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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 1 avril 2025 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsJusticeEurope & internationalSolidarités & famille

Sébastien Chenu : "Marine Le Pen ne compte pas abandonner les Français !" (France 2)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Est-ce que malgré tout, vous ce matin, vous y croyez quand même fort ou pas ?

  • 1:53OuverteRéponse partielle

    Racontez-nous, vous la connaissez bien Marine Le Pen depuis longtemps, elle a affiché ce visage combatif, mais au fond d'elle-même, est-ce qu'elle a été ébranlée ?

  • 2:45RelanceRéponse partielle

    Vous nous dites que c'était intégré, sauf qu'hier il y a eu une réunion de crise, manifestement tout ça n'avait pas été anticipé pendant plusieurs heures.

  • 3:59RelanceRéponse partielle

    Est-ce que ça ne pose pas aussi un problème démocratique de pointer du doigt les juges et de dire qu'ils prennent des décisions politiques ?

  • 4:50FerméeÉludée

    Est-ce que d'ailleurs vous, ce matin, vous les condamnez ou pas ?

  • 6:07OuverteRéponse partielle

    Au cas où l'empêchement de Marine Le Pen serait confirmé, est-ce que Jordan Bardella est prêt à être le candidat pour 2027 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:50Invité politiqueFait
    « Une juge qui applique le droit, une juge qui applique la loi votée par les parlementaires. »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « on n'a jamais privé dans notre pays, par une décision de justice, le principal leader de l'opposition, de la capacité de pouvoir être candidate. »
  • 2:37Invité politiqueFait
    « cette exécution provisoire, c'est une exécution politique qui est faite de celle qui représente la voix de millions de Français. »
  • 3:26Invité politiqueFait
    « vous qui donnez des leçons de morale à la terre entière sur ce que doit être la démocratie, aujourd'hui vous privez, vous privez vos habitants, vos électeurs... »
  • 3:41Invité politiqueFait
    « Donald Trump, qu'on l'aime ou pas, il a été élu, il est en démocratie, les États-Unis sont une démocratie, et il considère qu'effectivement ça pose un problème. »
  • 3:58Invité politiqueFait
    « beaucoup de gens considèrent que les juges sont allés au-delà, c'est une motivation politique. »
  • 5:31Invité politiqueFait
    « il y a une motivation politique qui est faite dans la décision de la juge. »
  • 5:58Invité politiqueFait
    « pour empêcher Marine Le Pen d'aller à l'élection présidentielle. »
  • 6:27Invité politiqueFait
    « Marine Le Pen, vous l'avez vu, elle est combative. Je vous rappelle qu'il y a zéro corruption, zéro enrichissement personnel, et on ne compte pas, et elle ne compte pas, abandonner les Français. »
  • 8:04Invité politiqueFait
    « Noël Lenoir, membre du Conseil constitutionnel, Jean-Éric Chautel, de la même façon, qui se sont élevés pour dire, il n'est pas possible de priver les Français de leur souveraineté populaire. »

Temps de parole

  • Sébastien Chenu72 %
  • Présentateur27 %

2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à vous Sébastien Chenu, et merci d'être là au lendemain d'une journée évidemment particulièrement riche en émotions, émotions négatives. Pour vous, Marine Le Pen, on l'a entendu hier, a dit qu'elle va continuer à se battre pour se présenter, mais évidemment la fenêtre est très étroite et ça aussi elle l'a dit. Est-ce que malgré tout, vous ce matin, vous y croyez quand même fort ou pas ?

0:17
Sébastien Chenu

Oui bien sûr, nous on y croit, mais c'est vrai que se réveiller ce matin en imaginant que par une décision de justice, la décision d'un juge, les Français privés de voir celle qui fait la course en tête, la principale opposante, celle qui est en tête des sondages, la voir privée de l'élection présidentielle, c'est se dire qu'on n'est plus vraiment dans une démocratie, ça questionne quand même. On se dit la France, vieille démocratie dans laquelle on aime le débat, la confrontation devant les Français par une décision d'une juge, manifestement hostile, qui aurait en tous les cas la volonté... Une juge qui applique le droit, une juge qui applique la loi votée par les parlementaires.

