'énergie soit maîtrisée. Le deuxième choc, il s'est ensuite transmis au prix alimentaire. Là, nous y sommes. J'avais indiqué que le prix des produits alimentaires continue... Vous avez eu des mots à ce micro même, Bruno Le Maire. Vous commencez à ralentir à l'été. Des mots durs. C'est le cas. Les prix alimentaires...

8:04
Présentateur

...menaçant de sanctions les industriels, les enseignes de grandes distributions... Mais Nicolas Demorand, je les verrai.

8:09
Bruno Le Maire

...qui profiteraient de l'inflation pour faire des surprofits. Je les verrai cette semaine. Je demanderai... On leur dit quoi ? Pour dire qu'il faut qu'il y ait un plus grand nombre d'industriels qui s'engagent dans la lutte contre l'inflation. Aujourd'hui, leur nombre est insuffisant. Pour demander aux distributeurs d'avoir plus de produits dans ces 1000 produits qui doivent lutter contre l'inflation sur lesquels on doit observer, pas simplement un ralentissement des prix, mais une baisse des prix. C'est le cas sur le prix des pâtes, c'est le cas sur les huiles, c'est le cas sur certains produits de volaille.

8:36
Présentateur

Sinon ?

8:37
Bruno Le Maire

Sinon, là aussi, je garde tous les instruments dont j'ai parlé à ma disposition.

8:41
Présentateur

Combien d'industriels a joué le jeu ?

8:42
Bruno Le Maire

On entre à la période du budget. Donc, on sait que quand on entre à la période du budget, nous avons des instruments à notre disposition pour que chacun joue le jeu.

8:49
Présentateur

À ce stade, combien d'industriels ont joué le jeu ?

8:52
Bruno Le Maire

Plusieurs dizaines d'industriels ont joué le jeu. Nous, notre évaluation...

8:55
Présentateur

Vous dites autour de 35 industriels sur 75 ont joué le jeu ?

8:59
Bruno Le Maire

J'attends d'avoir deux enquêtes à ma disposition. Celle de la Direction Générale de la Consommation et de la Répression des Fraudes et ensuite celle de l'Inspection Générale des Finances. Je rendrai ces deux enquêtes publiques pour qu'on sache qui a réellement joué le jeu et je réunirai distributeurs et industriels avec Olivier Grégoire cette semaine pour leur demander de prolonger leurs opérations qui ont fonctionné, pour élargir un plus grand nombre de produits, il y en a 1000 aujourd'hui, il faut qu'il y en ait davantage et pour qu'il y ait plus d'industriels qui s'engagent sur la baisse des prix.

Ça, c'est le deuxième temps de la lutte contre l'inflation et je rappelle que cette inflation, comme je m'y étais engagé, a baissé cet été au global. Je sais bien que sur les prix alimentaires... Sur les prix alimentaires, ça ralentit, mais ça reste très dur. C'est vrai, ça reste très dur, mais c'est...

9:42
Présentateur

Et ça va baisser quand sur les prix alimentaires ?

9:43
Bruno Le Maire

On a déjà un ralentissement, ça augmente moins fort, on a quelques produits qui commencent à baisser, c'est pour ça que j'ai réunis distributeur ce que j'ai cité. Les pâtes, les huiles, les produits de volaille, aujourd'hui, c'est moins cher qu'il y a 4 mois. Donc c'est peu de produits, c'est pas encore suffisant, mais nous sommes dans la bonne direction, donc c'est le moment où il faut accélérer. Et après, la troisième chose qui nourrit l'inflation, ce sont les services. Il faudra ensuite traiter cette question-là pour revenir au niveau d'inflation que nous souhaitons, c'est-à-dire de l'ordre de 2%.

10:13
Présentateur

Le président de la Fed, Jérôme Powell, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, ont tous les deux averti sur la permanence de l'inflation. Elle a reculé depuis son pic, mais elle reste trop élevée. La lutte contre l'inflation n'est pas encore gagnée, ont-ils dit, tous les deux. Dans ce contexte, faut-il, Bruno Le Maire, s'attendre à une nouvelle hausse des taux ? Faut-il la redouter ?

