Guillaume Peltier : avec François-Xavier Bellamy, "nous recréons une droite appétissante"
Guillaume Peltier Au micro : Nathalie Saint-Cricq, Françoise Fressoz, Ali Badou, Karine BeckerSource d'origine 3 locuteursTranscription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 62 %Attaque 28 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteÉludée
Espère-t-il secrètement que l'acte 2 du quinquennat soit aussi un acte 2 pour l'opposition et sa famille politique ?
- 1:26OuverteRéponse directe
Est-ce que les éléments de langage sont déjà prêts chez les Républicains ?
- 2:11OuverteRéponse directe
Avec le recul, vous vous dites, c'est bien joué ?
- 3:37OuverteRéponse directe
Quelle est votre positionnement par rapport au mouvement des Gilets jaunes ?
- 4:56OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il doit y avoir une réponse au malaise social ou une mesure symbolique pour faire payer les riches ?
- 5:25RelanceRéponse directe
Vous pensez que l'exaspération fiscale est un problème de niveau plus que de répartition ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:32Invité politiqueChiffre
« La décision d'organiser un grand débat, qui sur le plan quantitatif est incontestablement un succès, avec des centaines de milliers, voire quelques millions de nos compatriotes qui y ont participé »
- 2:43Invité politiqueFait
« même si nous devons rester lucides sur probablement un manque de représentativité de toute la société française »
- 3:09IntervenantChiffre
« 3,5% de la population en âge de voter »
- 4:08Invité politiqueFait
« Le 17 novembre dernier, j'ai participé, sur les ronds-points, à l'émergence de cette colère légitime du peuple français »
- 6:05Invité politiqueFait
« L'ISF, chacun sait que c'est un impôt probablement idiot, qui coûte plus cher à collecter qu'il ne rapporte aux caisses de l'État »
- 6:30PrésentateurFait
« Que la droite a rêvé de supprimer depuis 1986 sans jamais oser le faire »
- 10:30Invité politiqueFait
« Nous, ce que nous proposons en 2004 avec Philippe de Villiers, c'est de rétablir les frontières commerciales, avec une zone de protection, avec des tarifs douaniers modulables, pour protéger nos emplois et les employés français »
- 10:40IntervenantChiffre
« votre liste ne recueillera que 6,6% des voix, ce qui ne vous fera aucun élu parmi vos candidats »
- 11:22Invité politiquePromesse
« Pourquoi, par exemple, ne pas imaginer enfin, en France, la hausse du SMIC ? Je pense qu'il nous faudrait un électrochoc de 10, 15 ou 20%, avec, en échange, parce qu'il ne faut pas que ça pèse sur les entreprises, une baisse des charges drastique »
- 13:44PrésentateurChiffre
« les Républicains sont aujourd'hui à 7% chez les ouvriers »
- 13:48PrésentateurChiffre
« 7% seulement des ouvriers voteraient les Républicains, 8% seulement des employés »
- 20:50Invité politiqueChiffre
« À l'heure où nous parlons, 22-23 pour En Marche, 20-21 pour le Rassemblement National, 13-14 pour nous, 8-9 pour la France Insoumise, 5-6 pour le Parti Socialiste »
- 23:55Invité politiqueFait
« nous proposons un grand soir des compétences. Ça veut dire qu'aujourd'hui, les Français et les peuples européens ne supportent plus de voir une Europe qui, à force de prétendre s'occuper de tout, finit par s'occuper de rien »
- 24:52Invité politiquePromesse
« Moi, je propose avec les Républicains un European Buy Act, c'est-à-dire la préférence européenne pour toutes les entreprises européennes, l'attribution préférentielle de 50% des marchés publics »
- 25:40Invité politiquePromesse
« nous devons investir des milliards d'euros en Afrique pour s'attaquer à la cause des migrations, la misère et la détresse des pays du Sud avec des contreparties strictes d'ailleurs »
- 30:00Invité politiqueChiffre
« l'Europe attribue 20 à 24 milliards d'euros chaque année à l'aide au développement en Afrique. Chacun sait que 80 à 90% de cette aide est détournée par la corruption des pays »
- 30:13Invité politiqueChiffre
« Les Chinois ont créé 3000 entreprises chinoises en Afrique pour leur permettre non seulement d'y être présents et de développer l'Afrique »
- 35:28Invité politiqueFait
« Sur l'immigration, la droite veut un plan Marshall. »
- 35:33Invité politiqueFait
« Sur la question de la justice sociale et fiscale, la droite veut moins d'impôts. »
- 35:34Invité politiqueFait
« La droite veut récompenser la valeur du travail. »
- 36:02Invité politiqueFait
« Est-il acceptable que des millions de Français, à l'heure où nous parlons, n'aient pas accès à un médecin généraliste ? »
- 36:09Invité politiqueFait
« On a réformé le numerus clausus. Très bien. Réforme opérationnelle dans dix ans. »
- 36:55Invité politiqueFait
« Le médecin aujourd'hui bénéficie d'un double statut, le statut libéral, je m'installe où je veux, le statut de fonctionnaire puisqu'il est rémunéré par la sécurité sociale. »
- 37:26Invité politiquePromesse
« Nous devons initier ce taux de conventionnement modulé. »
- 40:10Invité politiqueFait
« J'ai décidé de lancer cet appel à refuser la privatisation d'Aéroports de Paris pour des raisons très simples. »
- 40:50Invité politiqueFait
« Sous la gauche, l'aéroport de Toulouse on avait accepté et que sous la droite et notamment dans le programme de François Fillon on était totalement favorable à ces privatisations. »
- 40:50Invité politiqueChiffre
« Il y a près de 20% du prix des péages en 10 années, 15 milliards de dividendes distribués aux actionnaires en 10 ans sans aucun contrôle. »
- 44:40Invité politiqueFait
« Prenons l'exemple de l'aéroport de Toulouse vendu à un groupe chinois sous Emmanuel Macron et François Hollande. »
- 49:20Invité politiquePromesse
« C'est l'application en France pour une traduction très concrète : le président de la république sera élu probablement dans nos institutions le dimanche 8 mai 2022, je souhaite qu'il ne prenne ses fonctions qu'à la mi-juin. »
Temps de parole
- Guillaume Peltier72 %
- Présentateur11 %
- Intervenant9 %
- Intervenant 25 %
- Intervenant 33 %
≈ 3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Notre invité jusqu'à 13h, il est l'un des leaders des Républicains. Espère-t-il secrètement que l'acte 2 du quinquennat soit aussi un acte 2 pour l'opposition et sa famille politique ? Il sait qu'avant de pouvoir rêver d'alternance, il faudra d'abord incarner l'alternative à Emmanuel Macron. Mais avec quelles idées et quelles stratégies ?
Et puisque le temps politique est suspendu entre la restitution du grand débat et la prise de parole attendue du président de la République, c'est l'occasion peut-être d'engager une réflexion de fond sur la rénovation de la droite française. Le premier vice-président des Républicains et député de Loire-et-Cher, Guillaume Pelletier, s'est installé dans le studio de Questions Politiques. Intervenez sur l'appli France Inter ou sur les réseaux avec le hashtag QuestionPol.
France Inter, Questions Politiques, Alibadoui.
Bonjour Guillaume Pelletier. Bonjour. Et bienvenue. La maison de la radio et le studio de Questions Politiques sont pile au kilomètre 31 du Marathon de Paris. Et vous voyez qu'elles ne sont même pas essoufflées. Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.
Pourtant on a eu du mal à arriver.
C'est vrai. Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour Ali. Bonjour à tous. Et Karine Becker de France Inter. Bonjour Karine.
Bonjour tout le monde.
Karine qui a préparé votre portrait et nous le découvrirons, Guillaume Pelletier, dans quelques minutes. Le président de la République devrait s'exprimer demain ou mardi. Est-ce que les éléments de langage sont déjà prêts chez les Républicains ?
Non, pas à ma connaissance. Qu'est-ce que vous attendez ? Moi je suis un pragmatique. Et comme je l'ai toujours dit, je mets mon pays au-dessus de mon parti. Et par conséquent, j'attends et j'espère qu'Emmanuel Macron va prendre conscience et appréhender avec beaucoup de précision les enjeux. D'ailleurs avec Laurent Wauquiez, ce que nous avions décidé, c'est de participer à ce grand débat.
On va y venir justement. On va essayer de comprendre ce que vous attendez. Peut-être rien, peut-être beaucoup de ce que doit annoncer le président de la République. Avant de vous demander ce que vous attendez. D'abord sur le grand débat lui-même, puisque vous l'évoquiez. Dont on sait maintenant que c'est une idée d'Emmanuel Macron lui-même. Avec le recul, vous vous dites, c'est bien joué ?
