Irma : "La visite d'un président de la République n'éclipse pas six jours de manquements" juge Laurent Wauquiez
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Il est candidat à la présidence des Républicains. Laurent Wauquiez est notre invité ce matin sur France Info. Jean-Michel Apathy.
Bonjour Laurent Wauquiez. Bonjour. Des dizaines de milliers de Français ont défilé hier contre la réforme du Code du Travail et nous en écoutons quelques-uns. Ils étaient à Paris.
On n'est pas des feignants, on n'est pas des cyniques, on est des travailleurs. Vous voyez ici, là c'est les hospitaliers. Et tous les jours, nous, on travaille 12 heures dans les services. Et tous les jours, on sue pour les malades. Alors il faut qu'ils comprennent. Laissez-nous un peu de droit quand même. Personnellement, j'étais en grève l'année dernière, en 2016. Et là, voilà, ça va encore plus loin dans la destruction des droits des salariés.
Vous avez déjà dit, Laurent Wauquiez, que selon vous, cette réforme ne réglerait pas tous les problèmes. Mais par exemple, plafonner les indemnités au prud'homme ou donner des possibilités de négociation dans les petites entreprises, ce sont des bonnes idées selon vous ou pas ?
Ce que j'ai clairement dit, c'est que dans cette réforme, il y avait des avancées techniques qui allaient dans le bon sens. Et vous en avez évoqué. Prud'homme par exemple ? Oui, ou un petit peu plus de facilité de négociation, notamment dans les entreprises de moins de 50 salariés. Et ce n'est pas un problème pour moi. De le dire ? Non, parce que je n'ai aucune envie que notre opposition soit une opposition sectaire ou bornée. Et après, je prends un peu de champ. Parce que dès qu'on a une réforme d'Emmanuel Macron, tout le monde est supposé de sais se baudire. Copernic est dépassé. On n'a jamais vu ça. Le code du travail est révolutionné. Bon. Il faut un peu atterrir.
La réalité, c'est que je pense que ça ne transformera pas l'économie française. Et que parallèlement à ça, le gouvernement prend des mesures que je trouve, elle, très inquiétantes. Et notamment sur la hausse de la fiscalité. On a encore annoncé hier qu'il y aurait des augmentations de fiscalité sur les PEL, sur l'assurance-vie.
C'est annoncé pendant la campagne électorale. C'est-à-dire ce qu'on appelle une taxe unique sur ses placements financiers de 30%. C'était annoncé. On ne le découvre pas.
Mais, M. Apathy, ce n'est pas parce que des conneries étaient annoncées que le fait qu'elles se réalisent soit une bonne nouvelle. Des conneries. Oui, parce que je pense sincèrement qu'augmenter la taxation sur les classes moyennes et les Français dans un pays qui est déjà extrêmement frappé d'impôts, c'est une erreur. Et mon sentiment, c'est que là-dessus, le gouvernement va mettre en panne l'économie française. Trop d'impôts. Il est en train de commettre la même erreur que celle qu'avait fait François Hollande. 20 milliards d'euros sur la CSG, ça va être considérable.
Et donc, ça ne sert à rien de faire quelques mesures techniques qui fluidifient le Code du Travail, si de l'autre côté, vous prenez à la gorge les Français par une fiscalité qui est trop forte, et notamment sur les classes moyennes.
Sur le Code du Travail, il faudrait aller plus loin, par exemple, toucher au CDI, permettre des licenciements plus facilement ? Vous pensez que là-dessus, précisément, il faudrait aller plus loin ?
Non, je pense que la limite majeure de ce qui est fait. D'abord, un, la première, malgré tout, on connaît un petit peu la scène politique française, quand un certain nombre de syndicats sortent du perron de l'Elysée avec une oreille qui va de l'oreille gauche à l'oreille droite, je me dis quand même que ce n'est pas la révolution qui est en marche. Deux, le deuxième sujet, qui est pour moi important, c'est les négociations, et notamment l'effet de seuil des 50 salariés. En fait, il y a vraiment un coup près qui est en train de se passer. En dessous de 50 salariés, il y aura des mesures de souplesse. Au-dessus de 50 salariés, on est vraiment dans un enfermement et une très grande rigidité.
