Sylvie Retailleau : "Si les jeunes ne s'exprimaient plus, ce serait inquiétant pour la démocratie"
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Est-ce qu'à votre ministère, vous avez des statistiques précises sur cette précarisation des jeunes, des étudiants ?
- 3:09OuverteRéponse partielle
Diriez-vous qu'il s'agit d'une promotion d'étudiants sacrifiés ?
- 3:58OuverteRéponse directe
Y a-t-il des facs ou des écoles supérieures encore perturbées aujourd'hui par cette contestation ?
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Très concrètement maintenant, combien de campus et d'universités sont encore bloqués aujourd'hui ?
- 6:25OuverteRéponse directe
Savez-vous qui sont les gens qui sont venus faire blocage ?
- 7:17OuverteRéponse directe
Vous leur dites quoi à ces jeunes qui s'opposent, qui se mobilisent contre le gouvernement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« on a débloqué une enveloppe de 10 millions d'euros d'urgence cette année pour accompagner aussi ces associations, ces banques alimentaires »
- 2:53Invité politiqueChiffre
« un tarif de 3,30 euros de repas pour tous les étudiants »
- 4:58Invité politiqueChiffre
« donner un chiffre, c'est quelques dizaines sur 200, à peu près, écoles, universités, qui ont subi »
- 6:54Invité politiqueChiffre
« le bâtiment qui était bloqué était bloqué par 40 personnes qui ont été évacuées hier matin par rapport à une université qui a plusieurs dizaines de milliers d'étudiants, autour de 50 000 »
- 10:01Invité politiqueFait
« on a lancé une concertation avec les organisations représentatives étudiantes et dans cette concertation sur la vie étudiante et en particulier la réforme des bourses, j'ai donné un agenda depuis septembre-octobre »
- 10:27Invité politiqueFait
« la plateforme qui donne accès aux demandes de bourses doit s'ouvrir et chaque année s'ouvre le 15 janvier. Et en novembre, nous l'avons décalé au 15 mars »
- 14:16Invité politiqueChiffre
« Plus d'étudiants, on va faire rentrer 35 000 étudiants, nouveaux étudiants boursiers, au niveau des bourses cette année »
- 14:22Invité politiqueChiffre
« Il y en a 720 000 aujourd'hui. Sur les 700 000 à peu près, oui, d'étudiants »
- 14:36Invité politiqueChiffre
« 140 000 étudiants qui vont bénéficier d'une bourse supérieure par rapport à ce qu'ils auraient été si on n'avait pas fait »
- 15:33Invité politiqueChiffre
« le réhaussement des bourses, au global, c'est 20 %. C'est une augmentation historique »
- 16:40Invité politiqueChiffre
« 140 000 étudiants qui changent d'échelon, ça veut dire qu'ils augmentent de 66 euros au minimum à 127 euros »
- 17:22Invité politiqueFait
« il y a un grand plan de rénovation puisqu'il en reste peu qui ne sont pas rénovés aujourd'hui »
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Les questions à présent sur la précarité des étudiants, les conséquences sur leur santé mentale. On va en parler avec vous ce matin, la ministre de l'Enseignement supérieur et de l'Art Recherche. Bonjour Sylvie Retailleau.
Bonjour.
Désormais, les associations d'aide alimentaire, jamais elles n'ont eu autant de demandes de la part des étudiants. Est-ce qu'à votre ministère, vous avez des statistiques précises sur cette précarisation des jeunes, des étudiants ?
Alors cette précarisation des étudiants, effectivement après le Covid, on a enchaîné sur cette crise avec l'inflation.
Donc on l'a vu, on l'a constaté, on travaille avec ces banques alimentaires, on travaille au ministère et ainsi qu'avec le ministère des Solitarités, avec Jean-Christophe Combes, non seulement on y est allé, mais surtout on a débloqué une enveloppe de 10 millions d'euros d'urgence cette année pour accompagner aussi ces associations, ces banques alimentaires qui jouent un rôle complémentaire à l'État, donc ces banques alimentaires et associations, ils sont souvent financés une partie État, une partie avec des entreprises ou des dons de nourriture, et une partie par des dons directs.
