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interviewRMC — Face à Face· 27 août 2020 23 min

L'invité de Bourdin Direct : Xavier Bertrand - 27/08

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC Bourdain Direct, Jean-Jacques Bourdain. Louis Bertrand, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, président de la région Hauts-de-France. Si je vous dis possible, futur président de la République, nous verrons. Rentrer ce matin, radio, télé, sur BFM TV et RMC. Les masques, toujours les masques. La crise sanitaire, toujours la grosse préoccupation des Français, la première préoccupation des Français aujourd'hui. Est-ce que vous pensez que nous sommes prêts à affronter une seconde vague ?

0:42
Xavier Bertrand

On peut éviter une seconde vague, telle qu'on l'a connue la première fois, avec à la fois un reconfinement qui est l'option que tout le monde veut éviter, souhaite éviter. Vous savez, il y a plein de sujets sur lesquels j'ai des choses à dire. Je suis un opposant au gouvernement, mais en matière de santé publique, moins il y a de polémiques, mieux on se porte. Vous connaissez cela ? Vous avez été ministre de la Santé. Je sais que quand Bernard se concentrait sur la santé de ses concitoyens, sans répondre aux interpellations et aux polémiques, c'est mieux.

C'est la raison pour laquelle, au cœur de cette crise, j'ai fait des propositions, mais je me suis abstenu justement de tout commentaire ou de toute critique, même quand il y a eu les incohérences sur la question des masques. On ne savait pas les porter, c'était inutile. Et on s'aperçoit que tant qu'on n'a pas de vaccin, tant qu'on n'a pas de vaccin, la façon de se protéger, de protéger les autres, c'est le port du masque. Voilà.

1:31
Présentateur

Est-ce que vous demandez la gratuité, parce qu'il y a eu débat aussi ces derniers jours, la gratuité des masques pour les collégiens et lycéens ? Je le fais. Oui, je le fais pour les lycéens. Vous le faites pour les lycéens de votre région.

1:41
Xavier Bertrand

Et les apprentis. Et les apprentis. Les lycéens du public et du privé. L'ensemble des lycéens, à peu près 300 000. Mais là encore, plutôt que de rentrer dans une polémique, il faudrait faire, il faudrait interpeller tout ça. Il y a un problème, on le règle. L'État ne le fait pas, le Conseil Régional des Hauts-de-France le fait. Nous avions déjà mis en place, dans la région, à partir de mi-mai, un masque pour tous. On avait distribué à peu près 15 millions de masques, entre des masques chirurgicaux et des masques en tissu, gratuitement à toute la population. J'avais très vite reconstitué des stocks de masques. Et là, ça nous permet justement de doter l'ensemble des lycéens et des apprentis.

Pour commencer...

2:20
Présentateur

Les lycéens, les apprentis et les collégiens ?

2:22
Xavier Bertrand

Les départements le font. Et si nous avons des départements qui ne sont pas en mesure de le faire dans la région, le Conseil Régional le fera. Même si, je le rappelle, chaque foyer, chaque famille, toute personne de plus de 6 ans dans la région a déjà reçu un masque.

2:36
Présentateur

Oui, mais Xavier Bertrand, il est normal aussi que les collectivités territoriales aident l'État ou parfois se substituent à l'État. Non ? On ne peut pas tout demander à l'État.

2:46
Xavier Bertrand

Je pense que c'est le rôle de l'État. Si l'État ne le fait pas, moi, je le fais. Parce que derrière ça, vous voyez, si on rentre dans des... Donc, l'État devrait offrir la gratuité des masques à tous les collégiens et lycéens ? Parce qu'en plus de qui parle-t-on ? Et à tous les apprentis. On parle de nos enfants. C'est-à-dire, un, les protéger, eux, mais protéger aussi, quand ils rentrent chez eux, leurs parents et leurs grands-parents. Cet enjeu de protection, je pense qu'il est au cœur des missions régaliennes de l'État. Maintenant, en cette rentrée où il y a tant d'inquiétudes, je n'ai pas envie d'ouvrir des polémiques sur la question. L'État ne le fait pas, nous le faisons.