10:35
Bruno Le Maire

En tout cas, il n'y aura pas de baisse des taux d'intérêt à court ou à moyen terme. Je préfère être très clair, tant que l'inflation n'est pas revenue à un niveau plus raisonnable. Je redonne les chiffres, on était à 5-9 en avril. On est à 4-3 en juillet. J'avais indiqué à ce micro que l'inflation baisserait à compter de l'été, c'est fait. Je n'ai qu'une parole. Et en général, quand je m'engage, je tiens mes engagements.

10:57
Présentateur

Oui, on entend que vous ne vous engagez pas sur les prix alimentaires.

10:59
Bruno Le Maire

Non, sur les prix alimentaires, il faut continuer à freiner la hausse. Et sur les taux d'intérêt, qui est un sujet majeur, pour les entreprises, pour tous ceux qui veulent emprunter pour acheter leur logement, je ne veux laisser aucune incertitude à ce sujet. On ne peut pas anticiper de baisse des taux d'intérêt avant plusieurs mois.

11:15
Présentateur

Et est-ce que vous anticipez des hausses des taux d'intérêt ?

11:19
Bruno Le Maire

Ça dépendra des choix de la Banque Centrale Européenne, qui est souveraine et indépendante. Est-ce que vous la souhaitez ?

11:24
Présentateur

Est-ce que ça aiderait à lutter contre l'inflation ?

11:27
Bruno Le Maire

Dans les années 70, on a mis 10 ans à se débarrasser de l'inflation. Ça a été terrible pour les catégories les plus modestes, terrible pour notre modèle social, terrible pour la cohésion de la société. Là, nous sommes en train de réussir, en un peu plus de 2 ans, à faire baisser fortement l'inflation. Il ne faut pas dévier de ce cap. Parce que l'inflation est ce qu'il y a de plus dur pour les ménages les plus modestes.

11:45
Présentateur

Mais vous ne répondez pas sur les taux. Est-ce qu'il faudrait qu'ils augmentent encore un tout petit peu ?

11:49
Bruno Le Maire

Parce que ce n'est pas à moi, sur des choix sur la politique monétaire. Je veux simplement dire très clairement à tous les acteurs économiques, à tous les Français qui nous écoutent, il n'y aura pas de baisse des taux d'intérêt dans les mois à venir.

12:00
Présentateur

Allons au standard d'Inter. Question de Samira qui nous appelle de Lyon sur les aides aux entreprises, entreprises textiles en l'occurrence. Bonjour Samira.

12:09
Auditeur

Oui, bonjour. Merci de prendre mon appel. Je vous appelle parce que je m'intéresse effectivement à l'industrie du textile made in France. J'ai écouté dernièrement l'interview d'une représentante de l'industrie du textile qui ne partage pas l'optimisme ambiant sur la croissance. Ma question, c'est est-ce qu'un soutien ou une aide serait à l'ordre du jour pour les entreprises du textile made in France ?

12:41
Présentateur

Merci Samira pour cette question très précise sur les entreprises du textile made in France. Question qu'on peut élargir aussi aux défaillances d'entreprises. La Banque de France a dénombré un peu plus de 47 000 défaillances sur ces 12 derniers mois, en hausse de 45% sur un an. Secteur touché, petites entreprises, hôtellerie, restauration, industrie, plus 45%, ça vous inquiète Bruno Le Maire ?

13:09
Bruno Le Maire

Je suis ça évidemment de près, mais nous sommes en train de revenir aux chiffres habituels de défaillances d'entreprises, c'est-à-dire de l'ordre de 50 à 55 000 par an. On sort d'une situation exceptionnelle qui est celle du Covid. Vous avez cité l'hôtellerie, la restauration, nous avons soutenu massivement pour la perte du Covid et je pense que c'était une bonne décision, qu'ils le méritaient. Aujourd'hui, vous avez des entreprises un peu moins solides qui sont en difficulté. Après, dès qu'il y a des secteurs, des entreprises stratégiques qui sont menacées, nous les accompagnons, nous traitons leurs difficultés.

