CORONAVIRUS : MACRON A-T-IL CHOISI DE LAISSER MOURIR LES FRANÇAIS ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00narrateurFait
« Face à la crise du coronavirus, le gouvernement va-t-il se résoudre à sacrifier quelques dizaines de milliers voire quelques centaines de milliers de Français ? »
- 2:00narrateurFait
« Les mesures de confinement annoncées lundi 16 mars par Emmanuel Macron posent question. Parce qu’elles semblent trop… modérées. »
- 4:00narrateurFait
« L’immunité de groupe, c’est quoi ? Le principe est simple : si une fraction suffisante de la population contracte la maladie et devient immunisée, cela empêcherait la propagation d’une nouvelle épidémie dans le futur. »
- 6:00narrateurChiffre
« Mais laisser l’épidémie contaminer une grande partie de la population dans un premier temps, plutôt que de l’endiguer, provoquera inéluctablement un grand nombre de décès. Peut-être même plusieurs dizaines de milliers, rien qu’en France. »
- 8:00narrateurFait
« Pour bloquer la propagation du virus, il peut être tentant de mettre en place des mesures de quarantaine autour d’une zone bien délimitée. C’est ce qu’a fait la Chine autour de Wuhan et de la région d’Hubei. »
- 10:00narrateurFait
« En effet, si la propagation de l’épidémie est trop rapide, il faut traiter beaucoup trop de malades en même temps. Potentiellement beaucoup plus que ne peuvent gérer notre infrastructure et nos personnels de santé. »
- 12:00narrateurChiffre
« Cela reviendrait à provoquer entre 200.000 et 400.000 décès. »
- 14:00narrateurFait
« Mais il est très difficile de contrôler la rapidité de l’épidémie, de sorte à ce qu’elle soit juste assez élevée pour atteindre l’immunité de groupe, et juste assez basse pour permettre une prise en charge des malades. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Est-ce qu'on ne doit pas passer à un confinement total, interdire les déplacements, interdire aux gens d'aller travailler d'aller faire un jogging ? Il faut que les gens puissent sortir pour aller faire leurs courses alimentaires. C'est indispensable, donc on ne peut pas les confiner totalement.
Encore une fois je veux être très clair, je veux être très ferme aussi, nous devons respecter ces consignes, les respecter très strictement, si nous voulons qu'elles aient un effet, cet effet que nous recherchons c'est le ralentissement de la circulation du virus. Face à la crise du coronavirus, le gouvernement va-t-il se résoudre à sacrifier quelques dizaines de milliers voire quelques centaines de milliers de Français ? L’hypothèse n’est pas aussi insensée que certains pourraient le croire.
En effet, les mesures de confinement annoncées lundi 16 mars par Emmanuel Macron posent question. Parce qu’elles semblent trop… modérées. Modérées, car les transports publics fonctionneront, et chacun pourra se rendre sur son lieu de travail s’il n’est pas en mesure de travailler de chez lui.
Là où certains craignaient une mise en quarantaine du Grand Est et de l’Ile de France, un couvre-feu, ou des mesures similaires à celles appliquées dans la région chinoise d’Hubei, où se trouve la désormais tristement célèbre ville de Wuhan. Des mesures qui suggèrent que le gouvernement pourrait faire, sans le dire, le choix de la stratégie dite de l’immunité de groupe”. L’immunité de groupe, c’est quoi ?
Le principe est simple : si une fraction suffisante de la population contracte la maladie et devient immunisée, cela empêcherait la propagation d’une nouvelle épidémie dans le futur. Mais laisser l’épidémie contaminer une grande partie de la population dans un premier temps, plutôt que de l’endiguer, provoquera inéluctablement un grand nombre de décès. Peut-être même plusieurs dizaines de milliers, rien qu’en France.
Afin de mieux comprendre cette stratégie de “l’immunité de groupe”, et la gravité potentielle de ses implications dans le contexte français, il nous faut comprendre la dynamique d’une épidémie. Pour cela, nous avons mis au point une simulation. Dans cette simulation, les individus sont répartis en trois groupes : en vert, les personnes saines et susceptibles d’être contaminées.
En rouge, les personnes infectées par le virus. Et en jaune, les personnes “guéries”. On suppose que celles-ci sont immunisées, et ne sont plus susceptibles de contracter et propager à nouveau la maladie.
Les interactions entre les personnes sont simulées par des chocs entre des billes. En cas de contact entre une personne saine (en vert) et une personne infectée (en rouge), la maladie est transmise. Au bout d’un certain temps, les personnes infectées “guérissent” et ne sont plus contaminantes.
Elles ne peuvent plus non plus être contaminées : elles sont immunisées. Observons ce qu’il se passe si l’on introduit un nouveau virus parmi une population saine, non immunisée : c’est ce qu’il s’est produit avec l’introduction du SARS-CoV-2. Au fur et à mesure des contacts successifs, la maladie se propage de manière exponentielle.