3:21
Présentateur

Bien, Xavier Bertrand, parliez du régalien. Il y a un instant, parlons de l'insécurité. Ou de l'insécurité. Je préfère parler de sécurité que d'insécurité. Vous avez vu, Grenoble, des dealers qui sont à l'entrée de leur quartier, le quartier Mistral, armés. Le ministre de l'Intérieur envoie tout de suite des forces de police. Il a bien réagi ? Oui. Il a fait ce qu'il fallait faire ? Oui. Et test de la communication ? C'est ce que dit le maire de Grenoble ?

3:49
Xavier Bertrand

Alors déjà, la question qui se pose, on a vu cet été. Est-ce que c'est l'embrasement d'un été ? C'est un été orange mécanique, avec une violence gratuite qui nous a toutes et tous profondément marqués. Je vous le dis, Jean-Jacques Bourdin, on n'a pas le choix. Nous devons absolument casser cette spirale de la violence, qui ne date pas seulement d'il y a quelques semaines, d'une dérive en profondeur. C'est une crise de l'autorité, du respect de l'autorité. Nous avons trop d'individus dans notre pays qui ont un tel sentiment d'impunité qu'ils se croient tout permis.

Or, ce que je vois aujourd'hui, c'est qu'il y a de la peur, il y a du repli sur soi, et il y aura aussi, si on ne fait pas attention, de l'autodéfense. Ça, c'est la fin de la République, c'est la fin de l'État, et c'est la fin de ce qui fait Nation. Mais vous êtes alarmiste. Vous pensez que le risque existe. Exactement. Vous avez vu à Palavas-Niclo, où les commerçants s'organisent pour dire « Nous, on va faire respecter l'ordre, et on va protéger nos commerces. »

4:45
Présentateur

Je vais revenir sur les solutions. Vous avancez des solutions, des propositions. Mais si je vous comprends bien, si je vous comprends bien, je vais vous poser une question directe. Est-ce que le président de la République manque d'autorité ?

4:57
Xavier Bertrand

Oui. Sur ces questions, il n'a pas conscience. Il n'a pas conscience de ce qui est en train de se passer dans le pays.

5:03
Présentateur

Est-ce qu'il a de nombreuses avec l'autorité ?

5:05
Xavier Bertrand

Je vais plus loin. Il a un problème, non seulement avec l'autorité, mais avec ces questions-là. Vous savez, quand vous n'avez jamais été élu local, jamais été élu local, que vous n'avez pas reçu dans votre permanence des familles victimes d'agressions, d'intimidations, quand vous n'avez jamais été appelé au cœur d'un quartier miné par les trafics pour vous rendre compte par vous-même de ce que vivent les gens. Je me souviens, quand j'étais maire de Saint-Quentin, un jour, un monsieur dans une résidence me dit « Monsieur le maire, il y a à nouveau des problèmes. Ils sont assis sur ma voiture. Ils sont assis sur ma voiture. Qu'est-ce que je fais ? Je descends ou pas ?

» Et là, vous devez trouver une solution tout de suite. Vous y rendre vous-même dans ce quartier pour justement apaiser les tensions et envoyer aussi la police municipale et ensuite remettre au pas, remettre au pas les fauteurs de troubles. Parce qu'il y a un moment où il y a des braves gens qui n'auront pas envie de baisser la tête et qui vont se rebeller. Ça n'est pas à eux de le faire, c'est à l'État de le faire.

5:55
Présentateur

Le ministre de l'Intérieur est votre ami, Xavier Bertrand. Vous ne reniez pas cette amitié, j'imagine. C'est votre ami.

6:02
Xavier Bertrand

Il est compétent. Et c'est un bien meilleur ministre de l'Intérieur que son prédécesseur. Maintenant, vous m'avez parlé d'Emmanuel Macron. Oui. Allez-y. Il est président de la République depuis 2017. En 2018, M. Collomb quitte ses fonctions et il tient un discours de vérité en disant que nous finirons par nous retrouver face à face. Qu'est-ce qui s'est passé depuis ? Vous pouvez avoir, je le pense, un meilleur garde des Sceaux que son prédécesseur. C'est le cas aussi. C'est ce que je viens de vous dire. Un meilleur ministre de l'Intérieur que son prédécesseur. Le sujet, c'est le chef de l'État.