Et c'est important d'avoir cette complémentarité pour aussi mailler le territoire, puisqu'on va sûrement parler des actions que l'État fait à travers effectivement non seulement les bourses et les crousses, mais sur le constat, on essaye de, je dirais, travailler avec les différents acteurs. Nous ne sommes pas partout présents sur le territoire, il y a des campus, et donc on travaille avec, et on regarde aussi d'autres, je dirais, systèmes qui permettent de faire accéder aux étudiants, non seulement à la nourriture, mais aux produits d'hygiène. La première ministre a lancé récemment...
Vous trouvez que c'est normal que certaines associations soient là pour...
Alors, je dirais, c'est normal, vous avez les restos du cœur, malheureusement, depuis longtemps, donc évidemment, toutes ces associations, que ce soit les restos du cœur, qui ne sont pas, je dirais, ciblés aux mêmes populations, mais qui existent depuis longtemps, tout le monde, vous, moi, on aimerait qu'ils arrêtent, parce que ça serait un signe. C'est la même chose pour les associations.
Non, mais vous dites là que finalement, cette complémentarité entre l'État et les associations, pour les jeunes, ces jeunes qui sont de plus en plus nombreux à être précaires, finalement, cette complémentarité, elle est normale.
Je dis qu'elle est utile. Je n'ai jamais dit qu'elle était normale et acceptée, là, vous interprétez, si je puisse me permettre, mais qu'elle est utile aujourd'hui, et que c'est pour ça qu'on travaille avec eux, c'est pour ça qu'on a débloqué ces aides d'urgence, et c'est pour ça qu'aujourd'hui, et avec eux, mais aussi avec d'autres systèmes, je vous donne un exemple très concret. Il y a des campus avec moins de 100 étudiants qui n'ont pas de CRUS. Les CRUS sont les restaurants universitaires pour aller faire la restauration.
Eh bien, aujourd'hui, on a développé des conventions, ou en tout cas des partenariats, avec des hôpitaux, des collectivités, des entreprises, pour donner accès à ces étudiants au même prix que les tarifs sociaux au CRUS, c'est-à-dire un tarif de 3,30 euros de repas pour tous les étudiants. Et on parlera sûrement du tarif à 1 euro pour les étudiants précaires.
On va en parler de tout ça. Sylvie Retailleau, vous avez évoqué le Covid, les cours en distanciel, et puis il y a eu la hausse des prix à la consommation, puis les grèves. Diriez-vous qu'il s'agit d'une promotion d'étudiants sacrifiés ?
C'est une promotion de jeunes, pas que d'étudiants, puisque les étudiants sont une grosse partie des jeunes de la jeunesse, mais c'est une qui a pris cher. C'est une jeunesse qui a pris cher, parce que quand on est confiné et qu'on a 20 ans, je dirais qu'à 20 ans, la vie sociale est très importante. Elle est importante pour nous tous, mais pour les jeunes, très importante. Et c'est vrai que ce manque de présentiel, de pouvoir sortir, de pouvoir avoir cette vie sociale, eh bien ça a été très dur pour les jeunes, et ça a eu un impact, vous l'avez dit, sur la santé mentale qui est forte actuellement.
Avec donc cette contestation qui s'est exprimée, notamment les grèves dans les campus, blocages avec différents mots d'ordre, pas seulement la réforme des retraites, y a-t-il des facs ou des écoles supérieures encore perturbées aujourd'hui par cette contestation ?
Elles sont où ? Alors, il y a quelques facs, campus, puisque voilà, il y a eu différentes façons de perturbations, aussi de manifestations. Je voudrais d'abord rappeler que l'université, les facultés qui sont une composante de l'université, il y a eu des écoles, voilà.
C'est un lieu aussi d'émancipation pour la jeunesse, c'est un lieu où on a l'habitude de débattre, d'échanger les idées, et donc il y a eu des assemblées générales qui se sont placées dans le calme, parce que la majorité des jeunes sont responsables, non violents, et donc ces campus qui ont eu ces zones de manifestation, d'échange, je dirais que si les jeunes n'exprimaient plus leurs pensées, pour moi ça serait très inquiétant pour la démocratie de notre pays.
Donc vous présentez les choses très politiquement, mais très concrètement maintenant, combien de campus et d'universités sont encore bloqués aujourd'hui ?