C’est une véritable réaction en chaîne : plus il y a de personnes infectées, plus il y a de contaminations et plus leur nombre augmente. Mais au bout d’un certain temps, la population immunisée a tellement augmenté que la plupart des porteurs du virus rencontrent des personnes déjà immunisées et l’épidémie ralentit. Après avoir atteint un pic, la proportion de malades diminue.
Pour bloquer la propagation du virus, il peut être tentant de mettre en place des mesures de quarantaine autour d’une zone bien délimitée. C’est ce qu’a fait la Chine autour de Wuhan et de la région d’Hubei. On peut simuler cette situation en divisant nos billes dans deux compartiments séparés par une paroi.
On injecte une personne infectée dans celui de gauche. Pour tenir compte du fait qu’il est difficile de réaliser une quarantaine parfaitement étanche, on laisse un trou dans la paroi. Observons la dynamique.
L’infection progresse de manière exponentielle dans le compartiment sous quarantaine. Mais au bout d’un certain temps, une personne contaminée traverse la paroi. Dès lors, une nouvelle réaction en chaîne démarre dans le compartiment “préservé”.
L’épidémie connaît un rebond, et au final, tout le monde est touché. Revenons maintenant à la réalité. Imaginons qu’il demeure, après une épidémie, quelque part dans le monde, un “réservoir” de malades.
Par exemple, dans les campagnes chinoises, où l’infrastructure médicale est faible, et où de nombreux paysans contaminés ayant fui les villes pourraient se trouver. On l’a bien vu avec le coronavirus : il est difficile, avec les infrastructures de transport actuelles, et l’intrication des économies mondiales, de mettre au point des mesures de quarantaine réellement étanches. On peut donc craindre qu’une nouvelle propagation ait lieu au bout d’un certain temps.
Et donc une nouvelle pandémie, avec toutes les mesures exceptionnelles, et toutes les victimes que cela impliquerait. Le risque qui nous pend au nez est alors celui d’une épidémie rebondissante, qui s’en va et qui revient, et qui ralentit régulièrement les échanges et le commerce...
C’est là que l’intérêt de l’immunité de groupe apparaît. Dès lors qu’une population est en grande partie immunisée parce qu’elle a rencontré le virus, le coronavirus deviendrait un virus “apprivoisé”, un peu comme la grippe. Mais une telle stratégie, dont on peut admettre avec difficulté la froide logique, car elle implique de laisser mourir un certain nombre de personnes fragiles, devient irresponsable dès lors que la communauté qui la met en place n’a pas les moyens de prendre en charge les malades.
En effet, si la propagation de l’épidémie est trop rapide, il faut traiter beaucoup trop de malades en même temps. Potentiellement beaucoup plus que ne peuvent gérer notre infrastructure et nos personnels de santé. Comme en Italie, où dans certains hôpitaux, faute de place en réanimation, on sacrifie des patients de seulement 60 ans.
Pour ralentir la propagation, il faut donc mettre en place différentes mesures. Par exemple, les “gestes barrières”, qui diminuent les risques de transmission du virus en cas de contact. Ou encore des mesures de confinement, qui diminuent le nombre de contacts.
Observons l’impact de telles mesures sur la propagation du virus. Pour bien comprendre tout ça, retournons à nos simulations. Faisons en deux.
L’une, à gauche, sans mesure de frein. L’autre, à droite, en confinant la moitié de la population, ce qui équivaut dans notre modèle à fixer la moitié des billes, et en diminuant les risques de transmission en cas de contact, ce qui équivaut à se laver les mains. On observe très nettement la différence dans la vitesse de propagation.
En ralentissant la propagation de l’épidémie, on peut s’assurer qu’à chaque instant, le nombre de malades ne dépasse pas trop la capacité du système de santé. Et donc diminuer drastiquement le nombre de victimes. Mais dans chaque cas, c’est une partie significative de la population qui finit contaminée : ce qui change avant tout, c’est la vitesse du processus.
Que se passe-t-il si après cela, une deuxième épidémie se produit ? Pour simuler cette possibilité, on injecte une personne infectée parmi deux populations. À gauche, une population avec une faible fraction de personnes immunisées.
À droite, une population avec une fraction de personnes immunisées élevée. On observe la dynamique en parallèle, sans aucune mesure pour enrayer l’épidémie. À gauche, très vite, l’épidémie accélère et gagne l’essentiel de la population.
À droite, faute de personnes susceptibles d’être contaminées, l’épidémie ralentit très vite et s’arrête d’elle-même : c’est l’immunité de groupe. Combien faut-il de personnes immunisées pour empêcher une deuxième vague d’épidémie ? Pour le calculer, la donnée clé est le taux de reproduction de l’épidémie, aussi appelé R0.
Ce nombre correspond en gros au nombre moyen de personnes contaminées par une personne infectée. Il dépend de la contagiosité intrinsèque d’une maladie, mais aussi des comportements de la population, donc de sa densité, de sa culture, de son hygiène… Dans le cas du coronavirus, sans précautions exceptionnelles (port de masque, lavage de mains fréquent, pas de bises, confinement, etc.), ce coefficient semble avoisiner la valeur 3, c’est-à-dire qu’en moyenne un porteur du virus va “contaminer” 3 personnes.