Oui. Les tensions dont il était le responsable étaient telles qu'elle commandait de la part du chef de l'État une réaction à la hauteur et l'apaisement et la concorde civile que mérite le peuple français. Et dans cette perspective, la décision d'organiser un grand débat, qui sur le plan quantitatif est incontestablement un succès, avec des centaines de milliers, voire quelques millions de nos compatriotes qui y ont participé, même si nous devons rester lucides sur probablement un manque de représentativité de toute la société française. J'ai moi-même participé en tant que député à ces grands débats. J'en ai organisé dans ma circonscription et c'est une partie de la France qui a participé.
Les élus locaux se sont mobilisés, nos anciens ou les retraités y ont participé. La jeunesse de France, la France des quartiers populaires, ils sont particulièrement absents. Donc il faudra quand même être lucide sur ce grand débat.
3,5% de la population en âge de voter. Donc ça ne représente pas... C'est pas énorme.
Non, c'est pour ça que je dis qu'il faut rester modeste, mais quand même pas loin de 2 millions de nos compatriotes qui pendant 3 mois viennent discuter, viennent débattre, émettent des propositions... S'intéressent à la politique. S'intéressent à la politique. Je trouve que c'est, à ce titre, plutôt réussi. Mais un grand débat n'est complètement réussi que si l'on sait en sortir. Et c'est tout l'enjeu qui vient dans les heures et les jours qui viennent. On va en parler. Françoise Françoise.
Le mouvement des Gilets jaunes, malgré tout, continue. Et je voudrais connaître votre positionnement par rapport à ce mouvement parce qu'au fond, vous êtes au sein du Parti des Républicains, l'incarnation d'une droite très populaire, d'une droite qui veut être vraiment emprise avec le peuple. Le fait que des manifestants, tous les samedis, continuent de dire qu'on ne se reconnaît pas dans le système, qu'est-ce que vous en pensez ?
Le 17 novembre dernier, j'ai participé, sur les ronds-points, à l'émergence de cette colère légitime du peuple français, principalement, disons-le, sur la question du pouvoir d'achat et de l'attente de justice sociale et fiscale. Et pendant quelques semaines, j'ai été fier, avec d'autres, d'accompagner ce mouvement. Mais ce mouvement, disons-le aussi avec la même franchise et la même clarté, a été détourné, dévoyé ces derniers mois, par des minorités extrémistes, de tous bords d'ailleurs, qui ont utilisé cette colère pour incarner l'anarchie face à l'État. Et moi, ma ligne de conduite, elle est claire.
Je suis du côté de la justice, sociale et fiscale, et par conséquent, le 17 novembre, j'étais avec les Gilets jaunes, mais je suis aussi du côté de l'ordre, parce que l'ordre garantit la prospérité pour les plus vulnérables. Nathalie Saint-Cricq.
Est-ce que, clairement, vous pensez qu'il doit y avoir une réponse, vous avez parlé du malaise social, ou est-ce qu'il doit y avoir, en plus, une mesure symbolique pour faire payer les riches, même si elle n'est pas strictement nécessaire, économiquement parlant ? Est-ce qu'il doit y avoir du symbole qui est donné aux Gilets jaunes et aux Français ?
C'est très probable. Alors, ce qui sera compliqué à trouver pour le Président de la République, c'est qu'il y a d'un côté, et c'est logique, et je partage, une exaspération absolue de l'impôt, la fiscalité... Que vous partagez, vous pensez que c'est un problème de niveau plus que de répartition ? Je pense que les Français considéraient, ils ont raison, que tout acte dans la vie est taxé plusieurs fois. J'achète, je suis taxé, je travaille, je suis taxé, je bascule à la retraite, je suis taxé. Donc, d'accord avec Édouard Philippe.
Édouard Philippe sur l'exaspération fiscale, comme disait Françoise.
Il y a une immense exaspération fiscale. Mais cette immense exaspération fiscale ne doit pas nous conduire à négliger ou à mépriser les symboles. Et c'est vrai, je sais que je suis parfois minoritaire dans ma famille politique, mais c'est aussi la force de mes convictions sur ce sujet-là, quoique la nouvelle génération y ait très sensible. Prenons l'exemple, puisque je pense que c'est votre question, de l'ISF. L'ISF, chacun sait que c'est un impôt probablement idiot, qui coûte plus cher à collecter qu'il ne rapporte aux caisses de l'État.
Que la droite a rêvé de supprimer depuis 1986 sans jamais oser le faire.
Exactement. Et il y en a un d'ailleurs, Nicolas Sarkozy, qui, lorsqu'il fut élu président de la République en 2007, avait refusé de toucher à ce symbole, parce que, comme vous le dites, c'était un symbole. Moi, je pense que sur la question de l'ISF, j'aurais fait l'inverse d'Emmanuel Macron. C'est-à-dire que j'aurais maintenu l'ISF pour les détenteurs de capitaux et ceux qui considèrent que l'argent roi est l'horizon indépassable de leurs activités économiques. Et j'en aurais exonéré immédiatement et les propriétaires immobiliers, fruits d'une vie de travail, et tous ceux qui investissent dans les PME et l'économie française, créant par là de l'emploi. Donc exactement l'inverse.
Et aujourd'hui, vous feriez quoi ?
C'est ça. Moi, si j'étais Emmanuel Macron, j'analyserais avec beaucoup d'humilité mes réussites. Il y en a quelques-unes, et mes échecs, assez considérables. Je dirais, voilà, j'ai cru comprendre que les Français attendaient beaucoup plus de justice fiscale. Et donc, sur la question de l'ISF, je souhaite que cet impôt soit maintenu. C'est Emmanuel Macron qui parlerait, puisque c'est votre question. Soit maintenu pour ceux qui sont détenteurs de capitaux. Mais on exonérerait les propriétaires immobiliers et tous ceux qui investissent dans l'économie française.
Ce serait un principe de justice. Au moment de la restitution du grand débat, vous avez applaudi Édouard Philippe quand il disait qu'il fallait aller plus vite, plus fort, pour la baisse des impôts.
Alors, oui, sur cette formule, j'avoue, pour l'avoir écouté dans l'hémicycle, je l'ai trouvé, non seulement sur le fond, peu audacieux, et pas grand-chose de nouveau, et sur la forme extrêmement prisonnier, d'ailleurs, du tempo du président de la République. Le pauvre fut envoyé, sans doute, en amont devant la représentation nationale pour occuper le terrain, sans pouvoir rien annoncer, à part des chantiers à venir.
Mais il a dit une chose assez surprenante, il a dit, finalement, à chacun son bilan, chacun en tirera de ce qui s'est passé dans ce grand débat, chacun en tirera ce qu'il veut. Est-ce que ce n'est pas le meilleur moyen de faire capoter, finalement, la sortie, les conclusions qu'on attend aujourd'hui du président ? De dire, chacun peut en penser ce qu'il en veut, à chacun son bilan.
Ce qui me dérange à l'heure où nous parlons, et c'est ce que j'ai ressenti tout au long de la semaine, dans les interventions, tout autant des ministres que du Premier ministre, c'est qu'il manque à la France une vision, un cap. On attend ça, d'ailleurs. Et moi, j'appelle Emmanuel Macron, parce que vous l'avez évoqué tout à l'heure, moi, je n'attends pas rien, j'attends beaucoup, comme les Français, de ce que va annoncer le président de la République.
J'espère qu'il va tirer la quintessence de ce grand débat, qu'il va tracer une perspective, qu'il va annoncer, par exemple, que la valeur travail devient, dans la société française, la valeur cardinale, et que toutes celles et ceux qui ont travaillé, les retraités, toutes celles et ceux qui travaillent, les travailleurs, j'assume ce mot, et toutes celles et ceux qui veulent travailler, ceux qui sont actuellement au chômage ou à la recherche d'un emploi, doivent, la valeur travail, le travail qui paye, le travail qui est récompensé, ça doit devenir la valeur cardinale de la société française.
Et c'est le paradoxe, justement, d'un président de la République qui doit s'adresser, non seulement aux Gilets jaunes, mais à l'ensemble des Français, et même à la droite, pour vous satisfaire et vous convaincre, Guillaume Pelletier, vous et votre famille politique, justement, votre portrait, signé Karine Bécard.