13:38
Présentateur

Sur le textile, c'est vrai qu'il suffit de se promener dans certaines rues marchandes pour voir qu'il y a une boutique sur deux qui ferme.

13:44
Bruno Le Maire

Il y a des secteurs qui sont plus en difficulté, le secteur du textile en est un, mais c'est lié aussi à nos habitudes de consommation. Vous avez beaucoup, je ne vais pas citer de marques, mais beaucoup de marques de textile à prix très bas.

13:56
Présentateur

Chine, par exemple, vous parlez de l'arrivée du chinois. Je ne parle pas de Chine,

14:00
Bruno Le Maire

je parle d'entreprises avec un niveau de prix un peu plus élevé, un niveau de gamme un peu plus élevé, mais qui sont dans la moyenne gamme, qui jouaient beaucoup sur le renouvellement très régulier des vestiaires. On a des comportements avec les vêtements qui sont très différents, on consomme moins, on fait plus attention. Ça impacte directement la situation de ces entreprises.

14:17
Présentateur

On vous a entendu dire, il n'y aura pas de hausse d'impôt pour les entreprises. Il y en aura-t-il pour les ménages ? Il y a eu des rumeurs ces dernières semaines comme quoi il y aurait peut-être dans le budget, vu que vous êtes très contraint avec la dette et le déficit abyssal de la France aujourd'hui, on entend dire qu'il y aurait des hausses d'impôt peut-être dans les prochains mois.

14:36
Bruno Le Maire

Non, il n'y aura aucune hausse d'impôt. Il y aura une baisse des impôts. Le président de la République s'est engagé à baisser de 2 milliards d'euros les impôts sur les ménages. Ça sera fait, pas dès ce budget 2024, mais le plus tôt possible. Mais quand ?

14:49
Présentateur

Parce que vous disiez avant l'été, mais vous disiez à la fin du quinquennat finalement.

14:53
Bruno Le Maire

Le plus tôt possible, non. Je pense que ce sera avant la fin du quinquennat. Je vous dis, le plus tôt possible, après ce budget 2024, nous engagerons une nouvelle baisse d'impôts sur les ménages. Tout simplement pour tenir ce qui est le cœur du cœur de notre politique, le travail, le travail bien payé et la reconnaissance du travail.

15:09
Présentateur

Pas de hausse sur les taxes d'alcool et de tabac ?

15:12
Bruno Le Maire

Il n'y aura aucune hausse sur les assises sur les alcools. En revanche, pour être tout à fait transparent, il y a des évolutions fiscales que chacun peut comprendre. Je vous dis que mon objectif de long terme, c'est d'être la première économie décarbonée en Europe pour l'horizon 2040. On ne peut pas garder des avantages fiscaux sur les énergies fossiles. Et quand je discute par exemple sur les gazoles non routiers, avec les agriculteurs, avec les transporteurs, ils comprennent parfaitement, ou avec les travaux publics, ils comprennent parfaitement qu'il faut faire évoluer cette fiscalité. Il faut le faire progressivement, d'ici 2030. Il faut le faire en accompagnant les secteurs concernés.

Mais on ne peut pas à la fois avoir des incitations fiscales sur les panneaux solaires, sur l'hydrogène, sur les éoliennes, et dans le même temps, parce que ce serait complètement chadoc, garder des avantages fiscaux sur les énergies fossiles. On fait évoluer notre fiscalité, on n'augmente pas notre fiscalité.

15:59
Présentateur

Au standard inter, Laurent de la ville de Metz, bonjour.

16:04
Invité

Bonjour Nicolas, bonjour M. le maire.

16:06
Bruno Le Maire

Bonjour.

16:07
Invité

Bon, alors la question, deux petites questions. La première, quel est le secteur d'activité qui, en dehors des statistiques du ministère des Finances, bénéficie réellement le plus à la reprise sur le territoire français, parce que les entreprises à l'étranger, on s'en fout, parce que ça part dans les banques à l'étranger. Et j'ai une deuxième question, est-ce qu'il n'y a pas, derrière ces chiffres, des choses qui relèvent un petit peu d'Antoloupe ?