C'est compliqué de donner, parce que vous savez, campus, université, il y a des facs, ce que je voulais dire, c'est qu'il y a eu ces manifestations-là, ponctuelles, évolutives, donc donner un chiffre, c'est quelques dizaines sur 200, à peu près, écoles, universités, qui ont subi, ou qui ont pas que subi, parce que parfois positivement ont eu ces types de manifestations. D'autre part, il y a eu des blocages, que j'appelle des blocages, c'est-à-dire le droit de grève, le droit d'échanger, le droit de débattre, oui, le droit de blocage, non. Pas le droit de blocage, quand on utiliserait le vieil adage, je dirais la liberté des uns s'arrête là où celle des autres commence.
Donc quand c'est débloqué, vous allez débloquer, il y a des évacuations comme ça s'est passé à Bordeaux ?
Alors, on l'a vu dernièrement, exactement, on l'a vu hier matin à Bordeaux, c'est-à-dire qu'il y a des blocages, des blocages qui empêchent l'accès aux autres étudiants ou accès à un bâtiment, et surtout avec des dégradations. Quand vous regardez les locaux, le résultat des locaux de Bordeaux qui sont dégradés, il y a pratiquement six mois de travaux à faire qui vont empêcher les étudiants d'aller travailler étudier. Et il y a d'autres opérations d'évacuation prévues là ou pas ?
À ma connaissance, non, pas actuellement, parce que je vous dis, ce n'est pas non plus un grand nombre, mais en général, les opérations d'évacuation, c'est quand il y a vraiment blocage, avec dégradation, avec des actes de vandalisme. Je voudrais vraiment saluer la gestion des présidents d'écoles et d'universités qui, avec les préfets, gèrent de façon, avec beaucoup de dialogue initialement, ces problématiques-là quand elles se passent.
À propos de l'université de Bordeaux, Éric Ciotti dénonce des saccages qu'il attribue, je cite, à des nervis de l'extrême gauche. Savez-vous qui sont les gens qui sont venus faire blocage ?
Alors, quand il y a ces blocages dans les quelques endroits, on en a, il y a quelques étudiants, mais effectivement, il y a des gens extérieurs à l'université. Il n'y a pas que les étudiants qui sont dans le bâtiment en train de bloquer. Et donc, on le sait, on n'a pas identifié, on n'a pas une identification aussi forte que dans d'autres manifestations, mais il y a des gens extérieurs qui viennent bloquer. Je voudrais signaler qu'à Bordeaux, le bâtiment qui était bloqué était bloqué par 40 personnes qui ont été évacuées hier matin par rapport à une université qui a plusieurs dizaines de milliers d'étudiants, autour de 50 000.
Alors, avant le recours, pardonnez-moi, au 49-3 sur la réforme des retraites, il y en avait très peu des étudiants qu'on voyait dans les cortèges. Mardi dernier, il y a quatre jours, il y en avait beaucoup plus, il y avait beaucoup moins de manifestants, mais beaucoup plus d'étudiants. Vous leur dites quoi à ces jeunes qui s'opposent, qui se mobilisent contre le gouvernement ? Vous leur dites quoi aujourd'hui ?
Alors, je pense que ce que moi, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et je suis là pour le dire, c'est vraiment de continuer par rapport à leur vie d'étudiante, par rapport à justement ce que la jeunesse et donc les étudiants attendent, c'est un dialogue, c'est reconstituer une confiance, une confiance en politique, dans la politique, non seulement par rapport aux actes, mais par rapport aussi aux décisions. Donc, faire de la politique, c'est concerter, c'est dialoguer, mais à la fin, c'est prendre des décisions aussi.
Et cette confiance aux décisions, cette confiance au dialogue, c'est là où ces concertations qu'on a menées, et les réformes, je dirais, les annonces qu'on a faites récemment, contribuent aussi à introduire avec eux ce dialogue de concertation. Mais ça vous chaude ? Une méthode finalement, sur lesquelles les jeunes sont très demandeurs de ce dialogue, de débattre, et de suivre quelque chose que l'on a établi ensemble, et finalement, d'avoir le résultat, un résultat, quel qu'il soit par la décision, mais qui correspond à un agenda qu'on a établi ensemble. Mais ça vous choque, Sylvie Retailleau, que des étudiants qui sont encore si jeunes se mobilisent déjà pour leur retraite ?