Guillaume Pelletier, pendant presque 20 ans, vous avez joué aux jeunes politiques pressés. Et puis, vous avez radicalement changé. Vous avez cessé de courir tous les plateaux télé et vous avez songé à vous enraciner. Voilà comment l'ambitieux Guillaume Pelletier décide de miser sur une assez petite municipalité, Nain-sur-Beuvron, 1200 habitants, qui vous élimèrent, c'était il y a 5 ans. Ensuite, tout aussi modestement, vous devenez conseiller régional, conseiller régional du centre Val-de-Loire. Et quand vous entrez, il y a 22 mois, pour la première fois à l'Assemblée nationale, vous le faites là encore avec beaucoup d'humilité.
Rien à voir avec le Guillaume Pelletier, qui avait déjà tenté, à trois reprises, d'être député, et qui, pendant 15 ans, n'a cherché à être élu que sur les places, que sur les postes les plus en vue. Comme en 2004, par exemple, aux élections européennes. A l'époque, vous aviez 27 ans. Vous étiez déjà secrétaire général du MPF, le Mouvement pour la France, et forcément tête de liste sur l'une des huit grandes circonscriptions, celle du centre Massif Central.
Nous, ce que nous proposons en 2004 avec Philippe de Villiers, c'est de rétablir les frontières commerciales, avec une zone de protection, avec des tarifs douaniers modulables, pour protéger nos emplois et les employés français.
A cette élection, votre liste ne recueillera que 6,6% des voix, ce qui ne vous fera aucun élu parmi vos candidats. Là, Guillaume Pelletier, ce sont donc vos années souverainistes auprès de Philippe de Villiers. Mais vous avez d'abord, à 20 ans, été frontiste, parce que villiériste, vous ne le devenez qu'à 24 ans. Et puis, il y a eu la grande période sarcosiste, qui débute un peu plus tard, vers 32 ans. En somme, vous n'avez jamais cessé, Guillaume Pelletier, de vous gauchiser. D'ailleurs, vous vous considérez aujourd'hui très sérieusement comme occupant l'aile gauche du parti de Laurent Wauquiez.
Et sans doute, pour tenter de renforcer votre crédibilité, vous n'hésitez pas, quant aux mesures que vous pouvez afficher, à en rajouter.
Pourquoi, par exemple, ne pas imaginer enfin, en France, la hausse du SMIC ? Je pense qu'il nous faudrait un électrochoc de 10, 15 ou 20%, avec, en échange, parce qu'il ne faut pas que ça pèse sur les entreprises, une baisse des charges drastique.
C'était il y a moins d'un an, le 19 juin 2018 précisément. Et cette augmentation du SMIC à droite, au sein des Républicains, n'a pas vraiment fait l'unanimité, vous en conviendrez. Maintenant, persistez, comme vous le faites, Guillaume Pelletier, à miser politiquement sur les classes populaires, dans un parti qui s'est choisi pour ses Européennes, François-Xavier Bellamy. C'est ce qui s'appelle un sacré coup de poker.
Réaction, Guillaume Pelletier ? Il y a pas mal de choses à dire. Beaucoup de choses.
Oui, quand on voit le temps, il y a une bonne synthèse, je ne vais pas revenir sur tout. C'est vrai que cet engagement politique, moi, depuis la fin de mon adolescence, c'est à la fois l'envie de rendre à la France ce qu'elle m'a donné, est une forme de revanche sociale, c'est-à-dire de porter la parole de ceux qui ne l'ont jamais. Je me suis trompé parfois, j'ai commis des erreurs souvent, mais avec le temps qui passe, l'enracinement...
Vous vous êtes trompé en vous engageant à l'extrême droite ? Oui, je l'ai déjà dit, oui. Et dans votre parcours, vous avez évolué vers la gauche, vous finirez peut-être à gauche ?
Non, je suis de droite et fier de l'être, et d'ailleurs tout mon parcours le démontre. Comme disait très joliment d'ailleurs Simone Veil, les erreurs, on ne les regrette pas, on les assume. J'assume mes erreurs, mais ce sont des erreurs. Mais elles m'ont beaucoup donné, elles m'ont permis de me construire. Quand on retrouve d'ailleurs les discours, on l'entendait il y a une dizaine d'années sur la question européenne, au fond, ma colonne vertébrale reste la même. C'est la volonté par rapport à la France des privilégiés de tout en haut, et la France des assistés de tout en bas, d'être le porte-parole inlassable, et probablement inclassable, de la France du milieu.
La France des classes moyennes, la France des petits fonctionnaires, la France des artisans, des commerçants, des ouvriers, des petits entrepreneurs, des oubliés.
Mais vous parlez dans le vide, je vous interromps Guillaume Pelletier. Quand on regarde les enquêtes menées par le Cévi-Pof, la Fondation Jean Jaurès et l'Institut Ipsos, on voit que les Républicains sont aujourd'hui à 7% chez les ouvriers. 7% seulement des ouvriers voteraient les Républicains, 8% seulement des employés. Vous avez perdu les classes populaires, donc vous parlez dans le vide.
Non, je suis d'accord avec vous. Ce sont des chiffres que je connais par cœur et qui m'animent même quotidiennement, que nous avons vécu en 2017. La dernière fois que nous avons pu convaincre une majorité des Français des classes moyennes, des Français des quartiers populaires, des patrons de PME, des artisans, des travailleurs, c'était en 2007. Moi, ma filiation idéologique et historique, c'est le général de Gaulle, c'est Jacques Chirac, c'est Philippe Séguin, c'est Nicolas Sarkozy en 2007, beaucoup plus que quelques autres dans ma famille politique.
Et c'est vrai que depuis 10 ans, vous avez raison, nous n'avons pas encore réussi, probablement par manque de travail collectif, je me mets dedans, à repenser idéologiquement la droite française. Dans un sondage, il y a trois semaines, qui m'a beaucoup marqué, les Français disaient que la droite représentait le syndicat de défense des privilégiés. Eh bien, le grand enjeu qui vient, selon moi, selon beaucoup de parlementaires aujourd'hui, beaucoup de cas de notre famille politique, c'est de redevenir le grand mouvement de la France qui bosse, de la France qui travaille.
Et c'est pour ça qu'inlassablement, sur la hausse générale des salaires, et du SMIC en particulier, mais de tous les salaires dont je parlais sur France Inter, il y a maintenant près d'un an, j'assume et je revendique, oui, la droite française, en échange de la baisse des dépenses publiques, en échange de la baisse des charges qui pèsent sur les salaires, devra incarner la meilleure récompense de la France qui bosse.
Vous avez perdu les hauts salaires également, puisque vous faites 9% chez les cadres supérieurs, ce qui est aussi extrêmement faible et assez paradoxal. Ça change des idées reçues sur la droite d'aujourd'hui. Françoise Fressose, puis Karine Becker.
Comment vous sentez, à l'intérieur de votre famille politique, ce besoin ou non de renouveau ? Au fond, Laurent Wauquiez incarne toujours la ligne libérale que vous contestez, c'est la ligne de Fillon, la ligne de Juppé. Qu'est-ce qui vous fait dire que ça peut changer aujourd'hui à droite ?
Plein de choses. D'abord, Laurent Wauquiez a eu le courage de reprendre, de prendre la tête d'un parti profondément abîmé et divisé. N'oublions pas d'où nous venons, 2017 fut l'année noire, puisque pour la première fois de notre histoire, notre candidat à l'élection présidentielle ne fut pas qualifié pour le second tour. Nous en avons tiré d'ailleurs avec un certain nombre, une analyse. Certains disent que François Fillon a échoué parce qu'un grand nombre d'affaires s'abattirent sur lui. Je ne le pense pas. Je pense en tout cas que ça n'est pas la seule et principale raison de notre échec.
Moi, je considère, avec entre toute la nouvelle génération, que cet échec à l'élection présidentielle, qui est le nôtre, était principalement dû à un programme que j'appelle hémiplégique, c'est-à-dire qu'il s'enfermait uniquement dans la France du sang, de la sueur et des larmes, et qu'il nous faut, au lendemain de l'effort collectif que nous devrons demander au peuple français, le réconfort, la récompense de l'effort. Moi, je plaide pour la loi de l'effort plutôt que la loi du plus fort. Et c'est ça qui doit changer à droite.
Est-ce que vous pensez que Laurent Wauquiez est en capacité d'incarner la ligne que vous préconisez ?
Si je regarde l'histoire de Laurent Wauquiez, son émergence dans la vie politique, son affection particulière à travers ses premiers ouvrages, ou ses premières prises de position sur la question des classes moyennes, oui, je pense qu'il sera capable, demain, d'incarner cette synthèse nécessaire.