Je lis le République à Lorrain du 21 août, page 21, malgré l'avis défavorable de la commission départementale d'aménagement commercial, et bien à côté d'un Lidl flambant neuf dans une commune de 15 000 habitants qui se vide, et bien on vient de construire un Aldi. Donc malgré la commission départementale, et bien il y a quand même des permis de construire. Est-ce que ça, ça ne fausse pas un peu les statistiques au niveau de la création d'activités et d'emplois ?

17:04
Présentateur

Merci Laurent pour cette double question. Alors la première, sur les secteurs d'activité qui bénéficient vraiment de la reprise économique ici même en France ?

17:13
Bruno Le Maire

Quand vous regardez les derniers chiffres du deuxième trimestre 2023, on a produit plus d'électricité, on a exporté de l'électricité nucléaire, on a exporté beaucoup d'avions, la construction navale se porte bien aussi, donc on a beaucoup de secteurs industriels qui aujourd'hui sont dynamiques. Et ce qui est intéressant dans ces chiffres, c'est que pour la première fois, notre croissance n'est plus tirée uniquement par la consommation des ménages, mais elle est tirée aussi par la production de biens manufacturiers. Ce qui veut dire que notre objectif, qui est de faire de la France une grande nation de production et pas uniquement de redistribution de richesses, il est en train d'être tenu.

Sur le deuxième point, je n'ai évidemment pas la réponse, mais on va regarder ce qui a pu se passer.

17:53
Présentateur

Bruno Le Maire, ce matin, c'est aussi une rentrée politique et une rentrée internationale et on avait envie de vous entendre sur plusieurs sujets dont on parle beaucoup ces derniers jours et notamment les propos de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy, vous étiez son ministre aux Affaires Européennes, son ministre de l'Agriculture aussi, mais aux Affaires Européennes. Quand vous lisez dans son dernier livre ses propos sur l'Ukraine, disant que l'Ukraine doit rester un pays neutre, souhaitant un référendum pour enterrer l'annexion de la Crimée, quand vous l'entendez faire appel à des compromis avec le régime de Vladimir Poutine, vous en pensez quoi ? Est-ce que ça vous a fait sursauter ?

18:23
Bruno Le Maire

Je pense que la politique, c'est le débat. Ce qui veut dire qu'on peut ne pas être d'accord avec certaines options. Je pense avoir pris des positions très claires sur la Russie. Je soutiens totalement la position qui a été prise par le président de la République. L'agression de la Russie contre l'Ukraine est une faute. Une faute géopolitique qui entraîne des conséquences majeures, y compris d'ailleurs sur l'inflation, sur les prix de l'énergie. Ça vous a étonné

18:48
Présentateur

de voir les mots de Nicolas Sarkozy ?

18:51
Bruno Le Maire

Nicolas Sarkozy a été présent dans la République. Il a une longue expérience. Il a son regard sur cette crise. Qui n'est pas le vôtre. Ce n'est pas le mien.

18:59
Présentateur

Lionel Jospin a tort quand il dit que Nicolas Sarkozy sert les intérêts d'un pays agresseur.

19:05
Bruno Le Maire

Non, je pense qu'il ne faut jamais dans un débat politique vouloir personnaliser les sujets. Ce qui compte, c'est les convictions qu'on peut exprimer. Je vous exprime la mienne. Je ne suis pas simplement choqué par l'agression de la Russie contre l'Ukraine. C'est simplement le problème géopolitique que ça pose, la déstabilisation que cela entraîne, notamment dans le domaine économique, et l'atteinte directe à la souveraineté d'un État libre. Et ce qui me remplit, moi, de fierté et qui m'impressionne, c'est le courage du peuple ukrainien.