S'il n'y a pas une volonté politique très forte au sommet de l'État, une lucidité, le courage de prendre les mesures. Et ensuite, des décisions rapides, très simples, mais efficaces, je vais vous le dire, ce sont des bandes, ce sont des voyous, ce sont des délinquants qui aujourd'hui ont déjà leur territoire, qui vont chercher à l'agrandir ce territoire et l'ordre ne sera plus respecté. Non seulement on doit réussir, mais on peut réussir. Prenez notamment dans les années 90. New York. C'était un coupe-gorge. Un coupe-gorge. Il y a eu un maire, qui auparavant était procureur, qui a décidé de prendre les choses en main. Les choses ont profondément changé.

Ça passait des incivilités jusqu'aux délinquants et aux criminels. Mais quand vous voyez, vous me parliez d'Emmanuel Macron, que le président de la République, dans son interview du 14 juillet, n'a pas parlé du sujet, et que dans son interview, une semaine après, il ose parler d'incivilité, alors qu'on a connu justement ce meurtre du chauffeur de bus à Bayonne, qu'il y a le décalage. Donc, je lui dis... Alors, je vous pose une gestion. Je vais jusqu'au bout. Vous me donnez la possibilité d'interpeller le président. Il faut qu'il change de politique pénale dès maintenant. Vous avez parlé du ministre de l'Intérieur. Sur les forces de police, il y a déjà plusieurs choses à faire.

La première, c'est qu'il faut changer notre politique. Aujourd'hui, disons les choses très clairement. On pense que si les commerces sont détruits, c'est moins grave que si on a des affrontements, des heurts, des blessés, ou pire. Sauf qu'aujourd'hui, vous avez un sentiment de laisser aller. Quand vous avez des forces de l'ordre qui sont positionnées et qu'elles n'interviennent pas, c'est qu'elles reçoivent l'ordre de ne pas intervenir. Il faut changer avec ça, avec notamment les interpellations préventives.

8:17
Présentateur

Mais sur les Champs-Élysées, elles sont intervenues,

8:20
Xavier Bertrand

les forces de l'ordre, dimanche soir. Vous savez pertinemment, et notamment sur ce qui s'est passé.

8:24
Présentateur

Il y a eu des condamnations.

8:25
Xavier Bertrand

Rue François 1er. Rue François 1er. Les forces de l'ordre qui est dépostée n'ont pas reçu tout de suite l'ordre d'intervenir. Et si vous voulez éviter les heurts, comme ça s'est passé à une époque avec les Black Blocs, vous avez la possibilité, la loi vous le permet. Quand une manifestation est interdite, vous faites les sommations d'usage et ceux qui refusent de se disperser sont interpellés. Et vous avez le moyen pour que derrière, la justice puisse suivre et sanctionner. Il y a des moyens avant même de voter de nouvelles lois et il en faudra. Notamment pour le retour des peines minima. Vous avez la possibilité dès maintenant, dès septembre, de changer le cours des choses.

Et j'aurais aimé qu'on le fasse dès cet été. Ça veut dire quoi ?

9:06
Présentateur

Vous posez une question, je vais aller encore plus loin. Est-ce que le président de la République est à la hauteur de la fonction

9:12
Xavier Bertrand

qu'il remplit ? Sur ces questions, il n'a pas compris ce qui est en train de se passer dans notre pays. Pas depuis quelques semaines seulement. Pas depuis quelques années seulement. C'est un mouvement...

9:22
Présentateur

Serait-il atteint par le syndrome qui a touché plusieurs présidents de la République qui s'occupe plus de ce qui se passe dans le monde que de ce qui se passe dans son propre pays ? Ça me semble être une évidence.

9:33
Xavier Bertrand

Pour Emmanuel Macron comme pour les autres. Ça me semble être une évidence. C'est prédécesseur. Mais comprenez bien que la question du retour de l'autorité, du respect de l'autorité, pardon, de la soumission aux lois, ça n'est pas une option. Alors, derrière, je vous ai aussi parlé des forces de l'ordre qui doivent recevoir des instructions très claires. et je sais qu'elles soient respectées et c'est la question de la justice. Au cœur de l'été, j'aurais aimé qu'il y ait une réunion en urgence du président, du Premier ministre, du ministre de l'Intérieur et du garde des Sceaux et que des instructions soient données au parquet sur les poursuites.