Je n'ai rien contre le courant libéral.
Il existe à droite depuis toujours et il y a toute sa place. Mais pour moi, le code génétique de la loi...
Pour répondre à Françoise, concernant Laurent Wauquiez, vous lui répondez au futur. Pourquoi Laurent Wauquiez n'a-t-il pas réussi jusqu'à présent à incarner ce relou ?
Pour une raison toute simple. Et c'est pour ça que je suis très heureux, moi, d'être le premier vice-président à ses côtés. Il avait d'abord un parti convalescent qu'il a dû rassembler. Il y a réussi en grande partie. Deuxièmement, il fallait relancer la machine à l'occasion des élections européennes. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le trio qu'il a choisi est un trio qui incarne l'addition des sensibilités, une certaine fraîcheur, à l'instar de François-Gavier Bellamy, et que ça redonne une dynamique à notre famille politique. Mais au lendemain du 26 mai, nous aurons une responsabilité collective.
Qu'est-ce que la droite a à proposer au peuple français dans la perspective de 2020 ?
Vous venez de dire que pour les européennes, il y avait un trio de têtes, les autres aussi, qui étaient rafraîchissants. Je ne sais pas si c'est votre terme exact. Est-ce que, pour reprendre la chute du portrait de Karine Bécard, vous trouvez que François-Gavier Bellamy, philosophe, est également totalement en mesure d'incarner cette fibre populaire ? On ressent d'ailleurs chez un Xavier Bertrand, peut-être, qui n'est pas franchement avec vous. Donc, François-Gavier Bellamy, est-ce que c'est exactement votre style pour contre-Karine Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan ? Et deuxièmement, est-ce que vous pensez vraiment que sans Xavier Bertrand, vous pouvez incarner cette fibre populaire ?
Deux questions intéressantes. François-Gavier Bellamy, je l'ai dit, je ne vais pas le répéter, nous ne sommes pas pareils. C'est ce qui fait aussi la force d'une famille politique. Et le moins que l'on puisse dire, accrochons-nous au réel, c'est qu'avec son humilité, avec sa fraîcheur, avec sa détermination et avec un trio, nous sommes en train de recréer une droite appétissante qui donne un peu plus envie aujourd'hui qu'il y a quelques mois.
Est-ce qu'elle parle aux gens modestes dont vous parlez, votre fonds de commerce populaire que vous essayez de récupérer ?
Cette droite, cette incarnation, c'est le bon choix pour les élections européennes dont vous savez qu'il s'agit d'un scrutin au cours duquel, et je le regrette, les classes moyennes, les catégories populaires votent assez peu.
Pour vous parler qu'ils donnent envie, mais dans les intentions de vote jusqu'à présent, ce n'est pas du tout le cas. C'est 13% à peu près des intentions de vote pour la liste des Républicains, mais il n'y a pas eu d'effet Bellamy sur les intentions de vote pour les Républicains.
À partir de combien, vous dites votre... Non, attendez, tout le monde l'a fait, le combien ? Pour le coup, même Olivier Faure, la semaine dernière, a dit 7. Marine Le Pen a dit que ce serait un échec si on n'est pas en tête. Tout le monde joue le jeu de se donner une sorte d'étiage. À partir de combien, vous considérez que c'est...
Nathalie Saint-Cricq, Karine Becker l'a dit avec beaucoup de bienveillance. Je suis différent des autres.
Nous sommes bienveillantes toutes les trois.
Je suis différent des autres. Je n'aime pas... D'abord, vous avez compris, n'étant pas spécialement libéral, la comptabilité n'est pas ma passion première. Vous n'êtes pas gentil à poète, simplement. Je ne fais pas de la politique pour être Madame Irma et dire en dessous de ça, c'est mal, au-dessus de ça, c'est bien. Ce qui est certain, c'est que... Vous voyez, je ne peux pas être plus honnête. Guillaume Pecker, vous êtes un professionnel des sondages. Ah, je suis passionné. Vous êtes passionné par les sondages et les études d'opinion. Et de la carte électorale, oui, et je l'ai dit. Et donc, vous avez parfaitement mesuré les rapports de force.
Est-ce que vous pouvez retrouver votre socle électoral de l'élection présidentielle, c'est-à-dire 20% ? La question, elle est là.
Je finis juste là-dessus. À l'heure où nous parlons, 22-23 pour En Marche, 20-21 pour le Rassemblement National, 13-14 pour nous, 8-9 pour la France Insoumise, 5-6 pour le Parti Socialiste, tout ça n'est guère exceptionnel pour chacune des formations politiques que j'ai citées. Ce qui est important pour nous, c'est que nous sommes en train de nous enraciner à nouveau comme la troisième force politique en France, nous qu'on avait enterré au lendemain de 2017. Et nous sommes déterminés, Bruno Retailleau l'a dit, Laurent Wauquiez l'a dit, à faire encore plus que ce que nous attribuent aujourd'hui les sondages. Ce qui compte, c'est la dynamique.
Vous le savez vous-même, nous étions à 8-9 en décembre-janvier, nous sommes à une moyenne de 12-13-14, vous l'avez évoqué en ce moment, il nous faut continuer et bien expliquer, parce que là est l'enjeu, Nathalie Saint-Cricq, à sortir du piège dans lequel Emmanuel Macron souhaite nous enfermer, qui est son rêve depuis 2017, qui est son rêve pour 2022, de faire croire aux Français qu'il n'existe qu'un seul choix, lui ou le chaos, lui ou les extrêmes, lui ou Mme Le Pen. Ça n'est pas le choix que nous souhaitons offrir au peuple français. Et François-Xavier Bellamy, Agnès Évren, Arnaud Dangean, incarne cette troisième voie. Cette voie alternative.
C'est-à-dire que je résume d'une manière, il faut que ceux qui nous regardent et nous écoutent se disent la chose suivante. Est-ce que vous voulez l'Europe sans les peuples d'Emmanuel Macron ? Est-ce que vous voulez la France sans l'Europe de Mme Le Pen ? Si c'est le cas, votez pour M. Macron, votez pour Mme Le Pen. Et si vous voulez réinventer l'Europe, si vous êtes profondément européen, mais vous considérez que cette Europe ne marche pas, qu'elle doit être totalement refondée, sur un idéal de protection, sur un idéal populaire, alors votez pour la liste des Républicains.
Vous avez compris, Nathalie, ce que voulait dire Guillaume Pelletier. En gros, 13%, ça vous satisfait ? J'essaie juste de mettre les sous-titres. Il a parlé de la dynamique. Il a parlé de la dynamique. Enracinons-nous, soyons modestes.
On comprend bien votre stratégie. En même temps, on voit aussi Emmanuel Macron qui assouplit son discours sur l'Europe, qui parle lui aussi énormément de protection. On le voit à la veille de la conclusion du grand débat parler de baisse d'impôts, de revalorisation du travail. Au fond, comment existez-vous face à un président de la République qui ne cesse de chasser sur les terres de la droite ?
Guillaume Pelletier. C'est à relier avec ce que nous disons depuis le début de cette émission. Si, effectivement, la droite aux yeux de nos compatriotes n'est qu'un mouvement qui vise à faire des effets d'annonce, à baisser les dépenses publiques et à vouloir réformer à la marge la question européenne, notre marge de manœuvre avec le président de la République est étroite. Si, à l'inverse, comme nous le faisons d'ailleurs, et je salue les initiatives de Laurent Wauquiez et de François-Xavier Bellamy sur le sujet, c'est sur la question européenne. Arrêtons-nous un instant sur la question européenne qui est centrale. On a un scrutin quand même le 26 mai. Qu'est-ce que nous proposons, nous ?
Trois choses radicalement différentes de ce que proposent et Mme Le Pen et M. Macron. Un, nous proposons un grand soir des compétences. Ça veut dire qu'aujourd'hui, les Français et les peuples européens ne supportent plus de voir une Europe qui, à force de prétendre s'occuper de tout, finit par s'occuper de rien. Et donc, moi, je plaide que pour la question des normes soit rapatriée dans les nations, que la question de la politique d'aménagement du territoire, 350 milliards, 2014, 2020, soit rapatriée dans les nations et que nous confions à l'Europe des grands enjeux, des grands projets. La protection commerciale, la politique agricole, la recherche de l'innovation. C'est déjà le cas.
C'est déjà le cas de manière, vous le savez,
très équilibrée entre un partage des rôles. Enfin, la politique commerciale et la politique agricole relèvent de l'Union Européenne.