Alors, vous l'avez dit tout à l'heure d'ailleurs, ce n'est pas tellement pour leur retraite que les étudiants se mobilisent. Les jeunes n'ont pas été dans la rue pour la retraite.
Si, si, si, pardon de vous contredire. Des jeunes sont allés dans la rue pour la retraite, on les a vus, et la contestation va pour les jeunes bien au-delà de la simple réforme.
Alors, je me permettais de reprendre ce qui avait été dit juste avant, parce que vous dites les jeunes, oui, mais pas énormément. Avant le 49-3, c'est ce que vous disiez, les jeunes étaient moins descendus, ce n'est pas noir ou blanc, oui ou non, mais si on fait une analyse, et je pense que les jeunes étaient moins descendus quand ils s'agissaient, je dirais presque uniquement, du sujet retraite, et ce dont vous me parlez n'est pas que le sujet retraite, c'est le sujet précarité, et vous avez dit le sujet 49-3. Donc, on voit que les jeunes savent, et quand vous les en parlez avec eux, ils se disent, de toute façon, moi à la retraite, je risque de cotiser, et de ne pas en profiter.
Donc, c'est ça aussi qu'on entend des jeunes.
Et c'est donc, dans ce contexte de grogne généralisée, Sylvie Retailleau, que vous avez annoncé cette semaine quelques-unes des mesures de votre réforme du système de bourse pour les étudiants. On va la détailler. Juste encore un mot à propos du timing. Est-ce que ces annonces n'ont pas été précipitées, justement, par le contexte de blocus des campus et de la grogne chez les jeunes ?
Alors, merci de prendre cette question, parce qu'elle est fondamentale. Si, vous le savez, en tant que journaliste, vous écoutez ma conférence de presse de septembre, si vous regardez ce qu'on a fait le 7 octobre, on a lancé une concertation avec les organisations représentatives étudiantes, et dans cette concertation sur la vie étudiante et en particulier la réforme des bourses, j'ai donné un agenda depuis septembre-octobre. Cet agenda, et il disait qu'en mars, nous allions annoncer la première étape pour une mise en œuvre à la rentrée 2023 de cette réforme des bourses. Et qu'est-ce que nous avons fait ?
La plateforme qui donne accès aux demandes de bourses doit s'ouvrir et chaque année s'ouvre le 15 janvier. Et en novembre, nous l'avons décalé au 15 mars. Donc, vous voyez que cet agenda, il était prévu depuis longue date. Et au niveau du 15 mars, là, il y avait urgence de rentrer le nouveau modèle sur la plateforme. Et les derniers jours, les dernières semaines, nous avions encore le choix entre deux, trois modèles, scénarios d'évolution. Et nous avons décidé, il y avait urgence d'ouvrir l'accessibilité à la plateforme.
Mais l'annonce de votre conférence de presse a été un peu précipitée quand même. Parce qu'en début de semaine, on ne savait même pas que vous feriez effectivement mercredi toutes ces annonces.
Tout à fait. Parce que l'arbitrage du modèle qu'il y avait, entre un modèle, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais qu'on a discuté aussi avec les organisations représentatives étudiantes linéaires et un modèle qu'on gardait, puisqu'on n'a pas refait le modèle, eh bien, a été arbitré pratiquement la veille. Et donc, comme on a eu un arbitrage final, il nous a semblé important par rapport à l'ouverture de la plateforme de se dépêcher et d'annoncer, par rapport à l'ouverture de la plateforme. Eh bien, allons dans le fond du sujet. Qui s'il y a deux jours avant, normalement.
Le fond du sujet pour cette réforme des bourses, c'est que vous allez élargir l'assiette des bénéficiaires, des bourses étudiantes, accessibles à la rentrée, aux familles aussi de classe moyenne. Selon quels critères ?
Alors, le critère, c'est le critère sociaux. Ce sont des bourses sur critères sociaux. Donc, en fait, on a...
Donc, le revenu des parents ?
Les revenus des parents. Le modèle, aujourd'hui, là, ne change pas. On l'a annoncé depuis le début. Pour refaire un modèle, il faut du temps pour le réimplanter. Et donc, ce qui est prévu, c'est une deuxième phase de concertation qu'on va réouvrir dans deux, trois semaines. Et le nouveau modèle va être défini avant l'été pour ensuite pouvoir être implanté pour la rentrée 2024 ou au plus tard la rentrée 2025.