Les comparutions immédiates quand on voit tous les drames qu'on a pu voir cet été. Regardez, ce père de famille qui fait la remarque à quelqu'un qui est rendu dans une avrique, qui n'a pas de masque et qui est lâché. Le ton monte, l'autre sort, il revient avec des barres de fer devant leurs enfants 5 et 7 ans. Devant ses enfants. Vous voyez ce que ça veut dire ? Et moi, derrière, ce que j'attends, c'est quand aura lieu le jugement et les sanctions qui sont prises. Je pense que nous avons besoin aujourd'hui de savoir exactement quelle est la suite donnée à des faits tragiques. Parce qu'on a besoin de savoir si la justice passe vite et pardonnez-moi, durement.

10:42
Présentateur

Le Premier ministre que vous connaissez bien. Oui. Très bien. Le Premier ministre a senti cela. Il veut installer des juges de proximité pour désengorger les palais de justice et sanctionner. Sanctionner très vite. Presque au quotidien.

10:59
Xavier Bertrand

C'est pas mal, non ? Ça fait 3 ans qu'on ne le fait pas. Oui. Vous savez, Jean-Jacques Bourdin, il n'y a que les braves gens qui payent leurs contraventions dans ce pays. Le taux de recouvrement des contraventions, il est ridicule. Vous avez un rapport sénatorial de 2018. Vous avez 50 000 à 70 000 peines de prison ferme qui ne sont pas appliquées. C'est-à-dire qu'il faut que la justice passe très vite et qu'on ait la certitude de la sanction. Regardez notamment dans certains quartiers. Vous avez les fameux rodéos avec des mots. Oui. Parfois, consigne est donnée aux forces de l'ordre de ne pas intervenir sur le coup pour qu'il n'y ait pas de drame d'accident.

Mais il y a aussi des possibilités. Et ça se fait. Vous prenez notamment dans les Hauts-de-France, dans le Valenciennois. Il y a une action conjointe entre le commissariat et le procureur où, avec de la vidéo, on interpelle après coup. Et qu'est-ce qu'on fait ? La confiscation. La confiscation des véhicules. Vous voyez bien que ça se fait en France parce que ça se fait dans le Valenciennois. Ça montre bien que quand on veut, on peut et qu'il faut le faire tout de suite. Donc, jusqu'au bout de volonté ? Jusqu'au bout. Oui. Les motos en question. Oui. Il faut donner la possibilité aux magistrats. Confiscation, destruction. Tous ceux qui pourrissent la vie.

Pourrissent la vie, justement, des braves gens dans les quartiers comme ça. À partir du moment où vous confisquez la moto et vous la détruisez, ça n'est plus la même histoire. De la même façon, tous ceux qui sont dans les trafics qui ont des superbes voitures, vous les confisquez et vous les revendez, ça n'est plus la même histoire. Mais aussi, je ne suis pas seulement à interpeller le président de la République et le gouvernement. Je suis aussi prêt à être un partenaire. Je ne veux pas chercher à faire le régalien à la place de l'État, mais je peux être un partenaire. Que ce soit dans ma région ou à Saint-Quentin. On a mis en place notamment des travaux d'intérêt général.

Qu'on me sollicite davantage. Pour l'instant, j'en ai que quatre qui au titre d'une expérimentation ont été pris. On fait du suivi renforcé pour prévenir la récidive. Là aussi, qu'on nous utilise davantage. Ça sera l'affaire de toute la société. Si je vous écoute bien. Et puis, dans ce qu'a dit le Premier ministre, où sont les places de prison supplémentaires ? Mais il faut dix ans pour construire une prison. Justement, ce n'est pas une fatalité. J'ai proposé, je parle maintenant d'expérience, j'ai proposé sur le Saint-Quentin-Ouat un terrain pour justement construire des prisons. On me dit non, ce n'est pas dans le programme

13:08
Présentateur

aujourd'hui. Les populations ne veulent pas de prison à proximité de chez eux, vous le savez.

13:12
Xavier Bertrand

Vous croyez que j'ai décidé ça tout seul dans mon coin ? J'en ai parlé avec l'ensemble des élus, j'ai mis ça sur la place publique. On a trouvé un site pour construire une prison. La prison n'est pas la seule solution. N'est pas la seule solution. Il y a aussi par contre une chose avec laquelle il faut rompre. La loi de Mme Belloubet en 2019, applicable en mars... L'aménagement des peines. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, allez, jusqu'à un an de prison, vous n'irez pas en prison. Même si la peine de prison a été prononcée à l'audience, le magistrat transforme cette peine. Elle est où la valeur dissuasive ? Et je pense qu'il faut rompre avec une autre logique.