En grande partie, mais pas uniquement. Pour ça que je vous dis, moi, je veux clarifier. Comme l'Europe a des dizaines et des dizaines de compétences, elle fait mal ce pourquoi elle a été créée. Si l'Europe s'occupait essentiellement de la protection commerciale, par exemple, nous serions beaucoup plus efficaces aujourd'hui. Deuxième grand enjeu, c'est l'idéal de protection. Mais avec des choses concrètes. Moi, je propose avec les Républicains un European Buy Act, c'est-à-dire la préférence européenne pour toutes les entreprises européennes, l'attribution préférentielle de 50% des marchés publics. Les Chinois, les Américains, les Russes et les Sud-Américains se protègent.
L'Union Européenne est incapable de se protéger. Enfin, une Europe qui fait à nouveau rêver. Il y a deux grands sujets pour ma génération. La question de la protection des données personnelles. On sait qu'avec les GAFAM Américains et les BATX Chinois nous entrons dans l'ère de Big Brother. Nous n'en voulons pas. La civilisation européenne s'est fondée sur la liberté individuelle. Et donc, nous devons investir des milliards d'euros pour racheter nos chercheurs européens qui sont partis au bout du monde et inventer, nous, les géants du web de demain. Et le grand projet que je porterai au sein des Républicains, c'est le plan Marshall avec l'Afrique.
En lien avec Jean-Louis Borloo, en lien avec Nicolas Sarkozy qui ont initié cette idée, nous devons investir des milliards d'euros en Afrique pour s'attaquer à la cause des migrations, la misère et la détresse des pays du Sud avec des contreparties, strictes d'ailleurs. Le retour des clandestins dans les pays d'origine, la création d'administrations d'États civils et des investissements très concrets pour contourner la corruption des gouvernements, réseaux d'irrigation, réseaux d'électrification, construction de réseaux d'écoles.
En dix ans, j'en parlais encore récemment avec Jean-Louis Borloo avec lequel je travaille sur ce sujet, en disant nous pouvons faire de l'Afrique un continent des classes moyennes et donc recréer un lien extrêmement fort entre l'Europe et l'Afrique et régler la question première des migrations qui est une question à la fois terrible pour les Européens, dans l'angoisse, terrible pour les Africains car il est très peu probable que beaucoup des Africains qui quittent l'Afrique le fassent de gaieté de cœur.
Mais Guillaume Belcher, vous nous avez esquissé à peu près votre programme pour effectivement ces Européennes et on vous en remercie. Mais la question de l'immigration, par exemple, qui est un sujet au cœur de votre électorat à droite, la question de l'immigration, on a Emmanuel Macron qui revient sur une remise à plat de Schengen, c'était ce dont parlait Nicolas Sarkozy lors de sa dernière campagne électorale en 2012. Emmanuel Macron propose de renforcer Frontex, donc Frontex, c'était une grande agence qui est effectivement normalement en charge pour essayer d'être là aux frontières. Je reviens sur la question de Françoise Fresseuse.
Ce sont typiquement des propositions qui parlent à votre électorat de droite. Donc, quel est l'espace, en fait, qu'Emmanuel Macron est en train de vous laisser ? Sur la question de l'immigration,
on a deux différences. Vous avez bien noté que la politique d'Emmanuel Macron, c'est une politique de rustine. Personne ne croit, en tout cas, personne de censé, ne croit une seule seconde que de doubler ou tripler, même si c'est nécessaire, doubler ou tripler les moyens de Frontex. Mais c'est nécessaire, je le dis, réformer Schengen, mettre, et nous le proposons aussi, une double frontière européenne et nationale sur l'immigration. Moi, en tout cas, je ne serai pas de ceux qui feront croire aux peuples européens que ces simples propositions permettront d'arrêter 2,5 milliards d'Africains à l'horizon 2040-2050 qui fuient un continent en proie à la misère et à la pauvreté. Ça n'est pas vrai.
Frontex, malgré tout, a renforcé effectivement ses contrôles en Italie. L'arrivée de réfugiés en Italie a baissé de 95% depuis la rentrée de janvier. Visiblement, quand même, Frontex, si on y met les moyens, ça peut marcher.
C'est pour ça que je vous dis, mais voyez bien, c'est quoi la politique ? La politique, c'est de traiter les conséquences ou de s'attaquer aux causes d'un phénomène ? Quelle est la cause des migrations ? La cause des migrations, principalement, en tout cas, c'est mon analyse, c'est la misère et la détresse des pays du Sud. Il y en a d'autres, vous avez raison. C'est aussi la guerre, par exemple. Et c'est la guerre, bien sûr. C'est la guerre, c'est l'instabilité, voilà. Bon, donc disons les choses. Ça n'empêche pas, quand nous aurons traité la cause première dont je viens de parler...
Mais ça parle à votre électorat ou pas ? C'est ça en fait la question ?
Mais en partie, oui. Mais d'ailleurs, François-Xavier Bellamy dans les débats porte avec beaucoup de force ses idées. D'ailleurs, on va beaucoup plus loin. Moi, je pense par exemple qu'on doit être intraitable avec les filières et les mafias de passeurs, ce que l'Europe ne fait pas. Il faut éradiquer ces gens et ces filières qui se font de l'argent sur le dos de la misère. Il nous faut créer des centres d'études du droit d'asile, non pas sur le continent européen comme le propose Emmanuel Macron, mais sur la rive sud de la Méditerranée comme nous le proposons. Mais vous voyez bien que ça, ce sont des différences marginales.
Mais avec Jordan Barnet, là aussi, c'est des différences marginales. Tout ce que vous voulez venez de nous dire là, entre le Fond national et vous, honnêtement, pour avoir regardé de près, je ne vois pas totalement la différence.
Il y a une différence énorme. Nathalie Saint-Cré, vous ne pouvez pas dire le contraire. Nous sommes les seuls, c'est dans les 75 propositions et je l'ai détaillé, je pense, avec beaucoup de fougue parce que je travaille sur le plan Marshall, le plan Marshall de co-développement avec la France.
Le volet Aide, oui.
C'est notre grande différence tout de même. Mais le volet Aide, Emmanuel Macron, là aussi. Je lance un appel à Emmanuel Macron en cet instant. organisons à Marseille un grand sommet avec tous les pays de l'Union Européenne, avec tous les pays africains, avec les pays du Proche-Orient, parce qu'il n'y a pas de raison qu'ils n'y participent pas non plus, pour mettre sur la table. Aujourd'hui, l'Europe attribue 20 à 24 milliards d'euros chaque année à l'aide au développement en Afrique. Chacun sait que 80 à 90% de cette aide est détournée par la corruption des pays. Prenons l'exemple des Chinois et des Américains.
Les Chinois ont créé 3000 entreprises chinoises en Afrique pour leur permettre non seulement d'y être présents et de développer l'Afrique. Eh bien nous, nous devons organiser ce sommet, signer le traité au Roméditerranée, garantir l'attribution de ces sommes, y ajouter des contreparties strictes, retour des clandestins, comme je l'ai dit, construction de projets très concrets pour développer l'Afrique et créer un grand défi à l'horizon 2025-2030. Nous pouvons faire de l'Afrique un continent prospère et chacun européen comme africain y sera gagnant. Françoise Prespoze.
Tout ça c'est très beau. A chaque campagne européenne on entend des idées magnifiques qui ne voient jamais le jour. Donc très concrètement, qu'est-ce que vous engagez à changer au cours de la prochaine législature du Parlement européen et avec quels alliés voulez-vous agir ? Est-ce que ce sera avec les marcheurs d'Emmanuel Macron ? Est-ce que ce sera plutôt avec des groupes d'extrême droite ?
Guillaume Pelletier. Vous connaissez notre ligne, elle est extrêmement claire. Il n'y aura pas d'alliance avec l'extrême droite. Mais la France doit rester ce qu'elle est. Moi, quand est-ce que la France, vous, nous a fait vibrer ? Pour moi, c'est la France du général de Gaulle qui est capable... J'ai cru que vous alliez parler de la Coupe du Monde. Aussi, oui, je vais y venir. Mais enfin, à cette époque, nous n'étions pas encore champions. C'était pas le général de Gaulle. C'est vrai. Vous en conviendrez.
Le général de Gaulle, en 1964, je n'étais pas né et j'aurais aimé vivre cet instant, malgré la pression d'une partie probablement de la bourgeoisie européenne et française, reconnaît la Chine comme pays émergent à travers les relations diplomatiques. Dominique de Villepin et Jacques Chirac en 2003 affirment l'indépendance de la France face à l'hégémonie américaine sur la question irakienne. La France de demain doit être celle-ci. Bien sûr, c'est la France qui gagne en 1998 ou l'année dernière et ça compte. Mais c'est aussi la France qui retrouve sa vocation universelle de puissance d'équilibre et de contrepoids face à toutes les hégémonies du monde. C'est ça, la France de demain.