Et je crois que là, c'est une erreur. Parce que je le vois chez moi, dans ma région Auvergne-Rhône-Alpes, j'ai beaucoup d'entreprises qui s'arrêtent pile à 49 salariés. Et cette réforme, vraiment, c'est très frappant. Vous discutez avec un chef d'entreprise, vous lui demandez vous avez combien de salariés, il vous dit 49. Et 49, il sait pourquoi il dit 49. Même s'il a des commandes, il ne bouge pas. Bien sûr, parce que l'effet de seuil a passé, c'est-à-dire qu'il y a tellement de contraintes en France qui s'ajoutent quand vous passez de 49 à 51, qu'au fond, c'est un vrai mur. Et cette réforme renforce cet effet-là. Et donc, je pense que de ce point de vue, on passe à côté d'un point.
En France, il faut faciliter la tâche des petites entreprises.
Pardon, pour que ce soit plus clair, vous êtes opposé à cette réforme ?
Non, je me suis déjà exprimé dessus, M. Brustoussin, et vraiment sans aucun souci. Vous l'auriez voté ? Je n'ai pas de problème à dire que dès lors qu'il y a des avancées, elles ont beau être techniques, elles ont beau être partielles, ça ne pose pas un problème pour nous de la voter. Mais je ne veux pas que l'arbre cache la forêt.
Il y aura un mot d'ordre au député des Républicains ? Enfin non, il n'y a pas eu, mais... En fait, excusez-moi, je suis... Vous me permettez de répondre juste à ça ? Je suis un peu... Oui, allez-y. Puis après, on va revenir un peu sur un mot que vous avez employé.
La politique n'a pas forcément besoin de mot d'ordre. Elle a besoin de conviction, mais elle n'a pas besoin de mot d'ordre.
Vous avez employé un mot, je ne veux pas faire de la mousse avec ceux qui ne le méritent pas, mais le mot de connerie qui est un mot assez fort et assez rare sur la scène politique. Il vous a échappé ou il traduit chez vous une colère vis-à-vis d'Emmanuel Macron ?
Non, il traduit une colère, pas seulement par rapport à Emmanuel Macron, mais par rapport à ce qu'est la situation des classes moyennes en France. Et je pense que ça fait partie des grands tabous et des non-dits du débat politique. On a des classes moyennes en France qui aujourd'hui se sont appauvries, qui sont en situation d'inquiétude, y compris par rapport à ce qu'ils peuvent transmettre par rapport à leurs enfants. Et le programme qui est porté en ce moment par Emmanuel Macron est un programme très lourd qui va faire payer un tribut encore plus important aux classes moyennes. Et je pense, pour moi, c'est la bataille que je veux que les républicains portent.
Je constate d'ailleurs que sur la scène politique, personne ne le porte. Jean-Luc Mélenchon n'est pas le porte-parole de ces classes moyennes. Et donc, je pense qu'on a besoin d'une voix de droite qui, par rapport à ce que fait Emmanuel Macron, par rapport à ceux qu'il a qualifié ceux qui ne sont rien, est capable d'être le défenseur de ces classes moyennes. Les mesures PEL, les mesures Assurance-vie, les mesures sur la CSG.
Qui sont portées par des gens de votre parti. Puisque Bruno Le Maire et Gérald Darmanin sont aux commandes à Versy. Ce sont eux qui sont chargés, peut-être pas de les faire, mais d'appliquer les choix fiscaux. Et donc, ce sont vos amis qui font des conneries.
Alors un, ça a pu être mes amis, mais je suis très critique en politique sur ceux qui trahissent toutes leurs convictions à ce point. Je rappelle juste que Bruno Le Maire, pendant la campagne des primaires, expliquait qu'il fallait baisser la CSG. Donc voilà, aujourd'hui, ils ont fait un choix, ils se sont séparés, c'est leur destin. Moi, je suis là pour donner une voix à la droite.