Et cette logique consiste à dire que les peines courtes favorisent, je dirais, la poursuite dans la délinquance et dans la criminalité. Vous avez des pays, notamment du nord de l'Europe, qui pensent au contraire que des peines courtes, réellement effectuées, permettent d'éviter la récidive. Mais vous devez faire aussi autre chose, c'est tendre la main pour qu'il y ait de vraies perspectives de réinsertion et que quand on sort de prison, il y a une formation, il y a la perspective d'un boulot et la perspective d'un véritable accompagnement pour retrouver sa place.

14:14
Présentateur

Si vous êtes président de la République, vous reviendrez et vous rétablirez les peines planchées. Oui.

14:20
Xavier Bertrand

C'est clair. Parce que c'est la certitude de la sanction. Oui. C'est la certitude de la sanction. Et ces peines planchées, il faut bien aussi rappeler les choses telles qu'elles sont, elles avaient obtenu des résultats. Il y a bien sûr un sacro-saint principe d'individualisation des peines de la part des magistrats du siège. Il y a le procureur qui fait les réquisitions et il y a le magistrat du siège. Mais je suis intimement convaincu qu'il faut qu'il y ait des peines qui soient fermes, dures et réellement appliquées. C'est ça l'enjeu. Et là, vous voyez, Jean-Jacques Bourdin, on n'a pas besoin d'attendre 20 mois la prochaine élection présidentielle.

Revenir, revenir sur les textes de Mme Belloubet. Avoir des délais plus courts pour appliquer les travaux d'intérêt général. Appliquer l'intégralité des peines. Ça, c'est quelque chose d'indispensable et d'incontournable. Les gens, il faut qu'on reprenne la maîtrise des choses. Faut-il changer de président de la République en 2022 ? Moi, je suis intimement convaincu aujourd'hui que le président de la République sur ses questions régaliennes, sur les questions clés de pouvoir d'achat, ne mesure pas. Ne mesure pas. Je vous repose la question.

15:26
Présentateur

Est-ce qu'il faut changer de président de la République en 2022 ?

15:28
Xavier Bertrand

Je le pense, mais ce n'est pas l'enjeu d'aujourd'hui.

15:30
Présentateur

Oui, ce n'est pas l'enjeu d'aujourd'hui. On peut se poser deux secondes. On va se poser deux secondes. Ce n'est pas l'enjeu d'aujourd'hui, mais vous avez posé aujourd'hui les enjeux. Ce matin, on se pose deux secondes. En nous disant quoi ? En nous disant que les questions d'autorité sont les questions essentielles et seront les questions essentielles de la prochaine présidentielle.

15:46
Xavier Bertrand

On se pose deux secondes. Oui, allez-y. Je suis un responsable politique, je suis un opposant qui propose, un opposant qui propose, mais derrière, je ne veux pas faire la politique du pire. Parce qu'il y a l'intérêt national et il y a l'intérêt général avant tout. Je pourrais rester dans mon coin et venir peu de temps avant 2022, dire, moi, voilà ce que je pense et voilà ce qu'il faut faire. Tiens, c'était avec vous notamment. On était en décembre 2018 que j'ai fait cette proposition, vous savez, la fameuse prime de 1000 euros pour apporter des réponses en termes de pouvoir d'achat au cœur de la crise des gilets jaunes. Je suis un opposant qui propose.

Parce que vous voyez, Jean-Jacques Bourdin, on peut avoir des différences, ils ont des extrêmes, du centre, de gauche et de droite, mais il y a une maison commune et qui s'appelle la France. Et je n'ai pas envie que mon pays parte à la dérive. Je n'ai pas envie que les Français soient inquiets. Donc, en attendant les grandes échéances, je continuerai à faire mon travail à la tête de la région. J'interpelle et je propose. C'est ma conception de l'intérêt général. Donc,

16:41
Présentateur

vous vous préparez à être candidat à la présidentielle. Maintenant, il n'y a plus de doute. Vous esquissez, si j'ai bien compris, le projet que vous porterez. On est bien d'accord. Qui sera basé sur le régalien, sur l'autorité, sur la sécurité.