C'est ça, l'Europe de demain. Et c'est une France avec des parlementaires européens qui propose des choses concrètes en trois directions, je le rappelle. J'espère, en tout cas, j'y participerai, que nous ferons des propositions sur le grand soir des compétences, sur l'idéal de protection et sur le plan Marshall avec l'Afrique. Une toute petite question
à Guillaume Pelletier. Est-ce que vous ne trouvez pas que Nicolas Sarkozy vous boude un peu en clair ? Ça, c'est le premier volet de la question. Le deuxième volet, c'est ce que vous ne souhaiteriez pas qu'il s'y mette. C'est-à-dire qu'en gros, il fasse des meetings et qu'il soit derrière vous parce qu'on l'a vu au plateau des Glières.
Proche d'Emmanuel Macron.
Proche. D'ailleurs, c'était sa commémoration dans le temps. C'est Emmanuel Macron qui a fait un geste vers lui. Est-ce que vous ne rêverez pas d'avoir un Nicolas Sarkozy qui est de son camp ? Est-ce qu'il est devenu macroniste ?
Vous connaissez mon affection et ma proximité avec Nicolas Sarkozy. Mais c'est pour ça qu'on vous pose la question. J'ai eu l'honneur d'être son porte-parole en 2011 et en 2012. J'ai la chance de le voir régulièrement et j'ai beaucoup de considérations pour lui. C'est un homme qui est si passionné de la France qu'il s'intéresse beaucoup et qu'il reçoit beaucoup. Mais il l'a dit lui-même. Le temps de la politique partisane n'est plus le sien.
C'est l'Europe. On pourrait penser que l'Europe est une cause supérieure.
Mais c'est lui qui a lancé cette commémoration. C'est ce que je vous ai dit. Et il est naturel qu'il soit aux côtés du président de la République. Je parle des Européens.
Mais très complice en même temps.
Et Laurent Wauquiez,
il était derrière.
Mais Nicolas Sarkozy, et vous le connaissez peut-être même encore mieux que moi, vous le suivez depuis encore plus longtemps, c'est un homme empli d'affection, c'est un hyper affectif. Il aime les gens, il aime discuter. Donc on ne va pas reprocher à Nicolas Sarkozy d'être sur le plateau des Glias. En tout cas, moi je ne serai pas de cela. Moi ce qui m'intéresse, et c'est ce que nous demande d'ailleurs Nicolas Sarkozy dans ses discours lorsqu'il quitta la vie politique, c'est à nous de prendre notre destin en main. Nicolas Sarkozy ne peut pas être un recours. Mais il peut nous conseiller. Mais il pourrait être un recours Nicolas Sarkozy. Mais ce n'est pas son intention.
En tout cas, moi je ne suis plus son porte-parole et je ne suis pas lui. Ce n'est pas à moi de parler à sa place. Moi je sais que ce qu'il nous demande à nous, la nouvelle génération, allez-vous être capable, comme je l'ai fait, nous dit-il, au début des années 2000, de réinventer la droite française. Je n'ai pas tout en même temps. Là c'est très prosaï,
il est chez les sympathisants Les Républicains, il est encore une personnalité très forte. Donc si vous voulez faire des voix aux européennes, vous avez plutôt intérêt à ce que Nicolas Sarkozy soutienne la liste. Donc est-ce que vous lui dites Nicolas Sarkozy, il faut que vous veniez
soutenir la liste ? Mais Nicolas Sarkozy, il soutient sa famille politique, il a même encouragé certains de ses proches à figurer sur cette liste. Ça ne nous a pas échappé. Donc je n'ai aucun doute sur le fait que Nicolas Sarkozy soutienne la liste. Pour moi, l'enjeu n'est pas celui-là. Je comprends très bien et je ne vais pas faire le naïf, ça m'intéresse autant que vous que de parler de Nicolas Sarkozy et d'un certain nombre de personnalités politiques. Mais ce qui fonde mon engagement politique, ce qui me fait me lever le matin, c'est qu'est-ce que nous allons être capables de proposer au peuple français ?
Est-ce que les Français voteront demain pour la droite française parce que tel ou tel va revenir ou parce que tel ou tel va émerger ? Non. Les Français vont voter demain pour nous lorsque, comme vous l'avez dit tout à l'heure, nous incarnerons une alternative crédible avec des idées crédibles, des idées concrètes. Sur l'immigration, la droite veut un plan Marshall. Très bien. Sur la question de la justice sociale et fiscale, la droite veut moins d'impôts. La droite veut récompenser la valeur du travail. Sur la question des médecins qui arrivent en deuxième position dans le sondage du jour, dans le journal du dimanche, vous connaissez ma position ? Oui, vous la répétez ou pas ?
Mais bien entendu, je le dis avec beaucoup de clarté, arrêtons de tourner autour du pot. Gérard Larcher, d'ailleurs, lui-même le disait encore dans une interview récemment et il a raison. L'angoisse du désert médical est la première angoisse de là où je vis et de ce qui m'entoure, les habitants des provinces et du monde rural. Est-il acceptable que des millions de Français, à l'heure où nous parlons, n'aient pas accès à un médecin généraliste ? Alors, on a réformé le numerus clausus. Très bien. Réforme opérationnelle dans dix ans. On a, ici ou là, créé des incitations. Chacun voit que ça ne produit pas d'effet suffisant.
Je plaide sur 40 années de carrière pour que les jeunes médecins généralistes puissent s'installer pendant deux à trois années puissent devoir pardon, vous avez raison, soient contraints de s'installer par un taux de conventionnement modulé, soient contraints de s'installer pendant deux à trois années dans un territoire sous-doté.
On le fait pour les fonctionnaires, on le fait pour les médecins militaires, on le fait pour les pharmaciens, on le fait pour les chirurgiens dentistes, au nom de quoi les médecins généralistes échapperaient à cette règle d'autant plus, je le dis pour les auditeurs, que j'admire profondément cette vocation magnifique des médecins, premièrement, mais qu'il faut que chacun sache très clairement que le médecin aujourd'hui bénéficie d'un double statut, le statut libéral, je m'installe où je veux, le statut de fonctionnaire puisqu'il est rémunéré par la sécurité sociale, c'est-à-dire par l'argent des contribuables.
Eh bien, au nom de ce droit dont il bénéficie que je ne souhaite pas remettre en cause, en face des droits, il doit y avoir des devoirs, il me semble juste, au nom du serment d'Hippocrate, de s'installer là où les Français ont le plus besoin de vous et comme le réclament les Français à plus de 80%, comme nous sommes de plus en plus de non-parlementaires à le réclamer, nous devons initier ce taux de conventionnement modulé.
Est-ce que vous avez convaincu Laurent Wauquiez ?
Je vais continuer à essayer de convaincre un certain nombre de responsables. Non mais, vous savez, la vie politique, ce n'est pas l'unanimité, d'abord ça ne marche pas, et on ne convainc pas en une seconde de conviction nouvelle. Moi, c'est une conviction, vous le savez, que je porte depuis très longtemps et que je continuerai à porter. Je suis député de Loire-et-Cher, j'ai été maire d'une commune rurale, vous l'avez rappelé, j'ai créé moi-même un pôle de santé dans mon territoire pour venir en aide à mes concitoyens. Je le dis et je le répète, j'espère que notre famille politique entendra les immenses attentes du peuple français sur cette question-là aussi.
Le premier vice-président du parti « Les Républicains ». Guillaume Pelletier est l'invité de « Questions politiques » ce dimanche.
France Inter, Ali Badou, « Questions politiques ».
Et une question, Guillaume Pelletier, comment s'opposer ? On voit la difficulté d'un carnet, de porter sa voix dans le paysage politique actuel quand on est de droite et dans l'opposition. Et on a vu ces derniers jours quelque chose qu'on n'aurait jamais imaginé il y a encore quelques mois. la droite, les Républicains alliés avec la gauche et notamment les socialistes pour refuser la privatisation d'aéroports de Paris. Nathalie Saint-Cricq.
Un certain nombre de députés. Enfin, Bruno Le Maire a parlé d'une espèce d'attelage de circonstances dont on dit de la conjuration des imbéciles. Comment expliquer que des gens de droite, de gauche soient d'accord sachant que
250 députés.