Trahir ses amis, c'est pas forcément trahir ses convictions. On peut leur accorder qu'ils sont sincères dans leur démarche ou pas.
Bah, juste, moi je relève un fait, je suis pas là pour polémiquer, c'est pas mon sujet, tout ça c'est derrière nous. Mais je constate juste que Bruno Le Maire, il y a 6 mois, expliquait sur tous les plateaux qu'il fallait évidemment baisser la CSG. Et que ça va être le ministre de Versy qui aura fait la plus grosse augmentation de la CSG. Mais mon sujet, c'est pas eux, mon sujet c'est Emmanuel Macron. Et d'essayer, face à Emmanuel Macron, de reporter, de réincarner la voix de la droite.
Vous restez avec nous Laurent Wauquiez, bien sûr. Il est 9h moins 20, tout de suite, on fait un point sur l'essentiel de l'info avec Edwige Coupez.
Edouard Philippe, attentif, respectueux aussi face à la contestation contre la réforme du code du travail. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté hier partout en France. Pour le Premier ministre, cela traduit un besoin d'explication. Edouard Philippe annonce aussi vouloir stabiliser le taux du livret A. Il est à 0,75% aujourd'hui. Un geste pour les épargnants, pour les organismes HLM aussi, puisque le livret A finance la construction des logements sociaux. Emmanuel Macron lui est attendu à Saint-Barthélemy ce matin, moins touché que Saint-Martin, à tel point que le président de la collectivité affirme sur France Info que l'île n'a pas besoin de l'aide de l'État.
Ce n'est pas le cas à Saint-Martin. Emmanuel Macron annonce le rétablissement de l'eau potable d'ici une semaine. Des tentes gonflables aussi pour accueillir les élèves dans les écoles des lundis. Et puis 1000 hommes supplémentaires pour assurer la sécurité. 1900, 1924 et un siècle plus tard, 2024. Les JO à Paris pour la troisième fois. C'est le scénario attendu ce soir à Lima au Pérou. Les Jeux de 2028 pour Los Angeles. Double attribution, c'est ce qui a été conclu cet été. 5-0, victoire du PSG hier soir en Ligue des Champions contre le Celtic à Glasgow. Neymar et Mbappé, recrues stars de l'été, ont marqué chacun un but. Autour de Monaco, ce soir, ce sera contre Leipzig en Allemagne.
France Info.
Laurent Wauquiez est notre invité, Jean-Michel Apathy.
Emmanuel Macron se trouve toujours à Saint-Martin, cette île ravagée par l'ouragan Irma. Il a coupé court au procès de manque d'anticipation de l'État. On écoute le chef de l'État, justement.
Dès que l'information a été connue, l'État s'est parfaitement organisé.
Vous convenez de cela ? L'État s'est organisé dès que l'information a été connue ?
Vous savez, moi je ne suis pas sur les îles. Mais j'ai écouté et j'ai regardé. Et j'ai écouté les habitants qui, eux, ont été confrontés à ces drames et qui ont clairement dit que la réaction de l'État et du gouvernement n'avait pas été à la hauteur. Bien entendu, on ne peut pas anticiper ce qui n'est pas anticipable. Mais on peut prévoir ce qui est prévisible. L'ouragan, il n'était pas anticipable, sans doute pas à ce niveau-là. Mais une fois qu'il était là, il y a quand même des images qui ont été profondément choquantes. Des scènes de pillage en France. Des populations et des habitants qui sont obligés de s'organiser pour protéger leurs propres biens.
Et puis, reprenons juste la chronologie et ce qui s'est passé. Le lendemain, la ministre de l'Outre-mer, Mme Girardin, annonce qu'il y aura 168 forces de police et sécurité civile et gendarmes. Et aujourd'hui, Emmanuel Macron annonce que non, finalement, il y en aura 3000. Six jours après, il faut attendre la visite du président de la République pour qu'on mette en place une unité de désalinisation. Donc, oui, clairement, il y a eu des manquements. Oui, clairement, la réponse n'a pas été suffisamment rapide et il y a sans doute eu une sous-estimation du drame. Et dire ça, ce n'est pas faire une polémique. C'est juste demander qu'on regarde ce qui n'a pas marché.