16:55
Xavier Bertrand

N'oubliez pas le pouvoir d'achat. Et le pouvoir d'achat. Je vais y venir. N'oubliez pas l'économie.

16:59
Présentateur

Mais vous déclarez quand ?

17:01
Xavier Bertrand

Mais, officiellement, on ne va pas tympaniser les Français avec l'élection présidentielle. Ils sont à la rentrée des classes pour certains, économiques et sociales. Ils ont passé un été où ils ont vu cette explosion de la violence gratuite et ils ne sont pas là pour savoir...

17:15
Présentateur

Mais c'est clair, Xavier Bertrand. C'est clair. Votre objectif, c'est d'être président de la République en 2022.

17:21
Xavier Bertrand

Mon objectif premier, mon objectif premier, c'est déjà en tant que président de la région des Hauts-de-France, c'est d'encaisser le mieux possible le choc de cette crise économique et sociale et de préparer la relance de l'emploi dans ma région. Non, attendez, attendez. Mais c'est un objectif pour vous ? C'est un objectif politique ? Mon objectif premier, c'est celui-là. Après, je ne tourne pas autour du pot. J'ai dit en septembre dernier que j'y pensais, que je m'y préparais. Je suis effectivement déterminé, mais je ne confonds pas. Je ne confonds pas. Je suis président d'une région de 6 millions d'habitants.

17:51
Présentateur

Pour un mandat unique ?

17:52
Xavier Bertrand

Oui. Ah ben attendez, juste sur ce point-là, ça fait longtemps que je défends cette idée. Je sais que beaucoup de commentateurs, d'observateurs sont très étonnés. Je pense que, compte tenu de l'ampleur de la tâche aujourd'hui, si vous voulez réconcilier les Français, vous ne devez vous concentrer que là-dessus. Et je pense que le mal français, tiens, la fausse bonne idée, c'était le quinquennat. On s'est dit qu'on voterait plus souvent, que c'était mieux. Toute personne qui rentre à l'Elysée n'a envie que d'une chose, c'est de faire un deuxième mandat. Moi, je suis pour qu'il y ait un mandat unique et qu'on se concentre uniquement sur la tâche.

Très franchement, je pense que 6 ans, avec l'ensemble des autres mandats, à 6 ans, nous permettraient effectivement convaincus.

18:32
Présentateur

Xavier Bertrand, on va parler un petit peu d'économie puisqu'effectivement, il y a une forte inquiétude aussi sur l'avenir de nos entreprises. Le président du MEDEF pense qu'il faut rouvrir le débat sur le temps de travail. Vous l'ouvririez si vous étiez président de la République ? On peut ouvrir en premier

18:47
Xavier Bertrand

le débat sur le pouvoir d'achat ? Allez-y, si vous voulez. Mais je reviendrai sur le temps de travail. Quand vous êtes aujourd'hui avec le SMIC, quand vous voyez les difficultés pour se loger, le coût du logement, le coût du transport, la première des choses, et n'oublions pas ce qui s'est passé avec la demande première des gilets jaunes. Quand vous avez des gens dans un pays qui bossent et qui n'arrivent pas à s'en sortir, on va dans le mur. On va dans le mur. Donc, la première des choses, c'est cette question du pouvoir d'achat. Et je ne suis pas celui qui parle sans faire... Mais le pouvoir d'achat, c'est quoi ? C'est de l'offre ?

19:19
Présentateur

C'est de là de... C'est quoi ? Vous avez vu le discours... Vous avez écouté le discours du Premier ministre hier, qui est plutôt optimiste. Le MEDEF qui est plutôt optimiste.

19:28
Xavier Bertrand

C'est d'avoir des fins de mois qui ne commencent pas le 10 ou le 15. C'est de préparer l'avenir de ses enfants et c'est de faire plaisir à ses enfants. Et encore une fois, je ne suis plus un politique qui parle sans faire. Dans la région, nous avons mis en place une aide au transport pour ceux qui doivent prendre leur voiture pour aller travailler. On prend en charge une partie d'offres-raies de transport. Ils ne sont pas en grève.

19:46
Présentateur

Oui, c'est un autre problème. C'est aussi mon problème. En tant que président de région, c'est mon problème. Je sais.