Mais pour que l’épidémie s’arrête il faut qu’au moins deux de ces personnes, en moyenne, soient déjà immunisées. Ainsi, chaque porteur du virus, en moyenne, contaminerait réellement moins d’une personne et la réaction en chaîne s’arrêterait. Cela signifie qu’il faudrait immuniser, et donc contaminer, les deux tiers de la population, soit, dans le cas de la France, plus de 40 millions de personnes.
Qu’est-ce que cela impliquerait en terme de victimes ? Il est difficile de se prononcer à ce sujet, car les taux de létalité varient beaucoup selon les catégories de population. Mais en faisant l’hypothèse d’une mortalité moyenne comprise entre 0,5 % et 1 % de la population, cela reviendrait à provoquer entre 200.000 et 400.000 décès.
Dans le cadre de cette stratégie, il faudrait chercher à contaminer, en priorité, les personnes les moins vulnérables : les jeunes, notamment, dont le taux de mortalité est bien inférieur. Cela permettrait de diminuer le nombre de victimes, mais elles seraient tout de même plusieurs dizaines de milliers. Sans compter celles et ceux qui souffriront de séquelles.
Ces hypothèses impliquent que le système de santé ne soit pas saturé, sans quoi la mortalité pourrait atteindre des taux bien plus élevés, comme en Lombardie, région épicentre de l’épidémie en Italie où elle semble avoisiner les 7%. Mais il est très difficile de contrôler la rapidité de l’épidémie, de sorte à ce qu’elle soit juste assez élevée pour atteindre l’immunité de groupe, et juste assez basse pour permettre une prise en charge des malades. On ne peut pas reprocher aux autorités britanniques leur malhonnêteté sur le coup.
Le gouvernement de Boris Johnson est un des rares au monde à avoir assumé le choix de l’immunité de groupe. Mais il n’a pas réfléchi à la gestion pratique de cette stratégie. Selon une projection réalisée par l’équipe Covid-19 de l’Imperial College à Londres, même des mesures drastiques de confinement et de fermetures d’écoles prolongées sur plusieurs mois ne seraient pas en mesure de contenir l’épidémie dans des proportions admissibles pour le système de santé du Royaume-Uni.
Du coup, Londres semble vouloir rétropédaler. Mais c’est peut-être déjà trop tard. De plus, d’autres interrogations cruciales demeurent : le virus ne peut-il pas muter, comme la grippe ?
Les cas de réinfection sont-ils vraiment si rares que l’on peut considérer que toutes les personnes touchées sont réellement immunisées ? Si ce n’était pas le cas, d’importantes épidémies pourraient resurgir. Sur ces points, nous n’avons pas de certitudes sur le moment.
En effet, pour un coronavirus, la durée moyenne typique de l'immunité peut être de quelques mois seulement. En l’absence de mesures plus drastiques et prolongées, et en l’attente d’un vaccin, il faudra donc s’attendre à peut-être plusieurs dizaines de milliers de morts rien qu’en France. Le pari de l’immunité de groupe est risqué, désespéré.
La solution parfaite, eût été une coopération immédiate de tous les pays afin de mettre fin à l’infection, avec des mesures drastiques, bornées dans le temps, jusqu’à la disparition du virus. Peut-être aurait-elle été possible, si la Chine ?? n’avait pas perdu plusieurs semaines en entravant le travail des scientifiques et en ne prenant pas les mesures qui s’imposaient.
Peut-on dire avec certitude que le gouvernement a fait le pari de la stratégie de l’immunité de groupe, sans pour autant tout mettre en oeuvre pour en atténuer les effets dévastateurs ? Selon l’épidémiologiste Samuel Alizon, si les mesures de confinement sont prolongées dans 15 jours, cela suggérerait qu’il espère encore endiguer l’épidémie. Dans le cas contraire, cela pourrait signifier que le gouvernement a bien renoncé à stopper sa propagation et privilégie l’immunité de masse.
Chaque population doit-elle désormais espérer, égoïstement, atteindre une immunité suffisante pour survivre à une prochaine épidémie, quitte à propager l’infection à des pays moins développés et moins préparés ? Mesure-t-on le sacrifice que cela représente, et, étant données les incertitudes qui planent sur ce choix, la gravité des répercussions s’il s’avérait être le mauvais ? Ce choix n’est-il pas, pour reprendre la célèbre formule, le pire à l’exception de tous les autres ?
La réponse ne va pas tarder à se faire connaître. Pour approfondir, nous avons mis au point un simulateur interactif qui vous permet d'observer l'impact de différentes mesures, confinement, quarantaine, immunisation de la population, sur la dynamique de l'épidémie. Pour y accéder, rendez-vous sur notre site Internet lemediatv.fr.
Emmanuel Macron