Pour que la prochaine fois, et malheureusement, avec la dérégulation climatique, il y aura une prochaine fois, pour que cette fois-ci, la réponse du gouvernement soit à la hauteur des drames vécus par les populations.
Mais qui est en cause, selon vous ? Est-ce que c'est... Vous dites, l'État n'a pas su répondre. Mais c'est le ministère de l'Intérieur, c'est le ministère de l'Outre-mer, c'est la préfecture sur place. Enfin, l'État, ça veut tout dire et rien dire.
Pardon, mais en France, l'État, c'est une signification. Donc, il y a des gens sur le terrain, c'est la préfecture. Vous visez qui, précisément ? Moi, ça ne m'intéresse pas de viser quelqu'un. Je ne suis pas là pour viser quelqu'un.
Quel organisme, alors ?
Quel pan de l'État ? C'est cette chaîne de responsabilité qu'il faudra qu'on puisse éclaircir. Donc, il y a une responsabilité collective. Non, il y aura une commission d'enquête parlementaire qui va permettre de faire la lumière dessus.
À laquelle le gouvernement semble accéder, d'ailleurs.
Bien sûr, et tant mieux. Mais juste, quand même, il ne faut pas qu'on oublie de voir ce qu'on a vu. On ne peut pas, en France, accepter qu'après un ouragan, on ait en plus des scènes de pillage. Cette idée qu'il faille autant de temps pour prendre une mesure aussi simple qu'après un ouragan, mettre en place une usine de désalinisation. Et qu'il faille six jours, avec la visite du président de la République sur le terrain, pour qu'on dise, oui, on va mettre ça en place. Il y a clairement eu un manque et des défaillances.
Sur l'attitude du chef de l'État à Saint-Martin, il passe plus de temps que prévu, il voit beaucoup de gens, il a l'air de trouver un contact avec l'opinion publique. Vous avez un commentaire particulier, Laurent Wauquiez ?
Je pense que c'est son travail, c'est son rôle d'être sur le terrain. Voilà, je n'ai rien pour moi à ajouter. Après, attention, une visite d'un président de la République n'éclipse pas la souffrance et six jours de manquement.
Les militants des Républicains n'éliront leur président. Les 10 et 17 décembre prochains, vous êtes candidat à Laurent Wauquiez. Cinq personnes le sont aussi avec vous, donc vous êtes six au total. Et de l'avis général, c'est vous qui avez gagné.
Vous êtes gentil pour moi ce matin. Qu'est-ce qui vous arrive ?
Mais ça vous inquiète ? Vous avez dû l'entendre et le lire, ça, non ?
Non, ça ne m'inquiète pas.
Les autres candidats avaient moins de chances que vous. Vous avez dû l'entendre et le lire, quand même. Ce n'est pas mon sujet.
Ah d'accord. Mon sujet, c'est juste qu'on a une droite qui n'est pas bien.
Oui, ce n'est pas ma question.
Je sais, mais il m'arrive parfois de ne pas répondre exactement à vos questions.
C'est difficile d'être dans une compétition sans un vrai adversaire ?
Non, parce que ce n'est pas mon sujet et que je n'ai pas envie d'une guerre de chefs. Ce n'est pas mon sujet parce que...
Mais vous en convenez, il n'y a pas d'adversaire à votre hauteur ? Non, pas du tout.
Il y a des gens qui incarnent des vrais talents. Il y a des gens qui ont des sensibilités différentes. Il va y avoir un vrai débat. Après, si votre question, c'est de me dire est-ce que je suis triste qu'il n'y ait pas de guerre des chefs et qu'on ne se tape pas tous dessus pendant trois mois ? Ma réponse, c'est non. Je suis plutôt content que la droite offre une image sereine, tranquille, dans laquelle on peut avoir un débat qui offre autre chose que ce qu'on a pu connaître.