19:34
Présentateur

Nicolas Sarkozy, décidément très disère en cette rentrée, estime que la France traverse une crise d'autorité. Faut-il le lire comme une critique à votre endroit, à l'endroit du gouvernement, du président de la République, où vous n'incarneriez pas suffisamment l'autorité aujourd'hui en France ?

19:47
Bruno Le Maire

Ça fait des années qu'on dit, et que j'ai dit à votre micro, à d'autres micros, comme beaucoup d'autres responsables politiques, je ne suis pas le seul, qu'il y avait un sujet d'autorité dans notre pays. On est tous d'accord là-dessus. L'autorité du professeur, l'autorité du médecin, l'autorité de celui qui sait l'autorité de la police.

20:02
Présentateur

Et l'autorité du ministre et du président de la République ?

20:04
Bruno Le Maire

L'autorité du ministre et du président de la République, je ne pense pas qu'elle soit remise en cause. Je dis simplement que cette question d'autorité est un sujet social majeur. Je pense qu'il a été soulevé depuis bien longtemps.

20:14
Présentateur

Nicolas Sarkozy qui semble adouber Gérald Darmanin pour 2027, louant ses qualités, sa personnalité. Vous partagez, Bruno Le Maire, l'enthousiasme de l'ancien président. Vous êtes Darmanin 2027, vous aussi ?

20:26
Bruno Le Maire

Je suis très admiratif du parcours et de la personnalité de Gérald Darmanin. Oui, c'est un ami. J'ai toujours eu d'excellentes relations avec lui. Je trouve qu'il a un parcours qui est un parcours exceptionnel. Il a été un jeune ministre du budget. J'ai très bien travaillé avec lui quand il est ministre du budget à Bercy, donc je sais de quoi il parle. Il fait preuve de beaucoup d'autorité à la tête de la police française et des forces de l'ordre. C'est très important. Donc oui, je suis louangeur sur Gérald Darmanin.

20:53
Présentateur

Vous pourriez le soutenir pour 2027 ?

20:55
Bruno Le Maire

Mais il me semble que nous sommes en 2023 ou alors c'est que je ne calcule pas très bien. C'est-à-dire un an après l'élection présidentielle de 2022. On n'est pas un an avant l'élection présidentielle de 2027. Donc tenons les calendriers. Semble pressé Gérald Darmanin. Moi, je suis patient.

21:11
Présentateur

Donc, vous êtes patient. Non, parce que c'est vrai que vous avez déclaré une petite phrase dans Paris Match cet été. Je vous ai lu. J'ai pris mes distances avec l'ambition. Vous avez déclaré. C'est-à-dire qu'il n'y aura pas une option Bruno Le Maire 2027, que ce n'est plus votre sujet.

21:26
Bruno Le Maire

En tout cas, ce n'est pas mon sujet d'actualité. Ce n'est pas le sujet d'actualité des Français. Et ce n'est pas le sujet d'actualité de la France. Mon sujet d'actualité et mon ambition, c'est d'avoir des bons résultats économiques, d'arriver à lutter contre l'inflation. On en a longuement parlé. Et c'est le plus important. Vous savez, j'arrive à un âge où vous ne pouvez plus vous projeter indéfiniment. Il faut que les résultats soient là tout de suite. Vous n'êtes pas si vieux. C'est ça.

21:47
Présentateur

Bruno Le Maire, on peut se projeter encore à votre âge.

21:49
Bruno Le Maire

Je pense que c'est à un âge où vous dites chaque jour doit être une réussite pour les Français. C'est ça mon ambition. Je vais à ma table de travail à Bercy, je circule, je vois des entrepreneurs, je vois des salariés, des ouvriers. Chaque jour doit être un succès pour les Français. C'est comme ça que je conçois mon ambition.

22:04
Présentateur

Gérald Darmanin, il dit sur le fond, il dit quelque chose par rapport à vous. Il dit je n'ai pas la même sensibilité que Bruno Le Maire. Et notamment, il dit moi je voudrais parler davantage aux classes populaires. Vous lui répondez quoi ?