Parce que la précarité des étudiants, ça ne concerne pas simplement que les boursiers. Cette précarité, elle va bien au-delà des boursiers.
Vous avez raison. Et c'est pour ça qu'on a pris d'autres mesures, que l'on prend d'autres mesures. Une des mesures que l'on a annoncées, c'est la pérennisation du repas à 1 euro pour les boursiers et les étudiants précaires. Mesures que ce gouvernement a mis en place en période de crise, au moment de la période du Covid. Et donc, nous avions mis en place, et je l'avais prolongée pour cette année, à la fois pour les boursiers et pour les précaires.
Des repas à 1 euro, à partir de quand on peut en bénéficier ? A partir de quand sommes-nous précaires ?
Alors, il n'y a pas à partir de quand sommes-nous précaires, on est précaires. Et le message à donner aux étudiants, si vous avez besoin du repas à 1 euro parce que vous êtes en difficulté, vous adressez aux CRUS, et vous vous adressez aux CRUS, dans lesquelles les CRUS, il y a des gens dont c'est le métier, ce sont les assistants et les assistantes sociales. Et donc, il y a des critères, comme toutes les prestations sociales, et ensuite, il y a la situation humaine de l'étudiant. Et nos assistants et assistantes sociales, dont c'est le métier, savent juger. Et je voudrais rajouter qu'il n'y a pas que le repas à 1 euro que l'on peut proposer pour aider et faire bénéficier.
Il y a aussi des aides aux CRUS, soit ponctuelles, pour aider à un moment de difficulté de l'étudiant, soit des aides annuelles. Et ces aides annuelles... C'est des aides financières ? Oui, des aides financières. Et les aides annuelles peuvent être une aide financière qui correspond pour toute l'année au niveau le plus haut des bourses, ce qu'on appelle l'échelon 7 des bourses. Et donc, des étudiants, et de nombreux étudiants, sont aidés aux CRUS avec des aides financières, en plus du repas à 1 euro. Donc, les étudiants doivent aller s'adresser aux CRUS quand ils en ont besoin.
Alors, donnez-nous un regard un peu plus large sur tout votre plan. Vous avez mis 500 millions d'euros sur la table. Qu'est-ce que ça va changer concrètement pour les étudiants ?
Alors, les 500 millions d'euros, il y a une grosse partie. C'est donc cette première étape pour les bourses dans laquelle, premièrement, on veut aider plus d'étudiants. Parce que, comme vous le dites, il y a les étudiants boursiers et il y en a d'autres. Plus d'étudiants, on va faire rentrer 35 000 étudiants, nouveaux étudiants boursiers, au niveau des bourses cette année. Il y en a 720 000 aujourd'hui. Sur les 700 000 à peu près, oui, d'étudiants. Donc, on fait rentrer 35 000 nouveaux et on fait bouger d'un échelon à l'autre, c'est-à-dire une bourse supérieure, 140 000 étudiants qui vont bénéficier d'une bourse supérieure par rapport à ce qu'ils auraient été si on n'avait pas fait.
Donc, c'est 37 euros, vous dites.
Ce sont les 37 euros de plus ?
Alors, non. Ça, les 37 euros de plus, c'est pour tous les boursiers, au minimum. Et j'y reviendrai. Là, ce qu'on appelle, on fait bouger le barème, on fait bouger les règles, justement, les critères qui font qu'on est boursier ou pas. Et ce critère que l'on a fait bouger pour être boursier permet d'intégrer plus d'étudiants boursiers et de mieux, enfin, de faire monter les échelons.
Et ces 37 euros supplémentaires pour chaque étudiant par mois, à 37 euros par mois, vous estimez que c'est suffisant pour combler l'inflation que les étudiants prennent en pleine figure quand ils n'ont pas d'argent ?
Alors, c'est une très bonne question puisque cette inflation, elle a été revue là, mais même quand elle était autour de 6 %, même si là, elle est à 5,4. Et ce qui est important aussi pour les étudiants, leur premier poste de dépose, c'est le logement et l'alimentaire, vous l'avez dit. Et l'alimentaire, on sait que l'inflation, c'est plutôt autour de 15 %. Et le réhaussement des bourses, au global, c'est 20 %. C'est une augmentation historique. Et si on a fait une moyenne de 20 %, le budget augmente de 20 %, c'est parce qu'on connaît cette inflation aujourd'hui que subissent les étudiants et que l'on a cet intérêt particulier.