Un débat télévisé, d'ailleurs, c'est quelque chose que vous souhaitez ?
Pourquoi pas ?
Ou radio diffusé ? Vous êtes candidat sur l'erreur ?
Mais je voudrais répondre quand même...
Vous le souhaitez ou pas ? On va voir pour l'instant.
Vous savez, on a tout un processus où il faut que chaque candidat... Non, mais juste le processus, qu'il faut que chaque candidat valide sa candidature, qu'on réunisse suffisamment de soutien des bénévoles de notre famille politique. Voilà.
Enfin, c'est simple, pardon, mais vous pourriez me dire oui ou non.
Est-ce que je vais être très content de faire un débat avec M. Bruce Toussaint sur le plateau de France Info ? Vous me laissez le temps de réfléchir ? Mais je voudrais répondre plus sérieusement. à la question qui est posée.
À la question que vous allez vous poser. On vous écoute.
Allez-y. Je ne vais pas exclure que ce soit aussi celle qui intéresse vraiment nos auditeurs. Sans doute, si vous l'avez... Notez, Jean-Michel, notez bien. Allez-y. Je pense que non seulement on a perdu une élection, mais que surtout on a déçu. Et que la question que se posent honnêtement nos auditeurs, ce n'est pas est-ce que Wauquiez va gagner ou est-ce qu'un tel ou un tel va gagner, c'est comment ils vont reconstruire la droite. Ça, c'est la vraie question. Vous savez comment ? En tout cas, pour moi, il y a deux voies qui sont fondamentales. La première, c'est rassembler. On a besoin de remettre ensemble la droite.
En respectant la diversité de paroles, en retrouvant ce qu'on avait à une époque, où on avait Seguin et Pasqua en même temps, autour de Jacques Chirac, et en retrouvant au fond cette énergie. Et la deuxième, parce que ça pour moi, c'est un sujet de conviction très fort, si la droite veut reparler au français, il faut qu'elle assume ses convictions. Très sereinement, mais avec beaucoup de détermination. En étant capable de dire ce qui va bien dans le gouvernement, mais en étant capable, sur des sujets comme les classes moyennes, sur des sujets comme la sécurité, sur des sujets comme le communautarisme, d'avoir une parole qui soit très forte.
Et je ne crois pas à un chemin pour la droite, qui consiste à jeter un voile pudique sur ses convictions, et se dire, en fait, il faut qu'on fasse un filet d'eau tiède pour reparler au français. Je ne crois pas à ça.
Pas d'eau tiède. C'est ce que certains vous reprochent d'ailleurs, précisément, de parler trop crûment de certains problèmes. On va écouter deux de vos déclarations, Laurent Wauquiez. C'était l'année dernière. Et ces déclarations symbolisent dans l'esprit de ceux qui vous affrontent au sein des Républicains une ligne trop à droite. On vous écoute.
La France donne beaucoup trop généreusement la nationalité française à des gens qui ne parlent pas notre langue, qui ne respectent pas notre culture, et qui ne travaillent même pas pour faire vivre leur famille. Ce n'est pas à la République de s'adapter aux étrangers, c'est aux étrangers de s'adapter à la République. Quand est-ce que nous allons cesser d'accepter que l'Algérie ou des pays du Golfe viennent ici tisser leur réseau à l'ombre de nos mosquées ? Quand est-ce que nous allons ouvrir les yeux ? C'est la France. Et ils n'ont rien à faire ici.
Voilà, c'est à partir de ces déclarations que certains jugent que vous n'êtes pas loin du Front National.
Eh bien, vous voyez, ça fait partie des sujets qui m'interroge. Que quand en France, on dise que notre pays est tolérant et ouvert, mais à une condition, ce qui a toujours été le modèle d'intégration française, c'est que ceux qui viennent chez nous, viennent pour faire leur le mode de vie de notre pays, ça fait juste pour moi partie des valeurs de la France.