22:18
Bruno Le Maire

Je ne sais pas si nous avons la même sensibilité. C'est difficile de sonder les cœurs et les reins des personnes qu'ils soient politiques ou pas. Les catégories populaires sont au cœur de notre politique économique depuis 2017. Mais défendre les catégories populaires c'est quoi ? Ça a été pendant des décennies toujours plus de redistribution sociale. Toujours plus d'aide. Cette politique elle a conduit au surendettement du pays et à un déclassement économique français. Avec Emmanuel Macron nous avons marqué une rupture. Nous avons dit oui il faut mettre les catégories populaires au cœur de notre politique. Vous croyez que je fais de la politique pour qui ?

Pour ceux qui se portent bien ou pour ceux pour lesquels tout va bien ? Non, d'abord pour ceux qui sont les plus en difficulté. Mais notre réponse avec Emmanuel Macron a été de dire soutenir, défendre, aider les catégories populaires c'est leur donner du travail une feuille de paye et accessoirement aujourd'hui lutter contre l'inflation dont je redis que c'est un impôt sur les pauvres. Les résultats ils sont là.

23:14
Présentateur

Il ne les voit pas Gérald Darmanin il dit qu'on ne parle pas assez aux classes populaires. Il est une partie de votre gouvernement.

23:20
Bruno Le Maire

Je défendrai avec la plus totale détermination je défendrai avec la plus totale je pense que nous comprenons tous parfaitement ce que nous disons nous parlons simplement et il me semble essentiel de rappeler que les 2 millions d'emplois créés les 100 000 emplois industriels dans la région de Gérald justement dans le nord quand vous allez dans le bassin d'Incarquois ça a été un naufrage industriel et économique pendant des années nous avons revitalisé le bassin d'Incarquois et aujourd'hui on a du mal à trouver de la place pour les usines qui veulent s'installer dans ce bassin d'Incarquois c'est pour qui ? mais il a pas tort de dire qu'il faut s'occuper des catégories populaires

23:57
Présentateur

on ne l'a pas fait assez dit-il

23:58
Bruno Le Maire

je pense que nous avons fait en matière économique ce qui était l'essentiel pour les catégories populaires leur donner du travail du travail bien payé on a baissé les charges sur les salaires on a augmenté les aides aux salaires les plus modestes on a baissé l'impôt sur le revenu des catégories les plus modestes nous avons mis les catégories populaires au coeur de notre politique économique en créant de l'emploi bien payé et nous continuerons sur cette ligne

24:22
Présentateur

une dernière question d'actualité le nouveau ministre de l'éducation nationale Gabriel Attal a annoncé hier soir l'interdiction en milieu scolaire de la Baïa ce vêtement religieux couvrant porté par les jeunes filles c'était ça l'urgence en cette rentrée Bruno Le Maire et est-ce que ce sera ça la marque du gouvernement pour l'école de la République ?

24:41
Bruno Le Maire

il a mille fois raison et oui c'était une urgence oui c'était une urgence de dire stop et non et de se mettre derrière le personnel enseignant qui réclamait des instructions claires donc je salue la décision qui a été prise par Gabriel Attal je salue la clarté de sa décision non à l'Abaïa non à tous les signes religieux ostensibles et non non à l'islam politique dans notre pays

25:07
Présentateur

certains doutent du caractère constitutionnel de cette décision d'autres disent que ça va être très difficile à appliquer comme on va distinguer une robe longue couvrante d'une Abaïa d'un signe religieux ça va pas être un casse-tête pour les profs pour les directeurs d'école

25:20
Bruno Le Maire

je reviens à cette longue expérience et à mon âge lorsque nous avons avec Jacques Chirac décidé l'interdiction des signes religieux ostensibles à l'école il y a eu les mêmes débats ils sont parfaitement légitimes est-ce que c'est compliqué ? oui est-ce que la mise en oeuvre pratique va poser des difficultés ? oui mais la République et la Nation c'est poser des principes et les faire respecter l'Abaïa à l'école c'est non

25:45
Présentateur

Bruno Le Maire merci

25:46
Bruno Le Maire

merci