Sous la gauche, l'aéroport de Toulouse on avait accepté et que sous la droite et notamment dans le programme de François Fillon on était totalement favorable à ces privatisations. Alors, est-ce qu'il y a un réveil soudain de toute la classe politique ou c'est juste pour faire contre Macron ?
Guillaume Pelletier.
Alors, il y a plein de choses parce que ce sujet est absolument passionnant et on pourrait y passer des heures. Je ne le ferai pas. J'essaierai d'être synthétique. S'il vous plaît. Mais vous avez posé les vrais problèmes de cet enjeu. J'avais d'abord cru comprendre où suis-je resté un jeune homme naïf que ce qui fonde le nouveau monde d'Emmanuel Macron c'était la capacité à transcender la droite et la gauche.
Et donc, je suis particulièrement étonné de voir certains de ces ministres venus d'horizons différents faire semblant de s'étouffer et de s'estomaquer de cette conviction très forte qui nous anime nous au Parlement que de transcender les intérêts particuliers pour défendre une vision d'intérêt général.
Non mais ça n'est jamais arrivé de mémoire en tout cas d'observateur politique de voir la droite du gouvernement et le parti socialiste
Je vais y revenir Gilles Carrez ancien président de la commission des finances dont on ne peut pas dire qu'il incarne l'antilibéralisme et qui est avec nous dans cette initiative. Moi, il y a un an dans le journal du dimanche j'ai décidé de lancer cet appel à refuser la privatisation d'aéroports de Paris pour des raisons très simples rappelons-les quand même c'est qu'en Allemagne en Italie en Espagne aux Etats-Unis tous les aéroports
Les deux modèles existent on ne va pas refaire l'histoire d'aéroports
de Paris Ce n'est pas une lubie soudaine de quelques parlementaires pour faire les malins et s'opposer à Emmanuel Macron ça n'a même rien à voir Il arrive de voter des textes de soutien au président de la République Là, il s'agit d'un enjeu d'intérêt général d'autant plus que l'exemple de l'aéroport de Toulouse fut un échec que la droite a tort il y a près de 12 ans 13 ans maintenant à privatiser les autoroutes dont on voit les conséquences aujourd'hui hausse de 10% Mais c'était dans le programme de François Fillon aussi à la présidentielle Il y a près de 20% du prix des péages en 10 années 15 milliards de dividendes distribués aux actionnaires en 10 ans sans aucun contrôle Ce sont des choses qui me choquent Et qui choquent nos compatriotes
Et le 37ème aéroport au niveau mondial Il y a peut-être quand même des améliorations à faire Donc la question c'est est-ce que l'Etat français a les moyens d'investir pour redonner un petit peu à ce fleuron français à l'aéroport de Paris une capacité attractive Oui La question elle est surtout là
Je crois
L'Etat français récupère des dividendes mais les réinvestit très peu en fait dans cet aéroport de Paris Je considère qu'en restant
majoritaire de manière limitée et en s'associant avec un certain nombre d'initiatives privées nous pouvions répondre à cet enjeu et chacun a bien compris parce que telle est la réalité comme le fit nos gouvernements sur les autoroutes il y a 10 ans que dans l'urgence d'un déficit budgétaire considérable Emmanuel Macron a été chercher 10 milliards d'euros qu'il n'avait pas et que dans l'urgence nous avons vendu les 10 milliards vont quand même servir à un fonds d'investissement pour des investissements d'avenir
Vous agitez des chiffons rouges
en fait ?
Non je le dis avec beaucoup de clarté vous savez quand des parlementaires de toute sensibilité s'inquiètent quand le Sénat s'y oppose majoritairement et là aussi le Sénat n'a jamais fait preuve d'une vision très socialiste du monde Et ils ne font pas de politique Non moi j'allais dire voilà c'est quand même un tribunal politique aujourd'hui le Sénat Nous assumons parfaitement de placer l'intérêt général au-dessus des intérêts particuliers qu'Emmanuel Macron j'avais cru comprendre qu'il souhaitait nous montrer la voie d'être capable de rassembler des sensibilités différentes quand l'intérêt du pays était en cause et que les cris de vierge effarouchés des membres du gouvernement sonnent extrêmement faux parce que la réalité c'est que les français comme la représentation nationale ne souhaitent pas qu'on vende dans l'urgence des entités stratégiques et vitales J'aimerais juste comprendre
est-ce que vous pourriez le refaire est-ce que c'est un dossier sur lequel vous vous êtes allié avec la gauche et les socialistes est-ce que vous pourriez vous retrouver à l'avenir sur d'autres sujets avec la gauche est-ce que vous en parlez avec Olivier Faure et d'autres députés socialistes de combats communs que vous pourriez mener
Mais qu'est-ce que la droite et je m'en réjouis depuis le 2017 enfin la droite à l'Assemblée Nationale sous la houlette de Christian Jacob c'est la droite du pragmatisme Avons-nous jamais voté de textes proposés par le gouvernement ? Si Nous votons régulièrement des textes à la condition vous en êtes témoin que cela apporte à l'intérêt général Nous votons Vous n'avez jamais vu vous alliez avec les socialistes Guillaume Pelletier Mais par exemple sur la question des médecins vous croyez qu'on va pouvoir faire bouger la société française en raison uniquement entre nous ?
La France Insoumise est d'accord avec vous d'ailleurs pour faire une espèce de corps de médecins qui soit obligé d'aller s'installer en région Comment ? La France Insoumise est d'accord avec vous ?
Mais Olivier Faure aussi a défendu cette idée et je m'en réjouis Mais c'est quoi cette politique où parce qu'on est dans une famille politique on aurait raison contre tout le monde Ah bah c'est ça Vous nous avez habitué Guillaume Pelletier C'est pas ma vision des choses Moi ma vision des choses c'est je suis de droite et fier de l'être parce que je considère oui que la gauche sur les enjeux essentiels est totalement à côté de la plaque ça ne m'interdit pas de m'associer ou avec des socialistes ou avec des représentants d'En Marche de penser même dans l'hémicycle régional puisque je suis conseiller régional de voter parfois avec les verts avec des élus du Front National avec des élus centristes avec des élus En Marche à la condition que sur un sujet précis nous ayons la conviction que cela apportera un plus et un mieux au peuple français Qu'est-ce que vous redoutez
à travers la privatisation d'aéroports de Paris ? C'est quoi la menace qui pèse sur le pays à travers cette privatisation ?
La menace c'est exactement même si vous avez raison il y a des exemples contradictoires mais il y a aussi des exemples inquiétants prenons l'exemple de l'aéroport de Toulouse vendu à un groupe chinois sous Emmanuel Macron et François Hollande les chinois chacun le sait aujourd'hui ont pillé la trésorerie soit désormais revendre l'aéroport et n'ont rien investi de ceux qu'ils avaient promis Je trouve que les garanties de la privatisation d'aéroports de Paris ne sont pas suffisantes Que va-t-on faire sur les investissements futurs ?
Je vous rappelle c'est quand même des dizaines voire des centaines de milliers d'emplois directs et indirects c'est un poids non négligeable dans le PIB national c'est l'horizon de quelques années 100 millions de passagers et entre Bourget le Bourget Orly et Roissy c'est un hub international absolument conséquent et significatif les aéroports c'est tout de même un enjeu stratégique vous savez très bien que la question du contrôle des migrations du contrôle des frontières ça en fait partie alors on me dit oui mais on ne délègue pas pour le moment le contrôle des frontières c'est vrai ça n'est pas dans le texte mais on nous avait dit sur la question des autoroutes qu'il y aurait un contrôle
c'est vous qui avez décidé de la privatisation des autoroutes
à votre famille Ali Badou rassurez-moi est-ce que vous êtes toujours d'accord et vous pensez exactement pareil de ce qu'on fait vos aînés à France Inter ou à Cagall Plus il y a 10 ou 15 ans non ?