Que après les problématiques qu'on a eues, de monter de l'intégrisme islamiste, de travail du salafisme, parfois soutenu par des puissances étrangères, on se retrouve à continuer à avoir, à faire des débats lourds pour imposer cette idée qu'on ne peut pas accepter que l'islam soit instrumentalisé par des pays étrangers sur le sol français, ce soit une difficulté, ça m'interroge. Alors après, bien sûr, vous diffusez des paroles de meeting, dans un meeting, on n'est pas sur un studio télévisé. Mais ils expriment votre pensée ? Bien sûr, et ce n'est pas ça que je dis, c'est le ton de la voix. Le ton, d'accord.
Parce qu'on est sur un meeting, parce qu'il y a beaucoup de monde, parce qu'on est dans des grandes salles.
Vous diriez qu'il y a un problème d'immigration massive aujourd'hui en France ?
Je pense qu'on est au-delà de nos capacités d'intégration.
Il y a trop d'immigration, d'immigration massive, c'est un terme à qui vous parle ?
Je pense juste, et là encore, pour moi, ça fait partie de thème qu'on doit pouvoir aborder très tranquillement. La France des années 70, avec un gros taux de croissance, en tout cas dans la première moitié, un taux de chômage des jeunes avait une capacité d'intégration qui n'a rien à voir avec ce qu'est la France aujourd'hui, avec un faible taux de croissance, un gros chômage et une difficulté à intégrer les jeunes. Et je voudrais juste, parce que ce débat-là, il a du sens. Est-ce qu'on est pour une société multiculturelle ? Ou est-ce qu'on pense que le modèle de la France, c'est le creuset français ? Et c'est ce qui faisait notre force.
C'est ce qui nous a permis d'intégrer des immigrés qui venaient de Pologne, qui venaient d'Italie, qui venaient d'Espagne, qui venaient de la Méditerranée, mais qui venaient en disant...
C'est la religion, le critère discriminant ?
Non. L'islam est compatible avec la République ? L'islam, oui, à condition de refuser le travail de l'islam intégriste. C'est vraiment un otage, l'islam. Et le travail de la France... Vraiment ? Ah oui, j'en suis convaincu. Vous savez que ce sont des thèmes que je connais un peu. Je parle arabe. J'ai vécu, notamment en Égypte. Je connais ce travail-là. Et j'ai vu, en Égypte, un pays qui, il y a encore 15 ans, était un pays modéré, comment ce pays a été mis sous la coupe des réseaux intégristes. Et donc, on a une bataille à mener. Et je vais même aller jusqu'au bout de ce que je pense.
Je pense qu'un des problèmes en France, c'est que vous avez des politiques qui veulent plaire à tout le monde, qui ne disent plus les choses, et je pense que parfois, il vaut mieux des politiques qui ont un langage qui est direct. Ça plaît, ça ne plaît pas. Tout le monde n'est pas nécessairement d'accord. Mais au moins, on sait que je dis ce que j'exprime. J'espère que vous avez tous été touchés par ce témoignage d'un ancien proviseur de Marseille qui a expliqué que dans son lycée public, quand il a une famille juive qui est venue le voir, il a été obligé de dire à cette famille qu'il ne pouvait pas les accueillir dans le lycée public parce qu'il était incapable d'assurer leur sécurité.
Ces sujets-là,
est-ce qu'on se tait dessus ? Vous restez avec nous, Laurent Wauquiez, on va poursuivre cette discussion dans un instant. Tout de suite, à 9h10, l'essentiel de l'info avec Edwige Koupès.
Des messages vidéo d'Emmanuel Macron, du chef Alain Ducasse ou encore de l'acteur Jean Dujardin. Ultime, grand oral pour la délégation française. Aujourd'hui, à Lima, au Pérou, 25 minutes. Même chose pour Los Angeles. Les membres du CIO vendront ensuite à main levée. L'issue de ce vote normalement est connue. Paris 2024 et Los Angeles 2028. Usine de désalinisation pour l'eau potable. Tente gonflable pour rouvrir les écoles des lundis. 1 000 hommes supplémentaires pour assurer la sécurité. Procédure simplifiée aussi pour les assurances. Les annonces d'Emmanuel Macron la nuit dernière au sinistré d'Irma à Saint-Martin. Le président va ce matin à Saint-Barthélemy. Macron est foutu.