Et c'est ça la démocratie ? Non, c'est pas ça, c'est pas ça. Ah bah si ! Non, non, parce que l'exécution provisoire, parce qu'en fait le problème c'est celui-ci, il y a la sanction pour laquelle il est possible de faire appel, comme dans toute juridiction, vous avez une sanction où vous pouvez faire appel parce que vous considérez que la justice s'est trompée, ou vous n'êtes pas satisfait, vous pouvez faire appel, mais la magistrate en question a assorti cette peine d'une exécution provisoire, c'est-à-dire que la peine s'applique tout de suite. C'est pas la première fois, il y a eu d'autres cas déjà, pour d'autres parties.

Mais ça n'a rien à voir, chaque chose n'est pas comparable, il s'agissait d'élus locaux en général, on n'a jamais privé dans notre pays, par une décision de justice, le principal leader de l'opposition, de la capacité de pouvoir être candidate. Et c'est là où la question de la démocratie se pose, parce que la souveraineté populaire à laquelle les Français sont attachés, choisir eux-mêmes leurs représentants, elle est évidemment aujourd'hui foulée aux pieds.

1:49
Présentateur

Il y aura un débat juridique, la Cour d'appel évidemment, elle sera là pour ça. D'abord, peut-être racontez-nous, vous la connaissez bien Marine Le Pen depuis longtemps, elle a affiché ce visage combatif, mais au fond d'elle-même, est-ce qu'elle a été ébranlée ? Tout à l'heure, Charles Sapin nous disait, il y a eu ce coup de sang quand elle est partie, avant la fin du prononcé de la peine, ça c'était pas prévu.

2:04
Sébastien Chenu

Elle a été plus secouée que d'habitude ? Non mais Marine Le Pen, elle a intégré depuis longtemps que le combat qu'elle mène, c'est un combat politique, mais que face à nous, tous les coups sont possibles, y compris les coups juridiques, c'est-à-dire qu'on ne mène pas face à nous uniquement un combat politique, on mène face à nous aussi un combat judiciaire, juridique, et Marine Le Pen, ça fait longtemps qu'elle a intégré cette dimension, probablement un peu injuste, et que les Français connaissent. Donc Marine Le Pen, c'est une combattante, vous l'avez vu, elle ne va pas s'arrêter.

Elle considère qu'effectivement, cette exécution provisoire, c'est une exécution politique qui est faite de celle qui représente la voix de millions de Français. Et parce qu'il y a des millions de Français derrière elle, elle va continuer à porter leur voix.

2:45
Présentateur

Alors vous nous dites que c'était intégré, sauf qu'hier il y a eu une réunion de crise, manifestement tout ça n'avait pas été anticipé pendant plusieurs heures, on s'est demandé, on n'y était pas à cette réunion, vous vous y étiez peut-être, enfin vous y étiez d'ailleurs par visioconférence, on avait l'impression que le parti était en état de choc, alors que ça faisait plusieurs semaines maintenant qu'on savait que ça pouvait arriver.

3:02
Sébastien Chenu

– Non mais c'est un choc pour la démocratie, c'est un choc pour la démocratie, d'ailleurs c'est vu comme tel à travers le monde entier, que le leader de l'opposition soit privé de la possibilité… – Vladimir Poutine, Jair Bolsonaro, Matteo Salvini, Gerd Wilders… – Des gens qui ont pris des leçons de morale de nos dirigeants pendant des années, et qui aujourd'hui disent à la France, ou regardent la France en disant, vous qui donnez des leçons de morale à la terre entière sur ce que doit être la démocratie, aujourd'hui vous privez, vous privez vos habitants, vos électeurs… – Des leçons de démocratie par Vladimir Poutine, vous conviendrez que…

– Non mais pas seulement Vladimir Poutine, Donald Trump, qu'on l'aime ou pas, il a été élu, il est en démocratie, les États-Unis sont une démocratie, et il considère qu'effectivement ça pose un problème. François Béroud, le Premier ministre, a été, comme on dit pudiquement, troublé. – Troublé, c'est ce qu'il a fait savoir. – Donc ça veut dire qu'en réalité, beaucoup de gens considèrent que les juges sont allés au-delà, c'est une motivation politique. – Justement, puisque vous parlez des Français, il y a un premier sondage ce matin dans le Figaro,

4:04
Présentateur

et il se trouve que les Français ne sont pas tellement d'accord avec vous. Il y a 35% des Français qui se disent choqués, ce qui correspond bon ou mal aux intentions de vote pour Marine Le Pen d'ailleurs, et 37% qui se disent satisfaits. On ne sort pas à un raz-de-marée de soutien à Marine Le Pen.