Je voudrais préciser quand même que justement, aider mieux, aider mieux, le 37 euros ne sort pas d'un chapeau, c'est que l'échelon le plus haut, l'échelon 7 qui a à peu près 600 euros, qui n'est pas loin du RSA, donc à un moment donné, on n'est jamais petit ou grand, vous le savez, c'est toujours par rapport à quelque chose. Et donc, on a pris ce échelon le plus haut, on a impacté de l'inflation de 6,2 moyenne et ça donnait 37 euros qu'on a répercuté sur tous les étudiants. Il nous reste très peu de temps. Mais Sylvie Retailleau,
37 euros pour payer son loyer, c'est rien de supplémentaire, on est d'accord quand même. Mais c'est un repas à 0 euro pendant un mois. C'est ça, 37 euros pour les étudiants. Mais les logements dans les plus grandes villes de France sont excessivement chers pour les étudiants. Or, le CRUS n'a que 175 000 logements à proposer. Donc 37 euros, c'est quand même, enfin c'est très bien,
mais c'est pas assez. Alors déjà, 37 euros, c'est le minimum pour tous les étudiants. Ce que je vous ai dit tout à l'heure, avec 140 000 étudiants qui changent d'échelon, ça veut dire qu'ils augmentent de 66 euros au minimum à 127 euros. Donc il y aura des étudiants qui vont avoir une augmentation de 127 euros. Le 37 est en minimum. Pour les logements...
Sylvie Retailleau, je vous presse parce que vraiment le temps en presse. Et il y a d'autres sujets. Un mot sur les critiques aussi, sur l'insalubrité des locaux dans les CRUS. Que faites-vous au ministère ?
Alors sur les logements CRUS, déjà, il y a un grand plan de rénovation puisqu'il en reste peu qui ne sont pas rénovés aujourd'hui. mais c'est encore trop parce que les logements du CRUS avaient vraiment besoin. Et donc on a un plan pour finaliser les logements et on met l'argent sur la table là et le CRUS est en train de les finaliser. Donc ce plan de rénovation va se terminer, va continuer. Donc c'est clair. Et les logements étudiants CRUS, il y en a peu, mais on a aussi un plan de regarder comment on crée de nouveau.
Parcoursup.
Alors voilà,
il reste vraiment très peu de temps. On a appris cette semaine que l'ancienne ministre de l'enseignement supérieur, votre prédécesseur, Frédéric Vidal, n'avait finalement pas diligenté d'enquête sur l'islamo-gauchisme rampant dans les universités françaises. À l'époque, elle avait suivi les propos qui avaient été tenus par son collègue à l'éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui en avait fait lui une de ses grandes batailles. Pourquoi est-ce que le ministère de l'enseignement supérieur a mis autant de temps, deux ans, pour révéler que jamais aucune enquête n'avait été lancée dans les universités
sur ce sujet ? Alors pour dire, parce que je sais que c'est un sujet qui vous passionne, mais comme vous le dites aujourd'hui, tout à fait, il n'y a pas d'enquête. Donc quand on nous l'a demandé, quand ça a été saisi par les demandes, on a répandu au niveau de ce ministère. La direction des affaires juridiques a fait une réponse précise. Et comme il n'y a pas d'enquête, vous comprendrez que je ne peux pas dérouler ce qui n'existe pas. Mais ça, il a fallu deux ans pour tout ça ? Il n'a pas fallu deux ans. On a répandu quand on nous l'a demandé s'il y avait enquête ou pas, puisque ça fait partie de l'enquête.
Et comme il n'y a pas d'enquête, donc de choses probantes et argumentées, je ne développerai pas ce sujet.
On aurait dû parler aussi de parcours sup des étudiants étrangers. Le temps est passé très vite. Je reviendrai. Avec plaisir. Nous reviendrons avec vous parler de ce parcours sup notamment. Merci beaucoup d'être venu ce matin. Sylvie Retailleau, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Bonne journée à vous.