Les fainéants sont dans la rue. Le slogan des manifestants hier contre la réforme du Code du Travail. 223 000 au total selon la police. 400 000 selon la CGT. Nouvel appel à manifester la semaine prochaine, le 21. Ce n'est pas un bras de fer, dit ce matin le Premier ministre, mais un besoin d'explication. Edouard Philippe rassurant aussi sur les APL. Il n'y aura aucun impact pour les bénéficiaires dans le logement social. Les loyers baisseront autant que les aides au logement. 7 départements du Carneur-Est en vigilance orange. Fortes pluies attendues ce soir de la Seine-et-Marne à la Moselle.
France Info. Laurent Wauquiez, notre invité. Jean-Michel Dapati.
La procréation médicale assistée sera accessible à toutes les femmes. C'est ce qu'a déclaré la secrétaire d'Etat aux droits des femmes Marlène Schiappa hier sur BFM. On l'écoute.
La PMA sera ouverte
à toutes les femmes en France.
Alors je ne préjuge pas du débat parlementaire, mais c'est ce qui sera proposé en effet.
C'est ce que proposera le gouvernement. C'est ce qu'annoncera le gouvernement.
Le comité d'éthique a émis un avis favorable. Le président de la République avait soumis cet engagement à l'avis du comité national d'éthique. L'avis est favorable. Il n'y a rien qui nous empêche de rendre la PMA légale pour toutes les femmes.
Aujourd'hui, la PMA n'a que des buts thérapeutiques. Donc l'ouvrir à toutes les femmes, c'est une vieille revendication. C'était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Quelle est votre réponse, Laurent Wauquiez ?
Ce qui me préoccupe et ce qui m'a toujours préoccupé sur ces questions, c'est la question à terme de la marchandisation du corps de la femme et les questions de filiation. Il faut bien qu'on comprenne l'engrenage dans lequel on rentre. On va donc ouvrir la procréation médicalement assistée pour des femmes qui sont en couple. Ceux que font d'autres pays européens. Bien sûr. Et ceux que ne font pas d'autres pays européens. L'Allemagne, par exemple, ne le fait pas. Et la Belgique et l'Espagne le font. Exactement. Dernière, les couples d'hommes qui sont ensemble feront évidemment une revendication d'égalité.
Consistant à dire mais cette possibilité avec cette formule que je n'aime pas du droit à l'enfant pour des couples de femmes doit évidemment être ouvert pour des couples d'hommes. Ce qui signifie ce qu'on appelle la gestation pour autrui. C'est-à-dire, parce qu'il faut appeler clairement les choses, payer une femme pour qu'elle enfante un enfant et ensuite le prendre pour le donner à d'autres personnes. Je veux et je pense que c'est très important pour nous qu'on ait un respect pour les couples de même sexe, pour l'amour qu'ils ont et pour les revendications qui sont les leurs. Je pense aussi qu'il faut qu'on ait un respect pour ceux qui en France défendent une autre approche de la famille.
Et alors, quelle est votre position finale ? La PMA pour toutes les femmes, oui ou non ? Non.
Je pense que l'invocation du droit à l'enfant ne doit pas aboutir à la marchandisation du corps de la femme. Donc vous dites
qu'il faut respecter les demandes des couples de même sexe mais là, on leur dit non.
Je dis que sur ce sujet-là, parce que le chemin dans lequel on s'oriente est un chemin qui amène évidemment à la marchandisation du corps de la femme, pour moi, c'est une ligne rouge.
Même si la loi dit qu'il n'y aura pas de GPA ?
Même si la loi le dit ? Je voudrais juste, M. Apathy, souligner une chose, je ne suis pas seul sur cette position. Édouard Philippe, le Premier ministre. Oui, des ministres aussi, Gérard Collomb. Bien sûr, lui-même a très clairement dit dans une tribune du 10 février 2013, nous nous opposerons résolument à la PMA pour les couples homosexuels féminins et à la GPA.