4:17
Sébastien Chenu

– Deux choses, donc à égalité, 37-35, on est dans la marge d'erreur des deux côtés. Donc il y a autant de Français qui sont choqués que de Français qui sont satisfaits le problème. C'est que les Français choqués, ce sont les Français qui représentent l'opposition. Et dans une démocratie, qu'il n'y ait pas d'opposition, qu'on fasse taire l'opposition, qu'on dise à l'opposition, on vous prive de votre capacité à être représenté, ça pose un vrai problème démocratique. Oui, les Français qui sont choqués, souvent ce sont les Français qui ne sont pas d'accord avec ce qui se passe et qui ont plutôt envie de voter pour Marine Le Pen.

Alors dire vous ne pourrez pas voter pour elle, ça pose une vraie question.

4:49
Présentateur

– Est-ce que ça ne pose pas aussi un problème démocratique de pointer du doigt les juges et de dire qu'ils prennent des décisions politiques ? Il y a eu des menaces du coup sur les magistrats et à tel point que le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a dû intervenir pour condamner ces menaces. Est-ce que d'ailleurs vous, ce matin, vous les condamnez ou pas ?

5:02
Sébastien Chenu

– Non mais il n'y a pas de menaces, moi je ne menace pas les juges, je trouve que… – Non mais est-ce que vous condamnez ces menaces ? – Je condamne les menaces, je ne vois pas où il y a des menaces. – C'est Gérald Darmanin qui le dit, il y a eu des menaces. – Non, Gérald Darmanin le dit, donc c'est parole d'évangile, il n'y a aucune menace sur les juges. – Donc on n'a pas eu la dit aussi. – En revanche, il y a des menaces sur les juges. – Ah bon, il y a des menaces, bon alors si vous savez qu'il y a des menaces…

5:19
Présentateur

– Le garde des Sceaux est bien placé pour le savoir.

5:21
Sébastien Chenu

– Ah bon, écoutez, si vous pensez que c'est lui qui donne effectivement le là, c'est très bien, mais l'idée n'est pas de menacer les juges. – Vous ne connaissez pas ces menaces ? – Mais je ne les connais pas ces menaces, s'il y a des menaces, je les condamne, si vous vous faites plaisir de l'entendre. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a une motivation politique qui est faite dans la décision de la juge. La motivation politique, c'est de rendre exécutoire la peine pour justement priver Marine Le Pen de l'élection présidentielle. Parce que nous l'avons dit en début de conversation, une peine, elle tombe, il y a un appel, et ensuite chacun fait valoir ses droits.

Mais là, avec cette exécution provisoire, la juge dit, il y a une peine, mais je l'assortis de l'immédiateté de la sanction pour empêcher Marine Le Pen, c'est dans le rendu, pour empêcher Marine Le Pen d'aller à l'élection présidentielle. C'est ça qui est éminemment condamnable.

6:07
Présentateur

– Au cas où l'empêchement de Marine Le Pen serait confirmé, est-ce que Jordan Bardella est prêt à être le candidat pour 2017 ? Parce qu'on sent bien que l'ERN s'engage sur une double voie. D'un côté, il va y avoir le combat juridique de Marine Le Pen, mais qui va empêcher, d'une façon ou d'une autre, même si la Cour d'appel lui donne raison, son ascension vers l'Elysée.

6:25
Sébastien Chenu

– Non, mais vous savez, Marine Le Pen, vous l'avez vu, elle est combative. Je vous rappelle qu'il y a zéro corruption, zéro enrichissement personnel, et on ne compte pas, et elle ne compte pas, abandonner les Français. Donc il n'y a pas d'autre, aujourd'hui, scénario que celui de permettre un appel pour faire valoir nos droits et permettre à Marine Le Pen d'être notre candidate à l'élection présidentielle.

6:44
Présentateur

– Oui, mais on l'a dit, c'est vrai, en début de conversation, la voie est extrêmement étroite, en termes de timing, ça ne sera peut-être pas possible. Donc est-ce que parallèlement, il ne faut quand même pas se préparer au plan B ?

6:51
Sébastien Chenu

– Aujourd'hui, comme j'allais dire d'habitude, comptez sur nous pour savoir ce qu'il y a de meilleure à faire pour nos électeurs. Et la meilleure des choses à faire, c'est faire valoir nos droits, parce que faire valoir nos droits, c'est faire valoir les droits des millions de gens qui votent pour Marine Le Pen. – Mais vous allez bien voir cette musique qui va monter en faveur de Jordan Bardella.