vous retrouvez d'ailleurs mes déclarations puisqu'à l'époque et François Bayrou et Philippe Devilliers et quelques autres étaient opposés à cette privatisation donc moi je vais vous dire quelle est ma conviction je suis favorable à des privatisations les télécoms l'électricité quand il y a une véritable concurrence là nous sommes en train de privatiser un monopole privatiser un monopole ça veut dire offrir une rente de situation à des entités qui ne prendront plus aucun risque j'ai quand même le droit de défendre cette conviction et nous avons le droit d'être rejoints par des parlementaires de toute sensibilité c'est bien la preuve
c'est bien la preuve que la droite française
est en train de redevenir une droite capable d'incarner des idées nouvelles et de fédérer autour d'elle des gens venus d'ailleurs vous savez la politique c'est pas simplement de convaincre son camp c'est un jour de faire 50% plus une voix et pour faire 50% plus une voix il faut être capable d'aller convaincre des gens venus d'ailleurs
et il faudra peut-être voir un jour Laurent Wauquiez et Olivier Faure faire tribune commune pour défendre des projets qu'ils auraient ensemble des projets d'intérêt national on attend vraiment de voir ça une dernière petite question
sur ça parce que c'est intéressant
parce qu'il reste peu de temps
je reprends l'idée d'Ali Badou un jour où on verrait Wauquiez et Olivier Faure Laurent Wauquiez et Olivier Faure effectivement faire tribune commune dans ce que vous avez dit c'est voilà à partir du moment où le projet peut être intéressant on peut s'allier à des verts à des socialistes etc vous voulez dire finalement que cette 5ème république elle est vraiment à bout de souffle qu'il faut changer de culture qu'il faut aller vers des majorités de coalition c'est pas du tout la culture française ce dont vous parlez
bien sûr la 5ème république
elle est à bout de souffle
je crois au scrutin majoritaire et à ce titre je récuse les propositions institutionnelles du président de la république vous savez d'introduire trop de proportionnels parce que je crois que notre pays mérite aujourd'hui et commande de la stabilité c'est quoi trop 20% c'est trop ou ça va que ça existe à la base je vous réponds vraiment avec beaucoup de franchise c'est à dire moi je crois assez peu à la nécessité de la proportionnelle parce que je crois la priorité c'est pas la représentativité c'est la stabilité d'accord 1.
ça ne nous interdit en rien d'avoir des majorités de projets évidemment au-delà d'une ligne directrice mais je crois que l'enjeu n'est pas là si vous me parlez de réforme institutionnelle je vais vous en proposer une sur laquelle je travaille depuis longtemps qu'on entend beaucoup d'ailleurs dans le cadre du grand débat c'est l'impression aujourd'hui de la part des français que le pouvoir n'a plus le pouvoir que le pouvoir politique n'est en rien efficace qu'il annonce qu'il propose qu'il promet mais qu'il n'agit pas concrètement au service de nos concitoyens pour une raison simple c'est que la France depuis probablement une quarantaine d'années est dirigée par une caste Jean-Louis Borloo ils appellent les fermiers généraux de Bercy les hauts fonctionnaires les bureaucrates les technocrates une minorité élitiste française qui se croit tout permis et qui malgré les changements politiques les convictions politiques les volontés politiques vous parlez des larques pour le dire rapidement entre autres
et de la botte
entre autres alors j'ai du respect pour les hauts fonctionnaires à la condition qu'il ne soit pas l'exécutif mais qu'il soit l'exécutant et donc je propose vous l'avez dit à Laurent Wauquiez et je propose non mais comme je vous dis j'ai du respect c'est pas parce qu'on a été à l'ENA moi je ne l'ai pas fait donc moi je suis assez à l'aise mais votre président l'a fait mais beaucoup l'ont fait
mais la réforme des grands corps c'est prévu par Emmanuel Macron
vous remettez moi juste parce que ce qui est important c'est bien d'avoir un constat partagé c'est mieux d'avoir une solution quelle est la solution que je préconise dès 2022 c'est l'application en France pour une traduction très concrète le président de la république sera élu probablement dans nos institutions le dimanche 8 mai 2022 je souhaite qu'il ne prenne ses fonctions qu'à la mi-juin pour que pendant un mois il puisse recevoir tous les directeurs d'administration les hauts fonctionnaires les préfets et pouvoir révoquer celles et ceux qui ne signeraient pas une lettre d'engagement d'appliquer la politique du président de la république c'est ce que font les américains vous savez pourquoi aux Etats-Unis on est élu au mois de novembre et on ne prend ses fonctions qu'au mois de janvier c'est pour laisser au nouveau président le temps de recevoir toute l'administration et de bien voir que les directeurs d'administration vont appliquer la politique il reste 3 minutes pour laquelle vous avez été élu ça c'est une réforme concrète utile et qu'attendent nos compatriotes pour que le pouvoir politique le suffrage universel la légitimité du peuple soit enfin réhabilité
une petite question concrète et sonnante et trébuchante les tarifs de l'électricité doivent augmenter qu'est-ce doit faire Emmanuel Macron on laisse cette hausse dire non et faire quoi
baisser les taxes sur oui moi je pense vous savez je salue d'ailleurs son initiative vous savez sur le traité Europe Etats-Unis Emmanuel Macron a eu raison de dire non vous savez un homme politique on l'attend pour dire oui mais on l'attend si parfois pour dire non et dire non entre autres à cette obsession de la rentabilité et du profit d'un certain nombre de grandes entités comme sur la question de l'électricité le grand enjeu et j'en conclue par là pour Emmanuel Macron cette semaine sur les questions que vous évoquez c'est un d'annoncer une baisse drastique des dépenses publiques et la lutte contre tous les gaspillages en luttant contre les fraudes fiscales et sociales tout le monde est d'accord oui mais de le dire et de le faire il y a des propositions concrètes il faut lutter contre les fraudes fiscales et sociales deuxièmement il faut baisser les charges qui pèsent sur les salaires trois il faut enfin augmenter enfin augmenter le pouvoir d'achat et baisser les impôts donc arrêter avec toutes les augmentations
et les TVA à 0% sur les 100 produits de première nécessité
Xavier Bertrand c'est une bonne piste il a raison je crois qu'il faudra en échange de cette baisse drastique des dépenses publiques envoyer des signaux très clairs et démontrer sans doute pas sur 1000 mais sur 100, 150 ou 200 produits de première nécessité que la classe politique française a enfin entendu le cri de colère de celles et ceux qui ont du mal à boucler leur fin de mois c'est inacceptable qu'en France des hommes et des femmes qui bossent ou qui ont bossé ne puissent pas vivre dignement d'une vie de travail ou du fruit de leur travail c'est tout le grand enjeu qui vient à partir de l'été prochain que la droite française redevienne le grand mouvement de la valeur travail de l'effort
et du mérite pourquoi est-ce que vous n'avez pas réussi à vous faire les relais de cette colère après des mois d'une crise politique inédite est-ce que vous avez déjà fait un pré-bilan et c'est de comprendre
vous avez raison oui oui alors je pense qu'on a tout au long enfin depuis le début du quinquennat sur la question des territoires France des territoires avec Damien Abad et Christian Jacob la question du pouvoir d'achat avec Laurent Wauquiez nous avons initié les grandes thématiques qui allaient nourrir le grand débat mais que parce que nous n'étions pas suffisamment en ordre de bataille suffisamment unis et chacun doit y prendre sa part moi y compris nous n'avons pas suffisamment incarné cette alternative au moment de la colère des gilets jaunes vous avez noté que quand j'ai proposé la hausse générale des salaires à l'exception de Valérie Pécresse et de quelques parlementaires je ne fus pas encore soutenu donc je continue à être déterminé et convaincu que la droite française de demain et je convaincrai l'ensemble des responsables politiques c'est ma conviction doit redevenir le mouvement de la récompense de la valeur travail comme je l'ai initié il y a quelques mois et quelques années avec d'autres comme le disait Nicolas Sarkozy comment ?
comme le disait Nicolas Sarkozy
avec beaucoup de justesse
à propos Nicolas Sarkozy justement puisque l'émission se termine et qu'on est aujourd'hui le marathon de Paris vient de se terminer on apprend dans le Parisien que tous les mercredis à 6h45 à l'aube un groupe de députés les républicains la bande des joggeurs part courir dans les rues de Paris vous en faites partie ?
non je les connais très bien ils ont raison moi je cours chez moi en Sologne j'aime bien les routes calmes et forestières de ma province plutôt que les rues de Paris c'est très bien
Nicolas Sarkozy Laurent Wauquiez sont tous des joggeurs faut vous y mettre
ah la politique je suis incapable de faire un marathon soyons modestes mais mes 10 kilomètres j'aime bien les faire chaque semaine
merci Guillaume Pelletier et bon dimanche un mot encore pour vous dire que Questions Politiques entre en campagne pour les européennes et dès dimanche prochain nous vous donnons rendez-vous pour une série d'émissions spéciales avec les 12 têtes de liste aux européennes qui se succéderont dans le studio de Questions Politiques merci à Alexandre Gillardy et à toute l'équipe technique merci à toutes les trois bon dimanche et à ton prochain bon dimanche merci à tous
merci à tous merci à tous