19:52
Xavier Bertrand

C'est celui de centaines de milliers de personnes qui les prennent tous les jours. Et là aussi, j'aimerais qu'il y ait de nouvelles donnes dans nos relations avec la SNCF. Je reviens là-dessus. On fait la même chose pour la garde d'enfants. Et vous voyez, j'ai mis en place des chèques vacances pour les salariés et les indépendants qui ont dû travailler pendant le Covid et qui n'ont pas reçu de prime de leur employeur. Parce que j'avais dit leur dire merci, c'est bien. Mais honnêtement, si le routier ne se levait pas à 4h du matin pour aller livrer l'alimentaire, si les salariés agricoles, les salariés agroalimentaires n'avaient pas fait leur boulot, on aurait connu des difficultés pires.

Et j'avais dit, dire merci, ça ne suffit pas. Si l'État ne le fait pas, j'avais appelé une prime de reconnaissance nationale, la région le fera. On a mis en place des chèques vacances pour ces salariés. On pensait au début qu'il y aurait 15 000 personnes dans la région concernée. On va finir à près de 80 000. Et à part ça, il n'y a pas de problème de pouvoir d'achat. 200 euros, ce n'est pas beaucoup.

20:41
Présentateur

Il y a la France qui a épargné 100 milliards d'euros et il y a la France qui n'a pas pu épargner

20:46
Xavier Bertrand

et qui ne peut pas épargner. Quand il y a un chèque vacances, ce n'est pas seulement de souffler, c'est de faire plaisir à ses enfants. Et 200 euros, excusez-moi, mais avec 200 euros, vous ne partez pas en vacances en Thaïlande. Vous consommez sur place. Et en plus, c'est dans des commerces, dans des activités qui sont dans la région. Donc c'est ça qui nous permet aussi, regardez, de relancer l'activité et de redonner des perspectives. Mais je repose ma question. Au niveau national, il faut le faire. Il faut le faire. Travaillez plus si vous proposez un pacte aux Français pour qu'ils aient de meilleures perspectives d'avenir. Donc il faut rouvrir le débat sur le temps de travail.

Alors en même temps que le pouvoir d'achat. Mais il faut rouvrir le débat. En même temps que le pouvoir d'achat. Non mais comprenez bien. Non mais je... Il y a des gens...

21:27
Présentateur

On rouvre le débat sur le temps de travail en même temps que le pouvoir d'achat. Et puis n'ayons pas

21:33
Xavier Bertrand

lors des mois. Il y a un débat très intéressant qui est porté depuis des mois par Laurent Berger. La question du reste à vivre. Du reste à vivre. Et vous voyez, ce que doivent faire les politiques, les dirigeants d'entreprises, c'est savoir se mettre à la place des gens. C'est de bien voir que des gens qui veulent faire le maximum pour retrouver un emploi. Il y en a d'autres qui travaillent et qui ne réussissent pas à s'en sortir. Et vous avez un autre risque dans les semaines qui viennent. Et j'alerte aussi le gouvernement sur ce sujet. Les indépendants.

Quand vous êtes artisan, commerçant, profession libérale, auto-entrepreneur, qu'avec la crise, vous avez été fragilisé et que vous risquez de perdre votre activité. Si vous ne changez pas de main les règles d'indemnisation actuelles de ces indépendants, ce sont des gens qui travaillent, qui symbolisent le travail et qui n'auront rien pour vivre. Vous êtes auto-entrepreneur, vous êtes artisan, vous perdez votre activité. Si vous n'avez pas d'argent de côté, si votre conjoint ne travaille pas, vous n'avez rien. Rien, pas de revenu pour vous loger, pour payer la cantine, pour nourrir vos enfants. Et il faut absolument anticiper. Je le fais dans ma région.

Je vous dis, je ne suis plus le politique qui parle mais qui fait. C'est-à-dire, on va leur permettre d'avoir une formation s'ils n'ont rien d'autre pour rebondir et on va leur faire aussi des prêts d'honneur sans garantie pour rebondir. Soucions-nous de tous les Français.

22:42
Présentateur

Merci Xavier Bertrand d'être venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV. Merci 8h56. Sous-titrage Société Radio-Canada

22:48
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

L'invité de Bourdin Direct : Xavier Bertrand - 27/08 — Xavier Bertrand · Pourquijevote