7:05
Présentateur

– Bien sûr, mais on sait sur les chiffres, quand on demande aux Français qui préfèrent entre Jordan Bardella et Marine Le Pen, ils répondent, nous on préfère Bardella, c'est assez net. Chez les Français, 30% disent on préfère Bardella, 16% Marine Le Pen, et chez même vos propres sympathisants, c'est encore plus impressionnant. Est-ce que pour vous, sur un plan strictement électoral, ce n'est pas un mal pour un bien ?

7:25
Sébastien Chenu

– Mais rassurez-vous, c'est nous qui allons nous organiser. Ce n'est ni vous, ni vos confrères, ni les opposants au Rassemblement national qui décideront de qui est notre candidat.

7:35
Présentateur

– Il y a une initiative qui a été lancée par Jordan Bardella hier, il a lancé une pétition, est-ce que vous avez peut-être des premiers chiffres sur les signatures, ou bien pas spécialement, et surtout, est-ce que vous appelez à aller plus loin ?

7:46
Sébastien Chenu

– Des chiffres non, mais nous avons des centaines de milliers de gens qui se sont manifestés hier auprès de nos élus, nous avons été débordés d'appels, de mails, de SMS, pas seulement d'ailleurs d'électeurs du Rassemblement national, de gens, et je vois qu'il y a des grandes voix dans notre pays, Noël Lenoir, membre du Conseil constitutionnel, Jean-Éric Chautel, de la même façon, qui se sont élevés pour dire, il n'est pas possible de priver les Français de leur souveraineté populaire.

Ça ne touche pas, ce n'est pas que partisans cette affaire-là, ça ne touche pas que les électeurs ou les soutiens de Marine Le Pen, c'est une question fondamentale d'un rapport qu'on a à la démocratie dans notre pays, d'un basculement qui est en train de s'opérer dans notre pays, et qui je pense est très grave.

8:22
Présentateur

– Mais, sauf qu'il y aura un candidat, de toute façon, du Rassemblement national, le Rassemblement national sera représenté, donc il n'y a pas de délit démocratique de ce point de vue-là, votre voix sera entendue, quelle que soit la personne qui la porte.

8:31
Sébastien Chenu

– Oui, mais monsieur, ce n'est pas à un juge, ni aux médias, de décider qui est le candidat du Rassemblement national, ce n'est pas une décision de justice de priver les Français de leur souveraineté et de leur choix. Or, c'est exactement ce qui est en train de se passer. – Donc il doit y avoir impunité pour les élus ? – Il n'y a pas d'impunité, il ne s'agit pas d'impunité, il s'agit de pouvoir avoir un recours, un appel dans des conditions normales, c'est-à-dire sans avoir cette exécution provisoire, qui empêche Marine Le Pen d'aller aux présidentielles, avoir recours à l'appel. C'est la raison pour laquelle nous demandons que l'appel soit évidemment étudié au plus vite.

9:02
Présentateur

– C'est le retour cet après-midi à l'Assemblée nationale, il va y avoir les questions au gouvernement, est-ce que vous pensez que l'ambiance sera électrique, est-ce que vous avez l'intention, d'une façon ou d'une autre, de faire, entre guillemets, payer cette décision au gouvernement actuel ou pas ?

9:13
Sébastien Chenu

– Vous avez vu que nous, nous avons toujours les mêmes lignes, nous votons ce qui va dans le bon sens. Moi, hier soir, j'étais, hier après-midi, en séance à l'Assemblée, j'ai fait entendre notre voix en expliquant combien nous étions choqués, combien il y avait ce basculement démocratique, je crois que nous aurons l'occasion de le dire encore, il y a un basculement démocratique dans notre société, et je pense que ce point de bascule, il faut en prendre conscience aujourd'hui, parce qu'il aura de graves conséquences dans les années à venir.

9:36
Présentateur

– Et la menace de censure se précise pour François Bayrou ?

9:38
Sébastien Chenu

– Mais la menace de censure, elle existe toujours au-dessus de la tête de François Bayrou et de son très mauvais budget et de sa très mauvaise politique.

9:44
Présentateur

– Comment l'ERN se prépare aux échéances qui vont arriver, c'est ce que nous a expliqué ce matin. Sébastien Chenu, merci beaucoup. – Merci monsieur. – Merci.

9:51
Locuteur

Sous-titrage ST' 501