De vous à moi, il a dû changer d'avis. On lui poserait la question quand on le verra mais ça, ce n'est pas un argument.
Je ne pense pas. Je n'espère pas. On parle d'une tribune du 10 février 2013.
Oui, je pense qu'il a changé d'avis.
Pourquoi ?
Parce qu'il est un peu obligé. Pourquoi il est obligé ? Puisque le Président va faire la réforme si le Premier ministre s'y oppose, c'est un petit problème. Mais enfin, moi ce qui m'intéresse, c'est votre...
Vous êtes en train de me dire que son poste va prendre le pas sur ses convictions qu'il a exprimées il y a très peu de temps.
Et je suis en train de vous dire aussi que ce n'est pas parce qu'Edouard Philippe a pris cette position que ça valide la vôtre. Bien sûr, ce n'est pas le sujet. C'est votre position qui nous intéresse.
Ce que je veux dire, c'est que c'est une position qui n'est pas une position uniquement d'un petit groupe de Français. C'est une position qui est une position large qu'on peut comprendre sur laquelle il faut qu'on trouve cet équilibre entre d'une part le respect des couples de même sexe et d'autre part un chemin qui est un chemin très lourd qui ouvre la voie à quelque chose qu'on a essayé de supprimer depuis très longtemps qui est payer le corps d'une femme.
En tout cas, votre position est claire. Non à la PMA. C'est ce que vous dites Laurent Wauquiez au micro de France Info. La politique, pour en terminer, c'est une certaine idée de la transparence. Chacun a son idée de la transparence. Et quand nous avons posé la question à Nicolas Hulot il y a dix jours pour qui avez-vous voté lors de l'élection présidentielle. Nicolas Hulot a répondu ceci. Je n'ai pas voté pour Emmanuel Macron au premier tour si je dois dire la vérité. Ma mémoire me fait défaut mais on connaît votre vote au premier tour.
Non, je ne l'ai pas dit. Vous souhaitez le dire ? Pourquoi cacher les choses ? D'accord. À force de ne pas dire les choses on finit par être suspect. Donc, j'ai voté Benoît Hamon au premier tour.
Pour qui avez-vous voté au second tour de l'élection présidentielle Emmanuel Macron ou avez-vous voté blanc ? C'est une question simple.
D'abord, un, moi je ne vais me regarder dans le rétroviseur et deux, je ne répondrai pas à votre question et je vais vous dire pourquoi. Ah, il y a un embarras. Non, pas du tout, il n'y a aucun embarras. Vous avez voté Emmanuel Macron ? Le vote, en France, c'est un vote personnel et un vote secret. Vous êtes un dirigeant politique important. Le sujet politique, ce n'est pas ça pour moi. Vous êtes un dirigeant politique important. Bien sûr.
Vous ne pouvez pas savoir pour qui vous avez voté au second tour de l'élection présidentielle ? J'ai très clairement dit
que je n'avais pas voté pour Marine Le Pen. J'ai très clairement indiqué que je n'appelais pas et que je demandais aux gens de notre famille politique de ne pas voter pour Marine Le Pen. Après, j'ai demandé qu'ils puissent y avoir un choix qui leur soit laissé entre le fait de voter pour Emmanuel Macron ou le fait de voter blanc. Et vous ? Le vote blanc, il fait partie de la liberté pour les Français. Vous avez voté blanc. Je vous répète, M. Apatier, vous pouvez me le demander 48 fois, que mon devoir de politique, c'est de dire ce que je demande aux Français. Après, le vote de chacun, il est intime. Je ne vous demande pas pour qui vous avez voté, ça m'intéresse. J'ai voté blanc. Très bien.
J'ai toujours voté blanc depuis 1988.
Vous voyez que vous êtes un adepte du vote blanc.
Moi, je suis un adepte de la transparence.
Merci beaucoup, Laurent. Il peut y avoir
une autre forme de transparence, M. Apatier. Merci d'avoir été notre invité ce matin sur France Info.
Laurent Wauquiez